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Lettre d’Avril 2001

Avril

dimanche 1er avril 2001, par Alain

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La Lettre de avril  2001
No : 65

 
Sommaire :

 EDITORIAL
Première Assemblé générale du troisième
millénaire

______________________
Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

AG de CSDPTT
En bref
______________________
Echos des postes et télécoms
dans le monde

Cameroun : boom des portables
Le câble de fibre optique SAFE arrive à
l’Ile Maurice

Sénégal : Toujours des initiatives
dans les télécoms

En Bref : Algérie, France
fin 2000 9,2 millions de postes Internet, Côte d’Ivoire, Internet
au Togo
, Telefonica a commencé à délocaliser
ses centres d’appel au Maroc, licenciements dans les télécoms,
Iridium, Brésil

______________________
Courrier
Pour des actions auprès des Nations
Unies

Ouvrir des cabines publiques au Congo
Le village planétaire
______________________

Articles __________________________________________________________________________________________________________________
Une conséquence
de la déréglementation
 : la remise en cause des réglementations
tarifaires entre PI et PVD.
deJean
Louis Fullsack

Voyage
d’étude à Tombouctou et Niafunké
deVincent
Chappey


EDITORIAL
Première Assemblé générale du troisième
millénaire

La première assemblée générale CSDPTT du
3ème millénaire s’est tenue à Paris le 31 mars 2001.
Les participants ont été unanimes pour dire que l’année
2OOO restera comme celle du déclic avec surtout la concrétisation
du projet de téléphonie rurale au Burkina-Faso. En effet
à ce jour, 4 villages sont raccordés au réseau Burkinabé
et fonctionnent. D’autres projets ont également suscité un
vif intérêt de la part de nos partenaires notamment la formation
internet au Mali. La présence de nouveaux adhérents à
cette A.G. laisse augurer une année 2001 féconde avec la
mise ne chantier de projets au Burkina et au Mali. Cette activité
débordante ne doit pas nous faire perdre de vue la difficulté
de mise en oeuvre de certains projets et la nécessité d’en
tenir compte pour l’élaboration de nouveaux.
 L’expérience emmagasinée doit permettre une plus
grande efficacité. C’est en continuant de se renforcer en nombre
que nous pourrons disposer de forces humaines supplémentaires susceptibles
de nous permettre de faire face aux nombreuses sollicitations. Pour conclure
espérons que nombreux seront ceux qui pourront revenir avec :" de
la poussière africaine sous les semelles" pour paraphraser Daniel
Dairé de Toulouse.
Emile Quesada
 

