Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de Mars 1999 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de Mars 1999

Mars

lundi 1er mars 1999

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LA LETTRE DE MARS 99
No : 40

Sommaire :

- Editorial : Un salon de la téléphonie rurale pour quoi faire ?

- Des nouvelles de CSDPTT

- Télécoms :

- Réformes au Kenya

- Soudan : vente d’actions !

- Madagascar : nouvelle ouverture du capital !

- Uganda Telecommunications vendu

- INMARSAT privatisée

- Utilisation des réseaux de satellites par les rebelles et les Chefs d’Etat

- Mondialisation du syndicalisme dans les télécommunications

- Courrier : Congo Kinchasa, Mali.

- En bref : Brésil, France Télécom, câble à fibres optiques le Cap en
 

- Afrique du Sud à la Malaisie, Maroc

- Burkina Faso : Accalmie ?

- Internet solidaire et non marchand  : L’histoire d’altern.org

- Condamnation d’AlternB : Non à la mort annoncée de l’Internet non 
marchand et de l’expression indépendante


Editorial : Un salon de la téléphonie rurale pour quoi faire ?
Un salon de la téléphonie rurale est prévu courant septembre à Cotonou au 
Bénin,, une initiative qui n’a pas manqué d’attirer notre attention.
Il est en effet grand temps que l’on s’intéresse enfin aux populations 
rurales et que l’on recherche les façons les plus rapides et les mieux 
adaptées de leur permettre l’accès au téléphone.
Un salon où les clients (les opérateurs) et les constructeurs se 
rencontrent, arrive à point nommé pour avancer et permettre une saine 
émulation.
Pour autant le téléphone dans les villages africains ne sauraient se 
ramener à une question technique. Ce salon sera d’autant plus utile qu’il 
permettra la rencontre entre les usagers (les populations rurales) et les 
constructeurs. Les ONG ne manquent pas qui pourraient se faire les 
porte-parole des besoins et des usages du téléphone en milieu rural.
De plus une approche sociologique ne saurait être considérée comme un 
apport de second plan. Il nous a fallu commander un tel travail pour nous 
rendre compte de la complexité à mettre à jour la meilleure solution (le 
lieu et la personne responsable) pour implanter un téléphone collectif 
dans un village. Voilà un sujet qui mérite bien lui aussi d’être débattu 
alors que l’on se prépare via RASCOM à installer près de 500000 lignes, 
dont la plupart collectives, dans les villages africains.
Les sociologues africains ne manquent pas qui seraient enthousiastes à se 
lancer dans de telles études. Si ce salon pouvait aussi leur donner la 
parole !
 Bruno Jaffré



- Philippe D. et Joël P. ont décollé de France le 25 février pour une 
mission au Mali de plusieurs semaines. Des nouvelles nous sont parvenues 
le 11 mars de Bamako où ils attendaient un rendez-vous avec le PDG de la 
SOTELMA. Tout s’est très bien passé à Kayes où ils ont eu plus de 
contacts que prévu, tout s’est aussi très bien passé à Yélémané.

- Plusieurs ventes de papiers effectuées par les comités CSDPTT de Nice 
et de Toulouse ont permis de rassembler près de 1250 FF .

- Nous continuons à recevoir un important courrier de diverses ONG 
agissant au Burkina Faso nous encourageant ou souhaitant collaborer avec 
nous.

- CSDPTT a signé l’appel pour protester contre les attaques qu’a subi le 
fournisseur d’accès gratuit AlternB pour avoir hébergé un site ayant 
publié des photos d’Estelle Halliday.


Réformes au Kenya
L’ancienne société d’Etat KPTC (Kenya Posts & Telecommunications 
Corporation) va être scindée en 3 sociétés, Postal Corporation of Kenya, 
Telkom Kenya Ldt et un organisme de régulation, Commission of Kenya.
Le parlement avait ratifié en juillet 98 une loi relative à la 
privatisation des télécommunications, qui avait ensuite été signée par le
 
Président de la République le 1 octobre 1998.
Seule Kenya Telkom doit être privatisée, 20% de son capital devrait être 
introduit à la Bourse de Nairobi tandis que 26% doivent être cédé à un 
partenaire stratégique. Les préqualifications des nombreuses sociétés 
candidates pourraient intervenir dès le début de cette année.


