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Lettre de Janvier 1999

Janvier

vendredi 1er janvier 1999

LA LETTRE DE JANVIER 99
No : 38

sommaire :

- Edito :l’année du décollage

- CSDPTT rencontre la mairie de Montreuil

- Coopération technique SOTELMA Mopti-CSDPTT Toulouse

- Inde : ouverture du marché miroir aux alouettes !

- Burkina : La loi de privatisation adoptée

- Rapport de la Banque Mondiale : quelques chiffres

- Ghana : Le courrier est transmis par Internet

- ICO s’intéresse aussi à l’Afrique.

- En bref : tunisie, Médecins du Monde, télédensité en afrique, Brésil, La
 
conférence africaine de l’Internet

- Burkina : Crise politique ?

- Courrier. : besoin de téléphone dans les villages,

- Compte rendu des journée de l’Internet non marechand et solidaire


L’année du décollage
L’année 1998 est une bonne année pour CSDPTT. C’est celle aussi de son 
dixième anniversaire. Que de difficultés, d’erreurs, de découragements 
avons-nous du surmonter pour en arriver là ?
CSDPTT a été créé à partir d’une idée : France Télécom et la Poste sont
 
deux entreprises riches surtout des qualités de leur personnel, esprit 
d’initiative, sens du service public (nous étions en 1988), engagement et 
dynamisme dans la vie associative.
Les ONG qui regroupaient des professionnels étaient rares. Il n’en 
existait pas dans les domaines de la Poste et des télécommunications. Il 
fallait donc la créer. Le besoin en téléphone commençait à peine à 
s’exprimer, faute surtout d’être entendu. Aujourd’hui, il surgit de 
partout
France Télécom et La Poste sont aussi deux entreprises riches au sens 
propre du terme, qui ne s’embarrassent pas pour jeter du matériel jugé 
obsolète, souvent pourtant encore en état de marche. L’autre idée était 
de le récupérer afin de promouvoir des projets peu onéreux.
L’idée lancée, la pratique ne fut pas aisée mais aujourd’hui CSDSPTT est 
sur de bons rails d’autant plus que de nouveaux adhérents expérimentés 
viennent de nous rejoindre.
D’autres difficultés surgissent qui nous posent question. Les opérateurs 
avec qui nous avons entamer une collaboration, la SOTELMA au Mali et 
l’ONATEL au Burkina sont en voie de privatisation. Il va nous falloir 
réfléchir aux incidences que ces changements peuvent avoir sur notre 
activité, au choix de nos partenaires. Notre AG arrive à point nommé pour 
en débattre.
 Bruno Jaffré


CSDPTT rencontre la mairie de Montreuil
Dans le cadre de la préparation de la prochaine mission CSDPTT au Mali, 
prévue en mars, Thierry L. et Joël P., tous deux membres du CA de CSDPTT 
ont rencontré M. Kaya, responsable de l’intégration et des Relations 
Internationales à la Mairie de Montreuil, ville jumelée avec Yélémané. 
Ils ont présenté les activités de CSDPTT et exposé le projet 
d’installation d’une liaison radio entre l’hôpital et le véhicule du 
médecin-chef.
De son côté M. Kaya a présenté les échanges entre les maliens de Yélémané
 
et la Mairie. De nombreux maliens originaires du cercle de Yélémané 
travaillent à la mairie de Montreuil. Cette région compte 97 villages 
abritant environ 237000 habitants. Pour éviter les départs vers la 
France, la mairie de Montreuil s’est fixée pour objectif dès 1985 de 
" fixer " la population sur place en développant un partenariat entre les
 
deux villes.
Les projets, essentiellement dans l’agriculture, ont pour objectif 
d’atteindre l’autosuffisance alimentaire pour les habitants de cette 
région. Ainsi, des retenues d’eau, des puits maraîchers ont été 
construits notamment pour accroître la productivité du mil et du sorgho 
qui constitue la base de la nourriture. Un barrage est en construction à 
Dialaka.
D’ici 2001, une route Kayes-Yélémané sera construite qui facilitera le 
transport des excédants de cette région.
Une équipe de 8 personnes se trouve sur place dont un médecin orienté 
vers les actions de prévention. Le Comité de Pilotage décide des actions 
et de la répartition du budget, il se rassemble 2 fois par an. Il est 
composé de représentants des migrants, des femmes et des jeunes, du 
Comité Local, de l’association des originaires de Bamako du commandant du 
Cercle et de la Mairie de Montreuil.
L’enveloppe réservée à ces actions est de 2 millions de francs. Des aides 
financières proviennent de la CEE, du ministère de la Coopération, de la 
mairie de Montreuil et des associations de migrants.
Tous les ans diverses manifestations ou expositions sont organisées par 
la mairie de Montreuil pour présenter ces actions et diffuser la culture 
malienne.
Thierry Lavigne CSDPTT Ile de France


