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Lettre d’Avril 2000

Avril

samedi 1er avril 2000, par Alain


La Lettre de Avril 
2000

No : 53

Sommaire :

ECHOS DE csdptt 
et de ses amis
 :

En bref CSDPTT Toulouse et la Guinée, Cybersonghai au Bénin

Echos des postes et
télécoms dans le monde :


- Mali : la presse s’interroge sur Mali-Tel

- Iridium : 66 satellites à la casse

- Témoignages de participants à la rencontre Bamako 2000

- Le plan d’action de Bamako 2000, (texte intégral)
A lire : Internet et l’Afrique (revue Africulture)



ECHOS DE CSDPTT ET DE SES
AMIS

Le groupe CSDPTT Toulouse a participé à un débat sur la coopération
décentralisée Nord-Sud particulièrement avec la Guinée en présence de
personnalités et d’ONG locales, d’un représentant du ministère des affaires
étrangères et de l’ambassadeur de Guinée. Cette réunion a permis à CSDPTT
de
renouer avec l’association Essor et de réaffirmer sa disponibilité à une
concertation régionale des ONG.


Notre ami Léonce Sessou, Coordinateur du Réseau Béninois des Téléservices
Communautaires (voir la lettre N°52) nous informe que le CyberSonghaï de
Savalou a ouvert ses portes le 2 mars. Il offre déjà au démarrage plusieurs
services :

- services bureautiques (téléphone, photocopie, reliure, plastification)

- Saisie des documents

- Réalisation de publications ou autres documents (prospectus, carte de
visite, carte de voeux, carte postale, badge, papier entête)
Savalou est une ville située au centre du Bénin qui connaît d’énormes
difficultés de communication. Les services d’Internet n’ont pas encore
démarré faute de fournisseur d’accès dans la ville. Mais, des études sont en
cours pour une connexion par un fournisseur depuis Cotonou.


ECHOS DES POSTES ET TELECOMS DANS LE
MONDE


Mali : La presse s’interroge sur MALI-TEL
La société Mali-tel a été créée en mai 1999 avec un capital théorique de
1
milliard de FCFA ; 56% sont détenus par la Sotelma et les 44% restants
par
un groupe de privés maliens dénommé la SOGETEL. Selon les journaux maliens
l’Indépendant et le Républicain l’attribution d’une licence de téléphonie
mobile n’a jamais fait l’objet d’une offre publique. A peine constitué, le
directeur général, Moctar Thiam, représentant au Mali de la firme française
ALCATEL a attribué à cette dernière un marché de 5 milliards de FCFA pour
l’acquisition et la mise en service au Mali dudit réseau cellulaire, sans
appel d’offre international. Alors que les textes régissant la passation des
marchés publics stipulent qu’on ne peut attribuer au gré à gré un marché
supérieur à 250 millions de nos francs.
Le ministre des finances aurait refusé d’accorder l’exonération aux
matériels nécessaires à la construction du réseau. Toujours selon ces deux
journaux la Banque Mondiale aurait demandé au gouvernement malien
l’annulation de ce marché. Mais les équipements seraient déjà en place.


Iridium  :
66 satellites à la casse
C’est officiel, le système Iridium a cessé de fonctionner 17 mars à minuit.
Après la déclaration de faillite, les différentes rallonges financières et
les délais supplémentaires accordés ne pouvaient suffire à remettre ce
projet en orbite.
C’est ainsi près de 7 milliards de dollars qui seront évaporés en fumée, car
les responsables du groupe Iridium ont décidé de les " désorbités
". Les
satellites risquent d’entrer en collision avec les nombreux engins en
orbite. Ils seront ainsi désintégrés au contact de l’atmosphère. Selon eux
le maintien du système aurait coûter 10 millions de dollars ce que personne
n’accepte de payer. Pourtant l’armée américaine était un de ses plus gros
clients mais le Pentagone s’est refusé à investir pour la maintenance du
système.
Cette décision a mis dans l’embarras les distributeurs du monde entier,
certains disant avoir été totalement pris par surprise laissant livrés à
eux-mêmes des clients isolés sur la mer ou dans des régions dangereuses.
Iridium comptait en effet entre 20000 et 50000 abonnés.
Les analystes évoquent plusieurs raisons pour expliquer cet échec. D’abord
une sous-estimation de la montée en puissance des réseaux de téléphonie
mobile qui disposent d’une couverture de plus en plus étendue. Ensuite le
ciblage d’une clientèle beaucoup trop restreinte compte tenu des coûts
proposés, 20000 FF le terminal et des coûts de communication à la minute
pouvant monter jusqu’à 37FF. De plus, Iridium s’est positionné en concurrent
des opérateurs nationaux en court-circuitant les réseaux locaux.
Enfin Iridium a été financé par des obligations à haut rendement et à hauts
risques et s’était donc engagé vis-à-vis de la place financière à tenir des
objectifs intenables. Ainsi par exemple Iridium annonçait 350000 abonnés dès
la première année. Elle en a à peine atteint le 10 ème malgré une campagne
publicitaire mondiale de 140 millions de dollars. Ainsi le premier trimestre
1999 s’est achevé avec une perte de 505 millions de dollars pour une chiffre
d’affaires de 1,4 million.
Un formidable gâchis ! Moins du dixième des sommes gâchées permettrait de
financer le projet RASCOM


A LIRE
Internet et l’Afrique
Revue Africultures N°23 décembre 1999 publié chez l’Harmattan :
A noter ce numéro spécial confectionné en perspective de Bamako2000 qui
donne la parole à de nombreux acteurs du développement d’Internet sur le
terrain, interrogés sans concession. Une bonne façon aussi de découvrir
cette revue très complète consacrée à la culture africaine.


Bamako 2000 : témoignages de quelques participants

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