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Lettre de Décembre 2000

Décembre

vendredi 1er décembre 2000, par Alain


La Lettre de décembre 2000
No : 61

 
La Lettre de décembre 2000 


Sommaire : 

Editorial : 
Vers de nouvelles formes de coopération ? (suite) 

Echos de CSDPTT et de ses correspondants 
En Bref : Mali, Burkina, Congo, Ile de France 

Echos des postes et télécoms dans le monde 
Retour d’Iridium 
Difficultés persistantes pour Globalstar 
Sénégal : développement des accès scolaires à Internet 
Explosion des portables au Maroc 
France Télécom achète 40% de Mauritius Telecom 
En Bref : Stat sur les opérateurs de télécommunications, Bénin,
Egypte, Centrafrique, Faillite de la constellation
Orbcomm 

Economie 
Inégalité à la conférence de La Haye 
La nouvelle économie ou comment les grosses sociétés ne payent pas d’impôt 

Selection de sites web 

Article 
Communication : L’Afrique revendique le droit de gérer l’extension Internet
’’.africa’’ 




EDITORIAL 
Vers de nouvelles formes de coopération ? (suite) 
« Je vous rassure au nom de tous les adhérents de notre association que la mission de CSDPTT a été très
instructive, Hervé et Patrick ont vraiment répondu à nos attentes Ils sont sympas et s’adaptent à toutes les
conditions ; notre association enregistre chaque jour des nouveaux adhérents nous souhaitons prochainement une
telle mission au Mali. » Tel est le message reçu d’Oumou Doumbia membre de
l’AVDT (Association des
Volontaires pour le Développement des Télécommunications au Mali). 
La dynamique est donc bien lancé. Des relations d’amitié, d’échange, de confiance, de respect mutuel ont été
initiés. Les liens Internet c’est bien mais rien ne vaut le contact humain. Et si le temps consacré à la formation a
été pris en partie sur le temps qui devait être consacré à l’identification de projets de télécentre ou de téléphonie
rurale, nos partenaires de l’AVDT ont désormais la responsabilité de procéder à cette identification. Et puis que
vaut la coopération si elle ne répond pas aux besoins exprimés ? 
Malgré les nombreuses difficultés rencontrées jusqu’ici, nous avons toujours gardé espoir. L’Afrique regorge
d’énergie, d’espoir de dynamisme, de compétence. Et finalement la vrai problème auquel sont confrontés les ONG
en France c’est d’identifier les partenaires répondant à ces critères. Mieux vaut aller moins vite et prendre le
temps de bien les choisi. A partir de là tout devient possible. 
Moins nous aurons à faire, plus la coopération sera efficace. 
Bruno Jaffré

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Echos de csdptt et de ses correspondants en Bref 
Patrick Faillon (Nancy) et Hervé Massy de (Nice) sont rentrés du Mali où ils effectuaient une mission pour le
compte de CSDPTT. Ils reviennent enthousiastes et lucides, en tout cas très heureux de leur séjour. Plus
d’informations très bientôt. 
Après un long silence, CSDPTT a été contacté par l’ONATEL qui a réaffirmé son engagement pour mener à son
terme le projet de raccordement de 4 villages dans la région de Toma au Burkina
Faso. 
Une délégation de CSDPTT a rencontré M. Jean Makoundou, Chef du service de gestion des fréquences du
ministère des PTT du Congo. Il a semblé très intéressé par l’activité de l’association et a exprimé la volonté de
créer une association dans son pays pour collaborer avec elle. Il a été convenu dans un premier temps d’échanger
des informations de façon soutenue. 
CSDPTT a participé à une réunion du collectif des OSI (Organisations de solidarités Internationales) de
l’Ile de
France. 

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Retour D’iridium ? 
Alors que le projet Iridium, premier réseau de communications par satellite, semblait définitivement abandonnés,
après la mise en liquidation de la société du même nom en mars dernier, une société semble s’y intéresser. 
Iridium Satellite, dirigé par l’ancien président de la Pan Am, M. Colussy, s’apprêterait en effet à racheter la
totalité des actifs d’Iridium, en particulier les 66 satellites de l’opérateur. La transaction serait de 25 millions selon
les observateurs. Une somme dérisoire par rapport aux 5 milliards de dollars d’investissement consentis. 
Cette société vient de signer un accord avec Boeing pour l’exploitation et la maintenance. Boeing pourrait ainsi
exploiter le premier réseau de transmissions électroniques à bord des avions et l’utiliserait pour les
communications par téléphone et par fax. 
Iridium dont le principal actionnaire était Motorola à raison de 18% du capital avait du cesser ses activités pour
avoir viser un marché trop restreints à des coups de communications prohibitifs.