Coopération technique SOTELMA Mopti-CSDPTT Toulouse
Dans le cadre du jumelage Angoulême - Ségou (Mali) le Directeur Régional
 
de la SOTELMA avait émis le souhait d’une coopération technique dans le
 
domaine des télécommunications en général .
Jean-Louis H. a sauté sur l’occasion pour nous mettre en contact avec Mr 
Talift Billal, Chef de centre de transmission de Mopti, qui nous a décrit 
l’environnement technique de l’établissement et les besoins en matériels 
divers ainsi qu’en formation. Nous faisons sensiblement le même métier et 
les équipements utilisés sont parfois identiques.
Dans le domaine de la basse fréquence je me propose d’établir une 
formation pratique qui sera dispensée sur place et qui consistera en une 
présentation du matériel et de la transmission numérique, une 
méthodologie de mise en service et de maintenance des liaisons, 
l’utilisation de matériels périphériques permettant l’intervention sur 
les équipements ou les essais en fréquences. Il serait nécessaire pour ce 
dernier point de récupérer du matériel adéquat.
Pour ce qui est de la transmission hertzienne, lien essentiel du centre 
avec l’extérieur et donc point névralgique, Daniel D. a recensé les 
équipements concernés. Les fréquences utilisées n’étant pas les mêmes 
nous n’avons pas d’équipements interchangeables à leur proposer mais des 
modules, des sous-ensembles, des cartes peuvent certainement être 
adaptés. Daniel a alerté l’UIT à Genève sur le problème de la 
récupération du matériel hertzien largement désinvesti par France 
Télécom, non utilisé, voire " poubellisé ", alors qu’en parfait état de
 
fonctionnement. De mon séjour, je souhaite ramener une photographie plus 
précise de tous ces équipements afin que Daniel puisse également établir 
une formation pratique et adapter du matériel récupéré .
Une formation informatique est également demandée et on peut également 
faire le point sur les règles élémentaires en matière de sécurité 
électrique ou en environnement technique. Comme on peut le voir, le 
dialogue est bien engagé, les échanges seront, je l’espère, fructueux et 
pourront concerner d’autres adhérents de l’association à l’avenir.
Philippe Darrouy CSDPTT Toulouse.


Réunion du CA de CSDPTT
Le Conseil d’administration de CSDPTT s’est réuni (par téléphone) le 25 
novembre. Le point a été fait sur les différents projets. Pour 
l’installation des téléphones dans la province du Nayala, nous attendons 
toujours le feu vert de l’ONATEL (Office National des télécommunications 
du Burkina Faso).
La préparation de la mission au Mali est entrée dans une phase active. Un 
préprogramme a été établi. Philippe D. et Joël P. se rendront d’abord à 
Kayes puis à Yélémané. De retour à Bamako, ils rencontreront les plus 
hautes autorités de la Poste et de la SOTELMA. Ils seront rejoints par 
Jean-Louis H. et se rendront ensemble à Ségou et Mopti où sera dispensée 
une formation au personnel de la SOTELMA.
La date de l’AG de CSDPTT a été fixée au 30 janvier, elle se tiendra à 
Paris. Pour la première fois, une forte participation de la province est 
attendue (6 personnes au minimum), ce qui en fera la plus importante 
depuis l’existence de CSDPTT.


Inde : ouverture du marché miroir aux alouettes !
Près de 4 ans après l’ouverture du marché des télécommunications, seul 
un opérateur italo-indien a réellement commencé à fonctionner alors que 
près 15 joint-ventures se sont montées dans les 15 Etats du pays. En 
effet selon M. Rajagolan, directeur de l’opérateur semi-public Mahaganar 
Telephone Nigam (MNTL) : " Les co-entreprises pensaient que le secteur 
était une mine d’or et qu’il était important d’obtenir une licence d’une 
manière ou d’une autre. Les compagnies étrangères qui les ont aidés à 
préparer leurs plans d’activité n’avaient aucune idée des réalités du 
marché. Ils ont appliqué à la situation indienne des chiffres tirés de 
pays plus avancés " a-t-il déclaré récemment. Lors du premier appel 
d’offre les différents concurrents se sont livrés à une telle surenchère 
qu’ils n’ont pas pu ensuite tenir leurs engagements et en particulier 
monter leur réseau. Ainsi, les entreprises privées ont promis à l’Etat 
plus de 40 milliards mais n’ont pas pu payer. Les deux appels d’offre 
suivant n’ont guère donner de meilleurs résultats et l’Etat s’apprête à 
en lancer un quatrième.
MNTL détient le monopole dans les régions de Bombay et New Dehli. Le 
gouvernement envisage de baisser sa participation dans MTNL de 56,3% à 
49%. Le réseau indien compte actuellement 17,7 millions de lignes pour 
une population de 960 millions d’habitants ce qui en fait la plus faible 
télédensité en Asie, 24 millions de personnes sont sur une liste 
d’attente.


