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Lettre de juin 2004

lundi 2 août 2004, par Bruno JAFFRE

La Lettre de juin 2004
No : 103

Max Vernet, Jean Louis Fullsack et Bruno Jaffré
ont participé à la rédaction de ce numéro.

 Sommaire
 :

Editorial
Niger : La privatisation dans tous ces
états !

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Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

AG de CSDPTT
Projection débat autour du film
"l’Etranger du Grand Fleuve" d’Annick Colomes"

CSDPTT représenté à
l’AG d’Ouvaton.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Niger : la situation s’envenime
Le groupe ORASCOM solde 
ses participations de Loteny Telecom en Côte d’ivoire

Le point sur la téléphonie
mobile au Burkina

Bell Bénin sauvé de la
faillite par l’OPT
, un scandale politico-financier au Bénin
 ?

Téléphonie mobile
au Bénin,
réévaluation du prix des licences, manifestations
d’usagers et baisse des tarifs.

En bref : Sénégal,
Mali, RASCOM, Tchad

________________________________

Economie
Le MAE recule après
la levée de bouclier des ONGS

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Article

Aux Niçois qui Mali pensent…(Reportage
sur une mission d’étude de développement d’un réseau
de téléphonique rurale dans le Guidimakha au Mali) d’Emile
Quesada et Claude Sicard (CSDPTT Nice)

Le seconde phase du Sommet s’annonce
poussive 
de Jean Louis Fullsack

 


Editorial
Niger : La privatisation dans tous ces états !
La privatisation de la SONITEL s’était faite dans
des conditions difficiles. Seuls 2 candidats étaient restés
en lice, le deuxième étant la SONATEL franco-sénégalaise
qui proposait 2 fois mois que le consortium chino - lybien qui l’a emporté.
ZTE la partie chinoise est surtout connue comme constructeurs mais pas
comme opérateur.

Après l’échec de la Guinée, la crise
actuelle au Niger pose la question de la pertinence des privatisations
comme unique solution. Les multinationales n’investissent guère
dans les opérateurs des pays pauvres si ce n’est à prix bradé
et sans contrainte. Par contre elles investissent dans des opérateurs
qui rapportent comme au Sénégal, à l’Ile Maurice ou
au Maroc, et en tirent de substantiels bénéfices.

Pour les pays pauvres, la privatisation ne fait que créer
de nouvelles difficultés. Bien sur tous les pays sont signataires
de l’accord général sur les services de l’OMC qui impose
l’ouverture des marchés fin 2004. On ne peut que regretter à
cet égard le manque de courage des dirigeants, mais aussi l’absence
de coopération publique dans les télécommunications
en France (et en Europe) au profit du seul soutien des entreprises françaises
à l’étranger. Et ce au détriment des besoins élémentaires
de plus en plus pressants en matière communication des populations,
dont nous pouvons témoigner par les nombreuses demandes qui nous
arrivent.

Nous ne réaffirmons encore, la coopération
publique est nécessaire, et à CSDPTT, nous sommes prêts
à y apporter notre contribution.

 Bruno Jaffré
________________________________

Echos
de CSDPTT et de ces correspondants

AG de CSDPTT
L’AG 2004 de CSDPTT s’est déroulé les 7
et 8 mai à Lyon en présence de 18 adhérents (sur un
total de 54) venus de la région parisienne, de Lyon, de Nice, de
Strasbourg, des Alpes et du sud-ouest (Toulouse et Bayonne).

Le vendredi 7 après-midi deux groupes de discussion
ont été formés, un autour de la téléphonie
rurale et l’autre autour des TIC (technologies de l’information et de la
communication). Les deux groupes ont discuté des projets en cours
et à venir de CSDPTT dans ces domaines, ainsi que du rôle
de CSDPTT dans le futur.

Le samedi 8 l’assemblée générale
a continué en plénière avec la discussion générale
et l’examen de la comptabilité de l’association.