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

AG de CSDPTT
 L’assemblée générale de CSDPTT s’est tenue
le 31 mars à Paris en présence de 15 membres, dont 
9 ayant fait le déplacement de Province, de Toulouse, Nice, Nancy,
Annecy et Chambéry. Deux évènements ont marqué
cette année comme l’a rappelé le rapport moral.
Une mission au Mali au cours de laquelle une formation d’initiation
à la microinformatique et à lnternet a été
dispensée au sein de la SOTELMA. Celle-ci a permis le renforcement
des relations avec l’AVDTM (Association des Volontaires pour le Développement
des Télécommunications au Mali). Enfin elle s’est ensuivie
d’un rapport sur les besoins exprimés relativement au projet
de raccordement des 701 communes.
Une autre mission au Burkina Faso a permis l’installation de 4 liaisons
téléphoniques dans des villages de la région de Toma
au Burkina Faso.
CSDPTT compte aujourd’hui 48 adhérents ce qui représente
un doublement de ses effectifs en deux ans et sa situation financière
reste saine.
Plusieurs sujets de discussion ont mobilisé les participants.
Comment situer les besoins en moyen de communication par rapport aux besoins
de se nourrir et de se soigner ? Quels rapports entretenir avec les associations
sœurs en particulier l’AVDTM au Mali ? Quels rapports entretenir avec France
Télécom ? Comment mener au mieux les projets de téléphonie
rurale dont la réalisation qui nécessite la participation
active des opérateurs et des populations ?
Décision a été prise de démissionner du
CCOBF (Comité de Concertation des ONG au Burkina Faso) qui n’a pas
réussi à devenir un organisme suffisamment représentatif
et dont le principal dirigeant, lors de son AG, s’est en outre permis de
dénigrer notre association sans aucune réaction alors que
notre président n’avançait que des critiques constructives.
L’après midi, la discussion s’est centrée sur les futurs
projets de CSDPTT dans le domaine de la téléphonie rurale,
du développement d’Internet ou du soutien aux opérateurs
publics. Un ambitieux programme a été adopté que nous
révélerons au fur et à mesure que les choses se préciseront
et seront négociés avec nos partenaires.
Un Nouveau Conseil d’administration de 8 membres a été
élu, 2 de Toulouse dont Philippe Darrouy le secrétaire général,
2 de Nice dont Emile Quesada le Vice-Président, 2 d’Ile de France,
le trésorier Félix Belrose et le Président Bruno Jaffré,
1 d’Annecy et 1 de Nancy.
________________________________
En bref
Plusieurs nouvelles adhésions à CSDPTT dans la région
de Annecy-Chambéry devraient permettre la constitution d’un nouveau
groupe de CSDPTT dans la région en plus de ceux déjà
existant en Ile de France, à Toulouse, Nice et Nancy. Un apport
d’autant plus intéressant pour CSDPTT qu’il s’agit tous de spécialistes
de téléphonie rurale.

Echos des postes et télécoms
dans le monde

Cameroun : boom des portables
En douze mois, le nombre d’abonnés à la téléphonie
mobile est passé de moins de 5000 à quelques 150000 abonnés
au 31 décembre 2000, 100 000 abonnés (chiffre fin décembre
2000) pour la SCM (société camerounaise de mobiles, filiale
de France Télécom), elle en prévoyait 40000, et 50000
pour l’autre opérateur MTN (Mobile Telephone Network société
sud-africaine).
De nouvelles activités se sont développées autour
de la téléphonie mobile créant des milliers d’emplois.
Les tarifs d’abonnement ont pratiquement été divisés
par deux. Idem pour le prix de la communication qui a enregistré
une baisse drastique. Le réseau s’est étendu aux régions
les plus éloignées. Les opérateurs annoncent pour
les prochains mois, de nouveaux services qui permettront aux usagers d’avoir
accès à Internet à partir de leur téléphone
mobile, se servir du portable comme d’un ordinateur, d’un appareil fax
etc. Un troisième opérateur du mobile devrait bientôt
faire son apparition.
Avec un chiffre d’affaires annuel estimé à plus de 40
milliards de Fcfa, des investissements avoisinant 100 milliards de F CFA
et près de 5000 emplois fournis, la SCM et MTN aurait eu un
apport décisif dans la reprise économique actuellement observable
au Cameroun. De même l’enveloppe de 40 milliards de F CFA obtenue
de la privatisation de Camtel Mobile aurait permis au Cameroun d’avoir
pour la première fois en sept ans une balance commerciale excédentaire.
Enfin les impôts versés par ces opérateurs et leurs
sous-traitants auraient contribué à la bonne tenue des finances
publiques camerounaises.
(Source le Messager 3 janvier 2001)
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Le câble de fibre optique SAFE arrive
à l’Ile Maurice

