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lettre d’avril 2004

samedi 29 mai 2004, par Bruno JAFFRE

La Lettre d’avril 2004
No : 101

Drissa Houatra, Max Vernet, Emile Quesada,
Philippe Darrouy, Alain Roblin Demont, Alain Farges, Jean Claude Costes
et Bruno Jaffré ont participé à la rédaction
de ce numéro.

 Sommaire
 :

Editorial
Baisse des communications locales au
Mali !

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Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Mission d’étude d’un projet
de téléphonie rurale dans la région du Guidimakha
(Mali)

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Malitel du nouveau ?
Privatisation de CAMTEL : retour
à la case départ

Grand ménage à La Poste
camerounais

En bref  : Nouveau satallite
d’Eutelsat au-dessus de l’Afrique, téléphonie rural au Sénégal, 
Extention GSM au Nigéria, grève des postiers en Centrafrique,
pris d’une LS au Niger

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Net actus
Les Postes Ouest Africaines face au
défit des nouvelles technologies

En bref  : Maroc, Bénin
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Economie
Le paradoxe africain par les chiffres
Pétition pour soutenir la
solidarité internationale

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A lire
L’ordinateur et le djembé
- Entre rêves et réalités, de Sylvestre Ouédraogo
(L’Harmattan 2003)

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Articles
A propos de la nouvelle Loi sur la
confiance dans l’Economie Numérique (LEN)
de Drissa Houatra
CSDPTT Ile de France

Compte rendu de mission : installation
du téléphone à Sérékéni
(Province
du Kénédougou) Préétude dans la région
de Bokin pour d’autres lignes Visite des installations réalisées
dans la région de Toma 28/11/2001 - 12/12/2003 
de Alain FARGES avec la collaboration de Jean Claude COSTE (CSDPTT Rhône
Alpes)


Editorial
Baisse des communications locales au Mali !
Partout ailleurs, sous la pression d’autorités
de régulation aux ordres des modèles libéraux qui
prônent un rééquilibrage de la structure des factures,
le prix des communications locales augmente avec les abonnements au détriment
des pouvoirs d’achat des consommateurs. Le Mali vient de décider
l’inverse même si cette décision résulte probablement
d’un contexte local des télécommunications, original.

Retenons surtout qu’il n’y donc pas fatalité.
Les consommateurs d’autres pays peuvent donc prendre appui sur cet exemple
pour exiger des baisses auprès leurs autorités.

Il n’est pas anodin que la nouvelle ait été
annoncée par le Président de la République, redonnant
par là même toute sa noblesse à la politique au bon
sens du terme.

Le Mali n’est pourtant pas à notre connaissance
à la tête du combat antilibéral et Mme Aminata Traoré,
dirigeante de la société civile de son pays, reste particulièrement
sévère avec les dirigeants de son pays.

Le téléphone peut et doit donc rester abordable !
C’est possible !

 Bruno Jaffré
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Echos
de CSDPTT et de ces correspondants

Mission d’étude d’un projet de téléphonie
rurale dans la région du Guidimakha (Mali)

Emile Quesada et Claude Sicard (CSDPTT Nice) ont séjourné
au Mali du 6 au 20 mars 2003 pour une mission conjointe avec l’ADER (Association
pour le Développement Economique Régionale) en compagnie
de M. Djedjé Soumaré, Président de cette association.
Ils ont été très bien reçus par les représentants
locaux de cette association et notamment M. Mamadou Soumaré Président
ADER Bamako. Cette mission était financée par l’ADER.

Dès leur arrivée ils ont eu une séance
de travail avec les membres de l’AVDT (association des volontaires pour
le développement des télécommunications au Mali composés
de salariés de la SOTELMA), notre partenaire sur place, puis avec
le staff de direction de la SOTELMA dont le PDG M. Mr Cheikh Sidi Mohamed
Nimaga pour présenter le projet et organiser la mission, et remettre
la propositoin de convention en cours de discussion.

La mission s’est rapidement rendue à Kayes.
Des rencontres ont été organisées,
avec le directeur régional de la Sotelma de Kayes dont dépend
la région de Guidimakha, très motivé par le projet,
les membres représentatifs d’une association de la région
concernée par le projet (Guidimakha Danka) qui ont souhaité
être étroitement associés au déroulement du
projet, le président du conseil régional ainsi que le représentant
de la coopération française M. Pierre Yves Renaud.

