Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de Juillet 2001 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de Juillet 2001

Juillet

dimanche 1er juillet 2001, par Alain


La Lettre de juillet  2001
No : 68

 
Sommaire :

Editorial
Le téléphone est-il un service de
base ?

______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Création du GPTDE au Congo
Liaison son vidéo Nancy -Sabotsy-nahemana
______________________

Echos des postes et télécoms
dans le monde

Mali  : Ouverture du marché et
privatisation relancés

Arrivée du câble SAT3/WASC à
Dakar

En Bref : Côte d’Ivoire, Cameroun.
______________________

La rubrique de Jean Louis
Fullsack

L’Europe, les Pays en développement et
les Nouvelles Technologies

______________________

Articles
La communication rurale :
un lien stratégique pour la réduction de la pauvreté
au Niger

de Djilali BENAMRANE, économiste,
Niamey/Niger, 18/09/2000)

CONSOLIDATION DU RESEAU DES RADIOS RURALES
ET DES CENTRES D’INFORMATION POUR LE DEVELOPPEMENT AU NIGER (RURANET/CID)

de Djilali BENAMRANE, économiste,
Niamey/Niger , 7 juin 2001)

 


Editorial
Le téléphone est-il un service de base ?
La question doit-elle encore être débattue ? Il semble
bien que oui si l’on en croit la nouvelle campagne de signatures lancée
par Agir Ici intitulée "SERVICES LIQUIDES : DROITS BAFOUES" avec
de nombreuses ONG françaises.
Cette campagne vise à s’opposer aux privatisations, à
exiger un bilan de l’impact de celles-ci sur l’égalité d’accès
au service de base et une augmentation des budgets consacrés à
ces services. Autant de mesures auxquelles on ne pourrait que souscrire.
Mais il n’est question que de santé, d’éducation, d’accès
à l’eau et l’énergie domestique. Il y a plus de 10 ans, lors
de la création de CSDPTT, la question du téléphone
et du courrier faisait débat alors en regard d’autres besoins. On
croyait le débat terminé. Il semble bien qu’il faille le
rouvrir.
Sans doute au point de vue de la privatisation, les télécoms
méritent d’être analysées de façon contradictoire.
Pour autant, le téléphone, et la communication en général,
ne sauraient être exclus des services de base tant ils les
complètent de façon indispensable.
Une autre question nous est donc posée comme un défi.
Celle de construire une ONG forte consacrée à la communication
(poste et télécommunications) capable aussi de peser
dans ce type de débat.
Bruno Jaffré
______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Création du GPTDE au Congo
Le vendredi 1er juin, a été créé une association
de professionnels des télécommunications dénommée
 : "Groupement des professionnels des télécommunications pour
le développement et l’environnement", un bureau dirigé" par
M. Jean Makoundou du ministère des PTT a été mis en
place. L’association s’est fixé pour objectif :
- Elaboration de projets de développement des 
télécommunica-tions dans les milieux ruraux ;
- Coopération avec les associations oeuvrant dans le 
domaine des télécommunications.
Nous souhaitons plein succès à cette nouvelle association.
________________________________
Liaison son vidéo Nancy -Sabotsy-nahemana
Au cours d’un week-end à Nancy, consacrée à la
lèpre à Madagascar, organisé à l’initiative
d’une coordination d’associations locales, Patrick Faillon (CSDPTT
Nancy), dans le cadre de ses activités au sein de l’association
SCO (Sourires et Clins d’œil, sco.fr@wanadoo.fr) a participé à
la mise en place d’une liaison vidéo - son via Internet avec la
commune de Sabotsy-Nahemana à Madagascar. Il a pu bénéficier
de la collaboration là-bas de M. Jimmy Raikotoniaina informaticien.
Deux tables rondes ont été organisées le samedi
23 après-midi à Nancy avec un certain nombre d’institutions
locales, Chambre des métiers, Chambre du commerce et de l’Industrie,
Chambre de l’agriculture, ville de Nancy, Conseil Général
etc. Plusieurs personnes ont donc ainsi pu dialoguer avec le maire de la
commune. Un moment fut partiellement émouvant lorsqu’un médecin
demanda au maire des nouvelles d’une action que ce médecin avait
menée lors de son passage à Madagascar. Cette expérience
a donné idée des idées. D’autres projets sont en gestation
depuis, citons la mise en place d’un cybercafé associatif
ou la création de relations entre écoles.
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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Mali : Ouverture du marché et privatisation
relancés

