Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de Novembre 1996 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de Novembre 1996

Novembre

vendredi 1er novembre 1996, par Alain


La Lettre de novembre 1996
No : 14

 
Sommaire :

Editorial
Le meilleur et le pire.
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Echos de csdptt et de la vie
associative

Vos vielles lunettes pour le Sénégal
 ?

Le réseau de Fana au menu du groupe
de travail du CFSI
.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Sénégal  : accord 
Poste-SONATEL pour la distribution des factures de téléphone.

Privatisation de la SONATEL :
Les travailleurs restent mobilisés.

Le téléphone congolais
à une entreprise américaine ?

Un terminal téléphonique
par village africain pour bientôt ?


Editorial
 Le meilleur et le pire.
L’horreur est de retour.
De nouveau des dizaines de milliers de réfugiés
lancés sur les routes, laissés à eux-même, la
famine qui se profile, voire des massacres. Et la télé qui
se délecte d’images d’une Afrique désorganisée donnant
une impression de sauvagerie. Peu de commentaires de fond à la télé
pour tenter de comprendre d’expliquer, seulement un appelle incessant à
la « communauté internationale », que l’on restreint
aux grandes puissances, pour qu’elles interviennent et apparaissent comme
salvatrices leur permettant ainsi d’effacer toutes leurs responsabilités.
Et bien sur de rappeler aux citoyens que nous sommes, que nous représentons
bien peu de choses si ce n’est l’impuissance.

L’horreur est de retour, la pire, celle qui tue les enfants
et les innocents à cause de différences ethniques. Du moins
en apparence car cette haine est récente et semble bien avoir été
attisée souvent de l’extérieur. Nul doute que ces milliers
de rwandais et tutsis qui se massacrent seraient tout aussi humains, chaleureux
et plein d’humanités et de sagesse que les africains ceux que nous
connaissons à Sérékéni au Burkina Faso ou dans
le cercle de Yélémané s’ils n’avaient pas été
attisés les uns contre les autres pour des raisons de géopolitique.

Le meilleur c’est quand des pays riches décident
de venir en aide à d’autres pays plus pauvres après avoir
négocié la mise en oeuvre des projets et en leur en laissant
la maîtrise. C’est ce qui semble se profiler à travers le
projet GIRCOM (voir page suivante). Bien sur nous ne sommes pas si naïfs
au point de penser que seul le coeur a présidé à la
prise de décisions au niveau de la communauté européenne,
mais nous retiendrons surtout que ce sont directement les villages et leurs
populations qui seront concernés. Et puis cette fois d’importants
capitaux seront débloqués, ils seront publics et ce ne sera
pas en échange d’une partie du capital des opérateurs publics
africains comme cela fait de plus en plus souvent ces derniers temps. 
Mais la décision n’est pas encore prise. A suivre...  
Bruno Jaffré

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Echos de csdptt et de la vie
associative

Vos vielles lunettes pour le
Sénégal ?

La FMP - Mutualité francilienne en collaboration
avec différentes autres mutuelles dont la MGPTT a lancé une
campagne de récupération de vieilles lunettes afin qu’elles
soient acheminées au Sénégal. L’association
« Mutualiste du Monde », qui coopère pour le développement
mutualiste dans ce pays, l’acheminera vers le centre Social et d’Ophtalmologie
GAYE de Dakar, les lunettes ayant été au préalable
triées par des élèves et étudiants en Optométrie.

Pour ce qui concerne les PTT, on peut déposer
ses lunettes dans de nombreux bureaux de Poste, centre de santé
ou bureaux de la MGPTT. Pensez-y !.

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Le réseau de Fana au menu
du groupe de travail du CFSI.

La troisième séance du groupe de travail
du CFSI ayant pour thème les télécoms décentralisées
s’est tenue le 7 novembre à Paris. Il s’agissait d’établir
le bilan de l’automatisation du téléphone à Fana au
Mali réalisée par l’association RTSF Réseau Télécom
Sans Frontière, regroupant des agents de FT (France Télécom)
de la DR de Tours.

Plusieurs aspects du déroulement du projet ont
fait l’objet de discussions, notamment la façon d’aborder les différents
acteurs, l’engagement des populations ou des autorités administratives,
la démarche associative et l’énorme investissement des militants
de RTSF, la façon d’aborder la SOTELMA.

L’engagement de RTSF répondait à une demande
qui avait transité par le comité de jumelage Amboise-Fana.
RTSF a toujours recherché la collaboration de la SOTELMA et a dû
faire beaucoup d’efforts afin d’obtenir la confiance de ses responsables.
La solution technique a été imposée par la SOTELMA
après que celle-ci ait refusé une première proposition
de RTSF faisant intervenir des telic récupérés à
FT. La SOTELMA souhaitait en effet utiliser du matériel IRT1500
inutilisé qu’elle possédait en stock.

Les représentants de RTSF ont souligné
les difficultés rencontrées dans la collaboration avec l’entreprise
fabriquant le matériel qui a tenté de court-circuiter RTSF
pour des raisons commerciales. Ils ont obtenu le soutien de la coopération
française et de France Télécom en faisant preuve de
persévérance et après avoir montré leur compétence
en produisant des dossiers techniques de qualité. Leur vigilance
a permis que le dispensaire de Fana bénéficie effectivement
d’une ligne une fois le projet réalisé comme c’était
initialement prévu.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Sénégal : accord 
Poste-SONATEL pour la distribution des factures de téléphone.

