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Compte rendu de séjour au Burkina Faso du 11 au 26 octobre 2004 : reportage

jeudi 27 janvier 2005, par Bruno JAFFRE

de Bruno Jaffré

Dès mon arrivée, je contacte El Hadj Sankara Mousbila le président de l’association SODEPTEL (Solidarité Développement dans les Postes et télécommunications) qui se rend rapidement disponible. Les retrouvailles sont chaleureuses. Nous apprenons en effet depuis plus d’un an à travailler ensemble, la confiance mutuelle grandit. Il m’explique sa satisfaction et son soulagement d’avoir reçu le matériel permettant d’installer 4 liaisons dans la région de Tema Bokin. De son côté en effet il s’est déjà engagé auprès de ces villages. Il avait appris aussi depuis peu par un appel de Jean Claude Coste de CSDPTT Rhône Alpes que les antennes et du câble coaxial venaient de partir par la route. Malheureusement on apprendra quelques temps plus tard, que par la faute de douaniers marocains, bien qu’en règle, le camion avait du rebrousser chemin. Les antennes vont finalement être acheminées par avion et Mousbila pense pouvoir récupérer le câble coaxial sur place.

Conformément à la demande de la SODEPTEL, ce sont les techniciens de l’ONATEL, qui doivent cette fois installer les liaisons sans l’intervention d’adhérents de CSDPTT. Cette décision avait entraîné des débats au sein de CSDPTT. Et oui à CSDPTT comme dans tant d’autres ONG, beaucoup trop nombreuses, on a parfois un peu trop tendance peut-être à se croire indispensable ! Heureusement la discussion interne a finalement eu raison des hésitants et l’adhésion à la proposition de la SODEPTEL a finalement emporté une large adhésion. Sans doute un pas supplémentaire vers la maturité pour CSDPTT. Mousbila quant à lui aime à rappeler que depuis 15 ans que l’ONATEL fonctionne sans assistance technique. L’appropriation, terme cher aux théoriciens de l’aide au développement paraît sur la bonne voie.

Je ne manquerai pas non plus de rencontrer aussi plusieurs fois Sylvestre Ouedraogo, Président de Yam Pukri, avec les discussions sont toujours aussi passionnantes et passionnées, ce qui me donna l’occasion aussi de goûter les plats succulents préparés par son épouse.

A Tema, visite d’un site bientôt muni d’un télécentre

Le lendemain, nous partons à Tema, la ville d’origine de Mousbila mais aussi du défunt président Thomas Sankara. Au passage, nous aurons l’occasion de vérifier en voyant sa maison, on ne peut plus sobre, conservée à peu près indemne, pour témoigner aux nouvelles générations, que contrairement à beaucoup d’autres Chefs d’Etat sur le continent ou ailleurs, il n’a pas profité de sa position au pouvoir pour s’enrichir. Sa maison ne se compose en effet que de ses murs et d’un toit en tôle au milieu d’une vaste cour qui a été depuis entourée d’un mur de briques
Après un déjeuner composé de brochettes, parfois un peu trop grasses, et de pain, arrosé de bière ou de sucrerie pour Mousbila qui est musulman, nous nous rendons sur le site de Samara, à quelques 15 km de Tema, ville à laquelle aboutira la liaison. Au bord de la route nous embarquons le délégué du Groupement villageois avant de bifurquer sur une petite piste pendant quelques centaines de mètres.

La position du télécentre, m’explique-t-on, a été choisie en terrain neutre par rapport aux différents petits villages alentours, près du centre de santé et d’un château d’eau. Malheureusement celui-ci ne peut plus fonctionner, la pompe étant privée d’électricité depuis que les panneaux solaires ont été volés. Raison de plus pour insister avec Mousbila sur la nécessité de bien protéger ceux que l’ONATEL doivent fixer pour alimenter le télécentre.

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la future cabine téléphonique de Tema

Le local devant abriter le télécentre a déjà été solidement construit grâce à la mobilisation des villageois. Le toit est en tôle, les murs en brique et les fenêtres ont été renforcées. Après une estimation rapide, en faisant l’inventaire du matériel utilisé, la construction est revenue à environ 100000 Fcfa sans compter la main d’œuvre.
Nous reprenons la route, El Hadj Mousbila Sankara paraît rassuré tout comme moi, nous rentrons détendus.

En effet faute de partenaires sur place sur qui nous appuyer, les télécentres déjà en service que nous avons contribués à installer, ne paraissent pas vraiment gérés par des comités de gestion. Mais pour les autres à venir, cette fois la SODEPTEL, a mis comme préalable la mise en place d’un tel comité de gestion, qui doit être composé de 5 membres. Déjà 59 villages contactés par la SODEPTEL dont 4 proposés par SOS Sahel Burkina seraient prêts à recevoir un télécentre, en respectant les conditions posées.
Une convention est actuellement en discussion avec la direction de l’ONATEL, qui bute sur certains détails mais Mousbila est optimiste. Une fois qu’elle sera signée, m’explique-t-il le nombre de télécentre pourra être démultiplié. L’ONATEL semble vouloir se décharger complètement sur la SODEPTEL pour en assurer la gestion.

