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Lettre d’aout 2003

vendredi 3 octobre 2003, par Bruno JAFFRE

La Lettre d’août 2003
No : 93

Philippe Rigaud, Jean Louis Fullsack et Bruno
jaffré ont participé à la rédaction de ce numéro.

 

 Sommaire
 :

Editorial
Rêve et réalités
… ou la solidarité au secours du néolibéralisme

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Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Création d’un collectif pour
préparer le SMSI

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Mauritanie : boom du téléphone
Madagascar  : DISTACOM
repreneur de TELMA

En Bref  : Sénégal,
Bénin, Mozambique, Algérie, Bénéfices de Microsoft
et de Cisco, Côte d’Ivoire,

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Nets actus
Tunisie  : vulgarisation de l’outil
Internet sous surveillance policière

Développement de l’Internet
au Gabon surtout à Libreville

Algérie  : développement
de l’Internet et prix élevés

Inde : baisse de l’utilisation d’Internet,
coûts élevés

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Economie
La France gèle son aide  : les
pauvres attendront ! (communiqué de presse de Coordination Sud qui
rassemblent les ONG de France)

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Articles et documents
Réunion Intersessionnelle du
SMSI (UNESCO - Paris 15 - 18 juillet 2003) : Compte-rendu
de
Jean-Louis Fullsack

Financement des infrastructures
 :
quelques pistes SMSI - Réunion intersessionnelle - Paris
15-18 juillet 2003

Intervention de Jean Louis Fullsack au
titre de la Plénière de la Société Civile à
la Réunion plénière du SC-2

 Sommet Mondial de la Société
de l’information  : mon ressenti de la première journée

de la conférence inter-PrepCom de l’UNESCO (15 au 18/07/03)

de Dominique Blanchard  (CSDPTT Paris)
 


Editorial
Rêve et réalités … ou la solidarité
au secours du néolibéralisme

Le financement des infrastructures incontournables, pour
réaliser les objectifs prioritaires du Plan d’Action du SMSI en
vue de « réduire la fracture numérique » dans
les PeD, fait la part belle au rêve, à défaut d’idées
concrètes sur la question.

Dans ce domaine onirique où il excelle, le Président
du Sénégal Abdoulaye WADE avait solennellement annoncé
lors du PrepCom-2 sa proposition de « solidarité numérique
 ». En vertu de celle-ci les internautes des pays nantis contribueraient
« par solidarité » -et au prorata de leur navigation
sur la toile- les ressources indispensables pour financer les infrastructures
des PeD. Pour les acteurs réellement solidaires de la « Société
civile » il est paradoxal voire choquant que le représentant
du néolibéralisme le plus débridé d’Afrique
fasse appel à « la solidarité » pour pallier
les carences et les dégâts les plus criants, en particulier
dans le secteur des télécoms, que cette doctrine a provoqués.
La « solidarité numérique » pour réduire
la « fraction numérique » : voilà un bon slogan
pour le SMSI, et aussi un excellent alibi … numérique ! Le président
du PrepCom, Adama Samassekou, toujours sensible à des concepts aussi
« invertébrés », a déjà prévenu
les participants du PrepCom-3 en confiant au quotidien sénégalais
Le Soleil : « je me ferai fort (sic), avec l’équipe qui m’entoure,
d’aller plus loin (re-sic) avec le président Wade qui, le premier,
a eu l’idée de la solidarité numérique ».

Le problème est que les incantations, fussent-elles
« numériques », ne constituent pas pour autant des solutions
réalistes. Elles permettent cependant de voiler les raisons -bien
réelles- du sous-développement des réseaux de télécoms
des PeD, et tout particulièrement en Afrique. Celui-ci est le résultat
d’une politique menée depuis une décennie sous l’égide
du néolibéralisme concocté par la Banque Mondiale
et le FMI, et propagé avec zèle par l’UIT comme alternative
de l’« ancien modèle de coopération » sous le
vocable récurrent de « partenariat public-privé »
(3P), tout aussi vide de sens que les termes cités plus hauts.

