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Lettre d’août 2004

lundi 4 octobre 2004, par Bruno JAFFRE

La Lettre d’août 2004
No : 105

Benoit Sibaud, Alain Roblin Demont, Maher Jelassi,
Dominique Blanchard et Bruno Jaffré ont participé à
la rédaction de ce numéro.

 Sommaire
 :

Editorial
Les opérateurs GSM en France
interpellés

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Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

En bref  : Un stagiaire (DESS
relations Internationales ) au Mali pour CSDPTT

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Téléphonie rurale au
Sénégal : quelques chiffres

Baisse des tarifs GSM en Algérie.
Madagascar : grève des employés
au ministère des postes et télécom

En bref  : Au Burkina
Faso
, accord la Sonapost Telecel, au Kenya enquête
sur le processus d’appel d’offres, A l’Ile Maurice, baisse des profits
de Mauritius Telecom, au Sénégal le syndicat accuse
la Poste de mauvaise gestion.

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Net actus
Afrinic en place
En bref  : Bientôt la téléphonie
par Internet en Algérie ?

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Article
Panorama des Télécommunications
en Côte d’Ivoire
de Dominique Blanchard (CSDPTT Ile de France)

 


Editorial
Les opérateurs GSM en France interpellés
On apprend que les 3 opérateurs GSM français
se sont entendus pour maintenir élevés le prix des appels

Tiens donc ! Les libéraux connaissent certainement
la théorie des ententes entre oligopoles enseignés dans les
cours élémentaires d’économie. Mais cela ne les empêche
pas bien sur de nous rabacher que la concurrence amène "naturellement"
les baisses de prix et qu’il faut laisser faire le marché.

En France ou en Afrique, les prix baissent certes mais
quand les opérateurs ont engrangé de substentiels profits.
Ces opérateurs deviennent rentables sur le continent souvent en 2 ans ce qui est
extrèmement rapide. Ils pourraient donc être beaucoup plus
bas !

On a d’abord assisté à de résistances
des opérateurs historiques souvent poussés par le personnel
qui trouvaient anormal de faire des cadeaux à leurs concurrents
lors des négociations sur l’interconnexion. Une fois celle-ci effectuée,
chacun peut constater la scandaleuse chereté des communications
en particulier entre 2 opérateurs GSM ce qui incite les clients
à prendre parfois plusieurs abonnements. A qui cela profite-til ?

Seule la société civile bien organisée
peut agir efficacement, à l’image de l’action des associations de
consommateurs en France qui ne cessent de dénoncer ces ententes.

 Bruno Jaffré
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Echos
de CSDPTT et de ces correspondants

En bref
Antonio Mele (CSDPTT Ile de France) actuellement en stage
pour le compte de CSDPTT au Mali. Il fait une recherche sur les contraintes
extérieures et les éventuels blocages internes pesant dans
ce pays sur le développement des télécommunications.
Par ailleurs, il intervient auprès de la direction de la SOTELMA
pour faire avancer nos projets de téléphonie rurale, dans
le Guidimakha, dans la région de Mopti et du pays Dogon et pour
le village de Tamina près de Bamako.

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Echos
des postes et télécoms dans le monde

Téléphonie rurale au Sénégal
 : quelques chiffres

Au Sénégal, le DG de la Sonatel, 
Cheikh Tidiane Mbaye, a rappelé que le gouvernement avait
fixé en matière de couverture et d’accès à
la téléphonie le raccordement en 2000 de tous les chefs-lieux
de Communauté Rurale, en 2003 de 760 villages pour atteindre 950
villages avant 2005 alors que 939 ont déjà été
jusqu’ici raccordés. Il a par ailleurs annoncé que le nombre
de villages raccordés nouvellement en 2004 sera triplé ce
qui constituerait une accélération des dessertes en zone
rurale.

Ces déclarations ont été faites
au cours de l’inauguration de la mise en service du CNE (Concentrateur
Numérique Eloigné) de la ville de Waoundé située
dans une zone très enclavée à 780 km de la capitale
Dakar, en remplacement d’anciens équipements point à point.
La rénovation du réseau de cette ville aurait coûté
quelque 175 millions de FCFA.

La SONATEL a investi depuis 1997 plus de 40 milliards
de F.CFA dans la téléphonie rurale. Actuellement l’investissement
annuel serait de plus de 6 milliards F.CFA, rien que pour le réseau
fixe. Ces investissements récents ont été réalisés
pour la plupart en technologie Point Multi Point (PMP), Point à
Point (PAP), par Concentrateur Numérique Eloigné (CNE) ou
par câble aérien. (Source Le Soleil http://www.lesoleil.sn/)

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Baisse des tarifs GSM en
Algérie.

Le monde des télécommunications algérien
est entrain de vivre de réels changements.

Les opérateurs GSM tentent de séduire les
Algériens en affichant des baisses de tarifs continues depuis leurs
arrivées sur le marché algérien.

