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Lettre de mai 2004

jeudi 1er juillet 2004, par Bruno JAFFRE

La Lettre de mai 2004
No : 102

Alain Roblin Demont et Bruno Jaffré
ont participé à la rédaction de ce numéro.

 Sommaire
 :

Editorial
Privatisation la panacée ?
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Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Des nouvelles du télécentre
de Sabotsy à Madagascar

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Niger : Grève à la SONITEL
contre le repreneur "stratégique"

Maroc Telecom : la bonne affaire
(suite)

Burkina  : nouvelle numération
et nouveaux tarifs

Le point sur la téléphonie
fixe au Burkina

Mali IKATEL : un succès mais
pour qui ?

En bref  : Angola, le nombre
d’abonnés mobiles en Afrique, Mauritanie

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Net actus
Le point sur les NTICs au Burkina
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Economie
Coordination Sud rappelle la France
à ses promesses d’aide au développement en 2004

En bref  : Volume de l’aide
au développement des pays de l’OCDE, premiers donneurs d’aide, 12
pays sur 22 membres de l’OCDE ont augmenté leur aide publique au
développement (APD en 2003.

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Article
Formation « Initiation au développement
d’applications PHP-MySQL » Ouagadougou du 26 janvier au 7 février
2004. Reportage d’Alain Roblin Demont


Editorial
Privatisation la panacée ?
La récente grève des salariés de
la SONITEL (voir ci-contre) vient relancer le débat sur la privatisation.

L’expérience très médiatisée
du Sénégal se caractérise certes par un développement
très important des télécommunications, surtout sur
les marchés porteurs, mais aussi par d’importants bénéfices
dont l’essentiel sort du pays. Et l’imminence de la deuxième étape
de la déreglementation, à savoir l’ouverture du réseau
fixe à la concurrence, suscite déjà bien des resistances.
Engranger des profits sous monopole privé n’etait pas difficile
pour un opérateur expérimenté comme France Télécom
qui connaît trop par ailleurs ce que lui a coûté l’ouverture
à la concurrence en France.

Mais derrière cette vitrine qu’en est-il, des
pays comme le Cameroun, le Tchad, la Centrafrique, le Burkina, le Mali,
le Bénin, le Nigéria, le Kenya… dont la privatisation est
prévue depuis plusieurs années et qui ne peut se faire faute
de repreneur ?

La privatisation est certes efficace pour engranger du
profit en achetant des opérateurs porteurs mais compte tenu des
taux de rentabilité élevés qu’exigent des actionnaires
qui peut croire qu’un opérateur de taille va s’intéresser
à des pays pauvres où les besoins d’investissement immédiats
sont très importants avec un rentabilité qui devra attendre
quelques années ?

 Bruno Jaffré
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Echos
de CSDPTT et de ces correspondants

Des nouvelles du télécentre de Sabotsy
à Madagascar

Plusieurs contacts avaient été établis
avec le maire de Sabotsy, une ville de 30000 habitants dans la banlieue
de Tananarive, lors de sa visite en France et lors d’un séjour d’un
membre de CSDPTT dans ce pays.

Nous avions alors décidé de travailler
à un projet d’introduction de l’Internet dans la commune, qui répondrait
au besoin de communication de la mairie qui exprimait un souci de transparence
mais aussi qui oeuvrerait à la vulgarisation de l’Internet au sein
de la population. Nous avions pris des contacts avec une mairie française
qui aurait pu être intéressée par ce projet.

Nous avions préparé des demandes de subventions
auprès du Ministère des Affaires Etrangères et de
la Fondation de France, mais elles ont toutes deux été refusées.
Ensuite le responsable de ce projet a subitement démissionné
de notre association.

Mais heureusement Patrick Faillon de CSDPTT Nancy a pris
le relais notamment grâce à une association locale SCO (Sourire
et Clin d’œil) qu’il anime avec quelques amis. Ils ont profité d’un
voyage de scouts pour faire parvenir 5 micro-ordinateurs.

L’installation d’un télécentre a donc pu
être réalisée, et une formation dispensée sur
place avec ces 5 microordinateurs.

