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Compte rendu de la conférence Webforce 08 juin 2002

dimanche 9 juin 2002

Conférence 2002 Palais de nations Genève
6,7,8 Mai

- 6 mai :Cérémonie d’ouverture par M. Yoshio Utsumi, Secrétaire Général de l’UIT et Président du comité d’organisation en présence de M. Guy-Olivier Segond, Président du Canton of Genève et Ambassadeur Spécial pour le Sommet Mondial de la Société de l’Information (Genève 2003-Tunis 2005).

Le synopsis de cette conférence fixe une priorité à Webforce : l’élimination du fossé numérique avec la proposition à la conférence des ONG de la création d’un comité « Nouvelles Technologies » www.webforce.com explique cela.

Chairman : M. Latif Ladid : Ipv6 : Le premier jour il y a eu un exposé du vice-président d’Ericson. Il a évoqué l’ensemble des évolutions et des progrès apportés sur toutes les techniques de communications, le tout accompagné de diapos humoristiques décalées par rapport à ses paroles et que peu d’auditeurs ont dû apprécier.

M. Bruno Salgues : INT d’Evry Par une longue intervention Bruno SALGUES décrit les techniques et technologies utilisées dans le domaine des télécommunications et des NTIC depuis les différents câbles S/marins optiques à WIFI en citant de nombreux exemples telle la desserte par le réseau électrique (Suisse), les technologies MMDS et LMDS (mixte filaire et radio) ; le projet SATCOM (lié à un problème de temps de propagation : 24s). Le satellite revient cher pour la transmission mais peu cher pour la diffusion…. Il précise l’appartenance au domaine public des brevets de base de la technologie numérique.

Rappelant que la technologie numérique offre un coût moindre par rapport à celle de l’analogique pour les télécommunications et les NTIC il explique que les difficultés d’accessibilité par des pays ayant peu de moyens résultent plus de problèmes politique que de problèmes financiers et techniques.

En vrac, il balaye différents autres sujets. La fracture numérique n’est pas uniquement Nord/Sud mais aussi au sein des différentes couches de population. Le numérique signifie la fin des opérateurs historiques. L’accès aux hauts débits n’est pas égal pour tous, et bien des lieux se trouvent à proximité de conduits (ou liaisons) importants (câbles s/M par ex), ceux-ci ne sont pas desservis pour des raisons politiques ou commerciales. (Exemples : Hauts débits près des aéroports et rien à côté, aller/retour Hawai- USA pour accéder à des serveurs). Les coûts des longues distances varient actuellement de 1 à 10 puissance 6. Il souligne la nécessité pour les pays les moins riches de créer des serveurs locaux.

M. R.Bahsoun : "Problème de l’environnement des télécommunications dans les Pays en Développement et de l’importance sur ce plan que revêtira le futur Sommet Mondial sur la Société de l’Information ".

Mr. JML Akoa : base sur intervention sur "les NTIC outils de développement pour l’Afrique Centrale" en citant les cas du Cameroun, du Gabon et de la République Démocratique du Congo."

- 7 mai : Chairman : M. Marc Bélanger "An educational Computer Communiations Program for Organizations in the Developing World" Son intervention porte sur les logiciels de bureautique open source (gratuit ?) et plus particulièrement sur "Course Reader". Présenté comme une solution simple et modifiable par l’usager, cet outil permet d’équiper une station complète PC + logiciels pour 500 $. Demain, avec l’arrivée sur le marché des PC de Malaisie ou Inde la même configuration vaudrait 100$. Question de la salle : une seule sur le suivi des utilisateurs, à laquelle il fût répondu par la mise en place de FAQ.

M. Yat Chu John Fung "Digital Divide in Hong Kong and the role of NGO’s : En 35 mn M. John Fung présente une contribution en perspective dans le contexte du fossé numérique. L’argument « la lenteur d’une partie des résidants de HongKong représente un coût pour la collectivité supérieur à celui de leur mise à niveau dans l’utilisation des NTIC » introduit le programme en cours. L’objectif est de simplifier les démarches administratives par la télé procédures. Celui-ci se déroule en 2 volets. La création d’un cybercafé de 100 PC où les ONG interviennent sur la conception et réalisation des programmes et un volet de restructuration de 1000 PC mis à disposition pour former les utilisateurs. Les bénévoles interviennent ici en hot-line gratuit. Un effort d’adaptation des contenus, ergonomie et design sont en cours pour atteindre toutes les populations " seniors…ruraux…mal voyants". Ces volets sont évalués en permanence par le « Concile of Social Service » .

