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Lettre de décembre 2004

mercredi 2 février 2005, par Bruno JAFFRE

La Lettre de décembre
2004

No : 109

Alain Roblin Demont, Max Vernet, Benoît
Sibaud, Jean Louis Fullsack et Bruno Jaffré ont participé
à la rédaction de ce numéro.

 Sommaire
 :

Editorial
Après le Mali et le Burkina,
Le Niger
 ! de Bruno Jaffré

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Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Première mission de CSDPTT
au Niger

SMSI : CSDPTT au Groupe de travail sur
les mécanismes financiers (GTMF)
 : Pour un accès par
village ! Pour une Synergie réseau télécom réseau
d’énergie !

CSDPTT au Groupe des Amis du Président
 :
coopération multinaltérale plutôt que patenariat (Public
Privé)

SMSI : CSDPTT représenté
à la réunion avec l’ambassadeur délégué
de la France

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

La Poste du Burkina faces aux défis
des NTICs

ONATEL au Burkina : quelques chiffres
VIVENDI devient majoritaire dans Maroc
Telecom

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Articles
Accord Microsoft/UNESCO : qui est
le vrai bénéficiaire ? de Benoît Sibaud

Pour débarquer 160 matelots,
France Télécom Marine passe sous pavillon des Kerguelen.

Première étape avant le RIF ? de Max Vernet

Reportage au Burkina  : réflexions
pour un bilan intermédiaire des projets de téléphonies
rurales dans ce pays (extraits) Séjour du 11 au 26 octobre 2004-11-26
de Bruno Jaffré

 


Editorial
Après le Mali et le Burkina, Le Niger !
Une première mission vient de se terminer avec
succès au Niger (voir ci-contre).

Après quelques raccrodements de villages réussis,
nous ne pouvons en rester. D’abord parce que les besoins sont immenses
mais aussi parce que nous ne saurions nous défiler devant nos responsabilités.

Les négociations en cours avec les opérateurs
pour des projets plus importants au Mali et au Burkina ne sont pas faciles.
Mais elles avancent, grâce notamment au Burkina à notre partenaire
la SODEPOSTEL qui sait nous ramener à la réalité.

Nous espérons que les dirigeants de ces opérateurs
sauront, par delà les déreglementations qui les obligent
à investir dans les secteurs les plus rentables, se montrer patriotes
et qu’ils n’oublient pas les populations des zones rurales pour qui la
communication est un besoin vital mais aussi aujourd’hui un droit.

En travaillant en parallèle dans 3 pays, nous
les mettons aussi en concurrence amicale en espérant créer
ainsi une dynamique.

Bien entendu nous sommes prêts à travailler
dans d’autres pays si on nous en fait la demande et les services français
des affaires étrangères seraient bien inspirés de
mieux nous soutenir. Enfin compte tenu des expertises rassemblées
à CSDPTT nous pouvons coopérer dans de nombreux autres domaines
y compris la formation sur les réseaux de nouvelles générations.

A bon entendeur salut !
Bruno Jaffré
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Echos
de CSDPTT et de ces correspondants

Première mission de CSDPTT au Niger
Richard Hauton et Guy Blanc de CSDPTT Rhône Alpes
ont effectué une mission au Niger du 1er au 15 novembre 2004. La
mission a été financée par le PNUD (Plan des Nations
Unies pour le Développement) qui souhaite étudier la possiblité
de raccorder à Internet, et en premier lieu le téléphone,
des radios communautaires rurales mises en place dans ce pays.

Richard et Guy ont donc rencontré des membres
de l’AFAN (Amitiés France Niger), les directeur général
et directeur de la production de la SONITEL, des membres de l’équipe
du PNUD au Niger et des membres du comité de jumelage Tera Bonneville.
Mais c’est surtout grâce à M. Boureima Gado, député
à l’Assemblée, qui s’est dépensé sans compter
pour que la mission ait lieu et qui les a accompagnés partout au
Niger, que la mission s’est déroulée dans de bonnes conditions.

La collaboration avec les techniciens de la SONITEL s’est
déroulée dans d’excellentes conditions.

Ils ont pu mettre en service une liaison téléphonique
entre Niamey et Kahé qui est muni d’une radio communautaire.

Par ailleurs en vue de permettre de réaliser dans
le futur de nouveaux raccordements en colaboration avec le PNUD, ils ont
procédé à l’étude des axes Niamey - Ouallam, 
Niamey - Filingué, Niamey - Tera - Tillaberi - Ayorou. Ils ont procédé
aux relevés de tous les sites visités et émis un certain
nombre de recommandations.

