Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 lettre de juin 2003 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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lettre de juin 2003

mardi 29 juillet 2003, par Bruno JAFFRE


La Lettre de juin 2003
No : 91

 Sommaire
 :

Editorial
Moratoire au Cameroun !
______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Yam Pukri primé pour un film
Débat à l’INT d’Evry
Fourniture 5 ordinateurs à l’association
JEDD au Niger

CSDPTT invité à un
atelier dans le cadre du G8 -illégal

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Cameroun  : moratoire de 2 ans
pour la privatisation de CAMTEL

Guinée  : développement
rapide des mobiles

Togo : développement de l’usage
du téléphone

Maroc Telecom : une bonne affaire
En Bref  : Au Bénin bande
passante à 47 Mgbts, 8000 villages sans téléphone
en Côte d’Ivoire, GSM en Afrique, Tunisie, Algérie,
privatisation à Madagascar, Université Virtuelle Africaine,
jugements des consommateurs européens.

________________________________

Articles et documents
Siby 2003 (Mali) : Appel du Forum
des Peuples
« Consensus des peuples face au consensus du g8 »

Element pour un bilan des privatisations
des télécommunciations en Afrique 
(extraits)
de Bruno Jaffré (CSDPTT Ile de France)


Editorial
Moratoire au Cameroun !
Le FMI et la Banque Mondiale viennent d’accepter pour
le Cameroun un moratoire de 2 ans avant la privatisation de la CAMTEL.

Dans le cas de ce pays, il s’agit d’une simple mesure
de bon sens. L’extrait d’article publié dans le présent numéro
sur les privatisations des télécoms en Afrique rappelle le
feuilleton que vit cet opérateur depuis que l’on impose à
ce pays la privatisation de son opérateur public. Par ailleurs ce
travail présente un bilan global des privatisations y apparaît
pour le moins mitigé.

Pour les pays où le processus traîne en
longueur, la crise des télécoms risque de se traduire par
un manque de candidats et le bradage de la part du capital mise en vente.

Si nous proposons un moratoire, c’est simplement que
la situation actuelle impose de se sortir du dogmatisme néolibéral
imposé par le FMI et la Banque Mondiale.

Il y a lieu en effet de s’atteler à un bilan sérieux
des privatisations déjà réalisées avant d’aller
plus loin. Mais pourquoi ne pas profiter de la situation ainsi créée
pour redonner une chance à un secteur public rénové,
bénéficiant d’une coopération publique rénovée
et de l’expérience acquise ces dernières années, de
prêts à des taux préférentiels pour financer
son développement ?

  
Bruno Jaffré

_______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Yam Pukri primé pour
un film

En marge du Comité de l’Information pour le Développement
qui s’est tenu du 10 au 16 mai 2003 à Addis-Abeba, l’Association
Yam Pukri a reçu le 1er prix de la catégorie Television des
2eme Media Awards africains de l’Initiative pour une société
africaine de l’information (AISI) pour son film intitulé "la voix
des jeunes du Burkina".

Ce film relate un forum des jeunes organisé avec
Terre des Hommes sur le thème de l’immigration et l’intolérance.
Il met en image l’activité et rapporte quelques interviews de participants.

Des enfants de 12 à 18 ans du Burkina, du Senegal,
de Suisse et de Madagascar ont échangé pendant 1 mois sur
ce thème. Il n’était pas nécessaire qu’ils sachent
utiliser l’Internet.Ils pouvaient donner leurs avis sur du papier ou même
parler directement aux animateurs. Les enfants étaient en effet
secondés par l’équipe de Yam Pukri qui pouvaient retranscrire
sur l’ordinateur si nécessaire.

Si l’idée vient de Sylvestre Ouedraogo le Président
de Yam Pukri, la caméra, enpruntée à la Fédération
Nationale des Industries Agro Alimentaires était tenue par Théodore
Somda/LIEN, Webmaster de Yam Pukri qui est d’ailleurs allé prendre
le prix à Adis Abeba. Les commentaires ont été faits
par Inna Guenda, membre de l’equipe du reseau LIEN. Le moNtage a pu être
réalisé grâce à l’aide de radio Maria..

