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Lettre de Novembre 1997

Novembre

samedi 1er novembre 1997


La Lettre de novembre 1997
No : 25

 Sommaire
 :

Editorial
Gros plan sur CSDPTT Toulouse !
______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Laurent Siré Kinta Barro nous écrit
de Sérékéni.
CSDPTT en bref
_______________________

Echos des postes et télécoms
dans le monde

France Télécom va installer des
cabines en Egypte

Arrivée des mobiles au Mozambique
Les autorités guinéennes satisfaites
de la SOTELGUI.

Vingt-six signatures pour AFRICA ONE
EN BREF : Niger, Mali, Internet, Tunisie
______________________

Article
Compte rendu de la visite à Toulouse
de Mme Fofana Fatoumata, chef du centre international de Conakry, à
l’invitation de CSDPTT.


Editorial
Gros plan sur CSDPTT Toulouse !
C’est un numéro un peu particulier que vous avez entre vos mains.
Il a été pour une bonne partie réalisé par
les membres de CSDPTT Toulouse qui relatent le séjour de Mme Mme
Fofana Fatoumata, chef du centre international de Conakry.
L’événement méritait bien qu’une large place lui
soit consacrée et qu’un effort particulier soit fait dans la confection
de ce numéro spécial qui voir l’apparition de la photo.
Cela n’est pas très courant que des membres du personnel de
France Télécom constitués en association prennent
l’initiative d’inviter une de leur collègue de Guinée. CSDPTT
a pris en charge le billet. Comme vous pourrez le constater cette initiative
a pris quelque peu l’allure d’un petit événement local et
c’est bien l’objectif que nous nous étions fixé. Montrer
que le personnel souhaite développer des rapports d’échange
et d’amitié avec ses collègues étrangers en dehors
de toute arrière pensée commerciale.
Nous considérons que cette initiative a valeur d’exemple et
souhaitons qu’elle soit suivie de nombreuses autres. En particulier nous
souhaitons faire avancer l’idée de la constitution de jumelage entre
centres ce qui nous semblerait une bonne manière décentralisée
d’établir des relations nouvelles voire de susciter de nouvelles
formes de coopération basées sur l’amitié, l’échange
et le respect des différences. La rédaction
______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Laurent Siré Kinta Barro nous écrit
de Sérékéni
.
Laurent Siré Kinta est superviseur- alphabétiseur à
Sérékéni, un village au Burkina Faso, où nous
projetions d’installer des moyens de communication radio pour relier ce
village à Orodara la ville la plus proche située à
environ 30 km. Nous avons récemment décidé de sursoir
à cette installation lorsque nous avons été informés
par l’ONATEL, l’Office Nationale des Télécommunications,
qu’un projet d’extension du réseau téléphonique dans
la région était sur le point d’aboutir. De plus Laurent Siré
Kinta est aussi courrier cycliste, c’est-à-dire qu’une bicyclette
lui a été confiée afin de prendre en charge le courrier.
Il vient d’écrire tout récemment à Christian la lettre
suivante. Plusieurs adhérents de CSDPTT ont déjà séjourné
à Sérékéni, Thierry devrait aussi s’y rendre
très prochainement :
« Je vous envoie ce bout de papier pour vous mettre au courant
de mes nouvelles et recevoir les votres. Nous sommes tous en bonne santé,
demain commence la fête du dô. Christophe (originaire du même
village il est professeur de français à Ouagadougou) est
aussi au village. Nous parlons beaucoup de vous. On se demande où
en est l’affaire du téléphone. Nous sommes toujours à
vous attendre, j’espère que cela est vrai. Comment est l’affaire
 ?

Tout le village vous salue bien, bientôt ce sera la récolte.
J’ai perdu aujourd’hui mon bœuf de laboure. J’avais 3 boeufs, aujourd’hui
j’en ai perdu un, il m’en reste deux. Maintenant. Cela est tombé
à un temps très dur pour nous où je n’ai pas d’argent
pour en acheter. Cela m’énerve parce que avec deux bœufs je ne peux
pas labourer beaucoup d’hectares.

Chaque jeudi soir, je vais à Orodara pour retirer le courrier
et le lendemain vendredi je prends les lettres, je passe à Djigouéra,
je remets pour Djigouéra et je rentre à Sérékéni.

