Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de Juin 2002 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de Juin 2002

Juin

lundi 12 août 2002, par Alain


La Lettre de juin 2002
No : 79

 
Sommaire :

Editorial
Après la réunion de Bamako


Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

En bref  : Nouveau record
de fréquentation de notre site, non au contrôle systématique
des communciations, mission au Burkina, CSDPTT à la conférence
de la webforce, article dans le courrier d’ATTAC, initiative pour
une meilleure concertation des ONGs en France, Michel Bongiraud (CSDPTT
région Rhône Alpes) élu au CA de Globenet

________________________________

Echos des postes et télécoms
dans le monde

Scandale à la poste sénégalaise
Burundi  : la fracture numérique
Côte d’Ivoire : les opérateurs
règlent leurs licences

Cameroun : connexions Internet
difficile

Conférence préparatoire
africaine au SMSI

Sénégal : mise en
place de l’Autorité de Régulation

En Bref : 0,6% de la population
africaine serait connectée à Internet, projet de connexion
à Internet des 701 communes du Mali arrêté, nouvelle
numérotation au Mali

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Economie
A méditer, Extrait d’un livre 
de M. Joseph E. Stiglitz
ancien vice-président la Banque mondiale
dont il a démissionné____

Commerce internationale inéquitable
________________________________

Selection
de sites web

________________________________

Articles et documents
« Info-riches » ou « Info-pauvres »
 ! Et si l’on questionnait la mondialisation marchande ? Et
si l’on repensait l’économie et la politique ?

Déclaration du Forum pour l’Autre Mali sur l’Afrique
et la Société de l’Information


Editorial
Après la réunion de Bamako
La réunion de Bamako s’est bien passée…
M. Konaré a été choisi comme "candidat, sous l’égide
du NEPAD de toute l’Afrique à la présidence du processus
préparatoire devant conduire au Sommet de Genève", ce qui
était prévu. Elle a donné lieu a de nombreuses résolutions.
La société civile était présente, des fonds
ayant semble-t-il été débloqués dans les derniers
15 jours pour financer des déplacements..

Un ami, pragmatique, m’a confié qu’une telle conférence 
permet aussi à un certain nombre de personnes de changer d’air et
de garnir leurs carnets d’adresses. Un certain nombre de représentants
de la societé civile auraient cependant exprimé ici ou là
quelques mécontentements. Les résolutions présentent
quelques prises de positions contre la mondialisation libérale et
pour le service public ou la mise en place de différents fonds pour
le développement. Mais rien de très vindicatif et surtout
aucune résolution ne précise d’où doivent venir ces
fonds ni qui les gérera..

Faut-il se plaindre ? Si la société civile
ne s’organise pas, à l’image du forum pour un autre Mali, dont vous
lirez la déclaration dans ce numéro, personne ne le
fera à sa place. Elle ne pourra lors que répondre à
des convocations de réunions où elle ne pourra le plus souvent
qu’être mise devant le fait accompli.

Bruno Jaffré
______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

En bref
La fréquentation de notre site Internet
a battu un nouveau record
semaine 21 avec 3737 requêtes grâce
notamment à de nombreuses visites sur notre forum. Précédent
record semaine 16 avec 3361 requêtes.

CSDPTT a signé un appel des ONG
en direction des députés européens afin qu’ils votent
contre
le principe du contrôle général et exploratoire des
communications électroniques
des individus par les autorités
policières et services de sécurité (voir le site http://www.gilc.org/cox_fr.html).
Les députés par n’ont malheureusement pas suivi les signataires.
Ils ont rejeté par 340 voix contre 150, l’amendement 20 du rapport
Cappato, qui interdisait explicitement la conservation généralisée
des données. (Voir pour plus d’infos le site de l’association
IRIS http://www.iris.sgdg.org/info-debat/vote-pefr300502.html).

Alain Roblin Demont (CSDPTT Paris) qui travaille
à la poste, part le 15 juin en mission au Burkina.
Il dispensera des cours aux formateurs de Yam Pukri, une association burkinabé
qui œuvre à l’appropriation d’Internet par la population surtout
les jeunes. Il devrait en profiter pour renouer les contacts avec la poste
de ce pays.

Michel Bongiraud et Guy Blanc de CSDPTT Rhône Alpes
ont participé deux jours durant à la conférence
de la webforce
les 6 et 7 mai à Genève. (Voir compte
rendu ci-dessous).

L’article de Jean Louis Fullsack et Bruno Jaffré
intitulé "Sommet mondial ne ratons pas le rendez-vous" a été
publié dans le courrier d’ATTAC (51934 exemplaires).

CSDPTT a pris l’initiative de travailler d’une
part à une meilleure concertation des ONGs
intervenant sur
des projets dans les domaines des télécommunications et des
NTICs, et d’autre part pour que le Sommet Mondial de la Société
de l’Information soit préparé collectivement par les ONGs
en France. Ces efforts commencent à porter leur fruit. Une liste
de diffusion a été créée et une réunion
est en préparation pour le 18 juin à 14h30 à
Paris au CICP, 21 ter rue Voltaire 75 011 PARIS, M° Rue des Boulets.

