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Lettre de Décembre 2001

Décembre

samedi 1er décembre 2001, par Alain

Lettre de Décembre 2001


La Lettre de decembre 2001
No : 73

 Sommaire :

Editorial
Fortes hausses des communications locales
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Echos de CSDPTT et de ses correspondants
Le site de CSDPTT évolue
CSDPTT présente aux REMICS à Haillan
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Echos des postes et télécoms dans le monde
Privatisation de la SONITEL au Niger : ZTE l’emporte
Télécoms en Afrique : mise à jour des chiffres
Algérie  : 1 million de lignes GSM en 2002 !
Cameroun : nouvelle numérotation
Hausses importantes au Cameroun
Telecom Africa 2001
Nigéria : privatisation de NITEL
En Bref  : Tunisie, privatisation des opérateurs publics en Afrique, Cap Vert, suppression d’emplois dans les télécommunications, ORASCOM, Sierra Leone, Burkina Faso
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Initiatives
Un cybercafé à Ouagadougou pour la réinsertion des séropositifs
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Articles
La problématique des logiciels libres dans les pays en développement de Alain Roblin Demont CSDPTT Ile de France (POste)
Propositions issues du débat AFTIDEV  (Afrique Technologie Information et Développement)


Editorial
Fortes hausses des communications locales
Les appels locaux au Cameroun et au Burkina viennent ont fortement augmenté ce mois de novembre. On voudrait sacrifier le fixe au profit du mobile qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Et que dire d’Internet dont l’essentiel des connections se fait via le réseau local.
Ces hausses s’accompagnent de baisses sur l’international et sur l’interurbain. On comprend alors qu’il ne s’agit que de la transposition en Afrique du modèle libéral bien connu ici : il ne faut pas subventionner les communications locales par l’international (mais pourquoi pas qui plus est dans des pays pauvres ?). Il faut se préparer à faire face à la concurrence qui attaquera sur ce segment rentable.
Les pays africains n’ont guère le choix faute de se voir couper les fonds des principaux bailleurs. Pourtant en Europe la concurrence n’a été introduite qu’après la construction d’un vaste réseau dense sous monopole d’Etat.
Mais peu importe les réalités africaines. La concurrence doit s’installer, les consommateurs n’ont qu’à payer. Le principaux décideurs au niveau mondial font mine de s’intéresser aux populations africaines dans les conférences internationales et en réalité on travaille pour les gros opérateurs à l’affût des nouveaux marchés jusqu’ici protégés.
Bruno Jaffré
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Echos de CSDPTT et de ses correspondants
Le site de CSDPTT évolue
Depuis le mois d’octobre, la vitesse d’accès à notre site (adresse http://www.globenet.org/csdptt) s’est considérablement accéléré grâce à l’importante augmentation de la bande passante de notre hébergeur globenet. Ces changements restent cependant surtout perceptibles pour ceux qui bénéficient d’un accès haut débit.
Nous avons dernièrement chargé l’ensemble des archives de la lettre de CSDPTT ce qui remonte à mi-95. Vous pourrez ainsi accéder à l’histoire récente des télécoms africaines. Vos recherches sont facilitées par une procédure de recherche (rubrique "recherche" du menu).
D’autre part, nous avons ravivé un forum (rubrique "forum") qui contient déjà quelques contributions intéressantes. Le sujet est centré sur : "Telecoms Poste et ONG". Vous pouvez donner des infos, faire part de vos expériences, de vos projets de développement, débattre des effets de la libéralisation dans ce secteur, réfléchir à l’apport des nouvelles technologies de l’information et de la Communication dans le développement.
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CSDPTT présents aux REMICS à Haillan
Trois membres de CSDPTT ont assisté à une journée des Rencontres européennes du multimédia, de l’Internet citoyen et solidaire qui se sont tenus les 8, 9 et 10 novembre 2001 au Haillan près de Bordeaux. Ces rencontres ont été un succès puisque qu’elles ont rassemblé près de 250 personnes soit environ le double de ce qu’attendaient les organisateurs de l’association I3C (voir http://www.i3c-asso.org/r).
 Notons lors du premier atelier sur les accès publics, un passionnant débat contradictoire sur la gratuité ou non de ces accès mais aussi :
- La multiplicité des initiatives, de leurs sources de financements et la diversité des projets.
- La nécessité de lier la création d’un télécentre à un projet bien défini
- L’appropriation des projets par les usagers qui aboutit bien souvent à une utilisation inattendue souvent positive.
- La réussite n’est pas forcément à de gros moyens. L’encadrement doit être assuré par des personnes sensibilisées avant tout à l’accueil et à la communication.
- L’importance du lieu par sa situation, son environnement, son accessibilité et ses caractéristiques.
- le problème du financement pour assurer la pérennité de la structure.
