Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de Novembre 2003 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de Novembre 2003

lundi 5 janvier 2004, par Bruno JAFFRE

La Lettre de novembre 2003
No : 96

Jean Louis Fullsack et Bruno jaffré
ont participé à la rédaction de ce numéro.

 

 Sommaire
 :

Editorial
CSDPTT agit, débat, et s’expose
______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

CSDPTT au forum social européen
de Paris St-Denis, Bobigny Ivry

En bref : Mission de téléphonie
rurale au Mali, Mission de téléphonie rurale au Burkina Faso,
CSDPTT Rhône Alpes au forum des associations d’Annecy, la fréquentation
du site de CSDPTT bat des recors

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Maurice : la concurrence s’organise
SMSI 2005 : La Tunisie confie
l’organisation à un tortionnaire

Burkina : Session de TELECEL
mouvementée

L’UIT en crise
En Bref  : Maroc, Gabon, 
Bénin, Nigéria

________________________________

Nets actus
En bref  : Sénégal,
Algérie

________________________________

Initiative
L’ANFA organise une formation LINUX
pour le personnel de l’OPT du Bénin

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Le Billet de Jean Louis Fullsack
Congos et mirages (1ère partie)
par Jean Louis Fullsack

 
 


Editorial
CSDPTT agit, débat, et s’expose
C’est un programme chargé qui attend CSDPTT dans
les mois qui viennent. Avec l’approche de l’hiver, c’est le temps des missions,
la meilleure période pour éviter les grosses chaleurs.
Deux missions téléphonie rurale sont d’ores et déjà
programmées une au Mali et une autre au Burkina Faso. Il est temps
en effet de renouer avec le concret, la raison d’être de CSDPTT.

Par ailleurs, la tenue du Forum Social Européen
en Ile de France est une bonne opportunité, pour aller à
la rencontre du mouvement social altermondialiste.

Pour nous en effet construite un autre monde plus juste,
plus solidaire, c’est d’abord agir tout de suite, mais nous ne saurions
nous satisfaire du raccordement de quelques villages sans témoigner
des besoins et de réfléchir à des solutions globales.

C’est la raison toute simple de notre participation au
Sommet Mondial de la Société de l’Information, comme de notre
participation au Forum Social Européen où nous espérons
bien faire de nombreuses rencontres fructueuses.

Bruno Jaffré

________________________________

Echos
de CSDPTT et de ces correspondants

CSDPTT au forum social européen de Paris St-Denis,
Bobigny Ivry

CSDPTT a signé l’appel des organisateurs pour
le Forum Social Européen.

Par ailleurs l’association y participera activement :
- En organisant avec le collectif SMSI France un séminaire
intitulé "Sommet Mondial de la Société de l’Information
 : pour une alternative au dogme néolibéral". Jean Louis Fullsack
doit intervenir dans ce séminaire sur le financement des infrastructures
des télécommunications en Afrique (13/11/ 2003 14h-17h à
Bobigny (93) au Grand Chapiteau Parc de la Bergère)

- Bruno Jaffré a été invité
au séminaire organisé par Sud-PTT sur le Thème de
"Télécommunications Bien Public Mondial". Il y interviendra
sur les privatisations des opérateurs publics en Afrique.
(13/112003 14h-17h à Saint Denis (93) au Foyer de l’Académie
Annie Fratellini).

- Un atelier est organisé en collaboration avec
les associations africacomputing et NTBF sur le thème : "Quelle
coopération Nord- sud dans le domaine des NTICS" (13/11/2003 9h-13h
Ivry Bourse du travail à Ivry (94))

- CSDPTT tiendra un stand avec les associations africacomputing,
aedev et NTBF.

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En bref
Jean Marc Roussel et Daniel Churlet de CSDPTT Rhône,
partent en mission au Mali le 22/11 pour 2 semaines. Cette
mission doit permettre l’installation d’une liaison téléphonique
au centre de formation de Soufouroulaye dans la région de Mopti,
l’étude du raccordement au réseau téléphonique
d’autres villages de la région, et la formation de techniciens sur
le matériel. La mission est financée par l’association Congés
Solidaires qui gère le centre de formation.

