Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de Février 1997 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de Février 1997

Février

samedi 1er février 1997, par Alain


La Lettre de février 1997
No : 17

 Sommaire
 :

Editorial
Jusqu’où iront-ils ?
______________________

Mali
Table ronde pour
le développement à Kayes
.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Fermeture de l’Ecole Franco-polonaise des télécoms.
Sénégal : Concertation syndicats-gouvernement
.

Les plus gros opérateurs africains
.
Privatisation de CITELCOM : France Télécom
l’emporte
.



Editorial
Jusqu’où iront-ils ?
Avec les lois Debré, la surenchère pour recueillir les voix lepenistes semble ne plus devoir s’arrêter ce qui d’ailleurs n’empêche pas les lep-haineux de progresser à Vitrolles.
Tout ça sur le dos des émigrés ou même maintenant des étrangers qui aimeraient simplement visiter la France. Ils sont désormais soupçonnés à priori de vouloir s’installer et ceux qui les hébergent de complicité.
Imaginons que nous souhaitions inviter un de nos partenaires à l’étranger, une question qui risque de se poser bientôt à CSDPTT. Il faudra multiplier les démarches pour obtenir un hypothétique certificat d’hébergement que certains maires refusent systématiquement. Rien ne permet après de penser que le visa sera accordé car l’arbitraire règne dans les consulats où nombre de visas sont refusés sans explication.
Comment expliquer tout ça à nos amis qui nous accueillent là-bas si facilement avec tant de chaleur. Devra-t-on bientôt refuser leurs hébergements ou limiter simplement nos déplacements à l’étranger pour ne pas subir la honte de ne pas pouvoir leur rendre la pareille ?
 La rédaction
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Mali
Table ronde pour
le développement à Kayes.

Près de 700 personnes, des représentants d’associations 
d’immigrés (l’ADCYF, dont nous sommes partenaires, a envoyé
plusieurs délégués), d’ONG, des bailleurs de fonds,
du gouvernement malien et des experts ont participé à cette
réunion. Convoquée à la suite des remous suscités
par l’affaire des sans-papiers de Saint Bernard, l’objectif est de mettre
un coup d’arrêt à l’émigration dans cette région
qui compte près de 1,3 millions d’habitants dont sont originaires
la plupart des maliens installés en France.
A l’issue des travaux les participants ont recommandé la construction
de routes, d’aéroports, de ports fluviaux, de voies ferrées,
l’installation du téléphone et la couverture audiovisuelle.
Ils ont en outre recommandé l’augmentation de la production par
l’aménagement et la meilleure gestion du terroir, la maîtrise
de l’eau et la valorisation des sous-produits de l’élevage. Un programme
de développement local a été annoncé par le
gouvernement qui sera coiffé par un comité de suivi où
tous les partenaires seront représentés (ONG, associations
d’immigrés, collectivités locales, autorités maliennes
et coopération française).
L’Union Européenne, la France et le PNUD ont annoncé
leur participation à la réalisation des routes Bamako-Kayes
et Kayes-Yélémané.
Au-delà des résolutions officielles, les débats
ont permis que la plupart des problèmes soient franchement abordés.
C’est ainsi que les immigrés ont demandé au gouvernement
d’assurer les services sociaux souvent à leur charge pour pouvoir
consacrer leur épargne à des investissements productifs.
Certains représentants d’associations locales ont accusé
les émigrés d’alimenter la hausse des prix.
Selon la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, les maliens
de l’extérieur ont transféré en près de 87
milliards de FCFA (centimes), 67 au premier semestre 96. Et selon la Banque
Mondiale l’argent rapatrié représente 81% du déficit
commercial et 17% de l’aide publique au développement. Sans ces
apports, la part de la population vivant en-dessous du seuil de pauvreté
(53%) augmenterait encore de 7% tandis que la plupart des services sociaux
ne fonctionneraient pas.
Pourtant la période actuelle rend ce système moins opérant.
D’une part, le chômage tend à limiter les transferts financiers
tandis que le verrouillage des frontières a paradoxalement incité
les immigrés à faire venir leur famille qui tend à
aspirer une part croissante des ressources des immigrés. De
plus, beaucoup de projets de développement se heurtent à
l’enclavement de la région.
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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Fermeture de l’Ecole Franco-polonaise des télécoms.
L’Ecole des nouvelles technologies de l’information et de la communication
de Poznan a dû fermer ses portes le 1er Octobre faute de financement. 
Créée en 1992 avec l’aide de collectivités locales
de Bretagne, une fondation avait été créée
pour en assurer le financement. On y trouvait au côté de (FT)
France Télécom et des 3 écoles d’ingénieurs
de la DEST, les deux industriels français installés
en Pologne, Bull et Alcatel. Du côté polonais, s’étaient
engagés l’opérateur TPSA détenu par l’Etat, le ministère
de l’éducation nationale et celui de l’intégration européenne.
Le financement devait être assuré à parité entre
les parties françaises et polonaises mais sur les 4 ans de fonctionnement,
l’école a obtenu 83 millions de subventions dont 62 millions en
provenance de France, (dont 32,5 millions de FT). Dans le projet
de budget pour 95-96, la contribution polonaise n’était que de 8%
contre 80% pour la France.
La partie polonaise se défend en estimant que les financements
avaient été sous-estimés et explique ne plus
avoir assez d’argent.
En novembre la quasi totalité des enseignants étaient
au chômage. Quant aux étudiants, ils ont obtenu des bourses
françaises pour poursuivre leurs études en France.
Le retrait de FT, estimant ne plus pouvoir continuer à être
le principal contributeur, suivi de celui des autres membres de la Fondation
du côté français, a entraîné la fermeture
de l’école.
Les commentateurs évoquent plusieurs raisons à ce retrait.
D’une part dans le cadre de sa privatisation partielle FT a décidé
de mettre fin au financement de l’enseignement professionnel. Mais surtout
FT qui avait mis beaucoup d’espoir sur son implantation en Pologne a en
fait rencontré un certain nombre de difficultés. FT avait
été empêché de concourir à un appel d’offre
pour un réseau de téléphonie cellulaire numérique
en Pologne. De plus un conflit l’a opposé à TPSA au sein
de Centertel à propos du partage des recettes. Ce dernier qui regroupe
TPSA (51%), FT (24,5%) et Ameritech (24,5%) exploite un réseau de
téléphonie cellulaire analogique.
Les choses semblent pourtant depuis s’arranger. FT et TPSA ont racheté
en décembre les parts d’Ameritech. De plus FT aurait obtenu
l’assurance d’être associé à la privatisation de TPSA
et de participer à un appel d’offre pour un troisième réseau
de téléphone numérique.
Toujours en Pologne, le lobby industriel PLP qui rassemble une trentaine
de sociétés d’Etat a accusé en novembre le gouvernement
d’ "avoir permis la destruction" de l’industrie des télécommunications
polonaises par SIEMENS, ATT et ALCATEL. Selon le président de PLP
ces 3 groupes avaient promis que 50% des appareils installés
soient produits en Pologne, promesse qu’ils n’ont pas tenue. Et selon un
responsable du syndicat SOLIDARITE, Les emplois dans l’industrie des télécoms
sont passés en 5 ans de 8000 à 2500 personnes.
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Sénégal : Concertation syndicats-gouvernement
.

