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lettre de septembre 2003

lundi 3 novembre 2003, par Bruno JAFFRE

La Lettre de septembre 2003
No : 94

Philippe Rigaud et Bruno jaffré ont
participé à la rédaction de ce numéro.

 

 Sommaire
 :

Editorial
Une rentrée mouvementée
 !

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

SOTEL Tchad au bord de la faillite
Congo : réseau par satellite
Guinée Bissau : rupture avec
Portugal Telecom

En Bref : Congo, Madagascar, Burundi,
France, Sénégal, RDC.

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Nets actus
Internet au Congo :
quelques chiffres

Internet au Cameroun : quelques chiffres
Somalie : quelques chiffres
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Articles et documents
NEPAD/NOPADA :
Le nouveau partenariat pour le développement de
l’Afrique :

nouvelle politique ou nouvelle plaisanterie pour divertir
l’Afrique ?

Par Djilali Benamrane Economiste


Editorial
Une rentrée mouvementée !
Finies les vacances ! Les nouvelles de la rentrée
ne sont guère réjouissantes pour des salariés de France
Télécom et de La Poste : une réforme en préparation
pour la première et l’ouverture à la concurrence pour la
seconde. Plusieurs adhérents de CSDPTT vont sans doute se mobiliser…

 Le Sommet Mondial de la Société de
l’Information approche. Lors de la PREPCOM3 nous tenterons encore de faire
entendre les exigences du droit à la communication et notamment
le droit pour chaque village du monde de bénéficier d’un
accès au réseau. Conscients de la nécessité
de nous unir à d’autres ONG, nous avons contribué à
créer un collectif français qui commence à prendre
vie. Sa première initiative va être de proposer de tenir un
séminaire lors du Forum Social Européen de Saint-Denis pour
tenter de sensibiliser le mouvement social sur les enjeux du Sommet.

Mais nous n’oublions pas notre vocation première.
Plusieurs missions de téléphonie rurale et une de formation
dans le domaine des TIC sont prévues ce dernier trimestre. Nous
rencontrons certes des obstacles de tous ordres principalement des difficultés
à trouver des financements, mais notre moral et notre motivation
restent intacts.

Bruno Jaffré

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Echos
des postes et télécoms dans le monde

SOTEL Tchad au bord de la faillite
La Société de Télécommunications
du Tchad (SOTEL-Tchad) traverse une période très difficile
 : en cause, une utilisation sans limite des appareils fixes par des membres
de l’administration et le non paiement de factures téléphoniques
des institutions étatiques et de certains particuliers qui utilisent 
les téléphones des administrations pour joindre des téléphones
cellulaires ou passer des communications internationales. Et lorsque les
techniciens viennent pour couper les lignes on invoque la raison d’état.

On titre d’exemple, un particulier qui ne travaille
pas dans les bureaux du Premier ministre, mais dont les factures sont prises
en charge sur le budget de la primature a consommé à lui
seul 11,5 millions FCA de frais d’appels ce semestre alors que le crédit
total de la primature est 11,4 millions FCFA. Un autre fonctionnaire, admis
sur le budget du ministère de l’Economie et des Finances, a dépassé
de 28.400.000 FCFA, le crédit de téléphone ouvert
pour ce département. Les ministères de la Défense
nationale, des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, seraient aussi
largement responsables de telles dérives.

D’autre part, ce qui ne fait qu’alourdir la dette, SOTEL-Tchad
doit aussi payer des taxes de transit ou de quote-part pour les appels
(surtout internationaux et vers les téléphones mobiles) partant
de ses appareils

Enfin SOTEL Tchad subventionnent aussi la Société
tchadienne des Postes et de l’Epargne (STPE) depuis deux ans.

On apprend par ailleurs que la société
MSI, société opératrice de téléphonie
mobile à travers la marque Celtel, veut renforcer ses activités
dans les télécommunications. (Source Panapress http://www.panapres.com).

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Congo : réseau par satellite
Trois stations terriennes, reliées au satellite
Intelsat "602" viennent d’être inaugurées au Congo, une à
Brazzaville, une autre à Pointe Noire et la troisième à
Oyo au Nord du pays. L’investissement de 53 milliards a pu être réalisé
grâce à un prêt de 2 banques sud-africaines, les équipements
ont été fournis par des sociétés américaines.
Le projet prévoit l’implantation d’infrastructures de communication
dans les onze départements du Congo, qui ne sont plus reliés
par téléphone fixe depuis plusieurs années faute d’une
maintenance du système de communication par faisceaux hertziens.

Des stations terriennes départementales doivent
ensuite être installées puis de petites stations locales pour
distribuer trafic à l’intérieur de chaque département.
Chaque station terrienne départementale comprendra un central téléphonique
numérique dédié aux abonnés fixes, un central
téléphonique numérique pour les abonnés mobiles
GSM, un central numérique en boucle locale radio et une plate-forme
de pré-paiement.

Ainsi tous les chef lieux de départements sont
concernés ainsi que 35 localités d’ici 2005. Le nombre d’abonnés
au téléphone fixe doit passer de 15.000 à 165.000.