Lors du deuxième atelier sur la solidarité internationale le danger a été souligné que l’Internet ne se traduise par un nouvel accroissement des inégalités. Un des membres présents de CSDPTT est fermement intervenu pour que dans le cadre de la préparation au sommet mondiale de l’information, prévue en 2003, la société civile française s’organise rapidement et le plus largement possible. Et que d’autre part, elle avance des propositions précises notamment sur l’accès au téléphone pour tous avec des objectifs chiffrés et des propositions de financement rigoureuses. Cette conférence pouvant être l’occasion d’interpeller l’UIT sur ces insuffisances en regard des besoins des populations.
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Echos des postes et télécoms dans le monde
Privatisation de la SONITEL au Niger : ZTE l’emporte
L’offre de ZTE pour l’acquisition de 51% du capital de la SONITEL se montait à 16,7 millions de dollars (11,7 milliards de FCFA) contre 8,7 millions (6,5 milliards FCFA) pour le consortium SONATEL - France Télécom. La session se fait par capitalisation. Parmi la somme payée, 5 milliards de FCFA, devrait être versée à l’Etat, une partie devant servir à financer un plan social.
ZTE - China Railcom avait déjà remporté récemment un contrat de 5,1 milliards de FCFA pour la fourniture d’équipements au réseau GSM de la SONITEL dans la capitale Niamey.
Selon la réforme entreprise, 3% du capital sera cédé au personnel de la société et dans une phase ultérieure, 11% sera vendu aux privés nigériens, régionaux et sous-régionaux. L’Etat doit en conserver 34%.
ZTE a pour obligation de porter le nombre de lignes fixes de l’opérateur à 77000 lignes en 10 ans alors qu’elle en compte actuellement environ 20000. Son chiffre d’affaires est de 17,309 milliards de FCFA, ses résultats d’exploitation sont de 2,5 milliards tandis que les dettes et créances se montent à 30 milliards. Deux opérateurs de mobile CELTEL et TELECEL devraient commencer à concurrencer la SONITEL dans les mobiles celle-ci comptant environ 2500 clients sur son réseau actuellement de norme APMS. Le Niger renferme par ailleurs 1500 abonnés à Internet et 202 abonnés de lignes spécialisées.
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Télécoms en Afrique : mise à jour des chiffres
Nous vous livrons ci-dessous quelques chiffres livrés lors de la tenue du salon Africa Telecom 2001
En 2000, alors que l’Afrique abrite un habitant de la planète sur huit, un abonné sur 50 au téléphone fixe dans le monde était africain, de même qu’un abonné au téléphone mobile sur 60, un utilisateur d’ordinateur personnel sur 70 et seulement 1% des utilisateurs de l’Internet. Au cours de l’année 2000, la télédensité est passée dans cette région de 0,9% à 1,2%.
Au début de l’année 2001, il y avait 4,4 millions d’internautes africains selon une estimation de l’UIT. Plus de la moitié étaient basés en Afrique du Sud et 16% dispersés dans les cinq pays formant le Maghreb. Ce qui représente au total seulement 0,5% de la population totale du continent au 1er janvier 2001. Le manque d’infrastructures, les prix inaccessibles à la plupart des Africains, le retard en matière d’équipement informatique sont les principales raisons de ce retard.
Le nombre des abonnés au téléphone mobile dépasse maintenant celui des abonnés au téléphone fixe dans plusieurs pays africains. Selon les prévisions de l’UIT, l’Afrique comptera en 2005 plus de 100 millions d’abonnés au téléphone mobile cellulaire.
36 nouveaux opérateurs ont lancé des services mobiles sur le continent dans les 18 mois précédant le mois de juin dernier et que nettement plus de la moitié des pays africains ont désormais mis en place une instance de réglementation indépendante.
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Algérie : 1 million de lignes GSM en 2002 !
L’Algérie compte actuellement environ 1,8 millions de lignes fixes soit une télédensité de 6% contre 8% en Tunisie et au Maroc et 100000 lignes GSM contre 400000 en Tunisie et 3,5 millions au Maroc. Les autorités déclarent souhaiter vouloir rapidement rattraper ce retard. Un appel d’offres a donc été lancé pour l’installation d’un million de lignes GSM pour 2002 qui seront partagées à égalité entre les deux opérateurs : Algérie-Télécom et la société privée égyptienne Orascom. L’investissement devrait être de 500 millions de dollars. Les prix devraient par ailleurs baisser sensiblement. Orascom dont le service de téléphonie mobile sera baptisé "Djezzy" compte actuellement 402 employés, dont 381 Algériens et compte atteindre le nombre de 565 employés, dont 500 Algériens avant la fin 2002. La société avait du débourser 737 millions de dollars pour décrocher sa licence, Orange ayant proposé 422 millions.
Le ministre des Postes et télécommunications a d’autre part révélé que 25% du capital de l’opérateur public Algérie Télécom devrait être cédé aux grandes firmes internationales, la libéralisation totale de la téléphonie fixe devant se faire en en 2004.
Par ailleurs un vaste de plan de recouvrement des factures impayées a été mis en place. Près de 150000 abonnés détiendraient des factures impayées estimées à quatre milliards de dinars (50 millions de dollars). Une semaine après le démarrage d’une opération qui consiste à couper les mauvais payeurs, 70000 lignes avaient été rétablies après le paiement des arriérés par leurs détenteurs, tandis que 80.000 autres lignes restent toujours coupées. Ainsi la préfecture d’Alger compte 364.000 abonnés au téléphone fixe, mais seuls 20 pour cent des abonnés payent régulièrement leurs factures. (PANA et Economia nov 2001)
