Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de Janvier 2001 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de Janvier 2001

Janvier

lundi 1er janvier 2001, par Alain


La Lettre de janvier  2001
No : 62

 

Sommaire :
Editorial
 :

-Nouveau millénaire

Echos de CSDPTT et de ses
coorespondants

Assises de l’Internet Non
marchand et Solidaire

Echos des postes et télécoms
dans le monde

-Retour d’Iridium
 : c’est finalement le Pentagone

Le Cameroun choisit
TELECEL

Deux nouvelles licences de
téléphonie cellulaire au Niger

Initiatives au Sénégal
Précisions sur l’accord
entre France Télécom et l’Ile Maurice

Vivendi entre dans Maroc
Telecom

En Bref : Irak, les
10 sociétés les plus importantes du secteur des télécommunications,
un consortium israélien en Bulgarie, France télécomen
Inde, désafection des internautes américains, Salvador, Côte
d’Ivoire, Ile Maurice

Courrier
Le village de Maréna
Diombougou

Le Télécentre
de Tombouctou nous précise

Articles
Telecentre de Nakaseke
en Ouganda
 : évaluation de l’impact général (extraits)

Point de vue  : Pour connecter
tous les villages , construire le réseau, Investir l’UIT, taxer
les transactions financières sur les télécoms (Bruno
Jaffré
)

 Témoignage
sur l’évolution des télécommunications au Camerou
n
(Louis Martin ONGUENE ESSONO )

Point de vue
 : Assainir sereinement le secteur des télécommunications
au Sénégal (Amadou Top président d’Osiris)


EDITORIAL
Nouveau millénaire
L’entrée dans un nouveau millénaire
est souvent l’occasion pour l’humanité de se lancer dans une
certaine introspection. Quel bilan tirer de celui qui s’achève ?
Où va le monde et que nous réserve ce nouveau millénaire
 ?

Le bilan n’est pas mirobolant. Ce qui semble
le plus positif encore c’est le réveil de la citoyenneté.
Les nouveaux citoyens se lancent à l’assaut des preneurs de décision
et ne laissent plus tranquillement les décideurs … ne rien décider
de positif … ou disons plutôt ne rien changer véritablement
laissant ainsi se perpétuer les inégalités toujours
plus criantes.

Le nouveau millénaire devrait pourtant
être l’occasion de se lancer dans de grands projets.

Parmi les nouveaux droits à conquérir
celui du droit à la communication fait petit à petit son
chemin. Non seulement comme un droit en soi, mais aussi parce qu’il est
indispensable pour d’autres droits, droit à la santé, droit
à l’éducation, droit de vivre dans la dignité grâce
à son travail ou tout simplement droit à l’information pour
s’ouvrir sur le monde.

Moteur de l’économie aujourd’hui, les
télécommunications sont aussi caricaturales des inégalités
d’aujourd’hui. Un seul chiffre pour s’en convaincre. La somme déboursée
par France Télécom pour s’offrir Orange représente
environ 100 fois ce qui serait nécessaire pour connecter chaque
village africain au réseau téléphonique.

A méditer en ce début du nouveau
millénaire !

Bruno Jaffré

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Assises de l’Internet
Non marchand et Solidaire

CSDPTT était représenté
dans la séance matinale de ces assises qui ont rassemblé
environ 70 personnes. Son représentant a fait une intervention
pour inciter les ONG présentes à s’investir afin de porter
la revendication du droit à la communication notamment lors des
conférences internationales spécialisées traitant
des télécommunications. Il a illustré son propos par
quelques éléments chiffrés traduisant la très
faible place de l’Afrique dans la société de l’Information
alors que, compte tenu des sommes brassées par les opérateurs,
les moyens existeraient pour connecter rapidement tous les villages du
monde.

Pour plus de renseignements sur ces assises
 : http://www.assises.sgdg.org/2000.

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Retour D’iridium
 ? C’est finalement le Pentagone !

Nous annoncions le mois dernier la reprise
d’Iridium par la société Iridium Satellite LLC, dirigé
par l’ancien président de la Pan Am, M. Colussy. Il était
temps car les 66 satellites devaient être propulsés vers l’atmosphère
pour y être désintégrés. En effet selon Iridium,
l’entretien de la constellation se monte à 7 millions de dollars
par mois alors que la destruction serait de l’ordre de 44 millions.

La transaction s’est faite finalement pour
la somme 25 millions de dollars francs alors que le projet aurait déjà
coûté quelque 5,5 milliards de dollars. Mais il se trouve
que l’armée américaine était le principal client et
M. Colussy vient de vendre l’exploitation de la constellation au Pentagone.
Celui-ci vient en effet de débloquer 72 millions de dollars pour
utiliser les satellites pendant deux ans. Il n’exclut pas par ailleurs
de prolonger le contrat jusqu’en 2007 ce qui coûterait 1,8 milliards
de dollars.

M. Colussy a par ailleurs d’autres ambitions.
Conseiller par l’ancien dirigeant d’Iridium, M. Edward Staiano, viré
par les investisseurs en 1999, il envisage de démarcher d’autres
gouvernements. Par ailleurs le groupe Boing va devenir l’opérateur
industriel en lieu et place de Motorola et souhaite utiliser la constellation
pour les communications, à l’intérieur de ses avions.

Cette décision renforce les inquiétudes
à propos du réseau concurrent Globalstar, pourtant déjà
en difficulté. Celui-ci pensait en effet pouvoir récupérer
les 20000 clients d’Iridium. (source Libération du 9/12/2000).