Une tournée de 4 jours, rassemblant les différents
partenaires, a permis d’effectuer les repérages techniques et de
visiter 22 villages sur un total de 23, pour ce qui concerne la phase 1
du projet, la phase 2 comportant 13 villages. Le contact avec les villageois
a été très chaleureux et la population enthousiaste
et reconnaissante, tout en exprimant un fort besoin de disposer de téléphones.

De retour à Bamako le 8 mars, plusieurs séances
de travail ont de nouveau été organisées avec le directeur
du réseau et du téléphone fixe M. Ben Zakour, puis
le lendemain avec le PDG M. Nimaga encore une fois entouré de tout
son staff. Le PDG de la SOTELMA a engagé ses collaborateurs à
faire en sorte que ce projet soit rentable et donc réalisable. Une
nouvelle convention plus élaborée a été remise
pour approbation et signature. Un engagement verbal a été
pris par toutes les parties concernées pour se déterminer
fin mars. Les membres de l’ADER ont aussi exprimé leur satisfaction
pour le bon déroulement de la mission.

Avant le départ, Emile et Claude ont partagé
un dernier repas convivial avec nos amis et partenaires de l’AVDT.

Bientôt un reportage complet sur cette mission
sur notre site.....

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Echos
des postes et télécoms dans le monde

Malitel du nouveau ?
Au moment où la Sotelma prépare la libéralisation
totale du secteur des télécommunications et annonce par l’intermédiaire
du Chef d’Etat malien Amadou Toumani Touré une baisse de 40 pour
cent de la communication locale qui passe de 75 Fcfa pour 3 minutes à
5 minutes, Malitel étend son réseau GSM. La concurrence est
rude avec Ikatel, filiale de France Télécom par l’intermédiaire
de la SONATEL du Sénégal.

Siemens s’est vue confier l’extension du réseau
de Malitel qui portera la capacité de connexion de 70000 à
210000 utilisateurs puis à 525000 à l’horizon 2007, desservant
ainsi une vingtaine de villes et localités du pays. Le coût
de cette opération est estimé à 25,9 milliards de
Fcfa, dont 85 pour cent par crédit acheteur. Malitel, filiale de
la Sotelma a déjà investi 12 milliards de Fcfa pour
son réseau.

L’actualité revient sur la création sulfureuse
de cette société par le biais de la réhabilitation
de l’ancien Président directeur général de la Sotelma
mis en cause à l’époque pour des infractions d’abus de biens
sociaux. Tiémoko Maïga se trouve aujourd’hui blanchi et a obtenu
sa réintégration comme cadre dans l’entreprise avec des rappels
de salaire qui s’élèvent à 24 millions de Fcfa. Rappelons
qu’à l’époque des faits plusieurs Présidents directeurs
généraux d’entreprises d’Etat ou de société
s’étaient trouvés poursuivis ou incarcérés
pour des motifs similaires. Certains ont été blanchis comme
Togola, ancien Directeur général des Postes mais d’autres
bénéficiant de mesures de liberté provisoire attendent
toujours d’être fixés sur leur sort.

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Privatisation de CAMTEL : retour
à la case départ

Au Cameroun, le gouvernement a décidé de
reprendre à zéro le processus de privatisation en lançant
en janvier un avis de sollicitation de manifestation d’intérêt
dans le cadre de la privatisation de la Cameroon Telecommunication qui
s’adresse aux cabinets consultants, aux banques d’affaires et autres organismes
intéressés pour préparer un dossier dans le cadre
de la privatisation de l’opérateur historique des télécommunications
du Cameroun. Il s’agit avant tout de faire un inventaire assez objectif
des équipements et des infrastructures de la Camtel.

Trois missions essentielles seront dévolues au
candidat retenu à savoir réaliser un audit financier de la
Camtel, élaborer un nouveau schéma de privatisation, mais
surtout la mise en oeuvre de ce schéma. Douze à dix huit
mois, c’est le temps nécessaire pour l’accomplissement de cette
tâche.

Rappelons que la privatisation de la Camtel a été
entamée en 1999 et qu’elle a connu depuis de nombreuses péripéties.
Ainsi Télécel désigné adjudicataire provisoire
fin 2000 pour 100 milliards de FCFA finira par jeter l’éponge alors
que l’opposition protestait contre ce qu’elle considérait comme
la braderie de l’opérateur.