Soudan : vente d’actions !
La compagnie soudanaise de télécommunications Sudatel a annoncé la mise 
en vente de 200000 actions pour une valeur totale de 20 millions de 
dollars. 90% de ces actions doivent être vendues à des étrangers, que les 
autorités s’efforcent de rassurer, au prix de 100 dollars.
Un plan d’investissements de 620 millions de dollars doit faire passer le 
nombre d’abonnés de 180000 actuellement à 1,5 million en 2003.


Madagascar : nouvelle ouverture du capital !
TELMA (Telecom Malagasy) était jusqu’ici détenu à 66% par l’Etat malgache 
et à 34 % par France Câbles et Radio. Le gouvernement s’est récemment 
engagé dans un vaste plan de privatisation sous la pression de la Banque 
Mondiale qui impose que toutes les entreprises d’Etat soient privatisées 
avant le mois de juillet 1999. Près de 45 entreprises sont touchées dont 
TELMA qui doit procéder à une nouvelle ouverture du capital " malgré 
l’extrême réserve que le ministre Ny Hasina Andriamanjato a toujours 
montré " selon le quotidien Midi Madagascar daté du 15/01/99.
Les opérateurs nationaux devraient conserver 51% du capital, dont 33% à 
l’Etat, 11% aux investisseurs privés nationaux et 7% pour le personnel. 
TELMA doit conserver le monopole du téléphone fixe pendant 3 ans avant 
l’arrivée d’un second opérateur.
Un fond spécial sera créé pour permettre au personnel de souscrire des 
actions et d’avoir accès à des facilités remboursables sur 3 ans. Le 
repreneur doit en outre s’engager à appliquer la convention collective, à 
ne pas licencier et à poursuivre la politique de Départ Volontaire 
assisté qui a déjà touché 200 personnes sur les 3000 employés de TELMA.
Il existe aujourd’hui près de 45000 lignes (20000 en 87 et 34000 en 96) 
et l’objectif reste d’atteindre 200000 lignes en 2002. La valeur de la 
société qui a réalisé un bénéfice de 50 milliards de Fmg en 97 (50 
millions de FF) est estimée à 500 milliards de Fmg (environ 500 millions 
de francs).


Uganda Telecommunications vendu
Le gouvernement ougandais avait mis en vente 51% du capital de la société 
des télécommunications ougandaises.
Il a porté son choix sur un consortium formé par Detecom (une filiale de 
Deutsche Telekom) et WorldTel, un fonds d’investissement mis en place par 
l’UIT. Le montant de la transaction serait de 23 millions de dollars dont 
16 payables dès la signature. Deux autres société étaient en lice, la 
compagnie malaysienne Telekom Malaysia déjà présente en Guinée, au Ghana, 
au Malawi et en Afrique du Sud, et un consortium formé par deux sociétés 
américaines.
Malaysia Telecom avait pourtant emporté l’appel d’offres dans un premier 
temps mais il avait ensuite été annulé à la suite d’un différend 
concernant le prix des actions.


INMARSAT privatisée
Le Conseil des signataires a confirmé la décision de privatiser INMARSAT 
le 15 avril prochain. La nouvelle structure sera composée de deux 
entités, la première regroupant Onmarsdat Holdings et Inmarsat Ltd ayant 
pour vocation d’ouvrir son capital dans les deux ans suivant sa création 
et l’autre, International Mobile Satellite organization (IMSO) qui 
prendra la forme d’un organisme intergouvernemental, et qui devra veiller 
sur l’obligation de services publics, en particulier le système de 
secours (GMDSS, Global Maritime Distress and Safety System).
INMARSAT est une organisation de télécommunications par satellites 
regroupant 85 pays dont 14 africains, Afrique du Sud, Algérie, Cameroun, 
Egypte, Gabon, Ghana, Liberia, Ile Maurice, Mozambique, Nigéria, Sénégal, 
Tunisie et depuis peu, Kenya et Tanzanie. INMARSAT offre des services à 
numération directe de téléphone, transmission de données, télécopie, 
télex, courrier électronique et des services audio, de vidéo compressée 
et de visioconférence et comptait en avril 1998 110000 terminaux mobiles 
dans le monde. La constellation composée de satellites géostationnaires 
offre une couverture mondiale pratiquement partout dans le monde à 
l’exception des régions polaires extrêmes.
Au Burkina Faso, 5 stations de surveillance alimentées par énergie 
solaire et équipées de terminaux INMARSAT-B ont été établies pour mesurer
 
