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Survol d’une quinzaine dans un pays au multicouleurs et aux multicultures : le Mali

jeudi 1er février 2001, par Bruno JAFFRE

Survol d’une quinzaine dans un pays au multicouleurs et aux multicultures : le Mali

Cet article est écrit après le séjour
de Patrick Faillon en novembre 2000 au Mali dans le cadre d’une mission
de CSDPTT en compagnie de Hervé Massy. Il nous relate ses impressions

Notre programme au jour le jour
A peine descendus de l’avion, presque arrivés
à la douane, c’est là que nous recevons nos premiers sourires
de nos futurs amis maliens. Sekou, Yaya, Scheik, Oumar et André
nous permettent de sortir facilement nos valises.

Le premier contact avec Bamako fut chaud mais l’arrivée
chez Oumar fut notre première surprise. Ils allaient au devant de
nos désirs. Frigo, télé rempli dans la chambre. Nourriture
quasiment à volonté, et tout cela dans un monde très
dur et très pauvre. Dans un monde qui n’est pas à la portée
d’un occidental sans y être amené avec délicatesse.
Notre premier repas, où les seuls ustensiles sont nos mains fut
mémorable pour moi. Pas facile croyez moi. Nous avons appris qu’une
voiture et un chauffeur étaient à notre disposition. Après
une nuit de repos bien mérité, le lendemain fut consacré
aux visites de courtoisie. Le central téléphonique, les faisceaux
Hertziens, l’énergie, l’informatique et l’Internet, la direction
et même Le DGA (Directeur Général Adjoint). Dans tous
les services nous avons étés agressés par le désir
de formation.

La journée s’est terminée autour d’un repas
partagé avec tous les membres d’AVDTM (association des volontaires
pour le développement des télécoms au Mali). On s’est
rendu compte tout de suite du besoin de formation des membres de l’AVDTM.
On a fixé un programme du séjour avec 4 jours de formation
et le restant du temps travail sur la téléphonie rurale et
l’Internet.

Le jeudi fin des visites et début de la remise
en état de la de formation. L’école de la SOTELMA qui nous
hébergera pour la formation était ravissante. Malgré
une sérieuse extinction de la voix Adama le dernier formateur faisait
tout son possible pour nous faciliter la tâche. Malheureusement,
le manque de personnel dans les services Internet et informatique faisait
que l’installation n’était pas adaptée. Il fallait prévoir
le crash et les sauvegardes, changer le langage anglais des machines, pour
un français plus maniable pour les Maliens. Mise à niveau
du réseau et découverte de l’absence d’Internet.

Le vendredi a servi à finir l’installation de
la salle de formation et à faire des essais de boite à lettres
Internet par le téléphone du directeur des programmes de
formation. A ce moment la nous n’avions plus aucun contact avec la France
hormis avec mon épouse dés que la SOTELMA nous a donné
des adresses sur son mail personnel.

Les modules de formation ont montré un intérêt
allant au-delà de l’imagination. Il a été très
rare de terminer la journée pour 18h30. Internet a été
présent le mardi après midi. Ceci en étant directement
raccordé sur le nœud de la SOTELMA.

Le matériel pour les formations a fonctionné
impeccablement. Hormis des problèmes électriques dus au mauvais
état des alimentations et au câblage mal fait. Hervé
durant ses formations a pris du temps pour la rencontre des agents, et
la prise de rendez-vous extérieurs.

Dés le jeudi matin, Hervé est parti pour
la région de Kayes, en saisissant l’opportunité de faire
le voyage avec Jacques Alvernhe et Mamadou Soukouré (les dirigeants
d’ADER). Il en est revenu le mardi soir de la semaine suivante.

Quant à moi j’ai fini la formation le jeudi soir.
Le vendredi matin m’a permis de faire quelques courses et l’après-midi
de ranger la salle et donner les CD, disquettes que nous avions amenées.
J’en ai profité pour former Sekou Coulibaly et Adama sur les installations
de la salle, et quelques tuyaux sur l informatique et l’Internet.

Il était prévu que je parte le samedi matin
soit par auto prêtée par la région de Mopti soit par
le car. Après bien des palabres, il s’est avéré que
je suis parti le dimanche matin pour Mopti avec André Togo dans
une splendide Nissan 4X4. La journée a été roulante.
Nous nous sommes arrêtés à Soufoley Soumadougou et
Fantouma. Nous nous sommes arrêtés dans les locaux de l’association
Atlas logistique.

