Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de Novembre 1999 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de Novembre 1999

Novembre

lundi 1er novembre 1999, par Alain


LA LETTRE de NOVEMBRE 99
No : 48

Sommaire :
-Editorial : L’Afrique n’est pas celle que l’on nous montre

- Mission CSDPTT au Burkina

- Radio numérique pour l’Afrique
 -5 ème Assemblée de RASCOM

- Le mouvement Songhaï au Bénin crée les CyberSonghaï

- Le Mali se penche sur les nouvelles technologies

- En bref : France télécom et l’Algérie, Mali, Internet en Amérique Latine,
mouvement sociaux en Italie et au Japon, ICO

- ARTICLE 1 : le CEFRAR en Côte d’Ivoire :" Les ennemis des africains, ce sont
les africains ... " Alpha Blondi

- ARTICLE 2 :De l’influence d’une privatisation insidieuse sur le personnel


L’Afrique n’est pas celle que l’on nous montre
L’image que renvoient nos médias de l’Afrique est vraiment très réductrice.
Soit, c’est celle de la guerre avec son lot d’horreurs effroyables, soit
celle de la corruption de certains dirigeants. Il y a aussi quelques
personnalités d’exception très médiatisées comme le secrétaire général de
l’ONU ou l’ex ministre des affaires étrangères Burkinabé, M. Ablassé
Ouédraogo, nommé tout récemment secrétaire général adjoint de l’OMC, qui
arrivent à s’infiltrer dans les organisations internationales.
Mais il existe aussi nombre d’hommes et de femmes combatifs qui tous les
jours se battent dans des conditions difficiles pour améliorer le sort de
ceux qui les entourent en empruntant d’autres voies que celles de la
charité, en relevant leurs manches tout simplement. Ce numéro à travers les
exemples du CEFRAR en Côte d’Ivoire et du mouvement Songhaï au Bénin en rend
compte trop succinctement malheureusement.
A la lumière de nos expériences (voir notre projet au Burkina) nous savons
désormais que nous aurons toujours des difficultés à mettre en place nos
projets dans des conditions satisfaisantes, tant que nous n’aurons pas des
partenaires de ce type. C’est notre objectif et nous y travaillons. Ils sont
sans doute très nombreux, mais ne se voient pas faute de moyen de
communication. De plus en plus, il s’adresse à nous, alors soyons
optimistes, ici et là-bas.
Bruno Jaffré


Mission CSDPTT au Burkina
Emile Q. et Claude S. sont revenus du Burkina Faso, exténués, mais heureux
d’avoir découvert ce pays et ses habitants et d’avoir créé les conditions de
la réussite future de ce projet.
Ils ont rencontré de nombreuses difficultés dues semble-t-il au fait que
l’ONATEL (Office national des télécommunications) était en pleine
préparation de la privatisation et ne semblait pas croire à la capacité de
CSDPTT de réaliser le projet. Motivés surtout par la volonté de répondre
aux besoins des populations, Emile et Claude en puisant dans leur réserve
d’énergie ont réussi à tester les liaisons entre les villages devant être
munis de téléphone et Toma. Ils ont ainsi pu emporter l’adhésion de l’ONATEL
et bien sur des villageois impatients d’être reliés au réseau téléphonique.
Mais une autre mission sera nécessaire pour parachever le projet.


Radio numérique pour l’Afrique
Le continent africain a été choisi par la société américaine WorldSpace pour
expérimenter un système de radio numérique et des services multimédias. Le
satellite Afristar qui permet l’offre de ces services arrose l’Afrique, le
Moyen-Orient et une partie de l’Europe. Deux nouveaux satellites devraient
suivre Asiastar et Ameristar pour étendre la couverture des services à de
nouvelles zones. Outre la radio numérique, le système permet en reliant le
récepteur à un ordinateur de recevoir des services multimédias à un début de
128Kbits/seconde, mais il n’y a pas de voie de retour ce qui empêche toute
interactivité. 
Les financements proviennent essentiellement de deux hommes d’affaires
soudanais et éthiopien. M. Noah Samara, américain d’origine
soudano-éthiopienne, P.D.G. de la société ne cache pas sa fierté de
commencer par l’Afrique. L’investissement total et de 1,1 milliard de
dollars et l’équilibre est prévu 3 ou 4 ans après le lancement.
Les utilisateurs recevront 25 programmes mais doivent débourser entre 200 et
400 dollars selon les pays pour le récepteur. Selon l’entreprise environ
200000 foyers africains devraient pouvoir s’offrir ce service.