Mon vélo est gâté. Je l’ai réparé
moi-même. J’ai écrit plusieurs fois au préfet pour
la réparation mais il ne m’a pas répondu. Chaque fois, maintenant
je vais en moteur (moto ou mobylette). Dans un mois, je poste 40 lettres
et je peux en recevoir 50. Alors cela marche beaucoup. Il faut aussi écrire
ou téléphoner au receveur de la poste parce qu’il s’occupe
beaucoup de moi, cela va aussi l’encourager. Je dors chaque fois dans leur
maison de passage.

Vraiment je veux aller vous rendre visite mais je n’ai pas de moyen.
Je pense bien qu’un jour nous serons ensemble. Tout le village de Sérékéni
vous salue bien

Amicalement,
Barro Siré Kinta ».
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CSDPTT en bref
Après 5 adhésions réalisées tout dernièrement,
le comité de CSDPTT de Nice est désormais créé
et sera présent à l’A.g. Rappelons que ce comité a
récupéré du matériel TERA (terminaux d’équipement
radio-électriques d’abonnés) qui assure le rattachement d’abonnés
isolés au réseau téléphonique, matériel
particulièrement adapté pour les zones rurales. Un projet
est envisagé au Burkina Faso dans la région de Toma.
Thierry de CSDPTT Paris séjournera au Burkina Faso et au Mali
à partir du 7 décembre où il effectuera un certain
nombre de missions pour CSDPTT
Une réunion téléphone est prévue pour les
adhérents de 25 novembre.
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Echos des postes et télécoms
dans le monde

France Télécom va installer des
cabines en Egypte

Dans le cadre d’un ambitieux projet d’installation de cabines publiques,
la compagnie publique des télécommunications Arento a choisi
France Télécom et le groupe Landis et Gyr. Actuellement l’Egypte
ne dispose que de peu de cabines publiques, elles fonctionnent avec des
pièces et la plupart sont en mauvais état.
France Télécom qui bénéficiera d’une concession
de 10 ans devra installer 20000 cabines en 5 ans. Une joint-venture franco-égyptienne
dénommée Menatel a été constituée à
cet effet au capital de 10 millions de dollars. France Télécom
en détient 44% et la National Bank of Egypt 20% et sa filiale nationale
Telecommunications Company 18%. Le reste se répartit entre des sociétés
françaises et égyptiennes. L’investissement sera de l’ordre
de 40 à 50 millions de francs.
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Arrivée des mobiles au Mozambique
.

Un premier réseau de téléphone mobile vient d’être
créé au Mozambique. Il devrait couvrir la capitale Maputo,
les zones urbaines de Matola et Xai-Xai dans le sud du pays et les routes
en direction de l’Afrique du Sud et du Swaziland. C’est le groupe Alcatel
qui a en a assuré la fourniture clés-en-main pour un montant
de 55 millions de francs.
Deux autres réseaux pouvant couvrir les pays voisins le Zimbabwé
et le Malawi sont à l’étude.
L’opérateur Telecomunicaçoes Moveis de Moçambique
qui en assurera l’exploitation est une société formée
par Telecomunicaçoes de Moçambique (TDM) qui détient
76% du capital et Detekom, filiale de Deutsche Telekom qui en détient
24%.
Par ailleurs, les autorités du pays ont annoncé que l’opérateur
national TDM deviendra une société anonyme en 1998 et qu’il
intégrera un partenaire stratégique en 1999. TDM devrait
toutefois garder un régime d’exclusivité sur le réseau
fixe pendant quelques temps.
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Les autorités guinéennes satisfaites
de la SOTELGUI.