Actuellement seuls Brazzaville et de Pointe-Noire disposent
de téléphone fixe. (Source AFP et Panapress)

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Guinée Bissau : rupture
avec Portugal Telecom

Le gouvernement de ce pays vient récemment de
décider le remplacement du groupe Guinée-Telecom, détenu
jusqu’ici à 51% par PortugalTI et à 49% par l’Etat bissau-guinéen,
par la société Guinétel. Le capital de Guinétel
appartient à 90% à l’Etat. Les autres 10% du capital ont
été attribués aux fonctionnaires de l’entreprise.

Certains souhaitent présenter la rupture comme
étant d’ordre politique. Les relations avec le Portugal se sont
tendues après la diffusion l’an dernier par la chaîne publique
portugaise RTP Africa d’un documentaire sur la mort du général
Ansumana Mané, le leader du putsch ayant renversé le président
Vieira le 7 mai 1999. Mais les dirigeants de Portugal Telecom International
ont quitté le pays durant la guerre civile en 1998 et n’ont plus
réapparu. Le paiement de la dette sur les communications internationales
serait aussi une des sources de la rupture ainsi que le refus de négocier
des dirigeants de la société portugaise. Le gouvernement
souhaitait en effet remettre en cause ce monopole d’autant plus qu’aucun
réseau mobile n’a pour l’instant été mis en
place.

Le groupe Portugal Telecom a annoncé cependant
qu’il allait porter en justice la décision de l’Etat bissau-guinéen
de résilier le contrat, signé en 1989 et qui devait expirer
en 2009 qui attribuait l’exploitation exclusive du secteur des télécommunications
à l’opérateur portugais. Le groupe portugais veut aussi attaquer
le protocole d’accord avec l’opérateur sénégalais
Sonatel sur l’attribution d’une licence dans la téléphonie
mobile qui a été signé, avant la rupture du contrat
d’exclusivité avec Portugal Telecom, (Source AFP et Institut des
Communications de Guinée Bissau (ICGB)).

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En Bref
Au Congo, un foyer sur cinq dispose d’un
téléphone portable à Brazzaville où l’on compte
150000 abonnés. Deux compagnies, Celtel Congo et Libertis Télécom
se partagent le marché. Le coût de l’abonnement au mobile
est de 5000 FCFA, contre 200.000 pour le fixe. Les coûts des mobiles
ont beaucoup baissé ces trois dernières années, les
cartes prépayées passant de 15.000 à 5000 FCFA en
2 ans.

A Madagascar, le gouvernement a décidé
la détaxation de plus de 300 produits parmi lesquels les appareils
électroniques et les ordinateurs. Cette décision a entraîné
une baisse effective de 20 à 50% des prix des produits concernés.

Au Burundi, le gouvernement a décidé
de s’engager afin que l’Office Nationale des Télécommunications,
l’ONATEL, créée son propre réseau GSM. Cette décision
fait suite çà un grave conflit fin 2002 avec Telecel dont
l’ONATEL était actionnaire.

En France, selon un sondage de médiamétrie,
près de 5,1 millions d’abonnés au téléphone
mobile auraient renoncé au téléphone fixe contre 4,3
millions en juin 2002 et 3,5 un an plus tôt.

Au Sénégal, Sonatel multimédia
vient de lancer le Ticket Surf, une carte prépayée
permettant d’accéder à des services en ligne. Le crédit
initial est de 2500 FCFA. Services pressentis : envoi de messages SMS,
pronostics hippiques du PMU, l’achat de logos et de sonneries de portable,
ainsi que de tests de QI (Quotient intellectuel)… Rappelons que ce pays
compte près de 600000 abonnés à la téléphonie
mobile.

En RDC, République Démocratique du
Congo
, la ministre des PTT, Mme Gertrude Kitembo, s’est déclarée
déterminée à réhabiliter le téléphone
fixe à travers le territoire national, en mettant un accent particulier
sur les zones rurales et que cet engagement est une priorité que
le gouvernement a assignée à son ministère. Actuellement,
une dizaine de compagnies de téléphonie cellulaire,
implantées seulement dans les agglomérations, se partagent
le marché à des prix bien trop élevés pour
la population.

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Net
- actus

Internet au Congo : quelques chiffres
La connexion du Congo date de 1999 mais elle ne concerne
toujours que Brazzaville et de Pointe Noire, le reste du pays n’etant pas
connecté à part quelques sociétés travaillant
notamment dans la production et la transformation du bois, deuxième
ressource économique du pays après le pétrole.

L’abonnement coûte 50.000 FCFA, il faut au préalable
débourser 100.000F CFA et disposer d’une ligne téléphonique
fixe à l’Office national des postes et télécommunication
(ONPT), aujourd’hui privatisé, pour un montant de 200.000 FCFA.

Les prix ont baissé du fait d’une forte concurrence
et les cybercafés, une trentaine surtout dans le centre ville 
pour 1 million d’habitants, qui fixaient l’heure à 2.000 FCFA l’ont
ramenée à 1500 FCFA et même à 1000 FCFA pour
certains.

