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Lettre de mars 2004

vendredi 30 avril 2004, par Bruno JAFFRE

La Lettre de mars 2004
No : 100

Jean Louis Fullsack, Alain Roblin Demont 
et Bruno Jaffré ont participé à la rédaction
de ce numéro.

 

 Sommaire
 :

Editorial
100 numéros !
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Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

En bref  : CSDPTT a été
invité à la première réunion de coordination
du projet ADEN , rencontre avec des responsables des Volontaires
des Nations Unies, mission au Mali.

Partenariat Yam Pukri - CSDPTT : formation
PHP-MySQL

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Kenya : la poste collabore avec Télécom
Kenya

Niger : le développement du réseau
prend du retard

Les plus gros opérateurs africains
en 2003

VODACOM au Mozambique
En bref : Nigéria, Cameroun,
Ile Maurice

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Articles
Sommet Mondial de la Société
de l’Information 2003, Quand les altermondialistes ratent le rendez-vous
 
par Jean Louis Fullsack et Bruno Jaffré


Editorial
100 numéros !
Bigre et nous n’avons rien prévu pour fêter
cet anniversaire ! C’est ça un peu aussi CSDPTT... Si les adhérents
en mission agissent en vrais professionnels de leur métier, ce qu’ils
sont d’ailleurs, alors qu’ils sont en congé, la gestion de l’association
est emprunte d’amateurisme à l’image du bénévolat
qui nous anime. Pas de fête donc pour le 100 ème numéro
qui ressemblera donc à tous les autres.

Pas un numéro n’a manqué depuis le numéro
0 d’août 95, que nous vous offrons en prime, sauf peut-être
une fois au cours d’un mois d’août. Nous vous laissons apprécier
le progrès accompli depuis, que ce soit dans la réussite
des projets que l’enrichissement du contenu.

Nous essayons de palier nos insuffisances par un travail
plus collectif de la rédaction mais nous avons aussi besoin de vos
réflexions sur le contenu du journal.

 Nous souhaitons remercier ici chaleureusement les
abonnés qui payent régulièrement. Un soutien qui nous
est précieux pour conserver notre indépendance mais aussi
pour l’encouragement que cela représente pour nous.

 Bruno Jaffré
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Echos
de CSDPTT et de ces correspondants

En bref
CSDPTT a été invité à la
première réunion de coordination du projet ADEN (Aide
au désenclavement numérique) du ministère des Affaires
étrangères. Tout en soulignant certains aspects positifs
dans le projet, nous avons décliné l’offre de participer
à ce comité de coordination et regretté le manque
de moyens alloués au service charger de piloter ce projet. Aux dernières
nouvelles, sur les 2,4 millions d’euros initialement prévus pour
2004, il n’en resterait que 300000 !

Antonio Mele et Bruno Jaffré (CSDPTT Ile de France)
ont rencontré à Paris Anne Marie Bekaert et Bernadette Pham
responsables des Volontaires des Nations Unies. Ces dernières
ont semblé intéressées par les activités de
CSDPTT mais sont surtout à la recherche de financement...

Emile Quesada et Claude Sicard de CSDPTT Nice sont partis
fin février pour une mission au Mali de 2 semaines. Il s’agit
d’étudier la connexion au réseau téléphonique
de villages du Guidimakha, dans la région de Kayes, en collaboration
avec l’ADER (Association pour le Développement Economique régional),
l’AVDTM (Association des Volontaires pour le développement des Télécommuni-cations
du Mali) notre partenaire dans ce pays et la SOTELMA,

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Partenariat Yam Pukri - CSDPTT :
formation PHP-MySQL

Dans la continuation du partenariat engagé en
2002 avec l’association Burkinabè YAM PUKRI, Alain Roblin Demont
(CSDPTT Ile de France) a dispensé une formation d’initiation à
la création d’applications PHP-MySQL, à Ouagadougou du 26
janvier au 7 février 2004.

La formation a regroupé 15 stagiaires issus du
monde associatif, universitaire, du journalisme et des secteurs public
et privé.