Mme Ascofaré Oulématou Tamboura, ministre de la Communication,
a récemment affirmé dans une conférence de presse
que le chantier de la privatisation de la Sotelma était entré
dans sa phase opérationnelle et qu’il devra être bouclé
dans le premier trimestre de l’année prochaine. La Banque mondiale
(BM) va consentir un prêt de 8 millions de dollars (plus de 5 milliards
de frs CFA) au gouvernement malien, pour appuyer ce processus.
Par ailleurs, une licence d’établissement et d’exploitation
de réseaux et services de télécommunication doit être
octroyée à un opérateur privé totalement concurrent
à la Sotelma et selon une procédure d’appel d’offres international.
L’opérateur devra être connu en octobre prochain Le Ministre
a en outre déclaré qu’il n’était pas logique de fixer
un montant pour la licence mais qu’il fallait laisser le marché
imposer sa loi.
Le régime général de concurrence est défini
par un nouveau cadre légal et réglementaire qui va de l’adoption
de la libre concurrence, à la séparation des fonctions d’opérateur
et réglementation du secteur, la création d’un organe chargé
de l’application de la réglementation (fonction qui ne peut être
assurée par la Sotelma), en passant par la suppression du monopole
d’établissement et d’exploitation des réseaux et services,
et enfin l’adoption de deux types d’autorisation d’établissement
ou d’exploitation de réseaux ou service de télécommunications
 : autorisation sous forme de licence et autorisation sous forme de déclaration.
(Source L’ESSOR du 15/06/2001).
On apprenait fin juin que Mme Ascofaré Oulématou Tamboura
démissionnait de son poste probablement pour se défendre
en justice. Celle-ci souhaite en effet pouvoir l’interroger dans l’affaire
qui touche l’ancien PDG M. Samba Sow touchant la gestion de la SOTELMA.
Ceci ne devrait pas faciliter le processus d’ouverture du marché
des télécommunications.
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Arrivée du câble SAT3/WASC à
Dakar

Le câble sous-marin SAT3/WASC (pour South Africa Telecommunications
- West Africa Submarine Cable) est arrivé à Dakar fin mai.
Une quarantaine d’opérateurs privés travaillent sur le
projet qui sera, a partir de l’Afrique du sud,
Plus d’une quarantaine d’opérateurs économiques privés
et semi-publiques sont associés à ce projet dont le
coût total est estimé à 500 milliards de francs CFA.
Le Sénégal y a contribué à hauteur de 7,5 milliards.
Long de 14.000 km, le câble sous-marin à fibre optique va
relier le Portugal et l’Espagne à l’Afrique du Sud, via les Iles
Canaries, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le
Bénin, le Nigeria, le Cameroun, le Gabon et l’Angola. La jonction
sera faite avec un autre réseau destiné à l’Asie,
via l’Inde et la Malaisie, le SAFE (South African - Far East). Les autres
pays africains qui seront connectés au cable sont le Gabon, le Benin,
le Nigeria, la Cote d’Ivoire, le Cameroun, l’Angola, l’Ile de la 
Reunion et l’Afrique du Sud.
Selon M. Cheikh Tidiane Mbaye, directeur général de la
Sonatel, des pays non connectés au câble, notamment le Mali
et la Mauritanie, pourront plus tard être raccordés au système
lorsque la Sonatel aura en charge l’exploitation prévue au premier
trimestre 2002.
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En Bref
Lors de son passage à Paris, M. Laurent Gbagbo, Président
de la Côte d’Ivoire a eu des entretiens avec Michel Bon, Président
de France Télécom.
Le câble SAT 3 WASC, câble sous-marin à fibres optiques
de haut débit en technologie SDH est arrivé à Abidjan
en Côte d’Ivoire courant juin. Il permettra à Côte d’Ivoire
Télécom de sécuriser et d’améliorer les communications
internationales.
Deux cadres régionaux de l’opérateur camerounais Camtel
sont accusés d’un détournement d’environ 100 millions de
FCFA. L’un a disparu, l’autre a été écroué
(source le Messager du 13/06/2001).
A l’occasion de la journée mondiale des télécommunications,
le 17 mai, le gouvernement du Cameroun a signé une convention de
financement de 6 millions FF avec le Programme des Nations Unies pour le
Développement en vue de favoriser l’accès de l’Internet aux
Jeunes.
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La rubrique de Jean Louis
Fullsack