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Cameroun : nouvelle numérotation
Le Cameroun a procédé en novembre à la mise en place d’une nouvelle numérotation. Elle va permettre de doter le pays d’une capacité de 8 millions de numéros (contre 300.000 en 1970 et 800.000 en 1999). Cameroon Telecommunication (Camtel), l’opérateur historique du téléphone verra ainsi son parc de numéros passer de 140.200 à 1.000.000, Mobile Telephon Network (MTN) et la Société camerounaise des Mobiles (SCM) verront quant à eux leurs lignes croître de 800.000 numéros chacun pour atteindre 1.000.000. Ces deux opérateurs s’étaient vus doter de 200000 numéros chacun qui étaient tous attribués. Les cinq millions de lignes restantes devraient constituer une réserve de lignes pour d’autres opérateurs (Source Le messager du 29/10/2004).
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Hausses importantes au Cameroun
CAMTEL a annoncé en novembre un important réaménagement tarifaire. La taxe de base reste inchangée mais la durée de l’impulsion pour les communications locales passe de 6 minutes à 90 secondes. Pour l’interurbain elle varie suivant l’éloignement et se traduit par une augmentation de 250 à 500%. Les appels d’un fixe vers un mobile devraient passer à 455 f cfa/minute.
 Des baisses sont cependant enregistrées sur l’international. Par exemple, la minute hors taxe d’un appel vers la France passe ainsi de 1200 f cfa à 800 f cfa, vers l’Afrique du Sud de 2400 f cfa et vers les USA de 2000 à 1000 f cfa).
Selon M. Rodriques Soffo du journal Le Messager "les tarifs de connexion à Internet enregistrent également des maigres diminutions mais les fournisseurs d’accès les jugent insuffisantes pour les obliger à abandonner les connections satellitaires par V-SAT qu’ils ont tous adoptées pour revenir aux connexions téléphoniques très onéreuses et aléatoires".
Les opérateurs de mobiles sont des concurrents directs sur l’international, certaines obtenant des taris à 700FCFA la minute sur certaines destinations. Ainsi le débit des communications entre la France et le Cameroun serait ainsi passé d’un million de minutes chaque mois à moins de 200.000 minutes.
Toujours selon M. Soffo, "La répercussion de cette mesure sur les factures de consommation pourrait entraîner la disparition des Télébouti-ques, la multiplication par 4 du coût de la connexion Internet opérée à travers les liaisons RTC (Réseau téléphonique commuté), le gonflement des charges des entreprises de service et de communications. Cette revalorisation du prix des communications téléphoniques provoquera un ralentissement de la téléphonie rurale de même qu’elle devrait à terme rendre caduque le slogan "téléphonez plus, voyagez moins". (Source le Messager du 29/10/2001 http://wagne.net/messager).
Dans les cybercafés, les hausses ont été rapidement répercutées, l’heure de navigation est passée de 800/1000 FCFA à 4000 FCFA et selon une gérante d’un cybercafé citée par l’agence PANA, "la clientèle a fondu de 90 pour cent en moins d’une semaine, les recettes aussi".
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Telecom Africa 2001
Du 12 au 16 novembre s’est tenu en Afrique du Sud près de Johannesburg, la 5ème réunion organisée par l’UIT consacrée aux télécommunications africaines (voir à ce propos le billet de JL Fullsack dans la lettre de CSDPTT N°69).
Près de 15000 personnes ont visité l’exposition qui comprenait environ 230 stands de constructeurs ou d’opérateurs venus présentés leurs dernières technologies et rechercher de nouveaux marchés. Un forum, regroupant des spécialistes des télécommunications, des représentants des organismes de régulation et des opérateurs a par ailleurs débattu du développement des télécommunications, des nouveaux services, des opportunités de faire des affaires et pour les opérateurs de "survivre dans un marché libéralisé" (extrait du communiqué de presse de l’UIT). Plusieurs accords ont par ailleurs été signés durant cette semaine entre l’UIT et des opérateurs privés. L’un avec Alcatel et Siemens pour soutenir la mise en place de centres d’excellence (voir lettre N°71), un autre avec Cable & Wireless pour promouvoir l’enseignement des télécommunications à distance.
Une première initiative dans le cadre du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) a été annoncée : la création de la Commission e-Africa, chargée d’élaborer des "cyberstratégies" et des "cyberprojets" à l’échelle du continent. Le Président du Mali, M. Alpha Oumar Konare, dirigera cette commission, dont le premier projet concernera l’informatisation des établissements scolaires, l’objectif étant que dans cinq ans, chaque élève de l’enseignement secondaire en Afrique ait reçu une initiation à l’informatique.
Un projet a par ailleurs été initié avec l’HCR et l’UNESCO pour promouvoir un réseau de 3 télécentres communautaires dans les camps de réfugiés le long de la frontière Nord-Ouest de la Tanzanie. Une ONG dénommée Volunteers in Technical Assistance (VITA) a signé un accord de coopération avec l’UIT et la société WorldSpace devrait s’associer au projet en fournissant du matériel (Source UIT).
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Nigéria : privatisation de NITEL