CSDPTT a d’autres idées, plus concrètes
et plus réalistes, pour le financement des infrastructures dans
les PeD, et l’a rappelé en Plénière de la Réunion
Intersessionnelle du SMSI à Paris en juillet : retour au système
de taxation internationale antérieur, arrêt des services de
rappel (« call-back »), coordination des projets d’infrastructure
et recherche de synergies inter-réseaux, abandon du projet pharaonique
« Africa ONE » et réalisation progressive du Réseau
d’Interconnexion Africain pour mettre fin au transit extra-continental
des communications inter-africaines.

Nous re-soumettrons ces mesures -complétées
par d’autres propositions- au prochain PrepCom car nous pouvons mettre
en face de chacune d’elles son montant financier qui pourra alimenter -réellement
et non virtuellement- les ressources pour réaliser les infrastructures
de télécommunications indispensables aux PeD, notamment africains.
Et, suprême avantage, ces propositions n’imposent pas aux africains
de courber l’échine devant les puissants (G8, OMC) pour solliciter
leur bon vouloir : elles ne sont que l’expression de leur droit.

 Jean-Louis Fullsack
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Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Création d’un collectif
pour préparer le SMSI

Une réunion rassemblant des membres des associations
CSDPTT, IRIS, BPEM, ATTAC 92, ATTAC Campus s’est tenue le 9 juillet à
Boulogne.

Initiatives prises lors de la réunion :
o Organisation d’initiatives marquantes durant le SMSI
en décembre. Par exemple, une conférence de presse réunissant
des personnalités comme A. Traoré, M. Pasquali ou M. Quéau.
Autre initiative possible : tenue d’un stand permanent durant le sommet.

o Organisation d’un séminaire spécifique
sur le SMSI au prochain FSE. La réflexion sur le fond peut être
engagée dans ce cadre. C’est l’occasion d’engager une action à
long terme, d’écrire un texte pour le sommet et d’expliquer aux
militants les enjeux du SMSI.

o Rédaction d’un texte court et didactique sur
le SMSI

IRIS a réservé sa réponse pour faire
partie du collectif mais d’autres associations ont depuis fait part de
leur intérêt pour un tel collectif, AEDEV, ANFA et Zalea TV.

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Echos
des postes et télécoms dans le monde

Mauritanie : boom du téléphone
On compterait dans ce pays environ 300 000 abonnés
à la téléphonie mobile, dont 120 000 pour Mattel et
180 000 pour Mauritel alors que les prévisions ne laissaient espérer
que quelques dizaine de milliers d’abonnés. D’autant plus que le 
pouvoir d’achat des Mauritaniens est l’un des plus faibles au monde et
que la densité téléphonique était estimée
à 0,43 ligne pour 100 habitants,

Ce pays bénéficie d’un Projet d’appui à
la réforme de la Poste et des Télécommunications financé
par la Banque Mondiale qui s’est traduit par la mise en place d’une
Autorité de régulation en 1999 et la séparation de
l’OPT en deux entités autonomes (Mauripost et Mauritel) en 2000.

La Mauritanie a cédé ses licences à
28 milliards de dollars, la première, en juin 2000, à la
société Mauritano-tunisienne des télécommunications
(Mattel), un consortium entre Tunisie Télécom et des investisseurs
privés mauritaniens, la seconde en juillet 2000 à Mauritel
Mobiles, filiale de l’opérateur national Mauritel. D’après
la Société Financière internationale, appartenant
au groupe de la BM, ce serait les acquisitions de licence les plus chères
au monde si l’on se réfère au nombre d’habitants

En avril 2001, le gouvernement cédait la gestion
et 54 % du groupe Mauritel (fixe et mobile) pour 48 millions de dollars,
à Ettisalat al-Maghrib, un consortium regroupant Maroc Télécom
et Vivendi, 3 % devant être rétrocédé au personnel.