Le câble sous-marin South Africa Far Eastern (SAFE) qui doit
relier Maurice aux autoroutes de l’information devrait être
mis en service en octobre 2001. Il offrira des liaisons à très
hauts débits permettant de tout transporter (voix, donnée,
graphique, son, vidéo...) et en grande quantité et d’offrir
de multiples services, regarder la télévision par Internet,
avoir accès à un service de vidéo à la demande,
télécharger internent à la vitesse maximale de son
modem. D’autant plus que Mauritius Telecom (MT) installe un réseau
à fibre optique dans l’Ile et qu’à ce jour, 275 kilomètres
de câble ont été posés.
Le câble SAFE offrira aussi une alternative au service satellitaire.
En période cyclonique, par exemple, Maurice ne sera plus coupée
du reste du monde.
Au départ, il doit offrir un débit de 10 giga bits par
seconde, soit 1 000 fois supérieures à ce qui est actuellement
offert par les satellites.
Le câble SAFE relie Cape Town (Afrique du Sud) à Penang
(Malaisie) en passant par Durban (Afrique du Sud), Maurice, Réunion
et Cochin (Inde). Cape Town sera relié au Portugal via l’Afrique
de l’Ouest à travers le West African Submarine Cable (WASC), projet
intégrant au SAFE. Par ailleurs le projet prévoit l’interconnexion
avec d’autres câbles au Sénégal et au Portugal.
En investissant FF 220 millions dans le projet, MT vise le long terme.
La capacité du câble sous-marin devrait suffire pour les 50
prochaines années. Maurice se retrouvera à un point stratégique
du câble. Elle pourra offrir des capacités énormes
sur l’Europe, l’Asie et l’Afrique. En tant que copropriétaire du
SAFE, MT pourra louer de la capacité à des opérateurs
tierces. (Source Liaisons francophones N°77 du 29/12/2000).
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Sénégal : Toujours des initiatives
dans les télécoms

Les évènements ne cessent de se succéder touchant
au monde des télécommunications dans ce pays.
En février la SONATEL, l’unique opérateur d’accès
à Internet dans ce pays a décidé de couper les liaisons
spécialisées de tous les fournisseurs d’accès Internet
qui devaient des arriérés de paiement. Cette mesure a fait
rebondir le débats sur le monopole d’accès et les coûts
pratiqués. Ainsi le fournisseur d’accès Metissacana pionnier
du secteur s’est plaint publiquement que les dettes étaient sans
commune mesure par rapport aux rentrées financières des communications
téléphoniques des Internautes qu’il estime à 30 millions
de FCFA par mois. Par ailleurs l’OSIRIS (l’Observatoire des systèmes
d’Information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal)
met en cause les prix de location des liaisons spécialisées,
environ trois fois plus élevés que ceux pratiqués
en France, et demande la mise en place d’un organe indépendant de
régulation.
M. Amadou Top président d’OSIRIS ajoute : « Télécom
Plus, fournisseur d’accès Internet, filiale de la Sonatel, ne paie
lui aucun frais de liaison spécialisée puisque que ses installations
sont directement branchées sur le point d’accès Internet
de la Sonatel, ce qui lui permet par ailleurs de bénéficier
d’une bande passante dont les autres FAI ne peuvent disposer et de faire
ainsi une concurrence totalement déloyale aux autres fournisseurs
d’accès ».
Dans le secteur de la téléphonie mobile, on annonce que
L’Etat et la Sentel ont entamé des discussions visant à la
signature d’une nouvelle convention provisoire en attendant le lancement
d’un nouvel appel d’offre. Rappelons que l’Etat avait dénoncé
l’ancienne convention signée par le régime précédent
