Accueil > Lettres de CSDPTT > Lettres de 2004 > Lettre d’octobre 2004

Lettre d’octobre 2004

lundi 6 décembre 2004, par Bruno JAFFRE

La Lettre d’octobre 2004
No : 107

Jean Louis Fullsack, Antonio Mele, Alain Roblin
Demont et Bruno Jaffré ont participé à la rédaction
de ce numéro.

 Sommaire
 :

Editorial
La Poste française : fermeture
d’un tiers des bureaux

______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Yam Pukri réceptionne des ordinateurs
envoyés par CSDPTT

En bref : Un lot de 4 liaisons
téléphoniques envoyé à l’association SODEPTEL
au Burkina Faso, intervention de CSDPTT au Niger
imminente

________________________________

Echos des postes et télécoms
dans le monde

RASCOM : mise en orbite en 2006
Vodacom confirmé comme opérateur
africain

Madagascar : 38 millions de dollars pour
se connecter au reste du monde.

Au Sénégal, CA en hausse
pour la SONATEL, grogne syndicale et manifestations d’usagers

Nigeria : Le feuilleton NITEL ou la
privatisation dans tout ses états

En bref  : Algérie,
Mali, Burkina Faso, Congo Brazaville, Sierra Leone, coltan en RDC, Afrique
du Nord et Moyen-Orient, Cameroun

________________________________

Economie
L’Afrique attire les investisseurs
 !

___________________________

Article
Pour une analyse critique de la réréglementation
du secteur des Télécommunications au Mali
de Antonio
Mele (CSDPTT Ile de France)

 


Editorial
La Poste : fermeture d’un tiers des bureaux
Après dix ans de réformes et de restructuration
interne, une nouvelle étape vient d’être franchie vers une
privatisation annoncée comme inéluctable.

Si les précédentes restructurations n’avaient
eu d’impact qu’en interne, mettant les agents dans des situations souvent
difficiles psychologiquement, la prochaine fermeture d’un tiers des bureaux
de poste porte un coup sérieux à la mission d’aménagement
du territoire qui incombait à l’opérateur postal.

50% des bureaux de la Seine Maritime, 50% des bureaux
en Seine et Marne, combien en Creuse, en Isère, en Aveyron, dans
la Sarthe ?

Les élus et les citoyens commencent à réagir,
mais c’est peut être déjà trop tard.

Qu’on se le dise, La Poste est désormais, et plus
que jamais, une entreprise soumise à la rigueur du marché,
dépouillant l’état de ses moyens d’action.

Qu’est il devenu le dernier représentant de l’état
dans la France profonde dont nous parlait l’ex-directeur général
en 1989 dans "La Poste aujourd’hui et demain ?

Il est devenu vendeur, pion supplémentaire dans
un grand marché mondial.

Que dit le marché de ma grand-mère de Touraine
qui attendait le facteur pour les nouvelles, ses médicaments, sa
pension ?

Rien, pas le coeur de métier. Pas de coeur du
tout.

Alain Roblin Demont
________________________________

Echos
de CSDPTT et de ces correspondants

Yam Pukri réceptionne des ordinateurs envoyés
par CSDPTT

Un lot de 14 ordinateurs dont 7 complets (avec Unité
centrale) a été livré sans encombre au Burkina Faso
à l’association Yam Pukri durant le mois d’août. Ils ont été
récupérés au sein de la Poste à Paris. Une
partie du lot servira pour le nouveau centre de Yam Pukri et une autre
permettra d’ouvrir un centre de formation dans le lycée Académie
de Ouagadougou qui en avait fait la demande.

Le coût du transport a été
en majeure partie pris en charge par Yam Pukri.

Cette livraison intervient dans le cadre d’un accord
de partenariat pour une durée de 3 ans signé entre CSDPTT
et Yam Pukri qui prévoit des formations (2 ont déjà
été effectuées) et la livraison de 10 ordinateurs
par an.

________________________________
En bref
Un lot de 4 liaisons téléphoniques a été
envoyé à l’association SODEPTEL (Solidarité Développement
des Télécommunications), notre partenaire au Burkina Faso,
qui doit en assurer l’installation en collaboration avec l’ONATEL. Après
plusieurs installations effectuées en compagnie de membres de CSDPTT,
il s’agit d’une étape importante dans l’autonomisation de
nos partenaires.