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Débat à l’INT d’Evry
Le 21 mai 2003 les associations de l’INT (Institut National
des Télécommunications) d’Evry, Mosaik, AIESEC et Equiterre
ont invité CSDPTT à animer un débat sur la fracture
numérique.

Alain Roblin Demont et Bruno Jaffré de CSDPTT
Ile de France y ont donc participé ainsi que Djilali Benamrane fonctionnaire
international de l’ONU. Le débat était animé par Benoit
Varin élève de l’INT. Une quarantaine d’élèves
ont assisté au débat ainsi que quelques enseignants dont
M. Bruno Salgues (voir un compre rendu plus détaillé sur
le site de CSDPTT).

________________________________
Fourniture 5 ordinateurs à
l’association JEDD au Niger

Par l’entremise de Patricia FIDI, une militante de la 
solidarité avec le Niger, l’association nigérienne (JEDD)
Jeunesse Environnement Démocratie Développement (voir le
site http://www.ong-jedd.africa-web.org) a demandé à CSDPTT
la fourniture de 5 micro-ordinateurs pour le renforcement de son parc machine.

JEDD finance le transport, et la logistique est assurée
par Patricia FIDI.

Les ordinateurs fournis sont des machines de seconde
main récupérés à la Poste avec les caractéristiques
suivantes : Pentium MMX 200Mhz, 64Mo de RAM, 4,3Go de disque dur.

JEDD est une Organisation Non Gouvernementale de développement
créée en 1995. Elle œuvre pour le développement endogène
de la composante jeunesse et partant de celui de société
toute entière. Elle vise à l’auto promotion des jeunes en
les dotant de certaines capacités leur permettant de se prendre
en charge eux mêmes. JEDD se propose aussi de créer les conditions
favorables à l’insertion socio-professionnelle et économique
des jeunes par le biais de l’éducation, de la formation et de l’appui
aux initiatives économiques des jeunes.

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CSDPTT invité à
un atelier dans le cadre du G8 -illégal

Guy Blanc, animateur de CSDPTT Rhône Alpes, a participé
à un atelier organisé par le collectif G8-illégal
sur le thème de fracture numérique à Annemasse au
sein du village intergalactique. Il a pu expliquer quelles étaient
les actions concrètes de CSDPTT pour lutter contre la fracture numérique
et présenter quelques uns de nos projets mais aussi l’action de
l’association dans le cadre de la préparation du Sommet Mondial
de la société de l’information.

Plusieurs questions ont été posées 
par les participants, une vingtaine, sur la façon de mettre en place
les projets, les financements et la pertinence des technologies importées.
La discussion a vite tourné sur les contenus de l’Internet susceptibles
d’être utilisés dans les milieux ruraux.

Par ailleurs, une autre partie de l’atelier a été
consacrée à la présentation d’une expérience
d’utilisation de la technologie WI-FI, qui permet des accès collectifs
à partir d’une borne reliée à Internet, dans une commune
de la banlieue de Lyon. ________________________________

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Echos
des postes et télécoms dans le monde

Cameroun : moratoire de 2 ans pour la privatisation
de CAMTEL

Ce moratoire a été concédé
aux autorités camerounaises par le La Banque mondiale (BM) et le
Fonds monétaire international (FMI) pour la privatisation de Cameroon
Télécommunications (CAMTEL), l’opérateur public de
téléphonie.

Ce délai doit permettre d’achever la restructuration
et l’assainissement de l’entreprise. Il s’agit de rendre l’entreprise
plus performante avant de la céder à des privés au
meilleur prix, selon le représentant- résident de la BM au
Cameroun, M. Madani Tall.

 Cette privatisation qui constitue l’une des conditionnalités
des institutions financières de Bretton Woods pour le point d’achèvement
de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE), piétine
depuis juillet 1999.

A la fin de l’année 2000, le consortium Telecel
(Afrique
du Sud) pour la partie mobile (nouvelle licence) et Korea Telecom pour
la partie fixe fut désigné comme adjudicataire provisoire
contre une somme de 102 milliards de FCFA pour contrôler 51% du capital
pour finalement se retirer. Mias les négociations sur le cahier
des charges sont finalement rompues.

