Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de Mars 2002 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de Mars 2002

Mars

vendredi 1er mars 2002, par Alain


La Lettre de mars 2002
No : 76

 
Sommaire :

Editorial
Installer le téléphone
à Sérékéni, un projet emblématique pour
CSDPTT

______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Site de CSDPTT : nouveau record
et nombreuses mises à jour

En bref  : Mission pour étudier
l’installation d’une liaison téléphonique vers le village
de Sérékéni au Burkina Faso.

________________________________

Echos des postes et télécoms
dans le monde

Côte d’Ivoire : la licence
de téléphonie mobile à 40 milliards de F CFA

Rascom : nouvelle avancée
Globalstar en faillite
Niger : blocage à la SONITEL
France Télécom au Mali
En Bref  : Statistiques mondiales
des internautes, Grève des télécoms évitée
en Côte d’Ivoire, Indonésie

________________________________

Courrier
Quelques impressions après
mon dernier voyage en Côte d’Ivoire en ce début d’année

Niger  : partenariat avec une
organisation d’éleveurs ?

__________________________________________

Economie
Aide Française au Développement
en baisse

________________________________

Article et documents

La sorcellerie des blancs a pris
racine à Yam Net

 Porto Alegre : Conclusions
et recommandations du Séminaire Communication et Citoyenneté
 :
l’appropriation et le contrôle des Technologies de l’Information
et de la Communication (TIC) par la société civile

Porto Alegre : Appel des mouvements
sociaux
 : Résistance au néolibéralisme, à
la guerre et au militarisme : pour la paix et la justice sociale


Editorial
Installer le téléphone à Sérékéni,
un projet emblématique pour CSDPTT

Sérékéni est un gros village du
Burkina Faso. CSDPTT écrivait dès 1991 à la direction
de l’ONATEL pour lui soumettre le projet de doter ce village de moyens
de communication à distance. Plusieurs adhérents y ont séjourné
et ont pu apprécier le chaleureux accueil de ses habitants mais
aussi leur mobilisation pour le développement de leur village.

De nombreuses péripéties ont empêché
jusqu’ici de mener le projet à bien, trop longues à expliquer
ici.

Pourtant avec le recul, nous pouvons considérer
que Sérékéni est de façon indirecte le
véritable déclencheur de l’essor de CSDPTT, y compris dans
l’idée de collaborer avec des sociologues. Depuis nous avons appris
pas à pas à surmonter toutes les difficultés pour
mener à bien des projets de téléphonie rurale comme
celui réussi récemment ailleurs dans le même pays.

Et lorsque nous avons appris que Sérékéni
n’était toujours pas doté de téléphone (l’ONATEL
l’avait programme mais s’est semble-t-il heurté à des problèmes
techniques), il nous est apparu qu’il était de notre devoir de s’y
atteler. Et nous sommes particulièrement heureux d’envoyer ce mois
deux membres de CSDPTT, sur nos fonds propres, pour faire l’étude
afin de pouvoir réaliser le projet l’hiver prochain.

Bruno Jaffré
______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Site de CSDPTT : nouveau record
et nombreuses mises à jour

Un nouveau record de fréquentation du site a été
battu ce mois avec 2815 requêtes du 17 au 23 février 2002.
le précédent record était de 2676 dans la semaine
du 27 janvier au 2 février 2002.

Plusieurs mises à jour ont été réalisées
ces derniers temps : création d’une rubrique "Nouvelles de CSDPTT",
mise en ligne de nouveaux articles dans la rubrique "documents" et actualisation
de la rubrique "projets et liens".

Enfin nous vous invitons à participer à
notre forum sur la mondialisation et les télécommunications.
De nombreuses contributions participent au débat sur l’action
que doivent mener les ONG en vue de la conférence mondiale sur l’information
prévue en décembre 2003.

________________________________
En bref  : Une
mission est en préparation pour étudier l’installation d’une
liaison téléphonique vers le village de Sérékéni
dans la province du Kénédougou au Burkina Faso. Le feu vert
de l’ONATEL vient de nous parvenir. Alain Farges et Jean Claude Costes
de CSDPTT Alpes sont donc entrés dans une phase de préparation
très active. Départ prévu le 14 mars..

________________________________

Echos des postes et télécoms
dans le monde

Côte d’Ivoire : la licence
de téléphonie mobile à 40 milliards de F CFA

Les licences avaient été accordées
gratuitement en 1996, faute pour les autorités d’être capables
de déterminer un tardif. Cette solution provisoire est désormais
terminée. L’obtention d’une licence définitive a été
fixée à 40 milliards de francs CFA.

Les 3 opérateurs de mobile sont la SIM (Société
Ivoirienne de Mobiles), détenue à 70% par France Télécom
qui commercialise Ivoiris, Comstar partenaire de International Cable et
Wireless et Loteny Telecom du groupe Telecel International. Ouvert le 28
octobre 1996, Ivoiris totalise aujourd’hui un investissement de quelque
61 milliards de francs CFA et couvre 75 villes de Côte d’Ivoire,
y compris des axes routiers avec un total de plus de 345.000 abonnés.

En 2000, la SIM a réalisé un chiffre d’affaires
de 75 millions de dollars et un résultat net de 26,7 millions, Loteny
Telecom, un CA de 76,8 et un résultat net de 7 millions de dollars.
Elles sont classées respectivement à la 16 ème et
15 ème place des entreprises de télécommunications
en Afrique en Afrique et à la 20 ème et 19 ème
place des entreprises de Côte d’Ivoire si l’on considère le
Chiffre d’affaire.

