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Lettre de Juin 1997

Juin

dimanche 1er juin 1997


La Lettre de juin 1997
No : 21

 Sommaire
 :

Editorial
Changement dans la politique de coopération ?
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Initiatives
Récupération des vieux ordinateurs
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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Autoroutes de l’information : réveil
francophone ?
France Télécom multiplie
les candidatures dans les mobiles
Accord de coopération franco-tunisien
GSM à Madagascar
Iridium : Les premiers satellites enfin
lancés !
En bref  : Panama, Nigéria, Egypte,
Mali, Guinée, Sénégal
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Politique
Elections présidentielles au Mali.
Elections législatives au Burkina Faso.
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Article
Première découverte du Mali
de Joël Perrier (
Responsable du départ du courrier
dans un bureau de Poste)


Editorial
Changement dans la politique de coopération ?
Ainsi les français ont choisi la gauche. Que faut-il en attendre ?
Des changements bien sur car au train où vont les choses les
dirigeants français risquent à tort ou à raison d’être
considérés comme les complices des dirigeants des pays africains
dont beaucoup vivent des situations catastrophiques.
Pour ce qui est des télécoms, les français qui
se considéraient en Afrique francophone presque en pays conquis
n’ont pu maintenir leur présence qu’en Côte d’Ivoire lorsque
le processus de privatisation a été engagé. Au Sénégal,
France Télécom avait été écarté
au profit des suédois et ce n’est qu’à la faveur de différents
qu’il est de nouveau dans la course.
Toute activité de coopération a disparu à France
Télécom et l’activité principale du service du ministère
de la coopération en charge des télécoms consiste
principalement en la préparation des dossiers d’appel d’offre pour
France Télécom.
Les deux pays dans lesquels nous travaillons, la Mali et le Burkina
Faso n’ont toujours pas engagé de procédure de privatisation
de leurs télécommunications. Que n’engage-t-on pas avec eux
une véritable politique de coopération ? Nous pouvons pour
notre part confirmer que nombre d’agents seraient motivés par une
telle initiative.
La rédaction
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Initiatives
Récupération des vieux ordinateurs
France Télécom vient de signer un contrat avec l’association
ARTHUR et le centre social de la Ronde Couture en Ardennes pour mettre
sur pieds une opération de récupération et de réhabilitation
de vieux ordinateurs.
Les ordinateurs seront récupérés dans des sociétés
renouvelant leur parc. Ils sont destinés à des collectivités,
des écoles et des associations qui n’auraient pas les moyens d’investir
dans du matériel neuf. Un petit groupe de jeunes en réinsertion
participeront eux-mêmes à la réhabilitation du parc
afin d’acquérir un nouveau savoir faire.
France Télécom a accepté de détacher quelques
heures par semaine un technicien pour encadrer ces jeunes.
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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Autoroutes de l’information : réveil
francophone ?

La première conférence des ministres francophones chargés
des inforoutes s’est tenue du 19 au 21 mai à Montréal.
Elle a fait le point sur le développement des inforoutes au
sein de l’espace francophone et un plan d’action a été arrêté.
Les ministres ont adopté une déclaration destinée
à favoriser le développement du français et de la
francophonie sur les autoroutes de l’information. Seuls 6% des serveurs
actuellement connectés sur Internet sont en français.
Il a en outre été décidé la création
d’un fonds francophone pour le développement des inforoutes qui
devraient être dotées d’environ 30 millions de francs et augmentés
par des contributions privées. Les canadiens, 5% des francophones
mais 30% des sites internet, ont émis des réserves quant
à leur contribution à ce fonds, le Sénégal,
le Burkina et la Côte d’Ivoire ont déclaré pour leur
partêtre prêts à participer financièrement à
ce fonds.
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France Télécom multiplie
les candidatures dans les mobiles