Après l’acquisition du tiers de la SONATEL par l’opérateur
Télia, la concertation porte sur l’acquisition de 10% du capital
par les travailleurs de la SONATEL. L’intersyndicale après
avoir été fortement opposée au processus en cours
cherche aujourd’hui les moyens d’acquérir au mieux pour les travailleurs
cette part du capital. Equivalente à 21 milliards de FCFA,
ils n’ont pour l’instant réuni que 1 milliard et espère atteindre
les 4 milliards.
Pour sa part l’opérateur Télia, aux côtés
des 3 autres européens PTT Télécom des Pays Bas, Swiss
PTT et l’espagnol Telefonica viennent de signer un accord avec ATT, permettant
notamment l’interconnexion avec le réseau international du géant
américain. Ainsi l’entrée de Télia au Sénégal
représente-t-il aussi une nouvelle porte d’entrée des américains
sur le marché africain.
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Les plus gros opérateurs africains
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Privatisation de CITELCOM : France Télécom
l’emporte.

La cession a été fixée à 1,05 milliards
de FF et c’est sa filiale FCR, France Câbles et Radio, alliée
à la société ivoirienne SIFCOM représentant
d’ALCATEL qui va prendre le contrôle de la société
ivoirienne des télécommunications la CI-TeLCOM avec 51% du
capital.
FCR s’est engagé à mener une politique de formation rigoureuse
et à créer 10000 emplois directs ou indirects. Le plan inclut
le remboursement à l’Etat ivoirien de la dette de CI-Telcom (400
millions de FF). Un programme d’investissements de 2,5 milliards de francs
sur 5 ans est prévu afin de créer 300000 lignes supplémentaires.
La CITELCOM emploie aujourd’hui 3600 salariés et exploite 70000
lignes. La densité devrait donc passer de 0,8 à 2,5 lignes
pour 100 habitants.
Le monopole sur les services de base devrait être conservé
pendant 7 ans, la concession ayant elle été accordée
pour 20 ans. Il est en outre prévu un accroissement du capital de
la société de 11 milliards dont 49% doivent être
apportés par l’Etat.
FT est déjà partenaire de SIFCOM dans la SIM (Société
Ivoirienne des Mobiles) pour l’exploitation d’un service GSM dénommé
Ivoiris opérationnel depuis octobre 1996. La SIM doit affronter
la concurrence de 2 autres opérateurs de téléphonie
cellulaire, Comstar une société américaine et Loteny
Telecom associée à Telecel international qui exploite déjà
des réseaux au Zaïre et à Madagascar. Cette dernière
va bénéficier d’un prêt de la Banque Africaine de développement
de 4,25 millions de dollars. Elle a en outre obtenu une licence provisoire
lui permettant d’utiliser son relais terrien pour écouler son trafic,
international sans passer par la CITELCOM, et proposerait des tarifs de
20% inférieurs à cette dernière (Le Monde 16/11/96).
Outre FT deux autres sociétés s’étaient porté
candidates pour acquérir 51% de la société des télécoms
ivoiriennes, Telecom Malaysia et Africa Bell un consortium de société
ivoirienne. La deuxième bénéficiait du soutien de
l’ensemble de la presse ivoirienne qui voyait en elle l’émergence
d’investisseurs ivoiriens enfin capables de s’opposer à la toute
puissance française. On y employait les termes de « mascarade
 », de « hold up », de « recolonisation ».
Un accord devait être conclu avec ATT pour qu’il acquiert 35%
d’Africa Bell. Finalement le comité de privatisation a estimé
officiellement que cette société ne présentait pas
toutes les garanties bancaires et que l’accord avec ATT n’était
pas suffisant pour assurer un engagement durable du géant américain
au côté d’Africa Bell. Jusqu’au dernier moment les dirigeants
de cette dernière se sont défendus contrant les arguments
qu’on leur opposait et faisant même une offre supérieure à
celle de FT mais sans succès.