D’intenses discussions se sont déroulées
toute la matinée s’appuyant sur notre riche expérience en
matière de téléphonie rurale. La collaboration avec
les opérateurs publics n’est pas toujours facile et l’intervention
d’associations de salariés de ces opérateurs mais aussi des
partenariats avec des ONGs expérimentés s’avèrent
nécessaire, pour représenter les intérêts des
populations mais aussi pour prendre en compte le développement intégré
dont elles ont porteuses. Il est pas ailleurs ressorti le souci de veiller
en permanence à ne pas perpétuer la dépendance et
donc de bien déterminer les limites de nos interventions.

Il convient maintenant de passer à des projets
de grande ampleur au Mali et au Burkina où nous devrions assumer
moins de responsabilité, jouant plutôt de le rôle d’aiguillon
et de mise en relation, tout en apportant notre expertise technique si
nécessaire en particulier sur le matériel plus récent.
Parallèlement, il est prévu d’initier des interventions au
Bénin et au Niger.

Dans le domaine des NTICs, le contour des projets dans
lesquels devraient s’investir CSDPTT n’est pas entièrement dessiné.
Nous devrions pouvoir bénéficier grâce à de
nouveaux adhérents de nouvelles compétences en matière
de logiciel libre.

 A propos du Sommet Mondial de la Société
de l’Information, CSDPTT ne participera cependant pas à la PREPCOM
prévue à Tunis en juin mais sera présent à
celles prévues à Genève.

Le Conseil d’administration a été 
reconduit. (Voir le compte rendu complet à http://www.csdptt.org/article276.html)

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Projection débat autour
du film "l’Etranger du Grand Fleuve" d’Annick Colomes"

Environ 45 personnes ont assisté à la projection
de ce documentaire montrant l’arrivée d’Internet à Niafunké
au Mali et au débat qui a suivi, à la Cité Universitaire,
organisés par CSDPTT et NTBF (http://www.ntbf.net).
Le débat était animé par Antonio Mele (CSDPTT). Y
ont pris part, Vincent Chappey producteur du film, Ken Lohento (IAFRIC
http://www.iafric.net), Florent Blot
(NTBF http://www.ntbf.net), Djédjé Soumaré (ADER Mali),
Bruno Jaffré (CSDPTT http://www.csdptt.org), et à titre personnel
M. Lecoz de l’agence universitaire de la francophonie. (Voir à http://www.csdptt.org/article279.html)

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CSDPTT représenté
à l’AG d’Ouvaton.

Ouvaton est le nouvel hébergeur du site de CSDPTT.
C’est une Société Anonyme qui a opté pour le statut
de Coopérative de consommateurs. En quittant Globenet pour Ouvaton
nos coûts d’hébergement ont pratiquement été
divisés par 10.

Actuellement Ouvaton rassemble environ 2500 sociétaires,
1100 de plus que l’année passée, et héberge environ
5000 sites et 1200 listes de discussion.

La coopérative ne compte pas de salariés.
Le bénévolat est actuellement évalué à
2 emplois à temps plein. Il est envisagé dès que possible
un emploi à mi-temps pour la comptabilité. Les perspectives
de développement s’annoncent dans de bonnes conditions d’autant
plus que, compte tenu de la structure des prix, une augmentation importante
de sociétaires ne s’accompagnera pas d’une augmentation proportionnelle
des charges.

La société aurait atteint l’équilibre,
elle n’existe que depuis 3 ans, si elle n’avait pas eu à affronter
un procès à propos de l’affaire métro-bus dont on
a eu quelques échos dans la presse. Bien que Ouvaton ait gagné
son procès, le juge n’a pas été jusqu’à faire
supporter les frais de justice à la société Publicis,
ce qui apparaît scandaleux. Il en a ainsi coûté 6000
euros à Ouvaton soit le quart du total des dépenses de l’année.

