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Lettre de Juin 2001

Juin

vendredi 1er juin 2001, par Alain


La Lettre de juin 2001
No : 67

 

Sommaire :

Editorial
Report du forum de la téléphonie
rurale

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

RASCOM : retour du Nigéria
Mobiles au Burkina : L’ONATEL la plus
chère

Sénégal : Bénéfices
et nouvelles baisses des prix

Côte d’Ivoire : le débat est lancé
En Bref : Algérie, Tunisie,
Arabie
Saoudite, Mali
, Togo, Bénin,
Argentine
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Articles
Nous publions ci-dessous, un document de M. Sylvestre
Ouedraogo, professeur à l’université de Ouagadougou, et responsable
de l’association Yam Pukri qui travaille au développement d’Internet
au Burkina Faso. Cet article aborde le problème de l’aide vue du
sud ce qui ne manquera d’interpeller tous les acteurs du développement
au Nord comme au Sud. Il présente en plus l’originalité d’être
un travail basé sur des interviews d’acteurs du sud ayant
des partenaires au Nord. 
 

La Rédaction
_________________________________
 Un
regard critique des bénéficiaires de l’aide sur leurs donneurs
potentiels

de Sylvestre
Ouedraogo Président de Yam Pukri


Editorial
Report du forum de la téléphonie rurale
Un deuxième forum sur la téléphonie rurale, programmé
début juin a dû en être reporté faute d’inscriptions
suffisantes. Lors de la précédente session, bien que dans
l’ensemble les interventions aient été très institutionnelles
voire parfois publicitaires, des véritables ques-tions avaient pourtant
été posées, comme celles de la définition du
service universel, du rôle de l’Etat qui ne doit pas de désengager
après avoir privatisé, de celui de l’UIT, de la place des
ONG et de la société civile. De plus les contacts et échanges
noués hors conférences étaient en général
fructueux.
A l’occasion de ce nouveau report quelques questions méritent
d’être posées ? Est-ce opportun de confier l’organisation d’une
telle conférence à l’ESMT (Ecole Supérieure des Télécommunications) ?
Le BDT (Bureau de Développement des Télécommunications)
de l’UIT n’a-t-il pas plus de moyens pour prendre en charge l’organisation
d’un tel événement et lui donner l’importance qu’il mérite ?
Les opérateurs nationaux privatisés ou publics accordent-ils
l’importance qu’elle mérite à la téléphonie
rurale ? La coopération française qui n’a pas renouvelé
son soutien financier considère-telle le sujet comme moins important
que celui d’Internet ? Quid du discours sur la "fracture numérique" ?
Encore une fois seule une intervention accrue de la société
civile conférera à la téléphonie rurale la
place et les moyens qu’elle mérite.
Bruno Jaffré
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Echos des postes et télécoms
dans le monde

RASCOM : retour du Nigéria
Le Nigéria a officiellement intégré RASCOM (Organisation
Régionale Africaine de Communications par satellites). Il rejoint
ainsi les quelques 43 pays du continent déjà associés
au projet. Les responsables de celui-ci espèrent bien que, d’ici
la fin de l’année, cette adhésion soit suivie de la celles
de la plupart des derniers pays non signataires.
Pour le Nigéria il s’agit en fait d’un retour. Retour accompagné
d’un versement de 500000 dollars américains comme participation
aux investissements. Ce pays, pourtant parmi les pionniers du projet, s’était
retiré lorsque la décision avait été prise
de localiser le siège à Abidjan, alors que le Nigéria
était candidat pour l’abriter.
Rappelons que le projet consiste à lancer un puis deux satellites
géostationnaires au-dessus de l’Afrique afin d’améliorer
les communications internationales interafricaines et permettre un accès
massif des zones rurales ( on a parlé un moment de 500000 terminaux)
au réseau téléphonique et ainsi à une gamme
diverse de services dont l’accès à Internet. Ainsi le Directeur
de RASCOM M.Adadja a récemment déclaré lors de la
cérémonie d’accueil du Nigéria : « La mission
de RASCOM vise également la fourniture d’un accès universel
aux services de télécommunications, notamment dans le secteur
rural d’Afrique, qui représente plus de 70% de la population du
continent afin de propulser ce dernier sur l’autoroute de l’information
 ».
Le ministre des télécommunications de Côte d’Ivoire
a par ailleurs ajouté : « Grâce à RASCOM, bientôt
la téléphonie, le fax, les transmissions de données
dans les villages africains, deviendront une réalité. De
même, il ne sera plus nécessaire de transiter par des pays
en dehors de l’Afrique pour permettre d’établir des communications
entre africains. L’économie ainsi réalisée, que les
experts estiment à environ 200 milliards F CFA par an, demeurera
en Afrique et servira au développement de l’Afrique »..
ALCATEL Spacecom a été choisi pour le financement,
la conception, la construction, le lancement et l’exploitation du système
de satellite pendant une période de concession définie dans
l’Accord d’Exécution BOT (Build Operate Transfer). Le premier satellite
devrait être lancé en 2003 sur la base d’une co-propriété
avec EUTELSAT, au moyen des ressources orbitales de EUTELSAT à 
3°E/4°E.
Il semble bien cette fois que la période de doute soit derrière
et que l’optimisme soit désormais de mise. Il reste à espérer
que le villages africains en seront effectivement bénéficiaires.
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Mobiles au Burkina : L’ONATEL la plus chère
L’interconnexion est effectivement une réalité depuis
avril entre l’ONATEL (opérateur public), la CELTEL et TELECEL. Mais
les tarifs pratiqués par l’ONATEL sont plus élevés
que ceux de ces concurrents. Et l’hebdomadaire d’opposition Bendré
(Edition du 7 mai) de s’inquiéter : « Si pour certains, il
y a lieu de se réjouir De cet état de fait, il n’en demeure
pas moins que cette interconnexion soulève des questions quant à
la survie du secteur public dans la téléphonie mobile et
même dans la téléphonie tout court. » Une inquiétude
qui se fonde sur le fait que les communications des mobiles de l’ONATEL
vers un fixe (236 FCFA ou 250F prépayé) sont plus chères
que celles des mobiles de CELTEL ou de CELETEL vers les fixes (respectivement
219 FCFA et 221 FCFA sur Ouagadougou). De même que les communications
des mobiles TELMOB (filiale de l’ONATEL) vers CELTEL ou vers TELECEL (360FCFA
prépayé ou 342 FCFA) sont plus chères que dans le
sens inverse (respectivement 297 FCFA et 295 FCFA). TELCEL et TELECEL sont
cependant plus chers en dehors de Ouagadougou.
De plus, le même hebdomadaire s’étonne que l’ONATEL n’abonne
plus personne depuis 2 mois et que les cartes prépayées soient
introuvables. L’ONATEL compte 35000 abonnés au fixe et 28000 aux
mobiles ses concurrents CELTEL et CELETEL sur les mobiles en auraient actuellement
respectivement 14000 et 12000.
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Sénégal : Bénéfices
et nouvelles baisses des prix