 5 ème Assemblée de RASCOM
La 5 ème Assemblée de RASCOM s’est tenue fin septembre à Tunis. Le directeur
général de l’organisation M. Adadja a déclaré que la réunion avait réaffirmé
" l’engagement des pays africains membres pour l’exploitation du premier
satellite africain des communications dès son lancement ", " que les aspects
techniques, juridiques et financiers du projet ont été définis ". Il
appartient désormais aux pays africains de prévoir l’intégration es services
du satellite de RASCOM dans leur infrastructure afin de garantir
l’exploitation dès son lancement.
Rappelons que projet consiste à installer en 10 ans un minimum de 500000
postes téléphoniques dans les villages africains dont 100000 les deux
premières années en garantissant un coût de communication inférieur à 0,10
dollars la minute. Le système devrait aussi améliorer les communications
interurbaines entre les pays africains alors que nombreuses sont encore
celles qui passent par l’Europe. Le lancement du satellite prévu en 2002
sera réalisé dans le cadre d’une joint-venture entre RASCOM et ALCATEL.
A l’issue de cette 5 ème Assemblée, La Tunisie a été portée à la présidence
de RASCOM dont le siège se trouve à Abidjan en Côte d’Ivoire.
 ___________________________________


Le mouvement Songhaï au Bénin crée les CyberSonghaï

Il y a une quinzaine d’années, à l’initiative du très charismatique Frère
Nzamujo, naissait à Porto Novo au Bénin, le mouvement Songhaï.
"Son ambition est d’élever le niveau de vie des populations par une
utilisation rationnelle des ressources locales, en partenariat avec tous les
autres acteurs du développement.
 Ses objectifs de formation visent à promouvoir l’entreprenariat agricole
chez les jeunes africains en développant et transmettant des valeurs
humaines appropriées à un changement de comportement pour qu’ils deviennent
acteurs de leur propre développement, capables d’initiative
et de
créativité.
Songhaï est une ferme-école qui développe un système de production viable et
peu coûteux basé sur l’agrobiologie et intégrant l’agriculture, l’élévage et
la pisciculture. Valoriser les ressources locales pour diminuer les coûts de
production et mettre en évidence les possibilités de synergie entre les
différents secteurs de production, tel est l’objectif de l’expérimentation
pratiquée en permanence au centre, appelée encore recherche aux pieds nus."
(extrait du site de Songhaï).
Un réseau de plus de 80 fermes à travers tout le pays est aujourd’hui suivi
par l’équipe de l’animation paysanne. Songhaï c’est aujourd’hui trois
centres de formation agricole au Bénin, plus de 150 jeunes par ans formés
aux techniques d’agriculture, et un partenariat durable avec les fermiers
installés par un suivi régulier de leur progression.
Songhaï a maintenant " l’ambition de développer et décentraliser les
technologies de l’information à travers la création d’un système multimédia
de partage et d’échange d’informations dans les zones rurales et
péri-urbaines. Il a été crée pour cela les CyberSonghaï : espaces de
transmissions, d’échanges d’information et de services bureautiques grâce
aux outils de communication multimédia, facilement accessibles à tous (fax,
caméra digitale, téléphonie via internet...). Ils sont implantés dans trois
villes du Bénin : Porto Novo (Sud-Bénin), Savalou (Centre-Bénin), Parakou
(Nord-Bénin), où sont installés les sites de Songhaï, centres de production
et de formation d’entrepreneurs agricoles. Ils se veulent donc être des
lieux facilitant l’accès du monde rural aux nouvelles technologies de
l’information, en mettant à la disposition des communautés villageoises
outils de communication.
On aurait pu les appeler réseau béninois des téléservices communau-taires,
car les trois CyberSonghaï seront reliés par un système de communication
intégré - texte, image, son - (...). Ce système permettra le transfert aisé
et rapide des données en texte, image et son entre les trois sites sans
autres frais que le coût initial d’installation et des frais fixes annuels
payés à l’OPT pour l’utilisation des fréquences. Il réduira les distances
séparant les trois sites, qui seront désormais électroniquement reliés et
s’échangeront des informations sur les nouvelles techniques et expériences,
ainsi que des informations d’ordre administratif. Par ailleurs (...) les
CyberSonghaï rendent plusieurs services (bureautique, internet...) qui
restent encore inaccessibles aux populations, surtout celles des zones
rurales "
(D’après Léonce SESSOU, L’Aigle de Songhaï, bulletin trimestriel du
mouvement Songhaï, No 37). Pour plus d’information :
http://idf.ext.jussieu.fr/drought/songhai.htm
contact : songhai.benin@intnet.bj
Antoine de Clerck



