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Lettre de Février 1999

Février

lundi 1er février 1999

LA LETTRE DE FEVRIER 99
No : 39

Sommaire :

- Editorial : Optimisme et inquiétude

- Assemblée générale de CSDPTT

- CSDPTT En bref

- RASCOM Choisit ALCATEL !

- Séminaire régional africain sur le télétrafic

- Maroc : aide à la privatisation

- Amélioration du téléphone et de la poste au Congo-Kinshasa

- En bref Maurice, Sonatel, Tanzanie, INMARSAT, Madagascar.


Optimisme et inquiétude
Notre AG a rassemblé 12 personnes ce qui représente près de 50% du nombre 
de l’effectif de CSDPTT. C’est bon signe pour l’avenir quant à 
l’engagement des adhérents.
Un des sujets abordés parmi les plus délicats fut celui du choix des 
partenaires et de notre positionnement par rapport aux opérateurs qui 
vont être privatisés.
Certes sans doute les appels d’offre contiennent des clauses demandant 
une extension du réseau et le maintien du service public. Pour autant les 
actionnaires privés qui y prennent du capital n’y viennent pas sans 
arrière pensée, l’objectif étant bien entendu surtout de faire des 
affaires.
Comment alors dans ces conditions nouvelles installer le téléphone dans 
des villages dans le cadre de CSDPTT. Devons-nous céder le matériel 
gratuitement comme aujourd’hui ? Comment associer nos collègues employés 
de l’opérateur ? Sur quelle base négocier avec l’opérateur sans lequel il 
n’est de toute façon pas concevable de réaliser nos projets ?
Autant de questions sur lesquelles nous n’avons pas de réponse à priori 
mais auxquelles il va falloir répondre rapidement. Pour nous y aider, 
nous comptons sur nos collègues de ces pays avec qui nos relations 
d’amitié continuent à s’approfondir au fur et à mesure que nos projets 
avancent. N’est-il pas urgent qu’ils se constituent en association pour 
devenir un lieu d’action et de réfléxion collective ?
Notre engagement désintéressé ne saurait être naïf. La libéralisation 
vient compliquer notre tâche.
 Bruno Jaffré


Assemblée générale de CSDPTT
L’assemblée générale de CSDPTT qui s’est déroulée samedi 3 janvier toute 
la journée à Paris a réuni près de la moitié des adhérents.
L’ensemble de l’activité de l’année a été passé en revue. Ainsi ont été
 
évoquées la mission d’Alain B. de CSDPTT Nice au Burkina, en préparation 
de l’installation de téléphones dans la région de Toma, mais qui a aussi 
donné lieu à de difficiles négociations avec le Poste burkinabé, la 
préparation de la mission au Mali et les tentatives de CSDPTT Toulouse de 
récupérer du matériel de transmission mais surtout de trouver des 
interlocuteurs pour envisager leur réinstallation, la décentralisation 
des projets avec la prise en main par CSDPTT Ile de France de ceux 
relatifs à Yélémané au Mali concernant un échange avec le receveur local 
et l’installation de liaison radio entre l’hôpital et la voiture du 
médecin chef, mais aussi la prise en charge plus collective de l’ensemble 
de l’activité, la naissance du site Internet, les progrès dans la 
diffusion de la Lettre de CSDPTT.
Il aurait été facile de se laisser aller à se délivrer un satisfecit à 
bon compte, du fait de l’important développement de l’activité en 
quantité et en qualité mais il n’en a rien été. Au contraire les présents
 
se sont attachés à faire un bilan critique, à bien intégrer les leçons 
des erreurs passées et aux meilleurs moyens d’éviter qu’elles se 
reproduisent en réfléchissant par exemple à une meilleure circulation de 
l’information.
D’importants débats ont eu lieu à propos de la privatisation prochaine 
des opérateurs au Mali et au Burkina Faso et au réorientation nécessaire 
pour CSDPTT, mais aussi sur le contenu de la Lettre de CSDPTT, à propos
 
de l’importance de la connaissance des réalités des villages africains et 
aux enjeux que cela génère par rapport aux différents pouvoirs en 
concurrence lorsque l’on souhaite y réaliser un projet.
Le conseil d’administration a été légèrement remanié pour augmenter la 
représentation des comités CSDPTT de province. L’adoption d’un relevé de 
décisions a clôturé la journée. Celles-ci devraient notamment contribuer 
à améliorer l’organisation dont les insuffisances ont été relevées dans 
la journée.