M. Patrick Maranon - Directeur Société EcoMicro, Bordeaux évoque l’Insertion économique et socioculturelle de groupes humains isolés à travers Internet, la gestion environnementale et la redistribution de matériel informatique en fin d’utilisation”. Il intervient pour présenter le concept de www.écomicro.com . Non annoncée sur le programme, cette intervention présente une activité intéressante pour CSDPTT. Ecomicro collecte et recycle depuis 1997 du matériel informatique. Le modèle économique est simple : deux filières : on neutralise ou on recycle des PC. On neutralise ça veut dire démontage…avec une incidence écologique. On recycle, ça veut dire on démonte…ET ON REMONTE POUR DES ASSOS ( voir le site pour plus d’informations). Nous avons retenu le recyclage de matériels informatiques mais au- delà la mise en situation avec réussite de chômeurs, exclus, jeunes en échec scolaire. A noter que ce projet s’inscrit dans la directive européenne sur l’obligation de recyclage en 2003

Mrs C.Malli-Dawson "Public-Private Partnerships to bridge the gap : from an incumbent telecom operator perspective" (partenariat public privé contre la fracture numérique dans la perspective d’un opérateur de télécommunications) Madame Mali-Dawson représentait British Telecom. La présentation ne manque pas de décrire BT et toutes ces filiales. Le sujet est centré sur les conflits existants entre les intervenants sur le numérique : secteur public, secteur privé, ONG. Son intervention pointe la question du suivi des programmes en s’appuyant sur « Act Now » le programme de développement des NTIC dans les Cornouailles. Les points forts du projet 3C : » Collaboration, Communication, Commitment ( engagement financier). Elle met en évidence le cadre du partenariat : des bénéficiaires engagés dès le début, une transmission des décisions à tous les interlocuteurs, rendre le conseil disponible.

Dr.JL. Soulié "Le droit à l’information et à la communication : des difficultés pour réussir l’instauration d’un Droit nouveau". Dans une très longue intervention, M. Soulié met en évidence le manque d’harmonisation juridique à l’échelle planétaire. En pointant les nouveaux dangers de la société de l’information le propos précise l’importance de la jurisprudence, tout en faisant remarquer l’absence de synchronisation entre le fait Internet et le droit. La série Q/R est aussi très réduite. Nous notons l’intérêt de représentants des PED pour la CNIL.

Mr.S.Hamilton "Overturning access barriers on the Internet : an Overview of the political, economic, social and cultural trends that restrain access to information". Dans son projet de doctorat, M. Hamilton pointe les barrières du développement de l’Internet. Les causes essentielles étant le manque d’infrastructures …mais aussi et souvent le contexte politique. Pour gommer cette situation il préconise le développement de forum ( !)

Wireless Wifi :Compte tenu du dépassement de timing, cette présentation avec démo des représentants clermontois de wireless.org est reportée au lendemain. Dommage !

M. Chabout, Chef de la section information à l’ONU, après avoir précisé qu’il n’existe pas de séparation claire entre le Nord et le Sud, invite les participants à la création d’un groupe de rédaction pour transcrire les recommandations. Pas de réactions Le président de séance revient ensuite sur un incident qui nous a échappé sur cette journée ; il parle de confusion et de rumeurs…et là, bizarrement, il rend la parole à la salle pour créer un dialogue sur cette journée. Pas ou peu de réactions…il faut dire qu’à 10mn de la fin de journée et surtout du départ des traductrices le débat ne peut s’engager pleinement, dommage !

Notre conclusion : C’était une conférence, sans dialogue ni échanges réels. Dommage ! Une conférence autosuffisante n’écoutant pas les représentants du Mali (qui ont fait remarquer qu’il existait une fracture plus ancienne : celle du droit à la communication et au téléphone qui est prioritaire mais qui laisse indifférent), d’Haïti et autres PED présents. Une conférence ou la vision unilatérale de nos pays nous sembla seule présente avec en écho des "cessez les déclarations péremptoires » ou « nos contenus seraient-ils moins bons que les vôtres »… Une conférence où manquaient la pratique et les expériences locales. Dommage ! Un point positif toutefois, nos échanges directs avec les présents qui devraient permettre une synergie sur des projets en cours.

Guy Blanc - Michel Bongiraud
CSDPTT Rhône Alpes