Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de février 2004 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de février 2004

vendredi 2 avril 2004, par Bruno JAFFRE

La Lettre de février
2004

No : 99

Max Vernet, Jean Marc Roussel et Bruno Jaffré
ont participé à la rédaction de ce numéro

 

 Sommaire
 :

Editorial
Le téléphone à
Sérékéni !

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Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

En bref  : Mission NTIC au
Burkina, débat à l’INT d’Evry sur le thème Solidarité
Internationale, Télécommunications et Développement
Durable, Nouveau record de visites quotidiennes du site, Sérékéni
(Province du Kénédougou au Burkina Faso) raccordé
au réseau téléphonique.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Libye : annonce de gros projets
Téléphonie mobile au
Burundi
 : scandale politico financier ou politique volontariste ?

Algérie : un opérateur
koweitien emporte la 3 ème licence GSM

En bref  : Gabon,
Niger, Maroc, Tunisie, RD Congo

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Articles
Compte rendu journalier de la mission
de téléphonie rurale au Mali
(décembre 2003) à
Soufouroulaye, Sévaré et au Pays Dogon

Financements et richesses, sujets
tabous
 ? par Marie Thorndahl


Editorial
Le téléphone à Sérékéni
 !

La connexion de ce village de 4000 habitant au réseau
téléphonique est une grande nouvelle pour CSDPTT. Certes
plusieurs adhérents entretiennent des relations d’amitié
avec des agriculteurs de ce village.

Mais surtout, ce projet nous a beaucoup appris. Il nous
a permis d’élaborer petit à petit un modèle de projet
reproductible de raccordements d’autres villages, invente le type de rapport
à mettre en place avec les opérateurs locaux, ici l’ONATEL
du Burkina Faso mais aussi les associations regroupant des salariés
des opérateurs dont l’intervention est cruciale et les villageois.

Dorénavant nous savons aussi que se lancer dans
un tel projet c’est aussi et surtout construire une structure solide dans
la durée, peser chacun de ses actes, créer la confiance et
le respect entre partenaires, s’assurer d’un suivi sur le place par des
gens du pays, ne négliger aucun détail, être
des professionnels compétents, patients persévérants
(il a fallu près de 10 ans pour y arriver) et diplomates tout
en sachant dire ce qui doit l’être. Bref une aventure collective
complexe mais tellement utile et enrichissante !

 Bruno Jaffré
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Echos
de CSDPTT et de ces correspondants

En bref
Alain Roblin Demont (CSDPTT Ile de France) est actuellement
en mission au Burkina dans le cadre d’une convention signée
avec l’association Yam Pukri. Il va en particulier dispenser une formation 
en My SQL.

 Bruno Jaffré a participé à
un débat à l’INT d’Evry sur le thème
Solidarité Internationale, Télécommunications 
et Développement Durable aux côtés de M. Djilali
Benamrane de l’association BPEM (Biens Publics à l’Echelle Mondiale)
et de Benoît Varin de l’association EQUITERRE Evry.

Nouveau record de visites quotidiennes du
site de CSDPTT (http://www.csdptt.org) avec 313 visites le 12 janvier
2004 (précédent record le 8 décembre 2003 avec 301
visites).

Le village de Sérékéni (Province
du Kénédougou au Burkina Faso) vient d’être raccordé
au réseau téléphonique
à la grande
joie des habitants qui nous fait part de leur satisfaction par lettre.
Ce raccordement fait suite à la mission de 2 membres de CSDPTT Rhône
Alpes en décembre qui avait installé la liaison en collaboration
avec les services de l’ONATEL. Des techniciens devaient repasser installer
l’alimentation électrique solaire et mettre la ligne en service
ce qui vient d’être fait.

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Echos
des postes et télécoms dans le monde

Libye : annonce de gros projets
Un important projet de Libye-Télécom la
création de 1.200.000 lignes cellulaires pour un montant de 40 millions
de dollars US dans un premier temps alors que les autorités affirment
viser 3 millions de lignes d’ici 2005. Un premier contrat portant 600000
lignes a été signé avec la société chinoise
ZKA, essentiellement dans la capitale.

Le directeur de Libye-Télécom, l’ingénieur
Mohamed Mouammar Kadhafi a aussi annoncé de grands changements
sur la structure du secteur

Une société libyenne Libyana devrait bientôt
concurrencer Lybie Télécom sur les mobiles.

M. Kadhafi a annoncé par ailleurs d’autres grands
projets dans le domaine des télécommunications, évalués
à un coût global de 1,5 million de dollars US et dont les
contrats seront signés au cours de l’année à venir,
avant de préciser que ces contrats seront ouverts aux grandes sociétés
mondiales.