Nous inaugurons ce mois-ci cette
nouvelle rubrique qui nous essayerons de publier régulièrement.
Jean Louis Fullsack est directeur honoraire de France Télécom,
ancien expert de l’UIT (Union Internationale des Télécommunications).
Retraité, il continue à suivre de très près
l’évolution des nouvelles techniques mais aussi des télécommunications
en Afrique où il a effectué de nombreuses missions. Il est
en plus détenteur de la mémoire de ces évolutions.
Nous avons pensé que sa connaissance des institutions internationales
et son point de vue critique, c’est tellement rare aujourd’hui, intéresseraient
fortement les lecteurs de la lettre de CSDPTT qui se veut un outil d’information
et de réflexion sur le développement des télécommunications
dans les pays en développement. 
 
La rédaction

L’Europe, les Pays en développement et les Nouvelles Technologies
Le "Rapport sur les technologies de l’information et des communications
(TIC) et les pays en développement (2000/2327(INI))" a été
présenté au Parlement européen en session plénière
au nom de la Commission du Développement par son Rapporteur Lone
DYBKJAER (ELDR) le 11 juin 2001 et approuvé sans opposition le lendemain.
Seuls les Verts sont quelque peu sceptiques et le PSE souhaite plus d’engagement
de la Dot-Force et demande la création d’une "Unité e-développement".
Le Rapport que l’on peut trouver sur le site du Parlement européen
(www.europarl.eu.int) a été présenté en session
plénière … avec six députés en séance
et trois citoyens dans les tribunes. La durée totale de la présentation
et du débat n’a pas dépassé la demi-heure. C’est dire
l’intérêt et la priorité -tout relatifs- que les parlementaires
accordent à ce sujet qui nous préoccupe tant ! A titre de
comparaison, juste avant la présentation du Rapport Dybkjaer, la
déclaration de la Commission sur "Le bien-être des animaux"
(ça ne s’invente pas !) et le débat qui l’a suivie a duré
trois-quarts d’heure. J’étais fort loin de mon "bien-être"
dans la tribune, car il n’y a guère plus de place pour les jambes
que dans un charter d’Air Afrique.
Ce Rapport a été adopté haut la main, tant les
louanges ont été unanimes. C’est tout juste si quelques représentants
"de gauche" ont souligné le besoin d’une politique plus volontariste
du Conseil et de la Commission, notamment pour créer une "Unité
de e-développement" en particulier pour soutenir l’action de la
Dot.force auprès du G8, et apporté quelques bémols
à l’efficacité des TIC dans le processus de développement.
Un autre point soulevé "à gauche" est la crainte que
les TIC ne créent encore davantage d’écarts dans les PeD
eux-mêmes, car elles seront assimilées/accaparées très
vite par l’élite au détriment de l’ensemble de la population.
Cette "fracture interne" amplifierait donc celle -externe- entre Pays Industrialisés
(PI) et PeD. C’est un aspect capital que nos amis africains devront apprécier
et suivre tout particulièrement : leur avis et retour d’information
seront indispensables.
La réponse aux intervenants du Commissaire Bolkestein est moins
enthousiaste, hormis la louange rituelle pour "l’excellence du Rapport",
la richesse de son contenu et le nombre de ses propositions. Et aussi l’assurance
qu’appliquées avec un réalisme pragmatique (sic) les TIC
sont un outil de développement de l’économie et de la démocratie
dans les PeD. Il rappelle la réunion du G8 à Gênes
en juillet, où la Commission "participera avec d’autres Etats membres
mais sans ne prendra pas la tête". D’autre part, il n’est pas possible
d’entrer les TIC dans les domaines prioritaires de l’Union Européenne
(UE) car ceux-ci sont définis pour la législature. Il ne
peut par conséquent pas être créé d’Unité
e-développement, cette tâche pouvant être assurée
par l’Unité d’innovation. Enfin, le Rapport d’analyse proposé
par le Rapport Dybkjaer qui doit être présenté en 2003
pour évaluer les résultats n’a pas de raison d’être
 : le Rapport annuel sur la politique de développement communautaire
