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Financement des infrastructures de télécommunications en Afrique quelques pistes (SMSI - Réunion intersessionnelle - Paris 15-18 juillet 2003 . Intervention de Jean Louis Fullsack)

lundi 21 juillet 2003, par Bruno JAFFRE

Cette intervention a été faite au titre de la Plénière de la Société Civile à la Réunion plénière du SC-2 après que Jean Louis Fullsack ait fortement exprimé au cours d’une réunion de la société civile représentée à cette intersession que ces questions soient mieux prises en compte.

 

Financement des infrastructures, quelques pistes

SMSI - Réunion intersessionnelle - Paris 15-18
juillet 2003

Intervention au titre de la Plénière de
la Société Civile à la Réunion plénière
du SC-2

Je m’appelle Jean-Louis FULLSACK. Je suis administrateur de l’ONG Coopération,
Solidarité, Développement aux Postes et Télécommunications
(CSDPTT)
J’interviens sur un des objectifs essentiels du SMSI que son jargon
appelle « la réduction de la fracture numérique
 ».

Fortement engagé dans le processus du SMSI dès son début,
CSDPTT a présenté de nombreuses contributions et a activement
participé au groupe de travail « Contenus et Thèmes
 » de la Société Civile.

Les thèmes que j’ai l’honneur de vous présenter n’ont
pas à notre avis la place qui leur revient dans nos débats,
eu égard à leur importance stratégique et au volume
d’investissements qu’ils impliquent : je veux parler de l’accès
et de l’infrastructure des réseaux de télécommunication.
Cela est d’autant plus regrettable que ces deux thèmes ont été
classés comme prioritaires par la Société Civile
dans son projet de Plan d’Action élaboré lors du PrepCom-2.

Je rappelle les deux thèmes et les objectifs qui leur ont été
assignés à l’issue du PrepCom-2.
 - Un accès
au réseau de (télé)communications par village ou communauté
représentative dans tous les PeD d’ici à 2005, soit à
l’issue du processus du SMSI.
 - La mise en place et le
développement des infrastructures des réseaux de télécommunication.
Ainsi pour l’Afrique, le déploiement d’un Réseau d’Interconnexion
Africain (RIA) reposant en partie sur Panaftel réhabilité
et/ou renouvelé, complété par le réseau satellitaire
RASCOM doivent être considérés comme prioritaires.

Cependant nous considérons comme un pré-requis
aux réponses à donner à l’accès et à
l’infrastructure, le déploiement de sources d’énergies
renouvelables
(SER) -adaptées aux conditions locales- pour les
alimenter de manière fiable, durable et globalement économique.
Dans le cas de l’Afrique, les sources d’énergie photovoltaïques
doivent être préconisées.
 

D’autre part, le financement nécessaire aux investissements
lourds pour la mise en oeuvre des accès et des infrastructures
doit être clairement précisé dans le Plan d’Action,
en particulier pour l’ensemble de ses objectifs prioritaires.
Pour fournir les ressources nécessaires au financement
des investissements notamment d’infrastructure, nous considérons
que la préférence doit être donnée aux modes
de collecte simples et donc rapides à mettre en œuvre. A titre d’exemple
et pour l’Afrique sont ainsi à prendre en considération :
 - Le retour à un
système de tarification par répartition tel qu’il
était pratiqué avant la réforme de 1998. La plus-value
ainsi dégagée sera affectée à un fonds d’investissement
africain dédié à l’infrastructure des réseaux.
Selon les experts économiques les plus crédibles cette plus-value
se situe entre 1 et 2 milliards de dollars par an.
 - L’arrêt des services
de rappel
(« call-back »), par ailleurs illégaux
dans une grande partie des PeD, qui ont détourné plus de
500 millions de dollars par an de revenus aux profit des sociétés
étrangères et au détriment des opérateurs africains
.
 - La « récupération
 » progressive du transit intra-africain
(au fur et à mesure
du développement des infrastructures des réseaux africains),
actuellement assuré à l’extérieur du continent, qui
coûte aux opérateurs africains de l’ordre de 400 Millions
de dollars par an selon l’UIT.

Parallèlement, la révision, l’actualisation, le
regroupement et le re-dimensionnement adéquat des projets d’infrastructure
en cours entraîneront des économies d’échelle importantes
 ; les conception et planification des réseaux de télécommunications
au niveau sub-régional préconisées par le NEPAD vont
dans ce (bon) sens.
Dans ce contexte le projet Africa ONE (2 milliards de dollars
d’investissement et technologiquement dépassé) doit être
abandonné et les avances de fonds effectuées par différents
pays devront leur être restitués.
 

Pour toutes ces raisons CSDPTT demande que le Sous-Comité 2 -soutenu 
par la plénière des ONG- veuille bien examiner ses propositions
et se prononcer en leur faveur. La preuve est ainsi apportée que
pour les pays africains -et au-delà pour tous les PeD- une
infrastructure des (télé)communications n’est non seulement
à leur portée, mais que le potentiel de son financement
est en grande partie dans leurs mains
.
 

Paris, le 17 juillet 2003
Jean-Louis Fullsack
 

A propos de CSDPTT : ONG française, CSDPTT est formé
par des cadres et agents de la poste et des télécommunications,
son activité consiste -pour ce qui concerne le secteur télécommunications- 
en raccordement par voie hertzienne de villages et communautés isolées
au réseau de télécommunications, à la formation
des techniciens et utilisateurs des services mis en œuvre, ainsi qu’en
conseil en ingénierie des réseaux dans différents
pays africains.

 

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