Rencontre avec les ressortissants de Sérékéni

Les ressortissants de Sérékéni de Ouagadougou tiennent à me rencontrer. J’ai déjà effectué plus d’une demi-douzaine de séjours plus ou moins courts dans ce village auquel je me suis attaché ainsi que d’autres membres de CSDPTT. Sérékéni vient d’être raccordée au réseau de l’ONATEL grâce à notre action, en particulier des efforts de Jean Claude Costes et Alain Farges de CSDPTT Rhône Alpes qui en ont assurés la réalisation technique.

On se retrouve dans une petite buvette de quartier. La plupart des convives sont des cadres. Il y a là BARRO Christophe, enseignant et devin de Sérékéni, c’est lui qui m’a introduit dans ce village avec André Nymba, BARRO Sandé qui travaille à l’ONCHO/OMS, BARRO Seydou Inspecteur du Trésor, BARRO Soma Etienne, Chercheur au centre de recherche du Burkina le CNRST, BARRO Yacouba Electro mécanicien à l’Ambassade USA, BARRO Yaya Etudiant en 5è année de Médecine et TRAORE Issouf, Directeur Financier et Comptable de l’Office National des Télécom (ONATEL). On m’offre à boire. Je suis vite assailli de remerciements. Je mesure encore une fois, si jamais j’avais tendance à l’oublier, l’importance de ce moyen de communication qu’est le téléphone. Instrument banal de notre vie quotidienne, cet assaut de reconnaissance doit nous permettre d’apprécier l’apport d’autant plus extraordinaire qu’inespéré, qu’il constitue pour des villages enclavés. Et pour ceux qui m’entourent qui habitent à environ 450 km de leur village, c’est un véritable soulagement que de pouvoir téléphoner régulièrement à leur famille. Cette conversation m’est en tout cas édifiante. Il me faut encore rappeler que, sans les techniciens, notre association n’aurait pu se développer et j’assure que je transmettrai ces remerciements aux membres de CSDPTT et particulièrement à Jean Claude et Alain, mais aussi aux autres qui ont initié les projets, Alain Bergougnoux, le pionnier mais aussi Emile Quesada et Claude Sicard qui par leur persévérance, alors que les rapports n’étaient pas stabilisés et que de nombreux blocages empêchaient d’avancer, ont jeté les bases de la réussite des projets de téléphonie rurale dans ce pays.

L’association des ressortissants de Sérékéni, vient d’être réactivée, depuis un peu moins de 2 ans, ce qui explique qu’elle n’avait pas pu nous aider jusqu’ici mais les membres présents ce jour paraissent fermement décidés à se rattraper. Cette renaissance selon ce que je comprends semble en partie due à ce projet de téléphonie. Une retombée indirecte bénéfique de plus ?

On discutera ensemble dans une ambiance conviviale pendant près de 3 heures. Et moi de raconter dans les détails la genèse de CSDPTT, la rencontre avec le village de Sérékéni, où j’ai séjourné une semaine, qui fait partie des circonstances qui ont amené à la création de CSDPTT quelques années plus tard. Je leur explique aussi dans les détails les différentes étapes jusqu’au raccordement de Sérékéni : la première tentative d’installer deux radios pour communiquer avec Orodara la ville la plus proche, l’attente pendant 2 ans d’une autorisation de fréquence avant de comprendre que nous ne l’obtiendrions pas, la promesse de l’ONATEL d’amener le téléphone dans la région, notre repli dans la région de Toma où ont été installés les premiers accès au réseau grâce à une collaboration entre CSDPTT et M. Nyamba ressortissant d’un des villages et ethno-sociologue à l’université de Ouagadougou, la nouvelle parvenue tardivement en France que l’ONATEL n’avait pu tenir sa promesse du fait d’une falaise mal placée, la première mission d’étude de Jean Claude et Alain qui permit de choisir le village de Nahon comme point de raccordement de Sérékéni, l’extrême prudence de Jean Claude du fait de la distance et enfin le raccordement avec succès après une nouvelle mission de Jean Claude et Alain. Il me faut aussi expliquer longuement notre motivation et notre conception du développement qui doit se traduire par notre retrait prochain programmé.

Nous abordons aussi l’évolution de l’ONATEL, puisque parmi l’assemblée se trouve le directeur des affaires financières de l’ONATEL très intéressé par nos analyses sur les privatisations des télécommunications en Afrique. Ce soir là je donnerai l’adresse du site expliquant qu’on y parle de Sérékéni. Il m’appellera plusieurs fois durant le séjour pour me demander des précisions pour mieux naviguer sur notre site puis pour exprimer sa satisfaction de savoir qu’il est question de Sérékéni sur Internet.

