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La lettre de CSDPTT Juin - Juillet 2006

lundi 18 septembre 2006, par Alain

La lettre de CSDPTT Juin - Juillet 2006

                            - Numéro 123 -

" Promouvoir les échanges et l’entraide entre les peuples, notamment en apportant un soutien aux actions de développement dans les domaines de la Poste et des Télécommunications. "

Article 2 des statuts de Coopération Solidarité Développement aux PTT

 

Edito

 

"Une Convention appliquée"

La Convention signée en juillet 2005 par le Directeur général de l’ONATEL, l’opérateur public de télécommunications du Burkina Faso, par le Président de la SODEPTEL, notre association partenaire dans ce pays, et par le Président de CSDPTT, s’est traduite très concrètement en mai cette année par une mission de formation que notre association a élaborée avec nos partenaires burkinabé.

En effet, cette Convention stipule que CSDPTT est associé à la mise en œuvre du " Programme triennal des cent villages ". C’est donc dans ce cadre que nous avons convenu d’une formation du personnel burkinabé concerné, articulée en deux cours de quinze jours chacun :

- Le premier cours est de nature opérationnelle, et comprend l’étude, la réalisation et la maintenance/gestion de liaisons d’accès par voie radio avec des équipements classiques. Ce cours est assuré par deux membres de CSDPTT Rhône-Alpes, spécialistes dans les télécommunications rurales et familiers de la région, et a démarré le 22 mai.

- Le deuxième cours est de nature conceptuelle et comprend la présentation des solutions technologiques plus avancées et actuellement disponibles, leur évaluation, l’identification des contraintes qu’elles impliquent, et la sélection de quelques connexions critiques comme projets pilotes à réaliser conjointement, afin de permettre le déploiement généralisé ultérieur par nos seuls partenaires burkinabé. Ce cours est assuré par un membre de CSDPTT, expert en la matière à FT, et a commencé le 29 mai.

Outre le renforcement de nos liens d’amitié et de solidarité avec nos partenaires burkinabé, CSDPTT se réjouit de voir reconnu par la Direction Générale d’ONATEL le rôle fondamental et prioritaire de la formation de ses agents dans son programme triennal de connexion au réseau des cent villages. Notre association est aussi fière de contribuer à ce projet dont l’utilité sociale et économique n’échappe à personne, en assurant la formation et donc en renforçant la compétence de nos collègues sur place.

Ces interventions s’inscrivent dans l’activité de CSDPTT dans la sous-région d’Afrique de l’Ouest, notamment au Mali, grâce à un programme de raccordement de villages isolés en pays Dogon, et au Niger où un projet d’interconnexion des radios communautaires est en cours.

Ainsi, le volontariat de nos membres, le bénévolat et la solidarité qui président à notre action sur le terrain avec nos partenaires africains, donne-t-il à notre association d’apporter sa modeste mais très concrète contribution à la satisfaction des objectifs du Plan d’action du SMSI et, au-delà, aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Nous ne dirons jamais assez que cette action doit son efficacité, et les réalisations leur durabilité, aux liens très forts avec les associations partenaires africaines et surtout à la valeur professionnelle et à l’engagement de celles-ci en tant qu’agents du développement de leur pays. 

 

Jean-Louis Fullsack

Président de CSDPTT

 


L’Europe décidée à ouvrir la bourse ...

Réunies à Vienne, l’Union européenne (UE) et l’Union africaine (UA) saluent le progrès du dialogue mutuel. Le Commissaire européen chargé du Développement, Louis Michel, a rappelé dans la foulée de la stratégie africaine de Bamako (décembre 2005) que le Fonds européen pour le développement (FED), doté de près de 22,7 milliards d’Euros pour 2008-2013 serait essentiellement consacré à l’Afrique.

Espérons que l’on aura choisi des projets qu’attendent vraiment les africains et leurs populations si éprouvées. Nous avons quelques doutes notamment dans le domaine des infrastructures de toute nature, y compris donc les TIC, car une partie " colle " à certains projets du NEPAD dont la modestie n’est vraiment pas la caractéristique principale.

 

... et à soutenir l’accès à l’électricité en Afrique subsaharienne

Selon l’annonce du Commissaire européen à l’Environnement, Stavros Dimas, la Commission dégagera 220 millions d’euros pour les projets améliorant l’accès à l’énergie, notamment les énergies renouvelables, principalement en Afrique subsaharienne.

CSDPTT ne peut que se réjouir de cette initiative, si elle est concertée avec les populations bénéficiaires, et rappelle que là où existe une source d’énergie, un terminal d’accès au réseau peut être mis en œuvre et ... fonctionner.