Environ 80 personnes étaient présentes
à l’AG. L’essentiel de la discussion a porté sur l’attitude
doit adopter la coopérative à propos de la LEN (Loi sur l’Economie
Numérique). Celle-ci en effet tend à favoriser la suppression
de l’accès à certains sites par les hébergeurs et
donc à limiter fortement la liberté d’expression. Elle revient
à privatiser la justice puisqu’on demande aux hébergeurs
de l’exercer eux-mêmes. La position d’Ouvaton consiste à dire
que c’est à la justice de prendre de telles décisions :"Ouvaton
ne supprimera un site que si la justice le demande".

Pour l’instant Ouvaton se dit prêt à engager
des fonds, la trésorerie le permet pour l’instant dans une certaine
mesure, pour aller en justice jusqu’au bout quand l’occasion se présentera
mais ne pourra le faire trop souvent faute de s’épuiser. (Compte
rendu à http://www.csdptt.org/article280.html)

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Echos
des postes et télécoms dans le monde

Niger : la situation s’envenime
Des mouvements de protestation continuent de mobiliser
le personnel de la SONITEL d’autant plus que malgré les injonctions
du premier ministre la société s’est refusée à
appliquer la grille salariale, ce qui ne fait que envenimer les choses
alors que la SONITEL a été incapable d’honorer ses engagements.
La question a même été débattue à l’assemblée
nationale qui a publié une déclaration au début de
ce mois demandant au gouvernement d’agir pour la SONITEL respecte ces engagements 
et d’appliquer la législation si rien ne bouge d’ici fin 2004.

Les syndicats demandent de leur côté le
retrait par le gouvernement de la licence concédé au consortium
chino-lybien.

Les organisations syndicales ont publié un mémorandum
dans lequel elles s’interrogent sur les conditions du dépouillement
des appels d’offre par le comité de pilotage. Selon ce document,
« le consortium Dataport, constitué entre ZTE, une société
chinoise, équipementier de son état et de LAAICO, une banque
libyenne d’investissement ne répondait pas au critère selon
lequel le repreneur devait d’être un opérateur de télécommunications
et avoir géré un parc de plus de 100.000 lignes téléphoniques
principales ».

Par ailleurs le collectif souligne qu’aucun des objectifs
fixés par le cahier de charges annexé à la licence
n’avait été atteint. Ainsi le parc de la SONITEL n’a
augmenté que de 500 lignes pour atteindre 23000 LP (lignes principales)
et aucun publiphone n’a été installé, alors que le
cahier des charges prévoyait 30.000 nouvelles lignes en 2003 et
45.000 en 2004.

Alors que 39 localités devaient être automatisées,
seuls Niamey et Zinder ont été dotées de centres numériques
mais qui ne sont toujours pas opérationnels.

En matière de téléphonie mobile
seule la ville de Niamey est couverte à ce jour.par la filiale Sahelcom
alors que les principales localités devaient l’être en 100
jours. La SONITEL a par ailleurs été incapable d’assurer
l’interconnexion des autres opérateurs ce qui a conduit le gouvernement
à autoriser un des opérateurs cellulaires à installer
un VST pour écouler son trafic international, en violation de la
loi.

En matière d’investissement, le mémorandum
souligne que les 11,5 milliards de F CFA issus de la privatisation de la
SONITEL destinés à financer la modernisation du réseau
filaire, ont servi au paiement du matériel GSM pour lequel ZTE,
fournisseur avait souscrit des engagements bien avant la privatisation.
Par ailleurs, la SONITEL avait contracté auprès de la BOAD
(Banque ouest-Africaine de développement) un prêt de 9 milliards
de F CFA, en vue d’assurer le financement de la modernisation du réseau
de télécommunications au Niger. Or selon le mémorandum,
des courriers échangés entre la BOAD et la SONITEL relatives
à l’exécution du projet restées sans suite, risqueraient
de faire perdre ce prêt à la SONITEL et donc au Niger,