Le consortium Investors International Limited (IIL) a été choisi pour racheter 51 % du capital de NITEL, la société nationale des télécommunications du Nigeria. Le processus de l’attribution du marché a été diffusé en direct à la télévision nationale.
IIL, dont les principaux actionnaires sont un chef traditionnel, un industriel nigérian et des ’Etats du Nigéria, avait soumissionné pour 1,317 milliards de dollars. Cette société est alliée à TDC, filiale de Portugal Telecom (PT) qui doit assurer l’exploitation et à KPN des Pays-Bas comme consultant chargé de la gestion et des ressources humaines. IIL a remporté l’appel d’offre devant Telnet Consortium (TC) dont l’exploitant est Korean Telecom de Corée du Sud (avec une offre 1,310 milliard) et Newtel Consortium Limited (NCL), dont l’exploitant est Detecom GM-BH, une filiale de Deutsche Telekom (avec une offre de 1,070 milliardde dollars.
 La nouvelle société devrait augmenter les lignes téléphoniques actuellement estimées entre 500.000 et 700.000 à environ 1,5 millions de lignes au cours des cinq prochaines années alors que le pays compte 120 millions d’habitants.
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En Bref
En Tunisie, un nouvel appel d’offres a été lancé fin octobre pour l’octroi d’une deuxième licence de téléphonie mobile GSM. Un seul réseau existe actuellement dans ce pays géré par l’opérateur national. Un précédent appel d’offres avait été annulé fin juillet, en raison de l’absence d’offres intéressantes. La meilleure offre, présentée se montait à 381 millions de dollars (source AFP).
Après le Niger, 17 autres pays africains devraient bientôt privatiser leurs opérateurs publics : Bénin, Burkina, Burundi, Comores, Egypte, Ethiopie, Gabon, Kenya, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Nigéria, Rwanda, Tchad, Togo et Zimbabwe.
Le Cap Vert a enregistré un des plus importants taux de croissance en Afrique dans les années 90 ce qui le place au 4ème de l’Afrique pour la télédensité. Il comptait fin 2000 52900 abonnés au réseau fixe, 19700 au réseau mobile et 8000 à Internet. Cap Vert Telecom a été privatisé au profit de Portugal Telecom 1995 qui a conservé cependant depuis le monopole.
Pour la seule année 2001, 500000 emplois ont été supprimés dans les télécommunications, 250000 chez les équipementiers par lesquels Nortel, Lucent, Ericsson, Cisco, Alcatel. (Source La Tribune 02/11/2001).
Le groupe ORASCOM comptait fin 2000 plus de 2,2 millions d’abonnés dans la téléphonie mobile après avoir acheté 80% de l’opérateur Télécel présent dans 12 pays d’Afrique subsaharienne. Il vient de décider de revendre sa participation du groupe Telecel International pour se consacrer exclusivement à l’Afrique du Nord et au Moyen Orient (Source Economia novembre 2001).
En Sierra Leone, les usagers du téléphone et de l’Internet ont du faire face à une interruption des communications avec le monde extérieur pendant près de 5 jours. Selon l’agence PANA, une source proche de la SIERRATEL, la Société Nationale des Télécommunications, a déclaré à la PANA que "la société s’était retrouvée à court de carburant et que les groupes électrogènes avaient cessé de fonctionner, ce qui a causé une perturbation du système".
Au Burkina Faso, l’ONATEL a annoncé une réorganisation tarifaire. Celle-ci se traduit par une réduction de 40% des communications interurbaines. La taxe de base est maintenue mais elle passe de 5 à 3 mn ce qui se traduira par une très forte augmentation des communications locales.
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Initiatives
Un cybercafé à Ouagadougou pour la réinsertion des séropositifs
K@POT.COM, ce qui ne tient pas du hasard, est le nom d’un nouveau cybercafé ouvert par l’Association African Solidarité au n°245 de la rue des écoles au secteur 3 de la ville de Ouagadougou. En effet l’association travaille à l’insertion socioprofessionnelle des personnes vivant avec le virus du SIDA. Le projet a reçu des soutiens divers en provenance du Canada, d’Allemagne, des Pays Bas et de France notamment la coopération qui a financé au départ la location et les frais de raccordement à l’électricité, de l’association AFRIQUE SOLIDARITE SIDA qui a envoyé des ordinateurs pris en charge la climatisation et de l’association Ensemble contre le Sida qui paie pour le raccordement de la ligne téléphonique et l’installation du réseau local.
K@POT.COM fonctionne actuellement avec 10 ordinateurs et une équipe de 5 permanents pour 300 personnes abonnées à 2000 ou 5000FCFA. Les personnes qui travaillent au CYBER sont des séropostifs et les bénéfices permettent actuellement de payer des Anti Retro Viro (ARV) pour 2 personnes.
L’association cherche à augmenter le nombre de ses ordinateurs de 11 à 20 d’ici fin 2001 pour prendre en charge les ARV de 3 autres personnes. (Contact aas@fasonet.fr et site http://aas-burkina.org)
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Articles
Nous publions pour une fois un article pédagogique. Nous espérons que cela ne sera pas la dernière tant nous sommes convaincus de l’ utilité d’article de ce genre. Le point de vue ci-après aborde la question des logiciels libres dans le cadre restreint de la promotion des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) par des ONG ou des structures associatives.  La Rédaction