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Difficultés persistantes pour Globalstar 
Globalstar, le deuxième réseau satellitaire de télécommunications, comptait 21300 clients fin septembre, le double
par rapport à la fin du semestre précédent. Mais le PDG M. Bernard Schwarz a reconnu : « le taux de croissance
de Globalstar tant du point de vue des abonnés que de l’utilisation, bien qu’il soit stable est inacceptablement lent
 ». 
Un emprunt de 500 millions contracté en août 1999, lui impose de réaliser 100 millions de chiffre d’affaires entre
avril 2000 et mars 2001 alors qu’entre le 1er avril 2000 et le 30 septembre les revenus n’ont été que de 2 millions. 
Globalstar rencontre de graves difficultés avec les premiers investisseurs, deux des principaux Loral et Lookheed
l’ont laché, et cherche désespérément des fonds nouveaux ou une alliance stratégique. 
Les dépenses opérationnels et les intérêts coûtent entre 400 à 500 millions de dollars par an à la société et elle a
annoncé une perte de 211 millions de dollars au troisième trimestre sur un chiffre d’affaire d’1,2 millions. Elle
affichait 1,5 milliards de dette après 9 mois d’exploitation. Elle affirme cependant disposer de fonds pour tenir
jusqu’en mai 2001. 
La constellation a coûté 4 milliards de dollars alors qu’elle serait actuellement cotée à 300 millions. Son action à
perdu 97% de sa valeur. (source les Echos du 2/11/2000).

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Sénégal : développement des accès scolaires à Internet 
Dans la cadre du programme World Links, lancé par la Banque Mondiale en 1997, les lycées et collèges se
connectant à Internet sont de plus en plus nombreux. Les deux premiers, le lycée Seydou Nourou Tall et le
collège de jeunes filles Martin Luther King tous deux à Dakar sont connectés depuis 1997. Depuis 8 autres les ont
rejoints et l’on devrait atteindre rapidement le nombre de 40 établissements connectés. La Banque Mondiale
consent un financement annuel de 80000 dollars, le gouvernement sénégalais prend en chargé la réfection des
salles informatiques. La France a pour sa part financé l’achat d’ordinateurs pour un montant de 250000FF et
assure les frais de connexions pendant un an. 
Les principales utilisations sont le messagerie, les forums, la navigation sur le web mais aussi l’échange de
programmes et de cours avec des élèves du monde entier. Certains élèves assidus ont ainsi acquis le réflexe
Internet lors de la préparation d’exposés. 
Mais un véritablement développement massif de l’utilisation d’Internet à l’école se heurte à un certain nombre de
difficultés majeures. L’insuffisance et la vétusté du parc informatique entraînent des longues attentes pour les
internautes et certains sont obligés de créer des sites dans les cybercentres de la ville qu’ils ne peuvent visualiser
au lycée. Mais le plus gros problème reste la lourde charge des factures téléphoniques. La SONATEL
subventionne les factures à raison de 50000 FCFA mais le proviseur du lycée Seydou Tall évoque une moyenne
des factures d’ environ 200000 FCFA. Celui-ci a du faire appel aux parents d’élèves et a du augmenter les droits
d’inscription de 3500 à 5000 FCFA. D’autres essayent de trouver des activités génératrices de revenus. Mais de
nombreuses écoles ont du être coupées faute d’avoir pu honorer leurs factures (source Sud quotidien du
13/11/2000).