Il a cependant préciser : "Nous devons nous occuper
de l’intérieur de notre foyer. Nous devons exécuter les projets,
renforcer les sociétés libyennes et former des cadres spécialisés
avant d’ouvrir la porte à la concurrence de l’investissement étranger".
(Source agence Panapress)

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Téléphonie mobile
au Burundi : scandale politico financier ou politique volontariste ?

Selon les sources, le Burundi compterait fin 2003 de
30 000 à 56 000 abonnés au mobile répartis entre 3
opérateurs (TELECEL, AFRICEL, SPACETEL) contre 20 000 au fixe. Il
n’existe pas d’interconnexion directe entre réseaux mobiles, obligation
donc d’utiliser le réseau ONATEL.

Fin 2001 suite à accord entre TELECEL, financé
à l’origine avec des fonds de l’ONATEL, qui couvre 85% du territoire
burundais, RWANDATEL (fixe) RWANDACEL (mobile), MTN Ouganda et UTN Ouganda,
les tarifs vers ces pays sont divisés par 2, passant en gros de
1 USD à 0,5 USD la minute.

Quelques semaines auparavant éclatait un différend
financier entre l’ONATEL et TELECEL sur la rémunération de
ce dernier opérateur qui revendique 1 million de minutes par mois
écoulées en venant du réseau ONATEL alors qu’il y
aurait seulement 300 000 minutes allant vers le réseau ONATEL. En
conséquence TELECEL exigerait de l’ONATEL, pour les 8 dernières
années, le paiement d’une somme variant selon les sources de 1 million
d’USD (soit 1 milliards FBU) à 2 milliards FBU (soit 2 millions
d’USD). A l’époque ce différend avait amené l’ONATEL
à rompre l’accord d’interconnexion au détriment des usagers.

L’injonction du gouvernement faite à l’ONATEL
d’apurer ce différend et d’établir un accord d’interconnexion
déclenche la grève des salariés de l’ONATEL qui mettent
en avant l’absence d’outil de mesure du trafic. Toujours en l’absence d’outils
de comptabilité analytique fiables les choses en seraient restées
là. Ainsi en 2002 l’ONATEL facturait aux opérateurs du mobile
50 FBU (0,05$) la minute d’interconnexion, c’est pourquoi les trois opérateurs
du mobile envisageraient une interconnexion directe.

Par ailleurs l’ONATEL détiendrait 41% des actions
de TELECEL, soit 1 million USD avec une contre valeur de 2,29 millions
FBU au cours de 1992 et de 8 millions au cours de fin 2002. Mais l’ONATEL
n’aurait jamais perçu de dividendes (les autres actionnaires étant
TELECEL International, TELECEL-Burundi et quelques particuliers). A l’époque
les salariés de l’ONATEL s’étaient opposés par la
grève à cette prise de participation.

Le 18 juillet 2003 le gouvernement prend la décision
de construire et d’exploiter un réseau GSM par l’ONATEL. Début
septembre 2003 on apprend que le gouvernement autorise l’ONATEL à
passer un marché de gré à gré avec une société
chinoise pour la fourniture d’un réseau d’une capacité de
200 000 abonnés et la distribution de 10000 terminaux gratuits.
Le tarif prévisionnel à la minute serait de 150 FBU contre
400 FBU chez les concurrents qui crient au dumping et mettent en cause
la régularité de passation du marché. Le coût
du projet serait estimé de 10 à 15 millions USD. Pour contracter
ses emprunts l’ONATEL aurait reçu la promesse d’assurance par l’ACA
(Agence pour le Commerce en Afrique).

L’ONATEL s’est fixé comme premier objectif la
mise en service du réseau pour 30 000 abonnés pour le second
semestre 2004. La procédure de marché de gré à
gré est soutenue par le ministre, le DG de l’ONATEL Severin Ntahomvukiye,
le CA dont le représentant du personnel, mais combattue par le président
du CA Bernard Barandereka et les autres opérateurs.

Fin novembre 2003 un député Thomas Bukuru
dénonce une affaire de corruption : sur les 14 millions d’USD pour
l’achat du matériel, 3 auraient été versés
au Front pour la Démocratie (FRODEBU) dont Severin Ntahomvukiye
est un cadre. En fait c’est à partir de fin juin 2003 que la direction
de l’ONATEL aurait préparé la passation d’un marché
de gré à gré avec la Chine, elle aurait négocié
directement avec l’ambassade de Chine l’incorporation dans le règlement
du marché de l’aide directe de la Chine au Burundi, de même
elle compterait utiliser 1,5 millions USD d’aide de l’UIT et 2 millions
USD du CRE de la Banque mondiale prévus pour la téléphonie
rurale en arguant que l’on peut intégrer téléphonie
rurale et mobile.