Les factures de téléphone étaient
jusqu’ici acheminées par des entreprises privées. Après
de longues négociations, les deux sociétés sont enfin
parvenues à un accord sans toutefois en dévoiler le contenu.
Selon Sud Quotidien le prix de l’acheminement d’une facture serait supérieur
à celui d’une lettre normale mais inférieur au tarif d’un
pli recommandé. Du côté de la SONATEL on espère
ainsi mettre fin aux récriminations des abonnés qui contestent
souvent les suspensions de ligne arguant ne pas avoir reçu la facture. 
Du côté de la Poste ceci constituerait une manne financière
particulièrement bienvenue après le récent changement
de statut.

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Privatisation de la SONATEL
 : Les travailleurs restent mobilisés.

A l’issue du « défilé des partenaires
stratégiques » intéressés par l’acquisition
d’une part du capital de la SONATEL, l’Intersyndicale a organisé
une conférence de presse pour faire le point fin septembre.

Les responsables syndicaux ont déclaré
avoir obtenu du gouvernement que 10% du capital revienne aux travailleurs
alors qu’ils en demandaient 12%. A cet effet l’Intersyndicale a mis en
place une société anonyme avec un capital de 500 millions
de FCFA, l’objectif étant d’en atteindre 2 milliards, qui regrouperait
93% du personnel. Elle a en outre demandé que des facilités
soient accordées au personnel pour qu’il puisse acquérir
sa part du capital de la SONATEL : qu’on lui distribue des actions gratuites
et que le paiement de la partie restante puisse être étalée
sur une période assez longue compte tenu du faible pouvoir d’achat
des sénégalais.

 De plus l’Intersyndicale juge la part réservée
au partenaire stratégique (33%) trop élevée comparée
à celle réservée aux nationaux sénégalais,
(33% également) et s’inquiète du manque de mesure gouvernementale
afin d’encourager et de faciliter la participation des nationaux au capital
de la SONATEL.

Les travailleurs ajoutent que pour qu’ils adhèrent
au processus de restructuration, le gouvernement doit « se prononcer
clairement sur les facilités demandées par les travailleurs,
le maintien des acquis actuels tels que la présence du Conseil d’Administration
et la garantie de l’emploi formalisé, et amener la direction générale
à négocier un plan social valorisant, et un plan de gestion
des ressources humaines cultivant la performance ». L’Intersyndicale
souhaite également voir figurer dans le cahier des charges l’exigence
« d’un réel développement de l’industrie des Télécom,
une baisse sinon un blocage des tarifs pendant un certain temps ».
(Source Sud Quotidien du 25/09/96).

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Le téléphone congolais
à une entreprise américaine ?

A l’issue d’un appel d’offres le gouvernement congolais
vient de désigner la compagnie américaine Atlantic Tele Network
pour reprendre les activités téléphoniques de l’ONPT,
l’Office national des postes et télécommunications. Selon
les Echos du 11/10/96, « France Télécom, peu motivé,
selon certains a renoncé in extremis à présenter une
offre en raison d’un cahier des charges très exigeant et faute d’accord
sur les importants arriérés de paiement de l’ONPT à
son égard ». La filiale de France Télécom FCR,
qui s’était alliée ici à la CFAO, vieille société
coloniale d’import-export, a sans doute tenté de renouveler une
opération qui vient d’échouer pourtant au Cameroun en proposant
une annulation de la dette contre une participation au capital.

La nouvelle société des télécommunications
doit reprendre les 970 employés de l’ONPT jusqu’ici affectés 
au secteur des télécommunications. Elle jouira du monopole
pendant les 7 prochaines années afin de rentabiliser ses investissements
qui devraient faire passer de 21000 à 100000 le nombre d’abonnés.

Le programme de privatisation dans ce pays qui doit toucher
aussi la distribution de l’eau et de l’électricité (EDF est
candidat) a rencontré une importante opposition de la part de Partis
politiques, de dirigeants de sociétés d’Etat et de syndicats.

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Un terminal téléphonique
par village africain pour bientôt ?

 C’est en tout cas l’objectif que s’était
fixée l’association GIRCOM à laquelle CSDPTT avait été
convié il y a 2 ans et qui regroupait des entreprises et des ONG.
L’idée semble avoir bien avancé depuis. En effet, Il en est
fait état publiquement pour la première fois dans le numéro
de Marchés Tropicaux du 25/10/96.

L’approche préliminaire entre l’organisation panafricaine
RASCOM et l’Union Européenne visant « à équiper,
en étendant et en complétant les infrastructures existantes
chaque localité ou village d’au moins un terminal public de télécommunications
fournissant des services à des tarifs accessibles à l’ensemble
de la population » est sur le point d’aboutir.

Il s’agit de fournir à chaque village un ou plusieurs
terminaux publics fournissant les services usuels : Téléphone,
fax, données. Les terminaux pourront être connectés
entre eux et ou au réseau public national à l’autocommutateur
le plus proche. Le coût des équipements terminaux serait minimisé
(environ 1000$) par une technologie intégrée et une fabrication
en très grande série.

La première phase du projet pourrait relever du
Programme Cadre Européen de Recherche et Développement technologique
au titre de la Coopération Scientifique et technique eurafricaine.
Le financement serait assuré par la CEE et la Banque Européenne
d’Investissement.

Ne manque plus que la signature...