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Le Cameroun choisit
TELECEL

Les autorités camerounaises ont donc
choisi pour adjudicataire provisoire de CAMTEL, l’entreprise TELECEL.
France Télécom avait pourtant été annoncé
comme favori après la cession à l’une de ses filiales de
la première concession de téléphonie mobile 
(Mobilis) du Cameroun. Mais cette cession l’empêchait finalement
de concourir. TELECEL va contrôler 51% du capital de CAMTEL,
les 49% restant devant être répartis entre l’Etat, le personnel
de l’entreprise et des privés locaux. CAMTEL (Cameroon Telecommunica-tions)
né d’Intelcam qui a vu le jour en 1972 - compte près de 100.000
abonnés, avec un Chiffre d’affaires de 180 milliards de F CFA (1,8
milliards de FF). Des négociations sont déjà engagées
pour aboutir à la signature de la convention définitive,
a précisé le ministère de l’Economie et des finances.
Par la suite, les Sud-africains, par le biais de MTN, avaient bénéficié
de la deuxième licence de téléphonie mobile et il
est désormais question de l’ouverture à la concurrence d’une
troisième licence. TELECEL est le chef de file d’un consortium de
trois entreprises dont le siège social est à Genève
en Suisse ; TELECEL international Ltd est une société anonyme
à capitaux privés, qui conçoit, met en service, exploite,
et gère des réseaux cellulaires et de communications par
satellite en Afrique sub-saharienne. Le capital de la TELECEL international
Ltd est aujourd’hui évalué à 45 millions de dollars
US. En termes du nombre d’abonnés, TELECEL est un des plus grands
opérateurs cellulaires en Afrique sub-saharienne. TELECEL international
détient approximativement 25 % du marché cellulaire de l’Afrique
sub-saharienne. La société exploite présentement
des systèmes cellulaires au Congo-Kinshasa, en Guinée-Conakry,
au Burundi, à Madagascar, en République centrafricaine, en
Côte d’IVoire, en Zambie, au Zimbabwe, etc.

Deux nouvelles licences
de téléphonie cellulaire au Niger

Après la SONITEL qui détient
d’office une licence de téléphonie cellulaire de norme GSM
(Global Système Mobile), deux nouvelles licences GSM viennent d’être 
attribuée au Niger. La première par TELCEL-Niger, qui est
partenaire de du groupe hollandais Mobile System International, pour un
montant de 4,3 milliards de FCFA, la deuxième par TELECEL-Niger
après une en offre de 4,2 milliards de FCFA. Cette deuxième
société s’est engagée à couvrir le pays en
3 ans. Telecel-Niger, qui a déjà achevé l’installation
de l’ensemble de ses équipements, doit commencer ses prestations
au cours du premier trimestre 2001.

Ces deux sociétés viennent concurrence
le réseau mobile de la SONITEL en voie de privatisation qui vient
d’engager une grande campagne de recouvrement des factures. (Sources
Liaisons francophones B. A. N’Diaye, ndiaye@intnet.ne).

Initiatives au
Sénégal

On annonce comme imminente une augmentation
substantielle de la bande passante au Sénégal pour la porter
à 34 Mb Ps. A ce jour, celle-ci dépasse tout juste les 4
Mbps, avec 2 Mbps sur Téléglobe, 2 Mbps sur OpenTransit et
64 Kbps sur MCI.

La Sonatel a annoncé par ailleurs une
baisse de 20% le prix des communications du fixe vers le mobile. Désormais,
le coût de la minute de communication est de 160 FCFA en heures pleines
et de 90 FCFA en heures creuses soit une économie de 40 FCFA par
minute par rapport aux anciens tarifs.

Enfin l’opérateur sénégalais
a par ailleurs annoncé un nouveau partenariat avec les télécentres
privés. La Sonatel compte notamment encadrer et former les gérants
de télécentres privés afin de les aider à diversifier
leur offre de services, notamment en fournissant des prestations reposant
sur l’utilisation d’Internet. A cette occasion, les représentants
des propriétaires de télécentres privés ont
demandé à la Sonatel de réduire le prix de l’unité
de base de 50 à 30 FCFA et à l’Etat de ramener le taux de
la Tva de 20 à 10% de manière à compenser les pertes
de recettes liées à la baisse du prix du téléphone
opérées ces derniers temps. Les 8300 télécentres
privés que compte le pays détiennent 12% des lignes de la
Sonatel équivalant à 7% de son parc total et emploient près
de 16400 personnes.

Précisions
sur l’accord entre France Télécom et l’Ile Maurice

Les débats se sont poursuivis début
décembre au parlement mauricien apportant de nouveaux éclaircissements
sur l’accord signé.

France Télécom (FT) nommera
les responsables des finances et des opérations de la compagnie
alors que l’un de ces deux représentants du groupe français
sera appelé à assumer les fonctions de « Deputy Chief
Executive Officer » mauriciennes c’est-à-dire de numéro
2 de l’opérateur. FT va par ailleurs déléguer 4 cadres
techniques jusqu’en 2003 ce qui est considéré par le premier
ministre, M. Paul Bérenger, comme la reconnaissance de l’expertise
de Mauritius Telecom (MT). Par ailleurs 500 nouveaux emplois devraient
être créés les 8 prochaines années.

L’accord prévoit la nomination de 5
représentants du gouvernement au Conseil d’administration et de
4 de FT mais aucun représentant du personnel qui devrait toutefois
détenir 1% des actions. M. Béranger a toujours nié
que FT détienne un droit de veto mais l’accord stipule cependant
que tout vote majoritaire devra comporter une voix au mois de FT dans les
domaines stratégiques. En cas de différents entre les deux
principaux actionnaires, si les deux coprésidents du CA n’arrivent
pas à un consensus, le litige devra être porté devant
un expert international indépendant choisi par les deux parties.

Après les négociations, une
nouvelle clause a été ajoutée à l’accord qui
stipule que FT a l’obligation de coopérer et de soutenir la volonté
d’expansion internationale de l’opérateur. M. Béranger a
par ailleurs souligné que MT souhaitait devenir un acteur majeur
des télécommunications non seulement en Afrique mais aussi
sur le sous-continent indien. (Source : Le Mauricien (quotidien)
http://www.lemauricien.com/mauricien/).

Vivendi entre dans
Maroc Telecom

Vivendi a acquis en décembre 35% du
capital de l’opérateur historique Maroc Telecom pour une somme de
2,4 milliards d’euros. L’appel d’offre lancé en octobre avait fixé
un prix minimum de 2,1 milliards d’euros.

