Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de CSDPTT octobre 1995 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de CSDPTT octobre 1995

Octobre

mardi 1er octobre 1996


La Lettre de octobre 1995
No : 2

 
Sommaire :

Editorial
Télécom 95 : « Ne pas oublier
l’autre monde ! »

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Echos de CSDPTT et de ses correspondants

CSDPTT sur la BBC
Le Téléphone à
Yélémané en 97 ?

M. Diarra Bassirou fait la une des journaux au
Mali.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Une école d‘ingénieurs des Télécoms
en Afrique ?

Prêt BOAD pour l’extension du téléphone
à Ouaga

Les chiffres du téléphone public
en Côte d’Ivoire

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Politique
Election présidentielle en Côte
d’Ivoire



Editorial
Télécom 95 : « Ne pas oublier l’autre monde ! »
 Comme tous les 4 ans les professionnels se sont retrouvés au cours du salon des télécommunications organisé sous l’égide de l’IUT (Union internationale des Télécommunications), organisation spécialisée de l’ONU. Près de 150 000 personnes ont visité les différents stands de plus de 1000 exposants en provenance de 52 pays « alléchés par l’argument contesté selon lequel un dollar investi ici rapporterait 50 dollars de contrat  » selon un commentateur averti.
Cette édition 95 à Genève était centrée sur la convergence dans les prochaines années des télécommunications, de l’informatique et de la télévision. Tous les outils de la communication planétaire du 3ème millénaire y étaient représentés. Selon l’IUT les infrastructures de l’information seront les moteurs de la croissance de l’économie de demain. Déjà en 94, l’industrie des infocommunications (télécommunications, informatique et audiovisuel) aurait réalisé en 1994 un chiffre d’affaires de 1430 milliards de dollars, soit 5% du produit national brut mondial, pour un investissement de 647 milliards rapportant aux 50 premiers exploitants publics des télécommunications quelques 35 milliards de dollars de bénéfice !
Entre 1984 et 1994, pas moins de 258 millions de nouvelles lignes téléphoniques ont été installées, portant le parc mondial à 647 millions. La croissance la plus forte provient de l’Afrique et de l’Asie respectivement 8,6 et 8% contre 4,8% en Europe. Ces chiffres ne rendent pas bien compte des disparités. En effet il y a plus de téléphones à Manhattan que dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne et alors qu’en France on a largement dépassé le chiffre d’une ligne pour 2 habitants on est bien loin d’une ligne pour 100 habitants au Burkina Faso malgré une accélération de la croissance dans ce pays ces dernières années. Celle-ci reste largement insuffisante en regard des besoins en Afrique.
C’est ce qu’a voulu souligner M. Mandela, le Président Sud-Africain en déclarant à l’inauguration : « Si plus de la moitié du monde se voit refuser l’accès au moyen de communication, les habitants des pays en voie développement ne seront pas des membres à part entière du monde moderne » et il a ajouté  « les télécommunications ne peuvent simplement être traitées comme un secteur commercial de l’économie et être laissées aux forces libres du marché ». Soulignant que le fossé technologique Nord-Sud se creusait il a appelé à renverser la tendance et à saisir une chance sans précédent. Il a notamment proposé un nouveau programme de construction de liens à grande capacité entre pays du tiers monde alors que l’héritage colonial oblige des voisins à communiquer entre eux via l’Europe.
Pourtant la difficulté d’obtention de financements publics suffisants en regard des besoins et la déréglementation risquent de priver pour longtemps encore la quasi-totalité des villages africains du droit élémentaire de communiquer, les investisseurs privés en train actuellement de se partager les opérateurs publics à travers le monde, ne recherchant que « les parts de marché  » rapidement rentables.  Bruno Jaffré
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Echos de CSDPTT et de ses correspondants

CSDPTT sur la BBC
André et Bruno avaient été interviewés
en juin par un journaliste de passage à Paris travaillant pour les émissions
en langue française de la BBC. Nous étions depuis sans nouvelle.
C’est par M. Sawadogo Moumini, le receveur de Koupéla (Burkina Faso)
rencontré lors de la mission de CSDPTT à Gorom qui nous apprend
dans une lettre adressée à Christian que l’interview est passée
à l’antenne. Il l’a lui-même entendue.

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Le Téléphone à Yélémané
en 97 ?

Selon le député du cercle de Yélémané,
la SOTELMA aurait effectivement fait une étude pour installer le téléphone
dans cette région. Les membres de l’ADCYF qui n’en sont pas à
la première promesse ont demandé que le projet mené en
collaboration avec GBH, le CIEDEL et CSDPTT continue pour l’instant.


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M. Diarra Bassirou fait la une des journaux
au Mali.

M. Diarra Bassirou a fait les titres de la presse au Mali durant
le mois d’Août suite à sa démission rendue publique du parti
au pouvoir.

Rappelons que M. Diarra est ancien Président de l’AOTRF
(association des Originaires du Tringa résidant en France) avec laquelle
nous avions mené notre premier projet alors qu’il était encore
réfugié politique en France. Il a été depuis nommé
Conseiller à la Présidence chargé du développement
de la région à laquelle appartient le cercle de Yélémané.
Il a joué un rôle de catalyseur dans le projet dont il est
question ci-dessus.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Une école d‘ingénieurs des
Télécoms en Afrique ?