L’intervention de CSDPTT au Niger est imminente pour
entamer des projets de téléphonie rurale. Grâce 
aux efforts du député de l’Assemblée Nationale Nigérienne,
M. Boureima Gado qui s’est dépensé sans compter pour obtenir
un financement de la part du PNUD (Plan des Nations Unies pour le Développement)
pour une première mission d’étude.

________________________________

Echos
des postes et télécoms dans le monde

RASCOM : mise en orbite en 2006
Rascom, créé en 1991 (l’Organisation
régionale africaine de télécommunications par satellite),
dont le partenaire stratégique est la société RascomStar-Qaf,
a pour mission d’exploiter un système géostationnaire de
télécommunications par satellite pouvant supporter des services
spots uniques à multi-spots à travers toutes l’Afrique, y
compris le téléphone par satellite, la diffusion d’émissions
radios et Tv et la téléphonie à une population estimée
aujourd’hui à plus de 807 millions d’habitants. Le premier bouclage
du financement a été réalisé en 2003 La construction
confiée à Alcatel Space (France), en partenariat avec Gptc,
un opérateur national de télécommunications de Libye
a débuté en juin 2003, et la mise en orbite est prévue
pour 2006. (Source le Soleil http://www.lesoleil.sn/

_________________________________
France : "baisses des prix en
trompe-l’œil"

C’est en tout cas le titre d’un article du mensuel Alternatives
Economiques de cet été à l’intérieur d’un dossier
signé Marc Chevallier et Guillaume Duval. On y apprend ainsi que
France Télécom a bien baissé les tarifs sur l’internationale
de 60% entre 1996 et 2001, de 11% pour les ménages et 14% pour les
entreprises sur les communications locales mais l’abonnement est passé
de 8,05 euros en 1997 à 13 euros aujourd’hui.

L’apport de la concurrence serait donc essentiellement
intervenu dans le domaine de services mais après avoir baissé
jusqu’en 2001, la facture moyenne est désormais en hausse. Ainsi,
après avoir plafonné à 29,1 euros en 1997, la recette
moyenne mensuelle par abonné est descendue à 25 euros en
2001 pour remonter en 2003 à 27,6. Et selon une étude de
l’ART (l’agence de régulation) réalisée dans 7 pays
européens, la France est le pays où la marge réalisée
par les opérateurs sur chaque client s’est le plus améliorée.

L’article se conclut sur une note plutôt pessimiste
sur la pérennité des très fortes baisses annoncées
grâce à la téléphonie sur IP du fait de la fragilité
des opérateurs alternatifs qui peinent à trouver le chemin
de la rentabilité.

Le secteur des télécoms a dépensé
en 2003, 733 millions d’euros en publicité, dont 355 millions pour
France Télécom seul mais plus d’1 milliard d’euros
si on ajoute le sponsoring. (Source Alternatives Economiques Juillet-Aout
2004)

_________________________________
Vodacom confirmé comme
opérateur africain

Sur une population totale de 44 millions d’habitants
en Afrique du Sud, 19 millions pourraient être clients du « 
cellulaire » selon le directeur de Vodacom. Cet opérateur
détient 55% du parc des 15,6 millions d’abonnés. Il est propriété
de l’opérateur historique Telkom SA à hauteur de 50%, alors
que l’opérateur mobile britannique Vodafone est actionnaire pour
35%, les 15% restants étant détenus par la société
sud-africaine Verifin. En 2003, Vodacom a annoncé une baisse du
tarif de ses cartes prépayées … et a fait un saut de 20%
de sa clientèle. En 2004 il compte 8,5 millions d’abonnés
alors que ses concurrents MTN et Cel-C en comptent 5,5 et 2 millions respectivement.

Cette position de leader permet à Vodacom d’afficher
des ambitions à l’échelle du continent. En 2002 il réalise
94% de ses ventes en RSA et au 1er semestre 2003 son chiffre d’affaires
fait un saut de 20% pour atteindre 1,4 millions d’Euros. Ce volume paraît
certes modeste pour un opérateur mobile européen, mais d’ici
à 2010, Telkom estime que le marché africain pourrait passer
de 35 millions à 200 millions d’usagers : un sacré potentiel
pour sa filiale !

Elle convoite ainsi Econet Wireless Nigeria (EWN, 700
000 abonnés), un des quatre opérateurs mobiles du pays, pour
concurrencer MTN, actuel n°1 du mobile au Nigeria avec 1,5 millions
d’abonnés. Ce rachat est cependant sous le coup d’un acte judiciaire,
Econet Wireless International (Zimbabwe) qui détient 5% d’EWN s’y
opposant fermement.

