Accueil > Lettres de CSDPTT > Lettres de 2000 > Lettre de Janvier 2000

Lettre de Janvier 2000

Janvier

samedi 1er janvier 2000, par Alain


La Lettre de Janvier 2000
No : 50

 

Sommaire :
-Editorial : quel an 2000 ?

- CSDPTT en bref

- Privatisation en vue au Burkina Faso

- La téléphonie rurale en débat à Cotonou

- Licence GMPCS au Maroc

- En bref : Côte d’Ivoire,Burkina Faso pour l’acquisition de licence GSM,SFI
et télécom

- Reportage Les Tribulations de deux niçois au Burkina Faso : Acte 2

- Document : LES ONG A L’ERE DE L’INFORMATION Recommandations pour une
participation effective de la société civile à l’ère de l’information :
document adopté au cours d’une réunion des ONG présentes au Forum pour le

- Développement en Afrique, le 27 octobre 1999.


Quel an 2000 ?
Qu’en sera-t-il de cette société de l’information dont on nous annonce ici
ou là les bienfaits ?
Cet égocentrisme positiviste et techniciste occidental ne peut nous faire
oublier que tous ces progrès semblent pour une bonne partie des habitants de
la terre se situer sur une autre planète pour reprendre l’expression du
secrétaire général de l’ONU lors de l’inauguration de Télécom 99.
On nous a présenté la libéralisation des télécoms comme la solution au
retard des télécommunications dans les pays en développement.
Pourtant, alors que pour l’Afrique une solution globale, RASCOM, est à
portée qui permettrait un accès rapide à chaque village africain, on se
demande si cette même libéralisation ne risque pas de faire avorter ce grand
projet. Car la libéralisation signifie surtout, le désengagement des Etats
qui n’interviennent plus que pour réguler le marché, et la main mise des
entreprises étrangères sur les sociétés de télécommunications locales. Nous
constatons ici combien ce qui compte pour les opérateurs, ce n’est plus la
satisfaction des besoins sociaux mais plutôt des actionnaires dont le seul
objectif est de gagner de l’argent et vite.
Heureusement de plus en plus les citoyens font entendre leur voix pour
changer le cours des choses comme lors des dernières négociations de l’OMC à
Seattle. Il faut qu’ils interviennent plus pour faire du droit à la
communication une réalité de l’an 2000. Nous nous y employons. 
Bruno Jaffré


En bref
L’Assemblée Générale de CSDPTT est fixée le 5 février à Paris.
CSDPTT a reçu du courrier

- d’une association comorienne basée à Marseille qui souhaite installer le
téléphone dans un village comorien en collaboration avec une ONG locale

- de l’alliance nationale des autorités traditionnelles du CONGO (Kinshasa)
qui souhaite acquérir des équipements de télécommunications et collaborer en
partenariat avec nous

- de la coopérative agricole et habitat d’Ikela (Congo Kinshasa) qui demande
les modalités d’acquisition de matériel de télécommunications ("12 phonies
et 1 fax).


Privatisation en vue au Burkina Faso
Le 16 décembre 1998, l’assemblée nationale burkinabé adoptait une loi
autorisant les pouvoirs publics à privatiser partiellement l’ONATEL,
l’Office National des Télécommunications. La part de la puissance publique
devrait être ramenée à 34%, pour lui assurer une minorité de blocage, 3%
devrait aller aux salariés et 63% au privé avec un actionnaire principal qui
devrait présider aux destinées de la société. La répartition du capital (12
milliards de francs CFA) devrait cependant être l’objet de nouvelles
négociations entre les différents partenaires, notamment en ce qui concerne
la répartition entre l’actionnariat salarié et le partenaire stratégique.
Selon le secrétaire d’Etat aux Télécommunications, M. Justin Thombiano la
privatisation vise 4 objectifs : attirer les investisseurs privés,
développer le réseau en zone rural, améliorer la qualité de service et faire
baisser les tarifs. Il affirme que l’Etat posera des conditions non
négociables envers le partenaire stratégique pour atteindre ses objectifs.
Si l’ONATEL traverse aujourd’hui des difficultés pour être à même de
répondre à l’immensité des besoins, il reste que cette privatisation est une
des conditions imposées par le FMI afin d’obtenir l’accord pour un 3ème
programme d’ajustement structurel renforcé sur la période juillet 1999 à
juin 2002. Selon cet accord, le FMI accordera un prêt de 53,79 milliards à
condition que le Burkina Faso poursuive sa politique de privatisation et se
désengage des télécommunications avant juin 2000. Mais le pays traverse
depuis un an une grave crise politique qui rend difficile toute prise de
décision. Ainsi le programme de privatisation est en suspens et l’appel
concernant l’ONATEL n’a toujours pas été lancé.
Jusqu’à aujourd’hui, l’essentiel des investissements était assuré sur fonds
propres de l’ONATEL ou grâce à des prêts contractés auprès des banques
nationales ou d’institutions régionales ou internationales. La dette de
l’ONATEL atteint aujourd’hui 28 milliards de FCFA.
Aujourd’hui, la saturation du réseau rend difficile la satisfaction des
besoins. Le nombré d’abonnés est passé de 21000 en 1993 à 45000 aujourd’hui,
et devrait atteindre 250000 dans 10 ans. Pour autant la situation de
l’ONATEL n’est pas si mauvaise. Le chiffre d’affaires est passé de 8,2
milliards de FCFA en 1989 à 29,6 en 1998 ; les effectifs de 1050 en 1989 à
1250 aujourd’hui. Le personnel est composé de 10% de cadres supérieurs, de
12% de cadres moyens, le reste étant des agents d’exécution.
Pour le SYNAPOSTEL, Syndicat National des Postes et des télécommunications,
la privatisation ne se justifie pas. Une réforme et une redéfinition des
missions de l’ONATEL auraient pu suffire. Ainsi M. Valentin Sawadogo,
secrétaire général de ce syndicat, s’étonne-t-il que l’ONATEL finance des
installations sportives ou les programmes de la télévision nationale. Il
regrette que la privatisation ait été décidée sans consulter les syndicats.
Son objectif dans les négociations qui vont s’ouvrir est d’obtenir que 10%
du capital revienne aux salariés ainsi que des garanties sur les emplois et
les salaires.