Sur les 42 centraux dont disposent la Camtel seules 10
sont numériques. Les deux stations terriennes de Douala et de Yaoundé
offrant 540 voies pour des communications internationales ne sont qu’une
goutte d’eau dans la mer face à une demande sans cesse croissante
en matière de communication à l’international. La capacité
totale du réseau est de 134 600 lignes pour un nombre d’abonnés
avoisinant 100 000. Le taux de pénétration de la Camtel 
selon certains responsables se situe alors autour de 0,6%. Dans la
téléphonie mobile CAMTEL ne compte que 100000 abonnés
contre 800 000 pour ses deux concurrents. On parle en plus d’une
dette envers France Télécom de plusieurs centaines de milliards
de FCFA.

Et selon un responsable de la Camtel, il faudrait injecter
plusieurs centaines de milliards de francs pour le renouvellement des équipements
de la Camtel. Selon un cadre de CAMTEL cité par le journal d’opposition
Le Messager : "En l’état actuel, soit on risque d’attendre éternellement
un acquéreur, soit on va purement et simplement brader cette société
comme on l’a fait pour certaines structures étatiques... " 
(Source Le Messager http://www.wagne.net/messager)

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Grand ménage à
La Poste camerounaise

Alors que la Poste du Cameroun entreprend un opération
de charme envers sa clientèle, en lui proposant toute une gamme
de nouveaux services basés sur les nouvelles technologies, les responsables
entreprennent depuis plus d’un an une opération d’assainissement
des pratiques de ses agents.

Cette opération a permis l’arrestation d’une soixantaine
de receveurs indélicats qui avaient détournés pour
environ 4 milliards de FCFA.

Dans le même temps, les principaux centres de colis
postaux ont été équipés de système de
vidéo-surveillance pour réduire les vols et autres détournements
de colis.

Si les vieilles habitudes sont difficiles à combattre,
le Directeur Général ne doute pas que la compétitivité
des nouveaux services, alliée à ce plan d’assainissement,
permette à la SONAPOSTE de se maintenir dans un secteur nouvellement
libéralisé. (Source : agence PANA)

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En bref
Eutelsat, ancienne société intergouvernementale,
privatisée en 2001 devait procéder mi-mars au lancement du
satellite dénommé W3A.

Construit par la société Eads-Astruim pour
quelque 250 millions d’euros, ce satellite doit permettre d’améliorer
le développement de la téléphonie mobile, de l’accès
à Internet et de la vidéo en Afrique subsaharienne, alors
qu’un autre satellite couvre déjà l’Afrique du Nord.

Au Sénégal, selon les plus récentes
statistiques diffusées à l’occasion d’une visite de députés
à la SONATEL, 957 villages sénégalais sur 14000 sont
raccordés au réseau téléphonique fixe, avec
un objectif de 1293 en juillet 2005, et pour 2006 tous les villages de
plus de 500 habitants.

Au Nigéria, l’opérateur Econet wireless
Nigeria (EWN) a signé un contrat de 110 millions de dollars (89
millions d’euros) avec Ericsson pour développer son réseau
GSM. EWN compte environ un million d’abonnés. Son principal concurrent,
filiale de la société sud-africaine MTN, en compte 1,6 million
d’abonnés. Le Nigéria compte 2 autres opérateurs dans
les mobiles, la compagnie publique nigériane NITEL et la société
privée Globalcom.

En Centrafrique les postiers ont fait grève
72 heures afin d’exiger le départ de leur directeur général
et de son directeur comptable et financier, accusés d’escroquerie,
dont les agissements auraient fait perdre à l’ONPE plus de 800 millions
F CFA.

Au Niger, une liaison 64Kb/s est facturée
400 000 FCFA HT (476 000 ttc) par Afripa Telecom et 450 000 Hh (565 000
F TTC) par mois par SalehCom la filiale de l’opérateur historique.

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Net
actus

Les Postes Ouest Africaines face au défit des
nouvelles technologie
s

Le développement des Nouvelles Technologies de
l’Information et de la Communication (NTIC) et la prolifération
des cybercafés dans les villes d’Afrique de l’Ouest ont beaucoup
d’incidence sur le volume du courrier postal classique.

Dès 2001 au Burkina Faso, l’utilisation des mails
avait fait chuter le trafic courrier de 15%.

Quand l’envoi d’un courrier postal coûte au moins
200FCFA, on peut surfer presque 30mn pour ce même prix, et donc lire
et envoyer plusieurs mails pour le même tarif.