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Explosion des portables au Maroc 
Maroc-Télécom vient d’enregistrer son deux millionième abonné à son réseau
GSM, ce qui porte à 1600000 le
nombre des nouveaux abonnés en l’an 2000 grâce à un investissement de 310 millions de dollars. Le réseau
couvrirait désormais 95% du territoire. L’objectif est d’atteindre 3,2 millions d’abonnés fin 2001. 
Rappelons que Maroc Télécom, qui a réalisé un bénéfice net de 234 millions de dollars en 1999, a lancé un appel
d’offre pour l’a cession de 25 à 35% de son capital. 
Son concurrent sur les mobiles, Médi-Télécom, consortium
hispano-luso-marocain, qui a commencé l’exploitation
d’un deuxième réseau en avril 1999 avait du débourser 1,08 milliards de dollars pour acquérir cette licence.

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France Télécom achète 40% de Mauritius Telecom 
Le gouvernement de l’Ile Maurice et France Télécom ont signé à la mi-novembre un accord de partenariat
stratégique. La transaction s’élève à 260 millions de dollars. 
France Télécom et l’opérateur mauricien coopéraient déjà dans l’île depuis 4 ans au sein de Telecom Plus, qui
commercialisait Internet, mais aussi à Madagascar au sein de la Société Malgache de Mobile. Mauritius Telecom
est par ailleurs présent au Mozambique, au Burundi, en Afrique du Sud et au Lesotho. Des discussions sur des
projets au Botswana, au Niger et en Tanzanie seraient actuellement en cours. 
Mauritius Telecom est la première des compagnies mauriciennes, place qu’elle occupe depuis deux ans.
L’opérateur compte 270000 abonnés, soit une télé densité de 26%, une des plus élevées du continent africain. La
filiale Cellplus offre le service de téléphone cellulaire GSM à quelque 100000 abonnés, soit 60% du marché local
alors que quelque 100000 Mauriciens ont accès à l’Internet. 
L’accord vise selon les autorités à préparer la libéralisation du secteur des télécommunications et à consolider le
rôle de leader régional de l’opérateur. Celui-ci a réalisé en 1999-2000 un chiffre d’affaire de 130 millions de dollars
en augmentation de 12%. Il dispose en outre d’un monopole sur les services de téléphonie de base (appel locaux et
internationaux à partir d’une ligne fixe) jusqu’à la fin 2003. La nouvelle répartition du capital se présente de la
façon suivante, 40% pour FT, 40% pour l’Etat mauricien 19% pour la State Bank, 1% devant revenir aux
travailleurs. 
La privatisation, décidée en décembre 98, aurait du intervenir fin juin après que FT ait été choisi au détriment de
Vivendi dont l’offre était légèrement inférieur. Ce dernier n’en avait néanmoins continué à faire le forcing jusqu’à
la dernière minute. Un autre consortium s’était constitué avec MTN South Africa et Portugal
Telecom. Le retrait
deux jours avant l’ouverture des offres de MTN n’avait pas manqué de soulever certaines controverses dans la
presse. L’offre de Portugal Telecom qui se retrouvait seul s’est révélé cependant très en dessous des 2 autres. Le
processus de privatisation avait rencontré une vive opposition des organisations syndicales mauriciennes et avait
donné lieu à de très vifs débats au sein de l’Assemblée Nationale et dans la presse. 
Le choix de France Télécom établi, les négociations s’annonçaient particulière-ment difficiles d’autant plus la
direction de l’opérateur contestait vivement les conditions élaborées par les consultants de la Canadian Imperial
Bank of Commerce. Celle-ci se plaignait de ne pas avoir été suffisamment consulté et exprimait la crainte de
perdre ses prérogatives. 
Les négociations furent finalement bloquées jusqu’aux élections anticipées du 11 septembre pour reprendre
ensuite avec une nouvelle équipe décidée à reprendre l’ensemble du dossier. L’ancien leader de l’opposition, M.
Paul Bérenger, était devenu entre temps vice premier ministre et ministre des finances et se trouvait donc en
charge du dossier. 
Les nouveaux négociateurs mauriciens semblent s’être montrés plus exigeants, le représentant de France Télécom
M. Pierre Godiniaux ayant reconnu dans la presse avoir senti la différence. Ils obtinrent ainsi que certaines
clauses acceptées par l’ancien gouvernement soient revues. Le Mauricien du 11 novembre fait ainsi état de
plusieurs « avancées considérées comme capital par la partie mauricienne » et affirme que la rupture était proche. 
Ainsi un « Operating Commitee » composé de 2 représentants de France Télécom et d’un seul de Mauritius
Télécom est supprimé. Le Directeur Exécutif n’est plus désigné par France Télécom, mais choisi par l’équipe
dirigeante sur proposition du gouvernement et après consultation de France Télécom, procédure qui doit être
maintenue même si la part de l’Etat mauricien descend à 30%. La clause, qui prévoyait que 4% du chiffre
d’affaires devait revenir à France Télécom pour les services rendus, est supprimée. Une autre clause qui affirmait
l’intention du gouvernement de vendre ses parts à mi-parcours de la durée de l’accord est remplacé par une clause
plus vague affirmant que le gouvernement se réserve la souveraineté de juger de l’opportunité de vendre ses parts.