La téléphonie rurale en débat à Cotonou
Environ une soixantaine de personnes se sont retrouvés à Cotonou une
première en Afrique : un forum entièrement consacré à la téléphonie rurale.
Ce forum était organisé par l’OPT du Bénin et l’ESMT de Dakar (Ecole
Multinationale des Télécommunications) et financé par l’OPT, la coopération
française, l’UIT qui offrait une bourse par pays (on peut regretter à cet
égard que qu’environ les deux tiers d’entre elles n’aient pas été utilisés),
le CRDI canadien, la Conférence des Télécommunications Ouest-Africaine.
Environ une quinzaine de pays étaient représentés, la plupart francophone à
l’exception de la Tanzanie et de l’Ouganda ainsi que de l’Afrique du Sud
(par un consultant privé).
On notait aussi la forte présence d’Alcatel partie prenante de plusieurs
projets en Afrique notamment par voie satellite. A part Alcaltel, les
constructeurs bien qu’invités à présenter un stand, brillaient par leur
absence, alors que les solutions techniques, notamment de solutions par
radio de la boucle locale se multiplient. Faut-il y voir le signe qu’ils ne
croient toujours pas au développement de la téléphonie rurale en Afrique ?
Un représentant d’une société tunisienne a par ailleurs exposé une solution
développée en Tunisie en collaboration avec une société américaine.
Après les premières interventions qui comportaient un aspect publicitaire,
un véritable débat s’est instauré notamment à partir du samedi matin ou les
débats se sont prolongés jusqu’à 15 heures.
Les téléphones rurales sont-elles rentables ? Faut-il instaurer un fond de
développement de la téléphonie rurale géré par les agences de régulation
dans les pays où les opérateurs historiques ont été privatisés ? La notion
d’accès universel ne doit-elle pas remplacer celle de service universel ?
Une solution africaine, RASCOM, qui prévoit le lancement de deux satellites
géostationnaires est en passe de voir le jour (un accord a été signé entre
RASCOM et Alcatel). Mais les opérateurs nationaux parfois partiellement
cédés à des opérateurs en engagés dans des projets concurrents ne
risquent-ils pas d’affaiblir ce projet qui constitue une des meilleurs
concrétisations du projet panafricain puisque la plupart des Etats sont
adhérents à RASCOM ? Rappelons qu’il prévoit d’installer à terme 500000
terminaux notamment en zone rurale pour des coûts de communication d’environ
60 à 70 FCFA la minute.
Les Etats n’ont-ils pas tendance à se décharger de leur responsabilité vers
les opérateurs (beaucoup sont privatisés) pourtant aujourd’hui guidés par la
recherche d’une rentabilité rapide alors que beaucoup de participants ont
reconnu le caractère social de la téléphonie rurale ? Ces questions ont
continué à traverser l’assemblée tout au long des débats.
Notons l’intervention de M. Hamadoun Touré, Directeur du Bureau de
Développement des télécommunications (la structure de l’UIT consacré au pays
en développement). Il a affirmé sa volonté de faire changer les choses. En
particulier, il souhaite faire appel aux experts du continent tout aussi
qualifiés que les experts occidentaux mais qui coûtent 3 fois moins cher, et
bousculer les réticences des opérateurs qui hésitent à faire appel à un
expert des pays voisins. Il a même exprimé sa honte des sommes dépensées
pour la mise en place des télécentres notamment celui de Tombouctou
déclarant qu’avec une telle somme on aurait sans doute pu faire 20
télécentres.
Enfin cette première conférence a vu l’apparition des ONG au sein du monde
des télécommunications, en particulier de CSDPTT (Coopération Solidarité
Développement aux PTT http://globenet.org/csdptt)
qui a annoncé la création
d’associations soeurs au Mali, et peut-être bientôt au Burkina Faso. Le
représentant de CSDPTT a présenté la première expérience de collaboration
avec un opérateur national (l’ONATEL au Burkina Faso) dans le cadre de
l’installation de téléphones dans 4 villages. Il est d’autre part intervenu
dans les débats pour affirmer que la rentabilité seule ne pouvait amener le
téléphone dans chaque village.
M. Nyamba, professeur à l’université de Ouagadougou a fait un exposé
particulièrement remarqué qui prenait appui sur son étude effectuée pour le
compte de CSDPTT. Après avoir reconnu le besoin du téléphone en milieu
rural, il a appelé les opérateurs à prendre conscience des changements
sociaux générés par l’arrivée de ces technologies modernes. Une autre ONG
française a présenté une expérience remarquée d’installation d’une valise
INMARSAT dans un village malien à la demande d’association d’immigrés en
France.
Ce fut donc une conférence instructive et parfois passionnante de l’avis
même de nombreux participants. On ne peut que souhaiter qu’un prochain forum
puisse se tenir mais cette fois avec une représentation plus importante des
pays africains et surtout des populations rurales les principales
intéressées.