avec cet opérateur jugé trop favorable à ce dernier.
Enfin le gouvernement a annoncé début février
la création d’un ministère de la Communication et des Technologies
de l’Information. Cette création fait suite à d’importants
mouvements revendicatifs étudiants se soldant par la mort d’un étudiant.
Un des points de l’accord signé à l’issue de ces mouvements
prévoit notamment l’installation de salles informatiques dans toutes
les facultés, l’équipement et la connexion des amicales d’étudiants
à Internet, l’installation d’un cybercafé de 100 places à
la bibliothèque universitaire, le démarrage de la formation
des formateurs en informatique et l’introduction de l’enseignement de l’informatique
au second cycle (source Batik N°19 févier 2001 http://osiris.sn).
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En Bref
En Algérie, un accord vient d’être signé
entre la société EEPAD, premier fournisseur privé
d’accès Internet et Wanadoo, filiale de France Télécom
qui entre dans le capital de cette société à raison
de 25% et annonce vouloir investir 20 millions de dollars dans ce pays.
L’accord consiste en un partenariat technique et une licence de diffusion
et de distribution de Wanadoo en Algérie. EEPAD compte actuellement
4000 abonnés et escompte en avoir 30000 à la fin de l’année.
Les autorités tablent sur un objectif d’un million d’abonnés
à Internet en 2004.
Il y avait en France fin 2000 9,2 millions de postes Internet
dont 59% de professionnels. Par ailleurs environ 110000 machines étaient
raccordées via l’ADSL.
L’Institut National Polytechnique de Yamoussoukro en Côte
d’Ivoire
s’est doté d’un laboratoire de conception de logiciels
informatiques pour un investissement de 70 millions de FCFA qui devront
être vendus à l’international. Il regroupe 10 étudiants
âprement sélectionnés. Il s’agit de la concrétisation
d’un accord entre Neurosoft International et quatre grandes écoles
ivoiriennes.
Le principal fournisseur privé de services Internet au Togo,
CAFE Informatique, vient de mettre sur pied le premier centre d’appel de
téléphonie par Internet en Afrique alors que de nombreux
pays ont interdit ce service pour concurrence déloyale. Ce projet
a reçu le soutien de l’entreprise canadienne Perwit International
et de la Banque Mondiale. Il est entièrement dédié
à une clientèle américaine qui paye en devises.
Le principal opérateur de téléphonie mobile espagnol
Telefonica a commencé à délocaliser ses centres
d’appel au Maroc
pour profiter avantages fiscaux et d’une main d’œuvre
bon marché.
 Suite à une baisse de la croissance dans la téléphonie
mobile (qui devrait pourtant atteindre entre 8 et 10%), les plus grands
industriels du secteur s’empressent d’annoncer des licenciements pour
rassurer leurs actionnaires. Ainsi Nortel, le numéro 1 dans le secteur
a annoncé 5000 licenciements alors qu’il en avait déjà
prévu 10000 il y a peu, Motorola le numéro 2 va réduire
ses effectifs de 12000 emplois, tandis que Philips, Alcaltel devraient
avoir recours au chômage technique.
Iridium Satellite LLC a annoncé le lancement commercial
de services de communication au niveau mondial par satellites. Après
l’accord signé avec le Pentagone, venu très opportunément
à la rescousse de cette société après sa faillite
et qui assure 20000 abonnés du département de la Défense,
Iridium doit encore trouver 20000 abonnés puisque le point d’équilibre 
se situe à 40000 abonnés.
Le Brésil compte 25 millions d’utilisateurs de téléphone
mobile pour 170 millions d’habitants.

