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Compte rendu de la réunion en vue de la constitution en France d’un collectif pour préparer le SMSI

mardi 15 juillet 2003, par Bruno JAFFRE

Compte rendu de la réunion du 9 juillet en vue de la constitution d’un collectif pour le SMSI

Étaient présents 6 personnes dont des représentants
d’association :
Marie-Laure Urvoy (BPEM)
Bruno Jaffré (CSDPTT)
Meryem Marzouki (IRIS)
Guy Gourevitch (ATTAC 92)
Marceau Coupechoux (ATTAC Campus)

Trois grands thèmes ont été abordés : la
nécessité de créer un collectif en vue du SMSI, la
préparation d’une initiative marquante en décembre pendant
le sommet, la préparation d’un séminaire au FSE sur le sujet.

1. Présentation des organisations présentes.
CSDPTT (Coopération Solidarité Développement aux
PTT) s’est fortement engagée dans le SMSI notamment par l’intermédiaire
de M. Fullsack qui suit les réunions de préparation. Elle
essaie notamment d’y porter deux revendications principales : un accès
au réseau pour tous les villages d’ici 2005 (ce qui sous-entend
que CSDPTT met au centre de ses revendications l’accès aux infrastructures),
et une refonte de l’organisation de l’UIT qui donne de plus en plus de
pouvoir en son sein aux multinationales et promeut une politique néo-libérale. 
CSDPTT a écrit un texte pour la création d’un collectif qui
porterait une initiative altermondialiste pendant le sommet.

BPEM (Bien Publics à l’Echelle Mondiale) est une association
qui a pour but de promouvoir des biens publics
à l’échelle mondiale. Elle a créé un groupe
de travail sur les télécommunications et est d’ors et déjà
signataire du texte proposé par CSDPTT.

IRIS (Imaginons un réseau Internet Solidaire) a pour buts de
promouvoir l’accès à Internet comme service public, la défense
des libertés individuelles, ainsi que la promotion d’un Internet
non marchand. Le travail de ce groupe est de fournir des textes aux associations
et syndicats sur le sujet. IRIS fait partie en Europe de l’European Digital
Rights et d’un collectif international. Le but d’IRIS à l’occasion
du SMSI est de mettre les droits de l’homme à l’agenda du sommet.
Non seulement les droits civils et politiques, mais aussi les droits économiques
et sociaux.

ATTAC était représenté par GG (ATTAC 92) et MC
(ATTAC Campus). ATTAC Campus a pris contact avec CSDPTT à l’occasion
d’un atelier sur la fracture numérique organisé au Village
Intergalactique à Annemasse. GG est au secrétariat général
d’ATTAC 92 et a tenté (en vain) d’intéresser par le passé
le Conseil Scientifique à la problématique qui nous concerne.
À défaut d’avoir réussi, il y a gagné une certaine
réputation et des contacts.

2. De la nécessité de créer un collectif.
Un constat amer du SMSI est dressé par rapport à ses
deux principaux objectifs, à savoir faire une conférence
d’un genre nouveau, dite tripartite, et réduire la fracture numérique.
D’abord, loin de rassembler gouvernements, société civile
et secteur privé, le SMSI n’est qu’une conférence intergouvernementale
classique avec une forte influence des secteurs marchands. Ensuite, les
textes vont à l’encontre de l’objectif de réduction de la
fracture numérique, en prônant des politiques ouvertement
néo-libérales et sécuritaires. En outre, la mobilisation
des ONG est restée très faible et que leur présence
sur le front anti-libéral est quasi inexistant à l’exception
de celle de CSDPTT qui reste isolée et qui propose par exemple un
moratoire sur la libéralisation en Afrique sub-Saharienne pour prendre
le temps d’en évaluer les effets.
D’où la nécessité de créer un collectif.
De ce point de vue, ATTAC pourrait apporter son expertise. Exemple : le
sommet propose de créer un fond de solidarité. Le collectif
pourrait s’appuyer sur la grande expérience de M. Fullsack qui connaît
très bien le sommet, les arcanes de l’UIT et qui est suivi lorsqu’il
fait des propositions.
Comment l’alimenter ? ATTAC peut apporter sa compétence en économie
et proposer des alternatives. Outre la question du financement du développement,
une réflexion doit être engagée sur la spéculation
 : le SMSI n’aborde jamais la question de l’éclatement de la bulle
Internet.

De nombreuses ONG s’intéressent au SMSI (une quarantaine présente
pendant les réunions organisées par le MAE). Pourtant très
peu sont effectivement actives, et encore moins ont mis le doigt sur l’enjeu
réel du sommet à savoir sa dérive néo-libérale.
Le collectif doit pouvoir créer des convergences et motiver les
ONG sur ce thème.

La représentante d’IRIS semble plus sceptique sur la nécessité
de créer un collectif. Elle rappelle que de nombreuses associations
et personnalités écrivent des textes pour le sommet et que
les rassembler nous obligerait à affaiblir notre position pour trouver
un terrain d’entente. Surtout, MM insiste sur le fait que le thème
ne mobilise pas assez. En témoigne l’impossibilité de faire
entrer la communication dans l’un des axes principaux du FSE. Sur la participation
d’ATTAC, elle fait remarquer que des individualités s’investissent
dans cette organisation mais qu’il est difficile de faire bouger la direction.
Par ailleurs, puisqu’une sorte de taxe Tobin a été mentionnée
pour l’alimentation d’un fonds de solidarité, MM rappelle que, d’une
part, il s’agit là d’une dénaturation de l’objectif politique
et économique de la proposition de taxe Tobin et que d’autre part,
la proposition même de "fonds de solidarité" doit être
mise en question dans le cadre du SMSI, car elle correspond plus à
une vision caritative qu’égalitaire et solidaire du développement.

On admet qu’ATTAC n’est pas en pointe dans le domaine des TICs. Cependant,
le sommet et le FSE seront de bonnes occasions de faire prendre conscience
aux militants d’ATTAC des enjeux.

3. Une initiative marquante pendant le SMSI.
L’assemblée semble d’accord qu’on ne pourra pas déplacer
10 000 personnes pour un contre-sommet ou une grande manifestation. Mais
une proposition de conférences de presse réunissant quelques
personnalités pour interpeller le SMSI semble rencontrer l’accord
de la plupart des participants. On pourrait commencer par contacter ATTAC
Genève pour connaître leurs intentions et éventuellement
monter un stand permanent pendant le sommet.

La représentante d’IRIS n’est pas emballée par un
« coup » médiatique alors que les questions de fond
n’ont pas été réglées. Il est lui est répondu
que, comme souvent, il faut savoir conjuguer des actions de fond et des
attitudes opportunistes.

4. Un séminaire au FSE.
La réflexion sur le fond peut précisément être
engagée dans le cadre d’un séminaire au FSE sur le SMSI.
Un séminaire pourrait être l’occasion de débattre mais
aussi de rassembler autour d’une initiative à proposer durant le
sommet.
Une proposition est faite de rédiger un texte très didactique
sur le sommet.

5. Résumé des décisions.

· À propos du collectif : un « groupe » est
créé auquel pourront s’agréger d’autres organisations.
· À propos de l’initiative : organiser une conférence
de presse pendant le sommet.
· À propos du FSE : prop
 

Compte rendu réalisé par Marceaux Coupechoux