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SMSI : Lettre ouverte à la direction générale de la Société de l’Information de la Commission Européenne

jeudi 25 mars 2004, par Bruno JAFFRE

Lettre adressée le 10 janvier 2004 et restée sans réponse à ce jour [1]

à M. Jean François Soupizet

Chef d’unité adjoint, Direction générale de la Société de l’Information, Commission Européenne

Jean-Louis Fullsack, délégué de CSDPTT au SMSI

à

Jean-François Soupizet, Commission européenne

Objet : Appréciation/évaluation du SMSI

Je vous remercie pour vos vœux (sur notre liste africanti) et vous adresse les miens pour une année riche et couronnée de succès dans votre domaine d’activité.

Je vous renvoie à la lecture de la Lettre de CSDPTT et à notre site pour notre appréciation et évaluation du Sommet ; sur le site vous trouverez aussi notre suivi du processus préparatoire et des documents directement liés au SMSI (notamment sur l’UIT). Pour résumer je pense que la première phase est un quasi échec puisque ses principaux objectifs ont été soit "alignés par le bas" soit "bottés en touche", dont le Fonds de Solidarité Numérique (FSN), véritable mistigri et pas seulement dans le camp intergouvernemental. Quant au débat du Parlement Européen sur le SMSI, j’y ai assisté (comme j’ai assisté en octobre à la présentation du FSN par le Président Wade et assisterai à la session de la semaine prochaine et au débat sur "la réduction de la pauvreté et le NEPAD"), et je publierai un compte rendu sur notre site dans les jours qui suivent.

Pour ce qui concerne l’expression et l’action de l’Europe dans le cadre du Sommet, permettez-moi d’être sceptique voire critique.

- a) La Société civile : elle a fait beaucoup de bruit avant le Sommet notamment pour mettre en place son Caucus Européen [2]. Ce principe acquis, elle a ensuite brillé par son absence des débats alors qu’elle aurait pu/dû jouer un rôle de relais avec les différents acteurs du psychodrame autour du Fonds de Solidarité Numérique (FSN) entre autres (voir ci-dessous).

- b)La délégation de l’UE a eu une attitude incompréhensible pour tous ceux (de quelque origine qu’ils soient) qui ont été impliqués dans la coopération, le développement et l’identité européenne. C’est en particulier mon cas. Surtout par rapport au FSN où la représentation européenne a non seulement manqué de cohérence mais a commis aussi quelques fautes qu’il est/sera difficile à dissiper, notamment par son attitude négative par rapport au FSN alors qu’elle disposait des meilleurs atouts (par exemple ses relations privilégiées avec l’Afrique à travers les accords ACP-UE). Ce qui a fait que l’UE était clouée au même pilori que les USA ! Un comble !

- c)L’Union Européenne avait un stand assez bien agencé et une documentation intéressante. J’y ai pris des contacts avec Monsieur De Backer [3] et laissé mes coordonnées, sans réponse pour l’instant [4]. Mais où était ce "grand forum" que l’on aurait espéré en cette circonstance pour écouter "la voix de l’Europe" ? Elle était restée confinée dans la salle de la Plénière intergouvernementale, à l’écart des citoyens et des débats ouverts, donc les plus riches ! Mieux, ou pire : le seul événement ACP-UE était la signature de l’accord ACP-UE sur la Société de l’Information et le Développement. J’y ai assisté et je me suis réjoui d’un tel accord, du moins pour son principe sinon son contenu. J’ai utilisé l’espace mis à la disposition de l’assistance pour les questions (2). Mais suite à la question que j’avais posée (elle mettait en cause le projet d’étendre le ceinturage de l’Afrique par un câble sous-marin préconisé par l’UE) le Commissaire Poul Nielson s’est impatienté et a clos la séance ! Dommage car il y avait au moins matière à débat intéressant et constructif. Pour mémoire, la conférence de presse et le cocktail annoncés sur le programme comme devant suivre la cérémonie ont été "délocalisés" sans aucune info. Même les traductrices ont été pour leurs frais !

- d) Les contributions de l’UE aux débats du SMSI mériteraient de même "un arrêt sur image" car elles sont souvent plus incantatoires ou conformistes que réalistes. Je suis prêt à donner quelques exemples si vous le souhaitez.

Voilà donc les réactions d’un représentant de la Société civile, citoyen européen convaincu, engagé dans l’action pour le développement avec son association (CSDPTT) et actif dans le processus du SMSI depuis son début.