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Courrier
Pour des actions auprès des Nations
Unies

« Merci pour la lettre de mars comme toujours riche et intéressante.
Comme vous je suis resté un peu sur ma faim après la lecture
des recommandations de l’atelier "Communication et citoyenneté"
au Forum Social Mondial (FSM).
En effet aucune mention n’est faite sur l’action à mener auprès
(et si possible avec) des agences des Nations-Unies concernées
par la problématique traitée.
On sait bien que l’ONU est largement acquise au néo-libéralisme
mais cela ne doit pas empêcher le FSM d’utiliser cette tribune :
en l’absence d’une institution idéale utilisons celle qui existe
et qui a encore quelques moyens pour faire résonner la différence
à condition que celle-ci lui soit au moins communiquée et
argumentée.
Il me semble qu’il y a au moins deux angles d’attaque : les agences
concernées par la liberté de la communication et celles concernées
par la fourniture d’accès à la communication. Les deux familles
sont fédérées par le droit inaliénable de tout
individu à la communication, promu depuis peu par la charte des
Nations-Unies.
Dans la première famille on trouve notamment l’UNESCO, les Droits
de l’Homme, l’ECOSOC, l’UNICEF, le BIT, voire le PNUD.
Dans la deuxième famille on trouvera surtout l’UIT. Il faudrait
rappeler à cette "vieille maison" (elle remonte à l’Union
Télégraphique Internationale née en 1885) ses obligations
inscrites dans sa charte et plus particulièrement les engagements
qu’elle avait souscrits suite au "Rapport Maitland" (1985 si je ne me trompe)
dont un des trois objectifs principaux affirmait que "au début du
prochain millénaire tout habitant de la terre devait trouver un
téléphone à moins d’une heure de marche de son lieu
de vie". Nous sommes à ce début de millénaire et l’accès
au téléphone est toujours hors de portée pour un tiers
de l’humanité.
Un regret aussi que n’ait pas été évoqué
comme un problème fondamental l’alliance entre les sociétés
du contenu et du contenant (exemple Time-Warner-AOL, Vivendi-Universal).
Enfin, j’aimerais proposer une éventuelle collaboration à
CSDPTT en particulier dans le cadre de projets concernant le renouvellement
et la modernisation du réseau de transmission. J’ai noté
en effet que l’ONATEL a exprimé une demande à l’association.
Je constate que bien trop souvent les réalisations sont menées
sans prendre en compte tous les paramètres et contraintes inhérents
au développement d’un réseau et surtout que les technologies
actuelles qui permettent des solutions économiquement optimales
sont peu connues ou (très) mal maîtrisées. C’est en
principe le rôle du Bureau de Développement des Télécommunications
(BDT) de l’UIT que de fournir la formation et l’information mais ses priorités
sont ailleurs (déréglementation des télécommunications,
création d’un secteur concurrentiel). D’autre part il y a de moins
en moins de moins de financement.
Pour rester dans ce chapitre de la déréglementation,
Philippe Darrouy s’interroge : "Etape obligatoire pour le développement
 ? Peut-être ..." Cette réponse ne me semble pas satisfaisante
pour au moins deux raisons :
- la Chine n’a pas eu besoin de la déréglementation pour
se développer ! Elle est passée des profondeurs du classement
mondial à la 3ème place et bientôt à celle de
première nation en termes de télécommunications avec
un système largement contrôlé par l’Etat ;
- on parle d’ouverture "du capital" des OPT : quel capital ? Qui l’a
évalué ? Avec quelles "unités d’oeuvre" ? Il faut
d’abord mettre à flot l’office avant de l’offrir au "mieux disant".
Cette tâche est fondamentale et -là encore- c’est une fonction
élémentaire que l’UIT doit à ses mandants (les OPT)
qui la font vivre !
J’aimerais que ces thèmes soient pris en considération
avec d’autres (efficacitéd’entreprise, services publics, aménagement
du territoire, gouvernance) pour établir quel type de "déréglementaion"
serait le plus approprié.
Merci de m’avoir prêté attention .
Cordialement »
Jean-Louis Fullsack 07/03/2001
________________________________
Ouvrir des cabines publiques au Congo
Mr. le Président,
Nous sommes une O.N.G.D. dont l’une de nos missions est le désenclavement
des milieux ruraux et quartiers péri-urbains en postes et communications.
A cet effet, nous comptons ouvrir quelques cabines téléphoniques
publiques accessibles à tous car ce qui existe déjà
dans notre milieu sont exclusivement utilisés par une classe au
détriment des gagne-petit.
De même aussi, il n’existe plus d’aucun bureau officiel de poste
qui relie la Ville de Kinshasa et nos grandes agglomérations rurales.
L’expédition d’une simple lettre pour la ville est devenue un casse-tête
pour les ruraux. D’où, nous venons par la présente solliciter
votre appui pour nous permettre de réaliser ce projet d’extrême
urgence.
Dans l’espoir de vous lire avec satisfaction, veuillez agréer,
Monsieur le Président, l’hommage de nos sentiments distingués.
Pour le Conseil d’Administration,
Evariste Bekanga Bokuta Président de Fraternite pour
le Developpement Sans Frontières (f.d.s.f./o.n.g.d.)