Michel Bongiraud (CSDPTT région Rhône
Alpes) a été élu au CA de Globenet 
(qui
héberge notre site et oeuvre pour un Internet non Marchand et Solidaire)
pour y représenter CSDPTT.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Scandale à la poste
sénégalaise

Une mission de la cour des comptes sénégalaise
s’est intéressée aux exercices 1996 à 1999. Elle a
constaté une grave dégradation de la situation financière
de la société qui nécessite des mesures de redressement
douloureuses.

Différents responsables devraient être poursuivis
dont le directeur général M. Ibrahima Sarr, mais aussi le
directeur financier et comptable et le chef du service des infrastructures
et de la logistique de La Poste. Le Chef de service de l’administration
générale et de l’équipement du ministère de
la Communication pourrait aussi être inquiété.

Parmi les griefs on note des surfacturations, des appels
d’offre non conformes, des dépenses non justifiées, des dépenses
d’investissement pour les exercices 1996 et 1997 qui se montent à
13,5 milliards de FCFA alors que seulement 1 milliard figurait dans le
budget primitif sur un total de 13,5 milliards de francs et que 2 autres
seulement faisaient l’objet d’autorisation spéciale.

Le rapport s’inquiète aussi de l’utilisation faite
d’une subvention et 0,8 milliard accordée par l’intermédiaire
de l’association Alliance-Fouta dans le but de venir en aide aux populations
sinistrées du département de Podor, association initiée
par la ministre de la Communication de l’époque Mme Aïssata
Tall Sall.

Enfin le Conseil d’administration est aussi sur la sellette
pour avoir été complaisant. (Source Wal fadjiri 09/04/2002).

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Burundi : la fracture numérique
Selon une déclaration récente du ministre
des Télécommunications, M. Séverin Ndikumugongo, on
compte au Burundi 20000 abonnés au fixe pour 7 millions d’habitants.

Quelques 2800 ordinateurs seraient disponibles dans le
pays, la plupart dans la capitale et le plus souvent aux mains des ONG
étrangères. Quelques 5000 personnes utiliseraient Internet
dont un millier régulièrement, les débits sont très
lents.

Trois sociétés du mobile (Telecel, Africel
et Spacetel) se partagent le marché burundais des mobiles qui comptent 
30.000 clients. Ils envisagent une interconnexion directe de leurs réseaux
alors que jusqu’à aujourd’hui ils dépendent de l’opérateur
public. Ils se plaignent de devoir verser 0,05 dollar américain
à l’ONATEL par minute. Mais le DG de l’ONATEL se plaint de l’absence
d’une comptabilité analytique permettant de connaître exactement
le volume des échanges de minutes. (Source agence Pana
panapress.com).

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Côte d’Ivoire : les opérateurs
règlent leurs licences

Les trois opérateurs de téléphonie
mobile en Côte d’Ivoire, Cora de Comstar, Loteny Telecom et la Société
ivoirienne de mobile (bientôt Orange Côte d’Ivoire) ont obtenu
leurs licences définitives leur permettant d’exploiter les réseaux
sur l’ensemble du territoire ivoirien pour une durée de vingt (20)
ans. Le gouvernement avait accordé les licences provisoirement en
attendant la mise en place définitive d’organes de régulation
et des lois et textes réglementaires inhérents au secteur
des Télécommunications. C’est désormais chose faite.
En plus des 40 milliards qu’ils devront payer chacun en plusieurs tranches,
les 3 opérateurs ont du parapher un cahier des charges qu’ils s’engagent
à respecter. (Source Soir Info du 10 mai 2002)

On apprend par ailleurs que la Société
Ivoirienne de Mobiles qui commercialisait Ivoiris en Côte d’Ivoire,
détenue à 85% par France Télécom, s’appellera
à partir du 29 mai Orange Côte d’Ivoire. Créée
en 1994, elle compte aujourd’hui 400000 clients et 500 employés
Son réseau couvre 91 localités ce qui représenterait
43% de la population et 23% du territoire. (Source AFP et Panapress).

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Cameroun : connexions Internet
difficile

Les connexions Internet ont été fortement
perturbées courant mai en grande partie à cause d’intempéries 
mais d’autres raisons expliquent les difficultés actuelles.

L’opérateur national CAMTEL, en situation d’attente
de privatisation, n’entreprend plus de travaux de réfection
du réseau. De plus le réseau est très souvent saturé.
Les fournisseurs d’accès aux capacités limitées ont
généralement plus de clients que leur installation ne le
permet.

L’accès à Internet par ondes radio (Wireless)
reste hors de prix. Il faut environ 2.000.000 de FCFA pour l’installation
auxquels il faut rajouter les traites mensuelles oscillant entre 400.000
et 1.000 000 FCFA, selon le débit. Malgré ces prix élevés,
qui ne rendent ce type de connexion accessible qu’à un petit nombre
d’entreprises, les clients ne sont pas non plus satisfaits. Les fournisseurs
d’accès sont accusés de partager des connexions dédiées
ce dont ils se défendent. D’autres accusent les sociétés
américaines, qui fournissent l’accès au réseau mondial
aux "providers" camerounais, de ne pas réellement offrir le débit
annoncé et d’être ainsi responsable d’une mauvaise qualité
de service. (Source Panapress).