Et nous en viendrons à un sujet qui les préoccupe tout autant que nous. C’est Laurent Barro mon logeur et ami au village qui a pris à son compte la gestion et l’exploitation de la cabine. Elle s’apparente donc actuellement à une cabine privée, alors que l’ONATEL a accordé la gratuité du raccordement et la dispense de caution pour des raisons sociales, les cabines devaient être gérées par la collectivité de façon communautaire. Bien entendu, il ne s’agit pas de mauvais esprit de la part de Laurent. Il faut bien reconnaître qu’il a du subir les interpellations à Sérékéni du genre : « Alors ton ami, quand est-ce qu’il nous amène le téléphone ? ». Ensuite, c’est lui qui s’est investi pour l’accueillir dans de bonnes conditions et notamment la construction du local.
Nous avons tous conscience du délicat problème. Pour ceux qui en doutent encore, cet épisode devrait permettre d’achever de convaincre tous les sceptiques sur l’utilité d’une étude ethno-sociologique préalable pour déterminer le lieu et le gestionnaire de la cabine par consensus comme cela avait été fait dans la région de Toma. D’ailleurs le professeur Nyamba de l’université de Ouagadougou, qui doit la mener à bien avec des étudiants viendra lui-même en défendre passionnément l’utilité.

On me demande de parler à Laurent et ils me promettent que de leur côté ils vont envoyer une délégation composée de 2 membres de leur association de Ouagadougou et d’un de Bobo Dioulasso pour tenter de résoudre le problème. Ils se chargent d’organiser notre périple, je voyage accompagné de Charles Veron qui travaille au repérage d’un film. Ils vont d’ailleurs rapidement nous trouver une « bâchée » et payeront même l’essence. J’ai longtemps réfléchi à cette dernière proposition qui me laissait quelque peu dans l’embarras et j’entends ici les critiques « les gens sont pauvres, il ne fait pas accepter etc... » souvent emprunte d’un certain paternalisme. Mais si nous ne voulons pas perpétuer des relations de domination à sens unique il faut permettre à nos partenaires de participer à l’échange en donnant à la mesure de leurs moyens et d’être ainsi acteur à part entière de l’échange. J’ai donc accepté laissant de côté mes états d’âme !

Visite de Bobo Dioulasso

Quelques jours plus tard nous partons... Avec du retard... On nous dit qu’il n’est pas nécessaire de réserver, qu’il n’y a pas beaucoup de voyageurs, bref nous arrivons à 9h45 pour un car de 10h, il est plein il nous faudra attendre 14h15 ! Le temps ne sera pas perdu, on le passera avec des amis autour d’un magnifique poisson braisé dont il aura fallu attendre la cuisson pendant plus d’une heure cependant.

Le voyage se déroule sans encombre. Il est bien loin le temps où on s’entassait à 10 plus le chauffeur dans une 504 break. Elles ont disparu du trajet Ouaga - Bobo. Cinq au 6 compagnies de transport se partagent maintenant le marché. On voyage en autocar plus ou moins confortablement. Les prix vient de passer de 4000FCFA à 6000FCFA, une hausse considérable que l’augmentation des cours du pétrole ne peut justifier que très partiellement. On a largement le temps de vérifier que le dernier tronçon Boromo - Bobo est en mauvais état comme on nous a prévenus ; ce qui délie les langues à Ouagadougou car cette partie vient d’être refaite. « Qui a bouffé l’argent, l’entreprise ou bien celui qui a passé le marché » murmure-ton ? Ou bien, encore plus acerbe, « l’entreprise s’est foutue de notre pays et nos dirigeants sont incapables de réagir ! »

Nous sommes accueillis chaleureusement à l’arrivée par Yaya Traoré, retraité ancien animateur de développement en zone rurale. Il nous emmène de suite à l’hôtel Tiera en plein centre de Bobo tenu par Oumar Traoré. Tous 2 sont aussi originaires de Sérékéni. Oumar Traoré paraît jeune moins de 40 ans, il a repris cet hôtel il y a une dizaine d’années et n’a cessé depuis d’investir. D’où son excellent état et les extensions récentes toutes neuves. Après ses études, Oumar a d’abord travaillé dans un ONG qui a mis au point des pompes à eau, les a fait fabriquer au Burkina et les a commercialisées. Si toutes les ONGs pouvaient former aussi bien des cadres ou des entrepreneurs locaux ! Ce pays en a bien besoin ! Cette ONG était partenaire avec la CIMADE mais après un fort développement, des difficultés sont apparues et c’est finalement le GRET qui a repris cette activité.

