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Lettre de Mars 2001

Mars

jeudi 1er mars 2001, par Alain


La Lettre de mars 2001
No : 64

 

Sommaire :
Editorial
 :

-Nouveau départ ou continuité
 ?

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Notre projet de téléphonie
rurale au Burkina

En bref

Echos des postes et télécoms
dans le monde

- Burkina  : pré-privatisation
- Privatisation au Niger
:un hebdo critique la procédure

 - Mali  : l’Assemblé
vote la privatisation à l’unanimité

En Bref : France,
Etats
Arabes, câble sous-marin entre Palma de Majorque et Alger, Bénin,
Sénégal, Mauritanie
.

Initiatives
 « 
Ouverture d’esprit » au Burkina Faso

 « Communication
et citoyenneté » à Porto Allegre

Solidarité avec
le Salvador.

Reportages
- Les Tribulations De
Deux Nicois Au Burkina-Faso
(reportage de deux adhérents en
mission au Burkin faso).


EDITORIAL
Nouveau départ ou continuité ?
Trois ans d’incertitudes et d’espoirs, ponctués de seulement
3 missions de courte durée, trouvent aujourd’hui une conclusion
heureuse et prometteuse, cela valait bien un numéro presque entièrement
consacré à l’actualité de CSDPTT . Notre premier projet
de téléphonie rurale suscite un réel engouement au
sein de l’ONATEL (Office Nationale des Télécommunications)
et il n’est pas exclu qu’une association voit le jour prochainement. Après
le Mali nous avons trouvé à cette occasion des partenaires
pour relayer notre action sur le terrain et échanger nos compétences.
Plus qu’un aboutissement c’est peut-être un tournant pour notre association
qui voit se profiler la privatisation des deux opérateurs, ONATEL
au Burkina et SOTELMA au Mali .
Etape obligatoire pour un réel développement ? Peut-être,
mais souhaitons au moins que l’intérêt collectif prime dans
ces bouleversements qui se traduisent trop souvent par des licenciements.
A l’heure où le monde des télécoms s’inquiète
des dérives financières, où les féroces concurrents
d’hier parlent maintenant d’alliances pour construire les futurs réseaux
trop coûteux, il reste à espérer que de tels errements
ne trouvent pas d’écho dans ces pays économiquement plus
fragiles.
Philippe Darrouy
 

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Notre projet de téléphonie
rurale au Burkina

