Accueil > Nouvelles de CSDPTT > Contribution de CSDPTT au (projet de) plan d’action du SMSI (mai (...)

Contribution de CSDPTT au (projet de) plan d’action du SMSI (mai 2003)

mercredi 2 juillet 2003, par Bruno JAFFRE

Contribution de CSDPTT au (projet de) plan d’action du SMSI soumise au comite préparatoire N°3 (PREPCOM-3)

 
Note liminaire
CSDPTT rappelle ses précédentes contributions qui gardent
toute leur actualité et pertinence, et soumet au PrepCom-3 les propositions
suivantes, à prendre en compte dans l’élaboration du Plan
d’Action tel qu’il doit résulter du Sommet de Genève (décembre
2003).
Ces propositions sont présentées dans le cadre de la
réduction de ce que l’on appelle « le fossé numérique
Nord-Sud » qui est l’un des objectifs prioritaires assigné
par ses promoteurs au SMSI.

Actions générales :
a) Accès
- L’accès au réseau de télécommunications
 : priorité aux zones rurales grâce aux technologies radio
terrestres ou -le cas échéant- satellitaires.
- Réhabilitation des réseaux urbains (métropoles,
zones/centres économiques) qui contribuent, au prix d’un investissement
minimal, à une rentabilité élevée et à
garantir une base d’utilisateurs généralement stable et solvable
aux opérateurs publics.

b) Réseaux de télécommunication
- Au niveau Régional et Sous-régional, priorité
au Réseau d’Interconnexion Africain (RIA) et à sa connexion
au Câble sous-marin SAT3/WASC. Outre sa fonction de transport des
services vocaux et de données, ce réseau doit être
le réseau dorsal Internet de l’Afrique. La structure cible de ce
réseau doit être définie et approuvée par l’ensemble
des pays concernés. Ce Réseau résultera d’un double
processus :
* L’évaluation en termes d’opérabilité et
d’évolutivité des artères de télécommunications
conduite dans le cadre d’un inventaire exhaustif des infrastructures de
réseau en service. Elle doit dégager la première famille
des composantes à garder ou à réhabiliter en vue de
leur intégration dans le réseau cible du RIA
* L’étude et la réalisation des segments nouveaux,
complétant ceux résultant de l’étude ci-dessus qui
constituent la deuxième famille des composantes du réseau
cible du RIA.
- Au niveau national, une attention particulière devra être
accordée au dipôle « capitale administrative-capitale
économique » que l’on retrouve dans un grand nombre de pays
africains, cet axe constituant à la fois l’ossature du réseau
et son segment le plus rentable. Sa réhabilitation et si nécessaire
son renouvellement devront être programmés afin que cet axe
vital joue pleinement son rôle pour la collectivité nationale.
Dans tous les cas une artère à fibres optiques doit y être
prévue en situation cible.

c) Moyens de financement de actions générales de haute
priorité

Le retour à la tarification des services vocaux internationaux
selon le mode antérieur (partage 50/50 des recettes des communications
internationales entre pays source et destination) permet de dégager
une plus-value qui doit être affectés aux opérations
décrites ci-dessus ; ces dispositions devront être rapidement
étendues au trafic IP extérieur au continent. En outre la
pratique du rappel de l’appelant (« call-back) doit être proscrite
car elle prive les opérateurs africains de leur revenus légitimes.

Deux problèmes transverses
- La disponibilité de sources d’énergie adaptées
et fiables -au premier rang les énergies renouvelables- doit être
considérée comme un prérequis déploiement des
services offerts par les technologies de l’information et de la communication
(TIC) dans le cadre d’une « Société de l’Information
 ». Inversement, tout projet de réalisation de site et d’équipement
de télécommunications doit systématiquement comporter
une proposition de source d’énergie de type renouvelable avec en
priorité les sources photo-voltaïques.
- L’enseignement et la formation techniques et supérieurs
est un objectif prioritaire pour les PeD et en particulier pour l’Afrique
.

Les infrastructures nationales et sous-régionales (exemple : ESMT
de Dakar) doivent être considérées comme vitales pour
satisfaire cet objectif. En conséquence le retour dans ces écoles
et instituts des formations actuellement disséminées dans
des structures particulières à l’exemple des « académies
Cisco » doit être un élément prioritaire de cet
objectif. Ceci implique la réaffectation des financements
publics et institutionnels
, actuellement alloués à
ces « académies », aux infrastructures africaines pour
leur permettre un fonctionnement satisfaisant et de répondre aux
besoins urgents et spécifiques du continent. Le partenariat avec
des centres et universités similaires des pays industrialisés
doit être privilégié, et des propositions en ce sens
devront être présentées les pays volontaires du Nord,
en laissant toute liberté quant aux contenus aux responsables des
centres de formation africains (exemple : partenariat entre l’Institut
National des Télécommunications en France avec un centre
équivalent en Afrique).

Trois objectifs prioritaires pour l’Afrique (à
programmer dans le cadre temporel du SMSI)

Rascom :
Le schéma opérationnel doit être
élaboré en urgence avec tous les pays, signataires ou non
du Mémorandum. Ce schéma devra donner la priorité
de desserte aux zones éloignées et/ou enclavées
,
en fonction de leur situation par rapport au réseau terrestre existant
et programmé.

Africa ONE :
Ce projet doit être arrêté immédiatement
car sa gestation aussi douteuse que sa gestion ont déjà trop
obéré les maigres ressources des opérateurs africains.
Ceci implique d’une part la récupération des fonds déjà
engagés ou programmés dans ce projet par une trentaine de
pays africains, d’autre part à étudier en urgence le prolongement
du câble SAT-3/WASC sur la côte Est de l’Afrique et la façade
méditerranéenne, en parfaite synergie avec des câbles
sous-marins et des sections de câble terrestres existants et
programmés
. Ainsi, les sections sous-marines et terrestres
seront à la cible strictement complémentaires pour éviter
tout doublon contreproductif.

Panaftel :
Ce réseau dont la vocation d’origine est d’assurer l’interconnexion
entre les pays africains
doit recouvrer toute sa place en cohérence
avec, et le cas échéant en intégration dans, le réseau
RIA. A cette fin, sa réhabilitation sera conduite
selon le schéma proposé pour le RIA : conservation, réhabilitation
ou remplacement/renouvellement. L’étude conduite en ce sens devra
prendre en compte en premier lieu l’opérabilité (exploitation,
maintenance, gestion), fiabilité et la durabilité ; ces deux
dernières impliquent un recours essentiel à l’alimentation
en énergie solaire des sites et équipements.
Fait à Paris, le 31 mai 2003