La nuit s’avère calme et reposante. Le lendemain M. Yaya Traoré, toujours de très bonne humeur vient nous chercher pour une visite guidée de la ville. On la traversera de part en part, du quartier le plus ancien de la ville au lycée Ouezzin Coulibaly, le plus grand de la ville, à un monument en l’honneur d’une princesse ancienne dont Yaya nous dit « qui va payer ici pour voir ça ? » pour nous signifier que seuls les blancs qui viennent le visiter, du marché à la vieille mosquée, on terminera par le grand stade imposant. On passe saluer la famille de Yaya Traoré avant de prendre la route qui nous mènera sans encombre à destination du Chef lieu de la province du Kénédougou, Orodara.

On s’y arrête juste le temps de passer le bonjour aux techniciens de l’ONATEL, présents ce dimanche pour assurer la permanence. Ils affichent leur satisfaction. Le téléphone installé à Sérékéni marche bien, pas de panne, les paiements sont effectués régulièrement sans problème, soit entre 20 et 50000 FCFA qui reviennent à l’ONATEL, sans compter les appels entrants, chaque semaine. Un coquette petite somme et une bien bonne affaire pour l’opérateur national !

Sérékéni enfin muni du téléphone ! Et ça marche !

On reprend rapidement la route. D’abord 17 kilomètres de bonne piste et puis il nous faut affronter pendant presque une heure le dernier tronçon de 12 km, une très mauvaise piste surtout en cette fin de saison des pluies. Ce sont les villageois qui remettent vaille que vaille tous les ans cette piste avec leur maigre moyen. Les promesses ont été nombreuses, faites ci, faites ça, vous aurez votre route, à chaque fois les villageois s’exécutent, ont-ils le choix, et chaque fois la déception !

On monte directement dans le quartier où réside la famille de Laurent Barro. Dès la place qui jouxte la concession, où sont fixés au sol par des bâtis en fer les panneaux solaires, une inscription en lettres vertes suivie d’une flèche vers la concession indique : « Télécentre de l’Amitié », c’est ainsi que Laurent l’a baptisé. J’imagine que cela ira droit au cœur des membres de CSDPTT ! Une deuxième inscription précise encore la direction au moment où il faut tourner pour entrer dans la concession.
L’accueil est des plus chaleureux. On nous offre de l’eau selon la coutume puis on échange des nouvelles de nos familles respectives.

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La cabine téléphonique de Sérékéni dans la cour de Laurent Barro

Bien entendu mon regard se porte impatiemment vers le télécentre : une petite maison en dur, recouverte à la chaux blanche, sur laquelle une troisième inscription verte sur toute la largeur qui en rappelle encore fièrement le nom. L’intérieur est décoré de plusieurs affiches, deux batteries sont au sol. Le téléphone est sur une table à côté d’un cahier où sont consignés les appels. Un compteur, conforme à ceux que l’on trouve dans tous les télécentres, est accroché au mur à l’intérieur d’une boite confectionnée juste à la bonne taille pour le protéger. Deux prix différents m’en seront annoncés à 2 moments différents par des personnes différentes, 80000FCFA ou 100000FCFA. Plus tard, lors d’une conversation, Laurent m’explique que les villageois se sont cotisés à raison de 50000FCFA et qu’il retire régulièrement une petite somme sur les bénéfices pour les rembourser petit à petit. Les ressortissants de Sérékéni se sont aussi cotisés et ont donné les autres 50000FCFA. Il y a donc bien eu cette fois prise en charge communautaire.

M. Yaya Traoré s’éclipse pour rejoindre sa famille et nous partons pour faire le tour du village. Le mil encore vert, si ce n’est les épis plus jaunes ou tendant au rouge selon la variété, entoure le village dépassant parfois la taille des cases ou des maisons.

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Une vue de Sérékéni

Cela donne une impression de verdure et de fraîcheur malgré la chaleur encore supportable en cette période de l’année qui suit la saison des pluies. Nous empruntons des chemins laissant passer une seule personne entre 2 rangées de mil nous dépassant de plusieurs têtes. C’est la meilleure période pour visiter Sérékéni, les couleurs y sont vives et variées. L’école, entourée des maisons des instituteurs, est déserte ce week-end. L’essentiel de la construction a été encore été assuré par les habitants du village. Eh oui ! Ici le développement c’est avant tout l’affaire des habitants eux-mêmes. Ensuite il faut obtenir l’accord des autorités pour obtenir les postes d’instituteurs. On continue ensuite pour se rendre de l’autre côté du village où sont construits différents bâtiments abritant la maternité, l’infirmerie, la pharmacie, également entourés des maisons destinées aux fonctionnaires de santé au nombre de 5 aux qualifications différentes, infirmier, sage femme, auxiliaires de santé, agent itinérant et le « Major », comme on appelle celui qui dirige tout le personnel de santé. Il nous reçoit gentiment. Après nous avoir amenés de quoi nous asseoir et offert de l’eau, il nous fait part aussi de sa satisfaction que le village soit raccordé au réseau téléphonique. En général pourtant en cas de difficulté les malades sont évacués par une mobylette ambulance mais il a déjà fallu appeler une ambulance de la ville lorsque celle du village était en panne.