pourra s’en charger en 2003.
En clair : les TIC sont le meilleur outil pour la bonne gouvernance,
l’intégration régionale et la réforme administrative
dans les PeD … mais il n’y aura pas de moyens budgétaires supplémentaires
pour les financer.
Au cours de son exposé le Commissaire a indiqué que ce
sera le Rapport Junker (PSE) qui servira de base de discussion pour la
prochaine assemblée paritaire ACP-UE en octobre. Ce Rapport n’est
pas encore disponible.
Bref sommaire du Rapport Dybkjaer et remarques principales
La page réglementaire rappelle son origine et son élaboration
confiée à la Commission du développement. La Commission
industrie, commerce extérieur, recherche et énergie a été
saisie, cependant elle "a décidé de ne pas délivrer
d’avis" !
Elle précise que le Rapport a été adopté
à l’unanimité par la Commission du développement et
indique la liste des membres votants.
Suivent 15 "considérant" et 32 avis et souhaits :
On regrette un "chapeau" recensant les causes essentielles du constat
par ailleurs relativement complet. Cependant ces "considérants"
ne suivent aucune trame ni ordre (prioritaire par exemple) et n’évitent
pas la redondance. Ni surtout les poncifs ou les utopies. Ainsi on "considère"
que les TIC "rendent possible une participation directe (de la société
civile) par delà les frontières spatiales et temporelles"(sic)
et un peu plus loin que "la société de l’information est
en mesure de bouleverser l’organisation du travail, le secteur éducatif
et la société en supprimant les barrières spatiales
et temporelles" (re-sic). On regrette en particulier que le Rapport ne
mette pas en exergue "le rôle de premier rang (de l’Union Européenne,
premier donateur) dans l’élaboration et la mise en œuvre des TIC
en faveur de PeD", ni le rôle des responsables publics dans ce processus.
Les 32 avis et souhaits qui suivent sont tout aussi dépourvus
de cadre ou de rang ; certains sont incompréhensibles (traduction
 ?). Encore une fois le rôle dans les décisions des Etats est
éludé. Il y a cependant des "souhaits" intéressants,
notamment ceux montrant le rôle de la radio, des énergies
nouvelles, l’urgence du développement rural, l’importance d’un système
d’information de gestion (SIG) coiffant une base de données relatives
à la coopération au développement, ou "l’invite" pour
le soutien aux langues locales, contenus locaux et cultures régionales
dans l’utilisation des TIC. On note aussi une "invite" à la Commission
afin "qu’elle dispose du personnel suffisant doté des connaissances
nécessaires en matière de mise en œuvre des projets", qu’elle
crée "au sein d’EuropeAid une unité "e-development" à
même d’assister les unités sectorielles en ce qui concerne
l’intégration des TIC dans le développement". On souhaiterait
que ces "invites" aillent plus loin et imposent une démarche de
recherche systématique de synergie entre les différents réseaux
 : télécoms, transport, énergie, radio-et télédiffusion
en priorité. Pour notre association il est aussi intéressant
de noter "l’invite" n° 23 qui demande à "la Commission de poursuivre
les travaux positifs dans le cadre de la Task Force mise en place par le
G8 (Dot.force) et à jouer le rôle principal" y compris "dans
d’autres forums internationaux spécifiques", et aussi "de soutenir
le secrétariat de la Dot.force et participer activement (…) à
la coordination des politiques".
La troisième partie du Rapport est consacrée à
l’exposé des motifs :
Le Rapport semble ignorer la crise que connaît le secteur des
télécommunications depuis un an et les doutes qu’elle a soulevés
quant à la création d’emplois, si souvent proclamée
comme une preuve de réussite du modèle économique
néo-libéral. Ainsi lit-on que dans les PeD "les TIC favoriseront
la création de nombreux emplois tandis que d’autres cesseront d’exister"
 ; le problème est que les premiers seront largement moins nombreux
que les seconds, notamment par la réduction drastique des emplois