Celtel 99 40 571 B.P. 9807 KIN I
________________________________
Le village planétaire
Si on pouvait réduire la population du monde en un village de
100 personnes tout en maintenant les proportions de tous les peuples existants
sur la terre, ce village serait ainsi composé : 57 asiatiques, 21
européens, 14 américains (Nord, Centre et Sud), 8 africains.
Il y aurait : 52 femmes et 48 hommes, 30 blancs et 70 non blancs, 30 chrétiens
et 70 non chrétiens, 89 hétérosexuels et 11 homosexuels
6 personnes posséderaient 59% de la richesse totale et tous
les 6 seraient originaires des USA
80 vivraient dans des mauvaises maisons, 70 seraient analphabètes,
50 souffriraient de malnutrition
1 serait en train de mourir
1 serait en train de naître
1 posséderait un ordinateur
1 (oui, un seulement) aurait un diplôme universitaire
Si on considère le monde de cette manière, le besoin
d’accepter et de comprendre devient évident. Prenez en considération
aussi ceci : Si vous vous êtes levé ce matin avec plus de
santé que de maladie, vous êtes plus chanceux que le million
de personnes qui ne verra pas la semaine prochaine.
Si vous n’avez jamais été dans le danger d’une bataille,
la solitude de l’emprisonnement, l’agonie de la torture, l’étau
de la faim, vous êtes mieux que 500 millions de personnes.
Si vous pouvez aller à l’église sans peur d’être
menace, torture ou tue, vous avez une meilleure chance que 3 milliards
de personnes.
Si vous avez de la nourriture dans votre frigo, des habits sur vous,
un toit sur votre tête et un endroit pour dormir, vous êtes
plus riche que les 75% des habitants de la terre.
Si vous avez de l’argent a la banque, dans votre portefeuille et de
la monnaie dans une petite boîte, vous faite partie du 8% les plus
privilégiés du monde.
Si vous parents sont encore vivants et toujours mariés, vous
êtes des personnes réellement rares. Si vous lisez ce message,
vous venez de recevoir une double bénédiction, parce que
quelqu’un a pensé à vous et parce que vous ne faites pas
partie des deux milliards de personnes qui ne savent pas lire.
Travaille comme si tu n’avais pas besoin d’argent. Aime comme si personne
ne t’avait jamais fait souffrir.
Danse comme si personne ne te regardait.
Chante comme si personne ne t’écoutait.
Vis comme si le paradis était sur terre.
Envoie ce message à tes amis. Si tu ne l’envoies pas il ne se
passe rien du tout. Si tu l’envoies quelqu’un peut sourire en le lisant.
Bonne réflexion
Birama Diallo coordinateur du télécentre de Tombouctou
( Mars 2001)

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Une
conséquence de la déréglementation : la remise en
cause des réglementations tarifaires entre PI et PVD.

