Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre d’Octobre 1996 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre d’Octobre 1996

Octobre

mardi 1er octobre 1996


La Lettre d’octobre 1996
No : 13

 
Sommaire :

 

Editorial
Abonnez-vous !
____________________________________

Echos de csdptt et de la vie
associative

CFSI : 2 ème réunion sur
les télécoms décentralisées
.

Rencontre avec le secrétaire
général de l’ADCYF.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

France : lancement d’une consultation
publique sur la boucle locale radio.

Les palestiniens demandent un code
téléphonique.

Cameroun : l’accord avec France
Télécom suspendu.

AfricaOne sollicite l’aide des pays
africains

Portugal Telecom sur les rangs pour
la privatisation de la SONATEL.

________________________________________

Economie
Le patron du PNUD s’insurge contre le
« tout privé ».


Editorial
Abonnez-vous !
Le monde des télécoms est en pleine révolution.
Il y a d’une part une forte pression pour la déréglementation
impulsée par la Banque Mondiale et le Fond Monétaire Internationale
mais aussi la Communauté Européenne qui s’accompagne d’un
appel à l’investissement privé lancé par l’UIT notamment
à travers la création de WorldTel une société
privée qui doit rassembler ces investissements. D’autre part apparaissent
de nouvelles technologies sans fil qui permettent l’installation de réseaux
à des coûts d’investissements moindres. La création
de réseaux GSM s’intensifie y compris en Afrique alors que des systèmes
radios font leur apparition dans la boucle locale dans les pays en développement.

Cette situation nécessite des lieux de débat,
neutres par rapport aux entreprises, neutres par rapport aux pouvoirs politiques,
neutres par rapport aux institutions et organismes internationaux. Notre
lettre peut devenir l’un de ces lieux et nous nous efforcerons d’y
accueillir des expressions d’acteurs en Afrique ou ailleurs peu écoutés
jusqu’ici. Pour cela bien sur le nombre de lecteurs doit augmenter.

Si vous pensez qu’il faut soutenir cette initiative abonnez-vous
et faites abonner vos collègues ou amis. Et bien sur envoyez-nous
vos réflexions, nous les publierons.

 La rédaction
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Echos de csdptt et de la vie
associative

CFSI : 2 ème réunion
sur les télécoms décentralisées.

Le groupe de travail sur les télécoms décentralisées
s’est de nouveau réuni le 7 Octobre à Paris. L’ordre du jour
initialement prévu n’ayant pu être tenu, chaque intervenant
s’est exprimé librement permettant ainsi une meilleure connaissance
des différents participants. Pour notre part, représentés
par Bruno J. et Joël P., nous avons déclaré que nous
ne souscrivions pas à l’objectif annoncé de présenter
un nouveau projet de télécoms décentralisées
auprès de bailleurs de fonds, compte tenu de notre expérience
malheureuse et du fait que notre programme de travail était déjà
bien chargé. Par contre nous sommes toujours très intéressés
par toute réunion de ce type permettant les échanges d’expériences
et d’idées et la rencontre de nouveaux acteurs dans des activités
proches des nôtres.

RTSF (Réseau Télécoms Sans Frontières,
association de salariés de France Télécom basée
à Tours) a exprimé des positions identiques aux nôtres
sur la nécessité de collaborer avec les opérateurs
publics en Afrique, plutôt que leur proposer l’installation
d’opérateurs locaux à statut privé.

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Rencontre avec le secrétaire
général de l’ADCYF.

Joël P. et Bruno J. ont rencontré le 9 Octobre
M. Cheikna N’Diaye, le secrétaire général de l’ADCYF,
association pour le développement du cercle de Yélémané
en France.

Cette rencontre fait suite à 
une réunion de CSDPTT où il avait été convenu
de poursuivre les efforts pour rechercher des partenaires dans l’immigration
malienne en France pour mettre en place dans de bonne condition un projet
d’échange avec le bureau de poste de Yélémané
au Mali. Il s’agit du seul bureau de poste dans la région pour environ
140000 habitants. Il abrite le téléphone public, s’occupe
du courrier et réceptionne un nombre important de mandats en provenance
de France.

M. N’Diaye nous a expliqué l’origine de la vitalité
de l’immigration en provenance de cette région en nous en retraçant
l’histoire commune et sa résistance à la colonisation mais
aussi par le fait qu’elle a été jusqu’ici selon lui quelque
peu délaissée par la pouvoir central au profit des régions
plus riches du sud.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

France : lancement d’une consultation
publique sur la boucle locale radio
.

Selon le communiqué du ministre M. Fillion, il
s’agit de « permettre, en s’appuyant sur une meilleure appréciation
des besoins du marché et une évaluation des technologies
envisageables pour les satisfaire, de définir le cadre réglementaire
du développement de la boucle locale radio, tant en matière
de licences des futurs opérateurs que le choix des systèmes
et des fréquences les plus adaptés aux différents
segments du marché ».

La boucle locale désigne dans le réseau
téléphonique la partie la plus proche de l’abonné.

La boucle locale radio permettrait de raccorder les abonnés
à des coûts moins élevés que ceux pratiqués
pour tirer des câbles de cuivre. Certes la consultation publique
est destinée à permettre l’arrivée de nouveaux concurrents.
Cependant elle va permettre aux industriels français d’améliorer
leur offre radio pour la boucle locale. Cette technologie est testée
actuellement par la Générale des Eaux à Saint Maur
en France. A l’étranger, elle se développe en Grande Bretagne,
en Allemagne, au Japon et en Asie du Sud-Est. France Télécom
l’a par ailleurs expérimentée en Indonésie pour raccorder
les abonnés en zone rurale.

