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Burkina Faso : Soulémane So, SG du Synatel - « Un préavis de grève illimitée a été déposé auprès du président du Faso »

vendredi 31 octobre 2008, par Bruno JAFFRE

C’est le statu quo à l’Office national des télécommunications, le sit-in dressé par ses travailleurs à la direction générale, depuis le vendredi 24 octobre dernier, continue. Ces derniers menacent même d’utiliser « d’autres moyens » pour obtenir gain de cause.
A cet effet, ils ont déposé un préavis de grève illimitée auprès du président du Faso, le mardi 28 octobre 2008. C’est ce qui ressort de la conférence de presse tenue par le Syndicat national des télécommunications (Synatel), hier mercredi, à son siège. Initialement prévue à la Bourse du travail, c’est finalement au siège du Syndicat national des télécommunications (Synatel), sis à la direction générale de l’Onatel, que se tiendra la conférence de presse des travailleurs de la nationale des télécommunications.

La raison, la commémoration des 20 ans du CGT-B sur le premier site. « Nous sommes déterminés à continuer, et nous ne sommes pas à la limite des moyens dont nous disposons pour atteindre notre but. Nous allons faire aboutir la lutte, car nous luttons pour la survie même de l’Onatel », prévient, d’entrée de jeu, le secrétaire général du Synatel, Soulémane So. Pour lui, il n’est pas question de rebrousser chemin ou de négocier avec la direction actuelle marocaine, dont ils réclament purement et simplement le départ.

« Elle n’est plus habilitée à nous faire des propositions, et nous attendons de pouvoir discuter de notre plateforme revendicative avec la nouvelle direction », ajoute t-il. A l’en croire, le sit-in entamé depuis le vendredi va continuer, car le départ des trois Marocains est réclamé inconditionnellement.

Selon le SG du Synatel, un préavis de grève illimitée a même été déposé auprès du président du Faso, le mardi 28 octobre 2008 et sera publié incessamment. « Nous allons respecter les délais juridiques de deux semaines avant exécution établis en la matière, et le préavis prendra donc effet en mi-novembre », précise-t-il.

Ce dernier soutient qu’outre les délégations du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, et de la présidence du conseil d’administration de l’Onatel, son syndicat n’a reçu aucun signe de volonté de dialogue pour une sortie de crise émanant de la direction actuelle. Au dire de Soulémane So, un document écrit a été adressé par le Synatel au président du conseil d’administration pour lui relever les griefs contre l’administration actuelle, constatés depuis l’arrivée de Maroc Telecom.

Ce sont, égrène-t-il, essentiellement « sur le plan organisationnel : le manque de nouveau statut et règlement intérieur, qui fait que les décisions sont prises dans l’informel, l’organigramme inadapté supprimant beaucoup de postes de responsabilités de cadres burkinabé, les frais de missions dérisoires et, de fois, impayées par la faute de la direction des affaires financières où des rapports se perdent même. Il y a également les écarts de gestion financière avec des loyers et des frais de déplacement et de loisirs de la direction, exorbitants.

Pourtant cette même direction avait qualifié le vaccin contre la méningite du personnel de l’Onatel de dépenses exorbitantes. Sur le plan juridique, il existe un flou quant au statut et au traitement des travailleurs expatriés de l’Onatel. Et des sociétés marocaines s’implantent au Burkina, aux frais de l’Onatel, sans qu’on en sache les tenants et les aboutissants ; c’est le cas de BM Telecom installé dans les locaux de Telmob. »

En rappel, c’est le 17 octobre dernier que le Synatel avait annoncé, lors d’une conférence de presse, un arrêt de travail pour les 22 et 23 octobre 2008. 97.5% de participation sur toute l’étendue du territoire ont été enregistrés durant ces 48 h de grève, foi de Soulémane So.
Le vendredi 24 octobre, les travailleurs ont refusé de reprendre le travail, réclamant le départ du directeur général de l’Onatel, Mohamed Morchid, ainsi que du directeur des affaires financières, Naimi Sidi Mohamed, et du chef de département réseau, Ousharaf.

Ainsi, la communication ne passe toujours pas à la nationale des télécommunications. Vivement que le Synatel trouve un interlocuteur à l’autre bout du fil des négociations pour permettre à l’Onatel de retrouver le réseau.

Hyacinthe Sanou

Source : L’Observateur Paalga (Ouagadougou) du 29 Octobre 2008 Publié sur le web le 30 Octobre 2008 http://www.lobservateur.bf/spip.php?page=article_archive&id_article=9445