On apprenait en mai 2002, que le deuxième adjudicataire
qui regroupait des actionnaires sud-africains, tunisiens et zimbabwéen
et pour partenaire technique British Telecom avait fini par se disloquer
à la suite de conflits internes après n’avoir pu rassembler
la somme de 62 milliards de FCFA. A titre de comparaison le chiffre d’affaire
de CAMTEL était estimé la même année à
180 milliards de FCF.

CAMTEL compte plus de 100000 abonés à son
réseau fixe et emploie 2.225 employés mias son réseau
fixe est en mauvais état. Son capital est de 50 millions FCFA (86.584
dollars). L’opérateur possède 42 centraux téléphoniques,
dont 15 centraux entièrement numériques, un réseau
national de transmission en partie numérisé composé
d’une cinquantaine de centres de transmission et d’environ 75 stations
relais pour une couverture presque totale du pays.

 Elle compte deux centres de télécommunication
par satellite, disposant de stations terriennes gérées par
ordinateurs, deux autocommutateurs numériques pour le transit international,
un autocommutateur électronique qui assure le trafic télex
national et international, sur lequel sont reliés 109 centres d’exploitation
télégraphique, un système de commutation des données
par paquets (X25).

CAMTEL s’est également associé à
INTELSAT et IMMARSAT pour offrir, grâce à leurs satellites,
des solutions de transmission de la voix, des données et des
images par VSAT ou par petites unités portatives, et dispose depuis
peu d’un branchement sur le câble optique sous-marin qui relie les
continents.

Par ailleurs CAMTEL est très endetté notamment
envers France. De plus, CAMTEL doit faire face depuis 1998 à la
rude concurrence de la téléphonie mobile, avec l’avènement
des privés que sont Orange (260.000 abonnés) et le sud-africain
(MTN) Mobile Telecommunications Network (130000 abonnés), ce dernier
étant issu de la privatisation de CAMTEL Mobile.

 (Source Panapress wwww.panapress.com).
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Guinée : développement
rapide des mobiles

Introduit en 1997 par la SOTELGUI, le réseau mobile
de l’opérateur historique compte actuellement 100000 abonnés
à Conakry où les abonnements ont été suspendus
au profit des localités de l’intérieur du pays.

C’est ainsi que plusieurs villes de l’intérieur
ont été reliées au réseau GSM et du matériel
acheté récemment doit permettre d’assurer la couverture des
artères principales en faisceaux hertziens numériques. D’autres 
extensions sont prévues d’ici la fin 2003 afin d’atteindre rapidement
350000 abonnés et 500000 en 2004.

Les deux autres sociétés privées
- Intercel et Spacetel exploitent 30000 lignes à elles deux dans
la capitale. La première ne fait que le post-payé, tandis
que la seconde exclusivement du pré-payé.

Les usagers se plaignent cependant du réseau constamment
saturé et couts exorbitants. La minute est facturé
400 francs guinéens (140FCFA) et les responsables de la SOTELGUI
se défendent en l’estimant inférieur à celui des pays
voisins.

La SOTELGUI semble privilégier la téléphonie
mobile au détriment du téléphone fixe. Elle envisage
d’atteindre 2 abonnés pour 100 habitants en 2004. Partiellement
privatisé au profit Malaysia Telecom avec qui les autorités
sont maintenant en conflit, la SOTELGUI n’a installé que 21450 lignes,
entre 1997 et 2002, alors que son objectif initial était de 100.000
lignes en 2000. (Source Panapress et JMJ Newsroom/Guinee actualites)

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Togo : développement de
l’usage du téléphone

Le réseau fixe exploité par la société
d’Etat Togo Telecom dessert 136 localités et compte plus 70.000
abonnés en début 2003. Le tarif pour l’installation d’une
ligne téléphonique est de 109000 FCFA (50000 F de raccordement,
50000 de dépôt de garantie de 50.000 F et 9.000 F de TVA).

Le coût de la communication est fixé à
50 FHT pour 2 mn 30 secondes en zone urbaine et pour 45 secondes
en interurbain. De nombreux télécentres ont développé
le secteur dans la dernière période offrant plusieurs services
comme l’envoi et la réception d’appels et de fax. Le réseau
va être renforcé par l’implantation de fibre optique, en cours,
et le raccordement au câble Sat3 reliant divers capitales africaines
à l’Europe et l’Asie.

