Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre d’Avril 2002 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre d’Avril 2002

Avril

lundi 1er avril 2002, par Alain


La Lettre d’avril 2002
No : 77

 
Sommaire :

Editorial
Comptes de France Télécom
 : monopoly perdant

______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

CSDPTT s’investit dans la préparation
de la conférence mondiale de l’Information

M. Nyamba en France
Mission CSDPTT au Burkina
En bref  : Passage à
Paris de M. Sylvestre Ouedraogo président de l’association Yam Pukri
, rencontres entre des membres de CSDPTT Ile de France et des stagiaires
de le SOTELMA, réponses aux demandes subventions

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Déréglementation des
services postaux en Europe

Burkina Faso : La Poste en
difficulté.

Sénégal : La Poste
sénégalaise supprime ses facteurs.

Tunisie  : nouvelle licence
GSM pour Orascom

SOCATEL : entre dettes et créances
Bénin : Conflit autour de
TELECEL

En Bref : Ghana, liaison hertzienne
numérique Brazzaville-Kinshasa, Burkina Faso, Nigéria, Tunisie,
R.D. Congo.

________________________________

Article et documents
Sommet mondial de l’Information en
décembre 2003
 : Ne ratons pas le rendez-vous !
de
Jean Louis Fullsack Ancien Expert de l’UIT et Bruno
Jaffré Président de CSDPTT


Editorial
Comptes de France Télécom : monopoly
perdant

Qu’en en juge ! 8,3 milliards d’euros de perte, 60,7
milliards de dette (à peine -300 millions d’euros alors que FT a
vendu l’ensemble de son parc immobilier), 3,8 milliards pour les seuls
frais financiers (soit 55% de la masse salariale).

Pourtant le CA augmente de 43% ce qui n’est pas trop
significatif puisque ce bond résulte d’acquisition de nouveaux opérateurs,
mais surtout le résultat opérationnel, atteint + 5,2 milliards.

La perte provient essentiellement de la dépréciation
d’actifs, 10,3 milliards. Les opérateurs perdent en effet de leur
valeur en bourse au gré des humeurs des spéculateurs.

On ne va pas ici faire des spéculations sur le
fait de savoir s’il fallait ou pas acheter tel ou tel opérateur.
La déréglementation libérale a poussé FT dans
la tourmente. Soumis à la concurrence, il perd de l’argent en France
et cherche à le récupérer à l’étranger.
D’où ce jeu de monopoly qui touche aussi les opérateurs en
Afrique. Aujourd’hui certains rapportent à l’image de la SONATEL
(qui conserve le monopole sur le fixe) qui affichait un résultat
net en 2000 de 60 millions de dollars pour un CA de 180 millions. Mais
quel sera leur sort si jamais à l’image de Telecom Argentina, en
passe d’être abandonné par FT ils rentrent aussi dans la tourmente ?

Bruno Jaffré
______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

CSDPTT s’investit dans la préparation
de la conférence mondiale de l’Information

Plusieurs initiatives ont été prises ces
derniers temps par des membres de CSDPTT afin de sensibiliser les ONG françaises
de l’importance de cette conférence. Un article a été
proposé au mensuel Nouvelles du Sud, de la coordination Sud (voir
http://www.coordinationsud.org) qui devrait paraître début
avril. Des interventions ont par ailleurs eut lieu en direction de plusieurs
associations importantes.

Enfin CSDPTT a été officiellement invité
à une réunion préparatoire du Sommet Mondial à
Paris les 22 et 23 avril. Deux membres du CA y participeront, Jean Louis
Fullsack et Bruno Jaffré.

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M. Nyamba en France
Au cours d’un séjour à Paris dans le cadre
d’un colloque sur le développement, M. Nyamba, ethno-sociologue,
professeur à l’université de Ouagadougou, a pu s’entretenir
avec plusieurs membres de CSDPTT, notamment Emile Quesada en charge des
projets de téléphonie rurale, Alain Farges en partance pour
le Burkina Faso, Michel Bongiraud coordinateur d’un projet d’introduction
d’Internet qui comporte une étude sociologique et Bruno Jaffré.