Les nouveaux opérateurs auraient investi
124 millions de dollars les deux premières années. Par ailleurs,
le nombre d’abonnés au fixe est passé de de 18260 en 1999,
à 34000 abonnements fin 2002, à la veille des privatisations.
Huit provinces sont d’ores et déjà raccordées, le
gouvernement ayant exigé de l’opérateur du fixe de desservir
22 des 53 chefs-lieux de moukataa (« provinces »), les suivantes
devront l’être avant 2005. Les opérateurs du mobile se sont
quant à eux occupés de toutes les moukataa situées
sur les principaux axes routiers, mais atteignent toujours moins de 20
% des autres.

Et il reste pas mal de progrès à faire
pour la qualité du service et les tarifs restent élevés. 
C’est ainsi qu’en janvier 2003, l’Autorité indiquait que chez
la Société Mattel SA, le taux de perte du réseau,
qui devrait se situer en dessous de 5%, avait atteint le seuil "catastrophique"
de 74% dans certaines localités du pays, et même de 100% à
Aleg, sur l’axe Nouakchott-Ross. Quant à Mauritel, elle notait des
taux de perte se situant entre 86% et 77%, respectivement dans les villes
de Kiffa et Aioun. (Source JA l’Intelligent juin 2003, Panapress
).

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Madagascar  : DISTACOM
repreneur de TELMA

Les nouvelles autorités semblent vouloir confirmer
le choix de DISTACOM comme repreneur de TELMA (60000 abonnés) pour
exploiter la téléphonie fixe alors que le choix avait
été fait à l’issue du dépouillement des offres
en janvier 2002.

Le groupe Distacom prévoit 60 millions de 
dollars d’investissements (365 milliards Fmg) sur 5 ans et s’est par ailleurs
engagé à ne pas licencier bien que les salariés au
nombre de 2800, continuent à exprimer des inquiétudes.
La signature définitive n’a cependant pas encore été
apposée, DISTACOM procédant actuellement à la visite
des installations avant de déposer son "business plan".

D’autres problèmes pourraient cependant ralentir
le processus. En effet France Télécom, candidat malheureux
à l’appel d’offre, détient 34% du capital de la TELMA. par
l’intermédiaire de France Cable Radio. DISTACOM n’a racheté
pour l’instant que 34% du capital qui appartenait à l’Etat. Le processus
prévoit qu’en cas d’échec France Télécom devrait
céder ses 34% au repreneur mais les modalités de cette
cession ne sont toujours pas connues. France Télécom avait
déposé des réclamations portant sur certains points
du dépouillement des offres. L’opérateur français
a été débouté mais la situation conflictuelle
pourrait persister qui ne faciliterait pas cette cession. (Source L’Expresse
de Madagascar)

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En Bref
Le Sénégal va bénéficier
d’un financement de 6,5 millions de dollars pour assister ses 12.000 télécentres
et plus de 200 cybercafés. Ce pays vient en effet d’être choisi
comme pays pilote pour le programme dénommé Digital 
Freedom Initiative (DFI) ou Initiative en matière de Liberté
Numérique, une initiative parrainée par le Département
du Commerce, l’USAID et le secteur privé américain..

Au Bénin, les autorités béninoises
ont décidé de supprimer les appels téléphoniques
des postes de l’administration vers les portables privés. Cette
direction résulterait du fait que le pays aurait enregistré
en 2002, un dépassement de deux milliards de FCFA sur le crédit
d’un milliard de FCFA affecté au téléphone chaque
année.

Pour le seul premier trimestre 2003, les estimations
sont largement au-dessus des dépassements des deux milliards enregistrés
l’année dernière.

Au Mozambique, la TDM, la compagnie nationale
des télécommunications du Mozambique, a annoncé une
hausse, à compter du 1er août, de 35 pour cent du prix des
communications locales. Les appels à l’international ont été
légèrement réduits, mais les appels sur téléphone
mobile à partir d’une ligne fixe ont augmenté de 18,6 pour
cent

L’Algérie comptait fin juillet 869287
abonnés au réseau GSM contre 451000 fin décembre 2002,
selon, l’Autorité de régulation des postes et télécommunications
(ARPT), 141.000, pour Algerie Telecom et 728000 pour Orascom.

