Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de septembre 2004 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de septembre 2004

mercredi 3 novembre 2004, par Bruno JAFFRE

La Lettre de septembre 2004
No : 106

Jean Louis Fullsack et Bruno Jaffré
ont participé à la rédaction de ce numéro.

 Sommaire
 :

Editorial
France Télécom : toujours
plus privé

____________________________________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Un téléphone communautaire
installé à Tanima (Mali)

________________________________

Echos des postes et télécoms
dans le monde

Privatisation de l’ONATEL au Burkina
 : ultime relance ?

Un programme du gouvernement pour
la téléphonie rurale au Nigeria …

Les 10 premiers opérateurs
du monde

Kenya  : Les délices de la
déréglementation

MTN opérateur continental
Afrique du Sud : Pas très réglementaire

Botswana : le cellulaire donne
des ailes …

En bref : Sénégal,
Niger, Ouganda, Malawi

________________________________

Economie
Energie  : Le NEPAD prône
un "hyper barrage"

___________________________________

Net actus
Ghana  : Internet au bout de
la prise électrique

En bref  : Sénégal
____________________________

Le billet de Jean Louis Fullsack
Intelsat : d’Icare à Zeus
Ou « la mort du signe »

____________________________

Article
Historique de la téléphonie
rurale au Burkina Faso
de Mousbila Sankara Président
de SODEPTEL-BF (Solidarité Développement dans les postes
et télécommunications au Burkina Faso)


Editorial
France Télécom : toujours plus privé
Entré aux PTT en 1982, j’y ai vécu tous
les changements conduisant à France Télécom. Je vous
passe sur toutes les promesses non tenues pour tenter de calmer les salariés
à juste titre inquiets de ces évolutions et du miroir aux
alouettes qu’ont constitué les offres promotionnelles d’actions
aux salariés. Mais je tiens très solennellement à
le dire à mes collègues des télécoms en Afrique
dont les opérateurs vont vivre à peu près les mêmes
étapes qu’ils s’apprêtent à vivre des moments difficiles.
Plus que la privatisation (qui n’en est qu’un corollaire même si
en Afrique elle a lieu avant) c’est l’ouverture à la concurrence
qui provoque des dégâts. Ainsi, confirmant ce que nous vivons,
encore que beaucoup d’entre nous n’osent en faire état au travail
par pudeur, les journaux télévisés français
se sont hier longuement étendus sur une enquête faisant état
du mal vivre qui affecte les salariés de France Télécom.

Moins d’Etat et plus de privé ! Tel est le dogme.
On vend donc des actions de France Télécom pour réduire
la dette de l’Etat. Avec la probable arrivée de fonds de pension
dont l’objectif consiste à maximiser les profits, au plus vite,
et qui sont en partie responsable des différents krach qu’ont connu
les télécoms ces derniers temps. Quand au service public,
il bel et bien mort et enterré.

 Bruno Jaffré
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Echos
de CSDPTT et de ces correspondants

Un téléphone communautaire installé
à Tanima (Mali)

Tanima est un village situé à 70 kms 
au Nord Est de Bamako. Les membres des dernières missions de CSDPTT
au Mali sont régulièrement intervenus auprès de la
direction de la SOTELMA pour que ce village soit raccordé au réseau
téléphonique. Dernière intervention en date, celle
de M. Yaya Niaré Président de l’AVDTM (Association des Volontaires
pour le Développement des Télécommunications au Mali,
notre partenaire sur place en compagnie d’Antonio Mele qui était
en stage au Mali pour le compte de CSDPTT jusqu’au 20 août

Cette connexion au réseau téléphonique
correspond à une vive demande des villageois et de l’association
française TANIMA 2000, dont la Présidente Fanny Bréchard
est membre de CSDPTT. TANIMA 2000 va former et accompagner le village
à la gestion et la maîtrise de ce nouvel outil et ce
qui devrait nous permettre dans quelques temps de connaître l’usage
qui en sera fait.

La mission de Tanima 2000 consiste à promouvoir
des pratiques de développement durable. Depuis 14 ans cette association
intervient dans 4 domaines

- L’Education (construction d’une école, projet
pédagogique sur l’arbre, entretien de 600 arbres, alphabétisation.)