Les autorités guinéennes ont exprimé publiquement
leur satisfaction quant aux performances de la Société des
télécommunications de Guinée au cours d’un symposium
régional sur les télécoms.
Selon cette déclaration, la SOTELGUI serait l’entreprise la
plus cotée du pays. Le Guinée compterait désormais
25000 lignes contre 8000 en 1993, et 50000 lignes devraient être
installées d’ici 1998. Plus de 20 millions de dollars ont été
investis en 1996 dans le secteur des télécommunications et
33,6 millions en 1997.
Si le nombre d’abonnés enregistre une forte croissante qui ne
peut que satisfaire tout le monde, il semble cependant que d’autres problèmes
persistent. C’est ce qu’attestent nos adhérents à Toulouse
qui communiquent régulièrement avec ce pays et se plaignent
de la mauvaise qualité des communications.
Rappelons que la SOTELGUI a été privatisée en
1996 et que Telekom Malaysia détient désormais 60% de son
capital.
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Vingt-six signatures pour AFRICA ONE .
Vingt-six pays ou opérateurs internationaux viennent d’apposer
leur signature au bas du traité permettant la réalisation
du projet AFRICA ONE. Il s’agit d’installer et d’exploiter un câble
de fibre optique d’une longueur de 35000 km qui doit encercler littéralement
l’Afrique et connecter les pays côtiers, les pays enclavés
et les îles. Le montant du projet est estimé à 1,3
milliards de dollars.
Selon le directeur du Bureau de développement des télécommuni-cations
de l’UIT (Union Internationale des Télécommunications) la
connectivité directe sur le continent africain étant encore
très limitée, une grande partie du trafic téléphonique
entre les pays africains continue de transiter par des centres situés
hors du continent au point que selon les estimations, les pays africains
perdraient chaque année entre 300 et 400 millions de dollars.
Si le projet doit remédier à cet état de fait,
le géant américain ATT qui en est à l’origine espère
capter une partie du trafic international africain en très forte
expansion. Un accord de coopération a par ailleurs été
signé entre A TT et Alcatel pour la réalisation.
Pour participer au projet les exploitants doivent acheter des capacités,
le montant minimal étant fixé à 15 millions de dollars.
Le câble utilisera la hiérarchie numérique synchrone
(HNS), norme mondiale de formatage des signaux, élaborée
sous les auspices de l’UIT pour faciliter l’interopérabilité
des réseaux de la planète. Il est prévu par ailleurs
qu’une seule paire de fibres fournira plus de 240000 circuits vocaux à
pleine largeur de bande (64kbits), permettant de satisfaire tous les besoins
de circuits par câble des pays africains pour les 20 prochaines années.
Le câble comprendra deux paires de fibre, l’une pour l’écoulement
du trafic primaire et l’autre pour le rétablissement automatique
(une caractéristique importante du système).
Africa One devra fonctionner en complémentarité avec
les autres systèmes existants ou en projet, Panaftel un faisceau
hertzien qui traverse entre autres le Sénégal, le Mali et
le Burkina Faso, Le satellite panafricain RASCOM et les différents
systèmes mobiles de communications personnelles par satellites.
Les signataires sont : Algérie, Angola, Bénin, Botswana,
Burundi, Cameroun, Congo, Côte-d’Ivoire, Djibouti, Egypte, Erythrée,
Gambie, Kenya, Libye, Malawi, Maroc, Maurice, Mozambique, Niger, Soudan,
Tchad, Tunisie, ATT, British Telecom, Portugal Telecom et Tyco Submarine
Systems.
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EN BREF
Au Niger, les agents des postes et télécommunications
ont fait grève pendant 3 jours perturbant les communications téléphoniques
intérieures et extérieures. Ils exigeaient le départ
de leur ministre qu’ils estiment responsable du retard de leur pays en
matière de télécommunications. Ils ont demandé
par exemple la mise en place immédiate d’un réseau de téléphonie
mobile.
Depuis fin septembre, le Mali est connecté à Internet.
C’est la SOTELMA qui en a assuré la mise en service, le financement
ayant été assuré par l’USAID dans le cadre de l’initiative
Leyland qui conditionne les financements au développement du secteur
privé. Quatre sociétés privées doivent donc
se partager le marché de la fourniture d’accès.
Africa On Line, le principal fournisseur d’accès à Internet
en Afrique (hors Afrique du Sud qui compterait 50000 internautes) annonce
10000 abonnés et pense atteindre 50000 abonnés dès
que l’Afrique sera entièrement couverte. La croissance est plus
forte dans les pays anglophones que les francophones.
En Tunisie, le coût des communications téléphoniques
devrait baisser de 14 à 15% au 1/1/98 pour les appels intérieurs
et de 50% pour les appels internationaux.
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Article
 Le comité de Toulouse de CSDPTT a invité
en juin 97, Mme Fofana Fatoumata, chef du centre international de Conakry.
Ses membres nous en font ici un compte rendu. 