En attendant, Vodacom s’est installé au Mozambique
où il concurrence M-Cell, filiale de l’opérateur historique
Telecommunicaçoes Moviles de Moçambique (TMM, 400 000 abonnés).

Implanté en Tanzanie, sa clientèle y a
augmenté de 77% en 2003 pour atteindre 540 000 abonnés. Au
Lesotho par contre, sa clientèle de 78 000 en 2002 a chuté
de 23% en 2003, alors qu’en R.D. du Congo elle a crû de 220% passant 
de 40 000 en 2002 à 460 000 en 2003 et en y dépassant l’opérateur
« établi » CelTel (Source Ecofinance n°40, Février
2004).

_________________________________
Madagascar : 38 millions de dollars
pour se connecter au reste du monde.

Conférence de presse du consortium américain
IDC en présence du Ministre des télécommunications,
qui a estimé que la connexion de Madagascar « au reste du monde »
coûterait 38 millions de dollars. Aux termes de son contrat IDC doit
étudier la faisabilité du projet, trouver le financement
pour sa réalisation, puis trouver de 15 à 21 millions de
dollars pour financer l’exploitation du câble sous-marin (sic). Le
consortium IDC est constitué de 5 sociétés américaines
et sud-africaines : International Development Corporation, David Ross Group,
Projects International, S.B. Constanzos et Solidius Trading. Le projet
d’installation de câble à Fibre Optique est en phase avancée.
Il réalisera une liaison sous-marine entre Toleara (S/O Madagascar)
et Mtunzini (Afrique du Sud, à environ 100 km au Nord de Durban)
selon le résultat des études IDC, qui est entré dans
la deuxième phase du projet : la recherche du financement et le
début des travaux sur le terrain. Le câble devrait être
opérationnel en 2005. En ce qui concerne Telma, elle pourra être
partie prenante dans l’exploitation du système. « Nous sommes
convaincus de trouver un bon système de coopération »
a affirmé le porte parole d’IDC.

Mais comme il est hélas courant en Afrique, se
projet est « doublé » par un autre, initié par
le groupe français Ilyad qui contrôle la société
Fermatel à hauteur de 65%. Ce projet consiste à relier Madagascar
à la Réunion via un câble sous-marin à fibre
optique. Coût de l’opération 33 M$, soit sensiblement moins
que la « solution » US ci-dessus. La BAD pourrait financer
ce projet à hauteur d’un tiers à condition que l’opérateur
historique malgache Telma participe au capital de Fermatel. Le Conseil
Général de la Réunion entrerait à son tour
dans le capital de Fermatel et se porterait garant financier pour le projet.
En attendant, l’imbroglio des télécoms malgaches, avec sa
privatisation (le groupe financier Distacom de Hong Kong a été
finalement préféré au groupe France Télécom
allié à Mauritius Telecom), met à mal l’exécution
d’un tel projet voire ne permet aucune étude sérieuse comparative
entre les deux projets cités. Encore moins permet-elle une étude
alternative telle que celle qui relierait Madagascar et le Mozambique,
bien plus proches et donc plus économique. Mais cela n’est pas prévu
par les grands stratèges … (Source Balancing Act Dernière
- Edition française 30 juin 2004) :

________________________________
Au Sénégal, CA
en hausse pour la SONATEL, grogne syndicale et manifestations d’usagers

Au premier semestre 2004, le chiffre d’affaires progresse
de 29,6% (par rapport au 1er semestre 2003) pour atteindre 117 milliards
de Fcfa, et le résultat d’exploitation (CA moins charges d’exploitation)
de 41,49% pour atteindre 56,4 milliards de FCFA. Une hausse due essentiellement
au secteur de la téléphonie mobile alors que l’activité
du réseau fixe n’a augmenté que de 9,71%. La SONATEL compte
en effet au Sénégal 575.000 abonnés au réseau
Alizé et 228.000 lignes à son réseau fixe mais aussi
180.000 lignes au Mali, à travers sa filiale Ikatel de téléphonie
mobile. Les baisses régulières de tarif n’ont donc pas affecté
ses résultats.