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Conférence préparatoire
africaine au SMSI

La conférence préparatoire africaine du
Sommet mondial de l’Information qui s’est tenu à Bamako du
25 au 30 mai a rassemblé un peu plus de 1000 personnes dont environ
une moitié de maliens. La conférence officielle a été
précédée par de nombreux ateliers : préparation
des Pays les Moins Avancés au Sommet, Initiatives locales, stratégies
nationales de l’infrastructure d’information et de communication, 
langues africaines et Internet, forum sur les Media et les nouvelles technologies
de l’information et de la communication (TICs), genre et TIC, diversité
culturelle et appropriation des savoirs, consultations avec les ONGs africaines,
évaluation et analyse de l’impact des TICs, Forum du secteur privé,
enjeux pour l’Afrique, logiciels libres, droit et Toile, projet de
connexion des 703 communes du Mali.

On note un important document issu de la consultation
des Organisations non gouvernementales qui reconnaît dans son préambule
"Le processus international de mondialisation et de libéralisation
des échanges, tel qu’il s’effectue actuellement, ne contribue pas
à favoriser un plus large accès de l’Afrique aux technologies
de l’information et de la communication. Au contraire, ce processus tend
à renforcer la position des économies dominantes."

Une résolution de l’atelier a été
adoptée détaillant les principes et actions à mener
pour que les africains deviennent les acteurs de la Société
de l’Information : priorité à l’éradication de la pauvreté,
éthique transparence et liberté d’expression, équilibre
entre secteur privé et public dans le but d’assurer un accès
équitable et durable pour tous, complémentarité entre
médias traditionnels et nouvelles technologies, protection et promotion
des langues nationales. La déclaration insiste sur l’importance
de la participation de la société civile au SMSI et
demande à ce qu’elle soit clarifiée. Un comité de
suivi à été élu à l’issue de l’atelier
composé d’un membre pour les 5 régions africaines.

Une résolution finale a été adoptée
à la fin de la conférence. Elle appelle à une
utilisation des Nouvelles technologies, à la collecte d’informations
sur le développement et qu’une attention particulière soit
portée aux PVD et aux populations les plus démunies, en insistant
sur l’utilisation des réseaux dans un esprit de service public.
Elle appelle à la création de contenus locaux, la promotion,
du plurilinguisme des logiciels libres, l’instauration de débats
démocratiques, la protection des citoyens, et la liberté
d’expression.

Elle insiste sur le développement prioritaire
des infrastructures et se situe dans la perspective du NEPAD pour ce qui
concerne la recherche de financement. Elle appelle à des soutiens
accrus à la lutte contre la fracture numérique et propose
la création de différents fonds à cet effet (sans
préciser comment ils seraient alimenter), à la mise en oeuvre
de nouvelles formes de coopération.

Enfin M. Konaré est investi " candidat, sous l’égide
du NEPAD de toute l’Afrique à la présidence du processus
préparatoire devant conduire au Sommet de Genève (10-12 décembre
2003) de Tunis (2005)".

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Sénégal : mise
en place de l’Autorité de Régulation

Mactar Seck, le directeur de la toute nouvelle Autorité
de régulations des télécommunications, s’est exprimé
longuement dans le supplément mensuel du quotidien sénégalais
Sud consacré aux NTICs.

Il souhaite renégocier avec l’UIT la place du
Sénégal dans l’échiquier mondial des télécommunications
et prévoit localement de nettoyer le spectre des fréquences
se plaignant que de nombreuses radios les utilisent sans autorisation ou
ne payent pas leur redevance.

Il affirme que le Sénégal envisage de connecter
1000 villages d’ici la fin de l’année alors que la SONITEL n’en
connectait jusqu’ici que 100 par an, l’objectif étant que 65% des
villages soient connectés d’ici 2005.

Au plus tard en octobre, de nouveaux opérateurs
seront choisis sur le Gsm et le fixe pour lequel la libéralisation
est prévue en 2004, et la transmission des données
(Internet) qui sera libéralisé d’ici fin 2002.

Les licences des opérateurs de télécommunications
fixe et mobile vont être renégociées Chaque année,
il y aura un audit financier et technique de chaque opérateur. Un
encadrement tarifaire sera également appliqué. Une grille
des tarifs est en train d’être élaborée. L’objectif
de l’ART étant de faire baisser les prix.

L’Art devrait à terme compter une trentaine d’employés
dont 40% de personnel technique. (Source Sud quotidien du 27/04/2002).

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En Bref
Selon les résultats d’une étude de plusieurs
organismes dont l’UIT et Mediamétrie, 0,6% de la population africaine
serait connectée à Internet
, contre 7% au Brésil,
26,3% en France et 58,5% aux Etats-Unis.

Le Cap Vert envisage de mettre fin au monopole
de Cap Vert Télécom, dont 40% des actions appartiennent à
Portugual Telecom, et d’ouvrir le secteur des télécommunications
à la concurrence.