 La Rédaction.
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Nous avons accueilli Fifi du 13/06/97 au 04/07/97, à Toulouse,
dans le cadre d’un échange culturel et professionnel. Daniel est
allé la chercher à Bordeaux et la première surprise
pour Fifi a été la densité de la végétation
tout au long de la route et la richesse de notre province agricole.
La première semaine, Fifi a passé une journée
à l’URN Pays d’Oc et lui ont été présentés
l’organisation et les enjeux de France Télécom.
Pour le week-end, Fifi est allée à Poitiers chez un collègue
expert avec lequel elle avait travaillé en Guinée. Visite
au Futuroscope, attente dans le froid, Fifi a cru qu’elle n’aurait plus
jamais chaud. Il est vrai que ce début d’été en France
n’a pas été clément.
La deuxième semaine, Fifi a passé une demi-journée
à l’URN Pays d’Oc. Echange avec des techniciens sur la technique
de transmission de données et sur les procédures de traitement
d’un dérangement. Fifi en a profité aussi pour se former
sur l’utilisation d’un appareil de mesure qu’elle avait reçu en
Guinée en 1994, mais faute d’information, celui-ci n’avait jamais
servi.
Le week-end, Daniel lui a fait visité la région, Albi
et Cordes, et ils ont dîné avec des albigeois le samedi soir.
Le dimanche, visite à Lourdes.
Fifi, contente de l’accueil rencontré à Toulouse, a eu
envie de nous préparer un repas guinéen et nous avons organisé
une soirée. 25 personnes de l’URN Pays d’Oc se sont jointes à
la fête, nous avons découvert la Guinée en regardant
une cassette commentée par Fifi et avons goûté sa cuisine.
Une vente d’objets d’artisanat local a eu lieu ce soir-là. Tous
ont été ravis de cette soirée.
Une dernière demi-journée a été consacrée
à la visite du Centre de Supervision du Réseau, trafic et
interurbain, et du Centre des Essais et des Réparations à
Blagnac.
Le séjour de Fifi se termine, vendredi 04 juillet, retour sur
Bordeaux et vol pour la Guinée. Trois semaines c’est court quand
on découvre un pays. Nous avons eu des échanges très
intéressants sur nos différents modes de vie et de société
et au cours d’un dîner chez moi avec Colette nous avons abordé
les difficultés de la femme africaine quand celle-ci bouscule les
traditions tant dans la vie privée que dans le travail. Etre femme
et cadre en Guinée demande une force de caractère qui ne
fait pas défaut à Fifi.

Fifi souhaite que CSD PTT puisse réitérer ce genre d’échange,
sans trop d’espoir. Les opérateurs publics ou privés n’ont
pas les mêmes objectifs que les hommes et les femmes de notre humanité.
L’action internationale actuellement s’oriente vers l’action commerciale
et la coopération tend à disparaître.
Pour nous, adhérents de CSD PTT, l’expérience a été
riche et à l’URN Pays d’Oc les collègues nous demandent des
nouvelles de Fifi, avec qui bien sûr nous gardons le contact.
Annick, pour CSD PTT Toulouse.
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Durant son séjour, Fifi a passé ½ journée
dans notre service et nous avons parlé de liaisons analogiques et
numériques. Dirigeant le centre international (ITMC) de Conakry,
elle est en relation avec les mêmes interlocuteurs que nous au sein
de France Télécom et nous aurions pu travailler ensemble
comme nous le faisons avec d’autres pays. Cela nous a permis de mieux comprendre
nos méthodes de travail et nos organisations internes respectives.
Peu impressionnée par le matériel, sinon par la quantité,
il lui importait surtout de connaître nos méthodes de test
de liaisons ainsi que les moyens utilisés. Ce n’est pas tout de
mettre en service, il faut savoir dépanner et mesurer la qualité
de fonctionnement ce qui apparemment lui pose quelques problèmes.
Nous nous sommes rapidement aperçus qu’elle possède les
mêmes instruments de mesure que nous, parfois désinvestis
par France Télécom et obtenus dans le cadre d’échanges
de type CSD PTT ou d’initiatives personnelles, mais privés de mode
d’emploi ou de formation adéquate. Après avoir rassemblé
les documents nécessaires et effectué quelques mises en pratique,
Fifi trouvait ainsi des éléments de réponses à
ses nombreuses questions.
Il est bien difficile de résumer en quelques lignes ½
journée d’échanges et nous en garderons, pour nous, un souvenir
très agréable.
Une quête réalisée au sein de différents
services a permis de participer aux frais de séjour de notre invitée
et tout s’est terminé par l’excellente soirée chez Daniel
qui concluait ainsi une expérience à renouveler sans hésiter.
 Philippe Darrouy. CSDPTT Toulouse
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Préparation des Formalités Administratives