Les 3 opérateurs actuels, devaient obligatoirement
verser la somme de 10 milliards de francs CFA avant fin janvier 2002, au
risque de se voir retirer l’agrément. Quant au reliquat de 30 milliards,
il devra être payé en quatre tranches : 5 milliards avant
la fin de l’an 2002, 7 milliards en 2003, 8 milliards en 2004 et les 10
autres milliards en 2005. Comstar était le seul début janvier
à ne pas avoir réglé sa première tranche et
le gouvernement comptait employer tous les moyens pour l’y contraindre,
y compris la saisie sur comptes bancaires. (Source franconnex.com,
archives de la lettre de CSDPTT et ECONOMIA N°14-15 de décembre
2001).

________________________________
Rascom : nouvelle avancée
Au cours d’une conférence de presse tenue fin
février en Côte d’Ivoire, M. Goundé Adjadja, le directeur
général de l’Organisation régionale africaine de communication
par satellite (Rascom), a déclaré que l’UIT avait attribué
une position orbitale à RASCOM sous le nom de RASCOM-1F. Il a ajouté
 : ”Plusieurs années de combat pour l’autonomie en matière
de télécommunication viennent d’aboutir. Le continent africain
peut disposer de son propre satellite de télécommunication
à partir de l’année 2004… Malgré la complexité
du processus, a-t-il dit, les pays africains n’ont pas lésiné
sur les moyens. Et la décision de l’octroi de la position orbitale
est le fruit de leur engagement ferme de disposer de leur propre satellite…
L’une des difficultés auxquelles Rascom a été confrontée
concerne la coordination des ressources orbite / spectre permettant à
ce système régional de communication par satellite de fonctionner.
Mais les administrations africaines dont les accords de coordination étaient
très attendus les ont envoyés dans les plus brefs délais."

Grâce à cette ressource orbite / spectre
acquise, le continent africain et toutes ses îles devraient être
couverts par des bandes avec un débit élevé. Ce qui
devrait réduire de façon substantielle les coûts des
terminaux terrestres qui seront déployés de façon
massive. Selon M. Adadja, Rascom sera désormais en mesure de fournir
aux 700 millions d’Africains vivant en zone rurale une infrastructure de
développement durable et fiable. Les accords nécessaires
pour le lancement du premier satellite africain sont en train d’être
parachevés pour rendre effectif le projet dans deux ans. RASCOM
a pour objectif de mettre à la disposition de toutes les régions
d’Afrique "des moyens de télécommunication efficaces et économiques
et constituera une réponse aux besoins des populations en matière
de radiodiffusion sonore, télévisuelle et de réception
par satellite". (Source Fraternité Matin du 26/02/2002)

________________________________
Globalstar en faillite
Globalstar, société de télécommunications
par satellite qui comptait parmi ses principaux actionnaires, France Télécom,
Alcatel, Loral, Qualcomm ou encore Vodaphone s’est placé en mars
sous la protection de la loi américaine sur les faillites. Il s’agit
de protéger la société contre ses créanciers.
Selon un plan de restructuration, une nouvelle société devrait
voir le jour qui reprendra les actifs. Elle devrait être détenue
par les créanciers. Le service continue pour l’instant cependant
à être assuré.

Le projet était destiné à fournir
à ses clients des services de télécommunications partout
dans le monde en particulier dans les zones nous pourvues de réseau.
Près de 4 milliards de dollars ont été investis avec
notamment le lancement de 48 satellites. Comme ses prédécesseurs,
ICO et Iridium, le projet n’a jamais réussi à convaincre
un nombre suffisant de clients pour assurer sa viabilité financière.
Ainsi en 1996, les initiateurs du projet parlait d’atteindre 3 millions
d’abonnés en 2002 alors qu’il n’y en a aujourd’hui que 66000. et
un chiffre d’affaire de 2,7 milliards de dollars alors qu’il n’a
atteint que 3,7 millions de dollars en 2000.

Aujourd’hui les actifs ne représentent que 573
millions de dollars pour un endettement de 3,35 milliards de dollars.

Alcatel et France Télécom présents
dans Globalstar via la société TESAM figurent parmi les créanciers
à hauteur de 2,3 millions de dollars. Les deux sociétés
ont placé leur filiale TESAM en liquidation amiable ce qui signifie
que les actionnaires cherchent des repreneurs.

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Niger : blocage à la SONITEL
Depuis la toute récente privatisation de la SONITEL
(Société nigérienne des télécommunications),
la situation semble bloquée. Début février, les travailleurs
de la société nigérienne des télécommunications
ont fait 48 heures de grève. La nouvelle direction de l’entreprise
avait laissé entendre qu’elle ne souhaitait pas se soumettre aux
traditions qui consistaient par exemple à débloquer de l’argent
pour que des agents partent en stage ou en pèlerinage à la
Mecque. Elle n’entendait pas non plus distribuer des avances sur salaire
pour que les employés puissent se payer les moutons comme c’était
le cas dans la passé. Elle semblait ne pas vouloir non plus satisfaire
les revendications relatives aux avancements reclassements ou logements
sociaux ou encore à des avances sur salaire pour acheter le moutons
de la Tabaski.

 Plus grave encore, alors qu’il existait une liste
de 338 agents volontaires pour quitter l’entreprise le nouvelle direction
a d’office rajouter une centaine de noms à cette liste dont les
principaux leaders syndicaux. Aussi pour la première fois depuis
longtemps les 4 syndicats du secteur se sont retrouvés unis pour
appeler à la grève afin que soient respectés les accords
relatifs au plan social conclu en juin 2002. Si un protocole d’accord
a été signé afin de mettre un terme à la grève,
il semble cependant que de nombreux points restent en litige dont celui
des licenciements déguisés. Toute cette situation entraîne
actuellement un blocage interne de l’entreprise.