Le projet de téléphonie débuta en avril 98 lorsque
M. Nyamba André, docteur en Ethnosociologie à l’université
de Ouagadougou, procéda pour le compte de CSDPTT à une enquête
dans la province du Nayala avec un groupe d’étudiants. Cette province
avait été choisie en concertation avec l’ONATEL (Etienne
Paré). Cette enquête de 7 jours avait pour but d’étudier
les conditions socioculturelles de réalisation et de fonctionnement
du téléphone en milieu rural. Elle permit à notre
association de mettre en exergue le rôle indispensable de la communication
pour le maintien de la cohésion familiale et sociale. Quatre villages
furent choisis, Biba, Koin, Yaba et Nimina en fonction des contraintes
techniques de réalisation (distance de Toma, ville point de départ
du raccordement).
Dans une deuxième phase, du 10/06/98 au 02/07/98, Alain Bergounioux,
membre de CSDPTT, fut chargé d’étudier l’aspect technique
du projet. En août 98 M. Nyamba et ses étudiants réalisèrent
une deuxième enquête(voir sur notre site à l’adresse
http://www.globenet.org/csdptt/niamba.htm).
Cette étude fera apparaître la nécessité
d’apporter une petite formation technique sur l’utilisation technique du
matériel et sa gestion. Divers problèmes dont notamment la
difficulté d’obtenir la signature du protocole d’accord ne permirent
pas le début des travaux fin 98 - début 99 comme prévu.
Ce n’est que l’été 99 que le matériel fut envoyé
par bateau puis train jusqu’à Ouagadougou.
 La mission d’installation du 23/09/99 au 10/10/99 par deux membres
de CSDPTT : Claude Sicard et Emile Quesada se heurta très vite à
des problèmes structurels tant du point de vue administratif (difficultés
douanières) que pratique (route de Toma impraticable à cause
des pluies). Néanmoins l’abnégation de tous permit l’acheminement
et la mise en place de toute l’infrastructure technique à Toma.
Il devenait cependant nécessaire d’effectuer une autre mission d’installation
en s’assurant que les locaux devant abriter le matériel étaient
bâtis et l’énergie solaire disponible.
Fin 2000, inquiets de n’avoir plus de nouvelles nous avons du relancer
la direction de l’ONATEL. Après plusieurs appels téléphoniques,
elle confirma sa disponibilité pour mener à bien le projet.
Parallèlement nous apprenions que l’ONATEL avait reçu plusieurs
délégations des villages concernés par le projet.
Le projet pouvait donc continuer. Ce fut le cas début 2001 et
une nouvelle mission de CSDPTT put achever avec succès ces installations.
Claude Sicard et Emile Quesada bénéficièrent de la
collaboration efficace des agents de l’ONATEL, des pylôniers pour
la pose des mâts et antennes, des agents de l’énergie pour
la pose des panneaux solaires et des batteries, ainsi que la participation
d’un agent de Dédougou faisant partie de l’équipe devant
assurer la maintenance dans le futur. Une formation de 2 jours fut dispensée
à 6 personnes sur un banc d’essais qui servira de lot de maintenance.
Cette formation avait pour but de pérenniser le fonctionnement des
téléphones par une maintenance efficace.
Il reste cependant que la convention devant lier CSDPTT et l’ONATEL
est toujours en attente de signature. Nous savons avoir pris quelques risques
en nous lançant sans avoir reçu la signature de l’ONATEL
(nous avons cependant obtenu plusieurs déclarations orales positives)
mais la subvention reçue du ministère de la coopération
devait être dépensée dans l’année suivant son
règlement. Nous n’avions donc pas le choix ou alors celui d’abandonner