 

" Cellulaires "

Les journaux spécialisés l’affirment : en 2006 la production de téléphones portables atteindra un milliard. Cela fait combien de tonnes de déchets électroniques et toxiques ?

Question subsidiaire : combien de tonnes de ces déchets seront recyclés ?

... et qui paie le recyclage, étant entendu que l’on devine que ceux qui vont en souffrir sont dans surtout dans les pays en développement ?

 

On dégraisse

Gourous et gazettes nous chantent le refrain en continu depuis des années : " L’ouverture à la concurrence des télécoms créera des (dizaines, centaines ...) milliers d’emplois ".

En fait France Télécom, après avoir annoncé 17 000 suppressions d’emploi, vient d’y ajouter 2 000 de sa filiale anglaise d’Orange. 

 

GSM et CDMA (suite)

La supériorité au moins numérique (pardon pour le jeu de mots) de GSM sur CDMA s’est concrétisée récemment par deux informations en provenance d’Asie.

La première est la décision historique de Telstra, l’opérateur historique et largement n°1 en Australie, de faire migrer tout son réseau mobile basé sur la technologie CDMA au profit de la technologie GSM. Au grand dam du lobby US de CDMA ! Cette décision " reflète une tendance mondiale et fournira en fait un service supérieur pour les régions de l’Australie " a déclaré le PdG de Telstra. Et il ajoute : " Des opérateurs du monde entier sont en train de migrer de CDMA vers GSM, et nous savons que beaucoup d’opérateurs considèrent la migration de CDMA vers 3GSM ". Cependant la Sotelma du Mali semble naviguer à contre-sens, ayant tout récemment opté pour CDMA ... en vertu ( ?) de sa supériorité technologique ". Visiblement il y en a qui se trompent ...

La deuxième information est liée à la publication des résultats de China Mobile et de China Unicom. Les deux utilisent la technologie GSM : China Mobile à titre exclusif, China Unicom en partage avec CDMA. Les chiffres publiés n’admettent aucune réserve. China Mobile est tout simplement 1er opérateur mondial mobile avec près de 250 millions d’abonnés (et un bénéfice net de près de 7 milliards de $) après avoir ajouté 42 millions de nouveaux abonnés l’an dernier. Alors que China Unicom est " dans une phase précaire " (Telecommunications International, May 2006) et compte moins de 33 millions d’abonnés après en voir ajouté à peine 5 millions l’an dernier. Conséquence : il est une proie potentielle pour des opérateurs opulents tels que le japonais NTT DoCoMo, un comble dans ce pays où règne en partage le capitalisme d’Etat et le capitalisme tout court. Ah, si Mao savait ...

Alors, tout va pour le mieux pour China Mobile ? Pas tout à fait, grâce (si on peut dire) au gouvernement qui veut absolument imposer la norme mobile " chinoise " TD-SCDMA pour le déploiement de " 3G " via des licences ad hoc. Cela est aux antipodes des intérêts de China Mobile selon tous les analystes reconnus.

 

Pétrole, bénéfices et ressources de financement

 

Selon Human Rights Watch, plus de 4 milliards de dollars provenant des revenus du pétrole ont disparu des caisses de l’Etat de l’Angola entre 1997 et 2002. Ils ont probablement réapparu dans un paradis fiscal ...

Pendant ce temps, la République du Congo jette en prison deux responsables de l’ONG " Publiez ce que vous payez " qui militent pour la transparence de la gestion des revenus pétroliers et forestiers. C’est comme si le malade de paludisme jetait son thermomètre ...

Rappelons-nous ces bénéfices fabuleux qu’ont engrangé en 2005 les grandes sociétés pétrolières qui, selon une étude du Cabinet Aurel Leven citée dans Jeune Afrique du 26 février 2006, ont atteint le montant de 243 milliards de dollars (G$) ! Ainsi Exxon Mobil a-t-il encaissé 36,1 G$, Royal Dutch Shell 23 G$, BP 19,3 G$ et Total 14,3 G$.

BP prévoit de reverser 65 G$ à ses actionnaires dans les trois prochaines années. Heureux actionnaires ... Pendant ce temps, le l’Afrique recherche désespérément une quinzaine de G$ pour son réseau d’interconnexion intra-continental pour succéder au Panaftel, complètement obsolète, défaillant ou simplement manquant.

  

 

Les tribulations du projet EASSy

Il s’agit du projet de construction d’un câble sous-marin à fibres optiques tout le long de la côte orientale de l’Afrique (East Afican Submarine System) ; en somme le pendant du câble SAT-3/WASC de la côte Ouest, réalisé en 2001.