Le conseil des ministres du 18 juillet 2003 aurait fait
apparaître des divergences au sein de l’exécutif une partie
n’étant pas d’accord avec ceux (Présidence, Ministère
des Finances...) qui poussent pour un marché de gré à
gré passé à la sauvette avec des entreprises chinoises
puisque ce Conseil aurait demandé la transparence et une consultation
élargie avec le Ministère des Finances et celui de la Bonne
Gouvernance, décision sans effet. Certains dénoncent le détournement
des fonds publics, des équipementiers y seraient aussi opposés
que les opérateurs concurrents. Certains font le parallèle
entre ce marché et la création de TELECEL en 1990 qui aurait
spolié l’ONATEL pour 737 millions (Source http://www.africatime.com/afrique/www.burundi-quotidien.com,
et article de M. Jean-Marie SINDAYIGAYA, ancien cadre de l’ONATEL à
http://www.arib.info/JMS060104.htm)

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Algérie : un opérateur
koweitien emporte la 3 ème licence GSM

Deux ans après l’ouverture à la concurrence
du GSM en Algérie, une troisième licence vient d’être
attribué à l’opérateur koweitien "Wataniya" pour 
421 millions de dollars. En 2001, La deuxième licence avait été
attribuée à Orascom Telecom pour 737 millions, la première
étant détenue par Algérie Telecom.

Créé en 1997, Wataniya Telecom est présent
dans trois pays : au Koweït (780 000 abonnés), en Irak (60
000) et en Tunisie (470 000), où il a investi plus de 500 millions
de dollars pour détenir 50 % de Tunisiana, deuxième opérateur.

Outre le vainqueur, 7 autres opérateurs avaient
été présélectionnés : le turc
Turkcell, le sud-africain MTN, Orange, l’espagnol Telefonica Moviles, Maroc
Télécom, l’allemand Detecon (filiale de Deutsche Telekom)
et un second opérateur koweïtien MTC. L’espagnol Telefónica
avait proposé 409 millions de dollars, et le sud-africain MTN, 375
millions de dollars. Les cinq autres opérateurs préqualifiés
étaient absents à la date butoir.

L’Algérie compte actuellement environ 1,3 millions
d’abonnés aux mobiles, pour 30 millions d’habitants dont 160.000
à Algérie Télécom (A T), les autres étant
à Orascom. Mais selon l’hebdomadaire l’Intelligent, le parc devrait
atteindre 5,5 millions d’abonnés d’ici la fin de l’année
2004 pour passer à 10 millions d’abonnés en 2010.

Près de 91,75% des clients sont abonnés
à une formule prépayée, alors que Algérie Telecom
n’a pas encore lancé cette formule.

L’Algérie compte par ailleurs 2,2 millions d’abonnés
au téléphone fixe.

D’autre part L’ARPT, L’Autorité de régulation
de la poste et des télécommunications d’Algérie, devrait
lancer un appel d’offre international pour l’octroi d’un maximum de trois
licences de téléphonie fixe d’ici avril 2004.

(Source agence Pana, http://www.panapress.com, L’expression
http://www.lexpressiondz.com et L’Intelligent)

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En bref
Au Gabon, le Président directeur général
de la société Libertis S.A, société de téléphonie
mobile filiale à 100% de Gabon Telecom, M. Thomas Souah a déclaré
devant l’assemblé nationale que "la constitution de Libertis
en filiale de l’OPT et en société anonyme a été
une condition exigée par la Banque mondiale qui n’a donné
son accord que sous cette double réserve, a-t-il assuré.
Il est important de faire remarquer que dans le cas de Libertis, il ne
s’est pas agi d’un choix délibéré, mais de conditions
exigées par la loi et par les institutions financières internationales
qui accompagnent le gouvernement dans la procédure de privatisation
du secteu
r". (Source : Journal l’Union Plus du 5/12/2003 La Revue de
la presse d’internet Gabon Visiter le site de : La Revue de la presse d’internet
Gabon http://www.internetafrica.com/gabon/actuA)

Au Niger, c’est une femme Mme Sory Boubacar Zalika
qui vient d’être nommée à la tête de l’Autorité
de Régulation au Niger, l’Autorité de Régulation Multisectorielle
(ARM). Cet organisme a pour mission de réguler les activités
des secteurs de l’Eau, de l’Energie (électricité et hydrocarbure),
des transports et des télécommunications.

Le Maroc compte 6,5 millions d’abonnés
à la téléphonie mobile pour 30 millions d’habitants
et le Tunisie, 2,5 millions pour 10 millions d’habitants.