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Les palestiniens demandent
un code téléphonique.

L’autorité palestinienne a officiellement demandé
aux organisations internationales des télécommunications
que lui soit attribué son propre code téléphonique.
Les territoires palestiniens sont en effet toujours liés au réseau
international par la code israélien.

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Cameroun : l’accord avec France
Télécom suspendu.

L’accord de conversion des créances de 77 millions
de dollars contre des actions donnant une participation à France
Télécom par l’intermédiaire de FCR (France Câble
Radio) dans l’opérateur des télécommunications internationales
du Cameroun INTELCAM aurait été suspendu. En 1991,
la dette de trafic du Cameroun envers France Télécom 
de 287 M.F. atteignait plus de du tiers du total de celles des pays africains
francophones soit 800 M.F.

Un remaniement ministériel est intervenu début
septembre au Cameroun qui a vu le ministre des télécommunications
maintenu alors qu’il était opposé à cet accord tandis
que le secrétaire du Président de la République à
l’origine de l’affaire était suspendu. Selon le Quotidien des télécoms
du 24/9 qui cite INTELCAM « un conseil d’administration de
l’opérateur s’est réuni le 17 septembre et il n’était
pas question dans l’ordre du jour de coopter un administrateur qui ne soit
pas représentant de l’Etat qui reste le seul actionnaire ».

Rappelons qu’en 1982 l’Etat était redevenu l’actionnaire
unique d’INTELCAM en rachetant les parts des partenaires étrangers, 
FCR et Cables et Wireless qui en détenaient respectivement 30 et
10%. Les investissements se sont alors accélérés,
la société a créé un nouveau centre à
Douala, le personnel est passé de 195 personnes en 1982 à
299 en 1985 et 475 aujourd’hui, dont une centaine de cadres parmi lesquels
¾ d’ingénieurs. Le chiffre d’affaires d’INTELCAM atteint
aujourd’hui environ 13 milliards de FCFA. Son Directeur général
M. Emmanuel Nguiamba Nloustri a reçu en 1996 l’Oscar des managers
africains.

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AfricaOne sollicite l’aide
des pays africains

Le directeur du projet AFRICA ONE, dirigé par
ATT, qui consiste à relier les côtes africaines par
un câble de fibre optique de 39000 km, a de nouveau réclamé
la participation financière des pays africains. Le directeur
M. Leu a déclaré avoir le soutien de la Banque Mondiale,
de la Banque Africaine de Développement et d’autres institutions
financières mais il semble toujours attendre celui des Etats africains
dont la contribution a été fixée à 15
millions de dollars chacun pour un coût total du projet de 2,5 milliards.

II a justifié ce projet en déclarant que
les communications interafricaines passent par l’Europe ce qui oblige les
pays africains à payer les cablo-opérateurs européens.
Il a ajouté que les communications de l’Afrique avec le reste du
monde augmentaient de façon significative citant l’exemple des appels
USA-Afrique passés de 1991 à 1994 de 75 millions de minutes
à 194 millions.

Il a ajouté que AFRICA ONE devrait permettre de
gérer 180000 conversations simultanément. (AFP 24/09/96).

Cet appel intervient alors que le géant américain
ATT rencontre quelques difficultés. Son résultat par action
au 3 ème trimestre serait inférieur à 10% aux prévisions
et sa part de marché dans les communications longue distance serait
passé de 60 à 56% au profit de ses concurrent MCI et SPRINT.
Certains analystes prévoient l’accélération du déclin
d’ATT dans les mois à venir avec l’arrivée sur le marché
américain de l’interurbain des opérateurs locaux. (La Tribune
Desfossés 25/09/96).

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Portugal Telecom sur les rangs
pour la privatisation de la SONATEL.

Le P.D.G. de Portugal TELECOM International (PTI), contrôlé
à 51% par l’Etat portugais, a annoncé sa candidature pour
l’achat de 33% de la SONATEL, l’opérateur sénégalais
des télécommunications.

En Afrique, PTI possède déjà 40%
de l’opérateur Cap-verdien, 51% de celui de Guinée Bissau
et 51% de celui de Sao Tomé et Principe. La PTI collabore par ailleurs
avec les opérateurs du Mozambique et de l’Angola.

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Economie
Le patron du PNUD s’insurge contre
le « tout privé ».

M. James Gustave Speth, administrateur du PNUD, a récemment
mis en garde dans un entretien au Monde le 11/10/1996, les opinions publiques
occidentales contre deux mythes largement : la globalisation de l’économie
profiterait au tiers monde et le secteur privé serait une solution
miracle aux problèmes de développement.

Ainsi a-t-il déclaré : « Dans plus
d’une centaine de pays, le revenu par habitant est plus bas qu’il n’était
il y a 15 ans. Plus de 1,6 milliards d’habitants vivent aujourd’hui moins
bien qu’au début des années 80 ».

A propos des investissements privés, il s’insurge
contre l’idée qu’ils conduiraient naturellement à un monde
équitable. Selon lui, il n’y a pas de corrélation entre les
besoins d’un pays et les investissements étrangers directs. De plus
les ¾ des investissements étrangers directs se concentrent
en fait sur moins d’une douzaine de pays la plupart en Asie. L’Afrique
n’a droit qu’à 6%, et les pays les moins avancés le plus
souvent situés en afrique noire qu’à 2%. Le libéralisme
a certes favorisé la croissance mais une croissance qui s’est accompagnée
d’une plus grande pauvreté, d’un chômage en hausse 
et d’inégalités plus marquées.

Aussi pour lui, l’aide au développement reste
incontournable pendant encore très longtemps et il considère
comme un scandale le fait qu’elle ait chuté de 25 % entre
1992 et 1994.