le projet au détriment des populations des villages concernés.
Une dernière phase est prévue ultérieurement,
qui consistera en une enquête de M. Nyamba sur l’impact du téléphone
dans les villages.
Les progrès constatés dans l’agencement des missions
laissent augurer la mise en œuvre d’autres projets communs dans le domaine
des télécommunications, permettant de la sorte d’apporter
aux populations de certains villages un espoir d’amélioration des
conditions de vie, plus particulièrement dans le domaine sanitaire.
En bref
L’hedomadaire Politis a publié dans son édition du 22
février 2001, une interview d’Emile Quesada de CSDPTT Nice rendant
compte du projet dont il est question dans ce numéro.
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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Burkina : pré-privatisation
L’ONATEL (Office National des Télécommunications), opérateur
public issu de la séparation de la poste et des télécommunications
de l’ex O.P.T. compte 53000 abonnés. Il a dégagé un
bénéficie net de 6,5 milliards de FCA en 2000 (source Jeune
Afrique du 13/02/2001). L’ONATEL continue à investir notamment
en construisant des liaisons optiques avec le Mali, le Togo et la Côte
d’Ivoire et en modernisant son réseau.
Comme dans beaucoup de pays africains, le réseau fixe hétérogène
(Fibre optique, Faisceaux Hertziens, Câbles) souffre de problèmes
de vétusté de certains matériels ou de saturation
notamment à OUAGADOUGOU. C’est pourquoi récemment les plus
hauts responsables de l’opérateur ont déclaré 
vivement souhaiter une collaboration avec CSDPTT visant notamment à
l’envoi de certains types de matériel afin de réparer ou
d’accroître les capacités du réseau.
Pourtant, la privatisation prévue cette année, s’avère
difficile car les candidats potentiels sont surtout intéressés
par le secteur du GSM et ne souhaitent pas s’embarrasser du téléphone
fixe peu rentable à leurs yeux. Cette privatisation partielle, qui
pourrait prendre effet avant fin 2001, se fera sur la base d’une ouverture
de capital à hauteur de 60% à 70%, réparti de la manière
suivante : 30% environ vers un gros actionnaire et le reste vers le petit
actionnariat public et le personnel de l’ONATEL qui conserverait un pourcentage
suffisant pour infléchir sur les décisions futures.
Pour ce qui est du téléphone cellulaire, les prévisions
tablent sur environ 100000 abonnés. Il y a actuellement trois opérateurs
 : ONATEL, CELTEL, TELECEL. Ces derniers ont respectivement du débourser
10,6 et 8 millions de dollars. L’arrivée de ces deux concurrents
s’est traduite par une véritable guerre commerciale avec parfois
des excès ou des promesses difficilement tenables entraînant
de nombreuses plaintes des clients dont rend compte la presse locale. Leurs
réseaux ne sont pas interconnectés car l’ONATEL ne se jugeant
pas prêt, met un frein malgré la pression de l’autorité
de régulation souhaitant qu’un accord soit trouvé avant fin
mars. Le parc des GSM pour l’ONATEL est d’environ 18.000 abonnés.
Pour ce qui est d’Internet, il existe trois fournisseurs d’accès
principaux : FASONET (ONATEL), CENATRIN, LIPTINFOR pour un forfait qui
varie entre 15.000 ET 20.000 CFA (150 à 200 FRS) pour une connexion
illimitée. Quelques centres d’initiation à l’informatique
et à Internet se mettent en place (Ex : YAM-PUKRI voir ci-dessous).
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Privatisation au Niger :un hebdo critique la
procédure

