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Lettre de Mai 1997

Mai

jeudi 1er mai 1997


La Lettre de mai 1997
No : 20

 Sommaire
 :

Editorial
Oui à la récupération !
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Initiatives
Des agents de France Télécom avec
les restaus du coeur.

Postiers anti-racistes ! (suite...).
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Echos de CSDPTT
CSDPTT à la DR de Paris Sud.
CSDPTT offre un ordinateur à l’ADCYF.
Voyage et mission CSDPTT à la fin de l’année.
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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Rebondissement au Sénégal.
Grandes manoeuvres pour la conquête du marché
latino-américain.

Réunion du comité de coordination
d’AFRICA ONE.

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Politique
Mali : Législatives annulées.
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Article
A la conquête des villes ? de Bertrand
Millet
(extrait de la revue Vivre autrement n° 8 de l’association
ENDA Tiers Monde).


Editorial
Oui à la récupération !
La récupération du matériel usagée a toujours
été une des orientations fondamentales de notre association.
Nous avons très souvent vu du matériel déclassé
encore vendu à des ferrailleurs ou jeté directement à
la casse. Une partie de ce matériel pourrait très bien être
réutilisée pour peu qu’il puisse être correctement
testé et mis à niveau.
Il y a certes parfois de la part de responsable africain une réticence
à réutiliser du matériel un peu ancien s’estimant
en droit de bénéficier aussi du matériel « dernier
cri ». Nous pouvons comprendre cette attitude mais il reste que pour
nos petits projets la récupération facilite la réalisation
des projets en en diminuant les coûts et en en simplifiant les problèmes
techniques. Elle permet ainsi de maîtriser plus facilement le fonctionnement
du matériel et d’en assurer la maintenance.
Notre association si elle était plus puissante pourrait faire
les choses en grand. Déjà nous voyons les effets bénéfiques
d’une telle orientation. Nous avons pu fournir des postes à Madagascar
suite à un cyclone. Nos amis de l’ADCYF nous ont fait part de leur
satisfaction pour avoir reçu un ordinateur. Enfin le matériel
de téléphonie rurale que nous tentons actuellement de récupérer
ferait certainement des heureux dans un ou deux villages africains burkinabé
ou malien si nous finissions par l’obtenir.
La rédaction
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Initiatives
Des agents de France Télécom
avec les restaus du coeur
.
L’association Les restaus du coeur avait sollicité un fax à
la direction régionale de France Télécom de Tarbes.
Celle-ci lui ayant répondu que tous ceux à sa disposition
étaient réservés au service après-vente, des
agents de la DR ont décidé de faire une collecte. Résultat
 : environ 3500 FF rassemblés. Largement plus que nécessaire.
Le fax a pu être acheté et le surplus donné à
l’association.
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Postiers anti-racistes ! (suite...).
Un postier de Montpellier ayant découvert dans un emballage,
une publication défendant les idées du Front National, il
en avertit immédiatement ses collègues qui refusèrent
d’en poursuivre la diffusion.
 Le service juridique de la Poste avait pourtant jugé que
la publication ne présentait pas de caractère raciste et
avait souscrit un contrat de 3000 FF pour la diffusion de 16000 exemplaires. 
La direction régionale a eu recours à des contractuels pour
poursuivre la diffusion. Elle en en outre fait savoir qu’elle ne prendrait
pas de sanction et qu’elle respecterait la liberté de non-distribution.
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Echos de CSDPTT
CSDPTT à la DR de Paris Sud.
Christian, Thierry et Bruno ont tenu une table à la cantine
proche de la DR de Paris Sud et de l’agence Montrouge. Quelques contacts
ont été pris et 650 FF ont été rassemblés
grâce à la vente d’objets artisanaux. Rappelons qu’en l’absence
de toute subvention, ces ventes et les abonnements à La Lettre de
CSDPTT sont les seules sources de financement à part les cotisations
des adhérents.
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CSDPTT offre un ordinateur à l’ADCYF.
Après deux heures passées à le remettre en état
c’est avec grand plaisir que nous avons pu offrir à notre partenaire
l’ADCYF ( Association pour le développement du cercle de Yélémané
en France) un ordinateur parmi ceux récupérés dont
nous avions fait état dans le numéro 18. Cela faisait plus
d’un an que cette association était à la recherche d’un tel
matériel devenu indispensable pour leur gestion et la rédaction
de leur courrier. Parmi les 4 récupérés seul deux
ont pu être remis immédiatement en état un troisième
nécessitant encore d’autres manipulations, le quatrième ne