Plusieurs autres groupes avaient manifesté
de l’intérêt, le norvégien Télénor, Telecom
Italia et France Télécom, mais Vivendi a été
finalement le seul groupe à avoir proposé une offre. France
Télécom aurait déclaré, selon le quotidien
les Echos, ne pas vouloir augmenter son endettement. Il s’agit là
sans doute d’un changement d’orientation car France Télécom
avait plusieurs fois montré des signes d’intérêt pour
le Maroc en postulant, sans succès, pour une licence dans les mobiles.
Monsieur Michel Bon PDG de FT avait par ailleurs déjà accompagné
les dirigeants français en visite dans ce pays.

Vivendi s’est engagé à mettre
sur pied un « partenariat stratégique ». Le gouvernement
souhaite que cette opération fasse passer la part des télécommunications
dans le PIB de 2% actuellement à 3 ou 4%.

La concurrence au Maroc date de 1999 
avec l’entrée sur le marché des mobiles de Medi Telecom,
un consortium hispano-luso-marocain qui avait acheté une licence
pour 1,08 milliards de dollars.

Maroc Telecom qui emploie 14000 personnes
a réalisé en 1999 un bénéfice net de 234 millions
de dollars et devrait dégager un CA de 1,3 milliards d’euros sur
le téléphone fixe soit une hausse de 12%. Maroc Telecom compterait
entre 1,5 et 1,8 millions d’abonnés à la téléphonie
fixe, selon les estimations, soit un taux de pénétration
d’environ 6%. Le nombre d’abonnés aux mobiles atteindrait 2 millions.

En Bref
Le gouvernement d’Irak vient
d’être autorisé à faire construire par Alcatel une
station de 75 canaux de télécommunications pour un montant
de 7 millions de dollars.

Au cours des 6 derniers mois, les 10
sociétés les plus importantes du secteur des télécommunications
ont
perdu près de 215 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Un consortium israélien a
racheté 95% de l’opérateur de mobile bulgare
MobilTel. MobilTel compte actuellement 555000 abonnés et a réalisé
un bénéfice de 71,6 millions d’euros en 1999.

Un responsable de France Télécom,
qui détient en Inde 26% de l’opérateur de téléphonie
mobile BPL Mobile a déclaré : « Nous avons l’intention
de croître en Inde sur les marchés du mobile et de l’Internet 
et nous le ferons en ayant BPL comme associé ». Le capital
de BPL présent dans 5 Etats est détenu à 51% par sa
maison mère et à 49% par Media One propriété
d’ATT.

Selon les chercheurs du Virtual Society, 30
millions d’américains se seraient détournés d’Internet.

Deux raisons sont invoquées Les anciens internautes se lassent de
la pub omniprésente et les étudiants quittant les études
rencontrent des difficultés alors qu’ils profitaient jusqu’ici de
connexions gratuites.

Au Salvador, la Cour Suprême
du Salvador s’est prononcée au mois de septembre pour la reconnaissance
légale du syndicat affilié de l’UNI, SUTTEL. L’OIT l’Organisation
Internationale du Travail (OIT) avait en effet condamné la compagnie
de télécommunications CTE Telecom du Salvador, contrôlée
par France Télécom, ainsi que le gouvernement du Salvador,
pour violation des normes internationales du travail et pour avoir licencié
à tort des dirigeants syndicaux. Mais selon l’UNI (Union Network
International), la compagnie CTE Telecom, aurait fait appel auprès
des tribunaux pour faire annuler cette reconnaissance légale du
syndicat. (source http://www.itinerant.qc.ca/).

En Côte d’Ivoire, les
clients des opérateurs de mobiles rencontrent selon la presse
locale des difficultés à se connecter ce qui alimentent les
rumeurs de coup d’Etat.

La situation dans le secteur de la téléphonie
à l’Ile Mauric
e était la suivante fin septembre 2000
 :

- lignes installées, 273811
 - abonnés au cellulaire, 145992, 
90000 pour Cellplus, 55922 pour Emtel

 - abonnés à l’Internet
 : 31 609

 - utilisateurs d’Internet : 100000
 En décembre 1995, 148228 lignes
avaient été installées et le nombre d’abonnés
de téléphone cellulaire était de 11 735. (source Le
Mauricien).

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Courrier
A CSDPTT 
le 17/12/2000

Le village de Maréna
Diombougou
étant isolé
d’une population de plus de 6000 habitants, siège d’une commune
de 8 villages dont la population d’environ 11000 habitants, est dépourvue
de téléphone. Nous sollicitons votre appui pour essayer de
résoudre ce problème et contribuez au désenclavement
de notre village.

Recevez nos sincères salutations.
Association de Maréna Diomboukou en
France.

Réponse  : CSDPTT réfléchit
actuellement, en collaboration avec l’ADER (Association pour le Développement
Economique Régional), à la meilleure façon de contribuer
à la résolution du problème du téléphone
dans la région.

Le Télécentre
de Tombouctou nous précise
 :

Suite à la publication d’un rapport
de deux stagiaires (lettre N°60), nous avons reçu les précisions
suivantes. On notera en particulier l’embauche d’un ingénieur informaticien
conseiller spécialiste TIC.

Je commencerais d’abord à rappeler l’objectif
principal du projet qui est d’engager la communauté de Tombouctou
et les participants nationaux dans le processus de développement
d’un modèle abordable, reproductible et viable de TCP donnant accès
aux outils NTIC pour améliorer le développement rural.

Pour ce qui concerne les changements qui ont
eu lieu après le séjour des stagiaires, il y a eu le changement
de l’organigramme du télécentre avec le recrutement du nouvel
ingénieur informaticien spécialiste en technique de l’information
( T I ) et le changement dans la description des postes.

Le nouvel organigramme est le suivant :
- Coordinateur National  : Birama 
DIALLO.