Par ailleurs, le journal local l’Alternative révèle
dans son édition du 19 février "qu"une sorte de politique
de la terre brûlée a été organisée pour
saigner davantage la SONITEL, qui pourtant constitue l’une des sociétés
encore viables de la place, avec un capital de 17.549.450.000FCFA".

 Le journal révèle en effet avec
de nombreux détails que d’importantes dépenses ont été
effectuées et des marchés signés, le plus souvent
surfacturés, dans la période précédent la privatisation
et que le matériel se retrouve parfois encore entassé dans
le centrale de la SONITEL encore un an après. Ceci au détriment
des garanties techniques et sans respecter la législation sur la
passation des marchés. (Source Alternative du édition
du 8 et 18 février 2002).

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France Télécom au
Mali

On apprenait fin février que France Télécom
avait été retenu comme adjudicataire provisoire au Mali,
à l’issue d’une appel d’offre international, pour disposer et exploiter
une 2 ème licence de télécommunications par le biais
de sa filiale sénégalaise la SONATEL.

L’attribution définitive n’interviendra qu’à
l’issu de l’examen par le gouvernement des propositions de l’opérateur
relativement au cahier des charges. Aussi des négociations complémentaires
se poursuivent-elles avec le Gouvernement de la République
du Mali et devraient aboutir dans les semaines à venir à
la signature d’un contrat de concession. Une fois le contrat signé,
la Sonatel pour sa part, devrait investir 13 milliards de FCFA dans l’opération.
Le Groupe France Télécom et la Sonatel auront au Mali, après
adjudication définitive, des partenaires investisseurs institutionnels
qui apporteront leur contribution financière.

Cette deuxième licence d’opérateur de télécommunications
couvre aussi bien le fixe, le mobile, l’international qu’Internet ; elle
autorisera donc l’adjudicataire définitif, à établir
et exploiter tous types de réseaux de télécommunications
et fournir tous types de services de télécommunications au
Mali. Ainsi cette licence positionne France Télécom
en position de concurrence directe avec l’opérateur historique national,
la SOTELMA dont le processus de privatisation semble s’éterniser.
De façon indirecte, France Télécom est déjà
présent sur l’international puisque l’opérateur français
commercialise à partir de la France des cartes permettant de communiquer
via des cabines INMARSAT qui se développent dans la région
de Kayes, réputée de forte émigration. Les cabines
sont achetées en France par les immigrés ainsi que les cartes
permettant de téléphoner. Voir à ce propos le "Rapport
de mission d’installation de 6 cabines en région Kayes" de Jacques
Alverhne présent sur notre site à l’adresse http://www.globenet.org/csdptt/rapports/raportalverne.html.

 Douze opérateurs de télécommunications
avaient manifesté un intérêt pour l’appel d’offre international
du gouvernement malien ; parmi ceux-ci, on note Vodacom (Afrique du Sud),
Tunisie Telecom, Maroc Telecom avec Vivendi, Meditel (deuxième opérateur
marocain), MSI, Investcom, etc. Sur les quatre opérateurs qui ont
déposé une offre, trois ont été retenus pour
la deuxième phase du dépouillement des offres financières
à l’issue de laquelle le Groupe France Télécom par
le biais de la Sonatel a été désigné adjudicataire
provisoire..

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En Bref
Selon une récente étude de la société
eMarketer, quelques 446 millions de personnes utilisaient Internet
à la fin 2001, 133,4 millions en Amérique du nord,
139,5 millions en Europen 149,5 millions dans la région Asie-Pacifique,
22 millions en Amérique Latine et 5,3 millions en Afrique (Source
Le Figaro Economie du 23/02/2002).

Les 2500 employés de Côte d’Ivoire
Télécom
ont accepté de lever leur mot d’ordre
de grève illimité à partir du 26 février à
la suite de la conclusion d’un accord avec leur direction générale. 
Selon M. Akouké Tiépoh du syndicat SYNAPOSTEL, "La
direction générale a accepté de procéder à
l’augmentation des salaires selon les taux que nous avons proposés".
(Source AFP).

En Indonésie, France Télécom
va céder sa part de 40% de l’opérateur de téléphonie
fixe Sumatra, PT Pramindo Ikat Nusantra, à la société
indonésienne PT Telekom. France Télécom prévoit
de recevoir un total d’environ 165 millions d’euros, hors intérêts,
représentant une plus-value de 100 millions d’euros.

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Courrier
Quelques impressions après
mon dernier voyage en Côte d’Ivoire en ce début d’année

J’ai pu me rendre compte par moi-même de l’état
des réseaux tant à Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké que
dans les villages. Pour remarque, la présence d’une infrastructure
dans un village ne suffit pas à entretenir l’usage lorsque les autochtones
ne peuvent pas ou plus payer soit les communications et se mettent alors
en service restreint à la réception, soit l’abonnement et
résilient.

Pour illustrer, je connais un village équipé
d’une antenne et où il n’y a plus que 3 ou 4 lignes en service pour
une distribution de 56 paires (heureusement que la station dessert aussi
le village voisin où il y a l’école primaire !). Je crois
pouvoir faire le constat que, dans les grandes villes, le mobile est en
passe de supplanter (si ce n’est déjà fait) un réseau
fixe digne des réseaux de nos villes de province il y a 20 ans (et
plus), et apparemment c’est même devenu une affaire intéressante
de tenir une « cabine » avec un mobile (à environ 150F
CFA la minute).