En RD Congo la télédensité
serait passée à 1 téléphone pour 55 habitants
au lieu de 1 pour 1300 en 2000 selon grâce à la téléphonie
mobile selon l’opérateur privé VODACOM.

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Articles

Compte rendu journalier de la mission de téléphonie
rurale au Mali (décembre 2003)

à Soufouroulaye, Sévaré et au
Pays Dogon

Samedi 22 nov.  : Guy Blanc nous accompagne
à Lyon. Arrivée Bamako 1 h. du mat. Nous sommes accueillis
par Sekou Coulibaly et 2 autres membres de l’ A.V.D.T, l’association des
Volontaires pour le développement des télécommunications.
Cette association qui regroupe des salariés de la SOTELMA est notre
partenaire au Mali pour ce qui concerne la téléphonie rurale
Yaya Koné est là également pour nous conduire au gîte
d’ATLAS Logistique, l’association qui finance la mission à Bamako.
Pas de problèmes de douane pour passer la liaison TERA. Nous prenons
rendez-vous avec Sékou et l’A.V.D.T.pour le lendemain.

Dimanche : Réunion au central de Bamako
avec l’ A.V.D.T. Sont présents Yaya Niaré, le président,
Talift Billal, Cheick Traoré, Sekou, Jean-Marc et Daniel. La mission
est mise au point. Talift nous informe qu’il a été remplacé
à Sévaré par Salif Keita.

Lire l’article en
entier...

Roussel Jean-marc Churlet Daniel
CSDPTT Rhône Alpes)

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Nous vous proposons ci-dessous cet article sur le financement
du développement. Il résulte d’un important travail réalisé
dans le cadre de la préparation du Sommet Mondial de la Société
de l’Information pour le compte de l’association Pain pour le Prochain
(www.ppp.ch), membre du collectif suisse de préparation du SMSI,
sur les financements alternatifs. L’intégrale de ce travail se trouve
en ligne à http://www.ppp.ch/devPdf/mandat_MT_definitif_texte.rtf.
Cet article a par ailleurs été publié en novembre
dans l’annuaire suisse de politique de développement de l’institut
universitaire d’études du développement, (Genève,
novembre 2003 www.iued.unige.ch). Cette version est une mise à
jour après la tenue du Sommet.  
La rédaction

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Financements et richesses, sujets tabous ?

Marie Thorndahl - marie@mondes.info

Les sommets organisés par les Nations unies ont
la réputation de créer des frustrations dues à l’écart
entre les intentions et la mise en œuvre des principes et des plans d’action.
Une fois qu’ils les ont adoptés, les Etats couplent rarement les
textes avec des financements adéquats, ce qui crée des tensions
importantes entre pays du Nord et du Sud ainsi qu’avec la société
civile. Alors qu’une société de l’information équitable
demande de nouvelles ressources, la réalisation du plan d’action
du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI)
s’inscrit une fois de plus dans un contexte financier particulièrement
tendu.

Tout d’abord, au Nord comme au Sud, les Etats ont partout
moins de capacités à mobiliser des ressources. Peu de nouveaux
mécanismes de financements publics ont été inventés
face à la mondialisation et à la dérégulation
des économies nationales. Les taux de prélèvement
sont à la baisse et de nombreuses activités économiques
échappent à l’impôt (richesses liées aux réseaux
électroniques et paradoxe de Solow , paradis fiscaux, concurrences
fiscales, etc.).

Les fonds alloués à la solidarité
publique sont également en recul. Malgré les déclarations
de bonne intention - les 0,7% du PNB consacré à l’aide publique
au développement (APD) recommandé par les Nations unies -
les contributions des Etats n’ont jamais été aussi faibles
 : de 1990 à 1999, l’APD est passée de 0,34 à 0,24%
du PNB des pays donateurs .

Au moment de sa conception, en 1998-99, les promoteurs
du SMSI pensaient s’affranchir de cette quadrature du cercle. La folle
expansion du Nasdaq laissait espérer que les sponsors privés
se bousculeraient au portillon - sur le modèle de Telecom , la grande
messe high tech organisée par l’Union Internationale des Télécommunications
(UIT) - et que la manne financière s’étendrait au financement
de nouveaux projets et plans d’action. Les crashes et les banqueroutes
en 2000-2002, ont ruinés ce scénario et le SMSI peine même
à trouver les fonds pour se financer lui-même.

Face à cette situation, quelles sont les propositions
qui pourraient garantir la concrétisation d’un plan d’action et
quelles sont les ouvertures politiques pour mettre en place des solutions
originales au sein du SMSI ?

Lire l’article en
entier...