Burkina : La loi de privatisation adoptée
L’assemblée nationale burkinabé a adopté en décembre une loi permettant 
la privatisation de l’ONATEL (Office National des Télécommunications). 
L’Etat ramènera sa participation de 100% à 34%, 3% seront réservés aux 
salariés. Ainsi, 63% seront cédés au privé, un actionnaire principal 
devant être désigné pour diriger la société. Il s’agit officiellement de 
" permettre à l’ONATEL de continuer à jouer un rôle dans un environnement
 
en perpétuelle mutation dans lequel l’Etat ne peut plus lui garantir des 
concours financiers substantiels, stables et réguliers ". Déclaration 
somme toute assez étonnante quand on sait qu’en général, l’Etat en 
Afrique, comme il le faisait en France, a plutôt l’habitude de se servir
 
dans les sociétés de télécommunications en cas de besoin plutôt que 
l’inverse.
Une société choisie par appel d’offre procédera à un diagnostic et devra 
proposer plusieurs scénarios de privatisation.
L’ONATEL compte 1229 agents permanents et a réalisé en 1996 un chiffre 
d’affaires de 21,5 milliards de FCFA contre 15 en 1994. Les résultats 
nets sont passés pendant la même période de 2 à 3,5 milliards de FCFA.
.

Rapport de la Banque Mondiale : quelques chiffres
Le rapport 98/99 de la banque Mondiale indique que l’Afrique 
sub-saharienne est restée à l’écart de la révolution dans les télécoms. 
En 1996, environ 1,46 millions de lignes fonctionnaient pour une 
population de 575 millions (excluant l’Afrique du Sud qui compte 4 
millions de lignes). Aujourd’hui, environ 75% des lignes sont 
privatisées. En effet 10 pays incluant le Ghana, l’Ouganda, la Guinée, la 
Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud ont privatisé leurs opérateurs 
nationaux et 15 pays supplémentaires dont Madagascar, le Cameroun, la 
Tanzanie et le Malawi ont l’intention de le faire. Le rapport ajoute un 
peu plus loin que la Banque Mondiale a apporté son assistance dans 25 
pays, soit exactement le nombre de pays où les télécoms sont privatisés 
ou en voie de l’être. Bien entendu l’égalité entre ces deux chiffres ne 
saurait être un pur effet du hasard.
Depuis 1996, les privatisations ont atteint environ 1,7 milliards de 
dollars avec l’obligation pour les compagnies de construire 3,8 millions 
de lignes (pour un coût entre 4 et 6 milliards de dollars).
Les coûts d’investissement sont descendus de 5000 à 1000 dollars par 
ligne. Les investissements devront se monter entre 6 et 8 milliards de 
dollars dans les 4 prochaines années pour construire 4,5 millions de 
lignes et atteindre une télédensité de 1 pour 100 habitants.
Les mobiles, entièrement privatisés, constituent environ 20% du marché


Ghana : Le courrier est transmis par Internet
Le fournisseur d’accès Africa-on-Line a signé un accord d’exclusivité 
avec les Postes nationales Ghanéennes qui permet la transmission du 
courrier par Internet. Le fournisseur d’accès offre gratuitement une 
adresse électronique à tout ghanéen qui en fait la demande. Muni de 
celle-ci il peut se présenter à un bureau de poste, remettre sa lettre à 
un employé qui la transcrit sur ordinateur et l’expédie via Internet. Les 
coûts de transmission du message sont de 1,50FF ou 2,50FF (selon deux 
sources différentes). En deux mois, 30000 lettres auraient ainsi été 
expédiées dans un pays qui ne compterait que 20000 ordinateurs dont moins 
de 10% seraient reliés à Internet.


ICO s’intéresse aussi à l’Afrique.
La société ICO Global Communications, filiale d’INMARSAT, prévoit le 
lancement en l’an 1999 du premier des 12 satellites de son réseau de 
télécommunications planétaire qui va concurrencer Iridium et Globalstar.
 