les chutes de pluies du fleuve Nakambe pendant la saison annuelle des 
pluies. Ces mesures servent à protéger le barrage de Bagré dont on ouvre 
les vannes en cas de fortes pluies afin d’éviter que la pression trop 
forte des eaux détruise le barrage.
Pendant la guerre de Somalie, les chirurgiens de Washington ont pu aider 
des médecins de l’armée américaine en poste à Mogadiscio en se servant 
d’un terminal INMARSAT-C et d’un matériel doté d’une caméra permettant de 
transmettre les radios.
INMARSAT est surtout connu dans le domaine maritime et représente pour 
plusieurs milliers de marins l’axe central de leur communications. 
Surveillance de flotte, échange de données, système mondial de détresse 
et de sécurité en mer (SMDSM) et prévisions météorologiques sont 
quelques-unes des applications sans compter la possibilité pour les 
marins de communiquer directement avec leur famille.


Utilisation des réseaux de satellites par les rebelles et les Chefs d’Etat
Un article paru récemment dans l’hebdomadaire Jeune Afrique nous informe 
de quelques exemples d’utilisation des réseaux satellitaires.
On apprend ainsi que le chef de la rébellion Sierra léonaise Sam Bockarie 
a utilisé son Inmarsat pour annoncer la chute de Freetown. L’ADFL de 
Kabila aurait utilisé le courrier électronique pour recruter quelques uns 
de ses cadres les plus éminents en particulier des universitaires 
exerçant aux USA et en Australie. Lors de leur marche sur Kinshasa, 
l’ADFL avait utilisé des moyens des moyens de transmission sophistiqués 
fournis par les USA via l’Ouganda et le Rwanda. Aujourd’hui, c’est le 
mouvement anti-Kabila qui recrute ses partisans par Internet via son site 
hébergé en Afrique du Sud. Pour faciliter les liaisons entre combattants, 
ce mouvement utilise les valises Inmarsat et le système Iridium.
Lorsqu’en juin 1997 éclate à Brazzaville la guerre civile, Lissouba et 
N’Guesso dispose tous deux d’une dizaine de valises Inmarsat, achetées 
auprès du même fournisseur parisien. Même quand la capitale est coupée du 
monde faute de liaisons téléphoniques, ils maintiennent le contact avec 
les journalistes et les chefs d’Etat étrangers. On peut encore citer 
Alpha Condé, opposant guinéen, qui lors de son arrestation en décembre 
dernier avait sa valise Inmarsat.
Toujours selon l’hebdomadaire, environ 500 visites ont été enregistrées 
sur le site du RCD entre le 8 et le 10 janvier 1999 (pour être membre 
honorifique du RCD-on line il faudrait débourser 10000 dollars !)


Mondialisation du syndicalisme dans les télécommunications
Plusieurs syndicats de différents pays où est implanté France Télécom se 
sont réunis à Paris début décembre avec la CGT française. Il s’agit de 
FOETRA d’Argentine, de l’UGTCI/SYNACIT et du SYNAPOSTEL de Côte d’Ivoire 
et du SINTTAV/CGTP du Portugal, du SYST du Sénégal. Un syndicat du 
Vietnam et un autre d’Italie dont la présence était prévue s’étaient 
excusés.
Ils se sont élevés contre la transformation de la communication en 
marchandise et se sont inquiété des conséquences sur le statut des 
salariés avec l’augmentation de la précarité, l’emploi, les conditions de 
travail, et les droits syndicaux. Ils ont décidé de mettre en débat la 
proposition de créer un comité de groupe international de France Télécom 
et de faire du 24 février une journée internationale pour le droit à la 
communication. Cette rencontre fait suite à la création d’un comité 
permanent en Amérique Latine regroupant des syndicats du Brésil, du 
Paraguay, de l’Uruguay et d’Argentine.