 

Le Rwanda sera le siège du Projet de câble EASSy titre Balancing Act le 27 avril 2006.

Ce projet de câble sous-marin soutenu par 23 pays et d’un coût prévisionnel de 280 M$ devrait voir le siège de sa Direction générale au Rwanda, selon son Directeur exécutif sortant de l’agence des technologies de l’information rwandaise (RITA), le Dr Shem Oushoudho. Il a aussi révélé qu’il a été nommé Président de la Commission de travail du projet de câble sous-marin des six nations lors de la réunion de 23 pays membres convoquée sous les auspices du NEPAD à Pretoria. Le Rwanda devrait, selon lui, devenir une plaque tournante des TIC. Quant au câble sous-marin, il devrait s’étendre de Durban (RSA) jusqu’à Djibouti ; son financement serait assuré par les opérateurs de télécommunications, la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement. 

 

 

 

Kenya

 

Le Kenya se connectera à EASSy signale TeleGeography le 4 mai 2006. Le gouvernement a décidé de sa propre autorité de connecter le pays au câble sous-marin EASSy (" a planned 15 billion KES international submarine cable ") après des années de retard. Il y a trois ans le Kenya a fait équipe avec 12 autres pays africains pour réaliser le câble de 9 900 km mais il affirme maintenant que les négociations ont trop traîné ; il envisage donc de commencer seul la construction. The Nation, journal local, cite une source gouvernementale qui a déclaré " les coûts des réunions ont déjà atteint près de la moitié du coût du projet ".

NdR : L’information quant aux travaux qu’envisage d’effectuer " tout seul " le gouvernement kenyan devrait être plus complète. On peut penser qu’il ne concerne que la construction du site d’atterrissement et sa bretelle de raccordement au réseau kenyan. Par ailleurs il paraît difficilement crédible de réaliser de tels travaux sans un minimum de concertation avec le directoire du projet EASSy au moins. Il paraît cependant moins irréaliste que " près de la moitié du coût du projet " soit englouti dans des réunions qui comportent souvent des avenants au projet et nécessitent donc des " compléments d’études ". On pourrait rappeler à ce propos la triste expérience passée avec le projet Africa ONE, piloté par l’UIT, qui a englouti quelques dizaines de millions de dollars rien qu’en lobbying et en réunions de " coordination " pour finir dans le grand cimetière africain des éléphants blancs morts -nés !

 

 

Coopération " Sud-Sud "

 

L’Inde a offert 55 M$ à l’Afrique pour développer les TIC à travers le continent dans les cinq prochaines années. Cette offre doit être approuvée par les différents pays membres de l’UA qui devraient établir des accords bilatéraux avec l’Inde avant que l’UA ne donne son consensus. Sous la transaction, l’Inde a proposé de connecter les 53 pays membres par un réseau VSAT et des liaisons à fibres optiques pour fournir principalement des services de télé-médecine et de télé-enseignement. Le programme comprend une composante de connexion des universités et des hôpitaux en première instance, et une formation par l’Inde qui devrait en outre fournir, installer et maintenir l’équipement pendant les cinq ans. Ce projet doit fournir à l’Afrique les services vitaux modernes, améliorer l’utilisation des TIC de manière à combler le fossé numérique en Afrique et rapprocher le continent des objectifs du Millénaire pour le Développement. (Source : The Herald, et Balancing Act du 27 avril 2006)

Note du rédacteur : Ce projet est un bel exemple de coopération Sud-Sud. Il faut simplement espérer qu’il sera cohérent avec le projet Rascom qui devrait être opérationnel à la fin de 2007, ce qui implique une coordination efficace au niveau de l’UA. On peut dès lors s’interroger sur les stipulations du projet indien qui prévoient 53 accords bilatéraux avant le consensus de l’UA, alors que celle-ci aurait dû au moins définir au préalable le cadre et les modalités d’application de ces accords.