fonctionnant plus du tout. Nous étudions actuellement leur destination.
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Voyage et mission CSDPTT à la fin de
l’année
.
Déjà deux adhérents se sont déclarés
volontaires pour partir sur le terrain à la fin de l’année
1997, en particulier pour approfondir nos contacts et en nouer de nouveau.
Destination prévue le cercle de Yélémané au
Mali mais aussi le Burkina Faso où nous avons plusieurs projets
à l’étude.
D’autres volontaires seraient bienvenus.
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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Rebondissement au Sénégal.
Selon le quotidien sénégalais le Soleil, l’accord signé
entre la SONATEL et le consortium americano-suédois (voir La Lettre
de CSDPTT N°15 du 11/12/96) serait sur le point d’être remis
en cause. Après l’accord sur le prix de la transaction qui se montait
à 70 milliards de FCFA pour l’achat de 33,3% du capital de la SONATEL,
le minimum ayant été fixé à 50 milliards, des
négociations s’étaient engagées pour aboutir à
un plan de développement qui auraient dû aboutir à
une dizaine de conventions spécifiques. Outre la compagnie suédoise
Télia, le consortium comprenait Walter Group des USA, China Telecommunications
Services de Taïwan et Sénécom Parteners du Sénégal.
L’Etat sénégalais semble avoir estimé ne pas avoir
obtenu les garanties qu’il souhaitait. Il a d’autre part repris les
discussions avec France Télécom qui figurait en deuxième
place sur la liste des adjudicataires potentiels.
La veille de l’annonce de cette décision, les travailleurs réunis
en assemblée générale au siège de la Direction
Générale avaient menacé d’utiliser la force pour se
faire entendre s’ils n’obtenaient pas satisfaction sur la garantie de l’emploi.
Ils estiment en effet que la promesse de Télia de garantir l’emploi
pour seulement 3 ans est insuffisante. Les délégués
syndicaux rendaient compte d’une audience où ils avaient notamment
protesté contre la volonté de payer les expatriés
16 fois plus que les plus hauts salaries des cadres sénégalais.
Les responsables de Télia leur avaient confirmé de leur volonté
de baisser les tarifs de % par an et les avaient rassurés après
les bruits qui avaient couru sur l’éventuelle remise de la SONATEL
dans les mains de Portugal Télécom.
Pour sa part un responsable l’intersyndicale de la SONATEL, M. Ibrahim
Konté a fait la déclaration suivante : « Objectivement,
France Télécom obéit aux critères du cahier
des charges mais subjectivement, nous avons des craintes sur la manière
dont la coopération française s’est souvent comportée
avec les pays africains. ». Un autre, M. Guèye, a indiqué
« Nous ne sommes pas contre les français mais nous n’accepterons
pas de sous-évaluer la SONATEL. Les travailleurs soupçonnent
chez le repreneur français une volonté de sous-évaluer
la SONATEL » se basant sur le prix payé pour entrer dans le
capital de la CITELCOM en Côte d’Ivoire, alors qu’il juge cette dernière
moins performante que la SONATEL. L’Intersyndicale, tout en réaffirmant
ne pas être opposé à la privatisation a appelé
le gouvernement « à ne pas la bâcler, poussé
par l’envie d’empocher rapidement un chèque et le souci de rattraper
le temps perdu.. ».
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Grandes manoeuvres pour la conquête du
marché latino-américain
.
Les deux opérateurs de la péninsule ibérique,
Portugal Telecom dont l’Etat détient 51% du capital et l’espagnol
Telefonica entièrement privatisé en février de cette
année ont décidé de croiser leur participation. Le
premier va reprendre 1 % du deuxième et le second 3% du premier.
A peu près au même moment qu’était annoncée
cette alliance, on apprenait que Telefonica décidait de s’allier
avec le consortium anglo- américain formé de British Telecom
et de MCI. Telefonica était pourtant jusqu’ici allié avec
le suédois Telia, Swiss PTT et PTT Telecom des Pays Bas au sein
d’Unisource, ce dernier ayant signé un accord avec le géant
américain ATT. Tous les coups sont donc permis pour la conquête
du marché latino-américain qui devrait représenter
environ 60 milliards de dollars à la fin du siècle contre
36 actuellement
Telefonica est en effet déjà implanté au Brésil
(35% de l’opérateur régional CRT dans l’Etat du Rio Grande
do Sul) mais aussi au Chili, au Pérou, en Argentine, en Colombie,
au Vénézuela et à Porto-Rico.
Portugal Telecom, opérateur plus modeste, avait
pour sa part signé un accord de collaboration avec la compagnie
nationale brésilienne Telebras. PT est aussi présent au Mozambique,
au Kenya, au Cap Vert en Guinée Bissau et à Sao Tomé
et Principe.
PT et Telephonica s’apprêtent à répondre ensemble
aux appels d’offre concernant la privatisation de Telebras au Brésil
mais aussi dans le Maghreb au Maroc.
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Réunion du comité de coordination
d’AFRICA ONE.