Ils seront positionnés en orbite moyenne (MEO) à 10390 km. Dix 
satellites seront répartis en deux plans orbitaux tandis que les deux 
autres restant serviront de secours. La lancement du service est prévu en 
l’an 2000.
ICO affiche un certain optimisme. Ses investisseurs contrôlent 25% du 
marché des télécommunications dans le monde. Le coût du projet, 4,5 
milliards de dollars, est un peu moins élevé que celui de ses concurrents 
directs (3,5 milliards de dollars construction des satellites et des 
stations contre 4 à Globalstar et 7 à Iridium).
ICO se fixe comme objectif d’avoir 4,2 millions d’abonnés en 2002 sur un 
marché estimé à 25 millions. En projetant une moyenne de consommation de 
23 minutes par mois à 1,96 dollar la minute, ICO vise à cette date un 
chiffre d’affaires de 1,7 milliards de dollars dont 11% sur la marché 
américain, et un résultat positif de 163 millions de dollars, alors que 
l’opérateur situe son point mort à 1 million d’abonnés.
En Afrique, 11 pays ont investi 192,5 millions de dollars, il s’agit du 
Maroc, de l’Afrique du Sud, du Bénin, du Libéria, de la Libye, du 
Cameroun, du Kenya, de l’Ile Maurice, du Sénégal de l’Egypte et du 
Nigéria. Son directeur régional sur le continent a récemment déclaré que 
sa clientèle ne saurait se restreindre aux hommes d’affaire et que le 
projet s’adressait à toute personne isolée du fait de la distance ou des 
difficultés du terrain. Les services s’adressent aussi aux villages 
africains, agriculteurs, voyageurs, résidents locaux, bénévoles, membres 
des ONG. Ils seront accessibles soit par téléphone fixe, par cabine 
payante ou via des mobiles et seront vendus par de partenaires locaux. 
C’est ainsi que des accords de distribution ont déjà été signés avec 
l’OPT du Bénin, la SONATEL du Sénégal et Telkom South Africa..

En bref
En Tunisie, environ 50000 personnes devraient être abonnées au réseau GSM 
fin 98 contre 27000 en octobre selon le ministère des télécoms. En outre, 
le parc du réseau fixe compte actuellement 734000 abonnés (8,2 lignes 
pour 100 habitants). Il devrait doubler d’ici 2001.
L’association Médecins du Monde a retenu pas moins de 6 opérateurs pour 
prendre en charge ses télécommunications jouant ainsi la concurrence à 
plein. A France Télécom n’est revenu que l’acheminement des 
communications nationales
La télédensité en Afrique est 1,85 lignes pour 100 habitants contre 
12,89 dans le monde. Chaque année 164 milliards de dollars sont investis 
dans les télécommunications soit 30 dollars par habitant. Mais cela 
représente 54 dollars par américain, 63 dollars par européen, 177 dollars 
par australien... et 4 dollars par africain.
M. Hamadoun Touré, a été élu directeur du Bureau de Développement des 
Télécommunications de l’UIT. Il a débuté ca carrière dans son pays au 
Mali de 1979 à 1985 dans les stations terriennes puis continué au sein 
d’INTELSAT. Il était directeur régional pour l’Afrique du projet ICO au 
moment de sa nomination.
Le ministre des télécommunications du Brésil a du récemment démissionner 
après avoir été accusé de favoritisme lors de la procédure de 
privatisation de l’été dernier.
La conférence africaine de l’Internet réunissant du 15 au 17 décembre à 
Cotonou 130 spécialiste d’une quarantaine de pays africains a décidé la 
création de l’Afrinic, une structure régionale de coordination des 
adresses Internet.



Crise politique ?
Le suites de la mort suspecte d’un journaliste semble tourner à la crise
 
politique bien que le Président vient d’être élu à plus de 87% des 
suffrages exprimés.
M. Norbert Zongo était le rédacteur en chef de l’hebdomadaire burkinabé
 
l’Indépendant particulièrement apprécié dans ce pays pour son courage et 
son indépendance.
Il est décédé le 13 décembre en compagnie de 3 de ces compagnons 
officiellement dans un accident de voiture. Or L’ensemble de l’opposition 
de même que l’association Reporters Sans Frontières soupçonnent un 
assassinat déguisé. La voiture aurait été carbonisée de l’intérieur et 
des impacts de balles auraient été trouvés à l’arrière. Près de 15000 
personnes ont suivi ses obsèques et les manifestations se sont depuis 
multipliées, pour demander que toute la lumière soit faite sur le décès, 
souvent suivies par l’interpellation des dirigeants de l’opposition. 
L’annonce de la création d’une commission indépendante par le pouvoir n’a 
suscité que scepticisme de la part de l’opposition qui a décidé de créer 
sa propre commission d’enquête.