 

 

CEDEAO

A la 11ème réunion sous-régionale des Ministres des TIC de la CEDEAO essentiellement consacrée à la création d’un marché commun et libéralisé des TIC, deux communications présentées par deux groupes d’investisseurs privés sur le " projet d’itinérance intra-régionale " ont été examinés par l’assemblée ministérielle, alors qu’un groupe d’investisseurs basés au Royaume-Uni ont présenté le " Projet de connexité interne " pour les pays de l’Afrique de l’Ouest. (Source : Balancing Act Issue n° 306, 18 mai 2006)

NdR : Comme ancien Coordinateur de l’UIT pour le Projet d’interconnexion InTelCom -1 de la CEDEAO, je trouve cette information navrante. Alors que dans les années 80 le Projet d’interconnexion était impulsé par l’UIT et élaboré en collaboration étroite avec les 15 gouvernements de la sous-région et les responsables des opérateurs publics ainsi que les experts de la CEDEAO, les projets actuels sont laissés à l’initiatives de " groupes d’investisseurs ", probablement aussi irresponsables qu’incompétents ... mais sachant collecter et brasser les fonds. J’ajoute que la plus de la moitié des liaisons transfrontalières d’InTelCom-1 ont été réalisées conformément au programme, en grande partie financé par les Etats, la CEDEAO et la BAD.

 

Angola

Contrat de 53 M$ pour Alcatel avec Angola Unitel pour étendre son réseau GSM. Ce projet desservira " de nombreux sites " à travers le pays et mettra en œuvre la solution d’accès radio multi-standards Evolium d’ici à la fin de 2006. (source : Balancing Act, 19 mai 2006)

 

Burundi

Econet Wireless (RSA) a acquis 65% des parts de ST Cellular (ex-Spacetel Burundi) pour un montant non révélé. ST Cellular est le 4ème licencié mobile au Burundi et Econet veut investir largement pour étendre la couverture et le nombre d’abonnés à 200 000 dans les prochaines années. Le nouvel opérateur s’appellera Econet Wireless Burundi. A la fin de 2005 le Burundi comptait environ 150 000 utilisateurs mobiles dont Sâcetel détenait environ 20 000. Outre Telecel Burundi et Africell, l’Onatel a lancé sa filiale mobile sous l’appellation PANA en novembre 2005. Son réseau a une capacité de 60 000 abonnés et sera déployé à travers le pays par étapes. A cette fin il a investi 4,5 millions de dollars et c’est le chinois Huawei qui a exécuté les travaux. (source : TeleGeography, 22 mai 2006)

 

Centrafrique

Le portail international unique (International Gateway) de la Socatel fait problème pour la connexion des opérateurs mobiles selon le Ministre M. Fidèle Gouandjika. Il impute ces problèmes aux opérateurs privés et à la Socatel, l’opérateur public fixe centrafricain, qui ont mal évalué leur trafic entrant et sortant, ce qui a conduit à la nécessité de redimensionner la bande passante internationale pour ce centre entré en fonction en avril dernier. Depuis cette date, Nation Link et Atlantique Cellulaire (a-cell) ont connu des problèmes de communications internationales. Du coup, Nation Link s’est désolidarisé du portail international unique et Telecel Centrafrique, l’opérateur n°1 et le plus ancien, a refusé de s’y connecter avant d’avoir son propre faisceau -prévu en mai- sur le portail. On notera que le portail international est sous contrat d’exploitation de trois ans avec Telenor (opérateur historique norvégien ...). Depuis la parution de l’Arrêté d’application en avril dernier tous les opérateurs des réseaux et des services et les fournisseurs d’accès à l’Internet en Centrafrique doivent transiter par le Portail international de la Socatel pour leurs communications internationales. (Source : Balancing Act " Dernières " n° 35, 19 mai 2006).

NdR : Quand on vous dit que les voies du néolibéralisme sont impénétrables ... . 

 

Egypte

Telecom Egypt a contracté Alcatel pour mettre à niveau son réseau et déployer des services VoIP. A cette fin, Alcatel assistera TE pour transformer une partie de son réseau TDM en un réseau IP, en fournissant les composantes essentielles de sa solution IP Multimedia Subsystem (IMS), y compris son Softswitch 5020 et ses Media Gateway 7510 et 7515 pour interfacer le réseau TDM existant avec les nouveaux réseaux IP. En outre, TE déploiera le Service Router 7750 et le Service Aware Manager 5620 dans divers sites. (Balancing Act, 17 mai 2006)  

 

Gambie

 

TeleGeography signale le 4 mai 2006 que la société nigériane West Coast Investment doit investir 100 M$ dans le secteur télécoms gambien. Dans ses plans, l’achat d’une licence d’opérateur cellulaire et le déploiement de 57 stations de base dans le pays ; le gouvernement gambien aurait approuvé ces plans.

GamTel étend sa largeur de bande titre TeleGeography le 22 mai 2006. L’opérateur a terminé une évolution qui accroît sa largeur de bande Internet internationale de 9 à 45 Mbit/s. La société doit aussi conclure un accord avec Intelsat qui ajoutera 10 Mbit/s supplémentaires.