Deux opérateurs se partagent le marché
du cellulaire : Togo Cellulaire et Telecel-Togo. Le premier filiale de
Togo Telecom compte 130.000 abonnés contre 30.000 pour Telecel.

Togo Cellulaire affirme que son réseau couvre
85% de la population, 65% du territoire, plus de 98% du littoral et 85%
du réseau routier. A Télécel, on annonce une
couverture de 70% du territoire. Un téléphone portable coute
entre 50000 et 150.000 FCFA alors qu’il était au début de
500000FCFA.

L’abonnement est de 15.000 FCFA avec des promotions de
10000 FCFA en période de fête. La communication est 
à 146 FCFA la minute mais les appels entre les deux opérateurs
se montent à près de 300 FCFA la minute. Le portable a largement
été abordé par des professions libérales tels
qu’avocats, médecins, commerçants, journalistes (Source agence
Panapress)

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Maroc Telecom : une bonne affaire
Le bénéfice net de la société
Maroc Telecom a progressé de 405% en 2002 pour s’établir
à 3,7 milliards de dirhams 340 millions d’euros contre 67,6 millions
d’euros en 2001, soit Soit l’une des meilleures rentabilités parmi
toutes les sociétés figurant dans le giron de Vivendi Universal.
Le chiffre d’affaires de l’entreprise a atteint 1,36 milliard d’euros,
+ 9% par rapport à l’exercice précédent (après
une hausse de 17% l’année précédente) et le résultat
d’exploitation 550 millions d’euros, + 60%. L’excédent brut d’exploitation
(EBITDA) s’est élevé en 2002 à 760 millions d’euros,
soit + 39% a déclaré M. Ahizoune président du directoire
de Maroc Telecom au cours d’un conférence de presse. Par ailleurs
au seul titre des dividendes, la société a distribué
pour l’exercice 2002 près de 230 millions d’euros.

Après l’annonce de ses résultats le groupe
français Vivendi qui détient 35% du capital semble avoir
abandonné son projet de vendre ses actifs dans Maroc Telecom. Mieux,
Vivendi se dit même prêt à débourser près
de 690 millions d’euros pour acquérir les 16 % supplémentaires
que l’État marocain entend céder avant septembre 2003, pour
contrôler 51 % du capital de Maroc Télécom. Plusieurs
repréneurs s’étaient fait connaître mais les offres
auraient représenté un rabais pour Vivendi .

De plus selon l’hebomadaire Jeune Afrique, un pacte secret
aurait été conclu par Vivendi avec le royaume. Sa participation
de 35% lui donnerait 51 % des droits de vote et le contrôle effectif
de l’entreprise, ce qui expliquerait partiellement le prix élevé
payé par Messier, 2,3 milliards d’euros pour acquérir 35%
des parts de l’entreprise, soit 15% au-dessus du prix plancher fixé
par les autorités. Et l’état marocain aurait refusé
d’accorder un tel privilège à un éventuel autre repreneur. 
Ainsi selon JA l’Intelligent "conjuguées à la bonne santé
financière de Maroc Télécom, qui est une excellente
machine à générer du cash, ces deux contraintes permettent
de mieux comprendre le revirement de Vivendi".

Le nombre de lignes est en baisse, 1,1 millions de lignes
fin 2002 contre 1,4 fin 2001 ce qui pourtant ne s’est pas traduit par une
baisse du chiffre d’affaire alors que l’opérateur aurait perdu quelques
20 millions de minutes par mois en trafic international du fait de
pratiques illégales de détournement du trafic international
par de nombreux opérateurs clandestins. La perte est estimé
à 660 millions de dirhams (61 millions d’euros) pour l’an 2000.

Dans les mobiles, avec 4,6 millions d’abonnés,
Maroc Telecom détient 70% des parts du marché et affirme
couvrir 95% de la population, alors que depuis février 2000,
Maroc Telecom doit faire face à la concurrence d’un second opérateur
GSM Meditel.