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Les cases entourées de verdure

Retour le soir dans la concession de la famille de Laurent Barro. Il me faut aborder une bien délicate question avec Laurent : lui expliquer le plus diplomatiquement possible que le télécentre ne doit pas être géré comme un télécentre privé mais par la collectivité. Il écoute, tristement il me semble, puis me dit être au courant et affiche une sereine volonté de bien faire. Il n’attend que la visite de Mousbila Sankara pour mettre tout ça au clair. Mais ce dernier hésite à intervenir dans les villages qui ont été raccordés avant que la SODPTEL n’entre dans le projet. On verra bien... Et puis les ressortissants de Sérékéni à Ouagadougou n’ont-ils pas promis de s’occuper de cette question ?

Engouement pour le téléphone

C’est véritablement le soir que je serai témoin de l’engouement pour ce téléphone. Des gens s’installent pour attendre des appels. On me dira plus tard que la réception coûte 200FCFA ce qui me parait excessif. En ville il faut payer 100FCFA. Plutôt choqué, je m’en inquièterai une fois auprès d’un gestionnaire qui me rétorquera que c’est ainsi parce que certains occupent ainsi la ligne, restent longtemps et empêchent les recettes puisque pendant ce temps personne ne peut appeler. Faut-il pour autant faire payer tout le monde ? C’est comme ça et ça semble bien établi et peu contesté !

La cour de Laurent se remplit petit à petit. Un néon éclaire l’intérieur du télécentre et un autre à l’extérieur éclaire la cour de la concession dont l’affluence nombreuse profite, tous deux alimentés par une batterie reliée aux panneaux solaires. Entre les gens qui appellent, et ceux qui attendent, l’occupation de la ligne est quasi permanente. Tout le monde s’installe autour de la cabine pendant que la femme de Laurent continue comme si de rien n’était à vaquer à son travail domestique, souvent courbée en deux. Elle a aussi appris à exploiter la cabine au cas où Laurent est absent de même qu’un de ses petits frères.

Laurent est sans cesse obligé de s’extirper de son hamac. Il faut être vigilant. Parfois en effet, m’explique-il, certains raccrochent mal et on peut se trouver avec des grosses factures. Ce soir là, quelqu’un a été appelé du Gabon. Deux jeunes convoqués par leur frère à 18h restèrent près d’une heure et demie à attendre, celui-ci appelant vers 20 heures en fut pour une communication perdue. Difficile de s’isoler, le plus souvent Laurent reste à côté de celui qui téléphone. « -Et si quelqu’un veut être tranquille -Alors je sors et je ferme la porte ». Mais les gens en général parlent tellement fort que toute la cour en profite ! Il est vraiment communautaire ce téléphone ! Il doit y en avoir des choses à dire sur ce téléphone, des enseignements à tirer de cette expérience. Je pense au professeur de l’université de Ouagadougou M. André Nyamba et ses étudiants qui doivent venir enquêter sur le changement social généré par l’arrivée du téléphone mais aussi si possible tenter de résoudre par consensus le problème de la gestion des télécentres. Une chance pour nous, n’est-ce pas le meilleur moyen d’en tirer tous les enseignements. Ce travail doit permettre par la même occasion s’il est réalisé assez tôt de revenir à une gestion plus conforme à l’objectif de notre projet et de rétablir une gestion communautaire. Encore faut-il que nous trouvions les moyens de financer cette étude ! Messieurs les bailleurs, à vos porte-monnaies, une telle étude n’a-t-elle jamais été faite ?

Le lendemain nous partons pour une promenade en moto.

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Forage découvert lors de la promenade à moto

Un grand plaisir en même temps qu’une bouffée d’air pure et de fraîcheur. Le paysage est vert à cette époque. Et contrairement à ce que nous avions pu constater à Tema, ici le mil semble avoir bien pris. On fera plus de 20 km aller et retour et la brousse nous apparaît presque partout cultivée, beaucoup de champs de coton surtout. Le gouvernement a incité les paysans à en augmenter la production en augmentant le prix d’achat.

Il nous faut déjà penser au retour, c’est bien court. Je pense à ce que M. Nyamba m’a dit. Il faudrait rester au moins 2 ou 3 jours ici pour voir tout le monde.. Je sais pourtant combien les relations sociales sont la richesse de ce pays et que ce n’est pas respecter mes amis que de rester si peu. Mais je n’ai guère le choix. Il me fait songer à partir avec un petit pincement au cœur.