Le soir m’a permis de faire connaissance avec les agents
de Sevaré et de Mopti. J ont aussi essayé de visiter le bus
Internet. Le lundi a été un voyage magnifique dans le pays
Dogon. Visite du site des falaises ainsi que des villages dans la plaine.
Mardi fut consacré au retour en passant par Segou et Conditimini.

Le mercredi nous a permis de rencontrer les membres de
RTSF (Réseau Télécom Sans Frontière) qui se
rendaient à Maracanou. Nous avons aussi réglé des
détails à la DG (SOTELMA) et visité des fournisseurs
d’accès Internet Maliens (Spider et Data tech).

Jeudi aurait du servir à une réunion de
l’AVDTM avant un cocktail en présence des principaux représentant
de la SOTELMA. L’après midi a permis une dernière visite
au marché de Bamako et ce fut le grand retour.

Raccordement de village en brousse.
Notre arrivée a réellement déclenché
le démarrage de l’AVDTM. L’AVDTM aura comme préoccupations
le développement des télécommunications, Elle se veut
une association nationale avec des cellules dans toutes les villes de provinces.
Nous avons d’abord un établi un état des lieux puis réfléchi
à ce que pourraient être des projets communs. Un membre de
l’AVDTM a toutes les possibilités par un logiciel de connaître
la faisabilité matérielle d’un projet de Téra ou d’IRT
(matériel de téléphonie rurale). Seul inconvénient
il lui faut connaître les coordonnées précise du lieu
de départ et d’arrivée précisément. Et visiblement
l’absence de carte le contrarie fortement.

Le DGA ainsi que son représentant l’a confirmé
tout dossier sera étudié d’un œil bienveillant. Il n’est
pas exclu de prendre à sa charge les frais de transport, de dédouanage
et d’éventuel missionnaire. Elle pourrait mettre à disposition
du personnel pour aider (d’ailleurs elle l’a déjà fait avec
RTSF). Même les frais d’abonnement et de raccordement peuvent être
négocier. Mon sentiment est que tout doit être mis sur une
balance et que le raccordement des villages me paraît être
important à leurs yeux.

Ceci par des Téra (appelés mono voie) ou
des IRT. Les agents ont déjà entretenu des IRT, mais n’ont
aucune compétence pour les Téras. A ce jour, devant l’ampleur
de la demande, il a été convenu que AVDTM, repère
des sites et les propose à CSDPTT. En commun nous déciderons
de l’implantation. Le Mali s’apprête à recevoir la CAN 2002
(coupe d’Afrique de football). Sévaré a été
retenu comme site. Des infrastructures sont déjà en chantier
et je pense que ce sera une opportunité pour la SOTELMA de faire
des travaux et de poser des câbles. Néanmoins, on sait qu’a
l’horizon 2001 le central de Sévaré sera changé et
donc que la pénurie de numéro sera terminée ainsi
que la numérisation de la ligne Sévaré Bamako.

Par contre, à Soufoulei, il existe une ONG (atlas
logistique) qui a pour but de fournir de la logistique aux autres ONG.
Ils ont un besoin pressent de moyen de communication, et sont prêts
à participer activement et financièrement à l’élaboration
du projet. De plus ils sont éloignés de seulement 500 m du
village et intéressés par animer la cabine et développer
ce moyen de communications. Un agent de la SOTELMA, membre de AVDTM, de
Sévaré m’a proposé un village Mounga qui se trouve
à 35 km de Djenne. Mounga compte à peu prés 5000 personnes,
et cet agent est prêt à développer une association.
La demande étant tellement importante, il me paraissait intéressant
que des gens de l’association soient directement partie prenante d’un développement
des télécommunications dans leur village. Par contre, il
nous a été conseillé de rester méfiant car
cela pourrait créer de la jalousie parmi les membres de l’association.

Quoiqu’il en soit l’absence de téléphone
quasiment partout dans les campagnes ainsi que la présence de nombreuses
associations locales et communautaires me font dire que les destinations
ne manqueront pas.