Alain Farges et Jean Claude Costes de CSDPTT Rhône
Alpes partent en mission au Burkina Faso à partir du 29 novembre
pour 2 semaines. Ils doivent procéder au raccordement du village
de Sérékéni au réseau téléphonique,
visiter les sites de la région de Toma et étudier avec l’association
SODPTEL-Burkina le raccordement d’autres villages.

CSDPTT Rhône Alpes a tenu un stand au forum
des associations d’Annecy le
19 octobre. Quelques contacts ont été
établis avec d’autres associations. En particulier, M. Bosson, le
maire d’Annecy s’est attardé à notre stand qui lui a permis
de découvrir notre association sur laquelle il a porté un
certain intérêt.

La fréquentation du site de CSDPTT http://www.csdptt.org
est en forte augmentation depuis septembre. Ainsi alors que la moyenne
quotidienne de visites sur un mois ne dépassait pas la centaine
jusqu’ici, elle est passée à 129 en septembre et à
164 en octobre. Par ailleurs le record du nombre de visites quotidiennes
a été battu le 13 octobre avec 240 visites dans la journée.
Le record du nombre de visites hebdomadaires est par ailleurs passé
à 1226 dans la semaine du 12 au 18 octobre. Ce chiffre n’était
qu’aux alentours de 700 avant septembre et n’est pas descendu en-dessous
de 1000 depuis début octobre.

________________________________

Echos
des postes et télécoms dans le monde

Maurice : la concurrence s’organise
 Le groupe réunionnais et antillais Outremer
Telecom, principal concurrent de France Telecom à La Réunion,
et le groupe mauricien Rogers Telecom ont décidé de s’allier
pour concurrencer Mauritius Telecom à Maurice sur la téléphonie
internationale et l’Internet. Ils opéreront sous la marque Rogers
Telecom et ont créé un joint-venture dont ils détiennent
chacun 50% des actions et opéreront sous la marque Rogers Telecoms.

Avec un chiffre d’affaires qui avoisine les 57 millions
d’euros et plus de 120.000 clients Outremer Telecom est la compagnie n°
1 de la téléphonie dans les Départements français
d’outre-mer (La Réunion, Antilles et Guyane française). Elle
a conquis 25% de part de marché dans ces territoires, face à
France Telecom, indique-t-on. Outremer Telecom avait pu décrocher
des licences d’exploitations en téléphonie et Internet à
Maurice, suite à la libéralisation du secteur dans l’île.

Rogers Télécom appartient au plus
important conglomérat de services mauriciens, mais n’a d’autre expérience
en télécommunications que dans la gestion d’un centre d’appels.

La nouvelle entité proposera la téléphonie
longue distance et l’Internet pour les particuliers et les entreprises,
des cartes téléphoniques prépayées, la location
de liaisons internationales sur satellite, l’utilisation du câble
en fibre optique ’Safe’ et des services de transmission de données.
La nouvelle entité, se propose d’offrir des prix inférieurs
à ceux pratiqués aujourd’hui, "tout en visant une qualité
de service supérieure".

La compagnie vise 5% du marché pour la première
année d’opération et 21% au bout de la cinquième année.
Elle espère atteindre le seuil de rentabilité à la
troisième année d’activité. (Source Agence Panapress
http://wwww.panapress.com)

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SMSI 2005 : La Tunisie confie
l’organisation à un tortionnaire

La Tunisie vient en effet de choisir le général
Ammar pour présider le Comité d’Organisation de la 2 ème
session du Sommet Mondial de la Société d’Information prévue
à Tunis en 2005.

En effet selon l’Organisation Mondiale Contre la Torture
(OMCT), le Général Habib Ammar, ancien Commandant de la Garde
Nationale et ancien Ministre de l’intérieur de la Tunisie le Général
Habib Ammar a exercé ses fonctions de 1984 à 1988 période
au cours de laquelle la torture a été pratiquée de
manière systématique dans le pays.