Le comité de coordination du projet AFRICA ONE, comprenant l’Afrique
du Sud, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Nigéria,
la Tunisie et le Zimbabwe, l’Union Panafricaine des télécommunications,
l’organisation régionale africaine des communications par satellite
RASCOM, la Banque Africaine de développement, ATT et l’IUT s’est
réuni fin janvier à Genève. Lancé en 1995 par
ATT, soutenu par l’IUT, ce projet qui consiste à relier toutes les
capitales côtières devait initialement être achevé
fin 1998. Mais il semble toujours se heurter à la difficulté
de trouver des financements. (voir la Lettre N°13).
Les participant se sont surtout penchés sur l’intégration
avec le réseau de satellites RASCOM et avec PANAFTEL constitué
principalement d’un faisceau hertzien traversant l’Afrique au niveau du
Sahel. Ils ont en outre recommandé de poursuivre les négociations
avec les opérateurs et promoteurs d’autres projets, Atlantis 2 (projet
conjoint entre Portugal Telecom et le brésilien Télébras
pour relier le Portugal le Brésil et les pays africains lusophones),
SAFE ( prévu entre l’Afrique du Sud et l’Asie du Sud-Est, voir numéro
19 de La Lettre de CSDPTT), SAT 3 et WAC( câble pour l’Afrique Occidentale
qui doit acheminer le trafic entre le Sénégal, la Guinée,
la Côte d’Ivoire et le Togo).
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Politique
Mali : Législatives annulées.
Le premier tour des élections législatives s’est déroulé
le 13 avril. Sur les 62 partis officiellement recensés au Mali,
34 ont présenté des candidats auxquels il faut
ajouter 19 listes indépendantes. Au total 1506 candidats se présentaient
devant les 5300000 électeurs pour briguer les 147 sièges
à pourvoir.
A la suite d’une désorganisation manifeste, 11 partis d’opposition
ont organisé différentes manifestations de rue pour réclamer
l’annulation des élections et du processus électoral dans
son ensemble (des élections présidentielles devaient se tenir
le 4 et 11 mai) la démission du gouvernement, et la dissolution
de la commission électorale. Les 12 observateurs internationaux
présents aux côtés des 120 nationaux ont pour leur
part déclaré que « le vote a été secret
et libre » mais qu’il y a eu « des problèmes très
sérieux concernant la distribution des matériels électoraux
 » La majorité a finalement accepté d’annuler ces élections
et de reporter les présidentielles.
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Article
 Nous vous livrons ci-dessous une réflexion 
concernant le processus de privatisation des services publics en Afrique
permettant de mieux situé dans son contexte celui touchant les Télécoms.
Il faut cependant préciser que les télécoms sont les
seuls services publics rentables. Elle est tirée de la revue Vivre
autrement n° 8 (de l’association ENDA Tiers Monde, accessible par Internet
sur www.globenet.org) du samedi 8 juin 1996. 
 