Licence GMPCS au Maroc
L’Agence Nationale de Régulation des Télécommunications marocaine vient
d’octroyer la première licence GMPCS (Global Mobile Personal Communication
Systems) pour la transmission et la réception de données par satellite à la
société ORBCOM Maghreb. Celle-ci est une filiale d’ORBCOM Global société
américaine créée en 1990 d’une joint venture entre un fabricant de
satellites américains Orbital Sciences Corp et l’opérateur canadien
Teleglobe. ORBCOMM a placé 28 satellites en, orbite pour un investissement
de 400 millions de dollars.
Les équipements qui seront installés au Maroc devraient permettre de
desservir l’Afrique du Nord, l’Europe et une partie de l’Océan Atlantique.
Ce système n’intervient que lorsque le GSM ne fonctionne pas. La clientèle
cible est estimée à plusieurs milliers de professionnels.


En bref
En Côte d’Ivoire, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur téléphone
jusqu’ici sous un régime de taux réduit, passe de 11,1% à 20. Les
exonérations douanières, dont bénéficiaient jusqu’ici les entreprises
important du "matériel et
 
des équipements pour les
grands travaux d’infrastructures d’intérêt général", sont également
supprimées. Ces mesures ont été exigées par le FMI qui avait dénoncé la
multiplication des exonérations douanières, considérées avec la fraude et la
corruption, comme les principales causes de la faiblesse des recettes
fiscales.
Deux appels d’offre viennent d’être lancés au Burkina Faso pour
l’acquisition de licence GSM pour une durée de 10 ans renouvelable. Un
troisième réseau devrait être exploité par une filiale de l’ONATEL. Les
entreprises retenues pourraient aussi exploiter des " services à valeur
ajoutée " comme les télé-boutiques, les télé-centres et les cabines
téléphoniques.
La SFI (Société financière des investissements), une filiale de la Banque
Mondiale a investi 10 millions de dollars dans le holding (MSI-CH-H) qui
dispose déjà de réseaux cellulaires ) Hong Kong, en Egypte, au Malawi, en
Ouganda et en Zambie. Cette société a par ailleurs acquis 4 nouvelles
licences au Tchad, Congo, Gabon et Sierra Leone. Cette société espère
obtenir de nouvelles licences en Afrique.

Les Tribulations de deux niçois au Burkina Faso
Résumé du premier acte  : Après avoir essuyer de nombreux
contretemps,
Claude et Emile, soucieux de l’importance que revêt leur mission pour
CSDPTT, repartent pour de nouvelles aventures, avec optimisme et pugnacité
comme fers de lance
Acte 2 :
 Lundi 4 Octobre
Sus au matériel. On nous informe que le transitaire a fait la déclaration
pour la douane mais le descriptif du matériel ne correspond pas à celui
indiqué par nos soins au transporteur. La semaine débute de nouveau par
quelques sueurs froides. Nous appelons un taxi destination le transitaire
pour essayer d’élucider ce problème. Fort heureusement nous connaissions le
taxi et les 45 minutes d’attente ne nous surprennent qu’à moitié. Sur place
le soulagement est grand car la méprise venait de l’appellation des colis et
le nombre est correct. Plus rien ne s’oppose à la sortie du " matos ". Nous
nous rendons immédiatement chez M. Etienne Paré en négligeant la bière qui
la première semaine se serait imposée. Tant pis ! L’entretien nous permet
d’élaborer un calendrier des travaux à Toma. L’Onatel va collaborer pour ce
qui est de l’acheminement du matériel et de l’installation des antennes sur
le pylône. De notre côté nous ferons le maximum pour réaliser la totalité de
l’installation à Toma dans le temps qu’il nous reste. Nous passons
l’après-midi dans l’attente de précisions quant à la date et l’heure de
sortie du matériel. Une Flag plus tard, nous tentons sans succès de joindre
Afrique Verte. Idem pour ce qui est d’André. A Peuples Solidaires la
secrétaire laisse un message au responsable, et nous dit se souvenir de
notre association et du passage d’Alain. Nous ne fêterons rien ce soir car
nous n’avons pas reçu de réponse.