Courrier.
Nos avons reçu la lettre suivante de Laurent Siré Kinta Barro 
(superviseur pour l’alphabétisation à Sérékéni).
" Pour l’affaire du téléphone, cela m’a un peu découragé, parce que nous
 
ne savons pas à quel moment avoir le téléphone à Sérékéni. On comptait 
beaucoup sur vous, que grâce à vous on allait recevoir le téléphone, ci 
c’est pou attendre le téléphone du Burkina, cela ne serait même fait à 
l’an 2010... "
L’un de nos projets, sur lequel nous avons travaillé plusieurs années, 
consistait à installer une liaison radio entre ce village et la ville la 
plus proche Orodara située à 27 km. Il ne manquait plus que la réponse de 
l’ONATEL qui nous a informés qu’il était prévu le raccordement du village 
au réseau téléphonique en 1999. Nous avons donc sursoit à notre projet 
nous engageant à payer le raccordement et quelques mois d’abonnements 
pour une ligne téléphonique gérée collectivement. Le passage suivant 
poignant témoignage illustrant le besoin du téléphone.
" ...Depuis 1985, la route Sérékéni Tin est en programme pour être 
réparée mais jusqu’à nos jours, cela n’a pas été fait. Aujourd’hui la 
route est encore plus gâtée que le moment où vous êtiez passés, parce que
 
nous ne pouvons plus réparer avec notre main, c’est difficile. Le 
14/10/98, ma tante est tombée malade, maux de ventre, très gravement. Je 
l’ai emmenée au dispensaire de Sérékéni. L’infirmier me dit de l’évacuer 
à Orodara. Il était tard pour prendre l’ambulance, qu’il fallait d’abord 
aller chercher avant de la ramener. J’ai attaché ma tante derrière moi 
sur ma moto pour aller. Cela m’a fait 1 heure 20 de temps. Arrivé à 
Orodara, on me dit d’aller vite à Bobo (La distance Orodara Bobo est 
d’environ 80 km). Arrivé à Bobo, le docteur me dit que 10 minutes pus 
tard elle allait mourir. Voilà un grand intérêt du téléphone qui va 
arriver, cela ne m’arrive pas à moi seul "
Barro Siré Kinta Laurent agriculteur, superviseur pour l’alphabétisation.


A la suite d’une lettre parue dans la publication trimestrielle du CCOBF, 
où nous avons présenté l’activité de CSDPTT, nous avons reçu un important
 
courrier. Nous vous en livrons ci-dessous quelques extraits.
" Je me nomme Zangré I. Lucien, je dirige une Association de 
Développement dénommée aA. D. K/ (Association pour le développement de 
Karantanghin).
Pour mieux lutter contre le sous-développement et tout son cortège de 
malheurs et à l’instar des autres villages du BurkinaFaso, nous avons 
créé cette association.
J’ai lu avec un très vif intérêt l’exposé que vous avez fait dans la 
lettre du CCOBF. C’est très excitant et pour un village très enclavé 
comme Karantanghin, votre précieux concours serait la bienvenue, car le 
téléphone est à l’heure actuelle, un instrument indispensable pour tout 
développement.
En effet Karantanghin est à 40 km de Ouagadougou. Nous avons d’énormes 
problèmes. Le village ne possède aucune structure sanitaire pour évacuer 
un malade à Ouagadougou (nous n’avons ni dispensaire, ni maternité à 
côté). Il faut que quelqu’un vienne à Ouagadougou à vélo (40km) pour 
faire venir une ambulance. Si c’est une femme qui est sur le point 
d’accoucher, elle est transportée dans une charrette assise. En saisons 
pluvieuse, le village est totalement isolé. Le fait d’avoir un centre 
téléphonique serait d’un grand soulagement pour levillage...
Monsieur le Président, c’est avec un cri du c ur que je m’adresse à vous. 
Je serai très reconnaissant que vous ayez un penchant favorable à ma 
requête ".
M. ZANGRE I. Lucien Secrétaire Général de l’ADK (Association pour le 
développement de Karantanghin).