Après avoir remporté un appel d’offre pour une licence
national DCS1800, FTMI (France Télécom Mobiles International
filiale de France Télécom) s’apprête à se porter
candidat pour les appels d’offre pour la gestion de réseaux de téléphonie
cellulaire au Brésil, en Pologne, au Pays Bas, en Suisse et au Maroc,
lorsque les parlements de ces deux derniers pays auront donné leur
accord à l’ouverture des appels d’offre. En Moldavie, FT vient par
ailleurs de l’emporter allié avec des opéraeurs locaux au
sein duconsortium Start ou il détient 51% des parts.
Au Brésil, FTMI sera candidat dans 9 régions sur 10 comptant
entre 9,5 millions et 25,4 millions d’habitants.
En Pologne, par l’intermédiaire de Centertel où il détient
34% du capital aux côtés de la compagnie polonaise TPSA, FT
s’apprête à répondre à appel d’offre pour exploiter
un 4 ème réseau de téléphone potable selon
la norme DCS-1800. Ce système qui opère principalement en
réseau urbain, peut contenir un nombre considérable d’abonnés,
jusqu’à 10 millions mais nécessite d’importants investissements.
FTMI compte 1 millions d’abonnés à l’étranger
dans les réseaux dont FT est partenaire, 431000 d’entre eux
dépendent d’opérateur ou FT est majoritaire. Le chiffre d’affaires
consolidé réalisé en 1997 dans les mobiles atteint
4,3 milliards de FF alors que le total à l’étranger est de 
9,4 milliards. Le CA total du groupe a atteint 151,3 milliards en
1996.
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Accord de coopération franco-tunisien
Un accord de coopération dans le domaine des postes et des télécommunications
a été signé en février entre la France et la
Tunisie.
Il prévoit le renforcement des liens entre les Postes des deux
pays, la modernisation des centres de tri, une aide au recyclage des personnels
des télécoms ainsi que des recherches communes dans le domaine
des télécommunications
Cet accord fait suite à un autre signé entre Tunisie-Télécom
et Deutsche Telekom en octobre 96 pour le lancement d’un réseau
multiservices. Ce dernier fera passer le réseau actuel à
un réseau numérique de fibre optique. Il permettra
de transmettre à la fois la voix, les textes, les données
et l’image qui jusqu’ici passaient par des réseaux distincts et
à des vitesses plus lentes.
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GSM à Madagascar
D’ici la fin 1997, le téléphone cellulaire de norme GSM
sera opérationnel sur la Grande Ile. Le projet évalué
à 11 millions de dollars sera réalisé par des techniciens
malais. La réseau sera exploité par SACEL dont le capital
se réparti entre le Telecom Malaysia (66%) et Telecom Malagasy (34%)
où est présent France Télécom par l’intermédiaire
de France Câbles et Radio qui en détient 34%. Ce nouveau réseau
viendra concurrencer le premier opérateur mobile Telecel, présent
depuis 94 à Madagascar, de norme américaine qui compte déjà
plusieurs milliers d’abonnés y compris dans certaines grandes villes
de province.
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Iridium : Les premiers satellites enfin lancés !
Contrairement à ce que nous avions annoncé dans le numéro
18, la tentative de lancement en mars a été un échec. 
Ce n’est que le 5 mai qu’ont pu être lancés les 5 premiers
satellites destinés au projet Iridium.