La SONATEL a annoncé avoir réalisé un bénéfice
net de 42,5 milliards FCFA en 2000 soit une croissance de 4,2 pour cent
par rapport à l’exercice précédent. Parmi eux, 33,5
milliards de FCFA ont été réalisés en
dehors du marché sénégalais par le biais des recettes
reçues des opérateurs des autres pays au titre du trafic
qu’ils envoient. Durant la même année les investissements
ont atteint 55 milliards de francs CFA.
Alors que la société déclare avoir baissé
ses tarifs internationaux de 60% en 3 ans ce qui ferait de ses tarifs les
moins chers d’Afrique.
De nouvelles baisses ont été annoncées début
mai. Ainsi, la minute de communication en heures pleines, vers n’importe
quel pays africain, passe à 325 FCFA (Toutes Taxes Comprises,
TTC), contre 340 FCFA auparavant, le tarif en heures creuses reste cependant
inchangé sur le continent.
Vers les autres continents, le tarif est uniformisé à
400 FCFA la minute en heures pleines, contre 255 FCFA en heures creuses.
Par ailleurs, une baisse de 20% est annoncée sur tarifs Internet,
tandis que la location des LS aux fournisseurs d’accès diminue entre
20% (480.000 FCFA pour une LS de 64 mégabit et 796.000 FCFA pour
128 Mgb) et 40%. En effet pour les LS de 256, 512 et 1004 Mgbs, les nouveaux
tarifs sont respectivement de 930.000 FCFA, 1.530.000 FCFA et 1.920.000
FCFA.
D’autres baisses importantes ont été consenties aux entreprises.
Pour les écoles et les universités, la SONATEL accorde des
tarifs spécifiques, 450 FCFA TTC l’heure de connexion et sans modulation
horaire. Les lignes spécialisées louées par les écoles
et universités subissent aussi une baisse très importante,
de l’ordre de 50 %, quel que soit le débit en mégabits.
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Côte d’Ivoire : le débat est lancé
Une récente augmentation des tarifs du téléphone
(50% selon la FAC-CI association de consommateurs et 4,7% selon la Conseil
des Télécommunications de Côte d’Ivoire) semble avoir
relancé le débat sur les télécommunications
en Côte d’Ivoire. Rappelons le France Télécom détient
51% de CI-Telcom et que cet opérateur détient le monopole
sur la téléphonie fixe en contrepartie duquel il est tenu
de développer le réseau en zone rurale. Le monopole doit
permettre en outre à CI-Telcom de s’assurer un retour sur investissement
conséquent avant l’ouverture à la concurrence.
Ainsi un récent article intitulé : « de Comment
l’Etat fait fuir les investisseurs » (SoirInfo du 17 Mai), M. Karim
Djinko s’indigne du monopole de CI_Telcom et se demande pour quelle raison
on ne fait pas appel au VSAT alors que la FAC-CI déclare que l’interdiction
de la téléphonie sur Internet ne repose sur aucun texte.
M. Karim Djinko fait sans doute preuve d’un peu trop d’optimisme en déclarant
que des dizaines de grandes entreprises seraient prêtes à
investir. Pour autant le débat pointe sur une véritable contradiction.
Celle d’une entreprise partiellement privatisée (France Télécom
est en effet considéré comme une entreprise privée)
qui détient un monopole et peut maintenir ainsi des prix élevés.
Le même débat agite le Sénégal et l’intervention
de la société civile est sans doute à l’origine des
récentes importantes baisses des prix dans ce pays. La concurrence
qui n’attire souvent que des entreprises à la recherche de profits
rapides ne s’intéressant qu’aux marchés de niches au détriment
su service public est-elle pour autant la solution ? Rien n’est moins sur.
Par contre l’Etat, après avoir touché l’argent des privatisations,
ne serait-il pas bien inspiré de reprendre son rôle
de régulateur et imposer la satisfaction des besoins de service
public plutôt que de se contenter d’empocher les fortes pénalités
que doit payer l’opérateur pour ne pas avoir respecté ses
engagements ?