" C’est avec beaucoup d’intérêts que j’ai lu votre article paru dans la
 
lettre du CCOBF N° de ce mois. Notre association avc d’autres partenaires 
soutien un projet de développement des villages de brousse à une centaine 
de km du Sud est de Ouaga. Gadghin, ce village, fait partie de la zone 
d’aménagement de Rapadam situé à proximité du Nakandé (Volta Blanche). 
Cette zone aménagée a permis l’accueil de toute une population de Peuls 
et Mossis en provenance du Nord est du pays. L’administration a donc 
regroupé artificiellement éleveurs et cultivateurs en 9 villages 
numérotés 1 à 9. La population de V9 a attribué le nom de Gadghin pour 
caractériser le village et intègre une forte proportion d’habitants 
autochtones.
Depuis mai 1994, nous avons pu réaliser la construction d’une école 
primaire de 3 classes, d’une cantine d’un puits, de 3 logements de 
fonction. Cette école scolarise actuellement 200 enfants. Cette année 
nous avons démarré la construction d’un centre de soins. A ce jour un 
forage de 35 m équipé d’une pompe Volanta fournit une eau abondante et de 
qualité qui sera destinées prioritairement au dispensaire et à la 
maternité qui suivra.
Ce village est accessible à partir de la route Ouaga Niamey, puis par une 
piste correct jusqu’en V4, et par des chemins très aléatoires et 
impraticables en saison des pluies pour les 15 derniers km.
Votre initiative nous intéresse donc au plus au point car le problème 
des liaisons épistolaires avec ce village est lancinant. Nous avons 
actuellement 2 correspondants, l’un à Oouaga qui est équipé d’un fax et 
l’autre au village même du directeur de l’école. C’est en fait avec lui 
que nous communiquons le plus souvent. Un aller et retour de courrier met 
entre 1 et 2 mois selon qu’il poste à Zorgho ou à l’aéroport de Ouaga.
L’expérience que vous menez actuellement dans les villages de Niimina, 
dans la province du Nayala, nous intéresse. Nous sommes demandeurs 
d’informations dans un premier temps et peut-être plus tard, d’une 
coopération... ".
M Jean Metton Président de Partage Tiers Monde Val d’Azergues.


" A la dernière réunion des chefs de file du suivi du programme 
prioritaire pour le Burkina Faso, j’ai eu connaissance de vos actions de 
coopération dans le secteur des télécommunications avec le personnel des 
télécommunications et avec vos homologues du Burkina Faso (lettre du 
CCOBF).
Membre du suivi des actions de santé, je suis également responsable d’une 
association qui soutient le développement d’un département dans tous les 
domaines. Auparavant, j’ai participé à la mise en place d’un jumelage de 
notre ville Meaux où j’étais élu responsable de la coopération ; hélas le
 
changement de municipalité a interrompu ce jumelage qui existait depuis 6 ans.
Actuellement nos actions en tant qu’association se situent dans la 
province du Kourwéogo et plus particulièrement sur le département de 
Niou. Dans le groupe des ressortissants de Niou habitant Ouagadougou et 
appuyant les actions de développement se trouvent des responsables de 
l’ONATEL aussi je serais très intéressé de pouvoir travailler avec votre 
association dans un projet commun peut-être ? Très intéressé par vos 
réalisation qui se situent à la fois sur le développement rural et 
artisanal, je serais désireux de mieux les connaître. "
Docteur Charles Brossier
Association Seine et Marne-Sahel
section Burkina Faso.
 

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Individuel 80 FF .
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 Entreprise
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Envoyer à CSDPTT BP 8 75261 Paris Cédex 06 accompagné d’un chèque à
 
l’ordre de CSDPTT. Les premières assises de
l’Internet non marchand et 
solidaire se sont tenues le 7 novembre 1998 à l’Assemblée Nationale. 
Elles ont été organisées par Globenet (http://www.globenet.org),
Iris 
(http://www.iris.sgdg.org), le Mini-rézo
 
(http://www.multimania.com/uzine),
Neuronnexion/Humanet 
www.neuronnexion.fr) et le R@s ( href="http://www.ras.eu.org">http://www.ras.eu.org) et ont rassemblé 
environ 300 personnes. Outre les débats dont nous publions un compte 
rendu extrait de " LES IRIS " 
http://www.iris.sgdg.org/les-iris/index.html,
un forum des initiatives 
non marchandes et solidaires a permis à un certain nombre d’associations 
ou de collectifs informels d’exposer leurs projets et leurs activités et 
de nouer des contacts avec les autres participants.
 La
Rédaction.