NdR : Le communiqué ne précise pas " l’évolution " réalisée. On pourrait penser qu’il la réalise via le Sénégal et l’accès à SAT-3 à Dakar.  

 

Ghana

L’opérateur mobile Kasapa, filiale de Hutchison Telecom, a étendu la couverture de son réseau CDMA (le seul au Ghana) sur Obuotabiri et annoncé le lancement d’un service de messagerie vocale pour ses abonnés.

Selon Balancing Act Issue n°306 du 21 mai 2006, la Chine financera le projet de réseau dorsal national à FO. Le gouvernement vient de signer un accord de prêt privilégié avec le gouvernement de la Chine pour la réalisation de ce projet et le contrat pourrait être signé en juin. La FO existe déjà dan ce pays avec l’infrastructure du réseau Voltacom de la Volta River Authority qui s’étend entre Kumasi, Nkawkaw, Accra, Winneba, jusqu’à Cape Coast, et jusqu’à Obuasi. Avec cet accord, une liaison FO va être construite vers Kumasi ( ?) et plus loin vers le nord.

NdR : Cette information est hélas trop succincte pour avoir une idée du réseau dorsal à réaliser. Par ailleurs elle montre l’approche chinoise en Afrique via des prêts et des contrats probablement liés à des réalisations d’artères et des fournitures d’équipements par des entreprises chinoises. Enfin, elle évoque le réseau FO de Voltacom, un investissement gigantesque pour une utilité quasi nulle, car sa capacité n’a jamais été utilisée réellement faute de coordination avec l’opérateur public des télécoms. C’est l’anti-exemple d’un projet pour l’Afrique.   

 

Guinée

Le Ministre des Postes et Télécommunications, J.C. Sultan, a révélé le projet d’un réseau de 90 km de câbles à fibres optiques à Conakry qui permettra de déployer l’ADSL et la télévision numérique câblée. " Le projet est bouclé. Tout est presque acquis " a-t-il déclaré. La Guinée ayant raté le coche du premier câble sous-marin à fibre optique Africa ONE (sic !) long de 39 000 km et reliant le Portugal à l’Afrique du Sud (re-sic) (....) le 2ème rêve de Sultan est l’interconnexion du réseau de 90 km de Conakry au 2ème projet de câble sous-marin à fibre optique devant, dans un futur proche (sic) longer la côte ouest-africaine. Fin de l’info donnée par Boubah et rapportée par Balancing Act " Dernières " du 19 mai 2006.

Commentaire du rédacteur : Outre la coquille d’Africa ONE depuis longtemps " enterré " par l’UIT, cette communication ministérielle évoque " le 2ème projet de câble sous-marin ... dans un futur proche ". On peut craindre pour lui qu’il s’agit effectivement bien d’un rêve ! Il fait allusion au projet " Infinity ", cher au Président Wade qui doit " doubler le câble SAT-3/WASC et qui est encore dans les cartons. Et qui ferait bien d’y rester jusqu’à ce que l’Afrique ne devienne un réel Eldorado ou trouve un mécène pour le réaliser. En attendant on pourrait suggérer au Ministre de saisir cette opportunité pour réhabiliter l’interconnexion de la Guinée avec ses voisins et accéder ainsi à SAT-3, faisant d’une pierre deux coups. Enfin, l’ADSL et la télévision numérique à Conakry, seront des consommateurs de " bande passante " et nécessitent donc un accès à très haut débit au réseau international, africain et intercontinental. On peut craindre qu’il y a dans ces " révélations ministérielles " plus de " communication " que de réalisme, car la population de ce pays manque encore de tout ou presque.  

 

Kenya

Selon TeleGeography du 19 mai 2006, le gouvernement kenyan est prêt pour commencer les travaux d’un câble sous-marin international pour 4,2 GKES, un système de câble plus important étant toujours en attente en phase de planification trois années après avoir été annoncé. Le nouveau câble connectera le Kenya à Djibouti et offrira une connexion ultérieure vers l’Europe, l’Asie et d’autres parties de l’Afrique. Le Kenya a été signataire du projet de câble sous-marin de 9 900 km EASSy, mais dit qu’il n’attendra plus pour commencer les travaux. Il pense que les travaux commenceront le mois prochain, le câble étant opérationnel en m-2007. Selon le journal The Nation, l’Etat n’investira pas d’argent public dans le projet selon le secrétaire permanent de l’Information et de la Communication qui déclare " Nous n’investirons pas un cent du trésor public. Le rôle du gouvernement sera seulement de fournir un environnement favorable pour l’investissement dans un câble à fibres optiques " (sic).     