Un télécentre a donc fonctionné
à partir de la fin de l’été 2003 pour quelques mois.
L’abonnement au fournisseur d’accès revenait à 990000Fmg
HT (1,5 euros 10000 Fmg) par mois pour une connexion permanente avec
comme limite 8 Gigaoctets de transfert et un tarif supplémentaire
de 75000Fmg HT par Gigaoctet supplémentaire. Ces tarifs étaient
hors taxe.

Le Cybercafé était géré par
une association mise en place par le maire composée de trois personnes
qui se relayaient pendant la semaine. Ils étaient payés
par la commune à raison de 600000Fmg par mois pour le groupe en
fixe et une prime de 10% sur le bénéfice réalisé.

Les usagers payaient 100Fmg/mn de connexion. Le cyber
café accusait un déficit chronique, la recette journalière
ne dépassant pas 25000 fmg. Le déficit était donc
d’environ 1400000Fmg par mois.

Des courriers commençaient à s’échanger
avec les jeunes gestionnaires du centre qui décrivaient leurs difficultés
et exprimaient des besoins.

Mais des élections municipales se sont déroulées
et le maire qui subventionnait le télécentre a décidé
de ne plus se représenter. L’avenir de ce télécentre
dépend donc désormais du nouveau maire de la ville. Mais
les jeunes qui géraient le télécentre ne répondent
plus et il y a tout lieu de penser qu’li ne fonctionne plus....

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Echos
des postes et télécoms dans le monde

Niger : Grève à la SONITEL contre le
repreneur "stratégique"

Les salariés de la SONITEL (Société
Nigérienne des Télécommunications) et de SAHEL-COM
(Société Sahélienne de Communication) ont fait grève
3 jours fin avril à l’appel de leurs 4 syndicats, le SYNATEL, le
SYNTRATEL, le SYNPOSTEL et le SYNAPOSTEL. Ils demandent le retrait pur
et simple de la licence attribuée au consortium chino-lybien ZTE-LAAICO
pour exploiter le réseau de télécommunications. Ils
relèvent l’incapacité de ce consortium à atteindre
les objectifs qui lui ont été fixés lors de la privatisation.
Ils dénoncent la démission de l’autorité de régulation
multisectorielle (ARM), et s’inquiètent de la qualité des
équipements fournis et du non respect des procédures de passation
de marché et des menaces qui planent sur les emplois des travailleurs
de la SONITEL et de SAHEL-COM.

 Tout récemment, un mémorandum rédigé
par un groupe de hauts responsables de la SONITEL, dénonçait 
selon l’hebdomadaire La Roue de l’Histoire "l’installation progressive
par le chinois ZTE et le libyen LAAICO d’une sorte de circuit mafieux de
fuite de capitaux, des pratiques de violation des dispositions réglementaires 
contenues dans le cahier de charge relatif à la privatisation de
la SONITEL, le tout couronné par des opérations d’évasion
fiscale savamment déguisées".

Plusieurs protocoles d’accord avaient pourtant été
adoptés entre le personnel et la direction de la SONITEL mais qui
ne semblent pas avoir été respectés. (Source
Roue de l’Histoire du 27 Avril 2004 et Le Républicain http://www.republicain-niger.com)

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Maroc Telecom : la bonne affaire
(suite)

Maroc telecom (dans lequel Vivendi possède 35%
du capital) a réalisé un chiffre d’affaires de 15,2 milliards
de DH (1 dirham = 60 FCFA) pour l’exercice 2003 soit une hausse de 3,4%
par rapport à l’année dernière. Ce poids lourd de
l’économie marocaine a en outre versé aux caisses de l’Etat
6,2 milliards de DH à titre d’impôts. Maroc Telecom c’est
aussi un bénéfice net de 4 milliards de DH (+8,5%) et une
trésorerie nette excédentaire de 6,18 milliards de DH.

Le journal les Echos rapporte par ailleurs qu’un désaccord
opposait le Royaume du Maroc et Vivendi Universal à propos de la
valorisation de 16% de Maroc Telecom que devait racheter Vivendi conformément
à une promesse d’achat signée en Février 2001. Si
VU valorise l’opérateur à moins de 5 milliards d’euros, le
royaume du Maroc l’estime à 8,1 milliards d’euros, arguant les marges
opérationnelles se sont fortement améliorées en 2003.