L’hebdomadaire nigérien Alternative critique, dans son édition
du 8 février 2001, la procédure de privatisation qui a abouti
à l’absence de candidature ferme. Il accuse notamment certains responsables
de l’opérateur SONITEL de freiner le processus par peur de perdre
leurs privilèges. Il fustige le manque de cadre juridique et la
mauvaise préparation du dossier. Il soupçonne les responsables
locaux d’avoir voulu favoriser le consortium France Télécom
- Sonatel, au détriment d’autres éventuels repreneurs. Il
ajoute : « Les conditions que posent cette société
sont aussi nombreuses qu’inacceptables pour tout Etat qui se respecte.
Ainsi elle exige que l’Etat garantisse non seulement le passif de la société,
c’est-à-dire qu’il accepte d’éponger toutes les dettes extérieures
et intérieures de Sonitel, mais aussi qu’il accorde au consortium
un quitus fiscal (exonération) et social (le licenciement de 500
agents)…pour ne citer que cela ».
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Mali : l’Assemblé vote la privatisation
à l’unanimité

C’est donc par 96 voix contre 0 et 1 abstention que les députés
maliens ont adopté la loi consacrant l’ouverture du marché
des télécommunications. Une partie du capital de la SOTELMA,
qui devrait par ailleurs perdre son monopole, sera vendu à un partenaire
stratégique puis petit à petit l’Etat qui devra céder
la totalité de ses actions. Les préoccupations des députés
ont tourné autour du financement de la téléphonie
rurale, la gestion des éventuels licenciements dont il est fortement
question (la presse parle de 600 licenciements), la transparence dans le
secteur, les conditions de cession du réseau de fréquences
La SOTELMA emploie 1400 salariés dont 600 non qualifiés.
Elle dispose seulement de 50.000 abonnés dont 70% à
Bamako. La demande est estimée à 90 000 lignes en l’an 2001.
Selon le ministre des télécommunications, il faudrait un
investissement de 67 milliards de francs CFA pour atteindre une télé
densité d’une ligne pour 100 habitants, ce qui serait au-dessus
de la capacité financière de la Sotelma.
La SOTELMA subirait par ailleurs les contre coups de l’affaire MALITEL.
Cette société mixte (Sotelma 56%, Sogetel 44%) avait
obtenu en 2000 une licence GSM sans qu’un appel d’offre ne soit lancé.
De plus la loi sur la passation de marché pour la fourniture du
matériel du réseau GSM n’aurait pas été respectée
et la facture serait aujourd’hui de 5 milliards de FCFA. Finalement sous
la pression des salariés de la SOTELMA qui allèrent jusqu’à
la grève et de la Banque Mondiale, Malitel a été réintégré
totalement au sein de la Sotelma. Mais le gouvernement a dû rembourser
6 millions de FF à la Sogetel. Cette crise serait donc à
l’origine des difficultés financières de la SOTELMA alors
selon une commission parlementaire, elle avait réussi en 2000 à
rétablir sa situation financière. La SOTELMA était
en effet parvenue à payer ses arriérés de 1999 (5
milliards FCFA) au niveau du trésor public, ses impôts de
l’année 2000 et même une avance sur l’année 2001 de
500 millions de FCFA. (source http://www.malieco.com/)
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En Bref
En France, prés d’un habitant sur deux était 
abonné à un réseau de téléphone mobile
à la fin de l’an 2000. D’autre part le nombre d’Internautes aurait
progressé de 47% en un an soit 8,47 millions au 4 ème trimestre.
Au cours du 3 ème congrés arabo-international des communications
et de la technologie informatique, le ministre algérien des P&T
a déclaré que les pays arabes travaillaient à la mise
en place d’un réseau de communications qui relie directement
tous les Etats Arabes
sans passer par d’autres pays. Un câble
existe déjà entre l’Algérie et Alexandrie en Egypte,
un autre entre le Maroc et la Tunisie, le projet consiste à en créer
d’autres.
Un câble sous-marin va être construit entre Palma de
Majorque et Alger
. Dénommé ALPAL-2, il sera relié
à l’EBN, le réseau pan-européenne de France Télécom
qui participe avec Telefonica, Telecom Italia et le ministère algérien
des PTT à sa construction.
L’OPT au Bénin a ouvert en décembre un cybercafé
dans un centre commercial de Cotonou. Il offre des services de navigation
horaire, envoi de courrier électronique, bureautique et rafraîchissements.
La Sonatel a franchi le cap des 200000 abonnés au téléphone
fixe au Sénégal et a annoncé par ailleurs l’objectif
d’en raccorder 50000 supplémentaires en 2001.
Au Sénégal, la Sonatel a porté les capacités
techniques de la bande passante internationale de 4 à 42 Mbps (34
Mbps avec France Télécom et 2Mbps avec Teleglobe qui devrait
bientôt passer à 8).
En Mauritanie, Maroc Telecom a été déclaré
adjudicataire de son homologue Mauritel dont 54% du capital était
mis en vente, pour un montant de 48 millions de dollars. Elle avait proposé
4 fois plus cher que Portugal Telecom. France télécom et
Vivendi présélectionnés ne se sont pas présentés
à l’ouverture des plis.

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Initiatives
« Ouverture d’esprit
 » au Burkina Faso