D’autres manquements sont encore soulignés relatifs
à la difficulté à mettre en place une comptabilité
analytique, à la mauvaise qualité de service, à la
mauvaise gestion du personnel et à l’incivisme fiscal. (Source Le
Républicain http://www.republicain-niger.com
et Le Sahel via http://www.tamtaminfo.com
)

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Le groupe ORASCOM solde 
ses participations de Loteny Telecom en Côte d’ivoire

Le Groupe Teylium International, opérant dans
les télécommunications, les téléservices, l’immobilier,
la finance et l’industrie dans la sous-région ouest africaine, est
devenu majoritaire de Loteny Telecom après l’acquisition, via sa
filiale Access Telecom, de 17,68% supplémentaire du capital de Loteny
auprès d’Orascom Telecom Holding S.A.E. (OTH). Teylium International,
détient désormais 65,99% de Loteny Telecom.

Loteny Telecom, l’un des trois opérateurs GSM
de Côte d’Ivoire possède un parc de 650000 abonnés
et a réalisé en 2003 un chiffre d’affaires supérieur
à 72 milliards de F CFA.

OTH a par ailleurs cédé les 34% restant
de sa participation dans Loteny, au Groupe Atlantique Telecom, société
anonyme de droit togolais qui a racheté en 2003 à OTH les
sociétés détentrices de licences GSM au Burkina Faso,
Bénin, Gabon, Togo et Niger.

Le montant total de la transaction est de 53,1 millions
de dollars américains. (Source Panapress http:/www.panapress.com)

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Le point sur la téléphonie
mobile au Burkina

Dans la téléphonie mobile, 3 opérateurs
se partagent le marché. Un opérateur public, TELMOB qui est
en fait pour l’instant une direction interne à l’ONATEL. Celui-ci
vient de fêter son cent millième abonné alors qu’il
ne comptait que 56000 en avril 2003 répartis dans 22 localités.
Telmob est le moins cher du marché et le seul opérateur à
faire du post payé utilisé à cette époque par
environ 15%. Ses concurrents critiquent les avantages dont elle bénéficie
du fait de son statut. Une forte crise a d’ailleurs éclaté
en septembre 2002. En effet, Les salariés ont protesté alors
contre une augmentation des prix de TELMOB imposés par ses concurrents
qui se plaignaient de ne pas pouvoir aligner des tarifs aussi bas que ceux
que proposaient TELMOB ;

Deux licences d’exploitation des réseaux GSM 900
ont été octroyées à des sociétés
privées en 2000, pour une durée de 10 ans renouvelable, pour
un montant de 7 milliards de FCFA pour Celtel et de près de
5 milliards de FCFA pour Télécel.

La société Celtel filiale de la néerlandaise
Mobile System International (MSI), a démarré ses activités
en janvier 2001 et a investit 20 milliards. Elle emploie environ
130 employés.

Elle comptait fin 2003 environ 80 000 abonnés,
soit alors 36% du marché. Son chiffre d’affaires a été
multiplié par près de 2 entre 2001 et 2002, et s’est élevé
cette année là 4,14 milliards de FCFA. Son résultat
net est devenu positif, passant de -7,28 milliards à 8,24 milliards.
La société et dispose d’un effectif de 130 employés.
En septembre 2003, Celtel a levé FCFA 3 milliards à travers
un emprunt obligataire public.

Telecel, le 3ème opérateur a démarré
ses activités en décembre 2000. A l’origine filiale de Telecel
International, elle a été rachetée en août 2003
par le groupe ivoirien Atlantic Telecom. Telecel possède un
peu plus de 51 000 abonnés et couvre les 17 plus grandes villes
du pays. Mais sa part de marché, 30% en avril 2003, ne cesse de
baisser. Telecel, qui a investi de 15 à 16 milliards. De FCFA. (Source
Marchés tropicaux du 12/12/2003)

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Bell Bénin sauvé
de la faillite par l’OPT, un scandale politico-financier au Bénin
 ?