En 1986, le Général Habib Ammar a créé
la direction nationale des services spéciaux, désignée
comme le service de « Recherches et investigations » (abhath
wa taftich), plus connu sous l’abréviation SS. Ces services spéciaux
ont été responsables de la torture de centaines de personnes,
pour leur majorité des opposants au régime de Bourguiba et
des manifestants. Suite au coup d’Etat de novembre 1987 par le Général
Ben Ali, le Général Habib Ammar a été nommé
Ministre de l’intérieur. Pendant la période où il
était ministre, les locaux du Ministère de l’intérieur
ont été transformés en centre de détention
et de torture.

Les méthodes de tortures utilisées par
les services de sécurité et les forces de l’ordre tunisiennes
pendant la période où le Générale Habib Ammar
a exercé ses fonctions, et jusqu’à ce jour, sont particulièrement
brutales. Les violences suivantes, entre autres, ont été
décrites par de nombreuses victimes : 1) attacher la victime dans
la position dite « poulet rôti » ; 2) bastonnade ; 3)
chocs électriques ; 4) jeter de l’éther sur les testicules
de la victime ; 5) élastique autour du pénis ; 6) application
d’acide nitrique ; 7) brûlures par des cigarettes. (Source : http://www.omct.org)

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Burkina : Session de TELECEL
mouvementée

La cession de TELECEL Burkina fait suite au revirement
de stratégie d’ORASCOM après sa décision de se retirer
de l’Afrique subsaharienne pour se concentrer sur le Maghreb et par la
nécessité de disposer de liquidité pour financer l’achat
de nouvelles licences.

Mais cette cession a été quelque peu rocambolesque
et selon le bimensuel burkinabé l’Evenement, "il y a eu dans l’affaire
Telecel Faso un acharnement à tordre le cou à la légalité".

C’est en effet par un peloton de CRS qu’à la mi-août
2003, l’ancien directeur de Telecel Burkina, Hughes Bridault, a été
expulsé de son bureau au profit d’un membre de l’équipe D’Atlantique
Telecom, une société ivoirienne liée à la Banque
Atlantique de Côte d’Ivoire (BACI), qui s’est porté acquéreur
assisté par le cabinet d’ingénierie français Yves
Houssin.

Telecel Burkina était jusqu’ici détenu
à 70% par Télécel International du groupe ORASCOM
et à 30% par un groupe burkinabé Soyaf Communication.

Mais Telecel avait obtenu un financement à moyen
terme à hauteur de 4,5 milliards de francs CFA de la Banque Ouest
Africaine de Développement (BOAD) et signé un contrat l’obligeant
à rester jusqu’à la fin du financement de manière
irrévocable. En cas de changement extraordinaire, la cession de
la licence devait être autorisée par la BOAD. Or celle-ci
avait refusé de valider la cession du fait l’insuffisance des garanties
présentées par la BACI, au motif que cette derniére
n’était pas capable d’assurer la substitution de garantie
et pour son manque de compétence dans le domaine de la téléphonie
mobile. De plus le groupe Soyaf s’opposait aussi à la cession au
moment de l’intervention du peloton de CRS. Il n’a accepté de vendre
ses parts qu’en septembre et le DG de Télécel n’était
alors autre que M. Salif Yaméogo qui dirigeait Soyaf Communication.
Toujours selon, l’Evènement, l’intervention des CRS Ne s’est faite
qu’ à la vue d’un fax faisant état d’un Conseil d’Administration
tenu à Paris… notifiant le changement de direction.

L’Autorité de régulation des télécommunications
(ARTEL) qui assure la police des sociétés de téléphonies
mobiles n’avait pas non plus été consultée alors qu’elle
était chargée de l’application de l’arrêté portant
autorisation d’établissement et d’exploitation accordée à
Telecel Faso. Mais une fois informée, elle s’est auto-saisie du
dossier comme le lui autorisent ses attributions. Elle a alors adressé
une mise en demeure au responsable de Telecel international en lui signifiant
que "le gouvernement n’a pas autorisé la cession des actions entre
Telecel International et Atlantique Telecom et donc la cession des actions
ne saurait ni intervenir ni avoir un quelconque effet juridique" 
et ceci quelques jours après l’intervention des CRS. La confusion
a alors duré quelques jours mais la mise en demeure de l’ARTEL est
restée lettres mortes. En effet après que M. Yaméogo
ait accepté de vendre ses parts, le ministre des Postes et Télécommunications
a pris un décret de "régularisation" de la procédure
autorisant cette cession. (Source l’Evènement http://www.evenement-bf.net).