Microsoft a enregistré un bénéfice
net
de plus de 10 milliards de dollars pour l’exercice 2002. Cisco
a enregistré un bénéfice net de plus de 2 milliards
de dollars au cours du dernier trimestre. On attend des chiffres « 
au moins équivalents » de HP-Compacq.

En Côte d’Ivoire, la guerre aurait
fait perdre plus de 30 milliards de FCFA à CI-TELCOM. On annonce
par ailleurs l’ouverture totale du marché des télécommunications
début 2004 ce qui devrait se traduire par la perte du monopole de
CI-TELCOM sur la téléphonie fixe.

La Côte d’Ivoire compte 1.200.000
abonnés à la téléphonie mobile selon les chiffres
du ministère ivoirien des Télécommunications et des
Nouvelles technologies de l’information et de la Communication, Télécel
en compte 530.000, "Orange" 580.000 , et Cora SA 35.000.

Au Sénégal, M. Ousmane Sy,
conseiller du Président de la République aux Nouvelles 
technologies a déclaré au cours d’une récente conférence
de presse qu’il y aurait un troisième opérateur de téléphonie
dans ce pays.

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Net
- actus

Tunisie : vulgarisation de l’outil Internet sous surveillance
policière

La Tunisie est bien connue pour avoir mis en prison le
journaliste Zouhair Yahyaoui après la mise en place d’un site
critique par rapport o la politique gouvernemental. Ce pays développe
par ailleurs une stratégie de développement de l’utilisation
d’Internet contrôlée cependant par l’Agence tunisienne d’Internet
(ATI) qui joue le rôle d’opérateur national pour les services
Internet en Tunisie mais qui s’est aussi doté d’outils pour surveiller
les usages et repérer les internautes non conformes.

Douze fournisseurs d’accès opérent en Tunisie
dont sept publics et cinq privés.

Les frais de connexion ont subi plusieurs baisses importantes
depuis 1998. Actuellement, les tarifs d’abonnement sont de 50 DT pour tous
les publics, de 20 DT pour les professionnels et de 10 DT pour l’ordinateur
familial. La minute de connexion est de 0,020 DT en tarif normal et de
0,014 DT en tarif réduit (heures de nuit et dimanche).

Outre l’action sur les prix, le gouvernement a pris plusieurs
initiatives : doter les familles d’un ordinateur au prix de 1.000 dinars
tunisiens soit 782 dollars avec des facilités de paiement, bus internet
qui sillonne les zones les plus reculées, création d’un Fonds
national pour aider au développement de sites web tunisiens, projet
de création d’espaces Internet publics, connexion réalisée
des 87 universités et des 337 lycées du pays, via le Réseau
national universitaire (RNU) et le réseau EDUNET alors que celle
des collèges et des écoles primaires est en cours, mise en
place du Réseau national de recherche et de technologie (RNRT) et
du Réseau national de santé (RNS) qui connecte plus de 84
établissements de santé, et mise en place du Réseau
national d’agriculture (AGRINET) qui connecte les 14 établissements
d’enseignement et de recherche agronomique ainsi que les sept pôles
de recherche régionaux. (Source Panapress et historique lettre
de csdptt).

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Développement de l’Internet
au Gabon surtout à Libreville

Le nombre de cybercafés augmentent rapidement
dans les quartiers populaires de Libreville. Chaque quartier de la capitale
dispose d’un ou de plusieurs cybercafés.

Ailleurs, seules deux capitales provinciales sur huit
bénéficient de la connexion Internet. A Libreville, Port-
Gentil et Franceville, la connexion pour une heure varie entre 800 et 1.000
F CFA, contre 8 000 FCFA en 1998.

Les deux principaux fournisseurs d’accès sont
Gabon Télécom (service parapublic) et le groupe Solsi (privé)
tandis que la société Internet Gabon fait de l’assistance
technique.