La lettre de CSDPTT a régulièrement évoqué
ce projet ainsi que les autres projets de réseau par satellites.
Nous en publions ci-dessous un tableau récapitulatif.
Rappelons qu’il s’agit de créer une nouvelle génération
de réseaux permettant de communiquer en n’importe quel point de
la terre. Actuellement en raison des problèmes de normes, un abonné
européen GSM ne peut par exemple pas être joint de l’autre
côté de l’Atlantique.
D’autre part dans une liaison classique géostationnaire, le
satellite est situé à 36000 km au dessus de l’équateur
et leur nombre s’en trouve limité à une cinquantaine. De
plus les communications téléphoniques mettent un quart de
seconde entre les interlocuteurs ce qui rend difficile les échanges.
Les projets à orbite basse, c’est le cas d’Iridium, permettent de
contourner ces difficultés. Le nombre de satellites peut être
beaucoup plus important et les transmissions sont immédiates, les
satellites plus petits moins chers et plus faciles à lancer et les
téléphones portables nécessitent moins d’énergie,
donc des piles moins importantes.
Pour ce qui est d’Iridium l’idée du projet considéré
comme fou à l’époque est née en 1987. Le nombre de
satellites alors prévus devant être de 77, soit le nombre
d’électrons tournant autour du noyau d’Iridium, le projet et l’entreprise
mise en place par Motorola pour le prendre en charge prennent tous deux
le nom de cet élément chimique.
Si ce lancement prouve que de nombreuses difficultés ont pu
être résolues, il ne signifie pas pour autant la fin des problèmes. 
De nombreux projets concurrents ont depuis vu le jour et nul ne sait quelle
sera la rentabilité de ces réseaux ce qui reste pour ces
sociétés commerciales le vrai critère de réussite.
Les analystes doutent qu’il y ait de la place pour tous les postulants.
Initialement fixé à 3 milliards de dollars, le coût
du projet atteindrait aujourd’hui près de 5 milliards. Il reste
encore 30% du financement à trouver. Ainsi Iridium pour boucler
son budget, a dû composer avec certains opérateurs alors que
l’idée initiale était de s’en passer. En effet les satellites
embarqueront des commutateurs ce qui permet théoriquement de se
passer de la commutation terrestre (la grande différence avec Globalstar).
Ainsi alors que le lancement du service était prévu en
septembre 1998, le projet a déjà pris près de 6 mois
du retard et la perspective de se voir doubler par les concurrents inquiète
la société Iridium d’autant plus que la durée de vie
des satellites utilisés n’est que de 5 à 8 ans. Ainsi le
torchon brûle entre Iridium et Motoral pour savoir à qui incombera
l’éventuel surcoût du projet.
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En bref
Au Panama, c’est le groupe britannique Cable and Wireless qui
a été choisi pour la privatisation de la compagnie nationale
de téléphone. L’Etat conservera 49% du capital.
Le Nigéria a déclaré « illégal
et interdit » le call-back sur tout son territoire.
Le ministre en charge des télécoms a déclaré
que l’Egypte se refusait dans l’immédiat à privatiser
ce secteur.
L’agence Canadienne de développement va financer l’extension
du réseau cellulaire de Bamako au Mali, géré
par la SOTELMA. Ce travail sera réalisé par une société
canadienne.
Le parc téléphonique de Guinée serait passé
en un an de 9000 à 18000 abonnés, 50000 lignes devraient
être créées en 2 ans, les malaysiens ayant apporté
cash 45 millions de dollars .
Au Sénégal, le retrait de Télia de la SONATEL
serait dû principalement au fait que Télia exigeait de bénéficier
d’une clause de sortie après 7 ans, malgré un accord
écrit prévoyant un délai de 20 ans.
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Politique
 