 

Mali

La SOTELMA a annoncé une perte de 4 milliards de Fcfa (6,1 Millions d’euros) en 2005. Ce résultat succède à un bénéfice de 28 milliards de Fcfa en 2004. Selon des agents de l’opérateur, cette situation est due à un manque d’initiatives et d’investissements lors de l’année passée. (source : Balancing Act, 18 mai 2006)   

 

Mozambique

Teledata de Moçambique déploie le premier réseau WiMax certifié en Afrique selon TeleGeography du 5 mai 2006. Selon le fournisseur d’équipement Redline Communications, Teledata de Moçambique s’est décidé à déployer WIMAX dans la région métropolitaine de Maputo suite à la disponibilité de produits Redline certifiés par le Forum WIMAX comme RedMAX. En principe la technologie WIMAX certifiée 802.16 2004/d devrait être déployée par les opérateurs de télécoms de la région Sud-Africaine. 

 

Namibie

La Namibie prévoit d’investir 240 M de dollars namibiens (40 M$) cette année pour moderniser son infrastructure et promouvoir la connexion des zones rurales. Telecom Namibia (TN) entreprend cette évolution de son réseau avant la parution de la loi qui ouvrira les services fixes à la concurrence. Vers la fin de l’année, TN se diversifiera aussi régionalement : il a acquis 44% de l’opérateur fixe MundoStartel en Angola il y a deux ans et il fait partie du consortium Communitel qui détient 13% dans le 2ème opérateur national (SNO) en Afrique du Sud. (Source : TeleGeography, 5 mai 2006)

NdR : On ne peut qu’approuver la démarche de TN de mettre à niveau son réseau avant sa privatisation. Il fait ainsi monter d’un cran la valeur de l’entreprise publique ce qui a pour double effet de " monter les enchères de l’ex-OPT " par un attrait supérieur, et de permettre à l’Etat d’en retirer un montant nettement supérieur (pas de braderie !). C’est exactement cette mesure que j’avais soumise à l’UIT dès 1995 afin qu’elle l’impose comme préalable à tout processus de privatisation d’OPT en Afrique. La démarche préconisée visait à cibler les opérations essentielles et (relativement) modestes en termes de financement : renforcement et fiabilisation du dipôle capitale administrative -capitale économique, réhabilitation des réseaux métropolitains, suppression des " points noirs " les plus fragiles du réseau, ..., et à les mettre en œuvre avant le choix du partenaire stratégique. Celui-ci serait alors tenu de conduire à leur conclusion les opérations décidées et largement initiées. Malheureusement l’UIT était plus pressée de " libéraliser le secteur des télécoms " qu’engagée dans le développement des réseaux africains. On en a vu, et on voit encore, les conséquences !     

 

Nigeria

 

Alors que Hutchison ferme son réseau CDMA en Australie, NITEL ouvre le sien avec l’appui de Motorola. Le fournisseur US vient d’obtenir un contrat de 33 millions de dollars (M$) pour déployer un réseau CDMA à Lagos, la capitale économique. Ce contrat fait suite à un contrat GSM de 50 M$ conclu en 2003 ... et à un projet pilote CDMA " couronné de succès ". " Comme la demande pour la téléphonie mobile continue de croître à travers le Nigeria, NITEL doit être à la hauteur du marché en étendant sa fourniture de services " a déclaré Cornelius Adebayo, le Ministre des Communications, ajoutant " La technologie de Motorola atteindra cet objectif et complètera notre service fixe avec un service téléphonique sans fil de très haute qualité (" top-quality "). Selon NITEL, la nouvelle plate-forme technologique ajoutera une capacité de 300 000 lignes.

 

Commentaire de cette information fournie par TeleGeography le 10 mai 2006 :

La déclaration du Ministre contient un ensemble d’éléments qui traduit bien l’attitude particulière des " pouvoirs publics " africains face à la technologie, responsable des contre-performances et des coûts très importants des services fixes et mobiles sur le continent. En effet, ajouter une technologie nouvelle à une technologie déjà installée, mondialement reconnue comme très performante et parfaitement capable d’être étendue " pour répondre à la demande croissante ", va rendre le réseau mobile de NITEL plus fragile et plus cher en termes d’exploitation et de développement. Alors on justifie cette introduction d’une nouvelle technologie par " un projet pilote couronné de succès ". Bel exemple de manipulation.

 

Ouganda

MTN choisit Ericsson pour son réseau central IP annonce TeleGeography le 11 mai 2006. Cet opérateur a prévu de déployer un réseau central IP associant Ericsson et Cisco. En phase initiale Ericsson fournira un réseau multiservices basé sur des routeurs Cisco 12000, alors que la deuxième partie de l’accord consiste à l’ajout d’un softswitch d’Ericsson. Cette solution doit permettre à MTN Ouganda une migration de son réseau commuté vers un réseau multiservices. 