L’OPT aurait racheté pour plusieurs centaines
de millions FCFA, 20% du capital de la société de téléphonie
Bell Bénin de l’homme d’affaire Issa Salifou.

Sans ce rachat (décidé par Sanni Soumanou,
DG le l’OPT, et couvert par le ministre Gaston Zossou) Bell Bénin
serait en faillite puisque son réseau ne marche pas. La presse béninoise
dénonce l’amateurisme des responsables de Bell Bénin, l’inconscience
des banques béninoise qui y auraient investi à la légère
des centaines de millions. Le Directeur de Bell Bénin évalue
à 1 M US$ ce qui est nécessaire pour que son réseau
fonctionne. En injectant des fonds publics dans Bell Bénin, l’OPT
va à l’encontre des intérêts de Libercom, nom commercial
de structure de l’OPT chargée de la téléphonie mobile.
En effet Libercom serait en difficulté et nécessiterait des
investissements de même hauteur pour se moderniser et satisfaire
une demande croissante. Le choix de l’OPT ferait craindre une privatisation
de Libercom souhaitée par Bell Bénin. (Source l’Indépendant
Hebdo N°50 du 02/022004) ________________________________

Téléphonie
mobile au Bénin, réévaluation du prix des licences,
manifestations d’usagers et baisse des tarifs.

Trois opérateurs sont titulaire de licence de
téléphonie mobile, l’OPT qui dispose d’une licence de téléphonie
mobile analogique (AMPS analogue mobile phone standard http://umtsfr.free.fr/dictionary/dictionary.htm)
et d’une licence GSM pour le compte de sa branche mobile Libercom, Bell
Bénin, Telecel du groupe africain Lotteny, Spacetel soutenu par
Ericsson (vendu sous la marque Bénincell) et Bell Bénin dont
le réseau n’a pas démarré (voir ci-dessous).

Le ministre Gaston Zossou a parlé le 26/02/2004
de porter le prix des licences GSM de 120 Millions FCFA à 5 milliards
GFCFA. Selon M. Zossou, Bell Bénin aurait payé 300 millions
FCFA et promettrait d’en verser 600 autres d’ici la fixation définitive
du prix des licences (on ignorerait toujours qui parmi les autres opérateurs
a payé et combien).

Au 1er mars les prix des communications ont baissé
selon les opérateurs de 15 à 40%. L’OPT est passé
d’une tarification heures pleines-heures creuses (dont dimanche et jours
fériés) avantageuse (299/145FCFA) à un tarif unique
170FCFA, et a diminué la durée de validité du forfait
de 2 mois à 30-45 jours !

Ces baisses sont à mettre en relation avec des
manifestations d’usagers (eau, électricité, télécoms
en particulier contre les tarifs, la surfacturation, les minutes indivisibles)
qui se répètent depuis 2003. Par exemple, le 8 avril une
manifestation, conduite par l’ancien candidat aux présidentielles
Me Lionel Agbo, a porté une motion à M. Zossou pour réclamer
des tarifs comparables à ceux de la sous région, qui tiennent
compte du pouvoir d’achat des Béninois.

Me Agbo a dénoncé le manque à gagner
pour l’Etat du fait de la sous évaluation des licences GSM : ainsi
au Niger, Télécel et Celtel auraient payé 4,3 milliards
de FFCFA, alors qu’au Burkina, Celtel (MSI) aurait versé près
de 7 milliards de FCFA et Télécel près de 5 milliards
de FFCFA. Au Mali, Ikatel (une filiale de SONATEL) aurait payé 30
milliards pour une durée de 15 ans renouvelable, alors que la Côte
d’ivoire a exigé une renégociation du contrat avec les trois
sociétés bénéficiaires de la licence, ce qui
a permis à l’Etat d’encaisser 120 milliards de FCFA. M. Agbo a fustigé
le non-respect des procédures habituelles, et exigé une renégociation
des contrats d’exploitation des licences à au moins 20 milliards
sur une durée de 10 ans renouvelables, accompagnée d’un cahier
de charges avec un plan d’investissement à hauteur de 20 milliards
de FCFA sur cinq ans. (d’après L’Araignée 04/03/2004 et PANA
du 09/04/2004).