- La santé (réalisation d’un dispensaire,
d’une maternité, dépôt pharmacie) 3 emplois créés.
Le centre s’autogère.

- L’environnement (Introduction de la technique d’irrigation
« Irrigasc », plantation 5000 arbres, énergie solaire)

- L’économie (Projet /30 villages /de séchage
solaire des fruits et légumes pour l’autosuffisance alimentaire,
la commercialisation, création de 4 emplois / 600 femmes alphabétisées)

Tanima 2000, se veut "être avant tout un état
d’esprit, un esprit d’équipe, de l’expérience, et des projets
qui vont progressivement vers l’autogestion dans les 4 domaines cités".

Contacts : Fanny Bréchard 0681011150
fanny.brechard@wanadoo.fr

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Echos
des postes et télécoms dans le monde

Privatisation de l’ONATEL au Burkina : ultime relance ?
Le gouvernement burkinabè a étudié
en juillet la situation créée par l’absence de candidature
à a la date de clôture du dépôt des offres. Les
4 investisseurs préqualifés Maroc TELECOM (dont 40% du capital
appartiennent à la société française VIVENDI),
l’entreprise norvégienne TELENÔR, AFRICA CORPORATION contrôlée
par des investisseurs privés des USA et la société
chino-libyenne ZTE/LAAICO actuellement présente au Niger (Voir les
lettres N°102 http://csdptt.org/article275.html#echoptt et N° 103 
http://csdptt.org/article292.html#echoptt) avaient fait du contrôle
majoritaire effectif et immédiat de l’ONATEL un élément
de blocage. Après avoir pourtant envisagé un contrat de gestion
par un opérateur, le gouvernement a finalement décidé
de maintenir la date du 31 décembre 2005 pour la fin du monopôle
y compris sur la téléphonie fixe, la cession progressive
des 51 % du capital en deux étapes sur trois ans et l’allégement
des obligations de couverture et de desserte imposées par le cahier
de charges.

Selon le plan 2001 - 2005, la parc de lignes fixes doit
atteindre 125000 au 31 décembre 2005, avec 25000 créations
en 2004. Près de 17000 lignes ont déjà été
attribuées depuis le début de l’année grâce
à des campagnes de promotion les proposant à 17000 FCFA ce
qui représenterait une baisse de 50%

L’ONATEL a réalisé un chiffre d’affaires
de 51 milliards de FCFA en 2003, une valeur ajoutée de 30,5 milliards
pour la même année. Son réseau compte 70 000 abonnés
au fixe contre 120 000 au mobile et 7000 télécentres qui
induisent près de 15 000 emplois indirects.

Par ailleurs, TELMOB, la branche mobile de l’ONATEL a
inauguré l’adoption de la norme GSM 1800 qui permet l’utilisation
d’un spectre de fréquence plus large qui augmente de manière
significative la capacité. Ce projet a été réalisé
avec la collaboration de Siemens. Grâce aux couplages des bandes
900 et 1800 (presque tous les portables actuels sont munis de ces bandes),
les clients de Telmob, en cas de saturation d’un réseau, basculent
automatiquement sur l’autre réseau. De nombreuses localités
ont été raccordées récemment au réseau
mobile de TELMOB alors que cette filiale doit affronter la concurrence
de 2 autres opérateurs de mobiles TELECEL et TELCEL.

Lors de l’inauguration le ministre Justin Thiombiano
a déclaré que " l’ONATEL privatisé ou non, va poursuivre
ses efforts d’extension et de modernisation de son réseau pour créer
ainsi pour nous tous, les conditions d’une exploitation optimale des technologies
de l’information et de la communication " (Source : ALTERCOM via
http://www.lefaso.net/, Le pays http://www.lepays.bf et l’AIB 
http://www.aib.bf/siteaib/economie0.htm

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Un programme du gouvernement
pour la téléphonie rurale au Nigeria …