Débat 1 : quel avenir pour les fournisseurs d’accés indépendants et 
associatifs
Quelle que soit la forme juridique des fournisseurs d’accès intervenant 
lors de ce débat - association à but non lucratif ou autre -, ils ont en 
commun une indépendance réelle vis-à-vis des gros fournisseurs, mais 
surtout une certaine philosophie de leur relation avec leurs adhérents ou 
abonnés.
Au niveau du service, d’abord, ils proposent un accès à des services que 
les gros fournisseurs, dans leur volonté de normalisation de l’offre, ne 
fournissent pas, ou pas au même coût. Cette situation instaure un rapport 
avec l’abonné dans lequel le droit de regard sur l’offre est central.
Au niveau du contenu, ensuite, étant dans une démarche non marchande, les 
fournisseurs d’accès associatifs et indépendants veillent à n’infliger à 
leurs adhérents ni bandeaux publicitaires, ni sélection de l’information. 
Il s’agit d’un accès libre à une information libre.
Au niveau de la protection des données personnelles, enfin, aucun profil 
marketing de leurs adhérents n’est élaboré, ni a fortiori cédé ou vendu. 
La garantie de la protection des données personnelles qu’offrent à leurs 
adhérents les fournisseurs d’accès associatifs et indépendants étant une 
de leur spécificité, cela pose la question, selon Marie Georges (CNIL) de 
l’efficacité de l’application de la loi française, ainsi que des 
directives européennes, qui devraient s’imposer à tous les fournisseurs 
d’accès sans exception. Mme Georges a ainsi appelé tous les fournisseurs 
d’accès à une réflexion sur la nature des données et leur délai de 
conservation.
Les fournisseurs d’accès intervenant à ce débat sont conscients du fait 
que se positionner sur le même créneau que les gros fournisseurs est à 
terme économiquement suicidaire. C’est pourquoi la plupart d’entre eux a 
renoncé à simplement fournir de l’accès et se spécialise de plus en plus 
dans une offre particulière répondant aux besoins spécifiques de leurs 
adhérents, non satisfaits par les gros fournisseurs.
Par ailleurs, il a été constaté et déploré que l’État ne veut pas 
s’engager dans un processus de déploiement d’une infrastructure de 
service public malgré son coût modéré (selon Michel Briand, élu municipal
 
à Brest, connecter une ville comme la sienne reviendrait à 4 millions de 
francs, l’équivalent du coût de 300 mètres d’autoroute !), et cède ainsi 
le terrain à la seule initiative privée et marchande, alors que les 
besoins des associations, des écoles, des citoyens, sont potentiellement 
immenses et justifieraient largement la présence de ce secteur public à 
côté du secteur privé.
Débat 2 : enjeux économiques d’Internet - pour un Internet non marchand
Dans un contexte international caractérisé par la domination de 
l’économique et du financier sur le politique, le service public et tout 
projet solidaire font l’objet d’attaques en règles visant à leur 
démantèlement. C’est ainsi qu’en France le gouvernement projette de 
mettre en place une économie de fonds de pension, qui représente une 
rupture avec le principe même d’une société solidaire, et qui ancrera de 
plus en plus le pays dans l’ultralibéralisme. Même si, au niveau 
national, des voix s’élèvent pour la protection et la pérennité du 
service public, il est de plus en plus difficile pour un pays de 
s’affranchir de la pression et des contraintes internationales, qui 
amènent à privatiser les monopoles publics, pour finalement assister à la 
recomposition d’autres monopoles, dans une domination totale du marché.
Internet et les réseaux numériques n’échappent pas à cette tendance. Le 
processus décrit trouve son illustration dans la tentative de contrôler à 
la fois la chaîne de l’information et l’infrastructure nécessaire à la 
circulation de cette information. Ces objectifs de prise de contrôle du "
 
contenu " comme du " contenant " culminent dans la présentation de la

convergence " des infrastructures et des services comme un phénomène 
inéluctable, qui serait imposé par la seule évolution des technologies.
C’est ainsi qu’Internet fonctionne essentiellement sur la base de 
logiciels et de protocoles de communications libres, que certaines 
entreprises cherchent à détruire en développant des applications qui 
tendent à rendre difficile l’interopérabilité, pour arriver à terme à 
imposer leurs " standards " propriétaires. Par ailleurs, certaines de ces
 
applications servent à capturer des informations personnelles, pour 
établir des profils marketing des utilisateurs. Cette perversion des 
standards ouverts, comme ces tentatives de récolter le maximum 
d’informations personnelles sur les citoyens, a pour objectif de les 
transformer ainsi en simples consommateurs, captifs de cette " société de
 