Mardi 5 Octobre
Ce jour sera-t-il le grand jour ?
A 8h nous prenons d’assaut le bureau de Konaté, l’adjoint de Somé, celui-ci
étant absent. Nous lui demandons d’ appeler Toé pour obtenir les
informations désirées car nous devons pouvoir évaluer le volume de la
palette sur laquelle se trouve le matériel en vue du choix du véhicule de
transport vers Toma. Toé est impossible à joindre car le central
téléphonique de la DILA a sauté.
Et c’est là que notre acharnement a atteint des sommets. Sautant sur la
ligne directe de l’hébergement nous l’obtenons à la 18ème tentative et ses
tergiversations ne nous satisfaisant pas, nous nous énervons et le menaçons
de tout laisser tomber et de le rendre responsable de l’échec auprès de
l’Onatel ainsi que d’en faire part à son chef, Mr Jean qui nous avait assuré
que son entreprise ferait le maximum pour nous aider. Une heure plus tard,
nous apprenons de la bouche de Somé que Toé en personne s’est rendu à la
gare pour accélérer la sortie. A 12h, un peu dépités, nous avalons quelques
brochettes et une So.b.bra de circonstance en évoquant l’aspect décisif de
l’après-midi à venir. Impossible de faire la sieste, trop de choses dans nos
têtes.
15h, nous sommes chez Somé. Coup de fil au transitaire. Nous n’en croyons
pas nos oreilles. Le matériel a été livré au Km 4, zone de magasinage de
l’Onatel.
15h15, nous téléphonons à M Paré pour qu’il prévoit un véhicule pour le
lendemain car le temps presse. Nous en profitons pour demander un chauffeur
pour les déplacements de l’après-midi (Eh oui, plus rien ne nous arrête ).
15h45, arrivée au centre de magasinage où nous rencontrons la responsable
Mme Ky qui ignore tout d’une livraison effectuée ce jour dans son centre. Le
coup est rude mais pas fatal. Voyant notre détresse, elle appelle tout de
même son chef magasinier qui fait la plus belle déclaration entendue depuis
notre arrivée sur le sol Burkinabè. En effet il a stocké du matériel livré
en fin de matinée. Là, il nous est impossible de décrire la joie que nous
ressentons à la vue de ces colis expédiés courant Août.
16h35, nous fonçons chez M. Etienne Paré car le problème du véhicule n’est
toujours pas réglé. OK pour un " Bâché " avec chauffeur, demain 7h. Appel au
chef de centre de Koudougou pour faire préparer les chambres de passage pour
les deux nuits à venir. Nous convenons de débuter par les travaux dans le
local de Toma car les pylonistes ne nous rejoindrons que Jeudi matin. Nous
en profitons pour réitérer notre souhait de rencontrer le responsable
assurant l’intérim du directeur avant notre départ. M. Etienne Paré nous
propose d’aller voir le directeur de la production qui nous reçoit très
chaleureusement. Il souhaite que nous fassions un bilan des travaux restant
à effectuer après notre départ de telle sorte que l’Onatel assume sa part.
Il est d’accord avec nous sur la nécessité d’achever le plus rapidement
possible cette mission. Nous envisageons la fin Février. Nous évoquons
quelques partenariats futurs notamment l’extension du réseau IRT 1500 dans
la région sahélienne du Nord. Il s’engage à faire le maximum pour obtenir la
signature du protocole avant notre retour en France. Nous ne sommes pas loin
de l’euphorie et une Flag eût été la bienvenue pour fêter cela. Cependant
avant la détente, un crochet par le bureau de Félix nous permettra de lui
apprendre la bonne nouvelle et de téléphoner à nos familles. C’est l’esprit
léger et le pas aérien que nous atteignons le centre culturel français où
deux Flag sont ingurgitées avec un plaisir non encore éprouvé.
19h30, retour à la DILA où nous informons André avec lequel nous prévoyons
une visite des villages le samedi. Cette folle journée, comme dirait
Beaumarchais, se termine par l’un des meilleurs repas pris depuis le début.
La nuit sera sûrement douce.

Mercredi 6 Octobre
Contrairement à ce que nous crûmes, ce fût la plus mauvaise nuit, car
l’excitation de l’imminence du début des travaux et les quatre cafés
libanais absorbés la veille furent préjudiciables à un sommeil réparateur.
7h, petit déjeuner rapide.
7h20, confirmation du véhicule par Mr Koné responsable logistique.
8h, départ vers le Km 4 pour le chargement du matériel.
9h, retour DILA et attente de l’ordre de mission. Nous en profitons pour
faire une pause brochettes et Brakina (Bière) avec notre ami JP Bonkoungou.
Nous regrettons de ne pas avoir fréquenter plus souvent la " popote " de la
DILA.
10h, départ vers Koudougou où nous arrivons à 11h20. Nous réglons les divers
problèmes (hébergement+perceuse+groupe électrogène) et poursuivons en
direction de Toma
14h45, nous arrivons à Toma et procédons au déchargement ainsi qu’à la
préparation des câbles, coffrets et autres antennes.
17h30, il faut ce qu’il faut, les So.b.bra s’imposent car le soleil a cogné
nos crânes d’occidentaux fragiles. Pas de risques inutiles.
20h, retour à Koudougou où une douche précède le repas chez Wend Kuni qui
restera un grand moment. En effet, notre présence dans ce petit " boui-boui
" pour y déguster, avec les mains, une pintade servie dans une assiette de
40cm de diamètre en plastique laisse pantois le patron lorsqu’il apprend de
la bouche de notre chauffeur que le choix de sa gargote a été fait par nous
et non par lui. Nous avions suivi les conseils du Routard mais il n’en
savait rien.

Jeudi 7 0ctobre
8h, nous quittons Koudougou pour rejoindre à Toma les pylonistes arrivant de
Ouagadougou. Mauvaise nouvelle, il semblerait que ceux-ci aient des
difficultés pour se procurer une voiture et ne seront pas sur le site avant
la fin de matinée. Nous testons les liaisons en attendant et le résultat est
concluant. A midi ne voyant rien venir et un peu désappointés, nous allons
prendre un repas en compagnie du technicien local, Zacharia Woni qui ne nous
rassure pas lors qu’il annonce qu’il ne reprend son service qu’à 15h30. Un
ange passe et sourit. Après le repas, nous visitons un centre touristique
bâti par un Frère canadien et nous en prenons les coordonnées car il sera
intéressant de loger sur place lors de notre prochaine mission.
15h30, les pylonistes arrivent mais il sera impossible d’achever
l’installation ce jour. Nous sommes obligés d’y passer un jour de plus ce
qui contrarie certains projets que nous avions pour le vendredi. Le travail
de l’équipe est formidable car ils réussissent la gageure de fixer 4
supports + 4 antennes avant la nuit (18H30) et ce à 50m de hauteur (les
connaisseurs apprécieront ). De notre côté nous installons les 4 coffrets
ainsi que les câbles dans le local.
Avant de s’enfiler quelques So.b.bra de l’amitié et prendre un repas, nous
allons voir l’hébergement de fortune qui nous a été dégoté. Lorsque nous le
regagnons, nous nous rendons vite compte qu’il sera difficile d’y dormir car
il y règne une odeur très forte de pétrole due à la lampe et de plus la
chaleur n’arrange rien. Notre décision est prise, nous dormirons à la belle
étoile sur le plateau arrière du véhicule après y avoir mis les matelas.
Mauvaise pioche car en pleine nuit une averse nous oblige à un replis
stratégique vers l’intérieur où les moustiques nous attendent en se frottant
les pattes. Le festin peut commencer.