Rappelons que M. Nyamba a réalisé pour
le compte de CSDPTT une étude de faisabilité pour l’installation
et la gestion du téléphone en milieu rural (voir http://globenet.org/csdptt/niamba.htm)
dans le cadre de notre projet d’installation de téléphones
dans 4 villages de la région de Toma au Burkina Faso. M. Nyamba
envisage de retourner sur les lieux pour faire un bilan du projet et des
changements sociaux intervenus depuis l’arrivée du téléphone.

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Mission CSDPTT au Burkina
Deux adhérents de CSDPTT (région Rhône
Alpes), Jean Claude Costes et Alain Farges étaient en mission fin
mars au Burkina Faso, pour étudier l’installation d’une liaison
téléphonique vers le village de Sérékéni
dans la province du Kénédougou au Burkina Faso. Les nouvelles
parvenues semblaient augurer un bon déroulement de la mission et
en particulier d’une bonne collaboration avec l’ONATEL. Il apparaît
cependant que le raccordement de ce village se heurte à quelques
difficultés techniques selon les résultats des premières
mesures effectuées sur place. Mais Jean Claude et Alain vont s’efforcer
de trouver des solutions.

Ils se sont aussi rendus dans la région de Toma
où ils ont pu constater quelques problèmes techniques dans
le fonctionnement des téléphones installés il y a
un an par deux autres adhérents de CSDPTT de la région de
Nice, Emile Quesada et Claude Sicard. Ils ont donc procédé
aux réparations et fourni touts les compléments nécessaires,
notamment au technicien de l’ONATEL chargé de la maintenance, 
pour éviter de genre de problème à l’avenir.

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En bref
Profitant d’un passage à Paris de M. Sylvestre
Ouedraogo président de l’association Yam Pukri
qui oeuvre à
la vulgarisation d’Internet au Burkina Faso, voyage, nous avons poursuivi
notre concertation en vue d’un projet commun.

Plusieurs rencontres ont eu lieu entre des membres
de CSDPTT Ile de France et des stagiaires de le SOTELMA
(Société
des Télécommunications du Mali) à Paris. Plusieurs
d’entre eux sont membres de l’AVDTM (association des volontaires
pour le développement des télécommunications au Mali),
association amie de CSDPTT ce qui a permis de renforcer les liens entre
les membres des deux associations et de faire le point sur les projets
en cours d’élaboration.

CSDPTT avait déposé des dossiers de
demande de subventions
à la Fondation de France qui n’a pas
retenu notre dossier et au ministère des affaires étrangères
qui a demandé de retravailler la forme, les subventions de la mission
des NTIC étant bloquées jusqu’au début du mois de
septembre.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Déréglementation
des services postaux en Europe

Les syndicats européens du secteur postal ont
exprimé leur position aux projets de libéraliser les services
postaux en Europe. Ils qualifient la déréglementation du
courrier de « vision dépassée ».

Lors d’une conférence de presse qui se tenait
à Bruxelles le 7 mars dernier, John Pedersen, chef du secteur postal
de la fédération syndicale régionale UNI-Europa, a
déclaré « La déconfiture d’Enron (États-Unis)
et de Railtrack (Royaume-Uni) montre que la privatisation n’est pas toujours
la bonne solution et que si les gouvernements se trompent, ce sont les
consommateurs, les salariés et les actionnaires qui en font les
frais ».

Les syndicats postaux font du lobbying auprès
de députés du Parlement européen avant leur débat
du 14 mars sur les tout derniers projets de déréglementation
des services postaux, qui portent sur les courriers de plus de 100g dès
l’an prochain et de plus de 50g dès 2006.

Les syndicats sont préoccupés par la menace
qui pèse sur des milliers d’emplois et sur le service universel
aux consommateurs, car les nouveaux opérateurs privés sélectionnent
les services rentables et mettent en péril la viabilité des
opérateurs existants. (source l’Itinérant électronique
http://www.itinerant.qc.ca/)

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Burkina Faso : La Poste
en difficulté.

M. Arthur P. Kafando le nouveau Directeur Général,
lance un cri d’alarme sur la situation financière de la SONAPOST.
Le programme de restructuration bancaire, qui est une facette du Plan d’Ajustement
Structurel, visait deux objectifs essentiels :

- Renforcer la discipline et le contrôle bancaire
- Assainir et réduire la participation de l’Etat
dans le capital bancaire.