Internet :Etat des lieux
5 providers dont 2 que nous avons visité. SPIDER
et DATA TECH. Tous se plaignent du manque de lignes les approvisionnant
ainsi que du manque de rapidité vers l’extérieur du Mali.
Le pays est raccordé sur Chicago par un circuit a 2MB partagé
entre 8 pays. Pendant notre séjour il a été mis en
place des soit disant améliorations dont je n’ai constaté
aucun effet (affaire à suivre). Par contre l’impression que nous
ont laissée nos interlocuteurs a été très bonne.
Ils sont compétents et innovateurs, ainsi que très transparents.

Nous avons dialogue longuement avec M. Diallo (le responsable
du Télécentre de Tombouctou). Il nous a étonné
par ses compétences et par sa recherche d’innovations trop difficile
à transcrire ici. Devant l’absence de temps, nous n’avons pas pu
nous y rendre

Les coûts de raccordement sont assez disparates
suivant les providers mais paraît-il la qualité du service
est aussi disparate. A première vue Africabone serait le plus performant
mais aussi le plus cher (800FF par mois pour un cyber café avec
1 accès modem)

Nous avons fait des essais depuis chez OUMAR et depuis
le nœud Internet directement. Il est quasiment impossible de surfer entre
14h et 18h30 sur des sites autres qu’hébergés au Mali Par
contre le soir tout va bien hormis bien sur des temps de réponses
inimaginables dans nos pays. (quasiment 5 minutes pour l’affichage d’une
page correctement sur Voilà, Hotmail ou autres sites)

J’ai visité un cybercafé et beaucoup dialogué
avec des maliens là-dessus. Beaucoup de consommateurs sont des étudiants
et leur plus grande consommation consiste en utilisation de la messagerie
sur des sites comme Caramail Yahoo ou autres. Vu la lenteur du système
je dois vous dire qu’ils sont particulièrement accrochés.
Par contre la messagerie SMTP (outlook ou messager) marche correctement
hormis des problèmes que je croyais spécifiquement malien
(impossible de joindre certains sites correctement comme France Telecom
et fréquence de pertes de messages ou même des lettres ou
mots dans les messages). Mais j’ai eu aussi ce type de problème
avec l’Australie. Je ne suis pas un spécialiste mais j’ai cru comprendre
que tout ce qui était court et léger passait à peu
prés. Nous n’avons jamais pu obtenir de lien FTP, mais après
coup je me demande si nous avons utilisé les bons logiciels.

J’ai essayé de me connecter depuis Mopti et la
je n’ai pas rencontré de problèmes particuliers hormis ceux
cité précédemment.

J’ai vu le bus Internet dans la cour du central de mopti.
En fait c’est un camion Wordspace, super bien équipé avec
des micros modem webcam téléphone et tout et tout et tout.
Seul problème, je n’ai pas eu le droit d’essayer de me connecter.
On m’a prétexté la difficulté de connexion et même
que cela cassait les modems. D’ailleurs, paraît-il qu’il ne reste
que 2 modems en état…J’étais un peu furax cela se comprend
t il ? ? ? ?

Dans le plan de raccordement des 701 communes à
Internet il est prévu d’équiper 4 communes de liaison prêtée
par Worldspace pendant un an. Après il n’y a aucune précision
quant au coût etc. Ces stations passent par satellite et sont équipées
de micro-ordinateur télévision magnétoscope etc. ainsi
que d’un appareil téléphonique numérique. Je n’ai
pas pu visiter celle de Sevaré qui est terminée. Celle-ci
n’est pas encore opérationnelle à cause des problèmes
d’énergie

A ce propos sur les 701 communes, le pays s’est aperçu
que 682 n’avait pas de sources d’énergie. Cela ne facilitera pas
les choses.

Un Télécentre à but associatif
 ?

L’AVDTM est très intéressée par
la création d’un cybercafé ou TPC qui aurait pour but de
développer des services en direction des associations et de la formation
des maliens.

On peut imaginer un point de rencontre ainsi que des
services de messageries beaucoup plus adaptés. Tant qu’on est dans
le rêve, on peut imaginer aussi de déplacer des micros portables
dans les écoles et ainsi de créer des liaisons vidéo
et audio entre les élèves. Bien sur Bamako au début.
J’ai pratiqué cela avec mon épouse presque tous les jours
et ça marche presque parfaitement.

On peut aussi imaginer un service sur le modèle
proxy qui permettrait de stocker des sites d’éducations ou d’informations
en local sur un serveur local et s’affranchir ainsi des difficultés
de connexions. Nous avons vivement conseillé de se rapprocher d’un
informaticien.

Patrick Faillon CSDPTT Nancy