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lettre d’avril 2003

avril

mardi 10 juin 2003, par Bruno JAFFRE


La Lettre d’avril 2003
No : 89

Philippe Darrouy, Alain Roblin Demont, Philippe
Rigaud et Bruno jaffré ont participé à la rédaction
de ce numéro.

 
Sommaire :

Editorial
Mina et la guerre
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Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

CSDPTT participe à une formation
Réseaux au Niger

AG de CSDPTT
En Bref  : CSDPTT au Forum Social
de Toulouse, CSDPTT Rhône Alpes, Réparation du téléphone
de Koin

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

L’île Maurice libéralise
les télécommunications un an avant la date prévu.

La poste ivoirienne doit 3 milliards
de FCFA à celle du Burkina

Nigéria : développement
rapide des mobiles

Niger  : prêt BOAD pour la
SONITEL

Congo : dissolution de l’ONPT
En Bref  : Pologne, Algérie,
radios communautaires financés par les Pays Bas, Malawi, Cameroun,
Mali, Maroc.

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Net -Actus
ADSL au Sénégal
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Immigration malienne
Une étude sur l’immigration
malienne en provenance de Kayes

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Articles et documents
Sommet Mondial de la Société
de l’Information
 : Un projet de plan d’action libéral et sécuritaire
en contradiction avec l’objectif affiché de réduction de
la fracture numérique

 


Editorial
Mina et la guerre

Je m’appelle mina
J’ai bientot 12 ans
Je m’appelle mina
je suis une enfant
je m’appelle mina
mes parents habitent
une jolie maison
avec de belles fleurs
je m’appelle mina
et j’aime bien la vie
Je pleure et je rie
je chante et je danse
Je m’appelle mina
J’allais à l’école
mais depuis mardi
la classe est finie
je m’appelle mina
et je comprends pas
pourquoi maman pleure
pourquoi papa tremble
je m’appelle mina
je suis allongée
je vois les étoiles
qui percent le toit
je m’appelle mina
où est ma maman ?
dans toute cette poussière
je ne la vois plus
je m’appelle mina
papa n’est plus là
il a disparu
avec le grand bruit
je m’appelle mina
j’ai peur et j’ai mal
je sens plus mes jambes
je vois plus mes mains
je m’appelle mina
je voudrais dormir
je veux ma maman
je veux mon papa
elle s’appelait mina
c’était une enfant
sa vie l’a quittée
un soir de printemps
je m’appelle sonny
j’ai tué mina
en larguant ma bombe
pour la délivrer
je m’appelle alain
j’ai tué mina
en fermant les yeux
sans les arreter
Alain Roblin Demont
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Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

CSDPTT participe à une
formation Réseaux au Niger

Dans le cadre de la coopération entre Africacomputing
et CSDPTT, Alain Roblin Dmont est allé du 8/02 au 03/03/2003 assurer
un atelier de formation Réseaux en remplacement d’un formateur d’AfricaComputing
indisponible.

Cette formation s’est intégrée à
un projet ambitieux de 3 ateliers sur 6 semaines, mobilisant 6 formateurs
pour plus de 70 stagiaires, mené en partenariat par le Groupe Internet
Niger et Africacomputing, avec le concours de Patricia FIDI.

Les sujets des ateliers étaient les suivants :
- Administration de serveurs GNU/Linux
- Création de site Web
- Maintenance Informatique et Réseaux
 Ce projet d’une grande qualité augure d’une
coopération fructueuse entre nos deux associations, et pourrait
servir de modèle aux actions menées par les structures impliquées
dans la coopération et le développement des NTIC dans les
pays les moins favorisés.

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AG de CSDPTT
L’assemblée générale s’est déroulé
les 14 et 15 mars en présence de 14 adhérents provenant essentiellement
de Lyon, des Alpes, du Sud-ouest et de la région parisienne. CSDPTT
compte 54 adhérents contre 49 l’an dernier, 33 personnes ou associations
sont abonnées à la lettre de CSDPTT.

Le vendredi après midi, deux ateliers ont
travaillé l’un sur les projets de téléphonie rurale,
l’autre sur les projets NTICs "Nouvelles technologies de l’Information
et de la Communication".

L’AG proprement dite s’est déroulée le
samedi toute la journée.

La discussion a porté sur les thèmes suivants
 :

- Comment assurer la pérennité des projets
déjà réalisés ou en cours ?