L’annonce de création de nouveaux emplois ne semblent pas avoir rassuré les syndicats. Selon eux : « Nous
trouvons qu’on n’a pas besoin de partenaire stratégique, d’autant plus que (i) les détails de l’accord signé avec
France Telecom ne sont pas publics et (ii) nous n’avons pas d’indications quant au sort des travailleurs avec la
privatisation. Ces conditions sont inacceptables dans la mesure où pendant la campagne électorale, les membres du
gouvernement, dont le vice-Premier ministre, Paul Bérenger, étaient venus, bille en tête, claironner sur tous les
toits que rien ne serait fait sans consultations avec les syndicats. Or, que voyons-nous aujourd’hui ? Tout est fait
dans l’opacité la plus totale ! Et quid du sort des travailleurs ? " 
Ceux-ci ont organisé des manifestations pour dénoncer l’ensemble de la politique de privatisation du pouvoir.
Présents lors de ces mouvements de protestation, les syndicats des télécommunications craignent de ne pas être
entièrement informés et demandent que l’accord soit rendu public. Ils demandent en outre l’ouverture de
négociations afin d’obtenir des garanties écrites concernant le maintien des emplois. 
Durant la dernière semaine de novembre, d’importants débats ont eu lieu à
l’Assemblée Nationale pendant
lesquels certains points de l’accord ont été révélés. Nous y reviendrons dans le prochain numéro (Source Le
Mauricien http://www.lemauricien.com).

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En Bref 
L’Idate vient de publier son propre classement 1999 des opérateurs de télécommunications. Les 25 premiers ont
un chiffre d’affaire cumulé de 600 milliards de dollars. Parmi ceux-ci deux seulement ont des croissances
inférieures à 5% alors la moitié ont des croissances supérieures à 10%. France Télécom se classe 9 ème avec un
CA de 29 milliards de dollars. 
L’Office des postes et télécommunications du Bénin vient de lancer un appel d’offre international portant sur « la
mise en place d’un réseau Internet (IP) et d’un réseau privé virtuel (VPN) devant couvrir tout le territoire national
sur fonds propre ». 
France Télécom souhaite acheter les 18% de part que détient Motorola dans l’opérateur de mobile égyptien
Mobilnil ce qui porterait ses parts à 41%. Mobilnil compte actuellement 1 million d’abonnés, son concurrent Click
dominé par Vodafone et Airtouch 700000. 
La Centrafrique a vendu son nom de domaine « .cf » à la compagnie irlandaise Freepseudo.com. Cette compagnie
permet d’enregistrer gratuitement des adresses des sites et des e-mails domiciliés en République Centrafricaine.
La société rémunère le pays au bout de 1000 enregistrements. 
La constellation Orbcomm, filiale de l’opérateur canadien Teleglobe et du constructeur américain Orbital est la
troisième constellation de satellites à faire faillite. Orbcomme avait lancé son service en 1998 et comptait 30000
clients au lieu des 150000 prévus fin 99. Les pertes déclarées sont de 259 millions de dollars pour un
investissement total de 800 millions. Orbscomm proposait des services de transmission de données (messages,
mesures, localisation). La constellation utilisait 35 satellites en orbite basse.