Les principaux usages sont le tchat et le courrier
électronique mais on observe aussi le téléchargement
de clips vidéos, la navigation sur les sites pornographiques, les
sites des écoles, instituts et universités européennes
et nord-américaines, les sites offrant des informations sur l’immigration,
les bourses d’études et l’emploi. (Source Panapress http://www.panapresse.com).

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Algérie : développement
de l’Internet et prix élevés

On compterait plusieurs milliers de cybercafés,
une expansion due en partie à un dispositif de l’Etat au soutien
à la création de petites entreprises. Une heure dans un cyber-café
coûte de 60 à 80 dinars (0,8 à 1 dollar), deux
fois moins qu’une connexion à domicile. Algérie Telecom propose
un forfait comprend la connexion et le téléphone à 
1,5dollarl’heure.

Oncompteaujourd’hui une trentaine de fournisseurs d’accès
à Internet mais ce nombre augmente rapidement. Certains s’adressent
essentiellement aux entreprises et aux gros cybercafés et proposent
aussi des forfaits qui comprennent les communications téléphoniques
et la liaison par satellite, mais les tarifs restent au-dessus de la portée
du salarié moyen (50.000 dinars par mois, soit un peu plus de 700
dollars).
Mais les cyber-cafés nombreux dans les quartiers
populaires doivent se contenter de leurs liaisons téléphoniques,
souvent encombrées, ce qui mécontente la clientèle.
(Source Panapress).

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Inde : baisse de l’utilisation
d’Internet, coûts élevés

Selon un article paru dans Comint Drum Beat (Inde), le
pays enregistre une baisse dans l’utilisation d’Internet, du fait de la
tarification de la téléphonie.

On lit entre autres sous le point n°7 de l’argumentaire
 :

Les taxes téléphoniques affectent les utilisateurs
Internet en Inde

* Des milliers d’Indiens se désabonnent d’Internet
à cause des tarifs téléphoniques trop élevés.

* Les connexions individuelles et des sociétés
ont chuté de plus de 4 millions en décembre 2002 à
3,8 millions.

* Moins de 2% du milliard d’Indiens ont un accès
régulier à une ligne téléphonique et moins
de 1% ont un ordinateur personnel.

* Plus de 95% des connexions Internet en Inde se font
par la ligne téléphonique.

Une communication d’une heure peut coûter plus
de 24 roupies, soit 50 cents, un salaire journalier moyen d’une femme de
ménage Indienne.

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Economie
La France gèle son aide : les pauvres attendront
 !

(communiqué de presse de Coordination Sud qui
rassemblent les ONG de France)

Les ONG françaises de solidarité internationale
demandent, au nom de leurs partenaires du Sud et de l’ensemble des citoyens
qui soutiennent leur action, qu’à l’occasion du prochain Comité
interministériel de la coopération internationale et du développement
(CICID), prévu le 21 juillet, le Gouvernement se donne les moyens
de mettre en place un véritable partenariat entre l’Etat et les
organisations de solidarité internationale, à travers des
mesures budgétaires immédiates :

· Dégel des crédits votés
en 2003 destinés à l’action des OSI ;

· Engagement formel de rejoindre d’ici 2007 la
moyenne européenne de l’APD qui transite par les ONG.

Les organisations non gouvernementales de solidarité
internationale (OSI) se sont félicitées des engagements pris
par le Président de la République et le gouvernement en faveur
d’une augmentation de l’aide publique au développement (APD) et
de l’intensification des efforts des pays riches en faveur de la solidarité
internationale.

Elles ne peuvent malheureusement que dresser le constat
d’un décalage complet entre ce discours rassurant sur l’importance
de la solidarité internationale dans la politique française
de coopération et la réalité d’une forte baisse des
crédits qui met en danger les acteurs français de la coopération
au développement et leurs partenaires du Sud.