à la fonction publique.
On affirme aussi que "le manque d’accès au TIC expose les PeD
à des risques spécifiques" comme "le manque d’accès
aux connaissances via l’Internet", ce qui a comme effet que "le système
éducatif de ces pays pourrait devenir obsolète" (sic).
De même on apprend que si "deux milliards de personnes n’ont
jamais passé un coup de téléphone" cela "s’explique
par les contraintes inhérentes aux structures des télécommunications
et par les politiques de fixation des prix , souvent disproportionnés"
(sic). Nous voilà donc informés par de lumineux raisonnements
… qu’on a déjà entendus et lus, y compris dans les messages
de certains de nos amis ! En contre-point on y affirme aussi que "le développement
ne peut pas reposer exclusivement sur le secteur privé" et que "les
pouvoirs publics doivent s’engager". Un peu plus loin que "l’objectif final
doit consister à ce que les TIC servent le développement
et non l’inverse" …
Le Rapport recommande d’une part une "approche descendante" qui doit
aboutir à "définir les conditions les plus favorables à
la concurrence, et ce afin de diminuer les coûts et stimuler la demande,
tout en garantissant l’égalité d’accès", et permettre
de "mener des politiques (…) visant à étendre la libéralisation
(…) notamment en matière de commerce électronique, d’imposition,
…". D’autre part une "approche montante" doit "stimuler la demande, accroître
la mise en réseau de l’économie et de la société
de sorte que les régions éloignées et les populations
les plus pauvres puissent en bénéficier" (sic) notamment
à travers "les points d’accès communautaires".
Suivent alors une série de domaines sur lesquels "une stratégie
commune de l’UE et des PeD pourrait également se concentrer", sommairement
décrits :
-le renforcement des capacités institutionnelles,
-le commerce et le développement,
-l’intégration régionale,
-le tourisme,
-la santé,
-la prévention des crises et l’aide humanitaire
-l’environnement.
Enfin "d’autres questions d’importance majeure" recommandent le "soutien
au développement des capacités (?), le renforcement du rôle
des institutions et la formation dans les PeD". Une aide substantielle
devra être fournie aux PeD pour utiliser les TIC en vue de réduire
la pauvreté et promouvoir le développement durable. Les Unités
"e-development" devraient être crées afin d’assister les unités
sectorielles des agences pour intégrer les TIC dans le processus
de développement, organiser la formation du personnel aux TIC, accueillir
une base de données de l’agence, instaurer un échange d’informations
avec d’autres départements et agences de développement. A
cette fin "il convient de prévoir les ressources nécessaires
pour la création d’une unité e-development au sein d’EuropeAid
pour cinq ans.
En conclusion le Rapport demande une stratégie cohérente
qui devra compléter les programmes de développement existants.
Faute d’un engagement du Conseil et des Etats membres à réduire
le fossé numérique, l’UE ne pourra pas revendiquer une stratégie
globale en matière de développement. Le Rapport vise à
définir un cadre pour cette stratégie.
Tel quel le Rapport paraît plus un catalogue d’intentions souvent
bonnes mais disparates, enduites de généralités sinon
de lieux communs, et sans aucune cohérence ce qui -vu la finalité
affichée en conclusion- est quand même paradoxal. Il est largement
incomplet, notamment par une vision trop focalisée sur les TIC sans
aucune prise en compte des pré requis indispensables à leur
mise en œuvre, ni du potentiel de synergies possibles dans une approche
multisectorielle, ni des fertilisations croisées qu’une telle approche
induit dans la durée.
Dommage car un tel travail qui a consommé beaucoup d’énergie
et de temps, n’apportera au mieux qu’une contribution de plus dans le débat
- toujours ouvert- entre les TIC et le développement.
Jean-Louis Fullsack
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Articles