Le Mali se penche sur les nouvelles technologies

Une conférence nationale sur le développement des nouvelles technologies de
l’information et de transmission au Mali s’est tenue début octobre au Mali.
Elle a recommandé la création d’un organe gouvernemental pour définir une
politique nationale dans ce secteur.
La conférence a indiqué que les tâches de l’organe devraient inclure la
réduction des droits de douane et d’autres impôts sur les équipements
informatiques et la libéralisation du secteur de la télécommunication.
La conférence a également souligné le besoin de la SOTELMA d’abaisser les
frais des services aux clients et de simplifier des procédures d’accès au
noeud Internet.



En bref

Selon Le Figaro du 20 octobre, France Télécom, s’intéresserait au marché du
portable en Algérie.
Un vaste mouvement anti-corruption est engagée au Mali par le gouvernement
sous l’impulsion du Président M. Alpha Oumar Konaré. De nombreux directeurs
de sociétés auraient été relevés de leur fonction, le directeur de la poste
aurait été arrêté.
Parmi les 20 pays épinglés par l’association Reporters sans Frontières comme
les ennemis d’Internet, deux sont africains , la Sierra Léone et le Soudan.
La méthode consiste à installer à la sortie du pays un logiciel (fireball)
qui repère parmi tous les messages sortant du pays de mots déterminés à
l’avance.
Le nombre d’utilisateurs d’Internet en Amérique Latine devrait passer de 4,8
millions en 1998 à 7,5 millions cette année et à 19 millions en 2003 mais
seulement une personne sur 10 possède une ligne téléphonique.
Les principaux syndicats de Telecom Italia ont appelé à une demie journée de
grève en Italie le 27 octobre pour protester contre les plans de
restructuration qui prévoit notamment de réduire de 13000 le nombre
d’employés.
Au Japon, le géant des télécommunications NTT a présenté un plan de
réduction de 20000 emplois aux syndicats alors qu’il en compte 120000.
ICO, issu d’INMARSAT, le deuxième opérateur de réseau de télécommunications
par satellites déclaré récemment en faillite après Iridium, a annoncé avoir
signé un accord avec l’américain Craig McCaw qui devrait lui permettre de
trouver les 1,2 milliards de dollars qui lui manquaient. Dernièrement le
coup total du projet était estimé à 4,6 milliards de dollars.


 Nous publions ci-dessous un témoignage décapant sur la réalité de la Côte
d’Ivoire écrit par un nouvel adhérent de CSDPTT de retour de ce pays. Cet
article présente par ailleurs le CEFRAR avec qui nous entamons des relations
qui nous l’espérons pourront déboucher sur un projet réalisé en partenariat
nos deux associations.
 La
Rédaction.


" Les ennemis des africains, ce sont les africains ... " Alpha BlondiDe
notre lucarne française, l’Afrique est belle et bien défigurée.
Quel contraste, quel choc en contemplant ce chaos urbain où le temps oscille
entre hier et aujourd’hui !

La Côte d’Ivoire nous (ma femme et moi) a émerveillés lors de ce voyage
initiatique au coeur de ses populations (plusieurs ethnies) et de ses
traditions, submergé par sa beauté, ses paysages diversifiés et colorés,
mais aussi par ses odeurs.
Dans un pays gangrené par la corruption et la fraude organisées, l’ivoirien
vous accueille, vous ouvre sa porte sans retenue et vous éblouit par sa joie
de vivre.
Ce peuple qui pour la majorité survit du petit commerce et de la débrouille
a autant à nous apporter que nous à leurs donner.
Les conditions de vie (toits en tôles, sans électricité dans les villages),
d’hygiène (pas de ramassages d’ordures) sont déplorables, l’accès à la santé
et à l’éducation (payante) réservés à une élite (le coût des soins est
prohibitif : nombreux sont ceux qui meurent à l’hôpital par manque de moyens
financiers). Un ivoirien nous a raconté qu’en 1 heure, 3 patients sont
décédés aux urgences à l’hôpital de Cocody à Abidjan.
Dans ce contexte social explosif où les étudiants sont envoyés en prison, où
les prix du carburant flambent, le gouvernement parle ouvertement de
développement, d’avenir sur la seule chaîne nationale (les élections se
dérouleront dans un an ! ! !).
Avec un revenu moyen de 750$ par habitant et par an (chiffre officiel mais
peu vérifiable), la vérité est toute autre : la misère du peuple côtoie la
richesse du parti au pouvoir.
Quant au pays, les routes sont dans un état pitoyable (combien de camions
avons-nous vus retournés, enflammés), l’électrification est enlisée, les
télécommunications sont limitées aux grandes agglomérations (avec une
qualité aléatoire selon les régions). Seule Abidjan offre une allure de
ville partiellement développée (mais l’urbanisation est peut-être un mirage)
quand on se retrouve dans le quartier d’Adjamé.
Le temps et le développement semblent s’être arrêtés laissant le peuple à la
merci des grands propriétaires, des exportateurs et des importateurs, au
coeur d’une structure politique et administrative enlisée et sclérosée.