Le gouvernement nigérian a annoncé les
détails d’un National Rural Telephony Programme (NRTP) qui a été
testé en août 2004. Ce projet se propose de connecter 500
000 nouvelles lignes dans 343 arrondissements (« local gouvernmental
areas, LGAs ») en une année grâce à un investissement
équivalent à 200 millions de dollars fourni par un prêt
gouvernemental chinois ( !) complété par un équivalent
de 20 millions de dollars fournis par le gouvernement fédéral.
Les trois axes de ce projet comprennent des systèmes radio ruraux
(RRS), qui desserviront 125 arrondissements (LGAs), Alcatel Shanghaï
Bell (ASB) couvrant 108 LGAs et un système fourni par ZTE pour couvrir
110 LGAs.

Globacom a annoncé qu’il prévoit de construire
un câble sous-marin à fibres optiques (sic) pour résoudre
son problème de besoin en bande passante à long terme et
faire face aux tendances actuelles du trafic dans le pays. Lorsqu’elle
sera achevée, la liaison à haute capacité (32*STM-64)
opérera comme une alternative au câble sous-marin à
fibres optiques SAT-3 ( !) qui relie l’Afrique avec le reste du monde.
Cependant il disait avoir pu résoudre son conflit initial avec NITEL
concernant l’accès à SAT-3, ajoutant que « nous avons
maintenant tous les deux un accès égal sur une base égale
et cordiale, vu que nous et NITEL l’utilisons maintenant pour supporter
notre trafic international » (Source PriMetrica et Balancing Act,
Issue 222, 27 août 2004 ).

________________________________
Les 10 premiers opérateurs
du monde

En date du 11 juin 2004 et selon Communications Update
de PriMetrica Inc., le classement des 10 premiers opérateurs mondiaux
en fonction de leur revenu (en millions de dollars US) est le suivant :

 

NTT  98000
Verizon Communications  68000
Deutsche Telekom  62000
Vodafone  57000
France Télécom  53000
NTT DoCoMo 43000
SBC Communications  41000
Telecom Italia  36000 
AT&T  34000
Telefonica  33000

Un seul opérateur « de nouvelle génération
 » (Vodafone) est présent dans ce top 10. Tous les autres opérateurs
sont des opérateurs historiques ou leur filiale (NTT DoCoMo).

Pour confirmer « le retour en grâce »
des opérateurs historiques et la faillite du modèle né
de la déréglementation forcenée, son représentant
emblématique WorldCom -débaptisé pour cause de mégafraude
en MCI- a complètement disparu du tableau. On note en outre la disparition
de BT qui a longtemps flirté avec ce modèle, et le classement
très modeste d’AT&T, autrefois le fleuron et la référence.
Ce qui a permis à un autre opérateur historique, Telefonica,
d’y faire son apparition.

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Kenya : Les délices de
la déréglementation

La Communications Commission of Kenya (CCK) prête
pour un effort majeur pour ouvrir le marché des télécoms
du pays selon un rapport confidentiel reçu à Business Week
International. Le document divulgué révèle un changement
politique radical confirmant la décision du régulateur de
déréglementer les licences pour l’accès aux communications
vocales et données internationales (international gateways), annonçant
l’avènement de la concurrence. Les nouvelles propositions de la
CCK offrent un nombre illimité de licences pour les points d’accès
à l’international, laissant le marché en déterminer
le nombre ( !). Cette décision est perçue comme un revirement
radical, puisque la CCK prévoyait seulement d’ouvrir le secteur
en désignant un second opérateur national SNO) et deux fournisseurs
de réseau Internet (sic : Internet backbone providers). Ce changement
politique a confirmé les suppositions u’une fois le problème
du SNO résolu (NdR : ZTE est l’un des trois candidats retenus et
ce choix est contesté par certains), le régulateur ne fera
plus d’enchères pour accorder des licences, présentant des
implications financières majeures pour l’opérateur national
Telkom Kenya. Si ce changement était mis en œuvre, il aurait aussi
une implication sur la viabilité financière du SNO, à
qui on avait auparavant promis un duopole de deux ans sur les licences
d’accès à l’international.