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Burkina : nouvelle numération
et nouveaux tarifs

Selon le directeur de l’agence de régulation du
Burkina l’ARTEL, M. Mathurin Bako, ce nouveau plan doit répondre
au besoin croissant de numéros. En effet, le nombre d’abonnés
à la téléphonie mobile est passé de 5.000 abonnés
en 1996, à plus de 235.000 aujourd’hui. Le plan actuel serait occupé
à 60%, le taux de croissance dans le domaine étant estimé
à 15%. D’ici 2030, le parc téléphonique burkinabé
pourrait atteindre 1.750.000 lignes principales, soit 8,4 téléphones
pour 100 habitants.

La numérotation va passer de 6 à 8 chiffres.
Le changement va se traduire par l’adjonction de 2 chiffres supplémentaires
au début du numéro. Pour le fixe, le territoire a été
découpé en 3 zones. Ces deux chiffres supplémentaires
seront donc : 20 pour la zone Ouest, 50 pour la zone Centre et 40 pour
la zone Nord et Est.

Pour les mobiles ces deux chiffres seront 70 pour TELMOB,
76 pour Celtel et 78 pour Télécel. Les numéros des
services d’urgences resteront inchangés, il faudra composer le 520
au lieu du 12 pour les renseignements. Ces changements ont pris effet le
30 avril à minuit. (Source http://www.independant.bf et http://www.sidwaya.bf/)

L’ONATEL a par ailleurs procédé à
d’importantes baisses. Par exemple l’abonnement hors taxe à une
ligne fixe passe de 5700F FCFA à 4950F FCFA, la minute interurbaine
passe de 150 à 100FCFA. Les baisses sont sensibles à l’international
 : de 600 à 200 FCFA HT la minute pour la France, l’Italie et l’Amérique
du Nord, de 600 à 300 pour les autres pays d’Europe, de 300 à
200 FCFA pour les pays de la région.

En local, par contre, le tarif passe de 60F les 3 mn
à 50F les 2 minutes (hors heures creuses), ce qui constitue finalement
une augmentation (voir le détail des tarifs à l’adresse http://www.onatel.bf/tarifs.)

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Le point sur la téléphonie
fixe au Burkina

La téléphonie fixe est actuellement sous
le monopole de l’ONATEL, dont on annonce la privatisation depuis
déjà plusieurs années et qui semble encore prendre
du retard… Elle avait en effet déjà été annoncée
pour fin 2001, puis pour fin 2002, puis encore tout récemment comme
imminente, mais il semble que les repreneurs ne se bousculent pas. Quoiqu’il
en soit, l’opérateur historique conservera jusqu’au 31 décembre
2005 les droits exclusifs sur le téléphone fixe, l’international,
le télex et le télégraphe. C’est à cette date
en effet qu’est prévue l’ouverture complète du secteur.

Fin 2002, la télédensité s’établissait
à 1,41 téléphone pour 1000 habitants, mais à
0,3 en zone rurale, 61 900 lignes principales étaient installées.
Mais l’ONATEL vient tout récemment de mettre en service 25000 nouvelle
lignes fixes supplémentaires pour résorber la très
forte demande en attente.

Toutes les grandes villes sont couvertes par le réseau
fixe et un peu plus de 170 localités en téléphonie
rurale.

Le réseau de transmission interurbain est constitué
de liaisons hertziennes numérisées à plus de 90%,
d’une longueur totale de 2 700 km. Ce réseau interconnecte entre
eux 13 centraux téléphoniques. L’accès à l’international
se fait au travers de deux stations terriennes mais devrait bientôt
bénéficier aussi de la fibre optique.

L’Onatel a annoncé, pour le premier semestre 2004
l’interconnexion au nouveau réseau téléphonique de
câbles sous-marins de la côte Atlantique. Dans un premier temps,
Ouagadougou et ses environs seront ceinturés par une liaison à
fibres optiques souterraines. Une fibre doit par ailleurs relier Bobo-Dioulasso
puis la Côte d’Ivoire.

D’autres liaisons doivent relier le Mali, le Togo, le
Ghana et le Bénin, et le Niger. D’un coût global de 12 milliards
FCFA, le projet est financé à hauteur de 7 milliards FCFA
par la BOAD et le reste par l’Onatel Les travaux prévoient l’installation
de 1 000 km de câbles.