 Sur Internet, le Maroc comptait 34.000 abonnés
fin 2002. Ce faible nombre d’abonnés est évidemment lié
à la faiblesse du fixe auquel Maroc Telecom affirme vouloir remédier
avec de nouvelles offres commerciales plus attractives. Ainsi, l’opérateur
en partenariat notamment avec le Ministère de l’Éducation
Nationale, consent des réductions pour les abonnements ce qui a
suscité la saisie, par le représentant local de Wanadoo,
de l’ANRT, l’agence de régulation. (Source JA l’Intelligent
du 18 au 24 mai, AFP, Libération (Maroc), La Nouvelle Tribune (Maroc)
)

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En Bref
Au Bénin la bande passante avec le réseau
Internet est passée de 2Mgbts à 47 Mgbts. On annonce aussi
une baisse des tarifs Internet. Par ailleurs les prix du téléphone
ont baissé de 56% en direction de la France, de 40% vers les USA,
de 28% vers les autres pays d’Europe et de l’Afrique francophone.

En Côte d’Ivoire, selon une déclaration
du ministre ivoirien des Nouvelles technologies de l’information et des
Télécommunications, plus de 8.000 villages ivoiriens, dont
2.000 comptant plus de 1.000 habitants, attendent encore le téléphone,
tandis que quelque 500 localités rurales seulement sont joignables.

L’Afrique compte plus de 33 millions de GSM et on en
prévoit 90 millions pour 2005. Le marché africain du téléphone
portable connaît une croissance de 40%, de loin la plus élevée
du monde ;

La Tunisie a atteint environ 1,15 million d’abonnés
en 2002 soit un taux de pénétration de 11%. Les revenus tirés
des services de téléphonie vocale (sur le réseau fixe
et GSM) se sont élevés à 576 millions de dollars américains
en 2002, les recettes du réseau de téléphonie fixe
constituant 75% de ce montant. Les frais de raccordement au réseau
fixe sont de 80 DT (1DT = 0,78 dollars), tandis que la minute varie de
0,010 dinar tunisien (DT) pour les communications locales à 0,150
DT pour l’internationale. Pour le GSM, l’abonnement coûte 100 DT
(78 dollars américains) après avoir été initialement
de 120 DT, alors que la minute est de 0,200 DT en tarif normal et 0,140
DT en tarif réduit (heures de nuit et dimanche).

 Algérie Télécom compte
mettre sur le marché 500.000 lignes de téléphone sans
fil. Le procédé proposé fonctionne selon le principe
des ondes radio (boucle locale radio ou WWL). Il est actuellement utilisé
à titre expérimental dans un quartier de la capitale.

A Madagascar, La privatisation de TELMA a été
accordée en 2002, et confirmée en 2003 malgré l’opposition
de France Telecom, à la société Distacom. Mais le
contrat n’est pas encore entré en vigueur et des incertitudes demeurent
sur la capacité financière et technique de cette société
à le mettre en œuvre. (Source lettre de l’Océan Indien)

Près de 23.000 étudiants ont participé
aux séminaires et conférences diffusés par l’Université
Virtuelle Africaine
sur son réseau de 31 centres d’apprentissage
capables d’offrir des cours d’enseignement à distance. L’UVA diffuse
son enseignement dans diverses régions d’Afrique par l’entremise
de la retransmission par satellites et par Internet. L’UVA a été
créée grâce au soutien de la Banque mondiale (BM) et
d’autres donateurs parmi lesquels l’Agence canadienne pour le développement
international (ACDI) et l’Union européenne (UE). En 2002, l’Université
a déménagé son siège social de Washington à
Nairobi (Kenya).

 En Europe, selon une récente enquête
de la commission europenne, plus de 50% des consommateurs jugent le prix
du téléphone fixe raisonable, 49% des usagers jugent que
le prix des mobiles n’est pas raisonnable.

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Articles
et documents

Environ 300 personnes issues des sociétés
civiles de 8 pays africains se sont réunies au Mali en un contre
G8 africain. En attendant plus d’infos de la part de nos amis de
l’AVDTM, qui y participaient, nous publions ci-dessous la déclaration
finale.