En bref
Un coup de fil du Burkina Faso nous a informé de l’accord de principe de 
l’ONATEL au protocole d’accord négocié cet été, relatif à l’installation 
des téléphones dans les 4 villages de la région de Toma sous réserve de 
très légères modifications.
La mission de CSDPTT au Mali est entrée dans la phase active de sa 
préparation. Départ prévu le 25 février pour Joël P. et Philippe D. et 
début mars pour Jean Louis H. Elle devrait se rendre à Kayes et à 
Yélémané, où il s’agit de prospecter à la recherche de partenaires pour 
de futurs projets, à Bamako où des rencontres sont prévues à la
 
direction de la SOTELMA , à Ségou et à Mopti où Philippe dispensera une 
formation en transmission au personnel local de la SOTELMA.
Parmi les vélos financés grâce à nos collectes à destination des 
" courriers cyclistes ", CSDPTT a décidé que l’un d’eux revienne à
 
Laurent Siré Kinta Baro de Sérékéni qui nous a régulièrement informé de
 
son activité de courrier cycliste. En effet le premier vélo que nous lui 
avions fait parvenir est désormais inutilisable.


RASCOM Choisit ALCATEL !
Le conseil d’administration de l’Organisation régionale africaine de 
communications par satellite a sélectionné l’offre d’Alcatel Spacecom 
pour engager des négociations en vue d’établir un partenariat pour mettre 
en place un système satellitaire de téléphonie et de multimédia 
principalement destiné aux zones rurales jusqu’ici particulièrement 
démunies en moyens de communication.
Il s’agit d’installer en 10 ans un minimum de 500000 postes téléphoniques 
dans les villages africains dont 100000 les deux premières années en 
garantissant un coût de communication inférieur à 0,10 dollars la minute. 
Le système devrait aussi améliorer les communications interurbaines entre 
les pays africains alors que nombreuses sont encore celles qui passent 
par l’Europe.
Le financement devrait être assuré par le système baptisé BOT (Built 
Operating System), un système qui prévoit que le projet est financé par 
différents partenaires qui exploiteront le système pendant une dizaine 
d’années à l’issue desquelles il sera transmis à RASCOM.
Dans l’immédiat, le démarrage du projet nécessite 450 Millions de dollars 
pour la livraison d’un satellite et des installations au sol avant l’an 
2001. Selon nos sources, un financement public complémentaire est 
nécessaire. L’accord ne prévoit que le démarrage de négociations. Si 
elles échouaient, RASCOM a prévu de se tourner vers un autre candidat 
Alenia Aerospazio


Séminaire régional africain sur le télétrafic
Un séminaire Régional s’est tenu à Bamako du 16 au 20 novembre ayant pour 
objet le télétrafic pour les pays d’Afrique. Il a rassemblé des délégués
 
de 13 pays d’Afrique, d’une dizaine de pays européens et d’un délégué 
australien. Plusieurs recommandations ont été adoptées : Ainsi l’UPAT 
(Union des télécommunications africaines) est incité à réactualiser les 
tarifs d’interconnexion afin de poursuivre la baisse des tarifs 
interafricains. Elle est en outre chargée de tout mettre en uvre pour 
activer la coordination d’un politique de réduction de la taxe de 
répartition afin de favoriser l’interconnectivité inter africaine. Enfin 
considérant l’importance du réseau PANAFTEL dans les liaisons 
inter-Etats, l’UPAT est chargée de tout mettre en uvre pour la recherche
 
d’un financement en collaboration avec l’UIT pour revitaliser PANAFTEL.
Une autre résolution incite à manifester plus de volonté politique et de 
solidarité inter-africaine dans l’évaluation de la tarification des taxes 
de répartition. Le problème est d’importance pour les opérateurs 
africains dont les revenus sont grignotés de plus en plus par l’arrivée 
des sociétés de call back qui détournent une bonne partie du trafic des 
routes traditionnelles.