La Rédaction.
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A la conquête des villes ?
Si leur apport dans le secteur des services comporte des aspects positifs,
les grandes entreprises transnationales sont loin d’avoir fait la preuve
que les solutions qu’elles prônent sont les meilleures pour les populations
et les pays concernés.
Depuis la vague des privatisations, les grandes compagnies transnationales
ne cessent d’accroître leur emprise dans le secteur des services
urbains. Elles ont pour principaux atouts leur capacité financière
et leur grande maîtrise technologique. Grâce à celles-ci,
les principaux opérateurs occidentaux et japonais du secteur des
services urbains sont devenus, au fil des ans, des groupes d’importance
internationale, rayonnant parfois dans le monde entier. Ainsi, très
active dans l’Afrique francophone, la française Saur bénéficie
de la puissance de son principal actionnaire, le groupe français
de bâtiment et travaux publics Bouygues, lui-même premier groupe
européen de son secteur et l’un des plus puissants dans le monde.
Comme le proclame avec fierté sa publicité, Saur peut s’enorgueillir
de « trente-cinq ans d’expérience en Afrique », depuis
qu’elle gère, conjointement avec l’Etat ivoirien, la Société
de distribution d’eau de Côte-d’Ivoire (Sodeci), qui alimente en
eau potable la capitale et plusieurs villes du pays.
Plus diversifiée et moins concentrée sur l’Afrique, la
Lyonnaise des Eaux bénéficie, pour sa part, d’une puissance
globale peut-être plus importante encore. Grâce à deux
filiales spécialisées, Degrémont (4,4 milliards de
FF de chiffre d’affaires en 1994) et Sita (7,2 milliards), le groupe rayonne
dans plus de cinquante pays, fournissant notamment des usines d’eau potable
et des installations de traitement des ordures « clés en mains
 » à de nombreux pays en développement.
Des effets positifs
Enfin, le groupe français Compagnie générale des
Eaux, spécialiste de la gestion de l’eau et de l’assainissement,
a développé, lui aussi, une puissance financière et
technologique qui en fait actuellement l’un des tout premiers intervenants
mondiaux dans le secteur. Face aux géants français, d’autres
groupes européens, nord-américains, japonais - et demain
coréens, taïwanais ou singapouriens - n’ont pas manqué,
eux non plus, de s’intéresser au fructueux marché des services
urbains dans les pays en développement.
Ces dernières années, en Afrique, mais aussi en Amérique
latine et dans plusieurs pays asiatiques, les compagnies internationales
ont bénéficié de circonstances particulièrement
favorables. La vague de la privatisation des services publics, exigée
par les bailleurs de fonds pour réduire les déficits des
Etats, ne pouvait que profiter aux quelques opérateurs de grande
taille, seuls capables de réunir la puissance financière
et le savoir-faire nécessaire pour prendre le relais de sociétés
nationales à bout de souffle.
Particulièrement en Afrique francophone, la Banque mondiale,
chef de file des financements internationaux dans les services urbains,
a en outre commencé à se ranger à la vision « 
française » de la « délégation de gestion
 », une opération qui consiste à détacher les
opérations plus commerciales de transport, de distribution et de
facturation des grands services urbains, pour les confier à des
sociétés d’économie mixte ou à des concessionnaires
privés. Ces concessions déléguées obéissent
à un cahier des charges négocié avec l’Etat. Celui-ci
fixe le montant des tarifs à appliquer, les redevances à
lui reverser, le montant des investissements à consentir. Une clause
prévoit en outre la rétrocession de l’ensemble des installations
à l’Etat, à l’issue de la période de concession.
Dans ce contexte, les grandes sociétés ont fait un véritable
bond en avant ces dernières années. En Côte-d’Ivoire,