La problématique des logiciels libres dans les pays en développement

Les différents acteurs impliqués dans la promotion des NTIC dans les pays en développement et d’une manière plus large dans les milieux défavorisés, élaborent des projets de création de cybercentre, télécentre ou autre, permettant à la fois de répondre à un besoin de connexion Internet, de dispenser des formations et d’offrir des outils bureautiques.
Ils se trouvent alors placés face à un choix loin d’être simple et sans enjeu : Utiliser dans leur projet des logiciels gratuits ou bien des logiciels payants.
Cette question n’est pas sans influence sur la viabilité des projets mis en place.
1) Définition de la gratuité
Cette confrontation gratuit/payant nécessite d’expliciter la notion de gratuité, qui dissimule des réalités bien différentes. Il existe 4 grandes familles de logiciels dits gratuits auxquelles j’ajouterai une 5ème, les logiciels piratés.
a) Les Shareware/Partagiciels
Cette méthode de commercialisation repose sur la confiance, en offrant un logiciel gratuitement, sous réserve d’envoyer à son concepteur une contribution le plus souvent modeste, si le produit convient à l’utilisateur, permettant d’obtenir les mises à jour ou les versions complètes du produit. Comme on le voit, la gratuité n’est que toute relative et l’éthique ou un minimum de conscience le rend payant.
b) Les Demoware/démonstration commerciales
Simple démonstration d’un produit vendu par ailleurs, les demoware sont soit limités à une durée ou un nombre fixe d’utilisation, soit incomplets.
c) Les Adware/Logiciels publicitaires
Ces logiciels sont gratuits mais les auteurs se rémunèrent par l’ajout de bandeaux de publicité ou la vente d’information. Ces publicités transitant par le réseau, elles alourdissent de façon non négligeable votre facture téléphonique. De plus, nombre de ces logiciels vous « pistent », c’est à dire enregistrent vos habitudes, les sites que vous visitez, pour constituer des bases de données à caractère commercial.
d) Les Freeware
Il ne faut pas confondre logiciel libre et graticiel.
Un graticiel n’est pas nécessairement un logiciel fourni avec ses sources, à la différence du logiciel libre.
De même, à la différence du graticiel, obtenir un logiciel libre peut être un service payant (ce n’est pas contradictoire avec les licences utilisées). L’ambiguïté vient du terme anglais " free" qui signifie à la fois libre et gratuit. Un graticiel est donc gratuit mais pas obligatoirement libre, ce qui signifie que l’utilisation du logiciel est gratuite mais que la propriété reste acquis au créateur. La gratuité est quelquefois limitée à un certain type d’utilisateur (étudiant, association, etc…). Il est impossible d’adapter un graticiel ou de corriger des bugs.
Un logiciel libre est fourni avec ses sources, et permet donc la modification, l’amélioration, et les corrections. Par contre la fourniture du logiciel peut être payante, comme par exemple les « distributions » de Linux (Debian, RedHat,…).
Ainsi, des exemples de logiciels libres importants et connus sont les systèmes d’exploitation Linux et FreeBSD, le serveur Web Apache , le serveur SMB SaMBa , la suite bureautique StarOffice... A contrario, des exemples de graticiels connus sont les navigateur Internet Explorer et Netscape Communicator, l’outil de lecture de courrier électronique Eudora Light, ...
e) Le piratage
Tout d’abord un fait, le piratage est un vol. Ceci posé, le reste de l’argumentation que l’on peut déployer n’est que commentaire.
Quoi qu’on en pense, le développement d’un logiciel nécessite des ressources financières, et implique des dépenses en recherche très importantes. La survie de toute entreprise passe par la sauvegarde de ses intérêts.
Il y quelques années, le choix d’un système d’exploitation ou d’un logiciel passait nécessairement par un achat. Les graticiels existaient, mais atteignaient rarement la qualité de ceux produits actuellement, et les logiciels libres n’avaient pas encore vu le jour pour le grand public. Pour les moins fortunés d’entres nous, le piratage restait la seule solution pour accéder aux possibilités offertes par les logiciels du commerce, même si cela restait malgré tout un vol.
Aujourd’hui, il est inconcevable pour une organisation de quelque nature que ce soit de cautionner ce type de comportement, d’autant plus que les logiciels libres peuvent répondre à la quasi totalité des besoins de tout un chacun.
Au niveau mondial, le taux de piratage a décliné au cours des cinq dernières années passant de 49% en 1994 à 36% en 1999. Les pertes occasionnées par la copie et l’utilisation illégales de logiciels dans le monde sont de l’ordre de 12 milliards de dollars pour la seule année 99. Les Etats-Unis, l’Asie et l’Europe de l’Ouest représentent 83% des pertes engendrées par le piratage, ces régions étant très fortement informatisées. Les 10 pays enregistrant à eux seuls 70% des pertes mondiales sont : les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Chine, la France, le Canada, l’Italie, le Brésil et les Pays-Bas. L’étude IPR constate que 19 pays affichent un taux de piratage supérieur à 80% - 8 logiciels sur 10 sont des copies pirates, parmi lesquels le Vietnam (98%), la Chine (91%), la Russie (89%) et l’Indonésie (85%). Source : http://www.bsa.org
En Afrique hormis l’Afrique du Sud, les taux de copie illégale sont supérieurs à 50%, et pour une majorité de pays, supérieurs à 80%. Source : http://www.microsoft.com