Nous publions ci-dessous, deux
documents sur la communication en zone rurale traitant d’expériences
d’installation de radios communautaires au Niger. La radio peut en effet
constituer un excellent outil complémentaire du téléphone
qui nous semble néanmoins indispensable. 
La Rédaction
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La communication rurale : un lien stratégique pour la réduction
de la pauvreté au Niger

L’information et la communication sont vitales dans les activités
socioéconomiques humaines. Dans les années récentes,
les progrès technologiques procurent aux habitants des zones urbaines
et rurales des capacités nouvelles accroissant leur productivité,
améliorant les possibilités de satisfaction de leurs besoins
essentiels vitales et renforçant leur implication, spécialement
en matière de lutte contre la pauvreté et de bonne gouvernance
locale.
Au Niger, l’un des pays les plus pauvres du monde au regard de son
classement dans les rapports mondiaux annuels du développement humain
du PNUD (173ème sur 174 pays classés dans le rapport mondial
2000), tous les partenaires au développement, Gouvernement, opérateurs
publics et privés, bailleurs de fonds, ONGs, société
civile, sont impliqués dans un processus participatif tendant à
promouvoir les populations rurales dans l’ère des nouvelles technologies
de l’information et de la communication (NTICs). L’expérience en
cours est menée dans le cadre de ’’RURANET/CID’’ : Réseau
des radios rurales et centres d’information pour le développement.
1. Une approche globale et participative :

Lire l’article en entier

Djilali BENAMRANE, économiste, Niamey/Niger, 18/09/2000)

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CONSOLIDATION DU RESEAU DES RADIOS RURALES
ET DES CENTRES D’INFORMATION POUR LE DEVELOPPEMENT AU NIGER (RURANET/CID)

Le contexte de l’initiative :
Depuis la fin de l’année 1999, alors que l’expérience
pilote de la radio rurale solaire autogérée de Bankilaré
démarrait, le Niger aura réalisé des progrès
significatifs dans la conception et la mise en œuvre d’un programme national
novateur de mise en place d’unités de radiodiffusion en FM, de coût
modique, d’utilisation facile, fonctionnant à l’énergie solaire
dont l ’abondance est indiscutable, bien adaptées aux conditions
physiques et humaines contraignantes du pays. Dans la phase pilote du programme
(janvier 2000 - décembre 2002), à la fin avril 2001, ce sont
dix sept unités qui sont opérationnelles dans les localités
les plus enclavées et les plus pauvres, réparties équitablement
entre les différentes régions, sur l’ensemble du territoire
(deux pour chacune des huit régions que compte le pays, une région
disposant déjà de sa troisième unité). A la
fin de l’année 2001 se sera une cinquantaine d’unités qui
devraient être opérationnelles et pas moins de cent soixante
à la fin 2002, vingt dans chacune des huit régions. Le consortium
PNUD, ACMAD et SNV qui a joué un rôle de chef de file dans
l’appui à la conception et au démarrage de l’initiative a
été progressivement élargi à l’ensemble des
partenaires au développement. La particularité de ces radios
communautaires de proximité, émettant en FM sur un rayon
limité à une vingtaine de km, est qu’elles sont organisées
selon les mêmes principes d’appropriation et d’autogestion, avec
des statuts, des règlements intérieurs et des grilles de
programmation similaires, elles disposent des mêmes équipements,
bénéficient des mêmes programmes de formation et s’engagent
à travailler en réseau, partageant leurs expériences
et échangeant leurs programmes, réalisés pour l’essentiel
dans les langues locales et autour de thématiques de développement.
L’initiative du réseau de radios rurales (RURANET) est dirigé
par un mécanisme autonome également novateur :