- Comment assurer la cohésion de l’association
face à la multiplication d’activités menées en parallèle
 ?

- La nécessité de s’orienter vers des projets
en utilisant du matériel neuf. Il a en particulier été
évoqué l’éventualité de se rapprocher de constructeurs
soit pour tester leur matériel en réel sur le terrain soit
pour être "bétatesteur" pour ce qui concerne le matériel
relatif aux NTICs. Bien entendu l’association veillera a préserver
son indépendance et à ne pas se faire instrumentaliser par
ces entreprises à leur fin de communication.

- Les suites à donner à notre engagement
dans la préparation du Sommet Mondial de la Société
de l’Information. Après une importante discussion contradictoire,
l’AG a finalement décidé d’accepter la proposition faite
à Jean Louis Fullsack d’intégrer le bureau de la société
civile pour y représenter CSDPTT. Il y animera en particulier
un groupe de travail sur "infrastructure et environnement". CSDPTT
poursuivra par ailleurs son travail de mobilisation pour élargir
la participation de la société civile en participant 
aux différents forum sociaux.

Quelques décisions importantes ont été
prises, comme de participer activement au Forum social de Toulouse où
nous sommes invités à animer un débat, à un
regroupement des associations locales actuellement en cours en Rhône
Alpes en vue d’une grande rencontre "OFF" dans la région sur des
thèmes proches de ceux du Sommet Mondial de la Société
de l’Information, et au prochain forum social européen de Paris.

La décision d’acheter un nom de domaine csdptt.org
a été prise ce qui fut fait dès le lundi suivant.

Les comptes ont été adoptés et le
CA a été reconduit à part deux démissionnaires.

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En Bref
CSDPTT a été invité à animer
un débat lors du Forum Social de Toulouse le 12 avril sur
le thème "Internet utile au Sud ?".

CSDPTT Rhône Alpes participe à un regroupement
actuellement en cours, en région Rhône Alpes d’associations
locales en vue d’une grande rencontre "OFF" dans la région
sur des thèmes proches de ceux du Sommet Mondial de la Société
de l’Information.

Le téléphone en panne dans le village
de Koin
au Burkina (voir reportage du n°87) a été
réparé
une dizaine de jours après le passage de
Bruno Jaffré par les techniciens locaux. Subsistent cependant des
difficultés dans le fonctionnement des régulateurs.

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Echos
des postes et télécoms dans le monde

L’île Maurice libéralise les télécommunications
un an avant la date prévu

Cette décision ne satisfait pas France Télécom,
nouvel investisseur dans Mauritius Telecom à hauteur de 40%, ni
les syndicats qui ont saisi la cour suprême mauricienne. Le gouvernement
de l’île a anticipé l’ouverture du marché des Télécoms
aux autres opérateurs dès le 1er janvier 2003.

24 candidats se sont manifestés auprès
de l’ICTA (Autorité de régulation), tous originaires de la
région : de Maurice même, de Madagascar, d’Inde et de la Réunion,
avec la vocation pour la plupart d’être présents sur le créneau
de la fourniture d’accès Internet (incluant le téléphone
international sur IP), avec le boum programmé suite à la
construction de la cybercité. Des demandes de licences GSM et de
diffusion de bouquets télévisés par satellite ont
également été déposées : Gulfsat Madagascar
soumissionne pour une licence VSAT (système de transmission des
données Internet par satellite) et une licence de FAI (fournisseur
d’accès Internet), et le groupe Distacom, malgache lui aussi, sollicite
une troisième licence GSM à Maurice après EMTEL et
CELLPLUS, filiale de Mauritius Telecom.

 Par ailleurs, certains de ces candidats protestent
contre le monopole de fait de France Telecom quant à l’usage du
câble sous marin SAFE, condition sine qua non pour l’implantation
d’un nouvel opérateur. (Source agence Panapress)

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La poste ivoirienne doit 3
milliards de FCFA à celle du Burkina

Si la crise que traverse aujourd’hui la Côte d’Ivoire
a amplifié le phénomène, la poste ivoirienne devait
depuis bien avant la crise plus de 2 milliards de F CFA à son homologue
burkinabè.

Le déséquilibre de transfert était
profitable au Burkina. En effet plus de mandats proviennent de la Côte
d’Ivoire, que de mandats burkinabè à destination de la Côte
d’Ivoire, mais les impayés traînent depuis 1999.