A l’issue de la formation, essentiellement basée
sur des travaux pratiques, une présentation de SPIP et de son utilisation
a permis de compléter l’aspect création de sites web dynamiques.

Ce séjour a de plus été l’occasion
d’effectuer des tests de connexion à Internet à partir des
téléphones ruraux installés par CSDPTT dans la région
de TOMA.

Outre le président de Yam Pukri avec qui il a
passé pas mal de temps, Alain a par ailleurs rencontré un
certain nombre de partenaires, M. Nyamba professeur l’université
de Ouagadougou qui a réalisé l’étude faisabilité
des installations de la région de Toma, M. Mousbila Sankara Président
de SODEPTEL et M. Siaka Coulibaly secrétaire général
du RESOCIDE, un regroupement d’associations, du Burkina qui avait pris
contact avec CSDPTT durant la préparation du SMSI.

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Echos
des postes et télécoms dans le monde

Kenya : la poste collabore avec Télécom
Kenya

Gilat Satellite Networks Ltd (une société
israélienne) a annoncé que sa filiale Spacenet a été
retenue par Posta Kenya pour fournir un réseau de services de communications
IP basé sur la

technologie satellitaire DialAw@y, et reliant les bureaux
de poste à travers le pays.

La plate-forme IP DialAw@y de Gilat sera installée
dans les bureaux de poste, chacune servant un réseau local
(LAN) connectant 3 PC, dont un pour les besoins du receveur et deux

autres pour les services aux usagers tels que courriel,
fax, impression, ... Internet sera accessible via une connexion au réseau
JAMBONET fournie par Telkom Kenya Ltd et utilisant le

système Gilat à prépaiement. L’installation
du réseau devrait être terminée à la fin du
1er trimestre 2004.

L’initiative de ce projet ambitieux revient au Ministère
kenyan des Transports et Télécommunications. Le réseau
est le premier du genre en Afrique en termes d’utilisation d’équipements

satellitaires pour moderniser le système postal
du pays. Selon Gilat, cette application est mise en pratique par d’autres
services postaux dans le monde.

Selon le Directeur général de Posta Kenya
" Avec le déploiement par Posta Kenya de cette technologie satellitaire
avancée, les bureaux de poste du pays apporteront une fonction

nouvelle en devenant le cœur des communautés dans
lesquelles ils sont implantés. Avec des bureaux de poste partout
au Kenya, pourvus de cette technologie prometteuse, la lacune en

communication et le fossé numérique commencent
à se combler, au fur et à mesure que les kenyans auront accès
partout à Internet et aux autres communications". (Source : Sat
News

Online - 9 février 2004)
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Niger : le développement
du réseau prend du retard

Le journal local la Roue de l’Histoire datée du
20 janvier fait état de retard dans le développement du réseau
nigérien alors que la privatisation de la SONITEL a été
effectuée au profit d’un

consortium chino-lybien. Un accord pourtant sur l’achat
de près de 10 milliards de FCFA aurait été signé
entre la SONITEL et ZTE (actionnaire chinois de la SONITEL mais aussi

équipementier).
Le même journal tire le bilan suivant début
2004 après 18 mois de privatisation :

"-2 centraux sur 46 sont en voie de modernisation ;
-30% de réseau des systèmes de transmission
Faisceau Hertzien sont considérés comme conformes au cahier
de charges.

-aucune cabine téléphonique n’est encore
installée.