Je vous remercie de m’avoir suivi jusqu’au bout et espère une réponse pour laquelle je vous sais gré par avance.
Bien cordialement à vous

Jean-Louis Fullsack Jlfullsack@wanadoo.fr
Délégué de CSDPTT au SMSI

— -

NOTA : J’ai décidé de publier cette lettre sur le site de CSDPTT afin de rendre public son contenu. Cette publication suscitera-t-elle une réponse ?


[125 mars 2004

[2Dans l’organisation de la SC l’Europe est associée à l’Amérique du Nord dans un Caucus commun

[3Directeur du Partenariat ACP UE à la Direction du développement

[4En date du 25 mars je n’ai toujours rien reçu

Messages

  • Si vous pouvez produire une version anglaise de cette lettre, on pourrait la diffuser sur plusieurs mailing-lists traitant du SMSI et/ou de l’usage des TIC dans le développement : la plupart d’entre elles sont en anglais.

    Claude Almansi

    Voir en ligne : ADISI - Associazione di diritto informatico della Svizzera Italiana

  • Cher Monsieur Fullsack,
    Comme je vous l’ai fait à deux reprises déjà, je vous demande de retirer cette lettre ouverte du site du CSDPTT.
    L’interpellation personnelle d’un fonctionnaire sur les positions prises par l’Institution à laquelle il appartient est contraire aux règles de bonne conduite acceptée par les participants de la société civile.

    Je vous en remercie et vous prie de croire, Cher Monsieur Fullsack, à l’assurance de ma consdération distinguée.

    JF Soupizet

  • A nos visiteurs et lecteurs

    Je rédigerai une lettre personnelle à Monsieur Soupizet pour répondre à son interpellation.

    Cependant je dois informer les visiteurs du site cedptt sur les points suivants :
    - Comme indiqué dans l’introduction, ma lettre répondait à un courriel de M. Soupizet sur la liste africanti dont je suis -comme lui- abonné et intervenant ; dans ce courriel, M. Soupizet s’enquérait de l’évaluation des participants du processus du SMSI et du Sommet de Genève où nous avons eu le plaisir (du moins pour moi) d’échanger quelques idées lors de la Réunion préparatoire au Palais des Nations. D’où mon renvoi à mes comptes-rendus.
    - L’unique raison de publication de ma lettre sur le site de CSDPTT était l’absence de réponse au bout de deux mois et demi de son destinataire, ce qui me paraît traduire au moins un manque d’intérêt.
    - Je n’ai jamais eu ni courriel, ni aucune autre communication de M. Soupizet relative à ma lettre, ni a fortiori sa demande de supprimer ma lettre sur notre site.
    - L’unique objet de la publication de ma lettre a été de faire connaître à nos adhérents, amis et visiteurs les points importants que j’y soulève et le rôle de nos institutions européennes qui y sont reliés.
    - Je serais personnellement désolé si la procédure adoptée pour la publication de ma lettre -qui n’est en aucune manière attentatoire ni à la personne de M. Soupizet, ni à l’éthique des fonctionnaires de l’Union européenne- devait causer des désagréments de carrière du destinataire.

    C’est donc en plein accord avec Bruno Jaffré, Président de CSDPTT, que nous avons changé le titre de présentation de la lettre pour lui enlever toute référence personnelle.

    Je remercie par avance Monsieur Soupizet pour sa compréhension et nos lecteurs pour leur attention.
    En citoyen européen convaincu et actif, je me dois de rappeler le rôle de nos institutions, de leurs responsables et de leurs acteurs dans les domaines qui nous touchent particulièrement comme la coopération multilatérale et le développement. A CSDPTT -tout comme à l’Union Européenne- nous lui consacrons beaucoupo d’énergie et nous privilégions le continent africain car c’est là que l’urgence est la plus criante, et aussi humainement la plus scandaleuse.

    Je crois sincèrement que ce combat "mérite" bien quelques "égratignures" ou quelques interpellations "non-conformistes". Je le dis en toute connaissance de cause car j’ai eu à subir quelques véritables sanctions dans l’exercice de mes fonctions et plus particulièrement dans le cadre de mon activité de coopérant international qui n’ont pas favorisé ma carrière. Mais je suis retrospectivement fier de mes choix qui ont toujours privilégié les pays et populations auprès desquels j’étais amené à travailler.
    Jean-Louis Fullsack

  • En réponse à Monsieur Claude Almansi

    Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez aux idées et actions de CSDPTT, et à ma Lettre à la Commission Européenne en particulier.
    Je viens de la traduire et vous ai fait parvenir le texte à votre adresse via courriel.

    Je reste à votre écoute pour d’autres échanges éventuels.

    Bien cordialement
    J.L. Fullsack