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L’UIT en crise
Selon l’hebdomadaire suisse l’Hebdo, le Secrétaire
général de l’Union Internationale des Télécommunciations,
Yoshiro Utsumi, a été accusé de « gestion financière
épouvantable » et menacé de destitution.

Les relations entre le Conseil, le groupe d’Etats membres
chargé d’assurer le fonctionnement harmonieux de l’UIT et Utsumi
se sont dégradées fortement. M. Utsumi a fait peu de cas
de la compétence du Conseil et ignore sa demande de réforme.
De son côté, le Conseil refuse d’approuver le budget, invoquant
le manque de transparence dans les systèmes comptables de l’UIT,
ce qui pourrait bloquer les activités à venir de l’organisation.

Même les membres du personnel de l’UIT ont exprimé
leurs préoccupations, lors d’une manifestation publique où
ils dénonçaient « la gestion catastrophique » de
l’UIT

World Telecom 2003, organisé par l’IUT a perdu
le soutien de la plupart des fabricants majeurs et sera de bien moindre
ampleur que les éditions précédentes.(Source l’Hebdo)

Commentaires de Jean Louis Fullsack
"Sur le fond le problème Utsumi est latent,
au moins depuis la dernière Plénipo. Comme je l’écrivais
alors dans le compte-rendu rapide de la Plénipo, les problèmes
financiers de l’UIT que la ringardise des Membres des secteurs -donc le
secteur privé- a suscités, auraient nécessité
une démarche beaucoup plus ferme d’Utsumi. Il fallait mettre alors
sa démission en jeu pour faire changer d’attitude au secteur privé,
mais aussi à quelques grands pays comme les USA qui ne paient pas
plus que la France ou l’Allemagne et à peine deux fois plus que
la Suisse.

Sur le plan constitutionnel on ne peut pas démettre
le Secrétaire général en dehors des Plénipo.
Donc la question du journaliste doit être répondue négativement.
Il faudrait convoquer une Plénipo extraordinaire si on voulait changer
de tête. Une autre solution est la démission volontaire d’Utsumi
 ; elle pourrait être avalisée par le Conseil car elle propulse
automatiquement le Secrétaire adjoint (Roberto Blois, Brésil)
à la tête de l’UIT. Mais c’est mal connaître l’entêté
Yoshio !

Il est vraiment navrant pour toute la collectivité
des télécommunications que la seule organisation multilatérale
mondiale qui a encore le soutien des pays en développement et malgré
tous ses égarements (toute organisation peut se ressaisir !), sombre
aussi lamentablement et que finalement les vraies causes de ce naufrage
soient imputées à un homme (certes médiocre, de l’aveu
de tous les observateurs) et non aux problèmes de fond qui résultent
d’une "libéralisation" aussi précipitée que dogmatique
de la "maison" que lui ont imposé les grandes puissances et leurs
lobbies, avec certes une grande connivence voire complicité dans
l’UIT même. Et dans ce jeu pervers le système des Nations
Unies et les institutions de Bretton Woods n’y pas été les
derniers à "mettre la pression".

Mais c’est bien sur son programme "ultra-libéral"
qu’Utsumi avait été élu en 1998 à la tête
de l’UIT !

Alors Utsumi l’arroseur arrosé ? Ca en a bien
l’air".

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En Bref
Au Maroc, Maroc Telecom, dont le
Français Vivendi Universal détient 35% du capital vient de
passer le cap de 5 millions d’abonnés au GSM (AFP 30/09/2003). La
société détient ainsi 70% de parts de marché
contre 30% à Medi Telecom, un groupe luso-hispano-marocain. Maroc
Telecom a déployé 3.200 relais sur l’ensemble du territoire
national et constitué plus de 8.000 points de ventes dans les différents
centres urbains du royaume.