En 2002, le chiffre d’affaires de l’Onatel a été
de 47 milliards FCFA. L’opérateur investit environ 10 milliards
en moyenne chaque année, dont 40% sur ressources extérieures.
Le coût global du plan d’équipement 2003 - 2007 serait de
plus de FCFA 100 milliards et concerne le réseau d’accès,
les transmissions interurbaines, la commutation, la téléphonie
rurale, le cellulaire, Internet, etc... (Source Marchés Tropicaux
du 12/12/2003)

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Mali. IKATEL : un succès
mais pour qui ?

Créée il y a à peine un an en février
2003, IKATEL, le deuxième opérateur de mobiles au Mali, filiale
de la SONATEL du Sénégal elle-même filiale de France
Télécom en 2003, compte déjà plus de 200000
abonnés et dépasse largement MALITEL, filiale de la SOTELMA,
l’opérateur public. Son réseau atteint désormais les
capitales régionales et les principales localités du Mali
 : Bamako, Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Toubouctou, Koutiala.
IKATEL dispose de relais sur les axes routiers Bamako-Koulikoro et Kayes-Yélimané.
Et le directeur général de la SONATEL Cheikh Tidiane Mbaye
a déclaré lors de la présentation des résultats
de la SONATEL : "La croissance de nos bénéfices est essentiellement
tirée de l’activité des mobiles au Sénégal
et au Mali. »

Des voix commencent pourtant à poser des questions.
Ainsi le journaliste Abdoul Karim Dramé écrit dans le journal
Le reflet du 23 avril 2004 : « … La nouvelle société
de téléphonie est bénéficiaire d’une licence
qui lui exonère de tout droit et taxes au Mali. Les 270000 mille
abonnés lui permettent de réaliser un chiffre d’affaires
d’environ 60 milliards FCFA. Tout cet argent est expatrié, son personnel
ne dépassant pas la centaine, IKATEL laisse à peine le centième
de son chiffre d’affaires dans notre pays. Si chaque abonné au réseau
d’IKATEL achète tous les jours une carte de recharge de 2500F CFA,
la société encaisserait 675 000 000F CFA (six cent soixante-quinze
millions) par jour. Rien qu’avec ceci, l’argent peut manquer… »

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En bref
En Angola, le Conseil des ministres a adopté
un projet d’investissement estimé à 13 millions 644.000 dollars
américains pour reconstruire un réseau de télécommunications,
qui sera confié à une société de droit privé
angolaise dénommée Nexus.

Selon l’UIT, le nombre d’abonnés mobiles en
Afrique
a augmenté de plus de 1.000% entre 1998 et 2003 pour
atteindre les 51,8 millions et a depuis longtemps dépassé
celui des lignes fixes, qui était de 25,1 millions à la fin
de 2003. La pénétration du mobile était de 6,2% à
la fin de 2003, contre 3% pour la téléphonie fixe.

En Mauritanie, l’Autorité de régulation
a prononcé des sanctions sous forme d’amendes contre les
2 opérateurs de téléphonie mobile
, 50.000 dollars 
contre MATTEL SA (association de capitaux mauritaniens et tunisiens)
et 100.000 dollars contre la Mauritel SA (capitaux mauritaniens et marocains
via Maroc Telecom filiale de Vivendi), à cause de "la persistance
de manquements qui affectent sensiblement les conditions de continuité
du service".

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Net
actus

Le point sur les NTICs au Burkina
Le pays est actuellement connecté à l’international
par une liaison de 8 Mbits/sec en descendant et 5 Mbits/sec en montant.
Ouagadougou est par ailleurs relié à 5 autres villes par
des liaisons à 2 Mbits/sec. Il existe 7 fournisseurs d’accès
dont 6 à caractère commercial et l’on compte au total 8 700
abonnements à Internet. Les 4 principaux sont la Delgi, CFAO Technologies,
Cenatrin et Fasonet de l’Onatel.

On compte environ 1 000 cybercafés à travers
le pays.

Le parc d’ordinateurs est estimé à plus
de 20 000 et le nombre d’internautes à plus de 30 000 et, en juillet
2003, 128 entreprises étaient agréées en qualité
de fournisseurs de services informatiques.

Les prix sont encore prohibitifs même si quelques
ONGs, comme Yam Pukri, mais aussi ceux de la mairie de Ouagadougou s’attachent
à rendre l’accès Internet moins onéreux.

