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Lettre de Mars 1998

Mars

dimanche 1er mars 1998

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La Lettre de MARS 1998
No : 29

 

 Sommaire :
 - Editorial : Le ciel privatisé ! (en ligne)
 - Visite de M. Nyamba.(en ligne)
 - Nouvel opérateur de satellite en direction de l’Afrique.
 - Après Iridium Globalstar (en ligne) !
 - Internet et téléphone au Bénin.
 - En bref : Libye, Guinée Bissau, Mali, Madagascar, Mozambique,
 République du Congo,
 - Article ; Quelle insertion de l’Afrique dans la « société de
 l’information » ? Problématique. de Annie CHÉNEAU-LOQUAY
(en ligne mais
 pa sur notre site, renvoyer à l’adresse du site
 www.regards.cnrs.fr/africanti/.
 
 
 Editorial : Le ciel privatisé !
 Les nouvelles affluent maintenant régulièrement. Les réseaux
 satellites sont en marche. Les deux premiers consortium
Globalstar et
 Iridium ont déjà lancé leurs premiers satellites et comptent
ouvrir
 leur service à la fin de cette année ou au début de 1999. Les
 investissement sont considérables 15 milliards de FF pour le
premier,
 22,2 pour le second. Et ils ne sont pas seuls. Nous avons déjà
parlé
 d’ICO et nous annonçons ici l’arrivée d’EAST, qui tous se
positionnent
 sur le même marché. Encore faudrait-il ajouter les projets
 d’autoroutes de l’information, Skybridge et Teledesic !
 On ne peut qu’être fasciné par la rapidité des évolutions
 technologiques et les immenses possibilités offerts à l’être
humain...
 Pourtant, rentabilité des investissements oblige, le risque
demeure de
 laisser à l’écart l’immense majorité de la population,
toujours privée
 du téléphone. Car à l’heure où les progrès permettraient une
extension
 rapide des réseaux jusqu’aux plus démunis, les clients visés
restent
 essentiellement les hommes d’affaires en provenance des pays
riches ou
 les détenteurs des fortunes locales en déplacement.
 Les observateurs ne croient pas à la viabilité de tous ces
projets
 concurrents. Quel gâchis ! Et l’on ne peut que rager sur
l’impuissance
 ou de l’irresponsabilité des Etats, incapables de promouvoir une
 coopération internationale, qui livrent les communications à
l’échelle
 de la planète à des consortiums privés, dont la puissance
semble ne
 plus avoir de limites et qui commencent à dicter leur propre
loi.
 
La rédaction
 
 
 - Visite de M. Nyamba
 M. André Nyamba, professeur de sociologie à l’université de
 Ouagadougou a profité d’un projet de coopération avec
l’université de
 Louvain en Belgique pour passer nous rendre visite. Déjà
partenaire
 dans notre projet d’installation de radio de communication dans
le
 village de Sérékéni où il avait emmené ses étudiants
réaliser une
 pré-enquête, il demeure un de nos principaux interlocuteurs
dans le
 nouveau projet sur lequel nous travaillons en matière de
téléphonie
 rurale. Il s’agit d’installer un téléphone collectif dans
différents
 villages de la région de Toma au Burkina Faso, la réalisation
devant
 être effectuée par le comité CSDPTT de Nice
 Son passage à Paris nous a permis de mieux connaître la
réalité des
 villages concernés et d’appréhender l’ensemble des problèmes
posés, de
 commencer à réfléchir à des solutions afin de pérenniser
l’utilisation
 du téléphone et d’assurer en particulier le paiement des
 communications. Nous avons pêle-mêle évoquer le dynamisme
propre des
 villageois, la place que doivent prendre les originaires de la
région
 concernée demeurant en ville tout autant intéressés au projet
dans la
 mesure où ils bénéficieraient de facilité pour joindre leur
famille,
 la collaboration avec l’ONATEL qui doit être dès le début
associé au
 projet, l’organisation à mettre en place autour du poste de
téléphone,
 le financement du projet, l’étude socio-économique à réaliser
afin
 d’en tirer le maximum d’enseignement pour d’autres expériences
etc...
 Il devrait dès son retour prendre contact avec les responsables
de
 l’ONATEL afin d’évoquer avec eux l’ensemble de ses problèmes
 
 
 - Après Iridium Globalstar.
 Avec quelques mois de retard sur le projet Iridium, dont nous
rendons
 compte régulièrement ici, Globalstar a procédé au lancement
de ses 4
 premiers satellites début février. Ceux-ci d’un poids de
450 kg,
 seront répartis sur 8 plans orbitaux, à une altitude de 1414
km. Leur
 puissance est de 1200 watts et leur durée de vie d’au moins 7
ans et
 demi.
 D’ici la fin de l’année, Globalstar devrait avoir lancé 44 des
48
 satellites prévus au projet, la commercialisation du service
devant
 intervenir à la fin de l’année ou au tout début de fin 1999.
 Globalstar ne se présente pas comme concurrent des réseaux
mobiles
 déjà existants. Ainsi, le consommateur utilisera le plus
souvent, le
 réseau GSM auquel il est abonné. Mais quand il se trouvera dans
une
 zone non couverte par le réseau GSM terrestre, il sera relayé
 directement par Globalstar. Au préalable, l’opérateur auquel il
est
 abonné, devra avoir signé un accord avec Globalstar, ou une de
ses
 filiales, chargée de commercialiser les services auprès des
opérateurs
 locaux. Tous les traitements des communications seront faits dans
les
 stations terrestres appelées « Gateways ». Il en coûtera
alors entre 6
 à 10FF la minute selon les différentes estimations.
 Globalstar a été lancé en 1994 pour un coût de 15,6 milliards
de
 francs, par les américains Loral Space Communications et
Qualcomm.
 Depuis se sont joints de nombreux industriels ou opérateurs
européens
 français dont France Télécom et Alcatel qui détiennent 7% du
capital à
 eux deux.
 Selon des études commandées par Globalstar, le marché de la
téléphonie
 par satellite devrait compter de 5 à 6 millions d’abonnés en
2002. Et
 selon les dirigeants du consortium, le point d’équilibre devrait
être
 atteint avec 400 à 500000 abonnés alors qu’ils en prévoient
plus de 2
 millions dès 2002.
 L’abonnement est fixé à environ 180FF, mais les prix des
téléphones
 devraient atteindre de 4800 à 6000 FF.
 En Afrique, dès la fin 95, la plupart des pays avaient signé un
accord
 avec Globalstar. Citons le Ghana, le Nigéria, le Togo, le
Bénin, le
 Soudan, l’Ethiopie, l’Erythrée, la Somalie, le Kenya, l’Ouganda,
le
 Zaïre. La joint Venture entre France Télécom et Alcatel,
TESAM, avait
 déjà annoncé qu’elle assurerait la distribution dans 6 pays
africains,
 le Cameroun, La République Centrafricaine, le Congo, le Gabon,
la Côte
 d’Ivoire et le Sénégal.