Au plan national : un Comité de pilotage des radios de proximité
(CPRP), composé de personnes travaillant bénévolement,
militants de la cause, comprenant les représentants de la société
civile, ceux des opérateurs publics, privés et communautaires,
ceux des administrations concernées et ceux des partenaires au développement
intéressés, anime l’ensemble du processus. Le CPRP est assisté
de trois commissions spécialisées, organisées selon
le même principe de représentativité, en charge respectivement
de : i) la programmation et la formation, ii) les nouvelles technologies
de l’information et de la communication (NTICs) et les équipements
,iii) et la communication et la mobilisation des ressources.
Auplanrégional : dans chacune des huit régions, dès
que les conditions seront réunies, à savoir la disponibilité
d’au moins cinq radios rurales opérationnelles, membres du réseau
RURANET, il sera mis en place une coordination régionale entre ces
radios afin de faciliter les relations et la synergie avec les antennes
régionales de l’ORTN, les radios privées et le réseau
des radios de la francophonie qui seront prochainement implantées
dans le pays. Certaines activités telle la formation, la maintenance,
le renforcement des capacités autonomes de production qualitative
et quantitative, l’échange des expériences et des programmes,
le démarchage des marchés au près des partenaires
au développement, des administrations, des opérateurs et
ONGs, seront de la compétence première de ces coordinations
régionales. Les coordinations régionales assureront l’entraide
entre les radios de façon à faire profiter les nouvelles
unités à implanter et/ou celles éprouvant des difficultés
de fonctionnement de l’expertise accumulée dans les unités
performantes. Les responsables de ces coordinations régionales seront
membres de plein droit du CPRP en attendant de devenir la composante dirigeante
du mécanisme.
Dans une phase plus longue : 2002-2006 - les radios rurales serviront,
selon la même démarche autogestionnaire, de facteurs de promotion
et de développement autonome de Centres d’Information pour le Développement
(CID). Ces Centres comprenant outre la radio diffusion, la télévision,
la téléphonie solaire, les nouvelles technologies de l’information
et de la communication en support aux secteurs de l’éducation, de
la santé, du développement rurale, de l’artisanat, du tourisme,
de la protection de l’environnement, de l’éducation civique, de
la culture de paix, etc… l’ensemble des activités s’inscrivant dans
une logique de vulgarisation de l’usage adapté, facile et rentable
de l’énergie solaire et des NTICs.
Les autorités nigériennes ont tenu à inscrire
cette initiative de réseau de radios rurales solaires autogérées
(RURANET), dans le cadre plus globale d’une politique nationale de la communication
en cours de formulation avec l’appui de partenaires tels que l’UNICEF,
la FAO, le PNUD ou l’UNESCO.
Une initiative reconnue et primée par la communauté
internationale :

La radio rurale solaire autogérée de Bankilaré
fonctionne correctement depuis un an et demi, des centaines de partenaires
au développement ont fait le pèlerinage à ce haut
lieu de la communication communautaire, ils ont apporté un témoignage
unanime de satisfaction et ont prodigué des encouragements aux animateurs
de la station. A l’initiative du partenaire World Space Fondation (WSF)
de Washington et du Bureau du PNUD de Niamey, l’initiative de communication
communautaire de Bankilaré a gagné un grand prix des histoires
à succès comme grande réalisation dans le domaine
réservé des Nouvelles Technologies de l’Information et de
la Communication (NTICs). Le prix international a été accordé
le 11 mai 2001 par l’Institut International pour la Communication et le
Développement (IICD) dont le siège est aux Pays Bas et par
le Programme d’Information pour le Développement de la Banque Mondiale
(INFODEV). Un panel international de neuf jurys de renommée internationale
ont sélectionné le projet de Bankilaré parmi 70 propositions
sélectionnées, provenant du monde entier.
Le Niger ne peut que se réjouir d’une autre consécration
internationale : sur l’initiative de la ’’Stockholm Challenge Award’’, 
la prestigieuse institution suédoise de grand renom, le réseau
des radios rurales solaires autogérés (RURANET) et des Centres
d’Information pour le Développement (CID) a fait l’objet le 6 juin
2001, d’une sélection mondiale des cent meilleurs projets d’application
des Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTICs)
parmi les 742 projets sélectionnés, proposés par 90
pays. Dans la catégorie ’’Services publics et communautaires et
Démocratie’’, RURANET/CID est le seul projet africain retenu parmi
les quinze propositions mondiales avec de fortes chance de figurer ’’Champion’’
de la catégorie.
L’idée de développer des activités complémentaires
 :