Les relations entre les pays membres du Réseau
postal de l’Afrique de l’Ouest sont régies par les accords de Kigali
qui autorisent le transfert de fonds entre pays, sur la base qu’un pays
émettant un mandat en provenance d’un autre doit dans le respect
des clauses payer le pays destinataire ; et ceci dans les meilleurs délais.

Aussi la direction générale de la SONAPOST
du Burkina a suspendu le paiement des mandats en provenance de la Côte
d’Ivoire depuis le 01 février 2003. C’est le troisième pays 
après le Niger et le Mali dont le paiement de mandats a été
suspendu. Des mesures qui causent d’énormes déficits aux
postes africaines. Pourtant un système de provisionnement avait
été institué mais il n’a jamais vraiment fonctionné.

M. Arthur Kafando le DG de la SONAPOST préconise,
en attendant, l’usage du système de transfert Western-Union déjà
très répandu mais aussi très onéreux. Le Burkina
Faso, à travers le ministère des Postes et Télécommunications,
a saisi la représentation du Fonds monétaire international
au Burkina afin que la question des arriérés de paiement
des mandats puisse être inscrite dans les négociations entre
le FMI et la Côte d’Ivoire. (Source Sidwaya 26/02/2003)

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Nigéria : développement
rapide des mobiles

 Depuis août 2001, ECONET et MTN, ainsi que
la société nationale NITEL, ont conjointement attribué
plus de deux millions de lignes de téléphonie mobile. Le 
Nigeria est ainsi un des pays où le GSM s’est développé
le plus rapidement. Chacune de ces trois sociétés a payé
285 millions de dollars pour avoir l’autorisation d’exploiter le réseau
GSM. Un quatrième opérateur, Globacom, devrait bientôt
démarrer ses activités .

Revers de la médaille, plus de 400.000 cellulaires
ont été volés au Nigéria durant la même
période. Le taux le plus élevé de vols de combinés
- 62,79% - a été enregistré dans la capitale économique,
Lagos, et d’autres villes du sud-ouest, où les deux sociétés
de téléphonie mobile, ECONET et MTN, ont lancé en
premier leurs services.

Les abonnés victimes de ces vols ont dû
payer un total de 43,19 millions de nairas pour remplacer leurs cartes
SIM (module d’identification des abonnés). En effet ceux-ci doivent
payer une fraction du prix initial de l’acquisition de la carte SIM, et
montré un certificat de perte établi par la police, pour
que leurs cartes soient remplacées. (Source Panapress)

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Niger : prêt BOAD pour la
SONITEL

La Banque ouest-africaine de développement (BOAD)
a accordé début mars un prêt de 9 milliards de FCFA
au Niger pour le financement partiel du projet de modernisation de son
réseau de télécommunication. Depuis la privatisation
de la SONITEL au profit d’une société chinoise ZTE Corporation,
cette société avait annoncé certains ambitions mais
rien n’avait vraiment encore démarré.

Le projet financé vise notamment l’intégration
du réseau nigérien dans le réseau numérique
sous-régional à haut débit. Il vise ainsi la
construction de la section nigérienne de la boucle optonumérique
connectée aux artères de câbles à fibres optiques
du Burkina Faso et du Bénin qui permettra de lier le Niger aux autres
pays de la région mais aussi aux câbles sous-marins de la
Côte Atlantique pour la connectivité internationale.

Sur le plan national, la SONITEL a annoncé l’augmentation
du nombre de lignes de 20 000 à 45 000 lignes d’ici 2004, la numérisation
de l’artère Niamey Niger jusqu’ici régulièrement en
panne et la création d’un deuxième centre à
autonomie d’acheminement à Niamey de d’une capacité de 45000
lignes réparties en 8 URAD (Unités de raccordement).

Rappelons que la SONITEL a cédé 51% de
son capital fin 2001 à la société chinoise Z.T.E Corporation
China Right Com, plutôt connu comme constructeur, pour 11,7
milliards de FCFA (Source Panaprsse et Jeune Afrique Economie).

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Congo : dissolution de l’ONPT
Le gouvernement du Congo a annoncé la dissolution
de l’ONPT, l’Office national des postes et télécommunications
Deux nouvelles sociétés devraient être créées,
l’une en charge des missions postales, la Société des postes
et d’épargne du Congo (Sopeco) et d’épargne, l’autre, des
télécommunications, Société des télécommunications
du Congo (Sotelco).