S’agissant du deuxième objectif, le volet assainissement
s’est achevé en 1994 suite à l’opération de titrisation
réalisée en septembre de cette année. La titrisation
des fonds est la transformation des liquidités jusque là
déposées sur un compte au trésor, en titres (en l’occurrence
des bonds du Trésor). Au delà de cette modification, c’est
principalement la baisse du taux de rémunération de
ces fonds qui provoque la perte, aggravée par l’effet rétroactif
de cette mesure. Ceci a fait perdre environ 2,5 Milliard de FCFA
à la société publique, ce qui équivaut au capital
de la SONAPOST.

 La SONAPOST, entreprise d’état depuis 1991,
compte 70 bureaux sédentaires et environ 750 employés, à
comparer aux 17000 bureaux et 300000 employés de La Poste française.

La surface moyenne couverte par un bureau burkinabé
est d’environ 4000 km², surface qui s’est aggravée entre 1999
et 2000 avec la disparition de 4 établissements non gérés
par l’administration.

Le nouveau DG souhaite orienter ses efforts sur la modernisation
de l’entreprise, en passant par un développement de l’utilisation
des NTIC, et la formation et la motivation de ses personnels. (Source :
L’Observateur Quotidien du 6 mars 2002).

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Sénégal : La Poste
sénégalaise supprime ses facteurs.

A compter du 1er février 2002, le courrier ne
sera plus distribué au Sénégal. Tout résident
sur le territoire sénégalais devra désormais fournir
un numéro de boite postale pour recevoir son courrier.

En 1999, 80% des envois étaient distribués
dans les 43000 boites postales (45000 en 2000). Ce sont donc les derniers
20% qui seront concernés par cette mesure, ainsi que la distribution
des journaux.

 Parallèlement, depuis le 2 janvier dernier,
les tarifs annuels des boîtes postales ont été augmentés.
Ils passent de 6.600 FCFA à 9.600 F pour les particuliers et les
personnes physiques dans les zones urbaines et de 16.200 FCFA à
24.000 F pour les groupements d’intérêts économiques
et les associations de commerce. Tandis que dans les zones rurales, les
tarifs de la boîte postale passent de 3600 F à 4800 F.

Selon un sondage effectué en ligne sur le site
de La Poste Sénégalaise (http://www.laposte.sn), 83% des
votants sont contre cette réforme, 53% préférant le
facteur. " Nous avons entendu par le passé, qu’on transférerait
les boîtes postales dans les quartiers. Mais quant à la hausse,
il n’en a jamais été fait allusion par la Poste. Mais comment
faire ? On ne peut pas ne pas payer si on a déjà une adresse
postale par laquelle nous recevons du courrier depuis un certain temps
", rouspète cet abonné de la Poste de la Médina.

Des questions sont posées par les usagers, employés
et les syndicats sur la viabilité de cette réforme, se demandant
entre autre si la Poste saura faire face au besoin potentiel en boites
postales, et sur la capacité des plus démunis à financer
cette charge nouvelle.

 Déjà des particuliers s’organisent
pour partager le coût de 9600 FCFA en milieu urbain et 4800 FCFA
en milieu rural. Et les facteurs s’interrogent sur leur devenir, quand
le métier qu’ils exerçaient disparaît.

 Mr Samba Kâ, Directeur du réseau,
justifie cette mesure par un souci de qualité de service, et par
le manque de facteurs : " Il nous faut dix à quinze facteurs pour
les grands bureaux alors que nous n’en avons que deux à trois facteurs,
explique-t-il. Tenez, par exemple, dans une zone très étendue
comme Dakar Liberté, s’il n’y existe que trois à quatre facteurs,
il arrive qu’une lettre mette neuf à dix jours avant d’être
délivrée au destinataire. Et si l’individu recevait entre
temps une seconde lettre, elle mettrait encore autant pour arriver à
destination. Un autre exemple, dans un quartier comme Yeumbeul, où
des maisons ne portent pas de numéro, il arrive qu’il y ait des
contentieux massifs à propos d’une lettre portant le nom de plusieurs
individus destinataires. Ou, bien encore que l’on écrive comme adresse
sur une lettre : Unité 25, Parcelles Assainies. Sans le numéro
de la villa. Cette lettre peut malencontreusement être remise à
une personne homonyme. Toutes ces erreurs nuisent à l’image de la
Poste", souligne le directeur du Réseau de la Poste. Samba Kâ.
D’ailleurs, fait-il remarquer, la Poste sénégalaise est la
seule dans la sous-région à livrer encore le courrier à
domicile. "