Le succès de cette mission devrait initier le
développement de notre activité au Niger où les besoins
sont énormes.

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SMSI : CSDPTT au Groupe de travail
sur les mécanismes financiers (GTMF) : Pour un accès par
village ! Pour une Synergie réseau télécom réseau
d’énergie !

Jean Louis Fullsack a représenté notre
association à la réunion groupe de travail sur les mécanimses
financiers du 16/11/2004 à Genève. Il est intervenu à
2 reprises. La première fois pour noter l’opacité dans la
constitution du groupe spécialisé sur les mécanismes
financiers et demander l’inclusion de la Société Civile
dans ce groupe de travail. Dans une deuxième intervention, il a
demandé la prise en des problèmes d’énergie dans le
déploiement des TICs et proposé en conséquence une
démarche commune du Groupe de Travail et l’Agence des Nations unies
pour la protection de l’environnement (UNEP) afin d’élaborer une
stratégie conjointe de dissémination des TIC et des sources
d’énergie appropriées associées. Enfin il a demandé
qu’un membre du Groupe de travail sur le financement soit convié
à participer physiquement à la prochaine réunion
du Groupe de travail prévue à New York.

Vous trouverez un compte rendu de la réunion informelle
du Groupe de travail sur les mécanismes financiers (GTMF) du 16/11/2004
à Genève à http://www.csdptt.org/article312.html et
le texte intégral des interventions de Jean Louis Fullsack à
cette réunion à l’adresse http://www.csdptt.org/article310.html.

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CSDPTT au Groupe des Amis
du Président : coopération multinaltérale plutôt
que patenariat (Public Privé)

Notre association était aussi représentée
par JeanLouis Fullsack à la réunion du Groupe des Amis du
Président du 15/11/2004 à Genève. Il y est intervenu
pour Fullsack pour que l’accès au réseau pour tout
village et communauté significative des PeD, soit réalisé
d’ici à 2005 en rappelant que cet objectif avait d’ailleurs été
repris tel quel par le Secrétaire général de l’UIT
à la Conférence mondiale sur le développement des
télécommunications (CDMT) à Istanbul.

D’autre part, il a déclaré que « 
Les formules de partenariat, telles que le partenariat public-privé
(PPP) préconisé dans le chapeau politique du document soumis
pour résoudre la problématique du « fossé numérique
 », ne sauraient constituer une réponse unique et crédible
face à l’importance des enjeux réels. » Enfin, il a
demandé que « le texte final du document stipule expressément
que la coopération multilatérale est la forme d’intervention
privilégiée dans cette problématique, que les engagements
de financement du développement -certes insuffisants- souscrits
par les pays riches dans le « consensus de Monterrey » y soient
rappelés, et les Etats signataires soient sommés de pleinement
les respecter ».

Vous trouverez l’intégrale de l’intervention de
Jean Louis Fullsack à http://www.csdptt.org/article309.html et un
compte rendu de la réunion à http://www.csdptt.org/article311.html.

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SMSI : CSDPTT représenté
à la réunion avec l’ambassadeur délégué
de la France

Max Vernet de CSDPTT Paris a réprésenté
notre association à cette réunion, de concertation entre
l’ambassadeur délégué de la France, M. Jean Michel
Hubert et la "société civile". Cette réunion
qui s’est tenue 10 octobre 2004 a rassemblé une vingtaine de participants
impliqués dans la préparation de ce Sommet. A noter pour
la première fois la présence d’un syndicat, la CFDT mais
moins de la moitié des présents représentaient des
associations parmi lesquelles nous avons noté ATD Quart Monde, IRIS,
ADOME, Internethon...

Max Vernet, notre représentant a rappelé
le combat que nous menons pour que tous les villages soient reliés
au réseau téléphonique et l’importance de jumeler
les programmes de connexion à des programmes d’accès à
des énergies si possible renouvelables. Il a aussi demandé
une juste rétribution des opérateurs historiques nationaux
des pays pauvres, la condamnation du call back, il a maintenu contre Jean-Michel
Hubert la priorité pour les villages de l’accès au réseau
fixe plutôt qu’à des réseau mobiles dont la pénétration
ne correspond qu’aux métropoles et aux axes routiers principaux.
De la même manière il a rappelé que ce n’est pas à
nous de définir ce qui est bon pour les populations de ces pays
(réseaux et contenus), mais à elles de le faire.