Les clients se plaignent régulièrement
des débits trop faibles et d’une mauvaise qualité de services.
Mais début avril, les gérants des cybercafés se sont
réunis et se sont adressés collectivement par courrier à
la direction de l’ONATEL, en se plaignant de la mauvaise qualité
de service, des pannes trop fréquentes, de la difficulté
à joindre les services de maintenance, de la lenteur des connexions
et des prix trop élevés des Liaisons spécialisées
(507 400 F CFA pour 64 Kbts). (Source Marchés Tropicaux, 12/12/2003
et http://www.lefaso.net/)

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Economie
Coordination Sud rappelle la France à ses promesses
d’aide au développement en 2004

Nous informions, dans le numéro précédent
de la pétition de Coordination Sud qui s’inquiétait de la
baisse de l’aide au développement, et des gels de crédit
(http://www.coordinationsud.org/petition.

Cette coordination a organisé une conférence
presse le 15 avril pour appuyer cette campagne. "L’année 2004 s’annonce
catastrophique. Le ministère des affaires étrangères
se trouve en quasi-cessation de paiement sur certains crédits d’aide
au développement et n’est pas en mesure de verser les financements
prévus aux ONG", a déclaré un représentant
de cette coordination. Plusieurs ONGs Enfants réfugiés
du monde, Handicap international, Association Max-Havelaar pour le commerce
équitable etc... - ont témoigné, des effets de cette
crise de financement.

"Une action programmée et agréée
par le ministère, ont-ils dit, suscite l’attente des populations
locales : elle suppose que l’on rassemble du matériel, que l’on
mobilise des partenaires locaux, qu’on les forme et qu’on les paie. Les
retards ou les annulations, faute de déblocage de l’argent public
promis, ont donc des effets désastreux… Cette année, des
crédits de paiement n’ont pas été versés. Nous
ne pouvons pas lâcher nos partenaires, licencier les personnels que
nous avons engagés", explique Emmanuel Fagnou, de Coordination Sud.

Certaines ONG sont obligés de chercher de l’argent
public dans d’autres pays, d’autres empruntent auprès des banques.
Dans ce cas, "ce sont les ONG qui assurent la trésorerie de l’Etat,
souligne Emmanuel Fagnou, et le coût financier des emprunts ou des
découverts pour maintenir les programmes dans l’attente des financements
publics ampute les budgets disponibles pour les actions en faveur des populations".

Les ONGs demandent en outre aux autorités
de "s’engager dès à présent à porter à
3 % d’ici à 2007 la part de l’aide publique au développement
qui leur est confiée". Cette part est actuellement de 0,65 %, ce
qui place la France de ce point de vue au dernier rang des pays d’Europe.
Les ressources publiques ne représentent en moyenne que 10 % du
budget des ONG de solidarité internationale, mais elles ont pour
certains projets un fort effet de levier et permettent de monter des cofinancements.
(Source Le Monde du 16/04/2004)

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En bref
Le volume de l’aide au développement des pays
de l’OCDE
a connu une croissance de 3,9 % en termes réels, à
698,5 milliards de dollars, après une hausse de 7 % entre 2001 et
2002. Ce total représente 0,25% du produit national brut global
des membres du CAD. Cette augmentation de 2,3 milliards de dollars est
due à une croissance de dons bilatéraux (2 milliards) et
au déblocage de l’aide à la reconstruction de l’Irak (2 milliards).
Celle-ci a contrebalancé une baisse des contributions aux fonds
concessionnels multilatéraux (-2,1 milliards) et une petite diminution
dans les prêts nets (- 500 millions).

Les Etats-Unis demeurent les premiers donneurs d’aide
au monde en volume, suivi du Japon, de la France, de l’Allemagne et du
Royaume-Uni
. Mais Le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège
et la Suède sont les seuls pays à atteindre l’objectif de
0,7 % du PNB préconisé par les Nations unies. Mais, depuis
quelque temps, les pays donateurs ont tendance à comptabiliser les
interventions réalisées en matière de réduction
des conflits dans la colonne de l’aide au développement.