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En bref
Au Sénégal, la Sonatel a annoncé
pour l’exercice 2003, un bénéfice net pour l’année
2003 56,1 milliards de F CFA, + 20,8% par rapport à l’exercice 2002.
La croissance des bénéfices de la Sonatel provient essentiellement
de ses activités en matière de téléphonie mobile
au Sénégal et au Mali. Le CA a par ailleurs progressé
de 20 % pour atteindre 195,6 milliards de F CFA. La Sonatel exploite 575000
lignes de téléphonie mobile sur son réseau Alizé
et 228 844 lignes fixes.

Au Mali, la SOTELMA a officiellement lancé
les travaux de liaison à fibres optiques Bamako-Sikasso-Zégoua
et Sikasso-Hérémakono. Le projet repose sur la technologie
SDH, la SAGEM étant le principal bénéficiaire de l’appel
d’offre. D’un montant de 7 milliards, dont 6,5 financés par un prêt
de la BOAD (Banque Ouest Africaine de développement), le projet
doit permettre de desservir plusieurs localités de l’Est du pays,
d’améliorer les capacités de transmission et l’interconnexion
avec la Côte d’Ivoire et le Burkina. Ainsi la dorsale du Mali qui
partira de Ambidedi (Kayes) à Zégoua et Hérémakono
(Sikasso) couvrira 1200 km de liaison à fibres optiques.

Le nouveau directeur de RASCOM (réseau
africain des satellites de communication), M. Tanzannien Jones A. Killimbe
a déclaré que le satellite qui doit permettre la connexion
entre les pays africains et entre l’Afrique et le reste du monde est actuellement
en construction et devrait être lancé en 2006. Il lui a fait
part du bouclage du premier appel de fonds pour le financement du projet.
Le deuxième et dernier appel commence maintenant.

Au Tchad, à la suite d’une mutinerie, la
capitale N’Djamena le réseau de téléphonie mobile
Celtel Tchad a été coupé par décision des services
de sécurité de la présidence tchadienne pour éviter
que des informations sur la mutinerie puisse circuler.

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Economie
Le MAE recule après la levée de
bouclier des ONGS

A la suite de du mouvement de protestation des OSI (Organisations
de Solidarité Internationale) rassemblées derrière
Coordination Sud contre les gels de crédit du MAE (ministère
des affaires étrangères), le ministre délégué
à la Coopération M. Xavier Darcos a annoncé que le
MAE allait faire une priorité le financement des OSI. Selon la coordination
 : « Les chiffres annoncés par le ministère, bien
qu’insuffisants, puisqu’ils ne couvent que 70% des montants nécessaires
pour que l’Etat respecte ses engagements, permettent de surmonter la crise
actuelle ». M. Chirac a par ailleurs annoncé lé
doublement de l’Aide Publique au développement qui transite par
les ONGs d’ici 5 ans. (Source Politis)

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Article

Aux Niçois qui Mali pensent…

(Reportage sur une mission
d’étude de développement d’un réseau de téléphonique
rurale dans le Guidimakha au Mali)

  Du 28 février au 12 mars
2004, une mission d’étude, composée de 2 membres de CSDPTT,
Claude SICARD et Emile QUESADA accompagné par le président
de l’ADER (Association pour le Développement Economique Régional)
Diadié SOUMARE, s’est rendue au MALI.

 Cette mission financée par
l’ADER, émanation de la fondation Abbé PIERRE, a reçu
un très bon accueil tant localement par le président de notre
partenaire Mamadou SOUMARE que par les responsables de l’AVDT ( Association
du personnel de la SOTELMA ). Très bon accueil également
des populations de la région concernée par le projet et les
cadres de la SOTELMA à Bamako et à Kayes.