Au cours de la conférence de Bamako, M. Alpha
Oumar Konaré a regretté de n’avoir pas pu réaliser
son projet de connexion à Internet des 701 communes du Mali
,
"faute de moyens financiers et du fait du poids de la dette extérieure".
Il a déclaré que le coût des investissements pour connecter
toutes les communes du Mali est estimé à environ 8 milliards
de francs CFA (11.248.752 dollars US), un montant que le trésor
malien n’a pu réunir car le gouvernement verse chaque année
60 milliards de francs CFA (84.365.648 dollars US) pour rembourser
sa dette.

Les numéros de téléphone du Mali
seront portés à 7 chiffres à compter du 29 juin
.
Selon la SOTELMA, ce nouveau plan de numérotation offre une capacité
théorique de raccordement de 7.000.000 de numéros contre
les 800.000 fournis par le plan actuel de numérotation. Les numéros
actuels seront précédés du chiffre 2 pour les fixes
et du chiffre 6 pour les mobiles.

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Selection
de sites web

http://membres.lycos.fr/nigeradio/ 
C’estlesitedu réseau des radios rurales du Niger, régulièrement
mis à jour. Outre des renseignements techniques, des informations
sur les formations et les textes réglementaires, une page est consacrée
à chacune des radios du réseau.
http://www.africanti.org/resultats/documents/afstatfr.htm
Important document de M. Mike Jensen dont on doit la traduction à
Erik Bernard du réseau africanti. Il contient des analyses et des
sur les données de l’Internet en Afrique. Mais il comporte cependant
quelques lacunes dans la mise à jour des données et particulièrement
sur la zone francophone.

http://www.transnationale.org/ , Site de
l’observatoire des transnationales. Il fournit des informations complètes
sur les grandes entreprises, accessible entre prises par entreprise, notamment
le périmètre d’activité commercial et géographique,
les conditions de travail et de respect de l’environnement, l’influence
sur les processus de décision institutionnels, les dirigeants et
administrateurs, la politique globale en matière d’emploi et de
contribution à l’impôt, les violations des droits de l’homme
et les crimes financiers.

http://www.geneva2003.org/bamako2002/. Site officiel
de la conférence régionale africaine qui s’est tenue
à Bamako du 25 au 30 mai. On y trouve en particulier de nombreux
comptes rendus des différents ateliers qui se sont tenus (voir en
particulier ceux sur les ONG et les logiciels libres), les discours, 
la résolution finale et des contributions particulières.

http://www.africacomputing.org/ : Site de l’association
du même nom "qui a pour vocation le partenariat international pour
la pratique de l’informatique et de l’Internet notamment en Afrique". Le
site contient en particulier une rubrique régulièrement mise
à jour sur l’actualité des NTICS en Afrique. On y trouvera
aussi des informations sur les formations qu’elle organise en Afrique.

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Economie
A méditer : Extrait
d’un livre de M. Joseph E. Stiglitz ancien vice-président
la Banque mondiale dont il a démissionné

Les mentalités ne changent pas en un jour : c’est
aussi vrai dans les pays riches que dans le monde en développement.
Concéder l’indépendance aux colonies (...) n’a pas fait changer
d’avis leurs anciens maîtres : ils se perçoivent toujours
comme « ceux qui savent ». Ils n’ont jamais cessé de soutenir
que les nouveaux pays indépendants doivent leur faire confiance
et appliquer leurs recommandations. Après tant de promesses non
tenues, tant de trahisons, on aurait pu croire qu’il en irait autrement.
Mais, en fait, ces pays ont continué à suivre les conseils
qu’on leur donnait à cause de l’argent qui les accompagnait, et
non parce qu’ils avaient vraiment confiance dans ces prescriptions. L’après-guerre
a vu s’estomper l’influence des anciennes puissances coloniales, mais la
mentalité colonialiste est restée - la certitude de savoir
mieux que les pays en développement ce qui est bon pour eux. 
(Source Le Monde Diplomatique avril 2002)

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Commerce internationale inéquitable
Dans un récent rapport, l’ONG Oxfam international
dénonce la situation actuelle. Ainsi "128 millions de personnes
pourraient échapper à leur condition de pauvreté si
l’Afrique, l’Amérique latine, l’Asie du Sud Est et le sous-continent
indien pouvaient augmenter leur part de 1 pour cent dans les exportations
mondiales".

 Selon Oxfam, "les politiques ultra-libérales
sont visiblement défavorables à l’Afrique occidentale dont
la part dans le marché mondial est de moins de 0,5 pour cent" ajoutant
que les pays du Nord réservent leurs barrières commerciales
les plus prohibitives aux plus pauvres du monde, soulignant que "ces barrières
coûtent 100 milliards de dollars par an aux pays en développement,
soit le double de ce qu’ils reçoivent au titre de l’aide au développement".