Toujours selon PriMetrica, le processus d’enchères
kenyan est vicié selon un soumissionnaire.

Taifa Company, un des soumissionnaires de l’appel d’offres
récemment ajourné pour une licence de SNO de réseau
fixe, s’est plaint de l’inéquité du processus d’appel d’offres
affirmant que le régulateur -la CCK- n’a pas respecté la
législation sur les acquisitions, son rival ayant été
« shortlisté » dans la phase de préqualification
alors qu’il n’a pu prouver qu’il était à 30% de son capital
kenyan comme exigé sous les termes de l’appel d’offres, et que les
documents d’offre qu’il a fournis ont été modifiés
postérieurement à la date de soumission.. Elle a aussi déclaré
que la CCK a échoué à nommer un comité d’examen
des offres indépendant et n’a pas révélé la
totalité de ses pouvoirs pour rejeter une offre. (Source PriMetrica,
18 août 2004).

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MTN opérateur continental
Le Groupe MTN, le deuxième opérateur mobile
en République Sud-Africaine, est présent dans plusieurs pays
africains.

Les revenus engrangés en RSA représentent
un tiers du revenu total de 325 M$. Le nombre total d’abonnés extérieurs
à la RSA est de 5,7 millions (accroissement de + 19% entre mars
et novembre 2002).

Le Groupe est présent au Cameroun (MTN Cameroon)
avec 316 000 d’abonnés et un revenu de 40 M$, au Nigeria (MTN Nigeria)
avec une part de marché estimée à plus de 50% et un
revenu de 243 M$, en Ouganda avec près de 300 000 abonnés,
au Rwanda avec 90 000 abonnés et au Swaziland avec 63 000 abonnés.

MTN s’engage dans le NEPAD en investissant dans le social
et l’infrastructure un total de 1,3 G$ dont près de 0,5 G$ dans
les cinq pays africains extérieurs.

MTN a obtenu un prêt « revolving »
de 450 M$ de Standard Bank of London et Sumitomo Mitsui Banking Co pour
financer ses opérations en Afrique. C’est la phase finale du prêt
initié à ce groupe en 2001. Le 1er crédit de 350 M$
devait aider MTN à payer ses licences au Nigeria puis les banques
ont levé 450 M$ pour un prêt à terme (Global Wireless,
April 3rd 2003).

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Afrique du Sud : Pas très
réglementaire …

Ecofinance n°41, mars 2004 écrit : « 
Le tour de table du futur second opérateur de téléphonie
fixe est désormais connu. Il comprend Two Consortium (26%) et Communitel
(26%), le reste du capital étant aux mains de l’Etat, d’Eskom, de
Transnet et de Nexus Connection. »

PriMetrica Communications du 24 juin 2004 révèle
que la Ministre de la Communication de la RSA, Mme Ivy Matsepe-Casaburri
(YMC, une figure très connue des assidus du SMSI) est sous le feu
de l’autorité de régulation à propos de l’appel d’offres
pour un 2ème opérateur public (NdR : fixe). Elle a en effet
décidé d’accorder une part de 26% de cet opérateur
à 2 consortiums qui avaient été écartés
par le régulateur comme étant « sous standard ».
YMC a accordé 13% à la start-up CommunTel et à Two
Consortium malgré l’avis de l’ICASA qui a rejeté leur offre
au motif qu’aucun n’avait ni expérience ni poids pour exploiter
le nouveau réseau. Nexus Connection, un partenaire à hauteur
de 19% dans le rival frais émoulu de l’opérateur historique
Telkom SA, a demandé la révision juridique du processus d’attribution
des parts, alléguant que YMC a agi illégalement. Le cas sera
examiné en Haute cour le 2 août. YMC conteste les allégations.

_________________________________
Botswana : le cellulaire donne
des ailes …

Téléphonie cellulaire : le nombre d’abonnés
est passé de zéro en 1998 à plus de 380 000 en 2002.