L’article du Monde (voir ci-dessous) trace en quelques traits fort
justes, le paysage complexe et conflictuel de la tarification internationale,
et montre clairement les conséquences pour les pays du tiers-monde
de sa modification profonde sous la pression des USA.
On regrettera simplement une erreur récurrente : "l’infrastructure
Internet". En fait, l’Internet est un service fonctionnant en réseau
mais utilisant l’infrastructure des télécommunications. En
outre je me permets de faire deux remarques complémentaires sur
le contenu de cet article.
La tarification internationale reposait, jusqu’alors et entre autres,
sur le principe que toute création de ligne d’abonné -où
qu’elle soit- représente un potentiel de trafic, reçu ou
émis par cette ligne. En d’autres termes tout abonné du Nord
comme du Sud, contribue au développement du réseau mondial
y compris à son économie.
Pour ce qui concerne les investissements auxquels les PVD doivent souscrire
pour réaliser les réseaux d’accès à l’Internet,
ils servent dans la très grande majorité aux sociétés
américaines (sites hôtes, fournisseurs de services Internet,
…) à preuve les connexions en service entre les pays africains presque
toutes orientées vers les USA. Ce n’est étonnant qu’en partie
 : les 50 pays d’Afrique subsaharienne (hors Afrique du Sud) ne comptent
pas plus de sites Internet que la seule Lithuanie ! En outre, les sites
africains les plus intéressants se sont "délocalisés"
hors Afrique en Europe et Amérique du Nord à cause de la
connexité Internet plus pratique.
On peut constater dans la problématique évoquée
par l’article -encore une récurrence- que comme toujours l’UIT,
qui est statutairement le représentant des 183 Etats Membres, s’aligne
sur la position intransigeante des USA, car le modèle de tarification
qu’elle a fait adopter à Montréal est le même que celui
de la FCC. Pour le continent africain, notamment le pays subsahéliens,
les pertes de recettes sont énormes et probablement voisines du
milliard de dollars. Or autres problèmes de la même importance
obèrent gravement les ressources des opérateurs africains
dont la plupart sont encore (mais pour peu de temps … grâce à
l’ardeur de déréglementation de l’UIT) des sociétés
nationales ou des monopoles d’Etat. Pour "faire court" je me limiterai
à trois exemples.
Le transit des communications internationales entre Etats africains
passe presque exclusivement par des plates-formes de commutation internationale
en France, Grande Bretagne et Portugal ; un reliquat de la colonisation
en somme. Ce transit coûte, selon l’estimation de l’UIT, 350 millions
de dollars aux opérateurs africains.
Pour éviter cette anomalie coûteuse, l’UIT a approuvé
un projet américain (présenté par AT&T, coût
voisin de 2 milliards de dollars) d’un câble sous-marin entourant
le continent africain et appelé Africa ONE. Il doit interconnecter
les grandes villes de la façade maritime du continent entre elles
et avec le "réseau mondial" sous-marin notamment américain.
Nous voilà revenus aux comptoirs du 18ème siècle !
Toutefois, les Etats riverains se sont engagés sur des coûts
de connexion qui sont de six à dix fois supérieurs à
ceux qui sont pratiqués entre opérateurs de pays riches.
Les africains sont ainsi doublement pénalisés : seuls les
pays riverains sont connectés, et les tarifs auxquels ils ont souscrit
sont prohibitifs, obérant ainsi leurs recettes pour quelques centaines
de millions de dollars.
Enfin, la pratique dite du rappel (call-back) que les sociétés,
pour la plupart américaines, ont déployée dans les
pays africains pour court-circuiter les opérateurs nationaux dans
les communications internationales, rapporte à ces sociétés
500 millions de dollars par an selon le très libéral Communications
Weekly International. Cela fait au moins autant de pertes de recettes pour
les opérateurs africains, précisément dans le seul
domaine vraiment rentable de la communication internationale, dont les
excédants servaient à financer les investissements moins
rentables mais indispensables dans les réseaux. Ce véritable
pillage des ressources des pays pauvres par des sociétés
ultra-riches s’effectue depuis le début de la dernière décennie
en dehors de toute réglementation et souvent en toute illégalité.
L’UIT n’a pas su (voulu ?) arrêter ce racket, se contentant de vœux
adressés à ces sociétés ou de velléités
de "revoir la réglementation" lors de futures assemblées…
Ces exemples sont hélas non exhaustifs des obstacles que rencontrent
les opérateurs africains dans leur tentative de développement,
et les pays riches -désormais tous alignés sur le crédo
ultra-libéral- ont imposé leur stratégie à