Au delà du coût et de la rapidité,
c’est aussi la fiabilité et la sécurité des envois
qui sont des facteurs importants de désaffection des clients
pour le courrier classique.

Pour faire face à ses nouveaux enjeux, les Postes
ouest-africaines ont commencé à réagir, en s’appropriant
ces nouvelles technologies, et en se réunissant au sein de la Conférence
des Postes d’Afrique de l’Ouest (CPAO), pour négocier avec les transporteurs
aériens des baisses de tarifs.

La Poste du Togo propose déjà depuis quelques
temps un service d’accès à Internet et une boite mail, tandis
qu’au Burkina, des Cyberkiosques ont été installés
dans trois bureaux, avec l’aide de La Poste française et de l’ONU.

Si l’Internet ne tuera pas le timbre, pas plus que le
téléphone ne l’a fait, l’engouement pour le mail remet sérieusement
en question les modèles économiques des postes partout dans
le monde. (Source : Afrik .com) .

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En bref
Au Maroc, l’opérateur marocain de téléphonie
Maroc Telecom va procéder à des baisses allant de 17 à
40% sur les tarifs des différentes formules d’utilisation d’Internet.
Par exemple, le prix d’une heure de connexion Internet sans abonnement
va passer d’une moyenne actuellement de 20 DH/heure (environ 2 dollars
américains) à 12 DH/heure.

Au Bénin, en prévision des élections
présidentielles de 2006, les autorités ont décidé
de mettre en place une liste électorale informatisée

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Economie
Le paradoxe africain par les chiffres
Dans un rapport intitulé « Le développement
économique en Afrique : résultats commerciaux et dépendance
des produits de base » publié fin février 2004 la conférence
des Nations unies pour le commerce et le développement rendu 
public les chiffres suivants : la part de l’Afrique dans les exportations
de produit primaire, pourtant actuellement sa principale ressource, est
ainsi passée de 6 % en 1980 à 4 % en 2000 tandis que la part
des exportations totales de marchandises a reculé de 6,3 % à
2,5 %.

Pendant cette période, le taux de croissance annuelle
moyen des exportations de produits de base a été de 0,6 %
pour l’Afrique, contre 3,3 % en moyenne pour l’ensemble des pays en développement
et 5 % pour l’Asie.

Ajoutons que dans l’indice combiné des prix de
tous les produits de base de la Cnuced a chuté de plus de 50 % entre
1997 et 2001.

Selon l’Organisation internationale du café (OIC),
les pays producteurs de café ne perçoivent actuellement que
5,5 milliards de dollars (4,4 milliards d’euros) sur les 70 milliards
que représentent les ventes au détail alors que, dans les
années 1990, leurs recettes étaient comprises entre 10 milliards
et 12 milliards de dollars sur des ventes au détail estimées
à 30 milliards.

 Les économistes de la Cnuced soulignent
que les aides publiques aux agriculteurs en 2002 sont à l’origine
d’un manque à gagner évalué à près de
300 millions de dollars pour l’industrie cotonnière africaine. Soit
plus que les 230 millions de dollars d’allègement total de la dette
de neuf pays africains exportateurs de coton. (Source Jeune Afrique l’Intelligent
du 02/02/2004)

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Pétition pour soutenir
la solidarité internationale

Cette pétition dont l’initiative revient à
Coordination Sud, le plus gros regroupement d’ONGs françaises dénonce
le gel des crédits du ministère des affairesétrangères.
Les déboires du projet ADEN (Appui au désenclavement numérique)
en sont une illustration parmi d’autres. Ce projet vise à soutenir
60 accès collectifs à Internet dans une douzaine de pays.
Pour un budget total de 6 millions d’euros, il était prévu
de décaisser 2,4 millions d’euros en 2004. Dès le mois de
févier on apprenait que finalement on ne débloquerait que
800000 euros, on vient d’apprendre que cette somme a été
ramenée à 300000 euros…

Ci-dessous le texte de la pétition :
"Les Français plébiscitent le travail
des ONG de solidarité internationale. Vous êtes plus de 150
000 bénévoles et plus de 1,5 million de donateurs à
manifester votre souhait que la France soit solidaire avec les populations
les plus défavorisées dans le monde.

Les plus hautes autorités de l’Etat nous reçoivent,
nous consultent et souvent nous encensent. Nous apprécions.