- Assistant du coordinateur Superviseur :
 : Bréhima SIDIBE

- Conseiller Spécialiste TIC
 : Mohamed AG ABOUBACRINE)

- Gestionnaire : Mme Diahara MALLE
- Formateurs / Appui aux clients : 
Mme Fau Khady MARGUERITE, M. Kalifa DEMBELE et M. Kalil Ibrahim FASKOYE

- Planton : Abdoul Malik HAIDARA
 Les descriptions des postes sont
les suivantes :

- Titre du poste : Spécialiste TIC
Objectif : Assurer la supervision du système
 : réseaux, formation,gestion personnel et statistique.

Rapport : Rend compte au coordinateur collabore
avec l’assistant, apporte un appui à tout le système,évalue
le travail de la gestionnaire et des formateurs,

Tâches : superviser le travail 
des collaborateurs, assurer la bonne marche du réseau informatique
et Internet, assurer la bonne marche du système informatique, s
’assurer de la production du contenu des programmes de formation, faire
des propositions d ’amélioration de l’ensemble du système,
produire mensuellement des rapports de progrès.

- Titre du poste : Assistant
Objectif : Conseiller le coordinateur et le
Spécialiste sur toutes les questions et spécialement
les questions telecom.

Rapport : Rend compte au coordinateur, collabore
avec le Spécialiste,

Tâche : contrôle la gestion financière
et matérielle et conseille le coordinateur et le Spécialiste.

- Titre du poste : Gestionnaire
Objectif : Assurer la bonne tenue des documents
de gestion

Rapport : Rend compte au Spécialise
TIC collabore avec les formateurs et le planton, a sous ses ordres le Planton

Tâches : Gérer le patrimoine
du TCP, tenir l’user log, tenir le livre des recettes, tenir l’inventaire
du matériel, gérer le téléphone, le fax,
la photocopie, produire mensuellement des apports de progrès,

- Titre du poste : Formateurs
Objectif : Assurer le bon déroulement
des formations

Rapport : Rendent compte au Spécialise
TIC, collaborent avec la gestionnaire,

Tâches : Gérer les formations
et l ’appui à la clientèle planifier et organiser les formations,
préparer les « hand out » relativement à
chaque type de formation, évaluer les formations, tenir les statistiques
des formations,

Les actions en cours et les actions futures
sont :

- Continuer à améliorer les
documents de gestion qui sont : le journal des usagers, le journal de la
vie des équipements, le journal (log) des recettes et dépenses.

- Connecter les radios locales aux TCP
- Connecter les centres de santé et
les CSCOM (Centres de Santé Communautaires) au TP pour une utilisation
de recherche et de télémédecine

- Connecter les bibliothèques de la
place et le CDRAB (Centre de Documentation et de Recherche Ahmed Baba)
au REMADOC (Réseau Malien de Documentation)

 - Connecter le Lycée Mahamane
Alassane HAIDARA et le centre de formation professionnel HÉGIRE
pour une utilisation de télé enseignement

 - Commencer le commerce électronique
avec les artisans de la place

 - Continuer à faire du TCP un
centre de recherche et de formation

- Continuer la formation du personnel et du
comité local de direction (CLD.

SIDIBE Bréhima Assistant du coordinateur,
Superviseur

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Le texte qui suit est un extrait de l’évaluation
générale de l’impact d’un télécentre en Ouganda
dans la ville de Nakaseké. Il est extrait du forum aftidev
(http://www.aftidev.net) et résulte d’une traduction automatique,
d’où quelques fautes de français. Après les textes
publiés concernant le télécentre de Tombouctou, ces
témoignages en provenance de l’Ouganda, zone anglophone viennent
utilement complétés les informations sur ces expériences
de télécentre particulièrement pleine d’enseignements.

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Telecentre
de Nakaseke en Ouganda : évaluation de l’impact général

(extraits)
Le texte qui suit est un extrait de l’évaluation
générale de l’impact d’un télécentre en Ouganda
dans la ville de Nakaseké. Il est extrait du forum aftidev
(http://www.aftidev.net) et résulte d’une traduction automatique,
d’où quelques fautes de français. Après les textes
publiés concernant le télécentre de Tombouctou, ces
témoignages en provenance de l’Ouganda, zone anglophone viennent
utilement complétés les informations sur ces expériences
de télécentre particulièrement pleine d’enseignements.

Le Télécentre Nakaseke a été
créé en mai 1999 comme faisant partie de l’initiative internationale
pour tester et pour démontrer le pouvoir de Technologie d’Information
et de Communication (TIC) dans le développement rural. Un an et
demi après son lancement, le Télécentre a fait un
impact profond sur la communauté dans de nombreux domaines qui incluent
les domaines suivants :

(a) Accès a l’infrastructure de communication.
Plus de 20 abonnes ont obtenu la connexion téléphonique a
Ouganda Telecoms (UTL)- réseau téléphonique fixe,
dans leurs maisons, leurs locaux, ainsi que dans leurs institutions. Cela
a été précédé par l’installation d’un
commutateur de la radio rural au Télécentre plus tôt
cette année.

La ligne pour les téléphones
cellulaires est aussi disponible pour assurer l’accès maximal a
tous les réseaux nationaux de communication.

L’histoire suivante raconte par M. Senninde
explique davantage l’impact de téléphonie sur le quotidien
des membres de la communauté.

" ...Le Télécentre a apporté
beaucoup d’aide a mon affaire. J’ai été un utilisateur régulier
de téléphone dans la gestion de mon affaire. Je suis un homme
d’affaires qui fait du commerce dans la marchandise générale.
Je fais du commerce régulièrement dans les lubrifiants les
pièces de rechange pour les bicyclettes et les motocycles.
Mes fournisseurs se trouvent à Kampala donc je devais aller à
Kampala pour m’approvisionner régulièrement.

Quand je sus que le Télécentre
proposait le service téléphonique et le fax, j’ai demande
les numéros de téléphone à mes fournisseurs
et à mes amis a Kampala pour me permettre de passer des commandes
par téléphone. Ils ont aussi accepté de m’aider à 
mettre la marchandise dans le Taxi à destination de Nakaseke.