2) Les logiciels Libres et Internet
Sans entrer dans une quelconque polémique avec les aficionados d’Apple ou autre, mais en s’en tenant à une réalité objective, on peut résumer comme ceci :
Faut il choisir Microsoft, un logiciel libre ou un graticiel ?
Pour les serveurs d’Internet, les statistiques sont significatives. Sur un total de plus de 32 millions de sites (recensés pour l’étude),
60% des sites Web (HTTP) tournent avec Apache, un logiciel libre.
30% avec un serveur web Microsoft.
50% des machines tournent avec un Système Microsoft (W2000, NTx, W9x)
30% avec Linux
(Source www.netcraft.com)
Comme le montre ces chiffres, les logiciels libres sont une alternative crédible à l’offre commerciale, voire même de meilleure qualité.
Un serveur comme Yahoo repose sur le système FreeBSD, Google sur Linux, Amazon utilise Linux et Apache (Source www.netcraft.com).
Une enquête du Wall Street Journal a révélé que même Microsoft utilise des logiciels libres sur certains de ses serveurs Internet, et des morceaux de code du système FreeBSD ont été découverts dans Windows 2000.
Ces exemples démontrent que la gratuité du logiciel s’accompagne d’une fiabilité incontestable. On ne peut pas imaginer que ces entreprises utilisent des logiciels libres sans y trouver leur compte en terme de productivité et de coût d’utilisation.
Toutefois, ces entreprises bénéficient d’informaticiens expérimentés, qui contrebalancent le reproche souvent fait aux logiciels libres, leur complexité de mise en œuvre.