Ce qui donne un avantage comparatif à l’approche nigérienne
RURANET-CID au regard des expériences menées dans d’autres
pays de la sous région c’est le fait que les radios rurales sont
totalement autonomes puisque disposant chacune de ses statuts, de son règlement
intérieur et de l’autorisation d’émettre accordée
par l’Observatoire Nigérien de la Communication (ONC), tout en fonctionnant
en réseau afin de bénéficier du même équipement,
de la même organisation, du même fonctionnement et des mêmes
activités communes de formation. Le marché induit des équipements
devient alors captif et homogène, créant des conditions particulières
avec le ou les fournisseurs attentifs à faire les meilleurs conditions
de prix et au delà de partenariat, tout en veillant à la
qualité des produits et services. Des économies substantielles
sont dès lors possibles au regard de la maîtrise des coûts
de réalisation grâce non seulement aux conditions avantageuses
pouvant être négocier avec les fournisseurs d’équipements
et de services, de préférence des fondations et partenaires
sensibles à la pauvreté des populations bénéficiaires
plutôt que des entreprises ou opérateurs classiques, mais
également et surtout à la mobilisations des populations pour
la réalisation volontaire et gratuite des constructions, gage de
leur appropriation réelle et collective des installations et équipements. 
A titre d’illustration, le coût moyen des réalisations des
dix sept radios rurales en fonctionnement ne dépasse guère
les 10 millions de FCFA par unité, soit l’équivalent de 15.000
$.US. (console de transmission, mât et antenne, panneaux solaires,
petits matériels de fonctionnement, formation de base pour le démarrage
des activités et y compris le bâtiment d’exploitation).
Grâce aux relations privilégiées tissées
par le Niger avec le fournisseur Wantokent de consoles d’émission
en FM qui équipent toutes les unités RURANET, il s’est révélé
possible de travailler sur l’idée audacieuse de monter à
Niamey un atelier de réalisation des consoles d’émission
en FM et de fournir, aux mêmes conditions de qualité et de
prix, les besoins du Niger et possiblement ceux de pays voisins intéressés
par l’initiative (Burkina Faso, Tchad, etc…). Avec l’accord des autorités
nigériennes, du fournisseur et des partenaires au développement
dont le PNUD et le FNUAP, cette activité serait conçue comme
une expérience de partenariat inédit entre les jeunes filles
de Goudel, quartier périphérique de Niamey où fonctionne
avec dynamisme depuis le début de l’année une radio de jeunes,
membre du réseau RURANET et des jeunes filles libérées
de la prison de Niamey et en quête de mesures de réinsertion
sociale par la confiance et la solidarité. Des consultations sont
en cours pour mener à bien l’initiative qui concernerait dans une
première phase une demie douzaine de jeunes filles de Goudel, animatrices
de la radio des jeunes et une demie douzaine de jeunes filles, d’anciennes
détenues volontaires pour vivre l’expérience et la réussir
afin de créer un champ d’espérance pour cette catégorie
de population féminine vivant dans le désespoir, dans des
conditions particulièrement précaires.
D’autres initiatives sont en cours de maturation telle le montage des
radios récepteurs à énergie manuelle et solaire (type
récepteurs Free Play) qui nécessiterait plus de moyens d’investissement
puisque portant sur de plus grande quantité d’unités à
produire que les consoles type Wantokent.
D’ores et déjà des artisans et petits opérateurs
s’organisent au plan national et régional autour d’activités
de construction de bâtiments sans bois, de mâts pour les antennes
et autres petits matériels d’exploitation, nécessaires à
la mise en place et au bon fonctionnement des radios rurales. Demain
des activités complémentaires prévues dans le cadre
des Centres d’information pour le développement offriront d’autres
opportunités de création d’emplois et de multiplication d’activités
génératrices de revenus. C’est un des chemins porteurs qu’a
trouvé le Niger pour lutter contre la pauvreté en donnant
la voix aux sans voix pour renforcer la capacité d’expression des
exclus et des plus pauvres parmi les pauvres.
Djilali BENAMRANE, économiste, Niamey/Niger , 7 juin 2001)