12 pays sur 22 membres de l’OCDE ont augmenté
leur aide publique au développement (APD) en 2003
.
Les Etats-Unis l’ont augmenté de 16,9 %, la portant à 15,8
milliards, soit 0,14 % de leur PIB. L’aide bilatérale américaine
a enregistré une hausse de 3,9 milliards de dollars, dont 2 milliards
de dollars en faveur de l’Irak. Les Etats membres de l’Union européenne
ont augmenté leur aide de 2,2 % en termes réels, représentant
0,35 % de leur PIB. L’aide la France a augmenté de 9,9 %, dans le
cadre des allégements de dettes des pays pauvres très endettés.
(Source Le Monde du 16/04/2004)

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Article

Formation « Initiation au développement
d’applications PHP-MySQL »

 Ouagadougou du 26 janvier au 7 février
2004

Reportage d’Alain Roblin Demont

Dans le cadre de la convention signée entre l’association
Yam Pukri (Burkina Faso) et Coopération Solidarité Développement
aux PTT (France), une session de formation au développement d’applications
web dynamiques, basées sur Php et MySQL, a été organisée
du 26 Janvier au 7 février 2004 à Ouagadougou. Ce séjour
a aussi été l’occasion d’effectuer des tests de connexion
à Internet depuis les téléphones ruraux installés
dans la région de TOMA, de rencontrer Mousbila SANKARA, le président
de la SODEPTEL, et Siaka COULIBAKY le secrétaire général
du RESOCIDE un regroupement d’associations du Burkina.

Retour à OUAGADOUGOU
Dès la descente d’avion l’aventure commence.
Je suis le premier à descendre de l’avion et à
passer les premières formalités de police. L’attente de mes
bagages est plus longue, mais je récupère enfin ma valise
et mes cartons qui contiennent un ordinateur récupéré,
un routeur et un minitel.

Le douanier veut ouvrir et appelle son chef. Je ne veux
pas coopérer facilement, et je demande avec quoi je peux ouvrir
mes cartons bien scotchés de partout.

Le chef me prête ses clefs et j’ouvre mes cartons
qui seront à dédouaner le lendemain. Tant pis ! ! !

C’est avec surprise que le lendemain je retrouverai un
trousseau de clefs inconnu dans ma poche.

J’ai détroussé mon chef douanier. Bigre
 ! ! ! Cette erreur s’avère providentielle quand je lui ramène
ses clefs, et qu’il nous dédouane tous les cartons sans que nous
ayons à débourser un franc CFA. Même Sylvestre est
étonné ! ! !

Je profite des premiers jours pour reparcourir la ville
en mobylette que me prête Sylvestre.

J’ai les yeux grands ouverts sur ce qui défile,
tellement ouverts que je ne vois pas le feu rouge.

« - Garez vous ! vous avez brûlé un
feu rouge, me dit un policier, nous allons prendre la mobylette.

- Euh... désolé, je cherchais la
poste. Je suis un peu perdu. Je peux payer tout de suite ?

- Non, nous n’avons pas de carnet de récépissé,
il faudra venir à la direction pour payer et reprendre le véhicule.

* Ah... Bon... »
J’attends un peu, je regarde, je discute de tout de rien,
espérant secrètement qu’un « arrangement » me
soit proposé, mais non, je dois aller à la Police Municipale,
payer mes 4800FCFA d’amende. Après tout tant mieux.

Chance à la douane, pas de chance au feu rouge,
ça fait un équilibre.

Plus de 18 mois après mon premier séjour
à Ouaga, la ville a à la fois peu et beaucoup changé.
Je retrouve les mêmes sensations, les mêmes pléthores
de vendeurs de tout, la même armada de deux roues à la montée
et à la descente. La poussière et les gaz d’échappement
sont au rendez-vous.

Mais la ville change. Tout un quartier du centre à
été rasé pour un projet immobilier de grande envergure,
le grand marché est fermé depuis l’incendie, faisant disparaître
l’animation parfois encombrante du centre de la capitale, un peu partout
on voit des maisons à étage en cours de construction.

Un des changements est l’émergence d’un grand
nombre de cybercentres, en tous endroits de la ville. Sur les quelques
centaines de mètres entre le centre YamNet et le domicile de Sylvestre,
pas moins de 4 cyber, là où il n’y en avait, je crois, aucun
en juin 2002. Les prix varient entre 500 et 1000CFA de l’heure, suivant
la connexion (LS ou RTC) et la politique commerciale du propriétaire....

Lire le reportage
en entier...

 

Alain ROBLIN DEMONT (CSDPTT Ile de France)
 

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