1) Certificat de séjour sur le territoire : simplement un formulaire
à remplir mais pour des raisons pratiques, nous décidons
de son expédition par FAX......Difficulté mineure si l’on
songe que nous sommes dans une entreprise de Télécommunications.
Seulement voilà nous n’avons pas accès à l’international
dans nos services !!!!

2) Organisation du séjour ’’Professionel ’’
Notre hiérarchie, très justement, fait suivre une demande
pour l’accès dans les établissements de la DVRN durant trois
semaines. Catastrophe une ’’ tolérance ’’ de la Direction de l’action
internationale ne permet que 48 h de présence en établissement
sous forme de visite .
Il n’existe plus de structure de coopération dans notre pays
et France Télécom est devenu ’’Opérateur’’ confronté
à la concurrence. Si nous voulons 3 semaines de séjour, il
faut trouver une organisation de stage et les semaines sont payantes......
Et stagiaire unique cela donne des tarifs disproportionnés face
à la démarche de CSDPTT .
Donc nous faisons un découpage de 4 demi-journées ’’
Professionnelles ’’ et nous organisons pour FIFI un maximum de rencontres
avec des collègues Télécoms .
Durant la première semaine nous présentons l’organisation
etles enjeux d’un opérateur moderne......... France Télécom.
Pour avoir effectué 3 missions en République de Guinée
je mesure le fossé existant pour ce qui est du terme d’opérateur.
Je fais ressentir autant que faire ce peut cette nuance aux collègues
à qui je confie FIFI
Le premier week-end FIFI a été invitée à
POITIERS chez CLAUDE et CLAUDETTE. CLAUDE avait effectué les missions
en Guinée avec moi. La période était particulièrement
fraiche, il manquait pour notre invitée quelque 15 degrés
 !!!!! Nous l’avons équipée comme pour les sports d’hiver
chez nous alors que nous vivions juste avec une petite laine. Enfin la
visite du Futuroscope a un peu atténué ses souffrances dues
au froid .

Deuxième semaine, 1 demi-journée sur le traitement des
dérangements. Nos collègues Techniciens Africains sont souvent
demandeurs d’un minima technique avec lequel nous vivons depuis l’aube
des temps .....

 

Les contacts mêmes brefs imposés par les stratégies
commerciales seront pour FIFI d’une richesse inestimable .
Anecdote : Elle demande comment faire une mesure en Transmission de
données avec toute la rigueur technique, et nos collègues
de lui répondre.........Si tu as ’’ Tel ’’ appareil tu peux faire
toutes les mesures possibles. Et FIFI de répondre... Mais je possède
cet outil depuis 1994, seulement je n’ai aucune notice d’utilisation (
comble, dans les colis de ma mission il y avait effectivement des appareils
qui avaient été joints au cas où, car ils étaient
obsolètes dans nos centres, le progrès faisant rage !!!!!!
). Les infos sont transmises sans délai et je puis vous dire que
depuis nous avons des collègues Africains en capacité de
mesurer avec précision des circuits de Transmission de données
.
Le samedi matin visite de CORDES SUR CIEL (il manque toujours une dizaine
de degrés) Curiosité et surprise de FIFI devant la conservation
de notre patrimoine .
L’après-midi visite des quartiers typiques d’Albi avec un ami
érudit de l’histoire de la ville, qui plus est acteur de France
Télécom. En soirée repas au restaurant avec des Femmes
actrices bénévoles d’un groupe de travail de l’enseignement,
à savoir ’’Né pour apprendre’’ ou comment transmettre un
message sur la connaissance à des élèves. Au cours
du repas de nombreuses questions sur le statut de la femme dans le pays
de FIFI et pour elle une soirée ’’humaine’’ riche des échanges
qu’elle a suscités.
Le dimanche à la demande de FIFI nous partons pour LOURDES ,
site riche de symboles même pour des hommes et des femmes de confession
Musulmane . Il pleut et il manque toujours beaucoup de chaleur pour notre
hôte . Heureusement nos voitures possèdent des chauffages
efficaces !!!!