 

La rédaction.
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Siby 2003 (Mali) : Appel du Forum des Peuples
« Consensus des peuples face au consensus du
g8 »

Alors que se déroulait à Evian - France
le sommet 2003 du G8 (Groupe des 8 pays les plus industrialisé du
monde), des représentants de la société civile du
Mali, du Bénin, du Sénégal, du Niger, du Burkina Faso,
de la Côte d’Ivoire, de la Guinée Conakry, du Togo et du Cameroun
se sont réunis du 31 mai au 3 juin 2003 à Siby au Mali. A
la suite des débats, des ateliers, des conférences et des
discussions, les participants ont effectué les constats suivants
 :

1. Les politiques de développement imposées
en Afrique depuis un quart de siècle par les grandes institutions
internationales et les pays du Nord n’ont pas réussi à endiguer
la pauvreté sur le continent. Ayant eu pour effet principal l’ouverture
de nouveaux marchés aux multinationales du Nord, ces politiques
n’ont correspondu en rien aux aspirations des populations du Sud. Les nouveaux
programmes de développement tels que le NEPAD, l’Accord de Cotonou,
l’AGOA et le CSLP sont élaborés sans consultation de ces
mêmes populations. Parallèlement, les politiques menées
par les gouvernements africains depuis les indépendances ont été
calamiteuses : clientélisme politique, corruption généralisée,
détournement de biens publics et impunité ont compromis gravement
les chances de développement de ces populations.

2. Le fardeau de la dette constitue l’un des freins majeurs
au développement de l’Afrique. Le plus souvent contractées
par des régimes dictatoriaux ou pseudo-démocratiques, ces
dettes odieuses, immorales et illégitimes ont été
multipliées par 4 voire 5 par le jeu des hausses de taux d’intérêts
et des dévaluations, alors que les montants empruntés initialement
ont été remboursés dans certains cas plus de 3 fois.

3. Les grandes institutions internationales aux chevets
des pays sur-endettés ont soumis les ré-échellonements
ou les allègements de ces dettes à la mise en place de programmes
d’ajustement structurel (ou autres clones plus récents tels que
CSLP ou Initiative PPTE) dont les conséquences ont été
désastreuses ; ces programmes relèvent d’une doctrine ultra-libérale
dont les pierres angulaires sont : austérité budgétaire,
réduction drastique des dépenses sociales (école,
santé), libéralisation totale des marchés, déréglementation,
privatisation massive et bonne gouvernance. Les conséquences des
plans d’ajustement structurels ont été une paupérisation
croissante des plus pauvres et un enrichissement rapide des élites
locales et des multinationales du Nord.

4. Le démantèlement des services publics
(éducation et santé) ainsi que la marchandisation des biens
communs que sont entre autres l’eau et l’énergie ont rendu ces services
inaccessibles à la majorité de la population avec pour conséquences
l’augmentation du taux d’analphabétisme et une croissance des 
problèmes de santé.

5. Les mesures de privatisations massives exigées
par les institutions internationales (Banque Mondiale, FMI) et entérinées
par les gouvernements locaux ont eu pour conséquences le bradage
des entreprises et des sociétés d’Etat au profit le plus
souvent des multinationales du Nord et de leurs alliés locaux.

6. Les subventions agricoles pratiquées par les
pays du Nord, les mesures protectionnistes mises en place au mépris
des règles du commerce international au profit du développement
ainsi que l’organisation de la surproduction des produits agricoles d’exportation
compromettent dangereusement les agricultures africaines et paupérisent
les paysans.

7. L’absence de vie démocratique digne de ce nom
en Afrique, les caractères frauduleux de la majeure partie des élections,
les violations massives des droits de l’homme et des libertés fondamentales
ainsi que la corruption des élites gouvernementales, la prolifération
des armes de guerres vendues à bas prix par les pays du Nord constituent
des sources d’instabilité politique et sociale du continent africain.

Le Forum des peuples lance aux gouvernements,
au G8, aux institutions internationales, à la société
civile les appels suivants :

§ 
Le forum des peuples exige l’arrêt des politiques de développement
ultra-libérales et propose que les populations soient associées
à toutes décisions de développement national, bilatéral
ou multilatéral, et ce par un processus de larges consultations
démocratiques.