Vendredi 8 Octobre
6h, la nuit très courte a laissé des traces. Claude a été épargné par les
moustiques que je soupçonne de favoritisme. Déjeuner communautaire et
reprise des travaux. La pose des câbles entre les antennes et les coffrets
ne se fait pas sans problèmes ( Fiches arrachées lors du tirage ) et
nécessite la bagatelle de 6 heures. Le temps de peaufiner l’installation et
nous reprenons la route de Koudougou où nous avions laisser notre change,
pensant y dormir la veille ( autre mauvaise pioche ). La douche va effacer
deux jours de salopette et godillots et si possible apaiser les baisers de
ces chers moustiques. C’est l’une des meilleures bien qu’elle soit froide.
15h30, départ vers Ouaga où M. Etienne Paré nous attend pour faire le point
sur la mission.
16h40, arrivée à la DILA ( 1h10 Koudougou-Ouaga record à battre, belle
performance du chauffeur Daouda Cissé fortement encouragé par nous ).
17h15, M. Etienne Paré est là, ravi lorsque nous lui apprenons que toute
l’installation a été faite à Toma et surpris de lire l’inventaire du
matériel envoyé et entreposé dans le centre de Toma en vue de l’achèvement
des travaux. Nous avons la très nette impression que la crédibilité de
CSDPTT vient d’être atteinte. Son enthousiasme non dissimulé et son
invitation à aller prendre un verre ensemble nous conforte dans cette
appréciation. Nous fêtons çà par une Pelforth car nos compagnes habituelles
ne sont pas fraîches. L’homme est un animal souvent infidèle. Nous n’avons
pu saluer Félix avant notre départ, il ne nous avait pas attendu malgré
notre coup de fil de Koudougou. Comprenne qui pourra.
19h, M Etienne Paré nous ramène à la DILA où nous avons rendez-vous avec JP
Bonkoungou qui nous a invités chez lui.
19h15, message de JP : invitation annulée. Nous rassemblons l’énergie qu’il
nous reste et filons prendre le premier repas de la journée au Tam-Tam où
André doit nous rejoindre. Nous essayons avec son aide de comprendre un peu
mieux les burkinabès mais il nous avoue que quelquefois il a aussi des
difficultés à saisir ses compatriotes. La visite des villageois, demain,
n’est pas du tout assurée car il lui faut trouver véhicule 4x4.
Effectivement, il ne " pige pas tout " car il pensait que l’Onatel en
mettrait un à notre disposition.
22h30, si les moustiques et le coup de soleil le permettent, je devrais
sombrer dans un profond sommeil.