 Par ailleurs j’ai cru aussi pouvoir déceler
un certain engouement pour Internet parmi la jeunesse à Abidjan
malgré le coût et l’analphabétisme qui toucherait dans
ce pays plus de 50% de la population adulte, mais le recours à un
intermédiaire est monnaie courante (pour le courrier en particulier).
L’offre de communication téléphonique par Internet depuis
une cabine se propage également (cela marche très bien).
Par ailleurs, moi qui appelle très régulièrement là-bas,
je supporte mal les difficultés constantes d’accès (les réseaux
locaux et internationaux sont-ils sous dimensionnés ?).

Enfin même si on doit rêver de l’Internet
pour tous on ne peut faire l’impasse sur l’accès prioritaire au
téléphone de base et sur les infrastructures indispensables
pour cela, en particulier à cause de l’analphabétisme mais
aussi de l’oralité, qui a une dimension sociologique et culturelle
sur le continent.

Dominique Blanchard. CSDPTT Paris.
________________________________
Niger : partenariat avec une
organisation d’éleveurs ?

Monsieur,
J’ai pris connaissance de l’existence de ton Association
par un agent de la SONITEL qui était en formation en France. Nous
sommes intéressés par vos activités en Afrique et
souhaitons avoir une relation de partenariat avec CSDPTT.

AREN (Association pour la Redynamisation de l’Elevage
au Niger) est une organisation d’éleveurs née en 1991. Elle
compte aujourd’hui plus de 300 groupements répartis dans tout le
Niger. Sa vocation essentielle est le lobbying / plaidoyer en faveur
des éleveurs très marginalisés. AREN est membre de
la PLATE Forme Paysanne, du Réseau des Organisation Paysannes et
des Producteurs et Agricoles (ROPPA), Union Internationale des Organisations
Professionnelles de l’Elevage ( UIOPE ) etc.

Nous réfléchissons actuellement sur le
développement des moyens communications entre nos groupements d’une
part, et entre les organisations Paysannes Nationales et Africaines d’autre
part.

Recevez Monsieur l’expression de mes salutations distinguées.
BOUREIMA DODO
Secrétaire Exécutif AREN

Réponse :
Cher Monsieur,
Nous avons bien reçu votre demande et en sommes
particulièrement honorés. Votre demande issue d’une importante
organisation de la société civile nous intéresse au
plus haut point.

Cependant nous sommes actuellement engagés
dans plusieurs projets de téléphonie rurale et notre association
qui ne fonctionne que par le bénévolat en dispose que de
moyens limités.

Nous vous invitons dans un premier temps à
soumettre votre demande à votre ami qui vous a donné nos
coordonnées, sachant qu’il était question lors de son passage
en France que dès son retour qu’il oeuvre à la création
d’une association de professionnels de la poste et télécommunications
au Niger afin d’engager un partenariat avec CSDPTT sur des projets de développement
dans le domaine des télécommunications.

Notre expérience nous montre que sans ce type
de partenariat, qui donnerait aux nigériens une pleine maîtrise
des projets à venir, il et très difficile de mener à
terme des projets de télécommunications.

Nous sommes pour notre part, sous réserve de
disponibilité, disposés dans un premier temps, en collaboration
avec cette association qui ne devrait tarder à vous prodiguer des
conseils et nous vous invitons donc à préciser votre demande.

 Recevez Monsieur l’expression de mes salutations
distinguées

Bruno Jaffré
Président de CSDPTT
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Economie
Aide Française au Développement en baisse
Le récent rapport 2001 du PNUD http://www.undp.org/dpa/french/annual/annualreport2001/index.html
donne les chiffres de l’aide publique française au développement.
Exprimée en % du PNB (Produit National Brut) l’aide de la France
est passé de 0.60% en 1990 à 0.39% en 1999 par habitant de
134 $ en 1990 à 99 $ en 1999.

Par ailleurs l’APD versée par la France aux PMA*
(pays moins avancés dont fait partie le Burkina) est passé
de 28% du total de l’aide en 1990 à 16% en 1999. Rappelons
que la France s’est fixé comme objectif une APD de 0,7% du PNB.

A titre de comparaison, pendant ce temps, le poids de
la dette publique en % du PIB est passé de 1.2% en 1990 à
2.4% en 1999.

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Article et documents
Nous publions ci-dessous une
histoire écrite par des jeunes burkinabé dans le cadre de
l’initiative Fragments du monde. Voir à l’adresse http://www.fragmentsdumonde.org/2001/couverture/couverture.html
et http://www.fragmentsdumonde.org/2001/groupes2001/Burki001/

 La Rédaction
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La sorcellerie des blancs a pris racine à Yam Net

Je suis allé à cet endroit appelé
Yam Net. Et ce que je vis me troubla jusqu’au fond de mon être. Cet
outil qu’on appelle Internet éveilla en moi beaucoup de choses,
et ce que mon grand- père me racontait quand j’étais au village
resurgit brusquement dans mon esprit : la sorcellerie. La sorcellerie que
l’on doit craindre, et que l’on doit admirer aussi.

Grâce à la sorcellerie, on arrivait à
communiquer avec nos ancêtres et même souvent avec des gens
situés à d’autres endroits de la terre. Il arrivait même
que l’on fasse des envois comme des colis postaux pour les donner à
quelqu’un par le biais des forces mystiques.

Grâce à la même sorcellerie, on pouvait
aussi faire du mal à quelqu’un, le rendre malade, l’éliminer
ou même l’appauvrir. On pouvait aussi, disait mon grand -père,
rendre un homme riche, prospère, important dans la société
avec tout ce magnétisme que l’on pouvait créer autour de
lui. On était capable aussi de guérir un homme de tous les
maux imaginables qui étaient siens et de tout ce qui l’accablait.
Même les objets appartenant à une personne pouvaient être
désenvoûtés.