Ces bons résultats profitent directement aux actionnaires.
Ainsi depuis 1998, les dividendes ont progressé de 70%. Alors qu’ils
empochaient ainsi 2.340 Fcfa par action, en 1998, ils ont perçu
3.960 Fcfa l’année dernière. Le court de l’action est actuellement
au plus haut au-dessus de 30000 FCFA alors qu’il était à
un niveau moyen de 25.000 Fcfa en 2003.

Mais depuis juillet 2004, la libéralisation totale
du secteur des télécommunications est entrée en vigueur
ce qui ne manque pas d’inquiéter les syndicats. Au cours d’une AG
organisée le 16 septembre, l’intersyndicale a exigé l’ouverture
de négociations sérieuses autour de revendications portant
sur les conditions de travail et l’augmentation des salaires de l’ensemble
des travailleurs du groupe".

Pour les syndicalistes, "le contraste (est) réel
entre l’image que donne la Sonatel à l’extérieur et les difficultés
permanentes que vivent les travailleurs au niveau des conditions de vie
et de travail". Ce qui requiert, selon l’intersyndicale, "la nécessité
de garantir à la Sonatel les conditions optimales de sérénité
pour un travail motivant et valorisant". Ils déplorent "la discrimination
dans la distribution des primes et des actions, surtout pour le personnel
nouvellement recruté, l’incertitude qu’il y a à lier une
prime sur une croissance, le caractère dérisoire des franchises
et surtout la discrimination honteuse dont font l’objet les travailleurs
de Sonatel Multimédia au moment justement où l’on parle de
groupe Sonatel, l’absence d’accords collectifs dignes de ce nom à
Alizé et à Sonatel Multimédia mais aussi le caractère
obsolète de celui de la Sonatel Sa".

Des protestations ont aussi touché les populations.
Ainsi les habitants de Bounkiling, un chef lieu d’arrondissement et situé
à 60 km de Sédhiou et à 300 km au Sud de Dakar, ont
bloqué pendant une heure la "Transgambienne" reliant le Nord et
le Sud du pays via la Gambie pour protester contre les coupures intempestives
du téléphone et réclamer l’ouverture d’une agence
de la SONATEL pour pouvoir régler sur place leurs notes de téléphone.
Ces coupures sont d’autant plus préoccupantes que des éléments
armés se réclamant du MFDC ont déjà attaqué
cette ville et tué plusieurs personnalités. M. Kaba FATY,
le Président du cadre de concertation des jeunes de la communauté
rurale de Bounkiling, a déclaré "cette marche est un avertissement,
et nous sommes prêts à passer à une vitesse supérieure"
car "Bounkiling a toujours été oubliée" ajoutant "la
quasi-totalité des infrastructures comme la poste a été
du fait de nos immigrés et que "l’Etat brille par son absence".
(Source le Soleil http://www.lesoleil.sn/  ; et Wal Fadjri 
http://www.walf.sn / )

________________________________
Nigeria : Le feuilleton NITEL
ou la privatisation dans tout ses états

Selon le Bureau des Entreprises publiques (BPE) nigérian,
six sociétés étrangères ont exprimé
leur intérêt pour l’appel d’offres pour les 51% des parts
de l’opérateur historique national Nigeria Telecommunications Limited
(NITEL). Les noms des sociétés n’ont pas été
donnés, mais on pense qu’elles incluent British Telecom, un opérateur
de Singapour et un consortium constitué autour de Vodafone.

Dans un article plus détaillé intitulé
« La privatisation de NITEL prend de l’allure, Globacom devenant
sérieux » PriMetrica du 25 août annonce que le BPE va
proposer 20% des parts de NITEL dans une offre publique d’achat (IPO) le
mois prochain. Le Bureau s’est déjà engagé à
mettre en vente une majorité de 51% des actions de NITEL à
un investisseur principal et a affirmé un peu plus tôt ce
mois que six sociétés étrangères avaient montré
leur intérêt en soumissionnant. Cet effort gouvernemental
suit l’échec de sa première tentative pour la vente d’une
majorité d’intérêt dans Nitel en décembre 2002,
qui avait été abandonnée après que le soumissionnaire
choisi, Investment International (London) Limited (ILL) a échoué
à débourser le 1,119 G$ qu’il avait offert initialement.
Dans le sillage de la débâcle, en mars 2003, le gouvernement
a chargé Pentascope des Pays-Bas de gérer la vente prochaine.
(Source PriMetrica, 18 août 2004)

________________________________
En bref
En Algérie, selon PriMetrica, 26 Août
2004, un troisième opérateur mobile a été lancé
par Watanya Telecom Algeria sous le nom de Nedjma. Watanya prévoit
d’investir 320 M$ dans le projet dans les 3 années à venir
et compte sur les capacités de GPRS et WAP pour attirer des abonnés.
A son lancement le réseau couvre les départements d’Alger,
Boumerdes, Tipaza, Oran et Constantine. Instituant la tarification à
la seconde, ses 2 concurrents, Algérie Telecom et ORASCOM ont du
s’aligner ouvrant ainsi la guerre des prix.