Charles Veron m’avait proposé de filmer le télécentre ce que je n’avais osé accepter repoussant l’offre un peu rapidement. J’ai eu le temps d’y réfléchir sur la moto. Ce serait vraiment bête de refuser. Ce n’est pas tous les jours qu’un réalisateur de métier vous propose ainsi de tourner gentiment des images nous permettant de communiquer sur les réalisations de CSDPTT. Il s’appliquera, fera plusieurs plans différents, filmera l’intérieur du télécentre, plusieurs pages du cahier consignant les appels et les commentaires de Laurent et nous aurons même le loisir de faire une interview. Jusqu’ici Laurent avait été filmé en arborant le tee shirt de CSDPTT que je lui avais donné ainsi qu’à une dizaine d’autres personnes. Je le lui ai fait enlever avant que Charles ne tourne par pudeur et parce à CSDPTT nous ne sommes pas portés sur ce genre de « communication » issue du marketing commercial.

M. Yaya Traoré s’est lancé dans de longs conseils aux villageois retrouvant son énergie d’animateur rural. Il s’agit de la meilleure manière d’obtenir une deuxième école pour les enfants qui restent en brousse. « Si un jour vous voulez un collège à Sérékéni, il faudra justifier de plusieurs écoles ». M. Yaya Traoré voit loin. Il a raison. Ce village mérite bien le respect des autorités de ce pays. Les villageois qui l’entourent écoutent, acquiescent échangent quelques mots...

Nous reprenons non sans appréhension cette première partie de piste détestable, M. Yaya Traoré nous explique que c’est le pire moment du voyage au village et le seul qui le fasse hésiter à s’y rendre plus souvent avec la question des « moyens ». La suite du voyage s’enchaîne rapidement une fois ce tronçon dépassé, Orodara, Bobo Dioulasso où nous prendrons un autocar pour Ouagadougou.

Retour a Ouaga : rencontres au ministère et à l’ONATEL

Quelques jours après nous rencontrons en compagnie de Mousbila Sankara le ministre des Télécommunications M. Thombiano. Pour détendre l’atmosphère, je lui rappelle que je l’ai rencontré lors de mes premiers séjours au Burkina alors qu’il était directeur de l’Ecole des télécommunications du Burkina. Cela semble produire peu d’effet. Il s’étonne de voir Mousbila retraité reprendre du service. Ce dernier l’informe de l’existence de la SODPTEL. Pour ma part j’emploi le mot d’ONG pour qualifier cette association afin de bien nous faire comprendre.
L’entrevue est rapide dans un salon cossu. J’explique rapidement ce que nous faisons dans le domaine de la téléphonie rurale, Mousbila évoque la convention actuellement en discussion. Puis j’enchaîne sur notre volonté de maintenir la coopération publique. Il explique qu’il faut écrire à l’ONATEL avec copie au ministre ce que nous avions omis de faire jusqu’ici. C’est rapide mais ce ne me semble pas inutile car M. Thombiano ne semblait pas être au courant de nos projets avec la SODEPTEL.

Quelques jours après je suis reçu, cette fois en compagnie de Moustapha Koussoubé et de Jean Tiendrebéogo du bureau de SODEPTEL, par le Secrétaire Général de l’ONATEL, l’équivalent du Directeur Général Adjoint M. Soungalo Traoré. L’accueil est chaleureux. Il m’explique qu’il n’est pas utile de préciser ce qu’est CSDPTT, ce que j’avais du faire lors de mes précédents séjours. Je fais part de ma satisfaction de la collaboration tout en précisant que désormais nous considérons normal de nous faire rembourser les fonds que nous avançons du fait que l’ONATEL profite des recettes générées par les téléphones installés. Je lui fais part de notre souhait de nous retirer en laissant la responsabilité à la SODEPTEL de poursuivre en amplifiant les connexions des villages en zone rurale au réseau de télécommunications. J’enchaîne rapidement rappelant que CSDPTT comprend aussi de nombreux cadres supérieurs disponibles prêts à continuer à perpétuer l’esprit de la coopération publique tout en le rénovant, dans les domaines du système d’information, de l’ingénierie des réseaux, des transmissions, de l’Internet etc... Il paraît très intéressé et je lui rappelle qu’une telle proposition avait été faite à son prédécesseur M. Jacques Louari sans qu’elle ne soit suivie d’effet. Je termine sur le Sommet Mondial de la Société de l’Information en rappelant que CSDPTT y a un délégué très dynamique en la personne de Jean Louis Fullsack, ancien expert de l’UIT, et que nous serions heureux de collaborer avec la direction de l’ONATEL. D’autant plus que cet opérateur rencontre de grandes difficultés à trouver preneur dans le processus de privatisation imposée par la Banque Mondiale. L’entretien se termine dans une ambiance de bonne connivence. Tout a été dit sauf que j’ai oublié de solliciter une aide financière pour l’étude sociologique que prépare le professeur Nyamba, ce qu’il ne manquera pas de me reprocher avec raison !