Maintenant je leur téléphone
tout simplement pour passer mes commandes, et je ne dois plus voyager. 
Autrement j’aurais dû aller à Kampala ce qui coûte plus
de 5000 / plus des frais comme des rafraîchissements pendant que
je cherche les approvisionnements en ville. Cependant, quand j’appelle,
j’utilise seulement 300 /

J’ai aussi utilisé le téléphone
pour les questions personnelles ; pour les enterrements et pour les questions
familiales. En effet, vous épargnez beaucoup d’argent et de temps.
J’aimerais que mes collègues de la communauté puissent l’utiliser
également, j’ai informé autant de gens que j’ai pu.

Le Télécentre nous aidera en
effet à améliorer des affaires et la qualité de vie..."
(Seninde est un homme d’affaires local dans la vieille ville de Nakaseke
négociant dans la marchandise générale).

(b) Accès à la Bibliothèque
et une varié de services des renseignements. Les services de la
bibliothèque sont uniques dans tout le district de Luwero, et elle
subvient aux besoins de nombreux utilisateurs au-delà de Nakaseke
et de la région de Kasangombe.

Deux histoires qui suivent sont à propos
de ce service.

Mme Sekasi E. est une habitante de Nakaseke,
c’est une mère de quatre enfants et elle dit qu’elle a profité
énormément des services de la bibliothèque. Comme
une routine quotidienne après le travail à la maison, Mme
Sekasi envoie ses enfants au Télécentre pour lire ou faire
leurs devoirs...

 "Quelquefois Je viens avec eux et nous
travaillons ensemble... j’ai lu avec eux quelques livres contenant la littérature
locale, décrivant nos cultures et traditions ainsi que les histoires
pour les encourager à lire plus…". Mme Sekasi aussi emprunte des
livres pour les emmener a la maison.

M. Seruuma Emmanuel utilise le Télécentre
pour consulter les CD-ROM et il explique : "... Pour la première
fois, j’ai entendu parler au sujet de Télécentre de Nakaseke
quand je suis venu à l’hôpital de Nakaseke pour mon
stage de formation en médecine (j’étais un interne) en juillet
- septembre 1999. Il y avait beaucoup de publicités autour des services
offerts au Télécentre. Notre directeur nous a emmené
pour une visite guidée du Télécentre un vendredi soir
et en particulier il nous a présenté les sources d’information
disponibles concernant la santé pour compléter notre programme
de formation.

Depuis lors, je suis inscrit au Télécentre
comme un membre complet - je peux emprunter des matériaux comme
des livres, périodiques, vidéos etc. Principalement 
j’aime utiliser les CD - ROMs sur les sujets que nous étudions et
sur de nombreux cas que nous rencontrons pendant notre formation médicale.
Les CD - ROMs sont intéressants parce qu’ils nous fournissent l’information
visuelle et sonore.

Je crois que ma formation n’aurait pas été
le même si le Télécentre n’était pas la.

 Je suis sûr que je l’aurais trouvé
un peu plus difficile. C’est pourquoi même après mon
stage, j’ai continue à venir ici, voyageant plus de 8 km…"

M. Seruuma Emmanuel étudie pour devenir
assistant médicale a l’Ecole de Médecine de la Fondation
Cohedi a Bamunakika (Luwero - Ouganda).

(c) Le noyau de compétence locale en
TIC a été fondé au moyen d’un programme de formation
cohérent et progressif.

 Godfrey Mugabi est un des instructeurs
en TIC et il nous raconte histoire suivante. " ...Je suis un des 20 étudiants
qui ont participé au programme de formation des instructeurs en
TIC pendant mars - mai 1999. Je n’avais jamais utilisé un ordinateur
auparavant mais j’avais beaucoup entendu parler de lui. J’ai entendu parler
qu’un ordinateur est une machine très intelligente qui sait tout
et qui est capable de tout faire.

 Je n’avais jamais touché à
un ordinateur et il n’y avait pas du tout d’ordinateurs dans notre communauté.
Quand le Télécentre a été fondé en mars
1999, j’étais très enthousiasme et j’ai rejoint les
stagiaires pour suivre un programme de formation pour les instructeurs.

On nous a appris comment utiliser les ordinateurs
de différentes manières, comme la dactylographie, la composition
des comptes-rendus, la communication par e-mail/Internet, et la création
de nos propres sites Web.

Heureusement, nos instructeurs ont utilisé
un mélange de deux langues- la langue régionale (Luganda)
et l’anglais, ce qui nous a aidé à comprendre mieux et plus
vite. Je me rappelle le nom donné à la souris, ’ Kamese’ 
parce qu’elle a l’air d’un petit rat que l’on appelle ’ Kamese’ dans la
région. A la fin du deuxième mois nous étions capables
d’utiliser les ordinateurs avec l’aisance et quelques-uns de nous étaient
capables de créer de simples sites Web.

Pendant juin -juillet 1999 nous avons eu notre
premier programme en qualité d’instructeurs. Nous avons travaillé
avec nos formateurs pendant le programme et cela nous a aidés à
perfectionner nos nouvelles compétences.

Aujourd’hui, avec les trois autres collègues
je continue à enseigner les TIC pour le reste de la communauté.
Pas uniquement les ordinateurs mais aussi d’autres outils concernant l’information
au Télécentre.

Le défi le plus grand que nous affrontons
est de hauts niveaux d’analphabétisme dans notre communauté.
Nous devons encore traduire plusieurs choses en langue régionale..."

Mlle Milly Kintu, une des élèves
du premier programme de formation aux TIC du Télécentre,
et actuelle instructrice aux TIC au Télécentre a ouvert son
propre bureau de secrétariat assiste par ordinateur a Nakaseke.
Elle démontre une compétence dans son domaine et elle est
capable d’intégrer les TIC dans sa propre affaire.

Milly ne savait pas comment utiliser les TIC
auparavant. [...]

Note : Pour plus de renseignements ou l’évaluation
complète, contactez , s’il vous plait, le directeur du projet Meddie
Mayanja : ugunesco@swiftuganda.com ou connectez-vous au site Web 
http://www.nakaseke.or.ug.