Samedi 9 Octobre
7h, coup de fil d’André qui a pu trouvé une voiture et nous fixe rendez-vous
à 8h30 après une petite révision.
9h30, départ pour ce qui sera mais nous ne le savons pas encore la plus
éprouvante journée du séjour.
12h30, arrivée Toma avec un chrono proche du record. Les pneus s’en
souviennent encore surtout l’arrière droit comme nous le verrons plus tard.
Zacharia nous accueille comme convenu pour ouvrir les locaux et nous
permettre de prendre le matériel nécessaire aux essais que nous voulons
effectuer dans les villages. Avec son accord nous utiliserons la ligne de la
cabine et ferons tout d’abord les essais à Koin et Biba car la voiture qu’a
récupérée André n’est pas assez grande pour y mettre trois personnes plus
les coffrets et antennes des 4 villages. Premier coup de théâtre lorsque le
p’tit gars Zacharia décide de venir avec nous. Il va falloir se serrer
puisque nous n’osons refuser. C’est là que débute une série de tentatives
d’organisation à l’intérieur. La première consiste à mettre André, Claude et
Zacharia à l’avant, pour ma part je me coltine le matériel à l’arrière
jusqu’à Koin. Nous y rencontrons le délégué, un peu contesté, et quelques
villageois. Les essais s’avèrent concluant. Pour aller à Biba nous utilisons
la formule numéro deux. Dans celle-ci, André, Zacharia et moi sommes à
l’avant, Claude chouchoute le matériel à l’arrière. Il a préféré me laisser
le soin de caler le levier de vitesse dans un endroit que la décence
m’interdit de nommer d’autant que l’ami Zacharia prend ses aises. Bref, nous
atteignons Biba où nous rencontrons des responsables ainsi que des
villageois très heureux de nous voir. Là aussi, la tonalité nous parvient au
grand plaisir de la foule nous entourant. Direction Toma pour échanger le
matériel en expérimentant la troisième formule. André et Zacharia de plus en
plus à l’aise à l’avant, Claude et moi à l’arrière pour un tête-à-tête avec
le matériel, et c’est rien de le dire.
15h, Nous prenons un repas composé de poulet, riz et So.b .bra à Toma. Cette
pause permet de déplier nos membres avant les deux dernières visites dont
les parcours plus longs ne s’annoncent pas comme des parties de plaisir. Les
pistes défoncées, l’exiguïté de la voiture et la chaleur font que nous
arrivons à Yaba assez éprouvés. Nous y rencontrons le préfet qui assiste à
la " magie des blancs ". Claude obtenant la tonalité pendant que, juché sur
le toit du véhicule, j’oriente le mât avec antenne vers Toma. Il ne reste
que Nimina, le village d’André, le plus problématique compte tenu de la
topographie du site.
17h30, route de Nimina, signal piquet de bois surmonté d’un bidon. C’est la
pause Dolo ( bière de mil ). Nous enquillons quelques gorgées pour nous
aider à affronter les 28 Km de piste " esquicher " comme des anchois. Mais
point d’autre choix du moment que Zacharia est bien.
Il est 19h lorsque nous arrivons à Nimina. Là aussi l’accueil est excellent
et le délégué nous emmène vers le lieu choisi en compagnie de quelques
villageois. Les essais se font de nuit et se révèlent excellents. André ne
résiste pas à l’envie de téléphoner chez lui à Ouaga. Enthousiasme général
et grande satisfaction pour nous qui n’avions fait que des calculs
théoriques. On nous offre des statuettes et après un dernier salut d’André à
sa famille nous regagnons Toma. Les villageois de Koin et Nimina savent
qu’il peuvent construire un local pour abriter le matériel en toute
tranquillité car l’installation se fera. Pour ce qui est de Yaba pas de
problème car l’infrastructure existe de même pour Biba où il y a une
possibilité. Colossale surprise lorsque nous ramenons Zacharia chez lui,
puisqu’il nous réclame le paiement des quelques taxes utilisées lors des
essais. Refus poli mais catégorique de notre part, André et nous-même sommes
abasourdis.
20h30, si tout va bien, nous pouvons escompter arriver à Ouaga vers 24h.
Mais pourquoi tout irait-t-il bien après cette nouvelle mésaventure ? Nous
ne cessons de pester contre Zacharia durant toute la piste vers Koudougou
mais pas au point d’en oublier les ornières dont chaque passage est un
nouveau coup porté à notre résistance physique très entamée. André plaisante
lorsque nous croisons un chat noir sur l’incidence qu’il pourrait y avoir
sur notre départ prévu demain.
22h30, Koudougou nous voilà. Fin des pistes pour cette mission, çà s’arrose.
Et trois bières, trois. Que nenni, je déclare forfait pour celle-là et
Claude carbure à l’eau gazeuse. Déchéance, quand tu nous tiens ! !
24h, route de Ouaga, un nouveau chat noir traverse. Nous sommes trop crevés
pour supputer quoique ce soit et nous ne sommes pas les seuls. La roue
arrière droit aussi est crevée. Etonnant non ! Pas de clef adéquate pour
démonter la roue et pas de lumière pour nous éclairer. Nous ne nous
démontons pas et l’acharnement paye. Victoire, la roue est remplacée. Non,
pas encore victoire car la batterie est à plat car nous avons laissé les
feux allumés histoire de rire. Un peu d’exercice ne nuit pas à la santé de
nos globe-trotters de CSDPTT.
2h, nous voilà déjà à Ouaga. Nous saluons André et le remercions. Dodo, car
nous avons eu la bonne idée de demander à nos femmes d’appeler tôt demain
pour être sûres de ne pas nous louper.

Dimanche 10 Octobre
8h, coup de téléphone de France. Comme prévue la nuit fût courte. Au
contraire la douche est la plus longue que nous ayons prise avant une
dernière immersion dans Ouaga. Derniers achats, dernières salutations aux
amis rencontrés durant ces deux semaines.
12h, dernier taxi pour la DILA. Boudiou, les 500m habituels que nous
parcourons à pied nous semblent des Km. Nous devons en convenir, nous sommes
" cuits ". JP Bonkoungou vient nous dire au revoir puis nous nous effondrons
pour la dernière sieste.
16h30, réveil difficile mais obligatoire. Nous faisons nos bagages et
attendons gentiment André qui doit nous conduire à l’aéroport à 18h30
19h, André nous appelle pour confirmer sa venue à 18h30. Décidément, le
temps africain nous échappera jusqu’au bout. Une dernière Castel et l’heure
de la séparation arrive avec la conviction que ceci n’est qu’un au revoir
car ce projet ira à son terme nous en sommes convaincus.


Epilogue
C’est après deux semaines de galère
Que nos deux héros amaigris et plein de bière
Ont regagné la France, l’esprit ailleurs
En espérant trouver des jours meilleurs
Propices à l’achèvement de leur projet,
Et satisfaire leurs amis Burkinabè

Remerciements aux pistes cahoteuses Toma-Koin, Toma-Biba, Toma-Yaba,
Toma-Nimina, Toma-Koudougou, qui faillirent avoir raison de notre résistance
mais que nous aimons bien.
Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait pure
fiction.

Emile Quesada et Claude Sicard. 
CSDPTT Nice


 Nous vous présentons ci-dessous en guise d’information ce document adopté
au cours d’une réunion des ONG présentes au Forum pour le Développement en
Afrique, le 27 octobre 1999. Il a été adopté à l’initiative du groupe des
ONG tentant d’obtenir une représentation à l’UIT.
 