 De son côté, Abdoulaye Sémbène,
secrétaire du Syndicat National des Télécommunications
et de la Poste (SNTP), appelle la direction générale à
surseoir à la décision " pour mieux la revoir ". 
(Source : Le Soleil du 4 mars 2002 et Union Postale Universelle (www.upu.int).

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Tunisie  : nouvelle licence
GSM pour Orascom

Après l’Algérie, L’opérateur égyptien
de télécommunications Orascom Telecom (OT) a remporté
la concession de la deuxième licence de téléphone
mobile (GSM) en Tunisie devant les Espagnols de Telefonica et les des Koweïtiens
de NMTC (Watanya Telecom) pour la somme de 454 millions de dollars. 
La concession est valable 15 ans renouvelable 5 ans. Orascom a proposé
73 millions de dollars de plus que l’an dernier. L’appel d’offre avait
alors été annulé en absence d’offres intéressantes.
Le premier réseau construit par l’opérateur français
Alcatel, puis par le suédois Ericsson est géré exclusivement
par Tunisie Télécom.

Orascom Telecom, est détenu à environ 60%
par l’homme d’affaires égyptien Naguib Sawiris, le reste étant
réparti sur les Bourses de Londres et du Caire. Cette offensive
d’Orascom en Afrique du Nord fait suite à son désengagement
en Afrique subsaharienne, Orascom ayant mis en vente 80% du capital de
Telecel qui détient des licences dans une dizaine de pays au sud
du Sahara. (Source http://afrik.com/ 15/03/2002)

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SOCATEL : entre dettes et créances
Sommé d’ouvrir de façon majoritaire son
capital à des opérateurs privés par les institutions
de Brenton Woods, l’Etat Centrafricain semble vouloir assainir la situation
de la société, détenue à 40% par France Câble
et Radio filiale de France Télécom et à 60% par l’Etat.

En réalité FCR souhaite se débarrasser
de sa part de 40% pour rentrer dans ses créances. L’Etat ne trouve
pas repreneur pour cette part, ni pour les 15% à option. Afin
d’éviter de se trouver juge et partie, FCR a souhaité ne
plus intervenir dans sa gestion quotidienne.

Plusieurs membres du conseil d’administration de la SOCATEL
ont donc été remplacés par des proches du régime
et une lettre de mission particulièrement contraignante au directeur
général pour améliorer la situation.

La dette de la SOCATEL envers France Télécom
s’élevait au 31/12/2001 à 1 milliard de FCFA. Elle s’est
engagée à régler 67 millions par mois. L’opérateur
français avait récemment pris des mesures de rétorsion
et notamment coupé 11 circuits internationaux sur 23. Le transit
entre Bangui est certains pays ayant, un très faible transit vers
la Centrafrique par rapport au « trafic départ » aurait
même été supprimé. Depuis fin janvier, la capitale
centrafricaine ne serait donc plus reliée à des pays tels
que le Cameroun, le Canada, le Gabon, le Japon, la Libye ou le Nigéria.

 Pour tenter d’honore sa dette, la SOCATEL se tourne
vers ses principaux débiteurs, à commencer par l’Etat qui
doit 7 milliards de FCFA pour une consommation annuelle estimée
à 2 milliards. C’est ainsi que la SOCATEL a fermé 50 des
250 lignes affectées à la Présidence. CTP, Centrafrique
Telecom, partenaire d’Afripa Telecom dont la SOCATEL détient
aussi pourtant 22% du capital est le second débiteur d’une somme
de 1,6 milliards de FCFA que conteste cependant CTP. L’affaire est désormais
devant la justice. (Source : Panapress et Centrafrique Presse)

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Bénin : Conflit autour
de TELECEL

Un ancien ministre de la Culture et de la Communication
M. Adjovi est en conflit avec l’opérateur de téléphonie
mobile Telecel.