Au Mali, Mme Sangaré Koumbadiè Kéita
de la nouvelle direction de la communication d’IKATEL, a déclaré
récemment avoir atteint le nombre de 315.000 abonnés. Elle
a par ailleurs confié que le comité de direction était
composé de 5 maliens, de 2 deux Sénégalais salariés
de la Sonatel et de deux Français salariés de France Télécom,
tous les 4 en détachement temporaire. Les sous-directions comptent
12 Maliens contre 4 Sénégalais et les 25 chefs de service
sont tous des Maliens.

Au Burkina Faso, M. Justin Thombiano, ministre
des Postes et Télécommunications a déclaré
 : "Pour ce qui est du dossier de la privatisation de l’ONATEL, il faut
dire qu’après le processus qui a été lancé
en 1998 nous sommes aujourd’hui obligés de recommencer ce processus
parce qu’il n’a pas abouti. Nous allons donc relire l’ensemble des dossiers
pour relancer le processus vers la fin du mois de septembre. Au niveau
du ministère, nous sommes sereins. S’il y a un acheteur, nous vendons
et s’il n’y a pas d’acquéreur, nous continuerons à gérer
notre société. Cette privatisation de l’ONATEL n’est pas
du bradage du patrimoine national comme le pensent certains. Je peux vous
assurer que pour avoir fait 35 ans dans cette maison, on ne bradera jamais
l’ONATEL" (Source Sidwaya du 5 septembre 2004).

Le Congo Brazaville vient de signer un accord
avec la société Ericsson qui prévoit la connexion
de ce pays au câble Sat3 par l’Angola en sortant par le Cabinda à
partir de Pointe Noire. Ce câble longera le chemin de fer jusqu’à
Brazzaville pour remonter ensuite le fleuve Congo pour le nord du pays.

En Sierra Leone, le président sierra léonais
Ahmad Tejan Kabbah a ordonné l’ouverture d’une enquête sur
les activités de la compagnie de téléphone cellulaire
CELTEL, mécontent du coût élevé de ses services.
Il soupçonne que le prix fort appliqué par CELTEL est le
fruit d’une collusion entre la direction locale et "certaines personnes
haut placées" en Sierra Leone. Cette réaction fait suite
à un séjour au Burkina Faso où il a constaté
que les services mobiles était 50% moins chers.

Le boom du portable a provoqué une ruée
sur le coltan, un minerai utilisé pour fabriquer les condensateurs
qui stockent l’énergie électrique, utilisé aussi pour
la fabrication de puces électroniques. Les trois quarts des réserves
africaines en coltan sont concentrés à l’est de la RDC,
notamment dans le parc de Kahusi-Biega, le territoire des gorilles. Des
mines se sont ouvertes dans la réserve faisant fi du respect du
site classé par l’UNESCO. Les "mineurs", près de 8000, réparties
sur 90 carrières en mars 2004 se nourrissant exclusivement
avec la faune locale, 148 gorilles sur les 258 recensés ont ainsi
été décimés. ONG et primatologues tentent de
trouver des solutions ménageant les primates et les exploitants.
(Source www.berggorilla.de/gj28f.pdf ).

Le nombre d’abonnés au mobile en Afrique du
Nord et au Moyen-Orient
a augmenté de 40,1 pour cent, passant
à 38,3 millions en 2003 et pourrait atteindre les 51,9 millions
d’ici à la fin de l’année 2004, d’après les chiffres
publiés mardi par EMC World Cellular Database.