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Inégalité à la conférence de La Haye 
A cours de la conférence sur le réchauffement climatique de La Haye, M. Bakary
Kante, Responsable du
Programme des Nations Unies pour l’Environnement a déclaré : « Hélas une fois de plus on réalise à quel point
l’Afrique manque d’expertise, tant scientifique, économique que financier. Que peut faire un pays comme le
Burkina, qui n’a qu’un représentant pour défendre son bout de gras, qu’un expert pour décortiquer des tonnes de
documents complexes. Dois-je rappeler que les Etats-Unis ou l’Europe débarquent ici avec des dizaines de
personnes par délégation ? A elle seule la France en compte 75.. C’est un marché de dupes ». (Libération du
25/11/2000). 
D’autre part selon des chiffres cités lors de cette conférence, un américain rejette 3 fois plus de gaz qu’un
européen qui en rejette 10 fois plus qu’un sénégalais. 

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La nouvelle économie ou comment les grosses sociétés ne payent pas d’impôt 
Une récente étude, qui porte sur 250 grandes sociétés cotées en bourse démontre qu’en 1998, 24 d’entre-elles
n’ont payé aucun impôt ou ont reçu des crédits pour des dettes fiscales passées ou futures. L’étude a été menée
par l’Institute on Taxation and Economic Policy (L’institut sur l’imposition et la politique économique), basé à
Washington, qui s’est associé avec Citizens for Tax Justice, une association sans but lucratif financée en partie par
les syndicats. 
Les profits globaux des sociétés durant cette période de 3 années ont augmenté de 23,5% alors que pour la même
période, les impôts sur les sociétés augmentaient seulement de 7,7%. Douze d’entre elles ont engrangé des
bénéfices de plus de 12,2 milliards de dollars entre 1996 et 1998, mais durant la même période, aucune
d’entre-elles n’a dû payer des impôts sur le revenu de sociétés. Bien au contraire, le total des sommes reçues par
ces sociétés, en crédits ou en remboursements, s’élève à 535 millions de dollars. "Les impôts sur les sociétés
n’augmentent pas avec les bénéfices parce que les sociétés ont trouvé toutes sortes de moyens pour contourner
les réformes de la loi de 1986 sur les impôts [1986 Tax Act]" dit Robert S.
McIntyre, directeur de Citizens for 
Tax Justice. "Les sociétés ont également reçu beaucoup d’aide de la part du Congrès, qui a largement contribué à
vider de leur substance les lois fiscales minimales". 
Les rapports annuels fournis par Microsoft et Cisco Systems indiquent que ces sociétés n’ont payé aucun impôt en
1999 parce que les options de souscription d’actions levées par les employés ont fait disparaître les bénéfices qui
auraient dû être déclarés aux impôts. 
D’autres sociétés sont citées comme ne payant pas d’impôt comme MCI WorldCom ou ayant fortement réduit leur
taux d’imposition fiscale comme I.B.M. ou Intel au moyen des options de souscription d’actions sans devoir
présenter des revenus réduits à leurs actionnaires. (extrait de la lettre
d’ATTAC N°183 http://attac.org).

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http ://www.francophone.net/irtavi/  ;
Site de l’IRTAVI, Institut de Recherche sur le Transfert de la techno-science en Afrique, le développement des
capacités scientifiques africaines et la Vulgarisation de l’Informatique. L’IRTAVI, basée en Belgique, rassemble
des universitaires africains et publie la revue des problématiques africaines dont des extraits sont publiés sur le
site. 
http://www.siotel.org : Site du Syndicat International des Opérateurs et Sociétés en Télécommunications qui se
veut « le premier et l’unique syndicat international des opérateurs et sociétés en télécommunication du secteur
public et privé, fondé pour étudier et défendre les droits ainsi que les intérêts matériels et moraux, tant collectifs
qu’individuels des opérateurs et sociétés en télécommunications du secteur public et privé des 189 états membres
de l’ONU ». Nous n’agissons pas dans le même sens mais nous espérons que ce nouveau site publiera des
informations nombreuses et utiles. 
www.tech-dev.org : Site le l’ONG Tech-dev Tech qui rassemble un groupe d’ingénieurs qui intervient en appui
technique aux entreprises du continent africain conjointement avec des partenaires (ONG, bureau d’études,
organisations professionnelles) pour des projets respectant le principe du développement durable. Tech Dev
intervient dans 7 pays africains et dans les domaines suivants industrie, agroalimentaire, montage de projets,
valorisation des ressources naturelles, textile, etc...