 Et l’ONG ajoute "pendant la dernière décennie,
les 5 pour cent des pays les plus pauvres ont perdu un quart de leurs revenus,
alors que 5 pour cent des pays les plus riches ont augmenté de 12
pour cent les leurs". Aussi, le rapport note qu’à cause des injustices
et des inégalités dans les règles internationales
du commerce, en octobre 2001, les cours mondiaux du coton ont atteint leur
niveau le plus bas depuis 29 ans et les prix ont chuté de
47 pour cent en 2000. Par contre les agriculteurs des pays industrialisés
sont subventionnés à hauteur d’un milliard de dollar par
jour. Enfin "l’augmentation rapide des exportations de certains pays en
développement n’a eu que peu d’effets bénéfiques"
sur les populations. (Source Panapress).

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Articles
et documents

Nous publions ci-dessous la déclaration du Forum
Social pour Un Autre Mali, publiée à l’occasion de la réunion
de Bamako préparatoire au Sommet Mondial de la Société
de l’Information. Ce Forum a été créé à
l’initiative de Mme Aminata Traoré par ailleurs animatrice avec
M. Taoufik Ben Abdallah d’Enda Tiers-monde du premier Forum Social Africain
qui s’est tenu en janvier 2002 en prévision du Forum Social Mondial
de Porto Alegre. 

La Rédaction


« Info-riches » ou « Info-pauvres »
 !

 Et si l’on questionnait la mondialisation marchande
 ?

 Et si l’on repensait l’économie et la
politique ?

Déclaration du Forum pour l’Autre Mali sur l’Afrique et la
Société de l’Information

« Se taire est un acte politique, de même
que protester. Quiconque prend conscience des désastres de la mondialisation
n’est plus innocent, il est contraint de s’engager
 » 
Arundhati ROY.

I – INVITATION SUR LE CYBERESPACE
La montée en force de l’extrême droite raciste
et xénophobe en Europe nous rappelle, à nous Maliens et Africains,
si besoin était, que nous ne sommes pas toujours les bienvenus sous
certaines latitudes. La vie est, pourtant, invivable par ici, faute d’emplois,
de revenus, de nourriture, d’écoles, de centres de santé
et de perspectives d’avenir.

Dans cette situation de tourmente et d’amertume, le cyberespace
est la nouvelle destination que les Nations industrialisées et nos
propres dirigeants nous proposent d’explorer et d’habiter. Mais, à
l’instar des autres chemins que nous avons tenté d’emprunter, les
info-routes aussi sont parsemées d’embûches et de pièges
pour nos Etats surendettés et dépendants. Elles ne s’ouvrent
grandement qu’à ceux et celles qui ont un certain niveau d’éducation
et de revenu. Les ressources financières qui devraient assurer cette
base à l’Afrique sont confisquées.

A Monterrey (Mexique), en Mars 2002, lors de la conférence
des Nations-Unies sur le financement du développement, ces mêmes
Nations industrialisées qui nous invitent à sauter à
pieds joints, dans la société de l’information, nous ont,
encore une fois, signifié que l’accès aux capitaux dont notre
continent a cruellement besoin, demeure assujetti à l’adhésion
totale de nos Etats au dogme du marché. Le coût social exhorbitant
de ce diktat, qui discrédite et déstabilise les gouvernements
au Sud, est le lieu d’incantations sur la lutte contre la pauvreté.

L’Afrique profonde a faim, a mal et a peur de l’avenir.
L’offre des dirigeants africains et des institutions internationales en
Technologies de l’Information et de la Communication (TICs) est-elle une
réponse pertinente à cette demande ?

Dans le cadre de la préparation du Sommet Mondial
de la Société de l’Information ( SMSI) sur les TICs par l’Afrique,
le Forum pour l’Autre Mali (FAM) qui émane du Forum Social Africain
(FSA) et du Forum Social Mondial (FSM), fidèle au devoir de lucidité
qu’il s’impose, questionne la société de l’information en
des termes autres que ce qu’elle apporte à l’Afrique et vice versa.
Ce libellé que la Conférence régionale de Bamako a
privilégié est un parti pris délibéré
pour la mondialisation marchande que le Forum pour l’Autre Mali conteste.

Ne nous laissons pas distraire par le positivisme scientifique
de mauvais aloi dont les tenants sont allergiques à l’examen critique
des enjeux nationaux et internationaux des TICs. La rigueur et la perspicacité
sont d’autant plus requises que nous avons également eu droit à
la santé pour tous (en l’an 2000), l’éducation pour tous,
l’eau potable pour tous… qui sont autant de promesses non tenues et de
rendez-vous manqués avec la solidarité, la justice sociale
et la paix. Le cyberespace pourvoira-t-il à tant de besoins humains
non satisfaits, source de tant de souffrances ? A-t-il fallu un Sommet
mondial et une préparation africaine de celui-ci pour que le continent
adopte l’automobile, la radio, le téléphone, la télévision
qui font désormais partie de notre paysage ? Que nous vaut tant
de remue-ménage autour des TICs que nous sommes déjà
en train d’adopter à notre rythme en fonction de nos besoins et
de nos moyens ?

En somme, nul ne conteste la nécessité
et la performance des TICs. Nul ne doute de leurs prouesses, visibles partout.
Ce sont leurs promesses qui demandent à être examinées
avec rigueur et perspicacité dans l’état actuel de notre
continent et des rapports au Nord.

A qui profite réellement la société
de l’information ?