 

Nous publions ci-dessous, plusieurs points
de vue ou témoignages à même d’alimenter le débat
sur l’évolution des télécommunications en Afrique.

__________________________________________________________________________________________________________________
Pour
connecter tous les villages , construire le réseau, Investir l’UIT,
taxer les transactions financières sur les télécoms

De partout les organismes internationaux font
mine de vouloir combler le fossé séparant les pays riches
des pauvres. Après la Banque Mondiale, le dernier G8, c’est l’ONU
qui vient d’annoncer par la voix de son secrétaire général
la mise en place d’un groupe d’experts, charger de faire des propositions.

Le constant est en effet accablant. On évalue
à environ 1% le pourcentage des internautes africains, soit environ
650000 abonnés et 3 internautes par abonné, un chiffre qui
cache mal d’importantes disparités entre les pays, 200000 en Afrique
du Sud, 350000 en Afrique du Nord. Le faible nombre d’africains connectés
se traduit par de grandes difficultés pour eux à se faire
entendre dans les organes de gestion d’Internet. Des pays en viennent à
vendre leur nom de domaine. Une société tente de récupérer
par ailleurs le nom « .africa » ce qui suscite un certain émoi
parmi les internautes africains qui interpellent à cette occasion
les organismes inter Etats du continent. Quant à la densité
téléphonique elle tourne autour aussi de 1%, les disparités
étant tout aussi importantes.

Les pressions ont été fortes
ces dernières années pour contraindre les opérateurs
africains à privatiser. C’est chose faite pour les plus rentables.
Les autres semblent avoir des difficultés à trouver preneur,
prouvant par la même l’incapacité au marché seul à
répondre aux besoins.

Laisser faire le marché a certes permis
une certaine accélération de la construction de lignes téléphoniques
en Afrique mais la limite fixée par la recherche du profit est proche
et, bien entendu, les zones jugées non rentables (ou pas assez rentables)
resteront exclues. Au rythme où vont les choses, on risque d’attendre
longtemps la couverture totale des zones rurales sans laquelle le droit
à la communication reste un mot vide de sens. Ainsi on annonce pour
2003, au Sénégal, pays le plus avancé de la zone francophone
pour ses télécommunications, la connexion des 7000 plus gros
villages, mais il y aurait 13500 localités de plus de 50 habitants.

 Parallèlement à la privatisation
des opérateurs nationaux les coopératives d’Etat qui géraient
les réseaux satellitaires comme INMARSAT, INTELSAT ou EUROSTAT ont
suivi le même chemin de la privatisation. Les réseaux satellitaires
du futur destinés à la diffusion d’Internet sont des consortium
rassemblant les plus gros opérateurs et constructeurs, Télédesic
autour de Microsoft, Skybridge autour d’Alcatel. Les difficultés
rencontrés par Iridium, ICO et Globalstar, les premiers réseaux
satellitaires rendent d’ailleurs quelque peu sceptiques sur la viabilité
de tel projet. Ces solutions, à part RASCOM (60 centimes la minute)
qui a pour objectif la connexion de l’ensemble des villages, mais qui avance
trop lentement, ne s’adressent pas à l’ensemble de la population
rurale mais à une minorité de clients aisés. Ainsi
la droit à la communication reste à conquérir.

Comment pourrait-il en être autrement
 ? L’UIT, l’Union Internationale des Télécommunications est
la seule agence de l’ONU ne collaborant pas avec les ONG. Une tentative
d’un regroupement d’ONG anglophones vient encore d’échouer dans
une dernière tentative d’être considérée comme
membres associés… Après 3 ans de discussion ! L’UIT a en
effet du s’ouvrir aux opérateurs depuis la vague de privatisation
et la loi du plus fort règne.

Il faudra donc bien que la communauté
internationale se penche sur la question de façon plus énergique.
Les solutions techniques ne manquent pas. Il ne serait pourtant pas difficile
de lever les fonds nécessaires en regard des profits engrangés
dans les télécommunications et des sommes faramineuses disponibles.
RASCOM ne coûterait que 500 millions de dollars soit de l’ordre de
100 fois moins que ce qu’a coûté le rachat d’Orange par France
Télécom. Même si RASCOM ne permet pas de façon
satisfaisante les connexions Internet, ces chiffres donnent une idée
des coûts d’autant que ceux-ci évaluent rapidement, à
la baisse. La multiplication des télécentres communautaires,
privés et plus récemment associatifs, montrent la capacité
de l’Afrique à répondre à la rareté par l’usage
collectif des accès disponibles.

Pourquoi ne pas taxer, même de façon
infime, les transactions financières dans les télécoms
à l’image de ce que proposent les partisans de la taxe Tobin, proposition
qui fait petit à petit son chemin ? On aurait largement de quoi financer
le raccordement de chaque village du monde au réseau téléphonique
et à l’Internet. Un investissement qui d’ailleurs serait, soulignons-le,
bénéfique aussi pour les opérateurs puisqu’il augmenterait
de façon considérable le nombre de personnes susceptibles
d’appeler et d’être appelées. Cette somme ne saurait cependant
être livrée directement aux opérateurs. Que l’UIT accepte
enfin de collaborer avec les ONG et cette somme pourrait être gérée
sous le contrôle d’une commission comprenant des représentants
des populations, des experts en télécommunications choisis
par les ONG représentatives, des représentants de l’UIT,
des Etats concernés et des opérateurs et constructeurs chargés
de réaliser techniquement le projet ? Seul manque la volonté
politique et seule la pression des citoyens dans le monde entier est à
même de faire emporter la décision.

A l’image des récentes mobilisations
autour des différentes conférences internationales, des échéances
permettraient de faire entendre les voix citoyennes en provenance du monde
entier. Africa Telecom est annoncée en 2001 en Afrique du Sud, la
conférence mondiale de l’information en 2003.