Certainement vous vous demandez pourquoi je compare la
sorcellerie de mon grand-père à Internet ? Cliquez 
sur cette araignée et vous connaîtrez alors la suite de l’histoire.

L’araignée, animal mythique africain et le Réseau
des réseaux

Eh bien, tout simplement parce qu’à cet endroit,
où pour la première fois, je vis Internet, on me dit : "
Internet est une grande toile d’araignée touchant des milliers d’ordinateurs.
Il est capable d’entrer dans le cerveau des ordinateurs et de lire tout
ce qui s’y trouve. Il est donc possible de rechercher, à la vitesse
de la lumière, toute l’information que l’on souhaite où que
ce soit ,quand que ce soit et dans quelque pays que ce soit.

L’araignée n’est-il pas l’animal le plus intelligent
des contes africains ? Le Web aussi, grâce aux milliers d’ordinateurs
comportant une diversité de savoir n’est-il pas aussi une source
d’intelligence ? frappante, cette comparaison...

On me dit que Internet passe par des fils du réseau
téléphonique et ensuite par les satellites fixés là
- haut très loin au-dessus de nos têtes. Et j’avais beau chercher,
tourner tout cela dans ma tête je n’arrivais pas à m’ imaginer
un lien physique entre ces satellites et le réseau au sol.

Cela ressemblait étrangement à ce que mon
grand- père me racontait sur la force des esprits et leur capacité
à lire ce qu’il y a en autrui et cela avec une grande vitesse et
une toute aussi grande facilité. Oui !!! aussi aisément que
les femmes du village puisent de l’eau dans une rivière.

Les tambours sacrés et le réseau Internet
Etrange !!! Vraiment étrange !!! Cela ne ressemble
t-il pas aux tambours sacrés que l’on bat rythmiquement de village
en village et par lesquels les messages se transmettaient d’un village
à un autre, d’une contrée à l’autre, d’un roi à
ses sujets, ses vassaux et par delà les savanes, enjambant les rivières,
traversant les forêts épaisses et denses, les messages émis
par les tam-tams se laissant bercer par le vent et l’écho résonnant
des vallées jusqu’à leurs destinataires ? Dans ma tête,
je revoyais les robustes tambourineurs martelant les tambours, transmettant
ces précieux messages à d’autres villages qui faisaient le
relais et ainsi de suite.

Les virus
Ma pensée traversa l’espace, alla se figer sur
un point et je pris peur quand on m’annonça que des maladies circulaient
dans Internet. Ces maladies appelées virus sont plus nombreuses
que les maladies connues des hommes. Ces virus se répandent
très vite, infectent les ordinateurs et donnent du fil à
retordre aux usagers. J’appris également que les propriétaires
des ordinateurs perdaient souvent de l’argent ou que leurs ordinateurs
se cassaient, s’emballaient, ce qui les rendaient à demi-fou. Aïyayaïe
 !!!!

Ces virus ne sont-ils pas des sorts que des gens fous,
aigris, orgueilleux ou encore blessés tout au fond d’eux- mêmes
jettent sur les autres, comme le font les mauvais sorciers de mon village
 ?

Les remèdes
On me dit encore, chose étrange mais combien normale,
que des antidotes existent comme dans la sorcellerie pour désenvoûter
les ordinateurs affolés et paniqués. Quand les ordinateurs
sont atteints par les sortilèges, il faut faire appel à de
nouveaux sorciers qui recherchent l’antidote idoine pour les soigner. Il
faut payer pour cela, comme pour n’importe quel service. Je me suis souvenu
alors de la chèvre ou de la poule que l’on offrait en cadeau au
guérisseur du village lorsqu’il réussissait à nous
désenvoûter.

A ce propos ,la capacité d’envoûtement de
l’Internet m’avait un peu effrayé.

Faits troublant sur internet
Passant entre deux rangées d’ordinateurs, curieux
que j’étais, je vis ce que mon œil voit rarement : une femme nue
sur un écran . Mon regard se brouilla et je me demandai si je ne
rêvais pas. L’on m’informa qu’il était possible de voir ces
choses sur Internet et que certaines personnes louaient l’ordinateur rien
que pour cela. Je me dis alors, le monde deviendrait-il envoûté
par cet outil où les femmes s’exposent ainsi sans pudeur ?

L’on me raconta d’autres histoires plus troublantes :
des individus appelés hackers fabriqueraient des antiwacks afin
de casser le wack (programme) d’autres personnes, empêchant ces dernières
de vendre leur produit. Certains par contre, profitant de la visibilité
de l’Internet, proposent toute sorte de produits à vendre, comme
sur la place du marché les jours de fêtes.

Il m’est donc possible de tout voir et de tout acheter
 : ô, que tu me tentes beaucoup, moi qui ne pensais pas pouvoir consommer
tel ou tel bien, moi qui n’ai jamais rêvé de posséder
tel ou tel produit !!!

A la découverte de l’étrange "animal"
On m’invita à m’asseoir devant un ordinateur,
cette machine bizarre qui avait une tête aussi grosse que celle du
buffle avec quelques longs cheveux blancs qui y étaient fixés,
des dizaines de doigts aussi sensibles que ceux d’un mille -pattes et une
queue de souris. Cette machine allait me permettre de toucher du doigt
que dis-je d’un clic cette magie blanche .

Je pris contact avec cet objet appelé souris électronique
et mon regard et mes doigts purent palper l’objet de tout côté,
comme dans la réalité : ô virtuel, que tu me fascines
 ! Cette magie blanche pouvait donc m’apporter une lueur d’espoir ???