le groupe Saur a pu se voir confier dès 1990 la gestion de la distribution
d’électricité, à travers la Compagnie ivoirienne d’électricité,
créée et détenue en partenariat avec l’Etat. Puis,
en 1995, le groupe Bouygues était autorisé à créer
une société de production d’électricité entièrement
privée, la Ciprel, en partenariat avec Electricité de France
et la Société financière internationale, filiale de
la Banque mondiale. Au total, plus d’une vingtaine de pays africains ont
commencé - ou envisagent de le faire - à confier la gestion
de leurs services publics urbains à Saur ou à ses concurrents.
L’irruption des grands opérateurs étrangers a eu - au
début des opérations surtout - des effets bénéfiques.
Les nouveaux responsables n’ont guère eu de mal à redresser
les comptes. Sous leur férule, le taux des pertes dans les réseaux
diminuera à vue d’oeil, le recouvrement des grosses créances
progressera spectaculairement, tandis que de l’argent frais deviendra subitement
disponible pour rénover les installations.
Tout ceci profite, incontestablement, aux usagers, particulièrement
les opérateurs économiques. Quant au gouvernement, il bénéficie
de rentrées financières régulières. Autre grand
avantage, la possibilité pour l’Etat de voir financer désormais
des investissements lourds dans le secteur. Ainsi la Côte-d’Ivoire,
qui avait accordé la gestion de la distribution électrique
au groupe Bouygues, a pu demander à celui-ci, en 1995, de contribuer
à résoudre un épineux problème dans... la production
d’électricité. En quelques mois, un montage financier de
quelque 540 millions de FF a pu être réalisé et une
usine d’une capacité de 100 MW a pu sortir de terre - un record
- , évitant au pays un grave danger de rupture dans son alimentation
en énergie.
Interrogations
Mais ces avantages n’empêchent pas de se poser quelques questions.
Argumentant qu’elles doivent remplir leurs obligations contractuelles,
les compagnies gestionnaires obtiennent généralement des
Etats le relèvement substantiel des tarifs, provoquant un plafonnement
inévitable, à terme, du nombre des abonnés, une majorité
de familles ne pouvant suivre cette valse des redevances.
Ces hausses étaient-elles toujours nécessaires ? Dans
de nombreux cas, personne n’est en mesure de l’assurer, faute, pour les
autorités étatiques, de disposer d’une contre-expertise de
valeur. La même préoccupation se retrouve, semble-t-il, dans
beaucoup d’autres clauses, économiques ou financières, négociées
ces dernières années, dans les contrats de délégation
de gestion de services.
Ces clauses vont de l’établissement de facilités exceptionnelles
pour l’importation, en franchise de certaines taxes, des matières
premières nécessaires à l’activité des compagnies,
à la détermination des bénéfices ou à
leur rapatriement. Trop souvent, faute d’expertise, l’Etat n’a pas la possibilité
de répondre de manière convaincante aux arguments des entreprises.
Autre préoccupation majeure, l’avenir du service public, qui
semble souvent assez mal pris en compte dans ce genre de contrats. Ainsi,
l’obligation de former des cadres et des techniciens locaux, se révèle
souvent être plus conforme aux nécessités des compagnies
concessionnaires - tendant à confier les postes de haute responsabilité
à des expatriés - qu’à la prise en compte authentique
de l’avenir du service public. Il ne faut pas oublier non plus les aspects
sociaux : licenciements de nombreux personnels jugés excédentaires
avec la reprise des services par les compagnies concessionnaires, mise
au pas des syndicats, etc.
Autant de questions qui, si elles n’étaient pas résolues
dans un proche avenir, risquent de mettre en danger l’ensemble de la formule
de la concession déléguée aux grandes compagnies internationales.
Bertrand Millet