3) Les logiciels libres et la promotion des NTIC
La question gratuit/payant n’a pas de réponse simple et tranchée, et dépend de l’angle d’approche.
Est-on utilisateur averti ou « professionnel », ou bien néophyte, ce que je désignerais sans connotation péjorative par l’utilisateur Lambda ?
Est-ce qu’on du système d’exploitation ou des logiciels applicatifs (traitement de texte, etc…) ?
Est-ce qu’on payer les mises à jour ou bien peut-on assurer une veille technologique sur Internet ?
a) Du point de vue de l’utilisateur Lambda
Principale cible de toutes les attaques, Microsoft symbolise la tentative d’hégémonie sur les NTIC. Il faut toutefois apporter à son crédit, un apport non négligeable à la vulgarisation et la diffusion de l’informatique « grand public ».
De par sa stratégie commerciale, Microsoft a, sinon créé, du moins imposé un certain nombre de standards de fait, dans l’utilisation et l’ergonomie des logiciels. On retrouve dans la quasi totalité des outils bureautiques les mêmes menus, fonctions, boutons, permettant ainsi un apprentissage et une appropriation de l’outil simplifiés.
En contre partie, l’utilisateur Lambda se voit emprisonné dans le monde Microsoft, à l’image des entreprises des années 70 prisonnières d’un Bull, IBM, DEC ou autre systèmepropriétaire, sous peine de voir son acquis technologique rester inutile dans sa vie professionnelle, où l’informatique règne en maître.
Cet état de fait, rend quasi obligatoire dans les pays industrialisés, de se former sur les outils Microsoft, ou du moins sur ses systèmes d’exploitation ( Windows 95, 98, NT ou aujourd’hui Windows 2000).
On peut se demander si dans les pays du sud, cette nécessité peut être évitée.
L’objectif des nombreux projets est la promotion des NTIC, dans des environnements où l’informatique n’existe pas ou peu. Dans ces milieux peu importe le flacon, seule l’utilisation compte. La portabilité du savoir acquis a une importance toute relative pour un habitant d’une zone rurale africaine venant lire le journal en ligne. Peu lui importera l’outil tant qu’il est formé à son utilisation.
Quoi de mieux pour s’approprier une technologie, que de pouvoir l’adapter à ses besoins. La libre utilisation des codes sources des logiciels libres, peut être une opportunité pour les pays du Sud de s’affranchir des habitudes du Nord.
Dans un contexte culturel et économique où le partage et la mise en commun des ressources sont l’habitude, les logiciels libres peuvent être indiqués.
Une ONG ou association trouvera bien évidemment un intérêt financier avec les logiciels libre, mais mettre en œuvre un système comme Linux sur des machines autres que les serveurs s’avère dans la majorité des cas une aventure sans le concours d’expert.
Tout Microsoft ou tout Libre, la solution se situera plus sûrement dans un moyen terme, Des logiciels Libres sur un système d’exploitation Windows.
Quelques soient nos besoins, en 2001, on peut trouver son bonheur avec les logiciels libres.
Des outils bureautiques comme Star Office ont désormais acquis une reconnaissance, et sont portés sous Windows.
b) Du point de vue de « l’expert »
L’expert n’est pas forcément un professionnel, mais ce que j’appellerais un utilisateur averti.
Pour l’expert, les logiciels libres sont une solution viable, efficace et d’un coût acceptable.
Un projet de création de cybercentre, gagnera à s’appuyer sur un réseau local, permettant la mise en commun de ressources comme les imprimantes, les disques durs de grande capacité, l’accès Internet,…
La création d’un réseau d’un cybercentre peut s’appuyer sur serveur sous linux ou tout autre système libre (FreeBSD,…), qui offre toutes les fonctionnalités de Windows, et même des fonctionnalités supplémentaires (Quotas de disque, Serveur Telnet,…).
Les stations de travail de faible puissance (i486) gagneront à utiliser Linux, beaucoup moins gourmand que Windows.
Dans le cadre de projets montés en partenariat avec des ONG du Nord, il n’est pas rare d’avoir des machines de récupération. Celles-ci sont généralement fournies avec leur système d’exploitation (Windows en majorité).
Mon expérience personnelle m’a démontré que l’utilisateur Lambda ne se soucie en aucune façon du système d’exploitation. Seuls les outils qui lui sont d’une utilité directe sont importants.
Le choix d’une suite bureautique comme StarOffice permet d’offrir le traitement de texte aussi bien sous Linux que sous Windows. Le choix du système sera donc l’affaire du technicien chargé de la maintenance. Les navigateurs Gratuits sont disponibles tant sous Linux que sous Windows.
En conclusion, le pragmatisme doit guider le choix des acteurs du développement.
Alain Roblin Demont CSDPTT Ile de France (Poste)
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En illustration de l’enjeu, un article paru dans l’hebdomadaire Courrier International N°516 daté du 26/9/2000. (voir (http://www.courrierinternational.com)

Linux, une chance pour l’Afrique ?
Disposant de peu de moyens, les pays africains pourraient trouver dans le logiciel libre un moyen de se doter d’un système bon marché. Reste à former des informaticiens et à sortir de l’influence de Microsoft.
Soucieuse de se doter d’un système d’exploitation national afin de ne pas être dépendante de l’américain Microsoft, la Chine s’est rapidement enthousiasmée pour Linux, estimant que le système développé par Linus Torvalds était sans doute l’alternative la mieux adaptée à sa situation de pays en voie de développement. L’engouement chinois pour Linux montre également que le projet de logiciel libre sur lequel repose le système d’exploitation est peut-être la meilleure solution pour les nations n’ayant pas à leur disposition les moyens de se payer les technologies du Nord. Il est évident que les logiciels libres ­ c’est-à-dire ces logiciels que vous avez le droit de copier, utiliser, modifier et redistribuer comme bon vous semble ­ ne peuvent susciter que l’intérêt des usagers et des Etats sans le sou. Ainsi, comme le remarquent les responsables du Linux User Project, l’Afrique pourrait bien devenir le continent Linux dans les années à venir. A l’instar de l’Afrique du Sud qui occupe le 24e rang des pays les plus branchés sur Linux, des pays comme le Botswana, l’Algérie ouencore le Kenya ont rejoint le club.
Néanmoins, si la perspective de voir se développer les logiciels libres en Afrique est séduisante, il faudra de nombreuses années pour y parvenir dans la mesure où beaucoup d’obstacles demeurent. Le sous-équipement informatique ­ même pour Linux, il faut des ordinateurs ­ est bien évidemment la principale difficulté de ces pays, même si plusieurs programmes internationaux multiplient les initiatives en faveur de l’informatisation de l’Afrique. Par ailleurs, Microsoft jouit d’un certain monopole car la plupart des entreprises équipées font tourner leurs machines sous Windows NT, garantissant ainsi à la firme de Redmond une certaine tranquillité. Le manque de moyens n’incitera pas ces sociétés à tenter l’aventure Linux sans certaines garanties. Dès lors, les promoteurs de Linux sur le continent noir appartiennent à de petites communautés branchées, mais, rappelons-le, ce constat vaut aussi en Occident. Pour que l’Afrique passe à une étape supérieure dans l’utilisation de Linux et pense à créer un système adapté à ses besoins propres, il lui reste à mettre l’accent sur la formation de personnes capables de faire évoluer le logiciel libre. Ainsi l’université Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology au Kenya propose désormais une formation Linux. Et comme la communauté Linux est très ouverte, il est probable que les pays demandeurs trouveront une aide appréciable auprès de tous les développeurs de la planète Linux.
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Nous vous soumettons à la réflexion les propositions issues du débat en ligne sur la maîtrise sociale des nouvelles technologies en Afrique élaborées à l’issue du forum AFTIDEV (http://www.aftidev.net). Nous le faisons d’autant plus qu’elles rejoignent nos préoccupations concernant la nécessité d’une politique volontariste pour développer les réseaux de télécommunications. Le débat s’est déroulé sur Internet de septembre à décembre 2000. Les travaux de suivi ont été financés par la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme. Il a rassemblé plus de 150 personnes dont la majorité (55 à 60 %) venaient d’Afrique. Une synthèse complète et détaillée des débats est disponible à l’adresse http://www.aftidev.net/fr/ressources/documents/html/analyse_debat.html ou dans l’ouvrage intitulé "Société de l’information
-  société de la connaissance, La nécessaire maîtrise sociale d’une mutation" publié avec le soutien de la fondation Fondation Charles Léopold Mayer disponible sur Internet à l’adresse http://www.vecam.org/ressources/ouvrage.html  ; La Rédaction