II – INFORMATION ET PHAGOCYTOSE
Créer le sentiment de manque, d’infériorité
et d’insécurité pour mieux justifier l’offre des Nations
industrialisées ainsi que les réformes économiques,
juridiques et institutionnelles qu’elles jugent indispensables dans l’articulation
de l’Afrique au tout-marché, est la triste aventure dans laquelle
nos Etats sont en train de nous embarquer.

Le retard de l’Afrique sur le reste de l’humanité
est cette corde sensible sur laquelle les hérauts des TICs jouent.
Il est sans arrêt évoqué, évalué et déploré
alors que le fossé numérique n’est que l’une des expressions
de l’impasse néolibérale dans laquelle les mêmes forces
du marché nous ont conduits en substituant des programmes d’ajustement
structurel aux plans nationaux de développement.

La société de l’information participe à
notre marche forcée vers un idéal de société
conçu et promu par les possédants. Elle était, en
effet, à l’ordre du jour de la Conférence ministérielle
du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada)
à Bruxelles, les 25, 26 et 27 février 1995. Asdrad TORRES
souligne que l’ouverture de cette rencontre a été marquée
par une table-ronde qui a regroupé 45 chefs d’entreprise. Il en
déduit, à juste titre, qu’un pas décisif a alors été
franchi dans « la transformation des dirigeants politiques en porteurs
d’eau des multinationales » .

Un mois auparavant, ajoute-t-il, trois grandes associations
de l’électronique, de l’informatique et des télécommunications
avaient notifié aux États du G7 que : « L’industrie
des technologies de l’information appuie sans réserve les politiques
en matière d’infrastructure globale de l’information qui adhèrent
aux principes suivants : direction des affaires confiée au secteur
privé et guidé par la concurrence ; interopérabilité,
confidentialité et sécurité des données (échangées
à travers les réseaux) ; réel accès international,
protection des droits de propriété intellectuelle, coopération
internationale en matière de recherche et développement et
dans les nouvelles applications (…), levée des barrières
s’opposant au commerce et à l’investissement ; soutien aux projets
dans les pays en développement » .

III – INTERÊTS COMMERCIAUX OU DROITS DES PEUPLES
La parenté entre le cahier de charges du patronat
des pays du G7 et les réformes économiques, juridiques et
institutionnelles qui sont imposées à nos Etats au nom de
la croissance et de la lutte contre la pauvreté est saisissante.
Elles consistent entre autres à :

- démanteler les entreprises d’Etat dans le secteur
des télécommunications (les multinationales auront ainsi
les coudées franches),

- accroître les dépenses publiques pour
l’équipement, l’éducation et la formation en TICs.(une partie
des capitaux que nos Etats mobilisent avec tant de difficultés pourra
ainsi être absorbés par les milieux d’affaires du Nord et
les sous-traitants africains),

- impliquer les différentes branches des multinationales
dans ces programmes de formation. (les multinationales contrôleront
ainsi toute la filière),

- créer un environnement juridique et fiscal favorable
aux investisseurs privés (afin qu’ils rapatrient leurs profits en
toute quiétude),

- supprimer les barrières douanières
sur les importations de matériels et de logiciels (pour faciliter
l’accès des TICs aux utilisateurs et accroître le volume des
ventes et les marges bénéficiaires des fournisseurs)

- restructurer les ministères de l’Information
des télécommunications et des TICs (afin que les rouages
du système soient parfaitement huilés)

- promouvoir le commerce électronique
L’appellation société de l’information
confère un visage apparemment humain à ce processus néolibéral
planifié et imposé par le G7. Elle a pris le pas sur le concept
d’infrastructure globale de l’information qui était au centre de
la campagne de l’administration Clinton pour une nouvelle économie
où l’information est la marchandise à plus haute valeur ajoutée.

Le fait que la Conférence régionale africaine
ait mobilisé plus de représentants des milieux d’affaires
euro-américains et asiatiques que de représentants du secteur
privé africain et du mouvement social atteste, s’il en était
besoin, que la classe politique a choisi son camp. Ses allusions à
la dette extérieure et à l’égoïsme des partenaires
du Nord ne changent rien au fond du problème. On ne peut pas vouloir
une chose, l’ouverture incontrôlée aux investisseurs étrangers
et son contraire, l’amélioration du sort des travailleurs, des hommes
et des jeunes. Les mêmes ambiguïtés sont au cœur du NEPAD
qui obéit à la même logique extravertie tout en parlant
d’endogéneïté et de participation populaire. Le Sommet
de Dakar qui, dans le cadre de ce partenariat, a regroupé du 15
au 17 Avril 2002, des centaines d’investisseurs internationaux, n’a pas
prêté au secteur privé africain la place qu’il mérite.

« Le comité de mise en œuvre du NEPAD voulait
surtout entendre les investisseurs nord-américains et asiatiques
peu présents sur le Continent, voire totalement absents » 
. Ce journal ajoute que « des patrons asiatiques comparent à
l’envi le Continent au paquebot Titanic et le NEPAD cher au capitaine Abdoulaye
WADE à un canot de sauvetage ». Nos dirigeants qui voient
grand et qui veulent faire fort et vite courtisent des hommes d’affaires
sans état d’âme et souvent méprisants à leur
égard.