Courrier.
A propos de notre article sur l’amélioration au Congo Kinchasa nous avons 
reçu la réaction suivante :
"La source Jeune Afrique pour la RDC est bizarre, on dirait qu’ils ont 
été payés,
1) les nationalisations pour cause de soutien à la rébellion : certes, 
mais plutôt dans le style Mobutu quand il zairianisait. Le boss de Comcel 
(Bemba) apparatchik Mob (de Mobutu) s’est fait clochardisé en restant un 
peu trop longtemps à Kin tandis que son fils montait sa propre rébellion. 
Autrement dit, doit-on parler de privatisation ou de nationalisation ? A 
titre d’exemple, on dirait que GKMine est tombé dans la poche du Zimbabwé 

- partie blanche (à suivre la prochaine chasse au zimbabwéen à Kin et 
Lubum quand la lune de miel sera éteinte faute de miel).
2) après Kabila 30 000 lignes dont x Telecel et x Comcel : elles 
existaient avant. Compta à vérifier. Pour info le téléphone marche 
toujours aussi bien entre Thionville et Kin, qu’entre Paris et Kin (à 
l’époque).
3) pour les vélos postiers, s’agit-il de VTT ? (blague)
4) la baisse des prix Telecel a commencé avec la concurrence Comcel et 
sans doute (même si les prix sont beaucoup plus élevés) des nombreuses 
valises Inmarsat
5) pour le développement du courrier transfleuve, les angolais doivent 
pas mal aider, quid du courrier vers l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi ? 
(reblague, mais pour dire que l’efficacité de l’administration postale ne 
doit pas être pour beaucoup dans tout ca).
Maille et Beau

Nous vous livrons ci-dessous un extrait du témoignage, recueilli sur 
Internet, d’un malien de l’extérieur après un séjour au Mali.
" Au Mali, je dirai que les choses marchent. Le constat général est qu’il
 
y a beaucoup d’activités surtout en informatique : 4 ISP, près de 2000 
clients, 2 ou 3 modèles d’Internet cafe (bien que les prix(17500cfa pour 
10 heures chez Spider, le plus bas) encore ne sont pas a la portée du 
malien moyen). Il existe beaucoup de vendeurs d’ordinateurs...Les prix 
sont très élevés. La réparation coûte cher et souvent pas très agréable,
 
parce qu’on manque de pièces de rechange ou si elles sont sur place, le 
prix est affreux.
Le message est clair, tous les acteurs que j’ai pu rencontrer ont le 
souci de former leurs staff d’abord, on a conscience de la mauvaise 
qualité des services, pour lesquels le client est en train de payer cher, 
jusqu’à 50.000 cfa ($100) pour une connexion "assidue".
Les lignes téléphoniques sont saturées, surtout pour les ISP qui sont 
situés au centre ville. Solution ? 17 autres demandes pour ISP sont en 
attente. Est-ce qu’elles pourront être satisfaites ? Cela dépendra de la 
construction de nouvelles lignes supplémentaires.
Pourtant les hommes d’affaires, les banques, les ONG sont en train de 
percevoir l’utilité économique des e-mails, des faxs sur ordinateur, du 
téléphone portatif, mais surtout le besoin pressant de trouver un expert 
qui peut manier ces appareils afin de pouvoir communiquer avec leurs 
partenaires étrangers surtout.
Pour moi, c’était très intéressant de voir cette grande image de la scène 
informatique mais surtout de me rendre compte qu’il existe des 
opportunités au delà de cette crise ambitieuse à la rencontre de la 
technologie de pointe : l’internet. "
Gary M Tounkara
mpagura@columbus.rr.com




En bref

Un consortium composé de France Télécom (25%) Sprint (25%) et 
l’entreprise d’électricité anglaise National Grid (50%) a obtenu une 
licence de téléphonie internationale et longue distance au Brésil. II 
sera en concurrence avec MCI qui a obtenu une autre licence dans le cade 
de la privatisation de Telebras en juillet 98.
Les activités à l’internationale de France Télécom se sont élevées en 98
 