§ 
Le Forum des peuples exige l’annulation totale et inconditionnelle des
dettes du tiers-monde, le rapatriement des montants détournés
et l’utilisation des ressources financières ainsi libérées
dans les secteurs sociaux de base (santé, éducation, agriculture).
Le Forum des peuples à Siby demande également la reconnaissance
dans le droit international du délit « crime de dettes
 » ainsi que la poursuite dans les tribunaux ad hoc des individus,
multinationales ou gouvernements ayant commis de tels crimes.

§ 
Le Forum des peuples demande aux gouvernements l’arrêt de la privatisation
des biens communs que sont l’eau et l’électricité ainsi que
le maintien comme service public des domaines de l’éducation et
de la santé.

§ 
Le Forum des peuples demande aux organisations internationales que
sont le FMI et la Banque Mondiale, l’OMC, de respecter la souveraineté
et le droit à l’autodétermination des peuples.

§ 
Le Forum des peuples demande l’instauration d’un commerce équitable
des produits agricoles sur deux règles simples : l’interdiction
de l’exportation de produits agricoles en dessous du coût de production
(dumping) et le droit (ou devoir) pour tout pays (ou groupe de pays) de
protéger son agriculture, sachant que les pays du Nord ne renonceront
jamais au subventionnement de leurs agricultures.

§ 
Le Forum des peuples demande l’instauration rapide de systèmes
électoraux fiables, la mise en place d’institutions démocratiques
sur tout le continent, le respect de droit de l’homme, l’arrêt des
pratiques corruptrices et de clientélismes politiques ainsi que
la fin de l’impunité.

§ 
Le Forum des peuples demande un réel partenariat entre la société
civile et les gouvernements, dans la formulation et la mise en oeuvre des
politiques de développement, par le biais d’une démocratie
participative.

Le forum des peuples lance un appel aux sociétés
civiles africaines pour un engagement sans faille aux cotés des
populations dans leur lutte pour leurs droits.

Le forum des peuples invite les sociétés
africaines à intensifier la concertation et la coordination en leur
sein.

Concernant le forum des peuples, nous appelons à
son maintien, son élargissement et la conservation de son caractère
d’information, de concertation, d’échange et de mobilisation, de
revendication et de construction des alternatives.

 Fait à Siby /Kati (Mali), le
3 juin 2003

____________________________
Nous publions ci-dessous quelques courts extraits d’une
communication présentée lors d’un séminaire du Centre
d’Observation des économies Africaines. L’intégrale
sera publiée à l’automne dans un ouvrage reprenant l’ensemble
des interventions à ce séminaire .

_________________________________________________________________________________________________________________

Element pour un bilan des privatisations des télécommunications
en Afrique

(extraits)


Premières privatisations sans appel d’offre
au profit des opérateurs historiques des anciennes colonies

Les premières privatisations n’ont fait que régulariser
la présence, ou permettre le retour, des compagnies des anciennes
colonies, Portugal Telecom, allié souvent à l’international
à l’opérateur espagnol Telefonica comme au Cap Vert, ou seul
Sao Tomé et en Guinée Bissau, et France Télécom
en Centrafrique et Madagascar. Dans ce dernier pays, une nouvelle ouverture
du capital, prévue depuis déjà plusieurs années,
devrait bientôt intervenir.


L’exemple du Cameroun est révélateur des
pratiques de cette époque. Un tel accord de cession partielle fut
par exemple annulé in extremis dans ce pays en 1996. Il s’était
séparé de France Câble Radio en 1982 en rachetant ses
parts. Mais en 1991 il accumulait une dette 297 Millions de F, le tiers
de l’ensemble de la dette des pays francophones, pour atteindre 400MF en
1996. Un accord intervient alors dans « le bureau même du président
M. Biya » selon l’AFP contre l’avis de la Banque Mondiale qui tout
en souhaitant la privatisation souhaite que cela se fasse cependant à
la suite d’un appel d’offre. Cet accord est aussitôt dénoncé
par la presse indépendante qui accuse le Président de « 
braderie du patrimoine nationale » et France Télécom
de vouloir couper les communications internationales à la veille 
du Sommet de l’OUA. La protestation atteint une telle ampleur que le ministre
des télécommunications qui s’opposait à cet arrangement
est peu après confirmé dans son poste et l’accord finalement
suspendu.

Lire l’article
....