C’est dans ce contexte que j’ai rencontré le CFRAR, association pour
laquelle mon beau-père est détaché (salarié de Frères des Hommes et ancien
de la Société Générale).
Il s’agit d’une association travaillant sur 3 axes principaux :
* le conseil et le développement rural
* l’alphabétisation
* le conseil et l’aide au secteur informel par le biais de FLECS
(Fonds Locaux d’Epargne et de Crédits)
Actuellement, ils travaillent sur un projet prometteur et innovant de
développement de l’économie locale dans la région du Bas-Sassandra
(sud-ouest du Pays) par l’énergie solaire, de même que les énergies
naturelles.
Projet auquel je participe et que j’ai présenté au CSD PTT (que j’ai rejoint
il y a peu de temps).
J’ai été surpris par la qualité et l’intelligence de ses dirigeants qui
oeuvrent pour le développement de leur pays sans aide ni soutien du pouvoir
ivoirien, accompagnés par une équipe soudée et courageuse (vu le manque de
moyens, c’est un exploit).

L’avenir de ce continent aux multiples facettes est entre les mains de ses
gouvernants mais aussi de ses habitants.
Par l’éducation de ses enfants, par l’alphabétisation, par l’autosuffisance
alimentaire, par sa créativité et son savoir-faire (ses artisans sont
fabuleux ! ! !), l’Afrique a l’opportunité de s’émanciper du joug
occidental.
Il n’y aura de salut que par un modèle (ou des) de développement africain,
créé et mis en oeuvre par les africains.
A ces populations qui ont contribué et contribueront encore à la richesse
(sociale, économique et culturelle) de nos nations, nous leurs devons aide
et assistance pour les accompagner librement vers leur futur, sans chaînes
ni ingérence.

Tony CADET (le 11 octobre 1999)
Membre du CSD PTT et Fonctionnaire à France Télécom.


Nous publions ci-dessous le point de vue d’un technicien sur les changements
qui affectent actuellement le personnel technique à France Télécom. CSDPTT
n’existerait pas sans les techniciens. Il est normal que nous leur donnions
la parole. Bien entendu si un autre souhaite s’exprimer nous lui donnerons
aussi la parole.
La rédaction