 Dés le lendemain, le dímanche
29, s’est tenue une réunion préparatoire à la
mission dans le GUIDIMAKHA
. Elle a réuni des membres de
l’AVDT, Yaya NIARE le président, Oumar FONBA, Cheikh TRAORE, les
responsables de l’ADER, et nous-même. Elle a permis d’établir
un calendrier assez précis afin d’optimiser la durée de la
mission. C’est extrêmement confiants que nous nous sommes accordés
un après-midi de détente à l’ombre des manguiers de
la propriété de Mamadou Soumare. Auparavant nous nous
étions immergés dans la vie malienne sur le marché
de Kassela. Premier plat traditionnel également : « poulet
sauce ».

 Le lundi matin, première
réunion de travail au siége de la direction de la SOTELMA
.
Le PDG, M. NIMAGA , a tenu à réunir tout son staff, ce qui
nous donne à penser que notre projet ne les laisse pas indifférent.
Il souligne l’ambition et la noblesse d’un tel projet, nous remercie et
nous assure de son soutien. Après nous être engagés
à lui fournir plus de précisions sur la structure du réseau
envisagé et sur la liste des villages, nous lui remettons une proposition
de convention et prenons rendez-vous à notre retour de la région
de Kayes afin de faire un compte rendu et d’affiner le projet. L’après-midi
est l’occasion d’une rencontre avec Fanny BRECHART, adhérente CSDPTT,
et présente au Mali au titre de responsable du projet TANIMA 2000.
Ce projet regroupe plusieurs villages de la région de Tanima et
consiste à aider les populations dans le domaine des cultures passant
par l’alphabétisation des femmes et l’utilisation de fours solaires
pour le séchage de produits. Vente des produits, exportation et
stockage pour la saison d’hivernage sont les utilisations de cette technique.

 Mardi 2, nous décollons
pour Kayes ...

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Les toubabs..
Emile Quesada et Claude Sicard (CSDPTT Nice)
 



LA SECONDE PHASE DU SMSI S’ANNONCE POUSSIVE …
De
Jean-Louis Fullsack

Depuis que le rideau est tombé sur la première
phase du SMSI à Genève, en décembre dernier, l’ardeur
de la Société civile semble avoir suivi le même mouvement.
Finie la quinzaine de courriels quotidiens de discussion, propositions
et de contribution qui inondaient les boîtes aux lettres des délégués ;
à présent c’est à peine le rythme hebdomadaire. N’y
aurait-il donc rien de neuf ni d’important ?

Assurément si ! Mais toute l’activité qui
jusque là était focalisée sur Genève se trouve
à présent non seulement « délocalisée
 » mais aussi disséminée. Ainsi les réunions
importantes qui ont initié la deuxième phase -dite la Phase
de Tunis- se sont-elles déroulées à New York, Genève
et Tunis voire Berlin. Parallèlement, les fonds de fonctionnement
du SMSI n’ont pas vu arriver les contributions escomptées, ce qui
non seulement porte un préjudice grave au fonctionnement même
de son processus, mais prive la Société civile notamment
des PeD de toute possibilité de participation active. C’est ce qu’ont
montré les réunions citées.

S’agissant de son financement, la « Phase de Tunis
 » est gravement obérée car la Fondation du Devenir
(Canada) et le Canton de Genève -qui ont soutenu financièrement
la participation de la Société civile lors de la « 
Phase de Genève » en prenant en charge la Division de la Société
civile au sein du Secrétariat Exécutif- ont arrêté
leur concours dès la fin du Sommet de décembre dernier.

Par ailleurs se déroule en coulisse un jeu « 
diplomatique » pas très transparent sur le pilotage de la
Phase de Tunis. ...

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Jean Louis Fullsack