Un compte rendu complet résumant chaque intervention
est disponible sur notre site de CSDPTT à l’adresse http://www.csdptt.org/article313.html/

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Echos
des postes et télécoms dans le monde

La Poste du Burkina faces aux défis des NTICs
La Poste du Burkina vient d’être élue membre
du Conseil d’Exploitation Postale (CEP) au sein de l’UPU (Union Postale
Universelle). Déjà membre du conseil d’administration de
cette organisation du Système des Nations Unies depuis 1994, le
Burkina occupe désormais l’un des 7 postes africains parmi les 40
membres.

En parallèle à cette élection prestigieuse,
la poste burkinabè doit faire face à des défis multiples,
dont le plus menaçant est l’explosion des NTIC au Burkina Faso.

Pour accompagner le train technologique, la SONAPOST,
en partenariat avec la Poste française, l’UPU, le PNUD et d’autres
partenaires, a lancé depuis quelques mois la mise en place de CYBERKIOSQUES,
dont le premier, expérimental, est opérationnel à
Ziniaré, le village d’origine du président Compaoré.
Ce kiosque de Ziniaré relié à Internet via une liaison
satellite sera bientôt rejoint par un autre à Ouagadougou
à l’occasion du Sommet de la Francophonie, et un à Ouahigouya.

Selon le Directeur de la SONAPOST, 2005 verra un recentrage
sur les activités courrier avec un plan de rénovation des
bureaux, et un effort particulier pour restaurer la confiance des usagers
du service postal.

L’Express postal, un grand projet de transport de courriers
et des personnes par route, s’acompagnera d’un redéploiement de
moyens tel que cars, vélos, mobylettes, pour assurer aux clients
un acheminement sûr et rapide du courrier.

2005 devrait donc être pour la SONAPOST une année
de reprise en main de ce qui constitue son coeur de métier, le transport
des plis, mais en faisant de l’utilisation des NTIC un atout majeur. (Source
le Soleil http://www.lesoleil.sn/)

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ONATEL au Burkina : quelques
chiffres

L’ONATEL, l’Office National des Télécommunications,
compte actuellement 85000 abonnés pour 1,2 million d’habitants et
selon sa direction le parc devrait passer à 125000 en 2005 notamment
grâce à des campagnes de promotion. En zone rurale, l’opérateur
investit chaque année, selon son directeur 2 milliards de FCFA pour
desservir de 25 à 30 localités.

Par ailleurs, 12 milliards de FCFA ont été
investis pour construire deux artères de fibre optique d’un longueur
totale de 1000 km afin, de relier le pays au câble sous-marin qui
centure le continent via la Côte d’Ivoire et le Togo.

Dans la téléphonie mobile où la
concurrence est rude face à CELTEL et TELECEL, la filiale de l’ONATEL,
TELMOB, compte environ 150000 abonnés et annonce vouloir doubler
ce chiffre en 2005. TELMOB combine les 2 technologies GSM 900 et GSM 1800.

Dans le domaine de l’Internet, la filiale FASONET gère
le nœud national qui vient d’être complété par
5 nœuds dans les 5 principales villes du pays. L’accès à
Internet est ouvert à la concurrence et 7 sociétés
se partagent le marché. Le nombre d’abonnés est estimé
à 7000 pour environ 10000 utilisateurs. L’installation de la fibre
optique permet d’envisager le haut débit, l’ONATEL envisage d’introduire
l’ADSL et le wifi. (Source Jeune Afrique l’’Intelligent 21/11/2004)

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VIVENDI devient majoritaire
dans Maroc Telecom

En procédant à l’achat de 16% des actions
de Maroc Telecom, Vivendi détient désormais 51% de Maroc
Telecom, alors qu’il en détenait déjà 35% depuis 2001.
L’opération s’est conclue pour un montant de 1,1 milliard
d’euros. L’Etat n’en détient plus que 49% ce qui fait désormais
de Maroc Telecom une entreprise privée, cependant 14% des actions
devrait encore prochainement vendu en bourse.

Maroc-Telecom compte 1,3 million de clients pour le fixe,
5,5 millions dans la téléphonie mobile soit 70,3% du marché.
et 79.000 pour l’accès à Internet.

En 2003, le chiffre d’affaire consolidé a progressé
de 3% par rapport à 2002, et le résultat d’exploitation de
17%. (Source Panapress).

Maroc Telecom est une telle bonne affaire pour VIVENDI
que lorsque Jean Marie Messier en était directeur il s’est servi
de Maroc Telecom (et de Cegetel) pour améliorer les comptes du groupe
VIVENDI de façon frauduleuse ce qui avait entraîné
enquête de la Commission des Opérations de Bourse (COB).

