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Crise de la SONITEL au Niger : MEMORANDUM DU COLLECTIF DES SYNDICATS DU SECTEUR DES TELECOMMUNICATIONS

lundi 7 juin 2004, par Bruno JAFFRE

MEMORANDUM DU COLLECTIF DES SYNDICATS DU SECTEUR DES TELECOMMUNICATIONS

SYNATEL- SYNTRATEL-SYNAPOSTEL-SYNPOSTEL)

Nous publions ici que la table des matières, l’introduction et la conclusion.
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Table des matières :

INTRODUCTION

I. Du choix du Partenaire Stratégique.

II. Du niveau d’exécution du cahier de charges.

II.1 : Obligations de couverture

II.3 : De la soumission de la SONITEL à l’encadrement tarifaire
II.4:Obligations de la qualité de service

III : De la gestion des investissements

IV. Le management de l’entreprise

CONCLUSION


INTRODUCTION

Dans le cadre des réformes économiques et financières, induites par les politiques d’ajustement structurel, l’Etat du Niger s’est engagé dans la mise en œuvre d’un vaste programme de restructuration, de privatisation et de liquidation d’un certain nombre de sociétés publiques et parapubliques.

Au nombre de celles-ci figurait la Société Nigérienne des Télécommunications(SONITEL) dont la privatisation s’inscrivait aussi dans le cadre de la réforme du secteur des télécommunications.

Deuxième axe stratégique de la réforme du secteur, la privatisation de la SONITEL avait pour objectif majeur d’avoir un partenaire stratégique permettant à la société de poursuivre un programme d’investissement et d’apporter son savoir faire technologique et managerial nécessaire dans un contexte concurrentiel.

C’est dans cette optique que le Gouvernement du Niger avait retenu, le 20 décembre 2001, le Consortium ZTE/LAAICO, comme Partenaire Stratégique de la SONITEL, suite à un Appel d’offres international.

Après plus de deux(2) ans de gestion par ce repreneur stratégique, les espoirs de l’Etat du Niger, de la population et du personnel de la SONITEL se trouvent aujourd’hui dans l’impasse.

Pour mieux apprécier la situation dans laquelle se trouve l’opérateur historique, la SONITEL, le Collectif des Syndicats du secteur des télécommunications( SYNATEL, SYNTRATEL, SYNPOSTEL et SYNAPOSTEL) a mené des réflexions autour de quatre axes principaux portant sur :

- Le choix du Partenaire Stratégique
- Le niveau d’exécution du cahier de charges
- La gestion des investissements
- Le management de l’entreprise

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CONCLUSION

Au terme de cette réflexion, le collectif des syndicats du secteur des télécommunications a abouti aux conclusions suivantes :

- Que le Consortium DATAPORT n’est pas un opérateur de télécommunications ayant l’expertise nécessaire pour assurer la modernisation du réseau des télécommunications au Niger.

- Que les objectifs de couverture téléphoniques, d’interconnexion, d’encadrement tarifaire et de qualité de service, fixés par le Gouvernent au repreneur stratégique au titre des années 2002,2003 et 2004 ne sont et ne peuvent être atteints au regard du niveau de réalisation des différents projets (Projet cellulaire PDRT et PMRT).

- Que la gestion des investissements actuellement réalisés ne tient compte ni des intérêts technologiques encore moins des intérêts économiques et financiers de l’Etat du Niger, des populations et du personnel de la SONITEL.

- Que le partenaire stratégique n’a apporté aucun savoir faire technologique et managérial à la SONITEL et à son personnel.

- A la veille de la libéralisation totale du secteur des télécommunications, programmée pour le 31 décembre 2004, la SONITEL, déjà concurrencée sur le segment cellulaire, ne dispose du point de vue partenariat aucun avantage concurrentiel.

- C’est pourquoi, Nous, Collectif des Syndicats du secteur des télécommunications( SYNATEL, SYNTRATEL, SYNAPOSTEL et SYNPOSTEL), EXIGEONS du Gouvernement de la Veme République du Niger le RETRAIT pur et simple de la Licence accordée au Consortium ZTE/LAAICO afin que le Niger, classé dernier en terme d’indice d’accès aux technologies numériques par l’UIT, puisse préparer efficacement son entrée dans la société mondiale de l’information./.

ONT SIGNE :

Pour le SYNATEL Cde EL HADJ DJIBRIM

Pour le SYNPOSTEL Cde ABDOURAHAMANE ABAKALA

Pour le SYNTRATEL Cde HASSANE SOULEY

Pour le SYNAPOSTEL Cde YACOUBA MAMANE ZAROUMEY

Messages

  • Salut à tous

    Voilà un document exceptionnel tant par sa teneur d’un niveau inhabituel dans des textes syndicaux, que comme un cri d’alarme que poussent en désespoir de cause nos collègues nigériens.

    Il mérite non seulement une place sur notre site : il l’honore par sa hauteur de vue (rassurez-vous : je ne suis pas un flatteur !) et il nous force à réagir, mais pas "dans notre coin" car l’affaire est trop grave.

    Il me semble urgent de voir en particulier QUEL ORGANISME DE CONSEIL A ASSISTE L’ETAT NIGERIEN DANS CE CHOIX CALAMITEUX, car il y a de ce côté des responsabilités évidentes.

    Ensuite, il faudra envisager des recours avec demande de dommages-intérêts à la hauteur du préjudice causé, y compris en termes de pertes de recettes d’exploitation. Pour cela j’encouragerais nos collègues de procéder à une évaluation méthodique des coûts et pertes à tous les niveaux.

    En tous cas, je félicite nos collègues nigériens pour leur sens élevé du devoir envers leur pays, pour leur conscience professionnelle et la connaissance profonde de leur "maison" et de leur métier, qui leur ont permis une analyse d’une telle qualité. Ca vous change des cabinets "d’experts" qui ont pignon sur rue à New York, Bruxelles ou Genève !

    Chers collègues, je ne vous cacherai pas que votre texte m’a réellement ému : il est réconfortant de voir les africains s’impliquer non seulement avec détermination, mais aussi en toute connaissance de cause et du domaine si diversifié des télécoms.

    Si vous le souhaitez, nous serons à vos côtés dans votre dur combat car nous partageons votre souci de l’intérêt d’un véritable Service public au service du pays et de sa population.

    Bon courage à tous
    Jean-Louis Fullsack

    PS : Je me souviens encore de l’entretien que nous avait accordé M. le Premier Ministre lors du Sommet de Genève avec M. le Ministre des P et T et notre ami, le député Gado. J’avais alors suggéré à nos interlocuteurs gouvernementaux de mettre sur pied à la SONITEL un noyau de cadres et d’agents véritablement motivés et reconnus par leurs pairs, pour réfléchir à l’avenir à court/moyen terme de l’opérateur national, à la fois en termes d’organisation fonctionnelle et opérationnelle de sa structure et en termes d’évolution de son réseau.

    Une telle équipe existe : le document le prouve par excellence.
    L’étape suivante relève de la formation/information de cette équipe sur les technologies et -surtout- sur leur économie globale. La lecture du document montre une excellente capacité d’analyse technologique (la comparaison faisceaux hertziens et fibre optique est un exemple très illustratif), qui prouve qu’une telle formation serait immédiatement fructueuse !

    Jean-Louis Fullsack
    Membre du Conseil d’administration de CSDPTT