Troisième semaine Dernière demi-journée, visite
du Centre Supervision du Réseau. Projection de la cassette de présentation
du sujet. Quelle joie pour la culture personnelle de notre invitée
que d’aborder les méthodes et les systèmes mis en oeuvre
par un grand opérateur de la taille de France Télécom
pour maîtriser la sécurité de son réseau .
Plusieurs fois, nous recevons des appels au domicile des divers responsables
de service de SOTELGUI ( Société de Téléphone
Guinéen ). La responsable des Ressources Humaines me dit que nous
avons fait un acte extraordinaire vis à vis de FIFI ( cadre de SOTELGUI
) et que cela serait formidable si........ De manière polie,
je lui dis que nous ne sommes pas coutumiers de faire une habitude d’une
démarche qui doit conserver son caractère exceptionnel. Par
contre si des hommes et des femmes de la Société veulent
s’investir pour poser les jalons d’une coopération nouvelle et enrichissante,
nous serons toujours à l’écoute .
Un responsable de l’Exploitation de SOTELGUI fait une remarque identique
à celle de la responsable RH et je lui fais la même réponse
Au cours d’une conversation avec la responsable RH ( nous l’avons souvent
eu à partager le moment de nos repas, décalage horaire sans
doute !!!!!! ) FIFI lui fait une réponse spontanée......
Mais tu ne peux pas imaginer la situation. Ici je suis reçue comme
une reine. Tous les gens que je rencontre se mettent à mon service
pour répondre à mes demandes, tu ne peux pas imaginer la
richesse que cela représente.

 

Voilà, son séjour s’est terminé sur une soirée
dont elle fut la maîtresse. Au cours de celle-ci nous lui avons offert
une superbe pendulette dans une brique rose ( n’oublions pas que nous sommes
dans la Ville Rose et attention au poids pour les bagages ). Lorsque
nous avons proposé de mettre la pendulette à l’heure Guinéenne,
FIFI s’y opposa en déclarant : je veux garder l’heure de France
pour être plus proche de vous....
Par ailleurs auprès d’un ami médecin j’avais collecté
beaucoup de médicaments, sachant le coût élevé
de ceux-ci et leur rareté et FIFI a apprécié le trésor
à sa juste valeur. De plus nous lui avons fourni un gros stock de
vêtements et tout cela a produit un bel excédent de poids
qu’il fallut négocier à l’aéroport, mais pour
cela mon amie invitée de CSDPTT n’eut besoin de personne .
Et voilà FIFI de SOTELGUI à CONAKRY est repartie et son
rêve ( c’est elle-même qui l’a dit ) s’est réalisé.
Merci à tous ceux qui de prés ou de loin ont permis de
faire de ce séjour une réussite humaine, la hiérarchie
de l’URN Pays d’OC qui à permis de remettre l’humain au coeur de
l’échange, la DVRN pour sa participation et tous nos collègues
qui ont donné comme je ne pouvais l’imaginer. Car si un jour, et
je vous le souhaite, il vous est donné d’aller dans un pays ’’en
devenir’’ vous comprendrez que notre expression familière : ce n’est
rien là, veut dire : c’est beaucoup ! Pour conclure ce que fut cette
expérience je citerais Albert JACQUARD :

Pour faire un homme , il faut beaucoup d’hommes : Chacun n’existe que
par les Autres

Daniel Dairé. CSDPTT Toulouse