L’opérateur historique UTL a lancé son offre de services ADSL de 64 (sic) à 256 Kbit/s avec un investissement de 1 M$ pour la mise à niveau du réseau. La couverture est limitée à 25 villes et 16 autres doivent s’y ajouter par la suite. Les tarifs au lancement de ces services sont de 90 $/mois pour 64 Kbit/s et atteignent 300 $/mois (!!) pour 256 Kbit/s. (Source : TeleGeography, 19 mai 2006) 

NdR : à ces tarifs on peut se demander combien de particuliers peuvent se " l’offrir " ...

 

Bénin

Selon une information donnée par le site de BusinessinAfrica.net, le gouvernement vient de suspendre l’Autorité de régulation des Postes et Télécommunications sans en fournir les raisons. Il a aussi abrogé des lois de janvier 2002 sur les télécoms qui ont donné mandat à l’Autorité de régulation et a indiqué que les opérateurs privés paieront leurs arriérés directement au Trésor. Les licences accordées aux opérateurs privés seront révisés ainsi que les contrats de partenariat entre Benin Télécoms et des fournisseurs de services privés au plus tard le 1er juin. (Source : TeleGeography, 5 mai 2006).

NdR : Est-ce la réaction salutaire que les amis du Bénin attendent ? .Après les nombreux scandales (voir entre autres l’affaire Titan !) et affaires pas toutes élucidées, on désespérait pour ce pays si sympathique. Le changement de président et l’arrivée d’un un ancien directeur de la BOAD au poste suprême ne devrait pas être étranger à cet événement. A suivre ... 

 

Gabon ...

...où l’on reparle de Mittal

TeleGeography note le 8 mai 2006 que le groupe indien Bharti est intéressé par une licence au Gabon. L’opérateur Bharti est en pourparlers avec le gouvernement gabonais pour entrer dans le secteur télécoms national, soit par l’achat d’une part de l’opérateur historique Gabon Télécom toujours contrôlé par l’Etat, soit par l’obtention d’une licence d’exploitation de réseau. Sunil Mittal a ainsi rencontré, entre autres personnalités, le Ministre du Commerce Paul Biyoghé. Une part de 51% dans Gabon Télécom (GT) est à saisir pour les investisseurs d’entreprises ou institutionnels internationaux. L’offre de privatisation présentée par l’Etat assure un monopole des services fixes de 5 ans à GT dans le cadre de la licence d’exploitation de 15 ans.  

 

Kenya

Le gouvernement a ouvert l’appel d’offres pour les sociétés intéressées comme SNO. La licence comprend un ensemble complet de services : fixes, mobiles, accès à l’Internet et données. L’Agence de régulation CCK a déclaré : " le gouvernement entend libéraliser davantage le secteur des communications avec l’introduction du SNO. Les sociétés kenyanes devraient détenir au moins 30% des parts du SNO et les souscripteurs doivent exploiter des réseaux avec au moins 500 000 abonnés. Le SNO devrait ouvrir ses services au début de l’an prochain. (TeleGeography, 18 mai 2006).

NdR : Ce pays, qui est aussi membre du consortium EASSy, compte déjà un opérateur fixe " alternatif " à Kenya Telecom : Kenya Data Networks, très ambitieux (voir La Lettre de CSDPTT d’avril 2006). On est donc dans un flou complet au moins sur le plan réglementaire. Verra-t-on finalement le futur SNO, après avoir payé sa licence, devenir MVNO en utilisant partiellement les infrastructures existantes Kenya Telecom, Kenya Data Networks) ou devenir un très réel troisième opérateur ... en construisant un réseau indépendant ? A qui fera-t-on alors croire que trois réseaux indépendants abaisseront le coût des services " offerts " aux kenyans ? 