Les dirigeants africains devraient apprendre à
compter sur leurs propres forces, l’histoire des technologies va de pair
avec celle de la conquête et de la domination du monde par l’Occident.
L’Union Internationale des Télécommunications qui est la
cheville ouvrière du SMSI est l’un des produits de cette histoire
dont Armand MATTELART brosse à grands traits les étapes.
Il remonte au milieu du XIXè siècle (1860), l’époque
où la communication fut élevée au rang d’agent de
civilisation par la Grande-Bretagne. Chemin de fer, télégraphe
électrique, câble sous-marin ainsi que la nouvelle voie inter-océanique
de Suez et la navigation à vapeur… devaient faire du monde un « 
vaste organisme » dont toutes les parties seraient solidaires. « 
C’est autour des premiers réseaux de communication, expression physique
de cette nouvelle « solidarité organique » - concept
positiviste qui tranche sur la vieille notion de solidarité comme
obligation morale – que prend forme la première organisation internationale
de régulation des flux transfrontières ».

L’Union Télégraphique Internationale a,
en effet, été créée en 1865 (soit cinquante
ans avant la Société des Nations) par une vingtaine de pays,
la plupart européens. Elle est l’ancêtre lointain de l’Union
Internationale des Télécommunications (UIT) qui a vu le jour
à Madrid en 1932. L’Union Postale Universelle verra quant à
elle le jour en 1874 à Berne. Postes et télégraphes
deviennent ainsi un support important dans les discours utopiques sur la
vertu « universalisante et pacifique » des techniques de télécommunications.

La rhétorique des États africains et de
leurs institutions de tutelle sur la faculté des TICs à juguler
la pauvreté et à brûler les étapes du développement
n’a donc rien de nouveau. Elle n’a surtout rien à voir avec les
maux réels, des hommes et des femmes réels.

La mondialisation marchande est tout simplement la nouvelle
étape de l’internationalisation des réseaux et des flux d’information,
les États-Unis d’Amérique (USA) ayant pris le leadership
dans la conquête du monde par l’arme de la technologie en prônant
à son tour les idéaux « humanistes » et « 
pacifistes ». La violence demeure une constante dans les rapports
Nord/Sud. Elle est symbolique (viol de l’imaginaire), politique (ingérence
dans les affaires des États) et militaire (Afghanistan, Palestine
et autre axe du mal).

L’optimisme béat et la fuite en avant sont surtout
à l’avantage des puissants du Nord qui n’ont pas voulu du Nouvel
Ordre Economique International (NOEI), ni du Nouvel Ordre Mondial de l’Information
et de la Communication (NOMIC) que les pays de l’hémisphère
Sud appelaient de tous leurs vœux. Notre monde aurait eu un autre visage,
aurait fonctionné sur des bases plus saines, équitables et
plus solidaires si à l’époque, du temps où la
souveraineté et la négociation avaient encore un sens, le
Nord avait voulu et su écouter. Il n’en a pas été
ainsi.

Il est vrai que des villes africaines ont, çà
et là, leurs cybercafés qui permettent à des milliers
de personnes de se brancher et à d’autres de survivre au chômage.
Cette effervescence doit être lue et interprétée avec
prudence si on se réfère aux difficultés de fonctionnement
decertaines de ces structures. Elle ne correspond pas davantage à
l’éveildes consciences des Africain(e)s face aux véritables
défis qui nous interpellent quant à l’autonomie de pensée,
la production et la distribution de richesses.

IV – DES TICs POUR L’ETHIQUE EN POLITIQUE
La question des prix des matières premières,
les mécanismes et les modalités du financement du développement
et de l’articulation de l’Afrique à l’économie mondiale à
son rythme et en fonction de ses intérêts qui étaient
à l’ordre du jour dans les années 70 et 80 sont toujours
d’actualité mais sans cesse évacués. Les inégalités
qui en découlent sont de plus en plus criardes. Dans son rapport
de 1999 sur le développement humain, le PNUD note que : « 
Le monde est plus prospère. Le revenu par habitant a plus que triplé
avec un PIB mondial multiplié par dix, passant de 3000 à
30.000 milliards de dollars au cours des cinquante dernièresannées
 ».Mais, poursuit le Rapport de 1999, « la pauvreté
est partout. Selon l’Indicateur de la Pauvreté Humaine (IPH1), plus
d’un quart des 4,5 milliards d’individus vivant dans les pays en développement
ne bénéficient toujours pas de certains éléments
les plus essentiels : une espérance de vie supérieure à
40 ans, l’accès au savoir et un minimum de services privés
et publics ».

L’Afrique doit, sans nul doute manifester et traduire
sa présence au monde en s’appropriant les TICs. Mais tâchons
de ne pas confondre vitesse et précipitation. Dissocions les intérêts
commerciaux et financiers du G8 et des multinationales des droits économiques,
sociaux et politiques des Africains et des Africaines. Le fait que la première
conférence régionale préparatoire du SMSI ait eu lieu
en Afrique ne veut rien dire sauf que le retour sur investissement est
plus alléchant e Afrique que partout ailleurs et que nos dirigeants
sont demandeurs et peu exigeants envers les investisseurs étrangers.