Bruno Jaffré Président
de CSDPTT

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Témoignage
sur l’évolution des télécommunications au Cameroun

Depuis votre téléphone fixe,
vous payez trois à quatre fois le prix d’une communication normale
si vous appelez Mobilis ou MTN, les téléphones mobiles,
vulgairement appelés ici les circulaires. De même, si de votre
portable Mobilis, vous réussissez à joindre un autre usager
appartenant à un réseau différent, vous paierez encore
quatre à cinq fois plus cher. Alors les portables, les cellulaires
ou les circulaires, se plaint-on, c’est pour recevoir et non pour appeler.
Ces sonneries cacophoniques entre réseaux reflètent l’ambiance
fortement morose et pleine de suspicion qui prévaut actuellement
au Cameroun dans les télécommunications. Et les victimes,
ce sont toujours les utilisateurs incapables de se connecter entre eux.

En cette époque d’avancée technologique
où tous les problèmes se résolvent par le biais de
la télécommunication, au moment où, dans tous les
pays du monde, les communications téléphoniques ordinaires
deviennent le moyen le moins cher, que l’Internet sert justement à
favoriser les échanges par les bas prix qui s’opèrent, le
système téléphonique camerounais demeure un fossile
inaccessible au citoyen moyen.

Dans l’esprit de tous les opérateurs,
et au regard des prix extrêmement élevés qui sont pratiqués
et qui mettent hors course plus de la moitié des citoyens pourtant
désireux de posséder un poste fixe ou mobile, cet instrument
apparaît comme un luxe et non comme un outil de travail. C’est donc
croire que tous ces opérateurs, quels qu’ils soient, visent à
s’enrichir sur le dos des consommateurs déjà fondamentalement
pauvres puisque l’équivalent du SMIG tourne autour de 300FF le mois.

Il y a quelque temps, je vous signalais que
le monde du téléphone camerounais bougeait. Beaucoup trop.
Et je ne sais par quel bout commencer. Je voudrais donc aller droit au
but.

La première information qui alimente
copieusement l’opinion ces derniers temps est l’utilisation abusive des
possibilités de l’Internet. Depuis quelque temps, en effet, et malgré
de fréquentes sommations reçues à travers les médias
privés et publics, de nombreux fournisseurs d’accès offrent
aux usagers la possibilité de téléphoner, par Internet,
hors du pays à des prix prohibitifs et nettement inférieurs
à ceux que pratiquent la moribonde Camtel (Cameroon Télécommunications),
propriété de l’État. Dans le Cybercafés, et
en attendant pour très bientôt les services de la vidéoconférence
et de l’e-commerce, il est désormais facile d’appeler dans n’importe
quel pays du monde ou d’envoyer un fax à l’étranger moyennant
5ff la minute.

Cette offre, on s’en doute, attire beaucoup
de monde, lequel déserte par conséquent les très coûteux
guichets de la Camtel. Cette dernière entreprise, qui perd 50% de
ses bénéfices, détient encore le monopole du téléphone
fixe dans le pays. Le service mis à la disposition du public est
fortement réprimé par l’Agence de Régulation des Télécommunications
(ART) qui accuse les fournisseurs de contourner la réglementation.
Selon le Directeur de l’ART, la loi stipule que l’on ne doit pas utiliser
Internet pour vendre le téléphone à un prix inférieur
à celui qui est reconnu sur le marché. L’objectif du coup
de poing de l’ART vise à amener les opérateurs à évoluer
dans la légalité avec le concours de la force publique.

Dans les milieux de la télécommunication,
on se demande si les textes évoqués sont vraiment réalistes,
puisque le monde de l’Internet, qui est essentiellement fondé sur
le développement téléphonique, ne doit pas bénéficier
des effets consécutifs au téléphone, fussent-ils défavorables
à un État qui a accepté l’insertion des NTIC. On se
rappelle qu’il y a quelques semaines, le Ministère de la Recherche
scientifique a reçu mandat du Gouvernement de réfléchir
sur les stratégies devant conduire le Cameroun à intégrer
véritablement le monde de l’Internet et de ses avantages subséquents.
Le Gouvernement, disait le communiqué, a décidé d’élaborer
et de mettre en œuvre une stratégie nationale d’intégration,
de maîtrise et de développement des nouvelles technologies
de l’information et de la communication notamment de l’Internet. Dans ce
sens, les termes du mandat visaient entre autres objectifs, de prévenir
la fracture numérique entre riches et pauvres au niveau national
et international et promouvoir la construction d’une Société
de l’information et du savoir pour tous.

Précisément, le texte rappelle
que la méthode est de prendre pour point de départ et pour
base d’action, un très fort engagement du Gouvernement dont le rôle
est d’impulser accompagner, soutenir et faciliter l’action de tous les
acteurs économiques et sociaux…

Comment le pressent l’État, les Tic,
qui passent outre toutes sortes de frontières, devraient par conséquent
conduire les décideurs à revoir leurs textes surtout les
usagers disposent à domicile ou dans les bureaux, et donc sans censure,
des sites tels que www.net2phone ou www.hottelphone.com pour téléphoner
gratuitement à l’étranger.

Pendant que se déroule cette bataille,
une autre vient de s’achever. Au détriment des Français via
France Télécom et au bénéfice des Sud-Africains
revigorés par les Coréens et les Rwandais de Télécel
qui viennent d’être nommés adjudicataires de la Camtel. Cette
cession frustre les Camerounais au moins pour deux raisons. La rupture
ombilicale qui les sépare de leur mère-patrie est incompréhensible.
Quand on sait que la France a plusieurs fois sauvé le Cameroun du
naufrage, quand on sait que le Cameroun doit, dans le domaine des télécommunications,
une dette énorme à la France, on avoue sa surprise, même
si parfois, la France a repris à vil prix plusieurs autres entreprises
camerounaises.

Le deuxième motif de frustration est
l’ignorance des raisons ayant conduit au choix de Télécel.
Non seulement la nouvelle entreprise bénéficiera de tout
le matériel laissé par la Camtel, mais Télécel,
qui avait déjà été ignorée lors de la
première sélection pour la cession du téléphone
Mobile, est au premier rang. Les critères de sélection étaient
pourtant clairs : apporter des financements nécessaires à
l’amélioration des prestations de Camtel au plan qualitatif, quantitatif
et compétitif. Bien plus encore, l’offre concerne un consortium
ou un opérateur unique possédant aussi une licence pour la
téléphonie mobile.