La rédaction


LES ONG A L’ERE DE L’INFORMATION

Recommandations pour une participation effective de la société civile à
l’ère de l’information
 
 Nous, représentants de la société civile, plus particulièrement les
Organisations non gouvernementales (ONG) et les Organisations communautaires
(OC), saluons et apprécions à sa juste valeur la tenue de cet important
rassemblement de gouvernements, d’organisations internationales, d’acteurs
du secteur privé et de la société civile. Pour ces différentes
organisations, la présente plate-forme constitue une occasion unique de
définir ensemble notre engagement vers la société et l’économie de
l’information. Nous sommes reconnaissants à la Commission Economique pour
l’Afrique (CEA) et aux autres acteurs internationaux de la mise en place du
Forum pour le Développement de l’Afrique (FDA). Nous apprécions l’engagement
des personnalités de rang ministériel à ce forum. Nous attestons du rôle
majeur qu’a joué et que jouera le secteur privé, et souhaitons renforcer le
partenariat et l’échange d’expériences entre nos deux domaines
d’intervention. Nous souhaitons poursuivre et renforcer notre action et
notre coopération dans cette direction, avec l’ensemble des acteurs
représentés au FDA. 
Nous affirmons, en outre, que les questions touchant à l’accès aux
Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) soulèvent les
questions de l’équité, de la justice sociale et du droit à la communication.
Très souvent, d’importantes décisions de politique, touchant à la mise en
place, à l’accès et à l’utilisation des TIC sont prises sans la
participation de la société civile. L’accès universel à ces technologies, et
la structure sociale qui permet et rend possible l’usage de l’accès, ne
deviendra jamais réalité, si ceux qui ont le plus besoin d’avoir accès à ces
technologies - c’est-à-dire tous ceux et celles qui sont marginalisés du
fait de leur race, de leur genre, de leur handicap, de leur lieu de
résidence, de leur revenu, de leur appartenance de classe, etc. - ne
participent pas à ces décisions.
Les ONG et les Organisations Communautaires sont des acteurs privilégiés
pour permettre aux groupes marginalisés de participer activement à toutes
les activités relatives aux politiques de TIC : développer des contenus
locaux, les diffuser par les canaux appropriés et efficaces, et consulter et
rassembler l’opinion des groupes qu’elles desservent. Les ONG et les
Organisations Communautaires sont des vecteurs d’information et des
intermédiaires privilégiés, du fait des liens étroits qui les unissent aux
communautés, et de leur facilité d’accès à une large gamme d’acteurs et
d’informations (souvent par le biais des TIC). Les ONG et les Organisations
Communautaires, en particulier celles qui agissent au niveau local, sont
parties prenantes d’un modèle de développement qui s’attache à répondre aux
besoins et aux points de vue des communautés locales, et sollicitent pour
cela l’appui de toutes les organisations concernées dans la mise en place
des politiques de TIC.
En conséquence, nous faisons les recommandations suivantes :
Recommandations en direction des ONG et les Organisations Communautaires
 ? Les ONG et les Organisations Communautaires utilisent les TIC pour
fournir des services de développement, et pour mener des plaidoyers en
faveur d’un plus large accès aux TIC. Il faut que toutes les ONG et les
Organisations Communautaires concernées par ces questions soient plus
étroitement en contact, de façon à partager idées et expériences, renforcer
leur cohésion, et unir leurs voix et leurs forces. A l’heure actuelle, les
ONG et les Organisations Communautaires interviennent dans un relatif
isolement. Il leur faut davantage de moyens pour agir en réseau et
coordonner leur action aux niveaux local, national, régional et mondial,
afin de plaider pour des politiques qui tiennent compte de leurs besoins.
 ? Les ONG et les Organisations Communautaires doivent renforcer leur
expertise et leur capacité à comprendre dans quelle mesure les nouvelles TIC
et les politiques mises en oeuvre dans ce domaine les touchent directement.
Il s’agit de renforcer la capacité des ONG et des Organisations
Communautaires à prendre des décisions judicieuses et à apporter une
contribution pertinente au processus de formulation des politiques.
 ? Les ONG et les Organisations Communautaires ont besoin d’être formées et
de renforcer leurs capacités pour être à même de mener des activités de
plaidoyer sur les politiques de TIC.
 ? Pour développer les connaissances sur les questions de politiques et
renforcer capacités de plaidoyer, les ONG et Organisations Communautaires
déjà expérimentées devraient s’employer à partager leurs connaissances et
expériences avec celles qui sont moins informées. Les ONG et les
Organisations Communautaires qui maîtrisent mieux les questions de
politique devraient suivre ces questions aux niveaux mondial, régional,
national et local, analyser l’impact de ces politiques, et diffuser cette
information à leurs partenaires sous forme compréhensible.
 ? Les ONG et les Organisations Communautaires qui participent aux activités
de plaidoyer sur les politiques de TIC en Afrique devraient utiliser les TIC
(telles que les listes électroniques et les sites Web) et toutes les
occasions de communication directe (telles que la prochaine rencontre de
février 2000 à Bamako sur les TIC) pour renforcer leur action commune et
leur coopération mutuelle.
 ? Pour garantir une activité de vigie sur les politiques, le partage des
expériences, la coordination et la facilitation continue de la
communication, les ONG et les Organisations Communautaires devraient
envisager de créer un organisme officiel de coordination, appuyé sur les
réseaux existants, chargé des activités de plaidoyer sur les politiques de
TIC en Afrique.
 ? Les ONG et les Organisations Communautaires agissant pour l’instauration
de politiques de TIC équitables en Afrique doivent convenir que nombre de