Elections présidentielles au Mali.
Le premier tour des élections législatives qui s’est
tenu le 13 avril a finalement été annulé. Les premiers
résultats faisaient apparaître une forte domination de l’ADEMA,
le parti au pouvoir. Le gouvernement a finalement reconnu la grande désorganisation
lors du déroulement du scrutin ce qui constitue une grande première
en Afrique. Malgré les demandes réitérées de
l’opposition, le pouvoir s’était refusé à reporter
la date des élections afin de respecter les délais prescris
par la constitution. Il avait cependant accédé à la
demande de ses adversaires de mettre en place une Commission Electorale
Indépendante mais celle-ci fut cependant critiquée.
Les élections présidentielles étaient cependant
maintenues. Tous les candidats de l’opposition décidaient alors
de ne pas se présenter, seul l’un d’entre eux décidait de
maintenir sa candidature. Résultat, M. Alpha Konaré a été
élu avec 84,36% de suffrages exprimés contre 3,57% à
son seul adversaire M. Mamadou Maribatrou Diaby, les huit autres
candidats qui s’étaient retirés recueillant chacun moins
de 2% des voix. La participation n’a atteint que 27%, un chiffre qu’il
faut pourtant rapprocher de celui du premier tour des élections
présidentielles de 92 où celle-ci avait atteint 23,5% alors
que pourtant les principaux partis d’opposition avaient tous présenté
des candidats.
Résultat de toute cette agitation, la légitimité
du pouvoir est atteinte alors qu’il apparaisait comme un exemple de démocratie
à l’étranger. L’opposition n’en sort pas grandi non plus
car les marches de protestation auxquelles elle avait appelé tous
partis confondus, jusqu’aux nostalgiques de l’ancien dictateur Moussa Traoré,
n’ont réuni que bien peu de personnes. Mais surtout la querelle
opposition-pouvoir s’est enfermée dans des problèmes institutionnels
que peu de maliens d’ailleurs comprennent alors que cette période
électorale aurait pu être un moment privilégié
de débat national sur les orientations à prendre pour accélérer
le développement de ce pays qui reste parmi les plus pauvres du
monde.
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Elections législatives au Burkina Faso.
Selon les résultats officiels le parti au pouvoir, le CDP, Congrès
pour la Démocratie et le Progrès a remporté une victoire
écrasante aux élections législatives le 11 mai dernier.
Avec 101 élus sur 111, contre 88 dans la précédente
assemblée, le parti au pouvoir réalise une progression spectaculaire.
Sur les 5 millions d’électeurs inscrits, 44% ont participé
au scrutin, un pourcentage encore faible mais qui dénote une hausse
de 10% par rapport aux élections précédentes de 1992.
Nombre de problèmes d’organisation ont été relevés
par une quinzaine d’associations regroupées dans un collectif pour
l’observation indépendante des élections. Ils ont aussi dénoncé
« l’achat des consciences », une pratique courant qui consiste
à distribuer de l’argent pour obtenir des voix. Les observateurs
internationaux ont relevé certaines de ses lacunes tout en déclarant
qu’elles n’entachaient en rien la régularité. Des partis
de l’opposition ont déposé de recours mais pas question ici
d’annuler les élections.
Pour l’opposition c’est une véritable catastrophe et il n’est
pas sur que ses élus participent à l’assemblée. Le
parti au pouvoir ne recueille que 68,6% alors qu’il compte 90% des sièges.
Ces élections avaient été précédées
d’une intense activité politique faite de revirement de changement
d’alliance et de tractations en tout genre. Des opposants autrefois considérés
comme radicaux ont intégré le parti au pouvoir. Des pratiques
qui renouent avec celles du passé qui s’étaient terminées
par une succession de coup d’Etat jusqu’à l’accession au pouvoir
de Thomas Sankara dont le souvenir reste vivace dans le pays. Il reste
dans les mémoires comme l’un des seuls présidents ayant pris
de front les problèmes de développement tout en s’attaquant
résolument à la corruption. C’est à la suite de son
assassinat que le président actuel Blaise Compaoré est devenu
chef de l’Etat.
Divisés les partis, se réclamant du sankarisme représentent
cependant désormais la cinquième force du pays.
 Bruno Jaffré.
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Article
 Nous changeons pour ce numéro un peu de
sujet dans cette partie de notre Lettre de CSDPTT consacrée à
des articles un peu plus longs. L’un de nos adhérents revient de
sa première expérience de voyage au Mali et il a bien voulu
nous livrer ses réflexions 
 