Propositions issues du débat AFTIDEV

Proposition n°1 : mise en place du développement des infrastructures dans un élan de solidarité internationale.
 Il conviendrait de mettre en place un plan de développement des infrastructures de télécommunications du Sud en commençant par le développement de l’accès au réseau téléphonique.
 Ce plan de développement, conçu comme un programme de solidarité internationale, pourrait s’appuyer sur un fond spécial.
 Le Nord pourrait constituer ce fonds en utilisant différents mécanismes tels que :
 les redevances perçues lors de l’exploitation par l’Afrique des infrastructures de commutations du Nord durant les communications ;
 la mise en place d’une taxe sur les communications électroniques,
 la mise en place d’une taxe sur les noms de domaines ;
 taxe sur les profits des activités économiques liées aux nouvelles technologies de l’information des filiales au Sud des entreprises du Nord.
 Les mécanismes de gestion des ressources récupérées seront adoptés en collaboration avec la société civile internationale, notamment, africaine.
 Les Etats africains et la société civile internationale devraient s’efforcer de redéfinir les modalités des coûts de raccordement à Internet, défavorables à l’Afrique.
 Le Sommet sur la société de l’information de 2003 et les différentes instances se mettant en place dans le cadre des travaux de la DOT Force peuvent servir de cadre d’action.
 Il importe de renforcer les programmes de mise en place d’infrastructures pour les accès collectifs. Le gouvernement, le secteur privé et la société civile doivent jouer un rôle complémentaire dans ce processus.
 La société civile pourrait faire davantage pression pour défendre l’accès universel face aux situations de monopole et à l’approche libérale qui caractérisent le secteur des télécommunications.

Proposition n° 2 : contenus et applications multimédia
 Pour exploiter les potentialités des TIC, il est recommandé de :
 1.Soutenir et encourager la promotion de contenus répondant aux besoins des populations (informations sur la santé, le développement agricole, les mécanismes démocratiques, etc.) en exploitant toutes les techniques du multimédia (son, image). Des applications adaptées doivent être développées pour répondre aux besoins spécifiques des populations s’exprimant en langues africaines.
 L’Internet ne devrait pas être le seul support de ces contenus, mais les CD-ROM, plus facilement productibles, devraient être de plus en plus exploités. Dans ce but, il est recommandé de financer des programmes de recherche-développement menés en Afrique.
 2.Développer les passerelles entre l’Internet et les modes de communication classiques, comme la radio. Il s’agit d’utiliser Internet notamment pour renforcer la capacité l’accès à l’information des structures locales qui en ont besoin dans le cadre de leurs activités courantes.

Proposition n°3 : mieux integrer l’afrique dans la gouvernance de l’internet
 Les pays et les acteurs africains du secteur des TIC devraient œuvrer d’avantage à l’intégration de l’Afrique dans la gouvernance de l’Internet. Cette intégration peut être accélérée en donnant naissance à l’AFRINIC, une instance africaine chargée de s’occuper de la gestion des adresses IP et des noms de domaine destinés à l’Afrique, donnant forme ainsi à un " territoire " africain sur Internet.² Une autre stratégie consisterait à accroître la participation des Africains aux organes de direction de l’ICANN.
 Les pays africains doivent, par des actions de lobbying, pousser l’Internet Society à opter pour le multilinguisme. Une instance comme l’Agence de la Francophonie devrait à ce niveau mettre en place des mécanismes pour la traduction et la mise à jour permanente des textes importants produits dans ce domaine. Les Etats africains, les acteurs de la société civile du milieu TIC et la francophonie ont alors un grand rôle à jouer.