l’information ".
Du point de vue de l’infrastructure de télécommunication, la 
privatisation a entraîné une concurrence qui ne résout pas pour autant le 
problème du coût des communications, notamment locales. Par ailleurs, la 
nécessité de connectivité permanente dans des conditions équivalentes 
n’est pas près d’être satisfaite par les opérateurs privés. Dans cette 
situation, de plus en plus de collectivités territoriales ont pris 
conscience de l’importance du déploiement d’une infrastructure passive de 
télécommunication sur laquelle elles peuvent garder le contrôle. Ces 
décisions font actuellement l’objet de contestations par des opérateurs 
de télécommu-nications. Par ailleurs, elles ne sont pas encouragées par 
l’État, qui ne voit pas toujours d’un très bon oeil ces manifestations de 
décentralisation réelle.
Face à cet état de fait, la résistance des citoyens est nécessaire. La 
mobilisation internationale massive contre l’AMI (Accord multilatéral sur 
l’investissement) montre que cette résistance est possible, et qu’elle 
porte ses fruits. Cet exemple est un encouragement à poursuivre d’autres 
formes de résistance, certes moins spectaculaires, mais tout aussi 
nécessaires, comme l’utilisation et la promotion des logiciels libres et 
le déploiement d’une infrastructure de service public au niveau local. 
Plus globalement, si l’informatique et les réseaux sont vecteurs du 
développement de l’ultralibéralisme, ils en constituent aussi le talon 
d’Achille.
Débat 3 : Internet pour l’action militante et syndicale
Même si les intervenants mettent en avant la primauté du projet politique 
sur le technique, ils n’en témoignent pas moins de l’importance 
d’Internet en tant qu’outil, et du rôle structurant que celui-ci peut 
jouer. Internet est d’abord utilisé au service de l’action militante 
traditionnelle. Il sert ainsi de moyen de publication bon marché, 
réduisant considérablement le coût des communications entre les 
militants, et, au-delà, permet de nouer des contacts avec des personnes 
et des organisations auxquelles l’accès n’aurait pas pu être aisé 
autrement.
Parallèlement à cette utilisation, Internet peut représenter un nouveau 
moyen de lutte. C’est ainsi que l’action d’associations comme Attac 
(Action pour une taxe Tobin d’aide aux citoyens) ou les Glb (Gais et 
lesbiennes branchés) s’est structurée avec et autour d’Internet, et 
aurait eu un profil extrêmement différent sans l’utilisation de cet 
outil.
Au niveau international, l’exemple de l’émergence et de la structuration 
d’un réseau d’organisations non gouvernementales et d’individus opposés à 
l’AMI, et le rôle joué par Internet dans ce mouvement, a montré que 
quelque chose qui ressemble à " une société civile transnationale "
 
commence à se profiler. Mais, comme souligné par l’un des intervenants, 
si l’accès à Internet demeure le privilège des classes dominantes des 
pays riches, le risque est que ces nouveaux groupes de pression reflètent 
uniquement l’intérêt de cette classe dominante.
BILAN ET PERSPECTIVES
Ces premières assises ont suscité, chez tous, l’envie de continuer : 
"c’est la première fois que nous nous rencontrons ", ont dit les 
fournisseurs d’accès indépendants intervenant au premier débat, pour 
convenir d’entamer une réflexion suivie sur leur devenir commun, et la 
nécessaire sauvegarde de leur indépendance par rapport aux gros 
fournisseurs d’accès. Une personne de SUD résume le sentiment d’une 
majorité de participants : " il aurait fallu au moins une journée entière
 
et non simplement une heure et demie pour approfondir les thèmes de 
chaque débat ". Deux listes de travail sont en place, prêtes à accueillir
 
tous ceux qui veulent y contribuer.
La première liste est mise en place par le R@s, et n’a vocation à 
accueillir que les fournisseurs d’accès et de services. Il s’agit de la "
 
liste de travail du réseau des serveurs associatifs et indépendants ". 
Cette liste sert à concrétiser l’engagement pris de développer la 
coopération entre serveurs associatifs et solidaires, indépendants du 
marché. L’adresse de cette liste de discussion est " rsai-l@ras.eu.org ".
 

La deuxième liste est mise en place et animée par Iris, avec le concours 
technique et logistique du R@s et de Globenet Cette liste a vocation à 
être publique, et ses contributions seront archivées. Il s’agit de la "
 
liste de l’Internet non marchand et solidaire ", qui sert à garder le 
contact, continuer à discuter et à échanger des expériences et des 
informations, et réaliser des projets. L’adresse de cette liste de 
discussion est " inms-l@iris.sgdg.org ". On peut s’y abonner directement
 
en envoyant un message à : inms-l-request@iris.sgdg.org en mettant le 
mot-clé subscribe dans le sujet du message (si votre navigateur le 
permet, vous pouvez aussi cliquer directement sur mailto: 
inms-l-request@iris.sgdg.org ?Subject=subscribe). Pour plus d’information, 
contacter Kaïs Marzouki (Iris) :
mailto:kais.marzouki@dial.oleane.com.

Meryem Marzouki