Au Cameroun, CAMTEL a annoncé vouloir doter
la ville de Douala de 10000 nouvelles lignes téléphoniques.
Cette opération coûtera 2 milliards de francs CFA. Désormais,
pour obtenir une ligne, un particulier devra débourser 40000 francs
CFA contre 90000 francs CFA par le passé, une entreprise 100000
francs contre 400000 francs. Depuis 2 ans, à la suite d’un accord
avec le gouvernement, CAMTEL est engagé dans un programme de modernisation
de 3 milliards 484 millions de FCFA, entièrement financé
sur fonds propres.

________________________________

Economie
L’Afrique attire les investisseurs !
Non, ce n’est pas un canular. Le n°28 de la revue
Continental (13/04/2003) nous apprend que Chevron Texaco multiplie par
quatre ses investissements en Afrique d’ici à 2007 pour atteindre
20 milliards de dollars. Heureux africains à l’ombre des derricks

Ainsi les San-Toméens vont se voir « gratifiés »
d’une base américaine, les eaux entourant ce petit archipel paradisiaque
(pour les paysages seulement) recèlent une réserve de pétrole
estimée à 4 milliards de barils. Ce projet est activement
soutenu par « l’African Oil Policy Initiative Group (AOPIG) »,
un lobby américain proche de la Maison Blanche, qui travaille pour
la diversification des ressources pétrolières des USA ….comme
son titre ne l’indique pas.

____________________________

Article

Pour une analyse critique de la Déréglementation
du secteur des Télécommunications au Mali

Antonio Mele

Ce rapport de stage est le résultat d’un mois d’activité
au Mali, surtout à Bamako et dans la région de Mopti.

La première mission du stage a été
de suivre et faciliter le déroulement des projets de téléphonie
rurale de CSDPTT en cours actuellement au Mali, en contact étroit
avec l’AVDTM (Association des Volontaires pour le Développement
des Télécommunications au Mali) et les représentants
de la population, le dernier partenaire étant bien entendu l’opérateur
public SOTELMA.

La deuxième et principale mission du stage a été
de mener une enquête minutieuse dans le pays autour de la réforme
du secteur des télécommunications pour en démêler
les différents écheveaux, mais aussi pour cerner quelles
sont les difficultés qui freinent le développement des opérateurs
publics, les insuffisances internes et les pressions externes en provenance
d’intérêts divers et vérifier leur existence ou non.

 

--------------------------------------------------------------------------------

"Il nous faut bien admettre que l’objectif que s’étaient
fixé les pays en développement (NdR : à la Conférence
d’Arusha en 1984) -permettre à tous les hommes d’accéder
facilement au téléphone dès le début du troisième
millénaire- ne sera pas atteint sur notre continent pour cette échéance
"

Nelson MANDELA, Allocution d’ouverture d’Africa TELECOM
98 Johannesburg, 4 mai 1998 [1]

 

--------------------------------------------------------------------------------
TABLE DES MATIERES

Glossaire
 

1 Enquête sur la déréglementation
du secteur des télécommunications

1.1 Libéralisation et Privatisation
1.2 Environnement international
1.2.1 L’acteur légitime : l’Union Internationale
des Télécommunications

1.2.2 L’OMC et l’AGCS
1.2.3 La Banque Mondiale et le Fonds Monétaire
International

1.2.4 L’émergence de nouveaux acteurs
1.3 Environnement régional
1.4 Les télécommunications au Mali : acteurs
principaux

1.4.1 Le rôle de l’Etat
1.4.2 La SOTELMA et MALITEL
1.4.3 Ikatel
1.4.4 Le Comité de Régulation des Télécommunications
1.4.5 La Cellule d’Appui à la Privatisation
1.4.6 L’Unité de Gestion du Projet PATARST
1.4.7 Le Groupe Technique d’Appui à la Priva tisation
1.5 Personnes interviewés
1.6 Chronologie
1.7 Histoire et analyse
1.7.1 Les débuts
1.7.2 Un premier appel d’offres sans transparence
1.7.3 La création de MALITEL par décret
1.7.4 L’ouverture du marché, un deuxième
appel d’offres sans transparence ?

1.7.5 Le rôle de la Banque Mondiale
1.7.6 Comparaison entre les Déclarations de Politique
Sectorielle

1.7.7 Le futur de la SOTELMA
1.7.8 Rumeurs
1.8 Conclusions

Références

Annexe 1 (les annexes sont uniquement dans le pdf)
Annexe 2
Annexe 3
Annexe 4
Annexe 5
Annexe 6
Annexe 7
 

Pour lire l’article
en entier .....

Antonio Mele (CSDPTT Ile de France)
 

Messages