Ainsi VIVENDI a intégré les comptes
ces deux filiales riches en cash-flow pour 100% alors qu’il aurait fallu
faire une intégration proportionnelle de 35 % de Maroc Telecom et
de 44 % de Cegetel au lieu d’une consolidation à 100 %. Or ce tour
de passe-passe dans les chiffres transforme la physionomie des comptes
et la COB note dans son rapport : "Vivendi Universal consolidé différemment
n’est pas le même groupe en plus petit, c’est un autre groupe dont
la rentabilité affichée est beaucoup plus faible ».
(Source La Tribune - le 23/09/2003)

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Articles

Accord Microsoft/UNESCO : qui est le vrai bénéficiaire
 ?

Benoît Sibaud

Lors de sa visite à Paris le 17 novembre dernier,
Bill Gates, le riche président de Microsoft a signé un accord
de partenariat avec Dassault Systems. Par ailleurs lors d’une rencontre
à l’Élysée, il a tenté de convaincre le président
français Jacques Chirac de ne pas opter pour du logiciel libre dans
ses administrations. Mais il a surtout été reçu par
le directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura,
pour signer un accord sur le développement et l’éducation
...

Pour lire l’article
en entier...

 

Benoit Sibaud (CSDTT Ile de France)
Membre du Conseil d’Aministration de l’APRIL (Association
Pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre)

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Pour débarquer 160 matelots, France Télécom
Marine passe sous pavillon des Kerguelen. Première étape
avant le RIF ?

Max Vernet

Dès le 12 janvier 2004 la presse locale (dont Le
Télégramme de Brest) se fait l’écho des réactions
de syndicats (dont SUD-PTT) de France Télécom Marine,
filiale à 100% de FT SA, qui dénonçaient un plan social
visant à supprimer 160 emplois de marins français, sur 450
salariés.

 L’objectif de FT Marine est de remplacer à
terme le maximum de marins français qualifiés (160) par un
minimum de marins de nationalité extra européenne (66) à
bas coûts, en ne gardant les salariés français que
pour les emplois sédentaires, le nombre d’officiers français
étant ramené au minimum réglementaire.

Pour lire l’article
en entier....

Max Vernet (CSDPTT Ile de France)
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Reportage au Burkina : reflexions pour un bilan intermédiaire des projets de téléphonies rurales dans ce pays (extraits)

Séjour du 11 au 26 octobre 2004-11-26
 

Bruno Jaffré

Table des matières
A Tema, visite d’un site bientôt muni d’un télécentre
Rencontre avec les ressortissants de Sérékéni
Visite de Bobo Dioulasso
Sérékéni enfin muni du téléphone
 ! Et ça marche !

Engouement pour le téléphone
Retour a Ouaga : rencontres au ministère et
à l’ONATEL

Rencontre chaleureuse avec les ressortissants de Sérékéni
puis les membres de la SODEPTEL

Quelques réflexions face aux problèmes
rencontrés pour aller de l’avant

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Dès mon arrivée, je contacte El Hadj Sankara
Mousbila le président de l’association SODEPTEL (Solidarité
Développement dans les Postes et télécommunications)
qui se rend rapidement disponible. Les retrouvailles sont chaleureuses.
Nous apprenons en effet depuis plus d’un an à travailler ensemble,
la confiance mutuelle grandit. Il m’explique sa satisfaction et son soulagement
d’avoir reçu le matériel permettant d’installer 4 liaisons
dans la région de Tema Bokin. De son côté en effet
il s’est déjà engagé auprès de ces villages.
Il avait appris aussi depuis peu par un appel de Jean Claude Coste de CSDPTT
Rhône Alpes que les antennes et du câble coaxial venaient de
partir par la route. Malheureusement on apprendra quelques temps plus tard,
que par la faute de douaniers marocains, bien qu’en règle, le camion
avait du rebrousser chemin. Les antennes vont finalement être acheminées
par avion et Mousbila pense pouvoir récupérer le câble
coaxial sur place.

Conformément à la demande de la SODEPTEL,
ce sont les techniciens de l’ONATEL, qui doivent cette fois installer les
liaisons sans l’intervention d’adhérents de CSDPTT. Cette décision
avait entraîné des débats au sein de CSDPTT...

Pour lire l’article
en entier...

Bruno Jaffré
(CSDPTT Ile de France)