Jean et Moustapha m’entraînent saluer M.Zouli Bonkougou, ancien directeur de la production, qui nous a aidé et soutenu lors des projets de téléphonie rurale, aujourd’hui Chef du Département Ingénierie Qualité. L’accueil est chaleureux bien que je ne le connaisse pas personnellement mais il connaît visiblement très bien CSDPTT. Avant de nous quitter je passe un coup de fil à Etienne Paré pour le saluer et le remercier. M. Paré, notre premier interlocuteur au sein de l’ONATEL avec Félix Ouedraogo, s’est beaucoup donné pour rendre possible notre projet, d’abordavecEmileQuesadaet Claude Sicard quiavaitinitié le projet à Toma puis avec Jean Claude Coste et Alain.

On me laisse ensuitedans le bureau du secrétaire du syndicat M. Valentin B. Sawadogo, par ailleurs, Chef du Département des Interconnexions. Il m’envoie par courriel le document préparé par son syndicat que j’avais vainement essayé d’obtenir jusqu’ici. Le SYNATEL (Syndicat National des Télécommunications) compte 1100 adhérents pour 1400 salariés, mis me précise mon, interlocuteurs, la plupart des jeunes nouveaux salariés n’ont pas encore été abordés. Le SYNATEL est en accord avec la direction de l’ONATEL à propos des difficultés rencontrée dans la procédure de privatisation. Compte tenu de l’obligation qui est faite au Burkina de privatiser par les institutions de Brenton Wood, la direction de son côté (voir http://www.csdptt.org/article307.html et le syndicat de l’autre (voir http://www.csdptt.org/article306.html ont élaboré des documents argumentant pour s’opposer à l’arrivée d’un opérateur stratégique mais et proposant d’ouvrir le capital aux privés nationaux ou de la région. Un motif semble-t-il de désaccord entre l’opérateur et le ministère. Je lui fais part aussi de notre souhait de collaboration lors du SMSI. Il a l’air un peu pressé et je me retire rapidement mais je crois que tout a été dit et puis je ramène sa précieuse adresse Internet. Le document envoyé rencontre déjà un franc succès sur notre site

Rencontre chaleureuse avec les ressortissants de Sérékéni puis les membres de la SODEPTEL

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Une vue de tout le monde, tous originaires de Sérékéni

On approche de la fin du séjour. Les ressortissants de Sérékéni tiennent à organiser une nouvelle rencontre amicale avant mon départ cette fois chez Christophe Barro qui a transformé sa grande concession en un véritable petit bois. Nos amis sont encore plus nombreux que la première fois, en plus Barro Nouhon et Barro Adama, étudiants, Barro Brahima élève, Barro Souleymane retraité et Traoré Salia de la police nationale. Quelques-uns uns ont amené leurs enfants. Cette fois, la soirée prend une tournure plus cérémoniale avec échange de discours ce que j’essaye de faire avec application, des remerciements auxquels je réponds tout aussi solennellement par les remerciements pour l’accueil que j’ai toujours reçu à Sérékéni.

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Avec Issouf Traoré et Christophe Barro

L’ambiance se détend lorsque les plats préparés par Christophe et sa fille sont servis : To, la nourriture de base ici à base de farine de mil pilé, igname bouillie, sauce sésame épicé de soumbala à l’odeur toujours aussi forte, arriverai-je jamais à m’y faire, poulet et chenilles grillés très prisées dans la région de Sérékéni. On m’offre une petite statuette et un masque sénoufo, une ethnie dont les habitants s’étendent par delà les frontières en Côte d’Ivoire et au Burkina, proche des Toussians qui peuplent Sérékéni. J’en suis ému.

Le même soir, ce sont les animateurs de la SODEPTEL : El Hadj Mousbila Sankara, Jean Tiendrebéogo et Moustapha Koussoubé, que je vais rejoindre au Jardin de l’Amitié sur la Place des Nations Unies, un de ses nombreux bars en plein air de la capitale où l’on peut aussi dîner. Je suis une nouvelle fois invité. Autours de délicieuses brochettes au mouton accompagnées de la fameuse bière SOBEBRA, que ne touchent bien sur pas Koussoubé niMousbila qui sont musulmans nous engagerons la discussion. J’en apprends un peu plus sur nos partenaires. La SODEPTEL est actuellement entièrement autofinancée par les cotisations de ses adhérents, une dizaine. Cette soirée sent mon prochain départ, j’en suis un peu attristé, car je m‘attache petit à petit à ces nouveaux amis.