Une véritable participation citoyenne à
cette aventure renvoie à une autre configuration de la relation
entre société civile, pouvoirs publics et secteur privé.

Les acteurs et organisations qui se réclament
de la société civile doivent être plus rigoureux et
perspicaces. Ils ne doivent pas servir de caution voire de tête de
proue à l’inondation des quartiers pauvres et des villages d’Afrique
de gadgets quand les populations manquent de nourriture, d’écoles,
de centres de santé, de points d’eau et de travail.

Sommes-nous prêts à jouer pleinement le
rôle de contre-pouvoir qui nous sied le mieux, c’est-à-dire
à exercer notre droit de regard et de contrôle sur les choix,
les décisions et les pratiques de nos dirigeants sans nous laisser
distraire par ces derniers, ni instrumentaliser par leurs « partenaires
 » au développement ? Faut-il rappeler que la montée
en force de la société civile mondiale dont Port Alegre I
et II ont été les temps forts, est, en grande partie, due
à l’utilisation judicieuse et citoyenne des TICs ? Se servir de
l’arme du groupe dominant pour l’acculer, le défier et gagner la
bataille de la dignité et de la justice sociale, telle est l’utilisation
subversive que nous nous devons de faire des TICs.

CONCLUSION : NOUS SOMMES DU MONDE
Nous ne devons jamais cesser de nous répéter
que nous sommes du monde et que les voies de sortie de l’impasse dans laquelle
nous nous trouvons sont multiples. Notre libération commence d’abord
dans nos têtes, puis elle se poursuit dans nos choix et dans nos
pratiques.

Être ou ne pas être dans la mondialisation
capitaliste – ce dont nos dirigeants s’inquiètent – devient alors
un faux débat ainsi qu’un combat d’arrière-garde. Notre credo
devrait être : Vivre dignement en sachant communiquer entre nous
et avec les autres, en mobilisant les énergies et les talents qui
ont autant besoin d’être reconnus que de TICs. La co-opération
sera reconnaissance et respect mutuel et, surtout, co-responsabilité.
Le pouvoir de réorienter la transformation du continent dans le
sens ci-dessus indiqué réside dans le terreau de la culture.

La relation entre les TICs et la culture ne se résume
donc pas à l’emprunt et aux transferts de technologies ni à
la visibilité qu’elles peuvent garantir aux créateurs talentueux
même si ces enjeux sont importants. La confiance en nous-mêmes
et en nos ressources doit transparaître dans la nature des investissements,
dans notre manière d’encourager et de privilégier les créateurs
et les opérateurs économiques africains et dans notre manière
de promouvoir leurs œuvres et leurs produits que nous devons consommer
nous-mêmes d’abord.

Dès l’instant où nous nous installons dans
cette perspective, en cultivant en nous le sentiment que nous n’avons pas
à rattraper qui que ce soit mais que nous nous devons d’être
nous-mêmes, nous cesserons d’être perçus par les autres
comme un poids et trouverons des solutions à nos propres maux. C’est
dans cette perspective que le Forum estime qu’un autre monde est possible
ainsi qu’une autre Afrique et un autre Mali. Le tableau suivant esquisse
quelques pistes à explorer :

 ANNEXE / DES TICs AU SERVICE DE LA DEMOCRATIE
ET DE LA GOUVERNANCE

 

Etat des lieux 
Alternatives
Une demande sociale considérable souvent mal formulée et non articulée.
Une société civile : 
 embryonnaire, hétéroclite  dispersée dépendante,  et malléable. 
Les forces sociales de changement sont organisées, avisées et dynamiques. Elles formulent clairement les attentes des populations et communiquent plus intensément avec d’autres réseaux grâce aux TICs. Elles procèdent à une nouvelle prise de connaissance, de conscience et de responsabilité quant à la mondialisation marchande. Elles ont une perception plus claire des alternatives à explorer et à promouvoir.
Un système politique en déphasage avec cette demande sociale et en porte-à-faux avec les acteurs et organisations citoyennes qui plaident pour des alternatives au modèle néo-libéral. Il est extraverti, dépendant, mimétique, clientéliste et corrompu.La politique trouve son fondement dans les défis et les enjeux identifiés avec les organisations de la société civile.
Les initiatives ne viennent pas du sommet vers la base. Elles sont concertées et intelligibles pour le plus grand nombre. 
Les TICs favorisent le dialogue entre gouvernants et gouvernés quant aux alternatives à promouvoir. 
Les choix et les décisions macro-économiques qui engagent le destin des Etats et du continent sont conformes aux intérêts vitaux des Africains et des Africaines. Ils résultent d’une large concertation avec différents groupes d’acteurs.. Les ressources sont gérées dans la transparence avec rigueur, allouées en fonction des besoins réels des populations.

Forum pour l’Autre Mali http://www.autremali.org
Email provisoire : djenneart@afribone.net.ml
Tél/Fax : 223 221 30 82
BP 1511 Bamako
Siège : Centre Amadou Hampâté
BA (MISSIRA)