Cette mesure intervient dans le cadre de la privatisation
des entreprises publiques en vertu d’un programme conclu par le gouvernement
congolais avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque
mondiale pour accéder à l’initiative du FMI en faveur des
pays pauvres très endettés. Ce programme ouvre droit à
une réduction de la dette publique du pays qui s’élève
à 5 milliards de dollars (plus de trois fois son PIB). La dette
sociale de l’ONPT est estimée à 12 milliards de francs CFA
(18,3 millions d’euros environ). (Source AFP Africatime.com).

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En Bref
En Pologne, l’opérateur historique
TPSA, a supprimé 26000 emplois depuis le début
de sa restructuration commencée en 2000 avec l’entrée dans
son capital de France Télécom qui en détient 47,5%.
TPSA, emploie 40000 employés et compte 10 millions d’abonnés
sur le réseau fixe et 4,5 millions sur le réseau mobile.

La compagnie suédoise Ericsson a remporté
un marché de 162,3 millions de dollars pour l’installation de 700.000
lignes de téléphones mobiles dans 48 provinces algériennes

au profit d’Algérie Telecom en concurrence sur ce secteur avec la
société Orascom. Une troisième licence doit cependant
bientôt être octroyée.

Le gouvernement des Pays-Bas va financer un
programme triennal d’un coût de 3,3 millions de dollars américains
pour le renforcement des capacités d’une trentaine de radios 
communautaires en Guinée-Bissau, au Sénégal et en
Sierra Leone
.

Quatre investisseurs ont confirmé leur intérêt
pour l’achat d’actions de Malawi Telecoms Limited (MTL)

 Au Cameroun, en cas de non réponse,
les appels vers les mobiles étaient transmis automatiquement vers
la messagerie et donc facturés. Les associations de consommateurs
ont réussi à faire cesser cette pratique en assignant en
justice les opérateursOrange et MTN (Afriquedu Sud).

La Société des télécommunications
du Mali, Sotelma, annonce pour 2003, un vaste programme de
47 milliards de francs CFA ($78,3 millions) visant le doublement de son
parc téléphonique de 102.600 à 220.600 lignes téléphoniques.

Vivendi Universal a mandaté des banques pour trouver
un acquéreur pour la part de 35% détenue dans Maroc
Telecom
. Cette part est évaluée aujourd’hui à
1,6 milliards d’euros alors que VU l’avait acquise en décembre 2000
pour 2,2 milliards.

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Net -Actus
ADSL au Sénégal
Le Sénégal est le 4 ème pays après
l’Afrique du Sud, le Nigéria et la Tunisie à proposer l’ADSL.
La SONATEL vient en effet de lancer ce service début mars. Medina,
Ouakam et Grand-Dakar sont les premières zones équipées,
les zones de Yoff, Sud-foire, Hann devant l’être bientôt.

La SONATEL propose deux offres. Pour les abonnés
résidentiels, une connexion permanente avec un débit 
256 kilo bits/seconde en voie descendante, 128 kbits/s en voie remontante.
L’abonné doit payer pour cela des frais d’accès de 42 500
FCfa HTVA et une redevance mensuelle de 46 750 FCfa HTV

Pour les professionnels, une connexion permanente multiposte
avec un débit de 1024 kbits/s en voie descendante et 128 kbits/s
en voie remontante. L’abonné professionnel paie des frais d’accès
de 63 750 FCfa HTVA. Chaque mois il devra verser une redevance de 212 500
FCfa HTVA.

Il existe une offre destinée aux Fournisseurs
d’accès. Les ISP intéressés par cette offre paient
des frais d’accès de 2 125 000 FCfa HTVA et doivent déposer
une caution remboursable de 2 414 000 FCFA HTVA. A la fin de chaque mois,
c’est une redevance de 1 207 000 FCfa HTVA qu’il est demandé a l’ISP
de payer.

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Immigration
malienne

Une étude sur l’immigration malienne en provenance
de Kayes

Pour mieux comprendre l’importance des migrants le mensuel
Alternatives Economiques (janvier 2003) se fait l’écho d’une étude,
« Ceux de Kayes : l’effet des transferts des émigrés
maliens sur leur famille d’origine », extraite d’un rapport du Commissariat
du Plan intitulé « Immigration, marché du travail,
intégration ».