L’association YAM-PUKRI, ce qui peut se traduire par « Ouverture
d’esprit », a été créée par Sylvestre
Ouedraogo il y a environ 3 ans. Elle a pour objectif premier de promouvoir
l’utilisation des nouvelles technologies. Pour cela, elle dispose actuellement
de 5 centres de formation à travers le Burkina-Faso.
Elle propose 3 types de formations, dispensées en modules et
dont la programmation des heures est laissée à l’instigation
des auditeurs (de 8h à 20 h).
1) Formation de base : Initiation à la micro-informatique, initiation
à Internet, maîtrise du clavier, initiation à la comptabilité.
Les tarifs varient suivant le type et la durée choisie (premier
prix à 15000CFA).
2) Formation en techniques multi-médias : Utilisation d’appareil
photo numérique et travaux photos. Utilisation de scanner numérique.
Apprentissage de gravage CD et logiciels. 
20 heures pour 50.000 CFA**
3) Formation en maintenance informatique : Formation d’assistant maintenance
informatique (Software/ Hardware, 20 h pour 100.000 CFA).
Chaque participant dispose d’un ordinateur et se voit délivré
une attestation à la fin du module.
De plus, l’association propose un service Internet pour consultation
et navigation à des tarifs divers (coût à la durée,
abonnement ou carte de fidélité). Dans le centre de YAM NET
une dizaine de micros sont disponibles. Elle répare elle-même
ses micros dans un petit labo attenant. Elle peut procéder à
la demande et après devis, à la réalisation de sites
Internet (environ 50.000 CFA pour quelques pages). Elle est membre du réseau
ANAIS : Réseau Consultatif sur les Stratégies d’Information
en Afrique. La population qui fréquente ces centres est surtout
composée d’étudiants mais des travailleurs et des chômeurs
commencent à y venir.
Yam Pukri assurera plusieurs animations lors de la prochaine fête
de l’Internet. Elle est soutenue par le réseau ANAIS, la fondation
du dévenir, et Terre des Hommes (qui financent à concurrence
de 60% les activités, surtout le matériel et les formateurs).
Le reste est pris en charge par l’association qui compte dans un futur
proche voler de ses propres ailles.
Site Web : http://www.yam-pukri.org
Email  : yam-pukri@cenatrim.bf
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« Communication et citoyenneté »
à Porto Allegre