De l’influence d’une privatisation insidieuse sur le personnel
Il y a depuis quelques années à France Telecom de profonds bouleversements
qui s’ils n’inquietent pas l’ensemble du personnel, le concernent. En effet
la recherche uniquement mercantile des évolutions ne sera pas sans
incidences sur l’avenir des agents. Pour ce qui est du domaine technique, on
a pu constater ces dernières années une baisse significative des moyens
attribués contrairement à ce qui se produit dans le secteur commercial. 
On peut craindre qu’à l’avenir, ce forcing "tout commercial" ne s’avère être
une impasse pour toutes celles et tous ceux, qui pour des raisons diverses
n’ont ni souhaité, ni reçu la formation nécessaire à l’accomplissement de
leurs tâches. De plus, ce déséquilibre tant en terme de moyens que de
reconnaissances promotionnelles pourrait provoquer une cassure irréversible
entre salariés et par là être préjudiciable au développement de
l’entreprise. Le passage brutal d’une entreprise de culture technique à une
autre de culture commerciale ne se fera probablement pas sans laisser du
monde sur le carreau.
 Il existe une forme de mépris, affiché ou pas, de la part de nos cadres
envers le personnel technique qui s’est encore exprimé récemment lors du
traitement du dossier du coutumier. Il s’agissait a l’origine de mettre fin
à l’attribution d’indemnités à certaines catégories de personnel, indemnités
résultant pour la plupart d’acquis antérieurs et n’entrant pas dans la
catégorie de celles octroyées pour "fait générateur". La manière de traiter
ce dossier s’est soldé par un fiasco pour le corps technique et ce malgré
une détermination farouche qui l’a conduit dans certaines régions à occuper
les directions régionales quand bien même pesait sur lui la menace de
sanctions et d’intervention des forces de l’ordre.
 A Nice, cette lutte si elle n’a pas débouché sur des gains
extraordinaires, aura au moins été édifiante à plus d’un titre. Nous avons
pu mesurer les limites d’un directeur régional quant aux marges de
manoeuvres qui sont les siennes et le fossé qui séparait le personnel des
cadres, ceux-ci percevant très mal la réalité du terrain. Il est vrai que
nous avons affaire à des "Managers" et que ce vocable à l’instar de
l’expression "Ressources Humaines" utilisé dans le langage actuel, dénote
bien l’etat d’esprit qui anime nos responsables. L’incapacité à gérer ce
conflit conjuguée à une défaillance humaine (fuite par la porte du garage de
la direction) a jeté le discrédit sur notre directeur tant auprès des agents
que des émissaires de la préfecture, envoyés pour tenter de permettre
l’ouverture de négociations.
 Si l’on ajoute à ça la mise en place des frais réels sans modalités
d’application suffisamment définies pour couvrir tous les cas de figure et
ainsi éviter les dérives, on aura fait le tour des récentes péripéties qui
nous confortent dans l’idée que toutes les réformes qui touchent le cadre
technique sont négligées pour ne pas dire bâclées.
 Le bilan est catastrophique et le malaise est palpable.Il implique à la
fois une montée du mécontentement et des comportements atypiques et
dangereux pour l’unité du groupe. L’évolution constante des métiers du
technique n’est certe pas faite pour assurer une stabilité des emplois comme
autrefois mais doit-elle suffire à justifier ces changements continuels
auquels nous devons faire face. Quand on sait que bien souvent ils
reviennent sur des décisions ultérieures et sont sans conséquences pour ceux
qui les impulsent, on peut légitimement se poser des questions sur les
capacités à appréhender l’évolution des métiers par ceux qui sont censés le
faire. Nos décideurs daigneront-ils écouter certaines remarques émanant de
"la base" où continueront-ils à s’enferrer dans un dogmatisme dont on peut
facilement imaginer où il nous conduira. Si l’immobilisme d’une entreprise
peut la conduire à se scléroser, en revanche les restructurations
permanentes actuelles, pas toujours très bien pensées, entraînent la
déstabilisation de ses composantes. Or dans le même temps où l’on doit
affronter une concurrence qui ne recule devant aucun moyen pour s’approprier
la plus grande part de l’ex-monopole, parodaxalement, on a le sentiment que
France Telecom tend à adopter la même stratégie, plutôt que d’utiliser son
expérience passée pour faire entendre sa différence. Une expérience qui au
contraire des nouveaux opérateurs est basée sur une organisation stable
s’appuyant sur une compétence acquise de longue date par son personnel.
 Fort de cette expérience et de ce vécu, devons-nous craindre l’évolution
actuelle chez nos partenaires africains ? Notre collaboration pourrait s’en
trouver compliquée et nous devons nous interroger sur le rôle que devra
tenir CSDPTT pour conserver une indépendance nécessaire tout en essayant
d’accroître sa participation. Il faudra probablement être vigilant et ne pas
suppléer les opérateurs dans les missions qui leurs sont dévolues, missions
qu’ils nous cèderaient volontiers non pas faute de moyens mais par choix
stratégique dicté par une politique axée sur le profit. En ce sens, la
première approche que nous allons avoir avec l’ONATEL au Burkina-Faso
servira de référence car basée sur une participation tri-partie
(ONATEL-CSDPTT-Villageois). Nous pourrons lors de nos futures missions faire
la comparaison quant à l’engagement de nos partenaires et aviser en
conséquence. L’avenir de notre association dépendra en partie de l’attitude
qu’adopteront nos partenaires et de la faculté que nous aurons à surmonter
ces difficultés.
 Emile Quesada
 
 
CSDPTT Nice