Au Gabon, 7 opérateurs, dont France-Télécom,
Portugal Telecom, Maroc- Télécoms, Corea Telecom, le norvégien
Telnor, l’allemand DTCON et le chinois ZTE sont candidats au rachat de
35% du capital de Gabon Telecoms, couplé à un mandat de gestion. 
Par ailleurs le président du Syndicat des professionnels des postes
et télécommunications (Sypropostel), Gilbert Wora revendique
15% du capital pour les salariés. Estimant que Gabon-Télécoms
est une entreprise qui se porte plutôt bien, M. Wora a craint que
l’Etat gabonais ne procède à son "bradage pur et simple"
(Source Panapress).

Au Bénin, après Libercom,
Télécel-Bénin et Bénincell un quatrième
opérateur de téléphonie mobile Bell Bénin
Communications, s’apprête à entrer sur le marché. L’investisseur
principal est l’homme d’affaires Issa Salifou, alias Saley, qui a fait
fortune dans la gestion des parcs de véhicules d’occasion « 
venus de France ». IL est par ailleurs député de l’Union
du Bénin du futur (UBF), une coalition de partis soutenant l’action
du président Mathieu Kérékou.

Le Nigéria a mis en service son premier
satellite
lancé par une fusée russe. Le satellite,
d’une valeur de 13 millions de dollars (plus de 11 millions d’euros), doit
contrôler les ressources en eau du pays, l’érosion de ses
sols, la déforestation et les catastrophes naturelles. Il doit aussi
surveiller les infrastructures militaires et pétrolières
du pays alors que plusieurs centaines de barils sont volés chaque
jour.

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Net
- actus

En bref : Au Sénégal,
la Sonatel vient de faire passer la bande passante Internet à l’international
à 310 Mbps, Elle était de 79 Mbps depuis novembre 2002.

En Algérie, les tarifs de connexion
viennent d’être réduits de 50% après un accord signé
entre Algérie Télécom et L’association des fournisseurs
des services Interne.

Ces réductions interviennent alors qu’il y a quelques
mois, des tarifs du téléphone fixe avaient augmenté
de 300% ce qui avait entraîner la désertion des cybercafés.
L’heure de connexion était passée de 80 dinars (un dollar)
à 120 dinars (1,5 dollar). La convention signée, prévoit
aussi l’augmentation de la bande passante dont le prix vient d’être
également réduit de 50 pour cent. D’autre part l’ADSL devrait
être bientôt disponible. (source Panapress)

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Initiative
L’ANFA organise une formation LINUX pour le personnel
de l’OPT du Bénin

Cette formation s’est effectuée dans le cadre
d’une coopération entre l’Institut Universitaire de Bénin
(IUB), un jeune institut qui venait de boucler sa première année
universitaire, et l’association (A.N.F.A), (APRIL-NTIC-FRANCE-AFRIQUE).

Environ 25 techniciens de l’Office des Postes et Télécommunications 
du Bénin ont suivi la formation Découverte du 21 au 7 juin
(durée 15 heures participation financière 76 euros) et environ
20 techniciens et ingénieurs de l’OPT (auxquels ont été
joints 4 ingénieurs non OPT) ont suivi du 9 au 21 juin 2003 la formation
Administration Linux (durée : 60 heures ; participation financière
 : 150 euros).

A cette occasion l’ANFA a offert à l’OPT et à
l’IUB des boîtes de Linux Mandrake et distribué de nombreux
cdroms dit Download édition à tous les stagiaires.

Cette formation a pu voir le jour grâce à
l’engagement du directeur de l’informatique de l’OPT, déjà
acquis à l’intérêt des logiciels libres et de LINUX, 
qui était à la recherche de formateur pour ce genre de mission
et avait déjà démarché des professionnels de
France et d’Afrique du Nord.

Le devis a été établi par l’IUB,
qui souhaitait surtout à cette occasion faire de la publicité
pour l’institut et les logiciels libres. L’IUB s’est par ailleurs engagé
à soutenir financièrement l’action de l’ ANFA. L’OPT a réglé
la formation pour ses stagiaires.