Un séminaire ayant pour thème : « l’offre
et la demande en formation, le rôle de la formation dans le développement
du secteur des télécommunications et les actions à entreprendre
 » s’est tenu à Ouagadougou du 26 au 28 juin 1995. Financé
par le ministère de la coopération qui a fait appel à un
cabinet de conseil COOPERS et LYBRAND pour une étude sur le sujet, organisé
par l’ONATEL, il a réuni une cinquantaine de personnes dont les représentants
de la coopération française, des 14 pays de l’Afrique francophone,
les PTT suisses et les canadiens.

Ce séminaire a entériné l’idée de
travailler à la création d’une école d’ingénieurs
de télécommunications en Afrique de l’Ouest d’un niveau équivalent
à celui de l’ENST à Paris. Le suivi du projet a été
confié au Cameroun chargé d’organiser l’an prochain un nouveau
séminaire.

La fermeture du CIPEC de Toulouse rattachée au BEPTOM aujourd’hui
dissous, par lequel étaient passés nombre de cadres africains
a laissé un vide, beaucoup d’ingénieurs en poste ayant été
par ailleurs formé dans lespays de l’Est. La demande est forte d’autant
plus que le développement des télécoms s’accélère
dans la région (tout en restant largement insuffisant). Il existe bien
une école interafricaine à Dakar mais elle forme surtout à
un niveau équivalent en France à celui des inspecteurs dits ingénieurs
de travaux.

La SOFRECOM société d’études filiale de France
Télécom avait envoyé un représentant. Une délégation
représentant l’ENST (Ecole Nationale Supérieure des télécommunications)
a aussi participé aux travaux. France Télécom est officiellement
associé à ce projet par l’intermédiaire de la DEST (Direction
de l’enseignement supérieur) mais il semble que l’on a eu toutes les
peines du monde à trouver quelqu’un pour se rendre à ce
séminaire et représenter officiellement France Télécom.
Que ne s’est-on adressé à CSDPTT ? Nous n’aurions eu aucune difficulté
à trouver quelqu’un de motivé pour participer à ce séminaire
et y apporter une contribution constructive. (Exclusif)

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Prêt BOAD pour l’extension du
téléphone à Ouaga

La Banque Ouest Africaine de Développement vient d’accorder
au Burkina Faso un prêt de 5 milliards de FCFA (50 millions de FF). Celui-ci 
est destiné à financer partiellement un projet d’extension
du réseau urbain de Télécommunications de la capitale Ouagadougou.
( Source AFP 27/09/95).

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Les chiffres du téléphone
public en Côte d’Ivoire

Nous avons recueilli un témoignage sur le téléphone
public en Côte d’Ivoire. 250 cabines sont installées dans
tout le pays. Quatre types de cartes sont proposés à 1000, 2500,
5000 et 10000 FCFA. Selon notre correspondant, à Cocody un des quartiers
de la capitale, 50% des cabines seraient en dérangement (estimation rapide).
Il faut 20 à 30 minutes d’attente pour y accéder. Des petits enfants
« gèrent » la queue : ils proposent un banc pour patienter
et vendent des unités au double du prix officiel.

Il existe aussi de nombreux « téléphones shop
 » très souvent couplés à un autre commerce.
La licence coûte 500000 FCFA auprès de la CITELCOM. Abidjan en
compterait à peu près une centaine. Ces magasins téléphone
munis de chronomètres ou de compteurs proposent un accès au réseau,
téléphone et très souvent fax, à un coût d’environ
125 FCFA les 3 minutes soit plus du double du tarif officiel.

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Politique
Election présidentielle en Côte
d’Ivoire

Malgré de nombreux incidents se traduisant parfois par
des morts les élections ont finalement eu lieu en Côte d’ivoire
comme prévu le 22 Octobre. Les deux principaux partis de l’opposition
le FPI (Front Populaire Ivoirien) et le RDR (Rassemblement des Républicains)
avaient appelé à boycotter le scrutin afin de protester contre
le code électoral qui a empêché M. Ouattara ancien premier
ministre de se présenter. Ils accusent en outre le gouvernement d’avoir
trafiqué les listes électorales.

La Côte d’Ivoire était considérée par
le FMI et la Banque Mondiale comme l’un des pays de la zone franc ayant le mieux
réussi la dévaluation, « tant par la croissance générée
que par le respect des objectifs économiques fixés avec le FMI
« . Après 7 années de récession, ce pays a en
effet renoué avec une croissance de 2% en 94, les prévisionnistes
prévoyant 5% pour 95. L’inflation a tout de même été
de 32% en 94, ce qui n’ a pas manqué d’aggraver les conditions de vie
quotidiennes pour les populations dont une bonne partie reste cantonner dans
la misère. Ainsi alors que les prix ont augmenté de près
de 50% en 18 mois, les salaires n’ont augmenté que de 15% en 94 et augmenteront
entre 3 et 15% cette année (Les Echos du 23/10/95)..

Les nombreux incidents ayant émaillé la campagne
électorale ne manqueront pas de contrecarrer les l’objectif du président
M. Bédié qui comptait améliorer l’image de son pays à
l’extérieur.

Selon le quotidien LIBERATION, dans la région de Gagnoa,
ce n’est que dans un petit périmètre autour de la préfecture
que la population pouvait accéder aux bureaux de vote, les opposants
ayant bloqué tous les accès.

Rappelons que c’est dans cette région que nous avons lancé
le projet de refaire l’installation téléphonique de l’hôpital.
La situation tendue dans laquelle elle se trouve ne va certainement pas nous
faciliter la tâche.

A suivre ...