Quelques réflexions face aux problèmes rencontrés pour aller de l’avant

Ses membres sont actuellement entièrement bénévoles, quelques uns retraités avec de petites retraites et l’association n’a pas semble-t-il encore reçu de subventions. Cela ne pourra pas durer éternellement. Pourtant, depuis le début de notre partenariat Mousbila Sankara a toujours été très optimiste et on peut même dire qu’à CSDPTT, nous nous laissons agréablement porté par cet optimisme. Par exemple, c’est Mousbila qui nous a convaincus que nous pouvions confier à la SODEPTEL seule, avec l’aide de techniciens de l’ONATEL, la mise en service les liaisons à venir. Cela a entraîné certaine discussion interne à CSDPTT avant d’emporter l’adhésion de l’association, certain exprimant ça et là des réticences. C’est toujours lui qui a tout de suite affiché de fortes ambitions jusqu’à se lancer sur un projet qui doit porter maintenant sur plusieurs dizaine de liaisons. Et lorsqu’il s’est trouvé devant le nouveau PDG de l’ONATEL qui a commencé à exprimer de fortes réticences à poursuivre ce qui avait été entamé par son prédécesseur, c’est encore Mousbila Sankara qui nous a rassurés en affichant un grand optimisme sur le fait que sa position ne pouvait qu’évoluer. La moitié du chemin semble d’ailleurs avoir été parcouru si je m’en tiens aux bonnes impressions ressenties lors des rencontres que nous avons eues au ministère des Télécommunications et à la direction de l’ONATEL. Pour Mousbila, cette convention devrait être signée même s’il reste des questions en discussion, ensuite tout sera plus facile. Il compte bien alors pouvoir rassembler plus d’adhérents.

Il a été question que cette association se finance en prélevant 5% sur le prix des communications pour financer son activité, l’ONATEL en récupérant 70% plus l’abonnement, et le village les 25% restant. Mais il faut encore rajouter le somme prélevée que doit débourser chaque personne appelée (habituellement 100 FCFA), une pratique directement, inspirée de celle qui a courts dans les télécentres en ville.

Cette proposition n’est pas celle que nous aurions rêvée. Mousbila pense que ce n’est pas acceptable par l’ONATEL que ces 5% soient pris sur les recettes de l’opérateur. J’ai compris que les membres de la SODEPTEL issus de l’entreprise ne peuvent trop susciter ce genre de solution mais il aurait été souhaitable que nous membres de CSDPTT posions la question en argumentant.

Nous aurons plus tard une longue discussion au téléphone où nos points de vue se rapprocheront. J’aurai simplement aimé que la question soit au moins soumise dans la négociation avec l’ONATEL quitte à céder... Mousbila n’est pas de cet avis.

La SODEPTEL a fait preuve d’une grande efficacité, quitte à faire quelques concessions sur notre éthique peut-être un peu trop puriste, il ne me semble pas utile d’insister. Je sais aussi que le bénévolat est souvent une douce illusion dans un pays comme le Burkina Faso et qu’une telle association, si elle veut survivre en toute indépendance doit trouver des fonds. Nous avons, à CSDPTT, sous-estimé ce problème en ne l’abordant pas plus tôt et nous portons une part de responsabilité. Il ne serait pas prudent de ne s’appuyer que sur l’ONATEL pour en assurer sa pérennité. Il reste bien sur que le service doit être assuré.

Mais nous avons petit à petit acquis une confiance réciproque. Mousbila m’affirme que ce ne sera en aucun cas une obligation pour les villages. Je comprendrai mieux le problème quand Mousbila m’expliquera que le temps passé à faire avancer notre dossier au sien de l’ONATEL est du temps pris sur le temps qu’il passe dans sa ferme à essayer de nourrir sa famille. Nos discussions vont se poursuivre par téléphone plusieurs fois et notre compréhension mutuelle va s’en trouver nettement améliorée. Je lui expliquerai que j’ai parfaitement compris et qu’il nous faudra nous efforcer de trouver des subventions pour faire fonctionner la SODEPTEL qui fait un réel travail, mais qu’il faut étudier plusieurs options. De toute façon les villages doivent avoir leur mot à dire. Et puis nous comptons associer les responsables burkinabé locaux des associationa Afrique Verte et SOS Sahel Burkina, leur avis comptera bien sur.

Je sais que André Nyamba n’est pas d’accord non plus avec cette histoire de 5%. prélevé sur la ristourne revenant au village. J’en discuterai aussi avec lui longuement pour finir par dire que pour par part que si je ne voyais pas d’autre solution et faute d’une meilleure proposition je me rangerai à celle-là. J’ai aussi émis l’idée que sur ces 5% prelécés, la moitié aille à la SODEPTEL et l’autre à une association regroupant les gestionnaires des cabines ou les conseil de gestion qui pourrait voir le jour.

Cette expérience m’a surtout fait comprendre qu’il ne nous appartient pas de tout ficeler selon notre schéma rêvé et élaboré depuis la France mais que par contre, notre action a aussi pour effet (si ce n‘est pour objectif) de mettre à jour les forces des différents acteurs en présence, que les contractions entre les intérêts des uns et des autres doivent voir le jour et qu’il appartient à tous ces acteurs de négocier au mieux, parfois en passant par des périodes conflictuelles, une solution consensuelle préservant les intérêts de chacun.

Bruno Jaffré