L’affaire, largement relatée dans la presse locale,
remonte au moment du choix du premier opérateur de téléphonie
mobile fin 1997 début 1998. Selon un autre ancien ministre qui l’avait
précédé à ce poste, M. Adjovi était
alors propriétaire d’une autre société concurrente
Africel qui concourait à l’appel d’offre. Il aurait été
à l’origine de nombreuses manœuvres pour que le choix se porte sur
Africel sans succès.

C’est finalement le 26 octobre 1998 que le décret
choisissant Télécel fut publié. Cela ne mit pas fin
aux manœuvres. M. Adjovi étant toujours ministre, réussit
à obtenir 40% du capital de Telecel Bénin et il concéda
la licence à Télécel pour 120 millions de FCFA (A
VERIFIER). Le détracteur de M Adjovi compare cette somme à
celle qu’ont dut récemment payer Télécel au Togo (750
millions) mais surtout en Côte d’Ivoire et au Sénégal,
10 milliards de FCFA dans ces deux pays. (Signalons que ces sommes ne sont
que des avances, les licences se montant en réalité à
40 milliards). Aujourd’hui les deux sociétés Telecel Bénin
et la société SARCI Sarci de M. Adjovi s’opposent en justice
sur la gestion de Télécel Bénin.

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En Bref
Au Ghana, le gouvernement a annoncé sa
décision de ne pas reconduire le contrat de 6 ans qui le liait à
Telekom Malaysia pour la gestion de Ghana Telecom. Par ailleurs le gouvernement
entend vendre une partie des 70% des actions qu’il détient dans
Ghana Telecom dans la cadre d’une libéralisation du secteur.

Un accord a été signé entre l’Office
congolais des postes et télécommunications de la RDC (OCPT)
et son homologue ONPT du Congo-Brazzaville, portant sur l’implantation
et l’exploitation d’une liaison hertzienne numérique Brazzaville-Kinshasa.
Les 109 404 dollars nécessaires à la réalisation de
ce projet ainsi qu’à d’autres proviennent d’un don de la société
CELTEL Le faisceau hertzien fonctionnera sur la bande de fréquence
de 15 Giga Hertz ayant une capacité de 16 Mic, soit 480 voies (Source
panapress).

 Au Burkina Faso, le gouvernement a lancé
un projet d’inforoute communale utilisant les NTICs. Il s’agit d’un réseau
informatisé, d’échanges d’informations entre des partenaires,
dont les communes, qui sont à la base du projet. Cette décision
fait suite à une expérimentation faite dans quatre communes
tests où la gestion de l’état civil et la gestion comptable
sont informatisées.

Au Nigéria, la vente du géant des
télécommunications, NITELT, n’a pu avoir lieu. Le consortium
adjudicataire Investors International Limited of London (IILL) n’a
pu respecter le délai de paiement et versé les 1,185 milliards
de dollars restant dus. IILL avait emporté l’adjudication après
avoir proposé une somme de 1,317 milliards de dollars pour s’emparer
de 51 pour cent des parts de NITEL. (source Panapress)

En Tunisie, Tunisie Telecom a entamé des
travaux d’extension du réseau, pour augmenter sa capacité
de 200000 lignes ce qui permettrait de satisfaire le tiers des demandes
en instance.

Plus de 1000 téléphones portables sont
volés chaque mois à Kinshasa en R.D. Congo.

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Article
et documents

Nous publions ci-dessous la contribution des 2 membres
de CSDPTT impliqués dans la préparation du Sommet Mondial
de l’Information. Une version plus courte (pour des raisons de place) doit
être publiée ce mois dans le mensuel de la Coordination Sud
qui regroupe les ONG les plus importantes intervenant au sud. 
La Rédaction

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Sommet mondial de l’Information en décembre 2003  :
Ne ratons pas le rendez-vous !