 

Malawi

Le régulateur MACRA a annoncé un appel d’offres pour le second opérateur national pour " fournir des services de télécommunications fixes ". Les intéressés ont eu 30 Jours à partir du 5 mai pour télécharger les documents et poser des questions. Les formulaires remplis et les frais de participation de 50 000 MR doivent parvenir à MACRA pour le 5 septembre. Ils seront ouverts à 14 h. La licence devrait être accordée le 6 novembre et les négociations avec le soumissionnaire gagnant devraient être terminées vers le 5 janvier. (Balancing Act 14 mai 2006) 

 

Namibie

Le gouvernement verrait d’un bon œil un deuxième opérateur cellulaire " car il y a de la place pour deux opérateurs et le public aime avoir le choix ". Il a donc donné son feu vert à la Namibia Competition Commission pour émettre une deuxième licence d’opérateur mobile. Celui-ci permettra de baisser les tarifs des communications ( ?). MTC , contrôlé par le gouvernement à travers la holding Namibia Post and Telecomunications Holdings (NPTH) a exercé un monopole officiel entre 1995 et 2001. Il reste cependant le seul fournisseur de services mobiles dans le pays du fait de la procédure de licence très longue. Par ailleurs, MTC a été l’objet de nombreuses critiques contre ses stations de base (BS) en forme de faux palmiers ( !).  

 

Nigeria

Le régulateur nigérian a accordé quatre "licences unifiées" à quatre opérateurs locaux sous un nouveau système conçu pour ouvrir davantage le secteur à la compétition. Selon la NCC, les quatre licences de dix ans ont été accordées à Multilinks, Starcomms, Intercellular et Prest Cable & Satellite Communications qui paieront chacun 2,11 millions de dollars (M$). Le système de " licence unifiée " a été introduit en février 2006 à l’issue d’une période d’exclusivité de cinq ans accordée aux opérateurs GSM pour l’exploitation de réseaux à couverture nationale pour laquelle ils ont payé 285 M$. Les opérateurs CDMA jusqu’à présent limités à des régions spécifiques, peuvent désormais offrir des services d’itinérance à travers les régions selon la nouvelle réglementation, férocement contestée par les opérateurs GSM. (Balancing Act, 17 mai 2006).

NdR : Bel exemple de promotion " par la bande " de CDMA, la " bande " étant probablement favorisée par les lobbies américains du pétrole. On notera au passage que le montant des droits de licence des opérateurs CDMA est singulièrement inférieur à ceux pour les licences GSM.  

 

Tanzanie

La TCRA devrait accorder une licence de téléphonie fixe le 17 mai à Benson Informatics Ltd (BOL) selon le Directeur de cette société, Vinay Chondary, à la fois pour les sevices par fil et radio. Le nouvel opérateur devrait entrer en service dans trois mois. (TeleGeography, 17 mai 2006)

NdR : Voilà un opérateur original, issu du milieu informatique ; on en suivra avec d’autant plus d’intérêt la progression. 

 

Zimbabwe 

NetOne, opérateur mobile détenu par l’Etat, a confirmé la vente imminente de 49% de son capital et ses discussions avec au moins un partenaire stratégique international, même s’il n’a pas confirmé les rumeurs qui indiquent que MTN est sur les rangs. La part en vente se situe autour de 33 M$. NetOne est à la recherche de financement pour investir afin d’augmenter la capacité de son réseau et de le décongestionner. Avec 210 000 abonnés à la fin mars 2006, NetOne est deuxième opérateur du Zimbabwe derrière Econet Wireless qui en compte 450 000, mais devant le troisième, Telecel, qui en a 130 000. (TeleGeography, 12 lmai 2006)

 

Messages

  • NOM : BERRAHMA
    PRENOM : DAHMANE
    ADRESSE :
    BP : 306
    BTS DES ENSEIGNANTS
    DES 20 LOGEMENTS TIZI OUZOU
    15000 ALGERIE
    EMAIL :SERVE_TELECOM@YAHOO.FR
    TEL : 0021370681411
    monsieur ,
    j’ai l’honneur de solliciter votre haute bien veullance de bienvouloir m’accorder ma demande en qualité de technicien superieur en installation et maintenance du matériel de télécommunication ,par ailleur j’ai une longue expérience dans le domaine avec les sociétés étrangéres basée en algerie, MOBISERVE SOCIETE EGYPTIENNE,
    HAYAT COM SOCIETE TUNISIENNE , et autres,,,,
    je suis jeune dinamique agé de 32 ans conditions phisique agreable apte de travailler jours comme de nuits .

    dans l’attente d’une suite favorable.

    veuillez agrée monsieur le directeur mes salutations les plus distinguées,

    interessé :
    BERRAHMA DAHMANE

  • CSDPTT est une association qui n’est organisée qu’en France et ne compte en son sein que des bénévoles.

    Elle ne procède donc à aucun recrutement.

    Par contre, elle collabore volontiers avec d’autres associations dans d’autres pays car l’un de ses objectifs est de promouvoir de nouvelles formes de coopération.

    Autrement dit si vous voulez collaborez avec CSDPTT dans des projets de télécommunications en direction des populations, le mieux est de se constituer en association.

    Bruno Jaffré