 Je vis un jeune étudiant assis près
de moi, qui consultait des documents sur Internet. Je lui demandai : "
Que fais- tu, grand frère ? " Il me répondit : " Je suis
en train de lire des informations intéressantes. Je peux mieux apprendre
avec Internet, disposer de tout le savoir dont les autres étudiants
bénéficient dans les pays du Nord, ou du moins, à
peu près tout. Je suis encore plus ravi car il est possible pour
moi de visiter des universités où je pourrai m’inscrire dans
le futur. Quelle chance pour moi !!

Mes aînés n’ont pas connu cela.
L’appréhension qui était mienne de même
que l’anxiété qui me rongeait depuis mon arrivé à
Yamnet diminuèrent quand je vis une dame qui envoyait un courrier
électronique à sa fille, étudiante au Sénégal.
Elle me dit : " Mon fils, tu vois, cela me revient moins cher que le téléphone.
" Ah !!! me dis-je avec soulagement, suis-je donc en train de toucher du
doigt les aspects positifs de cette nouvelle sorcellerie ? Peut-on vraiment
s’en passer ?

Il était temps que je rentre chez moi, le temps
avait si vite passé et je ne voulais pas être entraîné
dans cet envoûtement irrésistible, irréversible, n’étais-je
pas déjà envoûté ? J’avais promis en effet d’y
revenir…

SOMDA Ziem Théodore somtheo@yahoo.fr 
ou 04 BP 8205 Ouaga 04 Burkina Faso réalisateur du site

SIRI Tiéssé Aïda 
zeinaaida@yahoo.fr

KAMBOU Yéri Raïssa kambouraicha@hotmail.com
MEDAH Rachelle medchel@caramail.com

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Nous publions ci-dessous à
titre d’information deux documents issus du Forum Social Mondial qui s’est
tenu à Porto Alegre au Brésil du 31 janvier au 5 février
2002, 
La Rédaction

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Conclusions et recommandations du Séminaire Communication
et Citoyenneté : l’appropriation et le contrôle des Technologies
de l’Information et de la Communication (TIC) par la société
civile

La communication est un facteur-cle du processus de mondialisation.
Qui contrôle l’information, la connaissance et l’infrastructure technique
qui les portent, a une emprise très forte sur le développement
économique, social, culturel et politique. Il s’agit donc d’un domaine
fondamental pour le combat social, et nous faisons face aujourd’hui aux
options suivantes :

1-Laisser s’installer une société de l’information
dans laquelle les médias et la connaissance sont la propriété
prive de quelques multinationales, proposés à des consommateur-trice-s
dans une pure logique de marche, où le contenu est homogénéisé
et l’accès aux moyens d’expression réduit à une élite
sélectionnée (principalement des hommes, blancs et du Nord).
Les tendances actuelles confortent ce modèle.

2-Ou construire une société de l’information
basée sur la transparence, la diversité, la participation
et la solidarité, et inspirée par une équité
entre les genres et les différentes perspectives régionales
et culturelles ; une société de l’information démocratique,
dans laquelle tout le monde peut exercer le droit à communiquer,
et être acteur-trice-s a part entière dans l’espace public.

A l’occasion du Séminaire sur l’Appropriation
et le Contrôle des Technologies de l’Information et de la Communication
par la Société Civile menée durant ce deuxième
Forum Social Mondial, les questions suivantes ont été identifiées
comme prioritaires pour les agendas des mouvements civiques et sociaux
 :

*Démanteler la concentration monopolistique des
médias et des systèmes de communication, incluant le contenu
comme les logiciels.

*Promouvoir l’information comme un bien public mondial,
en particulier pour s’opposer aux accords en cours sur la propriété
intellectuelle, qui protège le profit au détriment du partage
et de l’échange des connaissances.

*Défendre les ondes de la privatisation, en tant
que bien public mondial.

*Défendre les libertés civiles et la vie
privée contre l’usage tentaculaire de la technologie pour le contrôle
et la surveillance et contre des législations régressives
qui menacent la liberté d’expression et d’association.

*Encourager et créer du contenu pour les médias
respectant pluralité et diversité d’expression, ainsi que
l’équilibre des genres, des cultures, des langues et des régions
géographiques.

*Fournir accès et formation pour promouvoir l’usage
créatif des technologies interactives et pour s’assurer que les
TIC ne soient pas une nouvelle source de fracture sociale.

*Développer une économie solidaire dans
le secteur des TIC.

Des initiatives civiques très diverses portant
sur ces problèmes sont déjà menées activement
et ont converge, au cours du deuxième Forum Social Mondial, pour
lancer la Campagne pour les Droits de la Communication dans la Société
de l’Information (CRIS). Parmi ses premières étapes, la campagne
CRIS propose de mobiliser la société civile dans la perspective
des prochains Sommets Mondiaux sur la Société de l’Information
organises par l’ONU (Genève 2003, puis Tunis 2005), qui constituent
une opportunité d’élargir le débat public et d’affirmer
notre co-responsabilité dans la définition de la société
que nous voulons construire.

Les organisations qui participent au Forum Social Mondial
sont encouragées à se joindre à la Campagne pour les
Droits de la Communication dans la Société de l’Information
et à contribuer activement a son développement :

http://www.comunica.org/cris/

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Appel des mouvements sociaux
Résistance au néolibéralisme, à
la guerre et au militarisme : pour la paix et la justice sociale

 1) Face à la détérioration
croissante des conditions de vie des peuples, nous, mouvements sociaux
du monde, nous sommes réunis à plusieurs dizaine de milliers
au second Forum social de Porto Alegre. Nous sommes ici ensemble malgré
les tentatives pour briser notre solidarité. Nous sommes revenus
pour poursuivre nos luttes contre le néolibéralisme et la
guerre, pour confirmer nos engagements de l’an passé et réaffirmer
qu’un autre monde est possible.