-le plan de formation des cadres n’est pas respecté
 ;

-les procédures d’acquisition des équipements
manquent ! "

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Les plus gros opérateurs
africains en 2003

Comme tous les ans, le mensuel ECOFINANCE publie un classement
des plus grosses entreprises africaines selon le chiffre d’affaires 2002
tous secteurs confondus et des classements

par secteur dont celui des télécommunications.
Dans ce dernier, les 3 premières sont des sociétés
d’Afrique du Sud, largement en tête Telkom l’opérateur historique
avec un CA de 3,95 milliards de dollars (13 ème dans le classement

des entreprises africaines tous secteurs), suivi ensuite
des 2 opérateur de mobile MTN (2,24 milliards de dollars,
23 ème entreprise africaine) et Vodacom, la filiale de Telkom (1,53
milliards de dollars, 33 ème). A noter des ratios résultat
net sur CA d’environ 10% pour les 2 opérateurs de mobiles alors
qu’il n’est que de 4% pour Telkom. C’est Maroc Telecom qui occupe la 4

ème place (CA 1,4 milliards de dollars et ratio
de 25% !, 39 ème entreprise africaine). On trouve ensuite des opérateurs
de mobiles égyptiens ORASCOM (61 ème) et GSM Egypt (97 ème).

La Sonatel arrive en 10 ème position (178 ème
entreprise africaine) avec un CA de 260 millions de dollars et un ratio CA sur Résultat net de 28%, le meilleur du classement. La Côte d’Ivoire arrive en 12
ème

position (200 ème) avec un CA de 216 millions
de dollars mais un résultat net negatif de -16 ,6 millions de dollars du
au conflit qu’affronte le pays.

L’opérateur historique malien la SOTELMA (367
ème entreprise africaine) a réalisé un chiffre d’affaires
de 103 millions de dollars. Pour l’ONATEL du Burkina seul le chiffre 2002
du CA est publié soit 60 millions avec un ratio d’un peu plus de
10%.

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VODACOM au Mozambique
Un accord est intervenu en décembre entre le gouvernement
de ce pays et la société VODACOM Mozambique (VM). Celle-ci
est une joint-venture entre la société sud-africaine de

téléphonie mobile VODACOM (98%) et
des investisseurs mozambicains de la compagnie EMOTEL (2%).

Le capital de VODACOM se répartit de la façon
suivante : 50% à Telkom l’opérateur historique sud-africain,
partiellement privatisé, 35% pour le britannique Vodafone et 15%
pour une

société sud-africaine. Vodacom est déjà
présent en Tanzanie, au Lesotho et en République Démocratique
du Congo.

EMOTEL (2%) est représenté par un
député du parti Frelimo au pouvoir, Hermenegildo Gamito,
qui a été nommé président du conseil d’administration
de VM.

Dans une première phase, Vodacom Mozambique couvrira
Maputo et Xai-Xai (sud), Beira (centre) et Nampula et Nacala (nord), ainsi
que les zones proches de l’autoroute

Maputo-Witbank (Afrique du Sud) et de la route de Namaacha
(frontière avec le Swaziland).

VM a promis d’investir 567 millions de dollars au cours
de la prochaine décennie. Outre la licence de 15 millions de dollars
il est prévu que l’investissement soit réparti de la façon

suivante : 442 millions de dollars seront consacrés
à l’équipement, 25 millions de dollars constitueront le fonds
de gestion des dépenses, 32 millions de dollars vont aller à
la formation du

personnel, 50 millions de dollars au recrutement de spécialistes
pour l’assemblage des équipements de VM, et 1,2 millions de dollars
seront consacrés au franchisage.

VM va concurrencer la première société
de téléphonie mobile du Mozambique, mCel, qui compte déjà
400000 clients, détenu à 100% par TDM, l’opérateur
de la société nationale de

téléphone publique.
MCel couvre déjà tous les centres urbains
et touristiques du Mozambique, et les principales autoroutes dont celles
qui mènent en Afrique du Sud.

Vodacom prévoit de démarrer ses activités
dans le complexe Maputo/Matola, le long des routes qui mènent vers
la Swaziland et l’Afrique du Sud, dans certaines parties de la province
du

sud de Gaza (Xai-Xai et Bilene) et dans la ville du nord
de Nampula. (Source Panapress)

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En bref
Au Nigéria, les quatre opérateurs
de téléphonie mobile opérant dans le pays ont accepté
d’introduire un système de facturation à la seconde depuis
décembre 2003 à l’issue d’une réunion avec la Commission
nigériane des communications (NCC) et la Commission du Sénat
sur le commerce et les communications. Les tarifs vont par ailleurs baisser
de 50 nairas (39 cents) à 36 nairas (28 cents) la minute.