Longtemps le modèle dominant a été
l’émigration temporaire à finalité économique,
départs pour des durées limitées dans le but d’envoyer
au pays de quoi compléter les maigres ressources tirées de
leurs activités traditionnelles.

Aujourd’hui les flux actuels concernent de façon
croissante des migrants qui quittent définitivement leur pays ou
qui partent pour une très longue période.

Excepté pour les Soninké de la région
de Kayes pour qui l’émigration temporaire est une vieille histoire.
Ce groupe ethnique est situé le long du fleuve Sénégal,
à cheval entre trois pays, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal.
Il y a deux siècles, cette région était le grenier
à mil pour une partie de l’Afrique occidentale. Les Soninké
allaient donc vendre leurs excédents de récolte en aval du
fleuve mais celui-ci, impraticable lors de la saison sèche, contraignait
ceux qui s’adonnaient à ce commerce à attendre les hautes
eaux pour revenir chez eux. Aussi, avec la colonisation, certains furent
incités à s’embaucher comme matelots sur des bateaux remontant
en France. Puis à rester quelque temps pour arrondir le petit pécule
amassé par leur travail sur les bateaux et ramener ainsi de l’argent
au pays.

Paradoxalement cette pratique de la migration temporaire
s’est surtout développée dans les familles au rang social
le plus élevé, fonctionnant comme une logique d’assurance,
le rôle des migrants étant de compenser par leurs envois d’argent
les fluctuations de revenus pouvant se produire dans le pays d’origine.

De même lorsque la France a restreint fortement
l’immigration dans les années 70, on a vu les migrants rester plus
longtemps, par crainte que leurs successeurs ne puissent les remplacer
et que cette fonction d’assurance vis-à-vis du sort ne puisse plus
être remplie.

Dans le cas des Soninké, un motif encore plus
profond semble à l’œuvre. Il expliquerait pourquoi ce ne sont pas
les plus pauvres qui partent mais plutôt les mieux lotis. Les revenus
qu’ils procurent à leur famille ou à leur clan contribuent
à assurer à ces derniers le prestige et l’importance
politique dans la société de départ. En redistribuant
une partie de ses gains en faveur de son clan d’origine, le migrant renforce
à la fois son rang au sein de ce groupe et le statut de son clan
dans la société soninké. L’étude montre que
chaque travailleur agricole resté au pays reçoit en moyenne
prés de 800 000 francs CFA, soit plus de 1000 euros par an, ce qui
est beaucoup dans un pays ou le revenu par tête est bien inférieur
à ce niveau. Mais cet apport a aussi pour conséquence de
réduire le revenu agricole, malgré l’achat de matériel
plus important, car les ménages qui peuvent compter sur les revenus
de l’émigration consacrent moins d’effort à l’obtention du
meilleur niveau de productivité. Moins soumis à la contrainte
de l’effort et du travail et bénéficiant d’une certaine aisance,
le prestige du clan s’en trouve renforcé. (Source Alternatives Economiques
et Rapport en ligne sur : www.plan.gouv.fr)

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Articles
et documents

Nous publions ci-dessous une synthèse critique
du plan d’action élaboré lors de la PREPCOM2 qui s’est tenue
durant 15 Jours à Genève mi-février 2003. Ce travail
a été réalisé pour le Centre d’Etudes et de
Recherches Interdisciplinaires sur les médias en Europe (CERIME)
Université Robert Schuman, Strasbourg

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Sommet Mondial de la Société de I’Information
Un projet de plan d’action libéral et sécuritaire
en contradiction avec l’objectif affiché de réduction de
la fracture numérique

Plan de l’article

1. Une définition problématique de la notion
de société de l’information

2. Des postulats contestables au fondement de la vision
la société de l’information :

3. Quelques principes fondamentaux discutables de la
société de l’information

4. Quelques propositions d’action à préciser
et/ou à prendre en considération :

5. Une stratégie à dominante libérale
et sécuritaire

6. Une logique de " partenariat " qui élude les
conflits d’intérêt

7. Le triptyque de la régulation, du marché
et du volontariat au principe de la " nouvelle gouvernance de la société
de l’information "

8. Une conception diffusionniste du développement
dépassée

9. Des propositions concrètes ambitieuses malgré
l’Absence de financement spécifique

10. Une question en guise de conclusion
Annexe 1 / A propos de l’incidence des TIC
Annexe 2 / Thèmes négligés et parfois
même évacués

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l’article ...