Le directeur de l’informatique de l’OPT a décidé
d’un inventaire des logiciels et licences des produits de microsoft utilisés
à l’OPT, et devrait lancer rapidement un projet de migration de
la bureautique de l’OPT de MsOffice vers OpenOffice. A suivre donc…

Cette formation, entourée de publicité,
n’a pas manqué de susciter la réaction de Microsoft qui a
dépêché sur place un émissaire depuis Abidjan
en Côte-d’Ivoire pour rencontrer le Directeur Général
de l’OPT. Le message était le suivant : "Linux ce n’est pas bon
et si au cours d’un audit on se rend compte que vous utilisez des logiciels
de Microsoft sans les licences, ça pourrait faire très mal".
Mais le DG de l’OPT s’en est remis à son directeur de l’Informatique
que l’émissaire de Microsoft s’est gardé de rencontrer connaissant
sa position ferme. La collaboration entre l’OPT et l’ANFA devrait se poursuivre.
Pour plus d’informations sur l’ANFA voir le site http://www.anfalab.org
.

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Le Billet
de Jean Louis Fullsack

Congos et mirages (1ère partie) par Jean Louis
Fullsack

On devrait toujours lire les dépêches d’agence,
surtout celles de PANA. Deux d’entre elles dormaient dans ma boîte
aux lettres depuis le mois de juin. Elles sont symptomatiques du « 
traitement de l’information » par des journalistes qui « rapportent
l’événement et les propos tenus à son occasion »
sans un minimum d’analyse préalable et de vérification a
posteriori, et sans s’entourer de la prudence la plus élémentaire
dans les affirmations. Ces dépêches rendent compte du projet
de liaison hertzienne entre Brazzaville et Kinshasa, capitales des deux
Congos » se faisant face par dessus le fleuve Congo à la hauteur
du « Stanley Pool ». Pour la compréhension du texte,
je mets en italique les termes des dépêches.

Je constate à la lecture de la première
dépêche qu’en 2003 on a enfin réalisé -sans
doute par de géniaux ministres des deux côtés du Pool-
que l’économie sous régionale tant recherchée par
les deux gouvernements ne sera réalisable que si elle s’appuie sur
une infrastructure commune performante des télécommunications.
On notera que la liaison hertzienne (note personnelle : un seul bond d’une
demi-douzaine de km par dessus le fleuve), qui serait un don octroyé
par Celtel aux Offices des P&T des deux pays, n’a pas un statut très
clair puisqu’elle interconnecte les deux sous-réseaux de cet Opérateur
mobile de part et d’autre du fleuve. Dès lors cette liaison est
plus propriétaire que publique. Et le « don » n’est
qu’une farce ou un attrape-nigaud.

Car ce que ne disent pas ces dépêches, c’est
qu’un faisceau hertzien FHD 28 a été installé (et
payé) en 1982 entre les deux capitales, mais n’a jamais été
exploité du fait d’antagonismes permanents entre les responsables
politiques des deux pays. Ecrire alors que la liaison directe entre les
deux capitales est une œuvre importante dans l’affirmation de la souveraineté
des Etats vis-à-vis des contraintes technologiques qui obligeaient
les peuples pourtant si proches l’un de l’autre, à transiter en
dehors du continent pour communiquer par téléphonie est tout
simplement démagogique mystificateur et mensonger. Démagogique
car on en appelle aux « deux peuples si proches », mystificateur
car on oublie de dire qu’ils se sont étripés pendant des
années de guerre civile (1997-2001) et mensonger car le transit
« hors continent » était obligatoire … par le blocage
de la liaison hertzienne !

Enfin concluons sur une note plus gaie. Si ce bond hertzien
doit permettre aux deux Etats de se lancer de plain pied dans la révolution
mondiale des nouvelles technologies, c’est plutôt loupé. En
effet, l’équipement y est de technologie des années 80 (PDH)
et manque non seulement de capacité et d’une gestion acceptable
pour un maillon stratégique du Réseau Panaftel mais ne peut
même pas évoluer vers un débit supérieur et
la technologie SDH utilisée dans les réseaux internationaux.
En fait ce n’est pas si gai que ça … c’est même affreusement
triste de voir comment les africains se font manipuler, ici par les américains
mais aussi leurs associés sud-africains. Où est donc la solidarité
africaine dans tout ce fatras ?