Au Cameroun, Camtel, l’opérateur historique
a baissé le prix des communications internationales de 50%, celui
des communications nationales de 20%, mais Le prix des communications

locales va augmenter de 50% passant de 13CFA la minute
à 20FCA.

A L’Ile Maurice, l’autorité postale a annoncé
une hausse sensible de ses tarifs au 1er novembre 2003, entre 20 et 500%
selon les services.

L’Institut de Protection des Consommateurs proteste contre
cette décision qui ne se traduit pas par une amélioration
des prestations.

Dans le même temps, les postiers ont amorcé
un mouvement social pour demander une hausse des salaires de 30 à
40%, et pour revendiquer des recrutements. Si le nombre de facteurs est
resté stable depuis 10 ans, la population a elle fortement augmenté.

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Articles

Sommet Mondial de la Société de l’Information
2003

Quand les altermondialistes ratent le rendez-vous

Par

Jean Louis Fullsack et Bruno Jaffré

Nous avions appelé dans un précédent
article , à ce que la Société civile ne manque pas
le rendez vous du Sommet Mondial de la Société de l’Information
(SMSI).

Nombreux sont ceux qui ne l’ont pas raté : ceux
qui tout simplement souhaitaient y être visibles, quelques entreprises
du secteur privé -PME ou multinationales-, des ONGs venant de divers
horizons de la Société civile. Mais force est de constater
l’absence dans cette dernière du mouvement altermondialiste à
de rares exceptions près. Le déroulement et le résultat
de la première phase du Sommet s’en est indiscutablement ressenti.

En effet, du 10 au 12 décembre, s’est tenu à
Genève le Sommet Mondial de la Société de l’Information
clôturant cette première phase. Certes, il ne fallait guère
s’attendre à de grandes avancées de la part des documents
issus d’un tel Sommet officiel. L’opération de Cancun où
de puissantes ONGs se sont mises au service de certains pays en développement
avec les résultats que l’on sait, n’a pas pu se reproduire à
Genève d’autant moins que la mobilisation a brillé par sa
faiblesse. Un collectif anti SMSI dont les organisateurs restent quasi
inconnus a rassemblé une manifestation d’une centaine de personnes,
vite réprimée par la police. Un collectif dénommé
geneva03 souhaitant prouver que l’information se fait plus qu’elle ne se
discute, a regroupé quelques dizaine de personnes autour de ses
initiatives mais s’est fait baladé de salles en salle... Et une poignée
de membres, du collectif français de préparation au Sommet,
le Casic, collectif pour une autre société de l’information,
que nous avons contribué à mettre en place, ont tenté
d’influer sur le contenu de l’expression de la société civile
et notamment de sa Déclaration.

Quelques manifestations pour dénoncer la situation
des droits de l’homme en Tunisie ont rencontré un certain écho
dans les médias malgré les tentatives des hommes de main
de Ben Ali pour en perturber l’organisation. Enfin parmi les multiples
événements éparpillés ici ou là, signalons
la journée du collectif communica-ch, coorganisateur avec le Casic
du séminaire sur le sommet pendant le Forum Social Européen, et la journée de la campagne CRIS qui, invité pourtant
au même séminaire, se refuse à évoquer durant
cette journée le droit à l’accès jugé non prioritaire.
Un éparpillement, motivé pour beaucoup par la volonté
d’être visible et qui finalement n’inquiétera guère
les organisateurs dans la mesure où aucune initiative mobilisatrice
et fédératrice n’a pu rassembler massivement et inquiéter
les promoteurs et laudateurs de la société de l’information
néolibérale.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que
la déclaration dite de la « société civile »
soit d’une étonnante platitude si ce n’est sur la question des droits
de l’homme et dans une moindre mesure sur les logiciels libres...

Pour
lire l’article en entier ...

 

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