Télécel reçoit en héritage,
affirme Mutations, un journal privé camerounais, outre 140000 lignes
pour le téléphone fixe, 100000 abonnés et un
chiffre d’affaires de 180 milliards de francs cfa. Les Sud-Africains ne
sont pas en terrain inconnu puisque MTN (Mobile Telephone Network) a déjà
pris une bonne fraction de la téléphonie mobile et dont les
services, quoique boiteux, sont de très loin préférés
à ceux de Mobilis, un autre opérateur en téléphonie
mobile qui connaît de nombreux démêlés avec la
justice camerounaise.

Mobilis, qui a déjà couvert
presque toutes les mégalopoles camerounaises, est traité
par la plupart des usagers de truand. Traîné en justice pour
usurpation de noms, cet opérateur, qui a finalement eu gain de cause
aux yeux de la Justice, vient de se signaler par des comportements douloureusement
répréhensibles. En effet, s’étant récemment
adressé à des propriétaires terriens, titulaires d’un
titre foncier, Mobilis négocie avec eux des contrats individuels
pour un an en vue d’installer ses infrastructures ; le contrat signé
et le montant payé, Mobilis, qui est installé sur toute l’étendue
du territoire national, dénonce ledit contrat deux mois plus tard,
et brandit un arrêté ministériel ordonnant l’expropriation
des terrains où se trouvent installé Mobilis. Les populations
crient au scandale et envisagent de nouvelles poursuites contre ce qu’elles
appellent de la truanderie de Mobilis qui leur a caché l’existence
d’un tel texte.

Louis Martin ONGUENE ESSONO
Docteur ès Lettres Professeur à
l’Ecole normale supérieure

B.P.1332 Yaoundé Cameroun tél.
fax : (237) 31 92 92

e-mail : lmessono@cenadi.cm ; lmessono@hotmail.cm

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Assainir
sereinement le secteur des télécommunications au Sénégal

L’annonce du retrait définitif de la
licence de téléphonie mobile accordée à Sentel
et du réexamen du contrat portant autorisation du réseau
Alizé de la Sonatel ont sonné comme de bruyants coups de
tonnerre dans le ciel relativement calme du secteur des télécommunications.
En effet jusque là, en dehors des récriminations contre les
tarifs élevés pratiqués par la Sonatel tant pour la
location des liaisons spécialisées que pour les communications
locales, la dénonciation du monopole accordé à cette
même Sonatel sur la téléphonie fixe jusqu’en 2004,
la revendication d’une augmentation significative de la bande passante
et le développement de la téléphonie rurale, tout
semblait aller pour le mieux dans le secteur des télécommunications.
L’affaire Sentel a le mérite de mettre en évidence les « 
anomalies » qui ont entaché le processus de privatisation
de la Sonatel et l’octroi des licences pour la téléphonie
mobile.

S’agissant de la Sonatel, non seulement le
dossier d’appel d’offres a été communiqué aux investisseurs
intéressés sans avoir été préalablement
validé par le comité en charge de l’ouverture du capital
de ladite société mais de surcroît il est évident
que la valeur globale de la société a été largement
sous-estimée quant on sait que les 70 milliards de Francs Cfa payés
par France Télécom pour l’acquisition du tiers des actions
ont été amortis en moins de trois ans. A cela s’ajoute le
principe de l’octroi, « sans concourir », d’une licence d’exploitation
pour l’ensemble des services soumis au régime de la concurrence
réglementée et cerise sur le gâteau le monopole pour
la téléphonie fixe jusqu’en 2003.

Pour ce qui est de Sentel, l’octroi de la
licence d’exploitation du GSM s’est faite sur la base d’un simple appel
d’offre international sans qu’il y ait paiement du moindre « ticket
d’entrée » pour un marché qui dépassera d’ici
peu, en nombre d’abonnés, celui de la téléphonie fixe.
Dans le processus de libéralisation du secteur des télécommunications,
l’Etat du Sénégal a été doublement perdant
en encaissant un prix de cession relativement faible pour les actions de
la Sonatel au regard de sa marge bénéficiaire et en abandonnant
les ressources qui auraient dû découler de la vente des licences
d’exploitation pour la téléphonie mobile. Last but not least,
du fait du monopole accordé à la Sonatel sur la téléphonie
fixe, les usagers supportent des coûts de communications locales
élevés, les fournisseurs de services Internet payent le prix
fort pour des liaisons spécialisées aux capacités
limitées, les utilisateurs d’Internet pâtissent d’une bande
passant internationale insuffisante et globalement le développement
du secteur des téléservices s’en trouve freiné.

Un tel diagnostic prouve s’il en était
encore besoin qu’il est grand temps que le Gouvernement assainisse la situation
qui prévaut dans le secteur des télécommunications.
Il faut mettre fin au monopole des uns et aux situations de rente des autres
qui ne profitent qu’à une minorité de personnes et à
des intérêts étrangers. Mieux, il faut créer
dans les meilleurs délais une autorité de régulation
indépendante, composée d’hommes et de femmes honnêtes,
crédibles, compétents, venant de divers horizons et n’ayant
jamais été directement impliquées dans les processus
de privatisation ou d’attribution de licences. Le développement
des téléservices, en particulier et l’utilisation des technologies
de l’information et de la communication pour le développement social
en général ne prendront de l’ampleur que si une telle réforme
est rapidement conduite à son terme. Cependant, cet assainissement
nécessaire du secteur des télécommunications doit
s’effectuer dans le cadre d’une renégociation sereine des engagements
pris par les anciennes autorités de manière à ne pas
mettre en péril l’emploi de dizaines de travailleurs, assurer la
continuité du service pour les utilisateurs et garantir un climat
de confiance pour les investisseurs étrangers.

Amadou Top Président d’OSIRIS 
(Observatoire sur les Systèmes d’Information, les Réseaux
et les Inforoutes au Sénégal)

http://www.osiris.sn/