Dans la deuxième dépêche le Directeur
général de l’ONPT (Congo) précise que la liaison établie
entre les deux pays a un caractère exclusif. Cette déclaration
est en parfaite contradiction avec les caractéristiques de maillon
stratégique du réseau Panaftel citées par la 1ère
dépêche, et confirme ma suspicion quant à son statut
pour le moins ambigu. Une artère Panaftel doit en effet non seulement
assurer le transit direct entre les deux pays mais aussi le transit du
trafic entre pays tiers.

Les experts de l’OCPT (RD Congo) n’ont rien inventé
en 2002 pour mettre fin à plusieurs décennies de transit
par Paris des appels téléphoniques en provenance des deux
capitales les plus rapprochées du monde. Dans mon Rapport de Mission
UIT pour l’Etude et la mise en œuvre du Réseau Hertzien du Sud-Ouest
du Congo en décembre 1979 approuvé par le Directeur général
de l’ONPT en mai 1980, j’avais inscrit la réalisation de cette liaison
dès la première phase de réalisation du Réseau
(1981-1982) en invoquant le même argument et en ajoutant que les
populations des deux capitales et régions avoisinantes parlaient
le même langage : le lingala.

Je rappelle en outre qu’on ne peut pas parler d’un manque
de liaison directe mais de l’abandon -condamnable pour des raisons les
plus élémentaires- de la liaison existante par divergences
entre responsables politiques des deux pays, et cela malgré l’échange
continuel entre les deux populations par dessus le Pool (voir l’ambiance
qui règne au Beach !) et l’impératif besoin en communication
entre elles.

Ecrire que la société privée Celtel
a brisé la barrière téléphonique relève
de la mystification. Et donner foi à l’affirmation de cette société
selon laquelle cette liaison directe desservira pas moins de 7 millions
de personnes est un non sens, quand on connaît la disette téléphonique
de ces deux pays. Ils ont en effet « réussi » à
avoir nettement moins de lignes principales fixes en 2002 qu’ils n’avaient
en 1985. Et le boom du cellulaire ne compense pas cette régression
 ! En fait un peu plus de 150 000 « cellulaires » sont en service
théoriquement dans les régions en questions et e réseau
fixe s’est effondré (moins de 25 000 lignes).

Cette histoire comporte aussi une leçon :
Une fois de plus le libéralisme débridé
a frappé l’Afrique, mais avec la complicité de ses responsables
 : ce ne sont plus les Opérateurs nationaux qui font les projets
mais les sociétés privées qui les réalisent
… dans la mesure où ça les arrange. Ici Celtel. Et pour faire
passer la « pilule » on la noie dans une potion de pseudo-technologie
et de démagogie. Ainsi servie aux consommateurs congolais et à
la collectivité internationale elle doit leur faire oublier les
décisions aberrantes de leurs responsables et le gâchis économique
qu’elles ont entraîné.

Le « maillon stratégique du réseau
Panaftel » Kinshasa-Brazzaville attend encore le projet qui répond
vraiment aux besoins des populations des côtes du majestueux fleuve
Congo. Et le financement nécessaire …

Jean Louis Fullsack
 

Messages

  • Je tombe par hasard sur votre site et donc votre lettre hyper intéressante. Je viens d’y lire l’article sur le FHD28 Kin-Brazza que j’ai installé et qui effectivement n’a été utilsé que pendant sept mois, puis "modifié" en déport d’abonnés pour quelques privilégiés de kin qui devenaient bonnés de Brazza (n’importe quoi !).
    Je suis resté vingt ans en RDC comme ingénieur de la SAT. je me demande ce que sont devenus les nombreux FHD234 reliant les autocoms de Kin, le réseau FH234 de la gecamines au Shaba, le réseau inter villes toujours en FHD234 du Rwanda.. Que de souvenirs, j’ai vendu et suivi tout cela et votre article vient de tout faire remonter a la surface.. Merci