Les 27 et 28 janvier derniers s’est tenu, dans le cadre du Forum social
mondial qui s’est déroulé à Porto Alegre au Brésil,
l’atelier " Communication et citoyenneté ". Ses participants, après
avoir discuté de la situation de la communication dans le contexte
de la mondialisation, ont formulé des recommandations concrètes
à l’attention du Forum social mondial.
« Les transformations opérées par la révolution
numérique dans le monde de la communication ont fait qu’elle constitue
en elle-même un pilier fondamental du processus de mondialisation.
A cause de l’importance stratégique qu’il représente,
le champ de la communication a progressivement évolué vers
LE secteur économique de pointe qui se caractérise par la
tendance à la concentration et aux monopoles, orchestrée
par la fusion de méga-groupes qui sont les principaux acteurs de
la mondialisation.
Comme résultat de cette dynamique, dans la structure du pouvoir
mondial, les conglomérats qui contrôlent le monde de la communication
se sont constitués en une espèce de second pouvoir qui garantit
l’hégémonie idéologique de l’ordre néo-libéral.
Dans ce nouveau cadre, l’information s’est transformée essentiellement
en une marchandise - en accord avec la logique néo-libérale
qui établitque tout peut se vendre, avoir un prix et un propriétaire
- et de fait ne répond plus à aucune règle sinon à
celles du marché. De plus, s’impose un type d’information " universelle
neutre", uniforme, unidimensionnelle et unisource.
Sur le plan de la communication sociale, s’est ainsi établie
une profonde contradiction entre les intérêts des conglomérats
qui contrôlent le monde de la communication avec des critères
mercantiles et ceux des citoyens qui ont fondamentalement droit à
une information objective, sérieuse, indépendante, de sources
variées et plurielles.
Cette situation empêche que les grandes majorités, et
à plus forte raison les secteurs sociaux exclus, s’expriment publiquement
et donnent une réelle visibilité à leurs besoins,
condition sine qua non à la participation démocratique. De
plus, cela affecte le libre exercice professionnel des journalistes.
Alors que la communication représente un des facteurs centraux
du processus de mondialisation et, à la fois, un des terrains où
s’exprime avec la plus grande force la dictature des marchés - menace
directe à l’existence d’un monde varié et pluriel - il est
impératif que la lutte contre ces concentrations et pour la démocratisation
de la communication, se transforme en un des grands enjeux de la lutte
sociale.
Compte-tenu de cette réalité, nous recommandons :
- Que le Forum social mondial assume ce thème avec l’intérêt
qu’il mérite tant au niveau de l’analyse que de l’action. La place
et la prise en compte que les organisations de ce premier Forum social
mondial lui ont données furent insuffisantes.
- Que le Forum social mondial assume et promeuve la lutte contre la
monopolisation des moyens et systèmes de communication, comme un
enjeu de la lutte contre le néo-libéralisme.
- Que le Forum social mondial appuie la création de moyens de
communication publics citoyens, autonomes vis-à-vis de l’Etat et
du pouvoir économique et politique, financés selon les principes
de l’économie solidaire et sous le contrôle de la société
civile.
- Que le Forum social mondial assume l’importance que s’ouvre un débat
public sur l’impact et les conséquences des concentrations dans
le domaine de la communication, tant dans le cadre des initiatives promues
par le FSM qu’au cours des événements dans lesquels il intervient
au niveau régional ou international (OMC, Banque Mondiale, G8, etc.).
- Que le Forum social mondial rejette le projet arrogant de la Banque
Mondiale de créer, avec l’appui de Microsoft, un portail mondial
sur le développement, qui fait totalement fi des initiatives prises
en ce sens par les instances de la société civile.
- Que le Forum social mondial défende le droit à une
information diversifiée et plurielle comme condition de la participation
démocratique. »
Les Pénélopes Info@penelopes.org
http://www.penelopes.org
(33 1) 48 94 89 01 avec Agencia Latinomericana de Informacion.
Commentaires : Ces déclarations sont certes intéressantes
mais on ne peut que regretter qu’il ne soit pas fait état du droit
à la communication pour tous et en particulier que toute personne
puisse disposer à proximité de son habitation d’un téléphone.
B. J.
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Solidarité avec le Salvador.
Suite à un appel à la solidarité en faveur du
personnel de Telecom Salvador, lancé après le séisme
qui a frappé ce pays, 190000FF ont été récoltées
parmi le personnel de France Télécom. La direction de l’entreprise
ayant promis de doubler la somme, c’est près de 380000FF qui ont
donc été engagées. Cette somme a servi à l’envoi
de vivres, médicaments, couvertures et abris. Elle devait aussi
servir à finaliser un programme de reconstruction et de réparation
d’habitations.

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Reportages
de 2 adhérents de CSDPTT en mission au Burkina Faso

Nous publions ci-dessous, le reportage rendant compte de la récente
mission de CSDPTT au Burkina, mission composé d’Emile Quesada et
de Claude Sicard, et dont l’objectif était l’installation de 4 liaisons
téléphoniques autour de Toma dans la Province du Nayala. 
La Rédaction

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Les Tribulations De Deux Nicois
Au Burkina-Faso

Résumé des chapitres précédents :
Après moult coups de téléphones et autres télécopies,
nos deux amis avaient fini par faire le grand saut vers le Burkina-Faso,
un beau matin de septembre 1999. La nervosité suscitée autant
par l’impatience que les espoirs mis dans ce projet, ne s’atténua
pas à leur arrivée, bien au contraire. La somme des tracasseries
administratives rencontrées faillit anéantir leur moral,
mais tels des « fox-terriers » de base (l’un d’eux est quelquefois
surnommé Milou), ils ne lâchèrent pas le morceau et
purent effectuer l’installation complète au village de Toma, point
de départ des 4 liaisons. C’est donc fourbus mais néanmoins
satisfaits qu’ils regagnèrent « la civilisation » où
l’un d’eux, relâchant sa vigilance, fut terrassé par une amibe
qui ne lui voulait pas que du bien. (voir lettre csdptt N°49
et 50 de décembre et janvier 1999).

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l’article en entier