l’UIT. Seuls les pays "intéressants" comme ceux du Maghreb, l’Egypte
et l’Afrique du Sud seront alors invités dans ce "réseau
mondial" -ce village mondial de Mc Luhan-, moins pour en être des
partenaires égaux que pour contribuer à la rentabilité
des grandes sociétés qui se sont approprié "le marché".
Car comme tout le monde le sait désormais : les télécommunications
ne sont plus un service universel, mais un marché mondial, plus
régi par les dogmes de l’OMC que par l’utilité et le rôle
essentiel qu’elles pourraient jouer dans le développement des pays
du Sud.
Jean-Louis Fullsack
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L’article du monde dont il est question
Les recettes téléphoniques perdues des pays pauvres
Si l’on estime que l’argent est le nerf de la guerre, les pays en développement
ont quelques raisons de se faire du souci quant à leurs possibilités
de s’intégrer pleinement dans la société de l’information.
Car leurs ressources pour mettre en place des infrastructures de télécommunications
vont devenir encore plus limitées qu’elles ne le sont déjà.
La raison en est une modification des tarifs de télécommunication
internationaux. Ce changement va se traduire pour ces pays par un manque
à gagner de plusieurs centaines de millions de dollars.
Les pays développés passent en effet bien plus de coups
de fil en direction des pays pauvres que l’inverse. Conséquence
 : les opérateurs, par exemple américains et européens,
utilisent davantage les réseaux des pays pauvres que ceux-ci n’utilisent
les réseaux des pays riches. Ces derniers dédommagent donc
financièrement les pays en développement pour l’usage de
leurs infrastructures. Jusqu’il y a quelques années, ce dédommagement
était calculé sur des bases assez floues et généreuses.
Selon l’Union Internationales des Télécommunications (UIT),
la Chine a reçu en 1997, 650 millions de dollars, l’Inde 600 millions
de dollars, le Vietnam 260 millions de dollars, etc. On pouvait considérer
qu’il s’agissait d’une forme d’aide au développement de la part
des Etats riches, ceux-ci étant alors souvent propriétaires
de l’opérateur national en charge de régler la note. Mais,
les opérateurs devenus privés, et en proie à une vive
concurrence, ne veulent plus jouer ce jeu. En 1997, la Federal Communication
Commission (FCC) américaine, organe de régulation des télécoms
aux Etats-Unis, jetait un pavé dans la mare en publiant des prix
plafonds sensiblement inférieurs à ceux pratiqués
jusqu’alors.
Dépenses accrues
Saisie du problème, et face aux très fortes inquiétudes
des pays du tiers-monde, l’UIT a publié ses propres prix plafonds.
Le 6 octobre 2000, ses membres ont voté à Montréal,
l’"adoption d’un échéancier pour une nouvelle tarification
basée sur les coûts". Moins drastique que la grille publiée
par la FCC, celle de l’UIT se traduit néanmoins également
par une diminution des ressources pour les pays en développement.
A titre d’exemple, pour le Sénégal, l’adoption des prix plafonds
entraîne une baisse de recettes de 48 à 74% selon que l’on
utilise le barême de l’UIT ou de la FCC.
Or, parallèlement, ces mêmes PVD, s’ils veulent ne pas
rester en marge de la "société de l’information", doivent
investir massivement pour développer ou louer des infrastructures
Internet internationales. Et alors que ces coûts sont partagés
lorsqu’ils contribuent à mettre en relation des pays développés
entre eux, les PVD doivent assumer seuls ces dépenses. Car, à
la différence de ce qui se passe pour les télécommunications
téléphoniques classiques, les PVD se connectent bien davantage
sur les sites des pays développés que l’inverse. Les opérateurs
occidentaux ne voient donc aucun intérêt à financer
des réseaux dont leurs clients n’ont pas besoin.
Moins de recettes pour financer les dépenses accrues. Pour l’instant,
chacun est perplexe quant à la façon de combler ce fossé
financier, qui n’a rien de virtuel.
A.K. Le Monde du 9 janvier 2000, supplément Economie
 

Voyage
d’étude à Tombouctou et Niafunké

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Nous publions ci-dessous, des extraits d’un rapport d’une mission effectuée
dans le cadre de la préparation d’un projet de mise en place d’un
télécentre à Niafunké au Mali, auquel pourrait
être associé CSDPTT. Ce projet s’inscrit dans l’objectif national
de connecter les 701 communes du pays. Ses initiateurs ont délibérément
choisi d’y associer l’expérience du Télécentre de
Tombouctou. Nous avons choisi des extraits rendant compte des réalités
locales.

L’article est de Vincent Chappey

elbamia@club-internet.fr

Les films Constance 127 rue Amelot 75011 paris


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