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CSDPTT invité à une réunion de la Commission programmatique mixte ONG/UNESCO « Communication et Nouvelles Technologies »

mardi 15 mars 2005, par Bruno JAFFRE

Compte-rendu de la réunion de la Commission programmatique mixte ONG/UNESCO « Communication et Nouvelles Technologie »

24 janvier 2005, Siège de l’UNESCO, salle XIII (Bonvin)

Une quinzaine d’ONGs étaient représentées.

La réunion, présidée par M. Bernard Loing, était articulée autour de deux présentations comme suit :
- une présentation sur l’état d’avancement et les actions menées par l’UNESCO dans le cadre de la préparation de la deuxième phase du Sommet mondial sur la Société de l’Information par M. Axel Plathe, de la DSI de l’UNESCO ;
- une présentation sur la situation des télécommunications en Afrique sub-saharienne et de l’état du réseau Internet par MM. Bruno Jaffré et Alain Roblin Demont, respectivement Président fondateur et Administrateur du CSDPTT, introduite par une réflexion de M. Bernard Loing sur la fracture numérique.

Cette réunion, la première de 2005, année de la deuxième réunion du SMSI, s’est donnée pour objectif, comme précédemment, d’apporter un éclairage sur les enjeux de la société de l’information afin de guider les ONG dans leur choix de recommandations à proposer au SMSI.

Ainsi, la parole est donnée dans un premier temps à M. Axel Plathe pour un point sur les actions de l’UNESCO. Après avoir rappelé que la deuxième Prepcom du SMSI se tiendra à Genève du 17 au 25 février 2005 et qu’elle portera sur l’étude des rapports intérimaires (état d’avancement de la préparation de la Conférence, document final, mécanismes de financement, gouvernance de l’Internet, Conférences régionales et réunions thématiques), M. Axel Plathe a indiqué que l’UNESCO organiserait les 4 réunions thématiques suivantes :
- la liberté d’expression, au siège de l’UNESCO les 2-3 février 2005 ;
- le multilinguisme, à Bamako (Mali), les 6-7 mai 2005 ;
- la diversité culturelle, à St Peterbourg (Russie), date non encore fixée ;
- le renforcement des capacités, au siège de l’UNESCO en partenariat avec le Club de Rome, les 11-13 mai 2005.

Il a précisé que le Sommet aurait lieu à 10 kms de Tunis dans un espace qui deviendrait territoire des Nations-Unies pour l’occasion. Cependant, il regrette le peu d’informations fourni par les Tunisiens pour le moment sur son organisation proprement dite. L’UNESCO n’est plus représentée au le Secrétariat exécutif du SMSI depuis le 31 décembre 2004, M. Yves Courrier étant parti à la retraite à cette date.

La parole a ensuite été donnée à l’auditoire qui a formulé les questions suivantes :
- Comment participer à la prepcom ?

Si l’ONG était déjà accréditée, son accréditation est automatiquement reconduite. Cependant, il lui faut s’inscrire auprès du secrétariat de l’IUT avant chaque réunion. Les modalités pratiques sont disponibles sur le site de l’IUT.

- La Conférence de Tunis gardera-t-elle l’aspect composite de Genève (B. Loing) ?

C’est le souhait du Gouvernement tunisien. Pour information, l’Union européenne s’est engagée à soutenir les actions de la société civile avec le PNUD et l’ONUDI.

- Comment et dans quel but sont organisées les réunions thématiques de l’UNESCO, les ONG ont-elles été contactées (M. Fouilloux) ?

Les réunions sont organisées par différents acteurs. Il n’y a pas de coordination et la politique de contact dépend de la division en charge de l’organisation de la réunion. Cependant, ces initiatives n’en sont qu’au début de leur organisation, ce qui explique peut-être la non-implication de certaines ONG car il est important que les ONG soient associées.

Les thématiques de ces réunions sont directement reliées au plan d’action du SMSI. Leur objectif est d’apporter des réponses et des solutions aux chapitres.

- Est-ce que l’accès au réseau pour tous est pris en compte (B. Jaffré) ?

Dans son introduction sur la fracture numérique, M. Bernard Loing a dressé un panorama général de l’évolution des techniques qui a eu comme conséquence négative d’engendrer de nouvelles inégalités, inégalités très vite reconnues et dénoncées (cf. rapport Mc Bride en 1980 sur les inégalités dans le domaine de la communication) mais toujours présentes. La fracture numérique porte à la fois sur l’accès à la technologie, l’appropriation des usages et les perspectives économiques, sociales et citoyennes. Cependant, on peut se poser la question de savoir si cette volonté de voir cette fracture disparaître n’est pas le fait d’un discours libéral, basé sur la mondialisation et la libéralisation des marchés et non une nécessité ?