Le Gouvernement a inscrit l’APD comme une des quatre priorités
budgétaires de l’Etat, s’engageant à la porter à 0,39%
du PIB d’ici fin 2003. Cette hausse affichée se concrétise
en réalité par une forte baisse des crédits pour les
acteurs de la solidarité internationale : le Gouvernement a visiblement
choisi de ne plus respecter le principe que les sommes dégagées
dans le cadre des processus d’annulation de dette des pays pauvres ne se
substituent pas aux crédits d’APD déjà existants.
Les crédits de la coopération française et de la coopération
non gouvernementale pour 2003 ont été frappés par
d’importants gels et sont donc en diminution. La France se situe pourtant
déjà en dernière position européenne pour la
part d’APD mise en œuvre par les ONG : 0,65% de l’APD française,
contre une moyenne de 5,1% pour les Etats de l’Union européenne.

Les différentes mesures de régulation budgétaire
prises par le gouvernement se traduisent par une amputation de plus de
20% des crédits disponibles en 2003 pour les actions humanitaires
et les projets de développement menés par les OSI françaises.
Les premiers effets de ces gels se font déjà sentir : des
partenaires locaux retardent leurs actions, des volontaires voient leurs
départs bloqués, des OSI sont en grande difficulté
et doivent suspendre leurs projets sur le terrain. Ces gels sont d’autant
plus alarmants que le projet de budget 2004 du gouvernement entérinerait
la baisse de ces crédits. Une fois de plus, les principales victimes
de cette logique purement comptable sont les populations du Sud bénéficiant
de ces actions.

Les OSI déplorent ce décalage préoccupant,
entre un discours qui met en exergue le rôle essentiel de la société
civile et la réalité de l’action de l’Etat qui affaiblit
leurs moyens d’action.

(Voir http://www.coordinationsud.org/)
 
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Articles
et documents

Nous publions ci-dessous différents textes sur
la Réunion intersessionnelle (entre la PREPCOM2 et la PREPCOM3 du
Sommet Mondial de la Société de l’Information) qui s’est
déroulé à l’UNESCO à Paris entre les 15 et
18 juillet 2003, notre partenaire pour les projets de téléphonie
rurale. On y lira un compte rendu rédigé par Jean Louis Fullsack
y a représenté CSDPTT pendant 3 jours, son intervention lors
d’une plénière où il aborde le sujet jusqu’ici tabou
durant le sommet des rétributions des communications internationales
qui lèse l’Afrique d’une partir des revenus auxquels le continent
peut prétendre ainsi que le témoignage de Dominique Blanchard,
adhérent parisien qui a assisté aux travaux durant la première
journée.

 
La rédaction


Réunion Intersessionnelle du SMSI  (UNESCO - Paris 15 - 18 juillet 2003)
Compte-rendu

 
Cette réunion a été convoquée
essentiellement pour élaborer et adopter une rédaction « 
plus lisible » (dans tous les sens du terme) des deux documents de
base du SMSI : le Projet de Déclaration des principes (la Déclaration
dans la suite de ce CR) et le Projet de Plan d’action. Les documents préparatoires
accordaient une priorité au Plan d’action eu égard à
son importance et à l’urgence. A cet égard on ne pourra pas
qualifier cette Réunion intersessionnelle (RI) de succès
comme on le verra ci-après.

....

Lire
le compte rendu de Jean Louis Fullsack...



 
Financement des infrastructures : quelques pistes
SMSI - Réunion intersessionnelle - Paris 15-18 juillet 2003
Intervention au titre de la Plénière de la Société Civile à la Réunion plénière du SC-2

Lire
l’intervention de Jean Louis Fullsack...



" Sommet Mondial de la Société de l’information  : mon ressenti de la première journée de la conférence inter-PrepCom de l’UNESCO (15 au 18/07/03)

 
Malgré l’intérêt d’assister à
une telle assemblée (l’endroit, l’organisation matérielle,
la représentation mondiale…) j’en suis reparti frustré .....

Lire
le temoignage de Dominique Blanchard...