 2) Notre diversité est grande - femmes et
hommes, jeunes et adultes, peuples indigènes, ruraux et urbains,
travailleurs et chômeurs, sans abris, retraités, étudiants,
immigrés, peuples de toutes croyances, couleurs et préférences
sexuelles. Cette diversité fait notre force. Elle est la base de
notre unité. Notre mouvement de solidarité est global, uni
dans une même détermination contre la concentration de la
richesse, l’extension de la pauvreté et des inégalités,
contre la destruction de notre terre. Nous construisons des solutions alternatives,
et nous les mettons en oeuvre de façon créative. Nos luttes
et résistances sont le ciment d’une large alliance contre un système
basé sur le sexisme, le racisme et la violence, un système
qui privilégie systématiquement le capital et le patriarcat
sur les besoins et les aspirations des peuples.

 3) Ce système est dramatique. Chaque jour,
des femmes, des enfants, des personnes âgées meurent de faim,
ou faute d’accès aux soins médicaux. Des familles entières
sont expulsées de leur foyer par faits de guerres, par des projets
industriels pharaoniques, par le dessaisissement de leurs terres, et par
des désastres environnementaux. Des sociétés entières
souffrent du chômage, des attaques contre les services publics et
des solidarités sociales. C’est pourquoi au Nord comme au Sud, on
voit se multiplier des luttes et des résistances pour la dignité
et le respect..

 4) Les événements du 11 septembre
ont introduit une rupture dramatique. Après les attaques terroristes
que nous condamnons sans réserve, de même que nous condamnons
toute attaque contre des civils partout dans le monde, le gouvernement
des Etats-Unis et ses alliés ont déclenché une riposte
militaire massive. Au nom de " la guerre contre le terrorisme " , des droits
civiques et politiques sont remis en question partout dans le monde. La
guerre contre l’Afghanistan, dans laquelle des méthodes terroristes
sont utilisées, est en voie de s’étendre à d’autres
fronts. On assiste de ce fait au début d’une guerre globale permanente
qui vise à renforcer la domination du gouvernement des Etats-Unis
et de ses alliés. Cette guerre révèle une autre face
du néolibéralisme, brutale et inacceptable. L’islam est satanisé
tandis que le racisme et la xénophobie sont délibérément
exacerbés. Les médias de masse prennent une part active dans
cette campagne en divisant le monde entre " bien et mal " . L’opposition
à la guerre est constitutive de notre mouvement.

 5) La déstabilisation du Moyen-Orient s’en
est trouvée accrue, fournissant un prétexte à une
répression redoublée contre le peuple palestinien. Nous considérons
qu’il y a urgence à nous mobiliser en solidarité avec le
peuple palestinien et son combat pour l’autodétermination alors
qu’il subit une occupation brutale par l’Etat d’Israël. Cette question
est vitale pour la sécurité collective de tous les peuples
de la région.

 6) L’actualité inscrit nos combats dans
l’urgence. En Argentine, la crise financière causée par la
politique d’ajustement structurel du Fonds monétaire international,
et une dette sans fin, ont précipité la crise sociale et
politique. Spontanément, les classes moyennes et les travailleurs
se sont mobilisés, subissant une répression meurtrière
et provoquant la chute de gouvernements. " Cacerolazos " , " piquetes "
et mobilisations populaires, se sont développés autour de
demandes élémentaires, nourriture, emploi et logement. Nous
rejetons la criminalisation des mouvements sociaux en Argentine et condamnons
les attaques contre les droits démocratiques et la liberté.
Nous condamnons également l’avidité et le chantage pratiqués
par les multinationales, appuyés par les gouvernements des pays
riches.

 7) L’effondrement de la multinationale Enron illustre
la banqueroute de l’économie casino et la corruption d’hommes d’affaires
et de politiciens, qui ont délibérément sacrifié
les salaires et les retraites des salariés. Dans les pays en voie
de développement, cette multinationale menait des activités
frauduleuses. Ces projets ont conduit à l’expulsion de populations
entières de leur terre et à de fortes hausses du prix de
l’eau et de l’électricité.

 8) Le gouvernement des Etats-Unis, dans ses efforts
pour protéger les intérêts des grandes entreprises,
s’est refusé avec arrogance à respecter les accords de Kyoto
sur le réchauffement de la planète, les traités antimissiles
et antibalistiques, les conventions sur la biodiversité, la conférence
de l’ONU contre le racisme et l’intolérance, les discussions sur
les livraisons d’armes légères. Tout ceci prouve, une fois
de plus, que l’unilatéralisme des Etats-Unis sape les tentatives
pour trouver des solutions multilatérales aux problèmes globaux.

 9) A Gênes, le G8 a échoué
dans la fonction de gouvernement global qu’il s’était attribué.
Confronté à une mobilisation et à une résistance
massives, les gouvernements du G8 ont répondu par la violence et
la répression, traitant comme des criminels ceux qui avaient osé
protester. Cette politique d’intimidation a échoué.

 10) Tout ceci se déroule dans un contexte
de récession mondiale. Le modèle économique néolibéral
détruit les droits et les moyens d’existence des peuples. Ne reculant
devant rien pour protéger leurs marges de profits, les multinationales
licencient, réduisent les salaires et ferment les entreprises. Les
gouvernements gèrent cette crise économique en privatisant,
en effectuant des coupes claires dans les budgets sociaux, et en s’attaquant
aux droits des travailleurs. Cette récession montre le caractère
mensonger des promesses néolibérales de croissance et de
prospérité.