On ne compte plus les réunions internationales
censées se pencher sur le chevet de la « fracture numérique
 ». Et pour cause. Les données les plus récentes en
la matière font état de 446 millions d’internautes, mais
à peine plus de 1% d’entre eux sont en Afrique qui compte pourtant
13% de la population du globe. Pire encore, on n’en compte que 0,1% dans
toute l’Afrique subsaharienne qui représente pourtant 10% de la
population mondiale (Rapport 2001 du PNUD).

Cette fracture numérique que l’on semble découvrir
maintenant, n’est pourtant que la conséquence immédiate de
la « fracture téléphonique » moins médiatisée
mais tout aussi dramatique. L’Afrique ne compte en effet que 2% des lignes
téléphoniques mondiales, et la télédensité
- qui représente le nombre de lignes téléphoniques
pour 100 habitants- atteint péniblement 1,2% en ajoutant les téléphones
mobiles. Les zones rurales africaines, comme nous le constatons lors de
nos séjours sur place et que ne reflètent pas les statistiques,
sont de véritables déserts téléphoniques, et
on peut raisonnablement estimer à plus de 85% le nombre de villages
dépourvus d’un simple accès au réseau téléphonique.
Encore faut-il ajouter que lorsqu’un tel accès existe, il est d’une
disponibilité aléatoire du fait de dérangements multiples,
et souvent inabordable pour l’habitant de ces régions reculées
du fait du prix d’une communication téléphonique, sensiblement
supérieur à celui que nous connaissons en France. Sans entrer
dans des détails techniques chacun sait –ou doit savoir- qu’Internet
ne peut se passer du réseau téléphonique car c’est
le support de son accès à l’utilisateur, même si quelques
solutions par radio ou satellite sont des alternatives émergentes
mais d’un coût d’utilisation nettement supérieur et donc hors
de portée de la plupart des populations de ces vastes régions.

Pourtant l’Union Internationale des Télécommunications
(UIT), agence spécialisée de l’ONU, compte en son sein, le
Bureau de Développement des Télécommunications (BDT),
une structure dont la fonction essentielle est de promouvoir et réaliser
le développement des télécommunications dans le monde
et en particulier dans les Pays en Développement (PED). Depuis l’avènement
du néolibéralisme il y a une dizaine d’années et la
déréglementation du secteur des télécommunications
qu’il a érigé en dogme, l’UIT ne prône pour toute solution
que la dérégulation et la privatisation des Offices et opérateurs
nationaux jusque dans les Pays les Moins Avancés (PMA), les plus
pauvres des PED. Pas étonnant alors que les indicateurs téléphoniques
retenus, qui ne peuvent rendre compte de la réalité vécue
par la population, donnent lieu à d’étonnantes déclarations
d’autosatisfaction de la part des dirigeants de l’UIT, alors qu’ils ne
se fixent comme objectif pour 2003 qu’une télédensité
de 2%, soit deux lignes téléphoniques pour 100 habitants.

Cependant depuis trois décennies des travaux ont
montré, notamment à l’UIT, l’étroite corrélation
entre développement des télécommunications et développement
tout court d’un pays. Les ONG oeuvrant en Afrique connaissent bien les
difficultés à travailler avec leur partenaires faute de liaison
téléphonique, ce qui génère par ailleurs des
coûts supplémentaires. En France, comme dans tous les pays
industrialisés, l’essor des télécommunications que
nous avons vécu jusqu’à maintenant et son effet d’entraînement
sur l’économie n’auraient pu avoir lieu s’il n’y avait eu dans les
années 70 une politique publique volontariste pour investir massivement
dans les infrastructures. Un tel choix n’est plus laissé aux dirigeants
africains qui sont sommés de privatiser en priorité leurs
télécommunications sous peine d’être privés
de moyens de financement extérieurs et notamment des crédits
de la Banque Mondiale et du FMI.

Ainsi, la priorité accordée par l’UIT au
processus de privatisation des sociétés nationales des télécommunications
dans les PED constitue-t-il une erreur fondamentale et rédhibitoire,
car en toute logique -et surtout dans un processus de déréglementation-
son rôle prioritaire et de partenaire loyal à l’égard
de ses Membres que sont les PED aurait dû inciter l’UIT à
renforcer précisément leurs opérateurs nationaux de
télécommunications afin qu’ils ne constituent pas une proie
trop facile –et trop bon marché- pour les investisseurs étrangers
(France Télécom, Telecom Malaysia, SBC, …) et par voie de
conséquence une perte économique irremplaçable pour
les PED eux-mêmes.