à 15 milliards de FF (+39,3%) et représentent désormais 9,3% du total 
contre 7% en fin d’année 97.
Le projet SAFE (South Africa Far East, voir la Lettre de CSDPTT N°19) 
devant relier par câble à fibres optiques le Cap en Afrique du Sud à la 
Malaisie prend du retard du fait de la crise financière qui a secoué 
l’Asie. Ce projet regroupe Telkom d’Afrique du Sud, Telekom malaysia, 
Mauritius Telecom, Cable et Wireless ainsi que France Télécom qui l’a 
rejoint à la suite de pression de la part des collectivités locales 
réunionnaises.
Le Maroc a lancé début mars un appel d’offre pour la concession d’un 
réseau GSM d’un montant de 500 millions de dollars. Il doit concurrencer 
le réseau de l’entreprise publique Ittissalat al6Maghrib comptant 
actuellement 120000 abonnés.


Accalmie ?
La mort suspecte du journaliste Norbert Zongo et de 3 de ses amis le 16 
décembre a continué tout au long du mois de janvier de susciter des 
mouvements de protestation. Norbert Zongo s’était rendu célèbre en 
n’hésitant pas mettre en cause le pouvoir et en dénonçant notamment le 
frère du Président dans la mort de son chauffeur torturé à mort par des 
militaires.
Un important mouvement de grève durant les 20 21 et 22 janvier a touché 
le pays. Ce mouvement a finalement abouti à la création d’une commission 
d’enquête correspondant aux exigences du collectif des partis et 
associations à l’origine des protestations. Ce collectif a donc accepté 
d’y participer. La mort d’un employé de la SONABEL, la compagnie 
d’électricité, dans les locaux de la gendarmerie avait pourtant ravivé la 
tension à Bobo Dioulasso où il travaillait.
En février encore peu avant l’ouverture du FESPACO, les forces de l’ordre 
avaient bloqué une manifestation d’intellectuels (une première) venus 
remettre un manifeste relatif à l’impunité et au renforcement des droits 
humains au Burkina Faso.
Durant le festival, une manifestation a pu se tenir rassemblant un 
millier de jeunes. Désormais tout le monde attend les conclusions de la 
commission d’enquête.
CSDPTT a signé une pétition pour protester contre le procès intenté à un 
AlternB pour avoir hébergé un site ayant publié des photos d’Estelle 
Halliday. CSDPTT en tant qu’association soucieuse de dépenser le moins 
possible pour son fonctionnement (afin de préserver son indépendance et 
de dépenser le maximum de ses ressources pour la réalisation de projets) 
est sensible aux efforts de tous ceux qui mettent à la disposition des 
associations des moyens d’être présents et qui militent pour un Internet 
solidaire et non marchand. Nous publions ici l’histoire de ce fameux site 
désormais fermé et le texte de l’appel que nous avons signé en tant 
qu’association.
 
La Rédaction

.
L’histoire d’altern.org
 En 1991 je travaillais dans une pme qui faisait des services Minitel,
 
je fabriquais des jeux destinés à tenir en haleine le consommateur à 
2.19ff la minute. Rien de bien glorieux mais j’avais déjà essayé une très 
grosse boite de communication et une pme bancaire et ma fois c’était 
partout la même nécessité d’arnaquer son prochain.
J’étais branché sur Internet par GNA, et j’ai fini par monter un service 
minitel d’accès à Internet, le 3616 ALTERN. A cette époque en 1992 
c’était héroïque l’accès au réseau ; l’ordinateur appelait UUNET aux usa 
tous les jours pour faire circuler le mail, mais autrement le ticket 
d’entrée c’était 100000ff à l’inria. En 1994 un coup pendable, j’obtiens 
de l’inpi la marque internet, et de France Télécom le 3615 INTERNET 
yabon. Autant le service minitel en 1992 était le seul moyen d’accès 
facile et peu cher au réseau, autant aujourd’hui ce n’est pas pour les 
beaux yeux de l’humanité que je le laisse en activité.
Donc avec le nerf de la guerre en poche je fais altern.org pour héberger 
gratuitement des sites web et des email. Vraiment gratos, pas de pub, pas 
d’exploitation commerciale, ca coûte pas trop cher et c’est le minitel 
qui finance, juste retour des choses. Altern.org s’est avéré utile vu que 
sans aucune promotion (si, un jour je me suis référencé sur yahoo) le 
serveur est passé de quelques centaines d’usagers début 1995 à plus de 
30000 aujourd’hui. Périodiquement, le serveur sature (en ce moment par 
exemple) et j’envoie par la poste un serveur plus puissant dans la salle 
machine aux Etats Unis.
Dernièrement, j’ai construit à partir des enseignements de altern.org un 
site d’hébergement de domaines qui contribue à démocratiser la 
possibilité d’apparaître sur Internet sous son propre nom.
Des problèmes avec altern.org, j’en ai eu pire que s’il pleuvait, si je 
compte bien quatre procès dont trois sont toujours en cours, la visite de 
la D.S.T., celle de la police et des gendarmes pour identifier des 
auteurs peu scrupuleux. Je ne sais pas si le pire c’est ça ou si c’est 
les arnaqueurs qui créent des sites sur altern pour essayer de gagner 
trois tunes avec des bandeaux et du spam.
En fait quand quelqu’un porte plainte contre un site, je suis contacté 
par la police pour leur fournir les informations permettant de ’loger’ 
l’auteur du site (l’adresse ip datée). Mais si ce quelqu’un n’y connaît 
rien ou préfère ne pas savoir, par intérêt ou par flemme, il porte 
plainte contre altern.org.
 Mais altern.org c’est aussi beaucoup de satisfaction, 2000 personnes
 