 11) Le mouvement global pour la justice sociale
et la solidarité doit relever d’énormes défis : notre
combat pour la paix et la sécurité collective implique de
s’attaquer à la pauvreté, aux discriminations, aux dominations
et de s’engager dans la construction d’une société durable
et alternative. Les mouvements sociaux condamnent énergiquement
la violence et le militarisme comme moyens de résolution des conflits.
Ils condamnent la multiplication des conflits de faible intensité,
les opérations militaires telles que le plan Colombie ou le plan
Puebla-Panama, le commerce des armes et l’augmentation des dépenses
militaires, le blocus économique contre les peuples, en particulier
contre Cuba, mais aussi contre l’Irak et d’autres pays. Ils condamnent
l’escalade répressive contre les syndicats, les mouvement sociaux
et les militants.

 Nous soutenons les luttes des syndicats et des
salariés tant du secteur traditionnel que du secteur informel. Ces
luttes sont essentielles pour défendre les conditions de travail
et de vie, le droit de s’organiser, de se mettre en grève, de négocier
des accords collectifs à différents niveaux, et d’obtenir
l’égalité des salaires et des conditions de travail entre
femmes et hommes. Nous rejetons l’esclavage, l’exploitation des enfants.
Nous soutenons les luttes des syndicats et des travailleurs contre la précarisation,
la stratégie de sous-traitance du travail et de licenciement.

 Nous exigeons de nouveaux droits transnationaux
pour les salariés des compagnies multinationales et de leurs filiales,
en particulier dans le domaine de la syndicalisation et de la négociation
collective. Nous soutenons également les mouvements paysans, les
mouvements populaires en lutte pour la préservation de leurs terres,
de leurs forêts, de leur eau, pour des conditions de vie correctes.

 12) Les politiques néolibérales génèrent
misère et insécurité.. Elles ont considérablement
augmenté l’exploitation sexuelle et les trafics de femmes et d’enfants.
Pauvreté et insécurité créent des millions
de migrants qui se voient déniés leur dignité, leur
liberté et leurs droits fondamentaux. Nous exigeons le respect de
la liberté de circulation, le droit à l’intégrité
physique et un statut légal pour tous les migrants. Nous défendons
le droit des peuples indigènes et exigeons l’inclusion de l’article
169 de l’OIT dans les législations nationales, et son application.

 13) La dette externe des pays du Sud a été
remboursée plusieurs fois. Illégitime, injuste et frauduleuse,
la dette fonctionne comme un instrument de domination, au seul service
d’un système d’usure internationale. Les pays qui exigent le paiement
de la dette sont ceux là même qui exploitent les ressources
naturelles et les savoirs traditionnels du Sud. Nous demandons son annulation
sans condition ainsi que la réparation pour les dettes historiques,
sociales et écologiques.

 14) L’eau, la terre, les aliments, les bois, les
semences, les cultures et les identités des peuples sont le patrimoine
de l’humanité pour les générations actuelles et futures.
Il est donc fondamental de préserver la biodiversité. Les
peuples ont droit à une alimentation permanente et à une
nourriture saine, libre de tout organisme génétiquement modifié.
Car l’autosuffisance alimentaire locale, régionale et nationale
est un droit élémentaire ; en ce sens, les réformes
agraires démocratiques et l’accès des paysans à la
terre sont fondamentaux.

 15) Le sommet de Doha a confirmé le caractère
illégitime d e l’Organisation mondiale du commerce. Son " agenda
de développement " défend uniquement les intérêts
des multinationales. En lançant un nouveau cycle, l’OMC se rapproche
de son objectif d’une marchandisation globale. Pour nous, la nourriture,
les services publics, l’agriculture, la santé et l’éducation
ne sont pas à vendre. Les licences ne doivent pas être utilisées
contre les pays pauvres et leur population. Nous rejetons donc le brevetage
et le commerce du vivant. L’OMC relaie ce programme global par des traités
régionaux de libre échange et des accords sur les investissements.
En protestant et en se mobilisant massivement contre l’ALCA, les peuples
expriment leur rejet de tels accords, assimilés à une nouvelle
colonisation à la destruction de droits et de valeurs fondamentales,
sociales, économiques, culturelles et environnementales.

 16) Nous renforcerons notre mouvement en menant
des actions et des mobilisations communes pour la justice sociale, pour
le respect des droits et des libertés, pour la qualité de
la vie, l’égalité, la dignité et la paix.

 Nous luttons :
 · pour le droit des peuples à connaître
et critiquer les décisions de leur propre gouvernement, particulièrement
en ce qui concerne leur politique au sein des institutions internationales.
Les gouvernements sont comptables devant leur peuple. Alors que nous luttons
pour l’établissement d’une démocratie électorale et
participative dans le monde, nous insistons sur la nécessité
de démocratiser les Etats et les sociétés, de lutter
contre les dictatures.

 · pour l’abolition de la dette externe et
les réparations.

 · pour contrer les activités spéculatives
 : nous demandons la création de taxes spécifiques telles
que la taxe Tobin et l’abolition des paradis fiscaux.

 · le droit à l’information.
 · les droits des femmes, contre la violence,
la pauvreté et l’exploitation.

 · pour la paix, nous affirmons le droit
de tous les peuples à la médiation internationale avec la
participation d’acteurs de la société civile indépendants.

 Contre la guerre et le militarisme, contre les
bases et les interventions militaires étrangères, et l’escalade
systématique de la violence, nous privilégions le dialogue,
la négociation et la résolution non violente des conflits.

 · pour le droit des jeunes à l’accès
à une éducation publique gratuite, à l’autonomie sociale
et pour l’abolition du caractère obligatoire du service militaire.

 · pour l’autodétermination de tous
les peuples, en particulier des peuples indigènes.

 Pour l’avenir, nous organiserons des mobilisations
collectives telles que …

 (suit une énumération de rendez-vous
de mobilisation)