Ces 3 dernières années, on a pu constater
un fort engouement pour la téléphonie mobile du à
une forte baisse des prix des frais d’accès :

Les tarifs d’Algérie Telecom sont passés
de 25 000 DA (tarif 2001) à 8000 DA (à
compter du 1er septembre 2004) pour le PostPaid GSM et de 4957 DA
à 2800 DA pour le PrePaid GSM. Quand à OTA plus connu sous
le nom de Djezzy, il offre aujourd’hui un tarif de frais d’accès
unique à 2990 DA (PostPaid et PrePaid) contre environ 15 000 DA
lors de son lancement.

A ceci, il faut ajouter le prix des recharges qui vont
de 1000 DA (50 mn) à 2000 DA (100 mn) pour les PrePaid et le prix
des abonnements qui vont de 1600 DA à 2500 DA pour les PostPaid.
Le prix la minute va de 9 DA (PostPaid Djezzy) à 20 DA (PrePaid
Djezzy).

Bien que les tarifs restent encore élevés,
ces baisses de prix ont permis à de nombreux algériens d’accéder
à un monde qui n’était réservé qu’à
une classe de la population ayant un bon niveau de revenus.

Djezzy compte, depuis le 7 juillet 2004, 2 Millions d’abonnés
alors que Algérie Télécom compte 158.000 lignes GSM.
Le nombre total d’abonnés risque de continuer de croître dans
un futur proche avec l’arrivée d’un troisième opérateur
mobile dans le paysage des télécoms algérien : Wataniya
Telecom, le second opérateur au Koweït, qui s’est vu attribuer
la deuxième licence d’opérateur privé GSM en Algérie.

Ceci entraînera, sûrement, une nouvelle baisse
de prix qui sera bénéfique à l’utilisateur final.

Paradoxalement, l’opérateur historique prévoit
d’augmenter les tarifs du téléphone fixe, dès la rentrée
2004. Cette augmentation sera perpétrée en Mars et Septembre
2005 faisant varier le prix de la minute locale de 1 DA à 2.60 DA
soit + 160 % et pour le national de 3,50 DA à 7 DA soit +100%.

La téléphonie mobile a encore de beaux
jours devant elle en Algérie.

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Madagascar : grève des
employés au ministère des postes et télécom

Les employés du ministère des Postes et
Télécommunication se sont mis en grève le 19 juillet
pour demander le départ du ministre Mahazaka Gervais Clermont qu’ils
accusent de détournement de fonds destinés aux sinistrés
des cyclolnes Elita et Gafilo, d’abus divers sur les deniers publics de
son ministère, et sur les avantages afférents à son
titre. Ils refusent tout dialogue avec le ministre et demandent aux autorités
compétentes de faire un audit interne du ministère et requièrent
une intervention de l’entité étatique en charge de la lutte
contre la corruption.

De son côté, le ministre Mahazaka Clermont
se dit prêt à rencontrer les grévistes et dit soupçonner
derrière ce mouvement grévistes des motivations politiques
suscités par quelqu’un qui voudrait prendre sa place.

Les deux partis déclarent chacun de leur côté
détenir des documents prouvant leur bonne foi. (Source http://www.midi-madagasikara.mg/  ;
et http://www.lexpressmada.com,)

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En bref
Au Burkina Faso, la Sonapost et l’opérateur
de mobiles Telecel viennent de signer un protocole d’accord qui va permettre
à la poste burkinabé de distribuer les produits.

En Algérie, le ministère
de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication
vient de lancer un appel à manifestation d’intérêt
pour les services de consultants pour mener à la privatisation de
Télécom Algérie à la suite d’un prêt
accordé par la Banque internationale de reconstruction et de développement
(BIRD) pour financer le projet d’appui à la réforme du secteur
dont une partie soit servir à rétribuer les services de consultants.
Ces services comprennent la préparation et la finalisation de la
stratégie d’ouverture du capital de l’opérateur historique,
l’exécution de la transaction et la campagne marketing, la recherche
d’intérêts, la préparation et la finalisation de l’appel
d’offres et enfin l’organisation de data-room. Les consultants recherchés
doivent avoir le profil d’un consortium formé d’une banque d’affaires,
d’un cabinet de conseils juridiques et aussi d’un cabinet technique. (Source
http://www.latribune-online.com/).

Au Kenya, le gouvernement kényan
a ouvert une enquête sur le processus d’appel d’offres pour la seconde
licence nationale de téléphonie fixe et a décidé
l’annulation de la procédure. Il s’agit d’éviter un scandale.
La société norvégienne Telenor s’était retrouvée
seule candidate et l’avait emporté, les deux autres candidats Tata
Group of Companies de l’Inde et de ZTE de Chine ayant été
écartés avant l’ouverture de l’appel d’offres financière.