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Article : 
Communication : L’Afrique revendique le droit de gérer l’extension Internet
’’.africa’’ 
COTONOU, 13 Nov. (IPS)- Les utilisateurs et les professionnels africains de l’Internet émettent de vives
protestations contre une multinationale qui a soumis à l’organe de régulation des noms de domaine Internet,
l’enregistrement de l’extension ’’.africa’’. 
La société Rathbawn Computers Limited, présente aux Etats-Unis et en Australie pourrait bientôt obtenir
l’accréditation de l’Organisation pour l’Assignation des Noms et Adresses Internet
(ICANN), pour la gestion du
nom de domaine ’’.africa’’. 
Lors de son sommet annuel qui se tient du 13 au 16 novembre à Marina del Ray, en Californie,
l’ICANN statuera
sur 47 demandes d’enregistrement de nouveaux noms de domaine, dont celle de la multinationale incriminée. Seuls
10 nouveaux noms de domaine sur les 47 seront retenus. 
Toute personne ou société faisant une requête pour faire enregistrer un nom de domaine, doit déposer 50.000
dollars à l’ICANN. Ce qui paraît, à priori, comme un luxe pour les sociétés des pays en développement et
particulièrement l’Afrique. 
L’ICANN est une organisation internationale à but non lucratif, formée en 1998 pour assurer le suivi et la gestion
des fonctions techniques d’Internet jusque là contrôlées par le gouvernement américain.
L’ICANN assume la
responsabilité de la coordination du système de noms de domaine(DNS), l’assignation d’adresses de protocole
Internet (IP), la nomination de paramètres de protocoles et la gestion du système de serveur de racine. En tant que
tel, il est l’organe désigné pour faire enregistrer les noms de domaine soumis par des individus, des Etats et des
sociétés du monde entier. 
Les dix domaines qui seront retenus cette année s’ajouteront aux sept noms de domaines déjà agréés par
l’ICANN. Il s’agit du .com, .net, .org, .gov, .mil, .int, et .edu. Il existe également 243 codes de noms de domaines
des pays, comme par exemple .us pour les Etats-Unis ou .bj pour le Bénin. 
La question de l’extension ’’.africa’’ suscite une grande controverse au sein des internautes africains. 
’’ La question est de savoir si une personne qui n’est pas originaire d’un pays donné peut gérer le nom de domaine
de ce pays ? Est-ce qu’un Africain par exemple peut gérer le nom de domaine ’’.fr’’ - nom de domaine de la France-
 ? s’interroge Pierre Dandjinou, Coordonnateur Afrique du Réseau de Communication pour le développement
durable (SDNP). 
Makane Faye, conseiller régional principal sur la politique des Technologies de l’Information et de la
Communication à la Commission Economique pour l’Afrique (CEA), a une réponse toute faite. ’’Il n’est pas normal
qu’on donne l’extension ’’.africa’’ à un non-Africain. Nous aimerions que ’’.africa’’ soit géré par une institution
africaine de renommée, qui prenne en compte les problèmes spécifiques de l’Internet en Afrique’’, a déclaré Faye,
lors d’un entretien téléphone avec IPS. 
Des observateurs affirment que la protection de l’extension ’’.africa’’ par une multinationale est, avant tout, une
question de gros sous. Elle aura des conséquences économiques pour les Africains qui désireraient prendre des
adresses sous ce nom de domaine. Les gestionnaires des noms de domaine accrédités par
l’ICANN développent en
effet un commerce d’exploitation des adresses Internet. Dans certains cas, l’acquisition d’une adresse sous le
domaine ’’.com’’, par exemple, est subordonnée au paiement d’un montant de 70 dollars tous les deux ans. 
Faye affirme que l’Afrique va se mobiliser pour empêcher l’attribution de l’extension
’’.africa’’ à une firme
non-africaine. Selon lui, les professionnels de l’Internet en Afrique vont présenter leur opposition contre cet
enregistrement, lors de la réunion annuelle de l’ICANN. Mankane Faye indique qu’ils pourront même faire recours
à l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle(OMPI) afin qu’elle joue le rôle d’arbitre si le nom de