Le président de la République a fait
progresser l’aide publique française au développement de
388 millions d’euros pour 2004, conformément à son engagement
de placer l’aide publique au développement comme l’une des 4 priorités
budgétaires de l’Etat. Nous applaudissons.

Alors, comment se fait-il que l’Etat maintienne les
ONG de solidarité internationale la tête sous l’eau ?

L’année 2004 s’annonce extrêmement difficile
en matière de financements publics pour les actions humanitaires
et d’aide au développement portées par les ONG de solidarité
internationale. Cette catastrophe annoncée tient aux difficultés
du ministère des affaires étrangères à tenir
ses engagements vis-à-vis de ces programmes.

A titre d’exemple, il ne reste aujourd’hui que 8 millions
d’euros au ministère des affaires étrangères pour
financer les projets de lutte contre la pauvreté des ONG dans les
54 pays de la zone de solidarité prioritaire ! C’est quatre fois
moins qu’en 2001 et deux fois moins qu’en 2003. A cela s’ajoute une incapacité
du ministère des affaires étrangères à tenir
ses engagements passés. De nombreux projets approuvés en
2003 par l’administration n’ont toujours pas été payés,
plaçant les ONG dans des situations très difficiles.

Aujourd’hui, un grand nombre de programmes en cours
sont arrêtés et de nouveaux projets sont annulés du
fait de cette carence de soutien des pouvoirs publics. L’existence même
de dizaine d’associations est mise en péril ; certaines ont déjà
dû licencier du personnel.

Quelle est cette politique curieuse qui annonce des
chiffres flamboyants et bloque les initiatives des citoyens ? Pourquoi
la France est-elle le pays européen qui aide le moins le travail
des ONG ? Les organisations françaises de solidarité internationale,
réunies au sein de Coordination SUD, rappellent que pour une aide
de qualité, il est indispensable que l’Etat honore ses engagements
à leur égard et demandent au gouvernement de ne geler ni
n’annuler aucun des crédits votés par le Parlement à
destination des ONG et de maintenir son soutien financier au niveau des
années précédentes
".

Pour signer cette pétition aller à http://www.coordinationsud.org/petition/
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A lire
L’ordinateur et le djembé - Entre rêves
et réalités, de Sylvestre Ouédraogo

L’Harmattan éditeur 2003 avec le soutien de l’Institut
International pour la Communication et le Développement (édition
bilingue français-anglais).

Sylvestre Ouédraogo, universitaire Burkinabé
de Ouagadougou, nous livre ici un rafraîchissant mélange composé
de réflexions pédagogiques et d’anecdotes humoristiques,
focalisés sur les NTIC et l’Afrique. Sans doute cet auteur
a-t-il utilisé le retour d’expérience du fondateur de l’association
Yam Pukri, partenaire de CSDPTT, et du coordinateur du Réseau Burkina-NTIC
qu’il est tout à la fois ? Ce livre est une leçon d’optimisme
et de réalisme qu’il donne à son peuple et aux peuples d’Afrique
en général, le dit du griot infiltre le texte rendu plus
léger : fort de nos pratiques millénaires n’ayons pas d’appréhension,
approprions nous ce qu’il nous faut de ces nouvelles technologies, procurons
nous le matériel qui nous suffit, ayons envie de faire du « 
business », mais n’oublions pas que ce qui nous manque c’est avant
tout un téléphone par village. Sylvestre en appelle à
la responsabilité des jeunes qui ont le savoir. Soyons solidaires
 ; si nous mettons en commun, dans tout le pays, les richesses intellectuelles
dont nous disposons localement dans nos villes, nous arriverons à
nous passer d’une aide extérieure aussi intéressée
qu’inadaptée. Prenons exemple sur « le paysan qui agit avec
ses maigres ressources et n’en continue pas moins d’agir même s’il
n’espère pas la pluie aléatoire. »

Max Vernet (CSDPTT Ile de France)
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Articles

A propos de la nouvelle Loi sur la confiance dans l’Economie
Numérique (LEN)

L’exposé suivant se fonde sur les versions initiales
du projet de loi française sur la confiance dans l’économie
numérique (LEN), qui a déclenché le long de l’année
2003, une vague de protestations en France dans les milieux professionnels
de l’Internet et du commerce électronique, et même au-delà
des professionnels et de la France. Ce projet de loi a été
soumis en 1ère lecture à l’assemblée nationale le
15 janvier 2003. Il a été récemment adopté
en 2ème lecture à l’assemblé nationale, après
de nombreuses modifications et des amendements. Il est actuellement en
cours de discussion en 2ème lecture au sénat. Compte
tenu des récentes modifications, il n’est pas exclu que certains
des contentieux aient été résolus, mis à part
les petites concessions et les ajustements habituels. Mais des modifications
de fond me paraissent peu vraisemblables, vu l’habitude de ce gouvernement
à faire adopter des lois malgré l’ampleur des contestations,
sans doute en partie au non de la restauration de l’autorité de
l’état.

