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Lettre de Novembre 1998

Novembre

dimanche 1er novembre 1998

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LA LETTRE DE NOVEMBRE 98
No : 37

Sommaire :
-Edito : Leçon d’humilité
-90000 abonnés au cellulaire en Côte d’Ivoire !
-Côte d’Ivoire : concurrence dans la publiphonie
-Déréglementation en Ouganda
-Une comparaison GLOBALSTAR- IRIDIUM
-Jordanie : privatisation suspendue
-Nigéria : patientez !
-En bref : Qatar , SOTELMA (Mali), Palestine, Mozambique
-Economie : parité FCFA-EURO
-Résultats des élections au Burkina Faso
-Les premières assises de l’Internet non marchand et solidaire
-Document : Etude de faisabilité
pour l’installation et la gestion du téléphone de village
en milieu rural dans 4 localités de la province du Nayala au Burkina
Faso.



 

Leçon d’humilité
Nous publions ci-dessous un long extrait d’une étude de faisabilité
pour
l’installation et la gestion du téléphone de village
en milieu rural dans
4 localités de la province du Nayala au Burkina Faso. Cette
étude a été
réalisée à notre demande et le financement de
sa réalisation constitue
environ 27% de la subvention reçue pour réaliser ce projet.
Elle fait
suite à une étude prospective et devrait être suivie
d’un bilan après
l’installation des téléphones.
La décision de cette dépense lourde pour une petite association
comme la
nôtre, insuffisante pour nos amis qui l’ont réalisée,
avait été prise
après des débats contradictoires au sein du Conseil d’Administration.
Maintenant, c’est avec une grande fierté que nous considérons
cette
initiative. Oui, ce type d’étude est beaucoup trop rare, aussi
la
rendons-nous disponible sur notre site. Oui, beaucoup d’acteurs du
développement, pleins de bonnes volontés par ailleurs,
pensent qu’il
suffit d’aller en Afrique avec de l’argent et que si ça ne marche
pas
(combien l’avoue ?), c’est parce que leurs partenaires locaux y mettent
pas de mauvaise volonté. Les résultats que nous publions
nous ont ouverts
les yeux sur la complexité de notre démarche et combien
il ne faut pas
surtout pas faire l’économie de sa propre remise en question.
Un village
africain est une micro société extrêmement complexe,
que l’on ne peut
décoder en quelques jours. La réussite d’un projet dépend
en grande
partie de la façon dont on aborde cette réalité.
C’est pour nous une grande leçon d’humilité. Nous n’aurons
de cesse de la
faire partager.
 Bruno Jaffré
 
 

90000 abonnés au cellulaire en Côte d’Ivoire !
Alors que le réseau fixe reste sous le monopole de CI-Telcom,
(dont
France Télécom détient 51% du capital par l’intermédiaire
de FCR), trois
sociétés se partagent le marché de la téléphonie
mobile. Il s’agit
d’Ivoiris de CI-Telcom avec 40000 abonnés, Télécel
qui en compte 33000
abonnés et Comstar qui vient derrière avec 17000. Tandis
que les réseaux
des 2 premières couvrent les principales villes du pays Abidjan,
Yamoussoukro, Bouaké, Daloa, Korhogo et Gagnoa, le retard de
Comstar
s’explique par une couverture moins grande due à des difficultés
de
financement. Telecel s’apprête à introduire les cartes
prépayées tandis
que Comstar annonce vouloir couvrir les principaux axes routiers.
Cet engouement ne va pas sans problème. Les compagnies de mobile
estiment
à environ 40% le nombre de mauvais payeurs, 50% chez Comstar.
Les mauvais
clients recourent à différentes méthodes. Par
exemple, ils passent d’un
opérateur à l’autre. Ceux-ci ont donc décidé
de d’échanger mensuellement
leurs fichiers pour détecter les mauvais payeurs. Certains donnent
de
fausses domiciliations évitant ainsi que l’on puisse les retrouver.
Les
commerçants du secteur informel ne disposent pas de domiciliation
bancaire. Ils sont cependant capables de payer plusieurs mois d’avance
sur consommation. Mais ensuite certains ne règlent plus rien
jusqu’à ce
que la ligne soit coupée. De leur côté, les clients
se plaignent
d’erreurs de facturation ou simplement de ne pas pouvoir respecter
les
dates de limite de paiement arguant du fait qu’ils ne peuvent régler
avant d’avoir touché leurs salaires.
_______________________________
Déréglementation en Ouganda
L’Ouganda prépare la vente de 51% du capital de son opérateur
national
UTL (Uganda Telecoms Limited). Deux nouveaux consortium viennent
de se
mettre sur les rangs alors qu’en Août, seul Telecom Malaysia,
déjà
présent en Guinée, au Ghana, au Malawi et en Afrique
du Sud, s’était
porté candidat. Le premier regroupe Worldtel, une société
privée créée
par l’UIT, et une filiale de Deutsche Telekom, le second une société
américaine et une société canadienne. Les dossiers
ont du être déposés
avant le 13 novembre.
Dans les mobiles la concurrence fait rage. Une compagnie de téléphones
portables sud-africaine Mobile Telephone Network (50% du capital
appartient au sud-africain Telkom, 30% au suédois Telia et 20%
à des
privés ougandais et rwandais) vient de s’installer en Ouganda.
Elle
offrira dans un premier temps des services de téléphones
mobiles mais
projette d’installer 100000 lignes fixes d’ici 5 ans. Elle vient en
effet
d’obtenir une licence à cet effet alors qu’elle était
en compétition avec
un consortium portugais. Elle propose des tarifs 50% moins chers que
ceux
pratiqués par son principal concurrent Telcel (un peu moins
de 10000
abonnés) qui avait pourtant baissé ses tarifs de 33%
en prévision de
l’arrivée de MTN.
La compagnie nationale reste la moins chère. Elle comptait en
juillet
54000 abonnés pour une capacité de 81000 lignes.
_______________________________
Parité FCFA - EURO  !
Les ministres des finances des Etats de la zone franc se sont réunis
le
1er octobre 1998 a Paris. Ils ont examine avec M. EDLINGER, ministre
des
Finances autrichien et président en exercice du Conseil Ecofin,
les
conséquences du passage à l’Euro pour le Franc CFA et
le franc comorien.
Ils ont confirmé que le passage a l’Euro n’aurait pas d’effet
sur la
valeur du Franc CFA et du Franc comorien. La parité avec l’Euro
se
déduira, en effet arithmétiquement de celle fixée,
le 1 er janvier 1999,
entre le Franc et l’Euro. Les accords de coopération monétaire
liant la
France aux autres pays de la zone Franc ne seront pas modifiés.
Ces
décisions qui ont fait l’objet d’un accord politique lors du
conseil
d’Ecofin du 6 juillet dernier, viennent de recevoir l’avis favorable
de
la Banque Centrale européenne. Un projet de décision
sera prochainement
soumis pour adoption définitive au conseil Ecofin.
Par contre, les pays africains s’inquiètent de l’avenir des
accords de
Lomé qui permettaient jusqu’ici de protéger certains
produits africains
en Europe et avait mis en place toute une procédure de compensation.
L’Europe se place en effet de plus en dans la perspective des accords
de
l’OMC qui prônent la suppression de toutes les barrières
et protections.
________________________________

M Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir à la suite
de l’assassinat de Thomas
Sankara, a été réélu président de
la République avec 87,3% des suffrages
exprimés. Ses deux challengers ont obtenu respectivement 6,61%
et 5,86%
alors que le taux de participation s’est élèvé
à 56,08%. Les principaux
partis d’opposition avaient appelé au boycott pour protester
contre les
conditions de l’élection. Aux précédentes élections
présidentielles de
1991, Compaoré était le seul candidat, la participation
avait alors été
de 25%
________________________________
 
 

Les premières assises de l’Internet non marchand et solidaire
organisées
par Globenet (http://www.globenet.org),
Iris (http://www.iris.sgdg.org),
le Mini-rézo (http://www.multimania.com/uzine),
Neuronnexion/Humanet
(http://www.neuronnexion.fr)
et le R@s (http://www.ras.eu.org) ont
rassemblé environ 300 personnes. Trois débats étaient
organisés autour de
deux thèmes : lutter pour la pérennité du secteur
non marchand sur
Internet et promouvoir le service public d’accès. Une
liste de
discussion a été ouverte dans le prolongement des
assises
à inms-l@iris.sgdg.org.
Renseignements à kais.marzouki@dial.olenae.com.


Nous publions ci-dessous l’introduction et la conclusion d’une étude
réalisée à la demande de CSDPTT, ainsi que la
perception de l’arrivée du
téléphone par un village à titre d’exemple. Car
ce travail a été réalisé
pour les 4 villages. L’étude comprend en outre une monographie
complète
des 4 villages. Elle fait suite à une première étude
prospective
effectuée en mai. Les deux études vont être publiées
intégralement sur
notre site Internet. Nous montrons là notre souci de nous entourer
des
précautions nécessaires, en faisant appel à un
sociologue confirmé, dans
une démarche qui consiste à implanter du matériel
téléphonique devant
être mis à la disposition de l’ensemble de la collectivité.
Cette étude a
mis à jour des problèmes et difficultés que nous
n’aurions pas pu évaluer
nous-mêmes. Que Monsieur André Nyamba Docteur d’Etat en
Ethno-Sociologie
Université d’Ouagadougou et ses étudiants CISSE
Aminata Fili, CISSE
Bakari, COMPAORE Placide, COMPAORE Rakiéta, COMPAORE Solange
R.S.,
COULIBALY Perthiou Yaya, DAO Mamadou, DICKO Boubacar soient sincèrement
remerciés pour leur engagement et la qualité du travail
réalisé.
 
La Rédaction.
 

Etude de faisabilité pour l’installation
et la gestion du téléphone de

village en milieu rural dans 4 localités de la province du
Nayala au

Burkina Faso.

par André Nyamba pluri.nyamba@fasonet.bf
Université de Ouagadougou Faculté des sciences humaines
et sociales.
Département de sociologie
03 BP 7021 Ouagadougou
FAX 00 226 30 72 42

INTRODUCTION GENERALE
L’étude prospective sur les conditions socio-culturelles de
réalisation et de fonctionnement du téléphone dans
six (6) localités de la Province
du Nayala au Burkina Faso avait fait ressortir l’engouement et la disponibilité
des populations concernées pour accueillir le nouvel outil
de communication qu’est le téléphone en milieu rural.
Cette étude-ci porte sur la faisabilité pratique de l’implantation
et de la gestion des
cabines téléphoniques dans quatre (4) localités
de la même province : Biba, Koin, Nimina et Yaba.
Une étude de faisabilité rend compte des conditions réelles
à la fois physiques, matérielles, sociales et psychologiques
de mise en oeuvre
effective d’un projet. Elle ne remet pas en cause l’engouement et la
disponibilité première exprimés lors de l’étude
prospective ; elle les
canalise plus concrètement, en termes de conditions effectives
de l’installation et des modalités de gestion des cabines téléphoniques
dans
chaque village concerné.
L’étude de faisabilité prolonge et précise l’étude
prospective : elle doit être en mesure de déceler tous les
"non dits" de la première étude
prospective, afin que les promoteurs du projet sachent à quoi
s’en tenir exactement pour réaliser l’installation des cabines téléphoniques.

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l’étude ...