« Cependant, l’usage généralisé
du téléphone cellulaire grève lourdement le budget
de bien des Botswanais.Bienqu’ilnesoitpas encore utilisé à
son plein potentiel, le secteur d’Internet a lui aussi connu une croissance
fulgurante. L’accès privé à Internet reste limité,
mais de nombreux Botswanais ont accès à la Toile sur leur
lieu de travail, à l’école ou au cybercafé, un créneau
en pleine expansion depuis deux ans. Cependant malgré l’interdiction
du commerce électronique et l’augmentation du nombre de sites, la
majorité des entreprises n’exploitent pas encore totalement les
dernières innovations technologiques. »

(…) « Nous voulons attirer des centres d’appel
et de services internationaux de sauvegarde de données, nous voulons
concurrencer l’Asie dans le secteur des applications logicielles et matérielles
 » déclare Boyce Sebetela, à la tête du tout nouveau
Ministère des Communications, des Sciences et des Technologies.
« Nous nous sommes déjà dotés de politiques
adéquates pour attirer les investisseurs étrangers. (…) Aucun
pays au monde ne consacre autant d’argent que nous au développement
des ressources humaines ».

Selon la Botswana Telecommunications Agency (BTA) il
y avait 513 000 abonnés cellulaires/radio et 133 000 abonnés
fixes à la fin février 2004. Le pays compte alors 15 ISP.
(Source Primetrica 01/06/2004)

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En bref
Au Sénégal, selon une déclaration
du premier ministre couarnt juillet, le secteur des télécommunications
représente 6% du produit intérieur brut (PIB)
et
contribue pour plus de 4 % à la création d’emplois. Dans
le secteur formel, 2667 des 65 000 salariés travaillent dans les
télécommunications et 30 096 employés sur un effectif
total de 630 000 dans le secteur informel.

Au Niger, Interpellé par des députés
sur la crise actuelle à la Sonitel, le ministre de la Communication
a répondu qu’il était impossible de retirer l’agrément
du consortium sino-libyen Z.T.E.
Un accord serait par ailleurs
intervenu entre les salariés et la direction de la SONITEL à
propos de la grille des salaires grâce à la médiation
du Conseil National de Dialogue Social (CNDS).

En Ouganda, selon PriMetrica, du 25 août
2004, le régulateur UCC a lancé un projet de téléphonie
rurale
sous la bannière UNOPHONE. Il fait partie du schéma
visant à assurer l’accès téléphonique de base
à toutes les zones du pays avec une population supérieure
à 5000 habitants, et à établir un point de présence
Internet dans chaque District.

Au Malawi la Commission privatisation a
annoncé qu’elle devait finaliser la privatisation de
(MTL) Malawi Telecommunications Limited, d’ici décembre selon l’une
des conditionnalités imposées par le FMI. Ce pays peuplé
d’environ 11 millions d’habitants, ne compte que 40.000 lignes de téléphones
fixes dont 4.000 lignes en milieu rural, où vivent 80% de la population.

Au Sénégal, la Sonatel a
signé un contrat d’environ 13 millions $ avec la société
canadienne SR Telecom Inc. en vue d’acquérir un système
d’accès sans fil fixe
permettant de développer la
téléphonie rurale. Ce système, qui sera déployé
en 2004 et 2005, doit permettre à la Sonatel d’offrir des services
voix, télécopie et Internet dans plus de 650 villages.

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Economie
Energie : Le NEPAD prône un "hyper barrage"
Sur le plan des infrastructures d’énergie, le
projet d’un grand Corridor d’Energie » (Power Corridor) est en train
de gagner les esprits, surtout ceux des responsables des infrastructures
du NEPAD, sous la houlette du Président Wade. « L’hyper barrage
 » d’Inga (RD Congo) est l’élément clé. Selon
ses protagonistes il aurait le potentiel pour générer 40
Gigawatts. Sa capacité dépasserait celle du barrage (controversé)
des « Trois Gorges » en Chine et pourrait même alimenter
le continent entier. Personne n’a fait d’hypothèses quant au coût
du kW produit à Inga à Ouagadougou, Kampala ou Harare 
… Le risque « collatéral » d’un tel projet, même
« miniaturisé » est d’occulter le potentiel bien réel
de l’énergie photovoltaïque en Afrique. Ira-t-on vers une concurrence
entre les tenants des grands réseaux d’infrastructure et les sources
d’énergie décentralisées ? Les grandes sociétés
et opérateurs du Nord sont dans les coulisses.