A l’origine, cette loi avait pour objectif principal d’aider
à « sécuriser » les infrastructures d’informatique
et de télécommunications, ainsi que le commerce électronique,
en conformité avec des directives de l’union européenne.
On peut déjà se poser les deux types questions suivantes
 : 1) Au fait, quelle est l’ampleur du problème de sécurité
dans le commerce électronique et quelles sont les outils de lutte
possible ? 2) Quelle est cette directive européenne et quels sont
les choix possibles de la France face à ces directives ? De l’analyse
des organisations qui se sont mobilisées contre cette loi, et compte
tenu de résultats d’études passées sur les usages
de l’Internet, il semble qu’il y a un large consensus sur le fait que cette
loi est inutile, et sans doute inapplicable.

Pour lire l’article
en entier...

Drissa Houatra
CSDPTT Ile de France
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Compte rendu de mission : installation du téléphone à Sérékéni (Province du Kénédougou)
 Préétude dans la région de Bokin pour d’autres lignes
Visite des installations réalisées dans la région de Toma
28/11/2003 - 12/12/2003

Mission de Jean Claude Coste et Alain Farges (CSDPTT
Rhône Alpes)

Vendredi 28-11-2003
Soirée dont se souviendra Bruno qui doit savoir
maintenant qu’il y a sur Courbevoie 2 couscous Le Datier et le Figuier……Nous
avons discuté de notre voyage et de la manière dont nous
envisagions notre mission.

Samedi 29-11
Départ à 7h30 pour Roissy, embarquement
vers 11h30.

Passage par AGADIR - MOPTI , arrivée à
OUAGA vers 20h00

Tout ce passe bien à la douane, Jean Claude raconte
au douanier qui lui demande à quoi sert son matériel que
c’est pour écouter les oiseaux……plutôt convainquant non ?

Quel comité d’accueil : La SODEPTEL, un Directeur
de l’ONATEL et des habitants de SEREKENI…..nous qui n’étions pas
sur de voir quelqu’un….

Direction l’hôtel, nous nous quittons avec rdv
le lendemain pour préparer la mission.

 Dimanche 30-11
Préparation de la mission avec Mousbila SANKARA
(Président de la SODEPTEL) et Jean Tiendrebéogo un ancien
chef de centre de BOBO. Nous rentrons à l’hôtel vers 18h00
les habitants de SEREKENI nous ont invité à prendre un verre.
En fait nous mangerons ensemble et passerons la soirée à
discuter.

Lundi 01-12
Début des "visites de courtoisies" à l’ONATEL
avec Mousbila SANKARA et Etienne PARE.

Accord pour la mise à disposition d’un chauffeur,
puis rencontre avec le responsable chargé de la convention avec
les villageois. L’ONATEL veut modifier plusieurs points et l’on voit bien
qu’elle cherche à se désengager des discussions directes
avec les villageois. Nous devrons en reparler à notre retour.

Nous rentrons au bureau d’Etienne Paré pour vérifier
le bon fonctionnement des appareils de mesure envoyés par camion.
Tout fonctionne.

Mardi 02-12
Nous devons partir dans la région de Bokin faire
des mesures avec Mousbila et Jean dans 3 villages. Lucien un pylôniste
sera du voyage.

Départ vers 11h00 la journée risque d’être
longue….120 Kms de piste dans un 4x4 plateau avec des suspensions plutôt
raides. Arrivé à Bokin Jean Claude fait son installation
et moi je me rends avec Mousbila dans les 3 villages, POURRA, 
MANESSA et SARMA. Partout le même accueil très chaleureux,
les mesures sont un succès et nous repartons avec plusieurs poulets……vivants,
le chauffeur va être content.

Nous décidons que l’installation se fera sur le
local de l’IRT avec un mât et non sur le pylône de 80m distant
de 50m du local, pour faciliter la maintenance et éviter les déperditions.
Retour de nuit à notre hôtel.

Pour lire le compte
rendu en entier