Brazzaville compte quatre grands fournisseurs d’Internet
 : Afripa Télécom, Celtel Congo, Cyrus et Congo net. Les connexions
sont souvent perturbées par la lenteur de connexion et les coupures
intempestives d’électricité, l’ONPT ne disposant que d’une
connexion de 56K. Mais le Programme des Nations Unies pour le développement
(PNUD) se propose d’installer un nœud pour le Congo afin d’élever
le débit ce qui devrait diminuer les coûts de connexion. (Source
Panapress).

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Internet au Cameroun : quelques
chiffres

Connecté il y a 5 ans, Le Cameroun compte
aujourd’hui environ 20 fournisseurs d’accès contre 3 au début.
La densité des cybercafés est plus importante à Yaoundé
, 60 pour un million d’habitants, qu’à Douala, 50 pour 2 millions
d’habitants. Le développement des connexions par onde radio qui
semblent avoir la faveur des cybercafés a entraîné
des baisses de prix régulières pour atteindre aujourd’hui 
500 FCFA l’heure contre 2.500 FCFA en 1999.

Une connexion de ce type coûte pourtant 2 millions
de FCFA à l’installation auxquels il faut rajouter des traites mensuelles
qui s’élèvent à environ 250.000 FCFA mais qui peuvent
atteindre 1 million de FCFA pour des débits de 256 Kbits

Selon des observateurs, le manque de formation du personnel
des grandes entreprises entraîne une sous - utilisation des connexions
hauts débits.

Par contre dans les cybercafés, l’afflux de clients,
jusqu’à 20 pour des connexions de 64 kbits rend les connexions particulièrement
lentes, expliquent des fournisseurs d’accès.

Le coût de la connexion à domicile, 
téléphone, modem et ordinateur, étant passé
de 72.000 FCFA à 30.000 FCFA actuellement, ce qui fait du
Cameroun un des pays les moins chers en la matière, détourne
les professionnels des cybercafés pour des connexions individuelles.
Le courrier électronique supplante petit à petit le courrier
postal bien que pourtant le réseau téléphonique défectueux
rend les connexions lentes et aléatoires. (Source Panapress).

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Somalie : quelques chiffres
L’introduction d’Internet dans ce pays date de 1999 ce
qui coïncide avec la fin de la guerre civile. La baisse des prix a
été spectaculaire, le prix de la connexion passant de 45
dollars de l’heure dans certaine région, 30 à Mogadiscio,
à 1 dollar.

Actuellement les frais d’abonnement pour une connexion
à Mogadiscio et dans les autres régions du pays sont de d’environ
10 dollars

Quatre fournisseurs d’accès se partagent le marché
dont trois se trouvent à Mogadiscio. Mogadiscio compte 45 cybercafés
mais ces derniers semblent insuffisants pour les nombreux utilisateurs,
y compris certains illettrés aidés par un personnel qualifié
à l’usage d’internet.

Les coupures restent cependant nombreuses et parfois
longues. Le réseau de télécommunications entièrement
détruit pendant la guerre est petit à petit rétabli.
(Source Panapress).

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Articles
et documents

Nous publions ci-dessous une importante analyse du NEPAD
de M. Djilali Benamrane, ancien économiste principal du PNUD. Il
aborde en particulier les volets du projet concernant les télécommunications.
Nous ne pouvons ici en publier que des extraits mais l’intégral
sera mis en ligne sur notre site. Il manque ici en effet un passionnant
historique des différents projets de développement concernant
l’Afrique qui ont émergé lors des dernières décennies.
La fin de l’article se termine par un très riche tableau comparatif
du NEPAD et PAL (Plan d’action de Lagos pour le développement 
économique de l’Afrique 1980 - 2000) 

La rédaction


NEPAD/NOPADA :
Le nouveau partenariat pour le développement
de l’Afrique :

nouvelle politique ou nouvelle plaisanterie pour divertir
l’Afrique ?

Par Djilali Benamrane, économiste

(Contribution de Djilali Benamrane, économiste,
intervenant en qualité de personne ressource, invitée aux
débats de la Cinquième Réunion du Comité intergouvernemental
d’experts du Centre de Développement sous régional de l’Afrique
de l’Ouest (CDSR-AO/UN-CEA) de la Commission Economique des Nations
Unies pour l’Afrique (CEA). Niamey (Niger) 20 - 22 juin 2002)

(extraits)

Sommaire complet de l’article :
le contexte historique
l’état des lieux
les apports et les limites du NEPAD
un manque de vision et une ambition minimale pour
l’Afrique

quelques conclusions et recommandations
annexes :
- annexe I : portant analyse comparative des objectifs
du PAL et du NEPAD

- Annexe II : portant indications de l’étude
prospective préliminaire de la CEA sur le développement de
l’Afrique 1983 - 2008, étude réalisée dans la mouvance
du PAL (Addis Abeba, avril 1983)

- annexe III : portant éléments bibliographiques
 

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