domaine ’’.africa ’’est attribué à une firme non-africaine. Depuis le début de cette année,
l’OMPI s’est déclarée
apte à protéger les noms de domaine. 
’’A l’OMPI, il y a possibilité de retirer un nom de domaine si nous avançons des arguments plausibles’’, explique
Faye. ’’Nous voulons prendre tout ce qui nous appartient et le gérer nous-même’’, ajoute-t-il. 
Le problème est d’autant plus complexe que, légalement, il n’existe aucune limitation de l’utilisation des noms de
domaines à des régions géographiques données, sauf si le nom est déjà protégé. Or, dans le cas présent, le sigle
.africa n’a jamais fait l’objet d’une protection au niveau de l’OMPI, par l’Afrique. 
’’L’Afrique ne se trouve pas dans une situation où elle a déjà occupé un domaine auquel elle a donné son nom et
que les Néerlandais ou les Américains viennent arracher le drapeau africain. La nature a horreur du vide. Faisons
quelque chose au lieu de parler’’, dit Karim Okanla, journaliste. 
Pour Dandjinou, la meilleure solution consiste à faire participer plus d’Africains à
l’ICANN. L’organe de la
gouvernance de l’Internet ne compte qu’un seul membre africain, le Ghanéen Nii
Quaynor, représenté au Conseil
d’Administration composé de 19 membres. ’’Seul, il ne peut pas peser, parce qu’à ce niveau, c’est une affaire de
lobby et de ressources. Nous ne devons pas nous leurrer’’, dit Dandjinou. 
D’autres Africains participent à l’ICANN en tant que ’’Large members’’ ou membres individuels qui ont le droit de
vote. Là encore, l’action des Africains est invisible, car l’ICANN demande que les adhésions soient faites en ligne.
Etant donné que l’accès à l’Internet n’est encore que l’apanage d’un nombre restreint de personnes en Afrique,
seuls quelques rares privilégiés se font enregistrer. 
Seuls 300 personnes sur les 76.000 personnes ayant activé leurs comptes en tant que membre individuel de
l’ICANN, sont des Africains. L’Afrique ne représente que 1 pour cent des internautes du monde entier. 
’’Le temps est peut être venu d’avoir plus d’Africains motivés à s’intéresser à ICANN et à obtenir des pouvoirs
publics africains, le soutien nécessaire’’, affirme Dandjinou. 
Les participants au deuxième Forum africain pour le développement (ADF)tenu à Addis-abeba en Ethiopie l’année
dernière, avaient souligné que la participation de l’Afrique à l’ICANN et à la gouvernance de l’Internet est plus
qu’un impératif. 
’’L’Afrique est actuellement largement sous-représentée dans les différentes commissions de
l’ICANN, et n’a pas
grand chose à dire au niveau décisionnel. L’objectif principal de l’Afrique doit être d’améliorer ses représentations
au niveau de l’ICANN aussi bien qu’au niveau de la Société de l’Internet (ISOC)’’, indique un document de la
Commission économique pour l’Afrique publié à l’issue de l’ADF. 
Le document précise que les gouvernements africains n’ont pas encore occupé les places qui leurs reviennent au
niveau du Comité Consultatif Gouvernemental (GAC) de l’ICANN. 
Certains professionnels africains appellent à la mise en place d’un registre africain chargé de gérer les noms de
domaine, attribuer les adresses IP et résoudre les conflits liés aux problèmes de l’Internet. 
L’ébauche d’une telle structure dénommée Africa Network Information Center (AfriNIC) a été déjà lancée. Un
Conseil a été mis en place, mais il reste encore à trouver un lieu géographique pour abriter l’institution, et des
fonds pour établir un Secrétariat. 
Le but de AfriNIC est d’allouer et enregistrer les ressources Internet dans la région africaine ; assister la
communauté africaine dans le développement des procédures, des mécanismes, des normes pour répartir
efficacement les ressources Internet ; et développer les politiques publiques sur l’Internet en Afrique. 
Selon les spécialistes, cette structure, si elle est effectivement mise en place, pourrait revendiquer 3 places au
Conseil des noms de domaines de l’ICANN et faire entendre la voix de l’Afrique dans la gouvernance de l’Internet.

Nana Rosine Ngangoué 

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