Maroc : aide à la privatisation
Le Maroc vient de recevoir 215 millions de dollars de prêt pour les 
télécommunications, 100 millions de la Banque Mondiale, 110 de la Banque 
Africaine de développement. De plus l’ANRT (l’agence nationale de 
réglementation des télécommunications) a reçu 5 millions d’Euro de 
l’Union Européenne pour l’aider à développer sa structure. Ces fonds 
doivent servir à libéraliser les télécommunications marocaines et à 
développer les nouvelles technologies de l’information.
Par ailleurs, le Maroc a lancé deux appels à expression d’intérêt, un 
pour une seconde licence GSM, et l’autre pour les licences VSAT. Le 
premier appel a reçu 15 réponses dont celles de France Télécom, de CGSAT 
filiale de Vivendi (Gégetel) de Telefonica de même que d’opérateur turc 
ou sud-africain.


Amélioration du téléphone et de la poste au Congo-Kinshasa
A la chute de Mobutu en mai 1997, le Congo n’avait que 10000 lignes 
téléphoniques et se plaçait au dernier rang de tous les pays africains 
avec une télédensité de 0,08. Les pannes étaient fréquentes sur un réseau
 
datant de 1945 et souvent même provoquées par les agents rarement payés 
de l’ONPTZ (Office National des postes et télécommunications du Zaïre) 
devenu l’OCPT (Office Congolais des postes et télécommunications).
Aujourd’hui, le réseau compte 32000 lignes, 20000 de l’OCPT, 10000 de 
Télécel, 1500 de Comcel toutes deux sociétés privées de téléphonie 
cellulaire et 500 lignes de la Gécamines. Les tarifs ont diminué. Ainsi, 
les appels émis auparavant facturés par Télécel 3,75 dollars la minute 
coûtent désormais 1,5 dollar. Même les appels reçus étaient facturés 2 
dollars la minute ce qui n’est plus le cas depuis décembre 1998.
Autre progrès notable, les différents réseaux sont interconnectés ce qui 
n’était pas le cas auparavant, les abonnés de Télécel avaient accès aux 
autres réseaux mais restaient par contre inaccessibles d’un autre 
opérateur.
Une nouvelle société privée Afritel doit se lancer dans l’exploitation 
d’un réseau wireless (téléphonie sans fil) à partir de février 1999, 
tandis que les sociétés Télécel et Comcel risquent d’être nationalisées 
pour avoir soutenu la rébellion.
A la poste aussi, des progrès notables ont été réalisés après 
l’inauguration du centre de tri de Ndjili construit par les chinois. Le 
courrier est distribué par des facteurs à vélo, les chèques postaux payés
 
et les lettres envoyées de Kinshasa à Brazzaville ne passent plus par 
Paris. (Source Jeune Afrique Economie)


En bref
La firme américaine Qualcom et Mauritius Telecom vont investir 27 
millions de dollars pour l’installation de 50000 nouvelle lignes à 
Maurice d’ici l’an 2000. Avec seulement 1,1 million d’habitants, le 
nombre de lignes est passé en 3 ans de 148000 à 234000 lignes et le 
nombre de cellulaires de 10000 à 53000.
Selon Jeune Afrique Economie l’Afrique comptait fin 1998 1,2 millions 
d’abonnés à un réseau cellulaire et devrait en compter 1,7 en 1999. Alors 
qu’avec 13,7 millions d’abonnés elle ne compte que 2% des abonnés au 
niveau mondial.
La Sonatel a réduit ses tarifs internationaux de 15% en moyenne, soit une 
baisse de 51% vers l’Amérique du Nord, 17% vers la France mais 37% vers 
le reste de l’Europe. On apprend d’autre part qu’à la suite d’une visite 
de Michel Bon PDG de France Télécom au Sénégal, la SONATEL a cédé 10% de
 
plus de son capital à France Télécom qui en détient désormais 46% contre 
24% à l’Etat sénégalais/
La Tanzanie est devenue le 14 ème pays africain et le 85 ème pays du 
monde à rejoindre INMARSAT.
Seule Jeune Afrique, chaque nouvelle ligne de téléphone en Afrique coûte 
en moyenne 5000 dollars (30000FF) d’installation et d’équipement.
Une société française a voulu exporter à Madagascar un service de 
météorologie par téléphone, elle n’aurait reçu aucun appel.