ces politiques sont définies à un niveau international, et que les ONG et
les Organisations Communautaires des autres régions ont une expérience
pertinente de ces questions. C’est pourquoi les ONG et les Organisations
Communautaires opérant en Afrique doivent créer des réseaux, partager leurs
expériences, coopérer et mener des activités de plaidoyer, conjointement
avec les ONG et les Organisations Communautaires qui plaident pour des
politiques de TIC équitables dans les autres régions du monde. Les ONG et
les Organisations Communautaires, ensemble et partout dans le monde, doivent
se préparer à participer activement à la Rencontre du Millénaire de
l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), tout comme à d’autres organismes
de régulation politique et aux manifestations internationales.
Recommandations à l’intention des gouvernements
 ? Les gouvernements devraient reconnaître le droit universel à la
communication, et les importants bénéfices que la réforme politique et
réglementaire des TIC peut avoir sur la capacité des laissés-pour-compte
actuels à communiquer efficacement. Les gouvernements devraient s’attacher
aux besoins de la société civile en matière de TIC et analyser sérieusement
ces besoins avec les ONG et les Organisations Communautaires. De plus,
cette consultation doit se traduire par des actions et changements
politiques idoines.
 ? Dans la même mesure, les organismes internationaux tels que l’Union
Internationale des Télécommunications (UIT) et l’OMC doivent se donner les
moyens nécessaires à une contribution significative des ONG. L’UIT a déjà
amorcé un processus permettant d’améliorer cette contribution ; nous
appuyons et encouragerons ce processus, et la mise en oeuvre de processus
similaires par d’autres organismes internationaux.
 ? Les gouvernements devraient adopter des politiques, des règlements et des
mécanismes qui garantissent la transparence lors des processus de
formulation de politiques de TIC, et activement encourager la société
civile à apporter sa contribution à ce processus. Ils devraient s’employer
à diffuser les informations pertinentes sur les TIC en direction de la
société civile, et s’assurer que les ONG, les Organisations Communautaires
et les citoyens ont la possibilité et les moyens d’appliquer ces politiques.
Concrètement, les mesures gouvernementales pourraient notamment porter sur
l’adoption de lois relatives à la liberté de l’information et
l’organisation de débats publics accessibles et participatifs, allouant un
temps suffisant au recueil des réactions à la politique envisagée, avant
leur adoption. Les gouvernements devraient particulièrement s’employer à
tenir compte des points de vue des ONG et des Organisations Communautaires
dans les plans INIC (Infrastructures Nationales d’Information et de
Communication) auxquels le Forum a accordé une si grande attention.
 ? Les gouvernements, y compris les organisations de réglementation,
devraient s’efforcer d’harmoniser les lois et réglementations relatives aux
TIC et aux médias pour renforcer la société civile. A l’heure actuelle peu
de ces lois ou réglementations mettent les ONG et les Organisations
Communautaires en mesure de se servir d’outils comme la radio
communautaire, pour agir sur l’impact de l’information en provenance ou en
direction des collectivités.
 ? L’accès universel est une responsabilité de l’Etat à laquelle il ne
saurait se soustraire. Dans certains cas, les gouvernements s’en remettent
trop à la société civile ou aux institutions privées pour assurer l’accès
universel. Il est de la responsabilité des gouvernements de chercher
activement à promouvoir la création d’un environnement qui encourage et
développe l’accès universel.
Recommandations à l’endroit des organismes d’assistance
 ? Les organismes d’assistance devraient être conscients des difficultés des
ONG et Organisations Communautaires, en particulier les ONG et les
Organisations Communautaires endogènes, en matière d’accès aux TIC et
renforcer les partenariats en leur direction pour surmonter ces difficultés.
 ? Les organismes internationaux devraient s’efforcer de renforcer les
capacités de plaidoyer et de vigie des ONG et des Organisations
Communautaires africaines. On souhaite un partenariat avec les
organisations internationales en matière d’appui et de renforcement des
organisations africaines dans ce domaine, mais ces partenariats devraient
être établis sur pied d’égalité avec ces organisations locales, l’objectif
étant en fin de compte de veiller à ce que les ONG et les organisations
communautaires africaines puissent s’exprimer, d’elles-mêmes, de toutes
leurs forces et avec efficacité.
 ? Les organismes d’aide devraient contribuer à la création et au
renforcement des réseaux d’ONG agissant pour la promotion des TIC.
 ? Les organismes des Nations Unies et les autres organisations d’aide
concernées devraient faire en sorte que l’information relative aux
politiques parviennent aux ONG et aux organisations communautaires (et non
seulement aux gouvernements).
 ? Par ailleurs, ces organismes devraient continuer à appuyer des forums,
comme le Forum pour le Développement de l’Afrique, au cours desquels
l’échange d’informations peut se faire entre les secteurs privé,
gouvernemental et non gouvernemental. Ces organismes devraient également
s’efforcer d’élaborer un programme plus déterminant à l’intention des ONG et
des organisations communautaires, et de multiplier les possibilités pour
celles-ci d’exprimer leurs préoccupations au cours ces rencontres.

Messages

  • Bonjour
    Monsieur :
    l’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir nous communiqué le dommaine de votre intevention d’aide aus associations marocaine active dans le dommaine de developpement rural.je porte a votre connaissance que notre association cherche un partenaire fidel travail dans le dommaine de developpement afin qu’on puisse remplire notre devoir social humanitaire

    Voir en ligne : demande d’aide