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En Bref
Une deuxième licence GSM devrait être attribuée
en Algérie en juillet une autre en décembre.
Parmi les candidats on trouve France Télécom, Nokia, Ericsson
et Motorola. Les deux nouveaux opérateurs privés à
côté de l’opérateur national ne devraient pas avoir
de nouveau concurrents avant 2003.
En Tunisie, le capital de Tunisie-Telecom va prochainement
être ouvert aux investisseurs privés mais l’Etat devrait garder
51% du capital. Par ailleurs, un appel d’offres pour une deuxième
licence de GSM va prochainement être lancé alors que l’opérateur
national jusqu’ici en situation de monopole compte actuellement 245000
abonnés.
L’Arabie Saoudite envisage de mettre fin au monopole
de l’Etat sur les télécommunications et d’ouvrir le secteur
aux capitaux étrangers. Moins de 200000 personnes sont actuellement
abonnées à Internet soit environ 600000 utilisateurs pour
une population d’environ 20 millions d’habitants.
Au Mali, l’ex PDG de la SOTELMA M.Tiemoko Maiga, qui
continue de clamer son innocence, a été condamné à
deux ans et demie de prison ferme, 500.000 francs CFA d’amende et à
verser 25 millions de francs CFA à son ancienne société
(les avocats de la SOTELMA en réclamaient le double) à titre
de dommages et intérêts. Il était notamment accusé
d’avoir perçu des pots de vin évalués a 500 millions
francs CFA dans la passation de marchés et de non respect des procédures
légales en matière d’attribution des marchés publics.
Au Togo, l’Etat togolais a accumulé plus de 14
milliards de FCFA de factures téléphoniques impayées
sur une période de six ans a révélé la Commission
nationale de lutte contre la corruption et le sabotage économique.
La Primature, le ministère des Affaires étrangères,
le ministère de la Communication et le ministère de la Fonction
publique, ont, à eux seuls, enregistré pour plus de 951 millions
de francs CFA de factures téléphoniques impayées pour
les années 1999 et 2000. L’ambassade du Togo en France a été
plusieurs fois menacée de voir couper ses lignes par France Télécom
pour factures impayées. (source AFP)
Au Mali, le premier opérateur de téléphonie
mobile de norme GSM, Malitel a décidé de suspendre provisoirement
l’enregistrement de nouveaux abonnements. Malitel qui a compte déjà
9000 abonnés après en 6 mois d’exercice souhaite procéder
non seulement à des travaux d’extension sur le réseau GSM
mais aussi vérifier tout son système technique et commercial.
 Au Bénin, le nombre de téléphones
mobiles vient de doubler celui du fixe (47000 en juillet 2000). En effet
selon le DG de l’Office des Postes et Télécommunications,
Libercom disposerait actuellement de plus de 60 000 abonnés, Télécel
en aurait 30000 alors qu’un troisième opérateur Benincell
est sur le marché. En un an le Bénin aurait ainsi doublé
la capacité de communiquer qu’elle avait acquise en 40 ans. (source
Oridev N°15 www.oridev.org)
En Argentine, une commission d’enquête parlementaire
a été créée à propos de la participation
de Telefonica Argentina dans plusieurs opérations de blanchiment
d’argent.

Article
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Un
regard critique des bénéficiaires de l’aide sur leurs donneurs
potentiels

de Sylvestre Ouedraogo Président de Yam Pukri (Burkina Faso) voir le site de Yam Pukri

Ce travail est le résultat d’interviews auprès d’associations,
ONG et structures décentralisées pour avoir leurs appréciations
à propos du partenariat Nord-Sud. Les paroles et expressions exprimées
ici sont les différents points de vue des individus enquêtés
mais non la vision officielle de leurs institutions. Nous tenons à
remercier toutes les personnes qui ont accepté témoigner
librement lors de nos multiples entretiens.


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