La Rédaction.
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r> 
Première découverte du Mali
Je suis allé une semaine me promener au Mali en Février
dernier ; d’abord en pirogue, quatre jours, à remonter le fleuve
Niger, de Gao à Tombouctou, puis en 4 x 4 de Tombouctou à
Mopti.
Pendant huit jours, ce fut un autre monde, avec d’autres difficultés
que celles bien réelles que la plupart d’entre nous rencontrent
dans leurs quotidiens. Ce fut la poussière, la chaleur, les difficultés
de communication, la sécheresse, le manque d’eau ; une nature souvent
difficile hostile parfois, très belle souvent, parce que souvent
différente aussi. Ce fut aussi l’Afrique des clichés, qui
sont aussi (et heureusement) plus que des clichés et des livres
de voyage.
Le fleuve Niger, large comme une mer, lent et majestueux, comme hors
du temps et du cours du monde. Les villages le long du fleuve et les bateaux
de pêcheurs et le vol des oiseaux dans le ciel du soir qui descend.
Et Tombouctou, engloutie peu à peu par les sables, sans
qu’on ait le sentiment qu’on puisse vraiment y faire quelque chose. Et
partout cette bienveillance, manifestée ou pas par les gens du pays.
Une bienveillance telle qu’on en a un peu de honte, quand on pense à
la France.
Je ne suis pas sur cependant d’avoir fait des rencontres. Par manque
de temps peut-être. C’est sûr. Du fait de trop grandes différences,
entre ma vie et la leur, c’est une évidence aussi.
J’ai été stupéfait par l’extrême simplicité,
pour ne pas dire le dénuement des conditions e vie de tous les jours,
par ces difficultés aussi et l’ingéniosité manifestée
pour s’en sortir.
Je me suis réjoui, (en même temps qu’inquiété)
par la kyrielle d’ONG de toutes spécialités, de toutes nationalités,
à Mopti par exemple. Que font-elles ? Comment ? Pour quels résultats ?
Je suis revenu, dépaysé, heureux, heureux aussi de retrouver
mon confort, avec plus de question à mon retour, et plus d’incertitudes
aussi qu’au moment de mon départ.
Sans doute un voyage réussi alors ?
ET peut-être un nouveau départ, un de ces jours ?
Joël Perrier.
Responsable du départ du courrier dans un bureau de Poste.
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 En quelques mois, un montage financier de
quelque 540 millions de FF a pu être réalisé et une
usine d’une capacité de 100 MW a pu sortir de terre - un record
- , évitant au pays un grave danger de rupture dans son alimentation
en énergie.
Interrogations
Mais ces avantages n’empêchent pas de se poser quelques questions.
Argumentant qu’elles doivent remplir leurs obligations contractuelles,
les compagnies gestionnaires obtiennent généralement des
Etats le relèvement substantiel des tarifs, provoquant un plafonnement
inévitable, à terme, du nombre des abonnés, une majorité
de familles ne pouvant suivre cette valse des redevances.
Ces hausses étaient-elles toujours nécessaires ? Dans
de nombreux cas, personne n’est en mesure de l’assurer, faute, pour les
autorités étatiques, de disposer d’une contre-expertise de
valeur. La même préoccupation se retrouve, semble-t-il, dans
beaucoup d’autres clauses, économiques ou financières, négociées
ces dernières années, dans les contrats de délégation
de gestion de services.
Ces clauses vont de l’établissement de facilités exceptionnelles
pour l’importation, en franchise de certaines taxes, des matières
premières nécessaires à l’activité des compagnies,
à la détermination des bénéfices ou à
leur rapatriement. Trop souvent, faute d’expertise, l’Etat n’a pas la possibilité
de répondre de manière convaincante aux arguments des entreprises.
Autre préoccupation majeure, l’avenir du service public, qui
semble souvent assez mal pris en compte dans ce genre de contrats. Ainsi,
l’obligation de former des cadres et des techniciens locaux, se révèle
souvent être plus conforme aux nécessités des compagnies
concessionnaires - tendant à confier les postes de haute responsabilité
à des expatriés - qu’à la prise en compte authentique
de l’avenir du service public. Il ne faut pas oublier non plus les aspects
sociaux : licenciements de nombreux personnels jugés excédentaires
avec la reprise des services par les compagnies concessionnaires, mise
au pas des syndicats, etc.
Autant de questions qui, si elles n’étaient pas résolues
dans un proche avenir, risquent de mettre en danger l’ensemble de la formule
de la concession déléguée aux grandes compagnies internationales.
Bertrand Millet