A l’Ile Maurice, Mauritius Telecom dont
les principaux actionnaires sont l’Etat mauricien (41%), France Telecom
(40%) et la State Bank (19%) a annoncé des profits de l’ordre de
38,5 millions de dollars US pour l’année financière 2003/2004,
pour des revenus avoisinant les 175 millions de dollars, contre 42 millions
de dollars en 2002/2003. Fin de mai 2004, MT comptait environ 707.000 lignes
fixes et mobiles branchées. Le nombre d’utilisateurs de son service
de téléphonie mobile, appelé CellPlus, dépasse
alors celui des lignes fixes : 366.570 contre 341.147. Le tarif actuel pour
les appels locaux est de 0,029 dollar pour la première minute et
de 0.035 dollar par seconde suivante, avec un abonnement mensuel coûtant
3,1 dollars.

Par ailleurs un conflit oppose les opérateurs
entrant et MT à propos des tarifs sur l’international à qui
ils reprochent de pratiquer des tarifs trop bas.

Au Sénégal, Après
les accusations du Syndicat National des Postes et Télécommunications
(SNTP) sur la mauvaise gestion de l’établissement public, le gouvernement
a annoncé le lancement d’une enquête de l’Inspection Générale
d’Etat (IGE), qui devrait être suivie par un audit international.
Les questions posées par le SNTP portent sur l’utilisation de 13
Milliards de CFA, et sur la stratégie de filialisation de l’entreprise
par la direction. Pour le syndicat, cette stratégie est une
privatisation qui avance masquée et qui se fait dans "des conditions
nébuleuses" qui sont "un véritable bradage de la Poste".

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Net
actus

Afrinic en place
Évoqué depuis 1997, le registre régional
africain Afrinic (African Network Information Centre [1]) devrait être
complètement en place fin 2004. Depuis février cette organisation
non gouvernementale chargée d’attribuer les adresses IP (Internet
Protocol) et ASN (Autonomous System Numbers) pour le continent africain,
a débuté son activité.

Elle a rejoint l’APNIC (Asia Pacific Network Information
Centre [2]) pour la zone Asie-Pacifique, l’ARIN (American Registry for
Internet Numbers [3]) pour la zone Amérique du Nord, le LACNIC (Latin
American and Caribbean Network Information Centre [4]) pour la zone Amérique
latine et Caraïbes et le RIPE NCC (Réseaux IP Européens
Network Coordination Centre [5]) pour la zone Europe.

Les registres sont chargées du rôle d’intermédiaire
entre l’IANA (Internet Assigned Numbers Authority [6]), qui fixe la répartition
des adresses IP au sein de l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names
and Numbers [7]), et les fournisseurs d’accès à Internet
(FAI). Ces derniers passent actuellement par l’ARIN, l’APNIC et le RIPE-NCC,
et souffrent des critères qui leur sont appliqués, critères
prévus pour les pays industrialisés (notamment le nombre
d’utilisateurs).

Un des objectifs de l’Afrinic est donc de définir
des critères adaptés à ses registres locaux (FAI et
sociétés de télécoms). Son conseil d’administration
a été désigné en mai dernier ; composé
de douze membres (deux dans chacune des six zones définies), il
est présidé par le béninois Pierre Dandjinou.

[1] http://www.afrinic.net/
[2] http://www.apnic.net/
[3] http://www.arin.net/
[4] http://www.lacnic.net/
[5] http://www.ripe.net/
[6] http://www.iana.org/
[7] http://www.icann.org/
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En bref
En Algérie, la téléphonie par Internet
pourrait être légalisée par le gouvernement. Si cette
décision est entérinée, elle risque de mettre fin
au monopole d’Algérie Telecom et des opérateurs GSM, qui
devront alors faire face à une concurrence avec des prix près
de six fois moins chère.

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Article

Panorama des Télécommunications en Côte
d’Ivoire

de Dominique Blanchard

La libéralisation complète du secteur qui
devait survenir en février 2004 est reportée...

Le secteur des télecoms en Côte d’Ivoire
a connu plusieurs changements depuis deux décennies. Des PTT, nous
sommes passés à l’ONT en 1985, puis à CITELCOM en
1991. Ces différentes structures étaient des structures de
l’État. C’est à partir de 1995 que l’État va initier
un certain nombre de réformes pour réglementer le secteur,
mais aussi pour le développer.

I - État des lieux depuis 1995
1- les organes de régulation :
 Le Conseil des Télécommunications
(CTC)

- veille au respect des engagements pris vis à
vis des opérateurs du secteur (égalité de traitement,
respect des conventions de concession, des cahiers des charges et des autorisations
délivrées par le Gouvernement)

- assure l’arbitrage en premier ressort des litiges nés
des activités de télécommunications.

 L’Agence des Télécommunications
(ATCI)

- définit et met en oeuvre la tarification
- agrémente les terminaux
-gère les fréquences, la délivrance
des licences d’exploitation...

2- La privatisation de CITELCOM
Suite à un appel d’offre international, France
Télécom a racheté 51 % des parts de l’entreprise qui
est devenue Côte d’Ivoire Télécom (CIT) le 03 février
1997.

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en entier cliquez ici...

Dominique Blanchard
CSDPTT Ile de France