Pour tenter une réponse à cette question, la parole est donnée d’abord à M. Bruno Jaffré pour une présentation du CSDPTT et de l’évolution de l’implantation des opérateurs de télécoms en Afrique pour terminer par une analyse de l’utilisation de l’Internet en Afrique par M. Alain Roblin Demont.

Le CSDPTT (Cooopération Solidarité Développement aux PTT) est une association d’une cinquantaine de membres créée en 1988, suite à la constatation du manque d’ONG dans le secteur de télécoms. Sa philosophie se base sur la culture du service public. Ses activités couvrent des projets de téléphonie rurale, de formation, d’information et de sensibilisation (cf. lettre d’information et site Internet : www.csdptt.org)

Le secteur des télécoms en Afrique, au départ principalement public, subit depuis 1996 et à la demande du FMI un processus de privatisation soit par déréglementation, par privatisation ou libéralisation. En 1996, le secteur de télécommunications en Afrique était généralement bénéficiaire mais la télédensité ne s’élevait qu’à 1%, la corruption était fréquente, le secteur faisait preuve de lourdeur administrative et dépendait souvent des opérateurs des anciennes colonies.

En 1996, les opérateurs les plus rentables ont été privatisés. En 2000, une deuxième vague de privatisations a eu lieu en même temps que surviennent les premiers échecs. Dans certains pays, la privatisation n’a pas pu se faire faute de repreneurs.

Avec l’ouverture à la concurrence sur le fixe en 2005, les opérateurs publics vont être en danger alors que la connection n’est pas universelle. Les Etats se dessaisissent du secteur des télécoms, les opérateurs privés étant principalement étrangers, on assiste à une baisse des revenus des Etats, une perte au niveau des compétences techniques et de la sécurité. Les conséquences pour le consommateur sont nombreuses : hausse des coûts, service de base onéreux, forte ponction sur le budget des ménages. Parallèlement, on assiste au développement des télécentres.

On trouvera les transparents de cet exposé à l’adresse http://www.csdptt.org/ecrire/article347.html

Les questions de l’assistance ont porté sur :
- Le faible accès au téléphone fixe comme facteur aggravant pour l’éducation en particulier en ligne ?

Bien sûr et l’usage du mobile qui s’est développé est un frein aux autres usages autre que l’usage vocal. M. Jaffré émet cependant un doute sur les avantages du télé-enseignement, souvent aux mains des multinationales.

- La situation au Gabon

L’opérateur n’est pas encore privatisé.

- La connexion par fibre optique comme solution au déficit téléphonique africain et à l’interconnexion des pays africains ?

L’installation de la dorsale africaine et de ses raccords sont en cours.

La parole est ensuite donnée à Alain Roblin Demont qui intervient sur la fracture numérique.

Il y actuellement 1 300 000 internautes en Afrique dont seulement 300 000 en dehors de l’Afrique du Sud et de l’Afrique du Nord. L’Afrique du Sud à elle seule regroupe 50 % des internautes africains. Seules les grandes villes sont connectées et les débits restent faibles. A titre d’exemple, le Sénégal un des pays les mieux dotés dispose d’une sortie à 500 Mb, l’équivalent de 100 internautes parisiens. La situation évolue mais plutôt grâce au secteur informel qu’à une réelle stratégie de développement. Les actions sont plutôt ponctuelles, cf. le cas de la Poste au Burkina qui dispose d’une liaison par satellite financée pour 3 ans, mais dont on ne sait pas ce qu’elle deviendra après. Toutefois, les Africains ont une réelle connaissance de l’Internet et souhaitent en disposer. Quant aux usages, s’ils sont connectés, les Africains sauront trouver les usages.

Les questions portaient :
- sur les actions de la francophonie institutionnelle
La Francophonie institutionnelle mène diverses actions mais très ponctuelles (programme paje de l’AIF, campus numériques de l’AUF, projet ADEN de la Coopération française, Fond francophone des inforoutes) et qui ne portent jamais sur le problème numéro un pour le CSDPTT, c’est à dire les infrastructures.

- La possibilité d’une augmentation de la bande passante
Oui mais il faut des moyens et actuellement peu de personnes parlent de financer des infrastructures.

Pour conclure M. Bernard Loing a invité les ONG à réfléchir à des recommandations pour la prochaine réunion qui devrait avoir lieu en présence de M. Jean-Louis Fullsack, délégué CDSPTT au SMSI.

Paris, le 1er février 2005

Compte rendu réalisé par Isabelle Turmaine, AIU, Secrétaire de séance.