qui signent la pétition en deux jours, ca fait plaisir. C’est aussi une 
volonté de donner l’Internet aux citoyens au moins autant qu’aux 
marchands, mon intérêt est tourné vers les possibilités exceptionnelles 
d’expression publique que renferme Internet. Et je m’attends à de fortes 
résistances des nations pour ce qui est de laisser les citoyens 
s’exprimer publiquement aussi facilement.
N’oublions surtout pas que 95% des pays ne sont pas démocratiques. Bref, 
j’ai 32 ans, foncièrement indépendant, tout ca c’est pour gagner ma vie 
mais pour la gagner dignement autant que possible.
Quelques données factuelles : structure juridique : EI (entreprise 
individuelle) Nombre d’employés : 0, Chiffre d’affaire ; 1995 : 1mf, 1996 
 : 1mf, 1997 1mf, 1998,
Valentin Lacambre




L’appel que nous avons signé :

Condamnation d’AlternB : Non à la mort annoncée de l’Internet non 
marchand et de l’expression indépendante
La cour d’Appel de Paris a rendu sa décision le 10 février 1999 dans 
l’affaire E. Halliday c./ AlternB : AlternB est condamné à 400 000 FF de 
dommages et provisions pour avoir hébergé un site web parmi 30 000, 
gratuitement et sans contrôle de contenu par l’intermédiaire technique.
Au delà de l’affaire elle-même, qui n’aurait dû concerner que la 
plaignante et l’auteur du contenu impliqué, ce jugement établit la 
responsabilité éditoriale du fournisseur d’hébergement, c’est-à-dire d’un 
intermédiaire technique, sur les contenus mis à disposition sur le web.
En vertu de quel principe ou de quelle loi nationale ou supranationale 
peut-on considérer que " il apparaît nécessaire de préciser que le 
fournisseur d’hébergement a l’obligation de veiller à la bonne moralité 
de ceux qu’il héberge " ?
Cette décision de la cour d’Appel de Paris subordonne l’expression 
publique à la censure que devront imposer les fournisseurs d’hébergement 
pour se protéger d’éventuelles représailles. Elle modifie le rôle des 
intermédiaires techniques, en leur conférant une responsabilité et un 
pouvoir éditoriaux. Elle signe l’arrêt de mort de l’Internet non marchand 
et de l’expression libre et indépendante : seuls seront publiés sur 
Internet, en France et en Français, les contenus agréés par les 
fournisseurs commerciaux ayant les moyens de faire face à de telles 
menaces, ou les contenus produits par ceux ayant les moyens d’assurer 
leur propre hébergement.
Les signataires refusent cette discrimination qui se met en place, et qui 
limite le droit à l’expression publique des citoyens en mettant en péril 
l’existence des hébergeurs gratuits comme AlternB. Les signataires 
appellent à une large mobilisation internationale pour le respect du 
droit à l’expression indépendante et pour la pérennité d’un Internet non 
marchand en France.