Après les télécommunications qui
ont servi de laboratoire, le néolibéralisme régnant
atteint maintenant en Afrique les chemins de fer, les réseaux d’électricité
et la fourniture d’eau, et impose leur déréglementation en
vue de privatisations aussi douteuses en efficacité que juteuses
pour les « partenaires », tous des conglomérats des
Pays Industrialisés à l’exemple de Bolloré et Vivendi.

C’est dans ce contexte que l’Assemblée générale
de l’ONU a décidé de tenir en décembre 2003 à
Genève Le Sommet Mondial sur la Société de l’Information
(WSIS), une initiative des Nations Unies en vue de combler le « fossé
numérique » entre les pays industrialisés du Nord et
les Pays en Développement du Sud, grâce notamment à
l’emploi des nouvelles technologies de l’information et de la communications
(NTIC). C’est à l’UIT qu’en a été confiée l’organisation.
Un Secrétariat Spécial a été mis en place,
chargé d’élaborer le programme d’action, de définir
l’organisation et de rechercher voire faciliter la participation de la
société civile à cette initiative. Nous pensons que
c’est là une ultime chance pour cette agence et en particulier son
BDT de répondre autrement à la confiance et au crédit
que lui accordent encore, et malgré ses dérapages passés
et actuels, ses Membres les plus fidèles que sont les PED. C’est
aussi pour cette raison que nous répondrons par notre participation
et notre engagement.

Quel que soit le scepticisme que l’on ressent pour de
telles « grandes messes » récurrentes à l’issue
douteuse, et plus souvent à vocation d’alibi que de décision
efficace, les ONG françaises ne doivent pas laisser passer l’occasion
de faire entendre leur voix et d’imposer un véritable droit à
la communication et à la transparence dans la recherche de solutions
pour réduire effectivement et selon le vœu et besoins des populations
concernées cette « fracture numérique ». La question
des services publics a donné lieu dans la période récente
à un certain nombre de campagnes et de débats, mais « 
le téléphone » y est singulièrement absent alors
que nombreuses sont les associations et ONG qui s’investissent dans les
NTIC, soit dans leur fonctionnement en interne soit dans le cadre de projets
de vulgarisation d’Internet dans les PED.

Pour réduire efficacement cette « fracture
numérique », les objectifs fixés par l’UIT en termes
de couverture téléphonique doivent être sérieusement
réexaminés et surtout clairement affichés. Ainsi l’objectif
prioritaire et à atteindre à une échéance proche
devrait être que chaque village dispose au moins d’un accès
au réseau de télécommunications pour développer
les services qui sont jugés indispensables par sa population.

Mais pour faire face à ce nouveau modèle
de développement, plus concret et plus ciblé, l’UIT devra
se réorganiser profondément et –s’agissant de son action
en faveur des PED/PMA- réorienter son BDT vers des finalités
d’utilité publiques plutôt que de continuer à se soumettre
aux lois exclusives du marché. A cette fin le BDT devra associer
les ONG engagées dans le domaine du développement à
ces choix stratégiques, à la définition des nouvelles
ambitions, mais aussi à la rédaction de rapport ou la réalisation
de projet concret sur le terrain. Mais ce processus devra aussi s’attacher
la participation active et l’engagement sincère du personnel de
l’UIT –en particulier celui originaire des PED- afin de le motiver sur
ces nouveaux objectifs. De la réalité de cet engagement conjoint
des ONG et du personnel de l’UIT dépend en grande partie la réussite
pour non seulement réduire la fracture numérique mais pour
que les PED –et en premier lieu les pays africains- tirent un bénéfice
réel pour leur développement et forgent avec l’apport des
NTIC, parallèlement avec d’autres secteurs et notamment l’énergie,
un avenir plus riche d’espoir pour leur population.

Jean Louis Fullsack Ancien Expert de l’UIT,
Bruno Jaffré Président de CSDPTT