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Net
actus

Ghana : Internet au bout de la prise électrique
Balancing Act, Issue N° 213 annonce en juin 2004
que "des essais de technologies à courants porteurs (Powerline)
pour Internet et accès vocal sont en cours ». Des tests dans
les pays développés ont montré l’aptitude de cette
technologie pour des services commerciaux. Si en Afrique cette technologie
fournit ce qu’elle promet, elle pourrait considérablement baisser
le coût de déploiement du réseau. Cette technologie
sera testée par Electricity Corporattion of Ghana. Le PDG de cette
société affirme que le réseau de distribution d’électricité
du Ghana a une disponibilité de 70-80% et peut donc compléter
efficacement le réseau existant ou en constituer une alternative
viable. Ce déploiement serait aussi une excellente opportunité
pour Voltacom qui a un réseau à base de fibres optiques de
600 km.

La disponibilité du réseau support de 70%
(valeur officielle) combinée à celle du réseau de
service Internet qui n’est au mieux pas inférieure, fait espérer
aux internautes ghanéens un fonctionnement pendant 50% du temps.
Pas très prometteur …

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En bref
Au Sénégal, Sonatel multimédia a
procédé en juillet au lancement du Wifi (Wireless fidelity)
ou Internet sans fil. Le prix promotionnel de lancement a été
fixé à 99.000 FCFA (187 dollars US) TTC par mois.


Le
billet de Jean Louis Fullsack

Intelsat : d’Icare à Zeus Ou « la mort
du signe »

Intelsat, deuxième opérateur mondial de
satellites après avoir été le n°1 historique pendant
vingt ans, vient de passer dans le giron de quatre fonds d’investissements
- deux américains et deux anglais comme il se doit- pour un peu plus
de trois milliards de dollars. Malgré une reprise de dette de deux
milliards, ce n’est pas cher payé pour un opérateur qui dispose
d’une flotte de 26 satellites géostationnaires et d’infrastructures
terrestres sur les cinq continents [1]. Les quatre aventuriers de
l’argent facile sont réunis dans une holding au nom prétentieux
de Zeus. Dans cinq ans ils revendront leur « marchandise »
et encaisseront une généreuse plus-value.

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Article

Historique de la téléphonie rurale au Burkina Faso

de Mousbila Sankara

Cet article est la première partie d’un panomara
historique des télécommunications rurales au Burkina Faso
dont nous publierons la suite prochainement. M. Mousbila Sankara, retraité
de l’ONATEL est le Président de l’association burkinabé SODEPTEL-BF
(Solidarité développement dans les postes et télécommunications
au Burkina Faso), notre partenaire privilégié pour les projets
de téléphonie rurale dans ce pays. La rencontre avec cette
association, qui nous a un peu bousculés et avec qui les relations
sont de plus en plus chaleureuses nous permet par ailleurs d’envisager
des projets plus ambitieux dont nous vous tiendrons au courant. 
La Rédaction

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De la colonisation aux premières années
de l’Indépendance

Construites pour les besoins de l’administration coloniale,
le réseau des postes et télécommunications en Afrique
de l’Ouest était axé sur les centres de commandement administratifs.

Aussi en fonction des voies de communications, des liaisons
téléphoniques ou postales étaient réalisées
entre les chefs-lieux d’entités administratives (capitales de territoires,
chefs - lieux de cercle) aux moyens de jonctions filaires, radios ou postales.

Sans être de très grande qualité,
la téléphonie, qu’elle soit radio ou filaire, était
le moyen le plus sûr pour établir les contacts entre l’administration
et ses démembrements sur l’étendu du territoire national
ou régional du domaine coloniale.

Après donc les indépendances (à
partir de 1960), certaines réorganisations furent entreprises dans
le domaine en raison des facteurs économiques, politiques et techniques.

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[1Ces installations comprennent les
équipements de télémétrie, de poursuite, de
commandes et de contrôle (monitoring)